NOUS ORGANISONS UNE ACTION POUR LES RÉFUGIÉS SYRIENS: VOUS PARTICIPEZ?


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Nous avons besoin de votre aide pour une action de soutien aux réfugiés syriens séparés de leurs familles par la guerre. Nous vous invitons, vous ainsi que d’autres Syriens, à venir nous rejoindre le jeudi 3 juillet à 12h sur la Place de la Monnaie à Bruxelles.

Quoi ?

Nous organisons une action « photos » à la Place de la Monnaie. Si votre frère, votre sœur, votre mère, votre père, votre grand-mère, votre grand-père… se trouve bloqué en Syrie ou dans un autre pays; ou s’ils ont enfin pu vous rejoindre après une longue séparation, alors apportez une photo d’eux à l’action ! Avec ces photos, nous voulons montrer à la Belgique qu’il y a encore de nombreux Syriens qui se trouvent séparés de leur famille du fait de la guerre en Syrie.

Pourquoi ?

Il est temps que la Belgique réunisse les familles syriennes. Les partis politiques belges négocient actuellement un nouvel accord de gouvernement. Nous souhaitons qu’ils donnent une place aux familles syriennes dans cet accord. Une simple phrase dans l’accord de gouvernement peut changer leur vie.

Qui ?

Cette action est organisée par des réfugiés syriens avec le soutien de 11.11.11, Amnesty International, Broederlijk Delen, Caritas International, CIRÉ, CNCD-11.11.11, Comité belge d’aide aux réfugiés, Médecins du Monde, Oxfam Solidarité, Pax Christi et Vluchtelingenwerk Vlaanderen.

En bref

Si vous venez de Syrie, que votre famille se trouve encore en Syrie ou dans un autre pays, ou que vous avez été séparé de votre famille par la guerre: venez à l’action et apportez une photo de votre famille avec vous (ou envoyez-la à kristien@vluchtelingenwerk.be, nous l’imprimerons pour vous).

Si vous ne venez pas de Syrie mais que vous voulez aussi que les familles syriennes reçoivent une place dans l’accord de gouvernement: venez à l’action et portez un t-shirt noir.

En pratique

  • Rendez-vous le 3 juillet à 12h à la Place de la Monnaie à Bruxelles.
  • Pas de logos ni de drapeaux: par cette action, nous voulons attirer l’attention sur les réfugiés syriens et leurs familles, pas sur les ONG ou sur des revendications politiques liées au conflit syrien.
  • Plus d’infos: vdemuylder@cire.be

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En trois ans, 2.880 Syriens ont obtenu un droit de séjour en Belgique


Belga Publié le mardi 04 mars 2014 à 15h35 – Mis à jour le vendredi 07 mars 2014 à 06h27

Belgique En 2011, 2012 et 2013, le CGRA a principalement octroyé une protection subsidiaire aux Syriens.

Entre le 1er mars 2011, date de début du conflit en Syrie, et le 27 février dernier, 2.880 Syriens (1.410 hommes, 644 femmes et 826 mineurs d’âge) ont obtenu un droit de séjour en Belgique, a indiqué mardi à l’agence Belga le cabinet de la secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration Maggie De Block. Le Commissariat-Général aux Réfugiés et Apatrides (CGRA) a accordé une protection à 2.327 d’entre eux, tandis que 553 Syriens ont obtenu de l’Office des Etrangers le droit de rester en Belgique pour raison de regroupement familial. Parmi les 2.327 Syriens qui ont reçu une protection du CGRA, 465 ont été reconnus comme réfugiés, les 1.862 autres s’étant vu octroyer une protection subsidiaire. Pour être reconnu comme réfugié, il faut répondre aux critères de la Convention de Genève, relative au statut des réfugiés, c’est-à-dire être victime de persécution du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques.

Le cas de la Syrie, qui endure une guerre civile depuis trois ans, ne s’applique donc pas toujours à ces critères. Dans ce cas, une protection subsidiaire -dont la durée normale est de 1 an mais qui, dans la pratique, est souvent prolongée- peut être accordée aux ressortissants syriens.

En 2011, 2012 et 2013, le CGRA a principalement octroyé une protection subsidiaire aux Syriens. Mais depuis janvier 2014, la situation de sécurité s’étant aggravée en Syrie, il reconnaît davantage de réfugiés. Ainsi, si pour la globalité de l’année dernière, 161 Syriens ont été reconnus comme réfugiés et 1.279 ont reçu une protection subsidiaire, pour le seul mois de janvier 2014, 41 ont obtenu le statut de réfugié et la protection subsidiaire a été accordée à 23 ressortissants syriens.

Le taux de protection en Belgique -de 96 à 92% en fonction des mois- est l’un des plus élevés en comparaison avec les autres membres de l’Union européenne. « Il n’atteint pas 100% simplement parce que certains se font passer pour des Syriens alors qu’ils ne le sont pas », explique-t-on au cabinet de Maggie De Block.

Par ailleurs, en 2014, la Belgique compte réinstaller 100 réfugiés, dont 75 Syriens, dans le cadre du programme de réinstallation de réfugiés du Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (UNHCR). Il s’agit ici d’accueillir des réfugiés qui se trouvent dans des camps et qui sont dans l’impossibilité de retourner dans leur pays d’origine. Une fois arrivés dans notre pays, ils sont alors dirigés vers les CPAS. L’objectif est de pouvoir réinstaller 250 personnes par an d’ici à 2020, ce qui ferait un total de 1.300 réfugiés réinstallés sur la période 2014-2020.

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Les Syriens vont devenir les réfugiés les plus nombreux (HCR)


Les Syriens « sont en passe de devenir les réfugiés les plus nombreux dans le monde, dépassant les Afghans », a souligné mardi le Haut-commissaire de l’ONU aux réfugiés Antonio Guterres.
S’adressant par vidéo-conférence à l’Assemblée générale de l’ONU, M. Guterres a lancé un nouvel appel à « un fort soutien international » pour les quelque 2,5 millions de réfugiés syriens et en faveur des pays voisins de la Syrie (Liban, Jordanie, Irak, Turquie, Egypte) qui les accueillent en très grand nombre. Il a appelé les autres pays à prendre leur part de cet « énorme fardeau ».
En proportion de sa population, a-t-il expliqué, si la France voulait accueillir autant de réfugiés syriens que le Liban, elle devrait en prendre en charge sur son sol 15 millions, et la Russie 32 millions et les Etats-Unis 71 millions.

Le chômage au Liban pourrait doubler d’ici la fin de l’année et la crise syrienne coûter au pays 7,5 milliards de dollars au total, a prédit M. Guterres, citant une étude de la Banque mondiale.
La Turquie, a-t-il précisé, a déjà dépensé 2,5 milliards de dollars pour aider les réfugiés syriens et elle en a accueilli dix fois plus que tous les pays de l’Union européenne réunis. Quant à la Jordanie, l’afflux massif de Syriens lui a coûté jusqu’à présent 1,7 milliard de dollars.
Selon le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), plus de cinq millions d’Afghans ont fui la guerre et la pauvreté au cours des trente dernières années, pour se réfugier principalement au Pakistan et en Iran, et il reste environ 2,55 millions de réfugiés afghans.
En 2013, le HCR avait indiqué avoir besoin de 30.000 places pour réinstaller des réfugiés syriens. Au final, 18.800 réfugiés syriens ont pu être réinstallés dans 20 pays, l’Allemagne en accueillant plus de 10.000.
Le conflit en Syrie qui va entrer dans sa quatrième année a fait plus de 140.000 morts et déplacé des millions de personnes.
Près de 2,5 millions de Syriens, dont 1,2 million d’enfants, se sont exilés, principalement dans les pays voisins: 935.000 au Liban, 574.000 en Jordanie, 613.000 en Turquie, 223.000 en Irak et 134.000 en Egypte, selon le HCR.
« Les voisins de la Syrie font d’énormes sacrifices pour protéger ceux qui fuient, contribuant ainsi de manière fondamentale à la stabilité régionale et mondiale », a conclu M. Guterres. Pour les autres pays, aider les réfugiés syriens « n’est pas une question de générosité, c’est dans leur propre intérêt au moment où le monde assiste à la désintégration sanglante de la Syrie ».

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« J’ai hélas découvert le visage hideux de la Belgique! »


Annick Hovine Publié le vendredi 15 novembre 2013 à 05h48 – Mis à jour le vendredi 15 novembre 2013 à 11h50

Belgique Une enseignante, qui aide les Afghans sans droit de séjour, « effrayée » par ce qu’elle a vu.
Du chaos, de la terreur et de la violence généralisée qui sévissent en Afghanistan, Tessa de Briey en connaissait, jusqu’en septembre, surtout ce qu’en rapportaient les médias. Peu après la rentrée scolaire, une amie propose à cette maman de quatre grands enfants, professeur de français, d’animer un atelier créatif, rue du Trône à Ixelles, où des familles afghanes qui ont fui leur pays ont trouvé un (fragile) refuge. Elle y entend les témoignages, parfois terribles, de victimes d’un conflit qui s’éternise depuis trente ans. « J’ai gardé le dessin d’une petite fille de 5 ou 6 ans qui nous a expliqué que son papa était mort. »
Au-delà de cette confrontation avec la réalité afghane, elle découvre, « hélas ! » , au contact de ces familles sans droit de séjour mais inéloignables, « le visage hideux de la Belgique » . « J’y suis allée et j’ai été sidérée de voir tous ces enfants, non scolarisés, alors que tous parlent français ou néerlandais. Ils étaient ravis de chanter des petites chansons d’école. » Le lendemain, c’était l’expulsion de la rue du Trône. « J’ai été interdite d’accès au bâtiment. Je voulais récupérer le matériel pour le donner aux enfants. » Malgré son insistance, cela a été impossible. Raconter des histoires

Le lundi suivant, 30 septembre, l’enseignante se rend à l’église Sainte-Croix avec l’intention de lire des histoires aux enfants. « On ne pouvait faire entrer ni eau ni nourriture. Une amie qui était à l’intérieur m’a dit qu’un policier leur avait dit de boire l’eau des bénitiers. »

A l’extérieur, les forces de l’ordre lui répliquent que les enfants peuvent sortir et qu’elle peut leur raconter des livres sur la place. « Je savais que, comme moi, ces enfants ne pourraient plus revenir dans l’église près de leurs parents. Je leur ai dit, très calmement, que ce n’était pas possible d’accepter cela, que ma grand-mère, mon arrière-grand-mère et mon grand-oncle n’avaient pas fait de la résistance en 1940-1945 pour voir cette Belgique-là. » Réponse du responsable policier : « Je vais vous mettre en arrestation administrative. » Symptôme de l’attitude répressive adoptée à l’égard des actions citoyennes de soutien aux sans-papiers.

Il y a eu aussi ce cri, aux échos sinistres, « Raus ! » , lancé par un des cinq policiers alignés sur le parvis de l’église à une dame qui les photographiait.

Quand, finalement, les Afghans sont sortis de l’église, une partie d’entre eux ont été dirigés vers un local paroissial où il n’y avait rien, sinon une toilette et une cuisine. Tessa de Briey et son mari se mettent dare-dare à la recherche de matelas et couvertures pour la trentaine de femmes et enfants qui, sans cela, auraient dû dormir à même le carrelage et le ventre vide. « J’étais sidérée de voir que cela pouvait exister en Belgique, que personne ne se préoccupe d’une trentaine de personnes, dont une vingtaine de jeunes enfants, en détresse. » Deux soirs de suite, l’enseignante et son mari ont apporté et partagé le repas du soir avec ces demandeurs d’asile afghans. L’occasion de lier des liens privilégiés.

Camion poubelle

Tessa de Briey suit ensuite ces familles, d’hébergements provisoires en expulsions : chaussée de Charleroi, rue Vandeuren, rue du Trône, bis… « Cette fois-là, je ne me suis plus laissée faire et j’ai réussi à trouver un policier humain qui m’a laissé entrer dans le bâtiment pour récupérer les couvertures. » Même si un employé communal, « visiblement hostile » , s’arrangeait pour les jeter dans le camion poubelle dès que les sympathisants des Afghans avaient le dos tourné. Des enfants et des femmes en état de choc sont arrivés de la manif aux abords de la zone neutre, qui avait donné lieu à des brutalités, poursuit Mme de Briey. Des policiers se moquaient d’eux et ont refusé qu’une personne récupère un médicament pour son enfant cardiaque. « J’ai alors exprimé haut et fort mon indignation devant tant d’inhumanité et un excès de zèle confinant au racisme. »

Depuis quinze jours, l’enseignante se rend tous les deux jours à la rue de la Poste, où ont échoué plusieurs familles afghanes, pour des aides ponctuelles.

Au-delà de cette solidarité très concrète, l’enseignante essaie aussi de sensibiliser les citoyens. « Ce qui m’effraie, c’est d’entendre et de voir chez nous et aujourd’hui, des comportements, des paroles qui rappellent étrangement des faits lus dans des œuvres autobiographiques ou des journaux intimes écrits dans les années trente , alerte-t-elle. Même si le contexte est différent, je pense que si on n’y prend pas garde, nous nous dirigeons vers des années d’obscurantisme dont je voudrais préserver mes enfants et éventuels petits-enfants. »

Dans ce but, la citoyenne a pris contact avec des élus communaux et envoyé des e-mails au Premier ministre, Elio Di Rupo (PS), et à la ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet (CDH). Demeurés jusqu’ici sans réponse.

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Un photographe arrêté à deux reprises vendredi, la fin de la liberté de la presse en Belgique ?


by Thibault Kruyts , 4 comments

Ce vendredi 18 octobre, l’un de nos photographes s’est fait arrêter deux fois dans la même journée. Depuis une vingtaine de jours, dans le cadre de son actuel reportage pour “Press for more” sur la problématique des Afghans sans-papiers, il était régulièrement victime de menaces, intimidations et violences verbales de la part d’officiers de police. Voici son récit :

Des activistes ont lancé de la peinture rose et fermé à l'aide de cadenas les portes de l'Office des étrangers ce vendredi 18 octobre. ©Thibault Kruyts
Des activistes ont lancé de la peinture rose et fermé à l’aide de cadenas les portes de l’Office des étrangers ce vendredi 18 octobre. ©Thibault Kruyts

Cela fait presque deux ans que je travaille régulièrement comme photographe de presse. C’est un métier fascinant, aux multiples facettes et relativement étranger à toute routine. J’ai souvent l’occasion de couvrir les nombreuses manifestations dans la capitale, j’y côtoie entre autres des personnalités politiques, des ouvriers, des militants, des étudiants, des policiers… A force de se croiser, on se reconnait, se serre la main, on échange quelques mots. Les rapports sont généralement courtois entre les différents corps et je n’ai que très rarement subi des pressions avant de m’intéresser au sujet des Afghans.

Cependant, avant-hier, au cours d’une seule journée, j’ai été arrêté deux fois par les mêmes policiers. J’ai été victime de violences physiques et psychologiques, de menaces, d’humiliations et d’intimidations. Mes droits ont été à plusieurs reprises bafoués. J’ai vu mes images être saisies, volées et supprimées par la police. Aujourd’hui, j’ai peur pour ma sécurité et celle des gens que je photographie, ainsi que pour ma liberté à exercer le métier de photographe de presse. Le porte-parole de la zone de police Bruxelles-Ixelles, M. De Coninck, était injoignable dès ma deuxième arrestation et ce malgré les nombreux appels de différentes rédactions.

Tout commence vendredi matin, lorsque je suis réveillé par le message d’un contact : « Action choc à 9 heures. Rendez-vous Gare du Nord ». En quelques minutes, le temps de prévenir l’un ou l’autre collègue et de prendre mon matériel, je suis sur la route. A deux pas des voies se situe l’Office des étrangers, tout y est encore calme à mon arrivée. En quelques instants, des ombres surgissent, cadenassent les portes et projettent de la peinture rose contre celles-ci, avant de disparaître sous les yeux ébahis des quelques badauds présents. Une équipe de TV Brussel, un citoyen-photographe et moi-même prenons alors des images de la scène. Deux minutes plus tard, cinq activistes arrivent, quatre d’entre eux s’allongent sur la chaussée tandis que le dernier, déguisé en Maggie de Block, s’enorgueillit de ces nouvelles victimes de sa politique.

Arrestation violente du photographe indépendant Thibault Kruyts par petite dizaine de policiers, après l'action devant l'Office des étrangers. ©Maxime Van Laere
Arrestation violente du photographe indépendant Thibault Kruyts par petite dizaine de policiers, après l’action devant l’Office des étrangers. ©Maxime Van Laere

De l’une des voitures bloquées sortent trois policiers en civils, interloqués. Après avoir demandé aux militants d’évacuer les lieux, alors qu’un seul portait son brassard, ils déplacent les corps inertes sur le côté de la route. J’ai photographié leur intervention dans sa totalité. L’action, comme les arrestations, se sont – selon moi – bien déroulées, l’ambiance semblait plutôt bon enfant. Cependant, des combis d’intervention arrivent en nombre dans les rues adjacentes. De loin, je remarque que l’équipe de TV Brussel se fait violemment interpeller alors qu’ils rejoignent leur voiture, idem pour le photographe-citoyen. Je vois quelques secondes après que des policiers se dirigent vers moi, accompagnés d’un agent de sécurité. J’ai reconnu le visage de plusieurs d’entre eux, ils étaient en effet venus harceler la semaine précédente les réfugiés afghans au 127, rue du Trône. Certains m’avaient ce jour-là menacé : « Toi, si on t’attrape, on va te niquer ta sale gueule, on va te démonter et détruire ton appareil photo ». Prenant peur, plus pour mon matériel que pour moi, je me mets à cavaler. L’agent de sécurité m’a rattrapé et immobilisé au milieu de la Gare du Nord, j’ai été très brutalement plaqué au sol et menotté par huit à dix agents de police selon les témoins. C’est sous bonne garde, plié en deux et tel un dangereux criminel que l’on me fait rentrer dans un combi. A cet instant, je les ai entendus dire « Tu vois, on t’avait dit qu’on te retrouverait, maintenant, tu vas le regretter ». Ils savaient que j’étais photographe de presse, ils me connaissaient. Le gradé m’avise que je suis désormais en garde à vue, mais refuse de me donner l’heure de mon arrestation (sans doute 9 h 30).

L’arrivée de manifestants afghans, accompagnés par une rédactrice Belga (avec qui je travaille comme freelance), modifie alors leurs priorités. Ils doivent rejoindre leurs collègues devant l’Office des étrangers. La rédactrice, ayant appris mon arrestation, vient trouver le commissaire pour confirmer mon identité, mon statut de photographe de presse et exiger ma libération immédiate. Après un temps certain, de nombreux coups de fil à M. De Coninck (porte-parole de la zone de police Bruxelles-Ixelles) de la part de la rédaction Belga et la pression d’officiers supérieurs m’ayant reconnu, mon statut passe de « garde à vue » à « témoin » forcé. Contre mon gré et sous de nombreuses menaces (saisie de mon matériel, entrave à une enquête, etc.), je suis emmené au commissariat de Bockstael. Un des policiers détient mon téléphone portable et mon matériel photo, je ne suis manifestement pas « libre » et mes droits sont bafoués. Ma carte mémoire me sera prise une fois sur place.

Libéré aux alentours de midi (soit deux bonnes heures après mon arrestation), je prends le métro pour rejoindre cinq militants devant le commissariat central de Bruxelles. Sur place, je discute avec eux pour avoir des informations quant au déroulement des événements auxquels je n’ai pas pu assister. Je les prends en photo pendant qu’ils scandent « Libérez nos camarades ! », une policière vient gentiment leur demander combien de temps ils comptent rester sur le trottoir en face du commissariat. Cinq minutes après, sans avertissement, ils sont très violemment arrêtés. Le commissaire lui-même vient me chercher, alors que j’étais à dix mètres de là, « Tu n’as pas compris avec ce matin ? Eh bien cette fois, tu vas comprendre et on va bien te le faire regretter », tels étaient ses mots. Aucun motif et de nouveau en arrestation administrative. Mon sac photo est immédiatement confisqué, je suis menotté, déshabillé et fouillé. Certains policiers, surpris de me revoir dans cette situation rocambolesque, ont essayé de demander à ce que je sois libéré, sans y parvenir. Je suis emmené en cellule, où je resterai durant cinq longues heures. Malgré des demandes répétées pour de l’eau ainsi qu’une gaufre, aucun d’entre nous n’a pu en avoir, mais nous avons subi les moqueries gratuites d’agents du commissariat. En sortant, j’ai pu découvrir que la majorité de mes images avait été supprimée et j’ai ressenti des douleurs lancinantes dans mon bras gauche toute la soirée.

Cette journée ubuesque marque un tournant important des rapports entre la Presse et les Forces de l’ordre. Des journalistes ont été volontairement inquiétés et j’ai été arrêté parce que je gênais certains officiers. Dans un pays démocratique, comment est-il possible d’en arriver à une telle situation ? De quel droit la Police peut-elle saisir et se servir des images d’un photo-journaliste alors qu’il n’y a aucun crime, seulement un petit délit qui s’effacera à l’aide d’un jet d’eau ? Photographes, rédacteurs, cameramen, preneurs de sons, sommes-nous encore libres d’exercer nos métiers d’Information, sans pour autant devenir involontairement des auxiliaires de police, ou nous faire arrêter pour refus de leur donner ce qu’ils veulent ? Un goût amer me reste dans la bouche. Je laisserai donc les derniers mots à Victor Hugo, ceux qu’il a prononcés le 11 septembre 1848 devant l’Assemblée :

« La liberté de la presse à côté du suffrage universel, c’est la pensée de tous éclairant le gouvernement de tous. Attenter à l’une c’est attenter à l’autre. Eh bien, toutes les fois que ce grand principe sera menacé, il ne manquera pas, sur tous ces bancs, d’orateurs de tous les partis pour se lever et pour protester comme je le fais aujourd’hui. La liberté de la presse, c’est la raison de tous cherchant à guider le pouvoir dans les voies de la justice et de la vérité. Favorisez, messieurs, favorisez cette grande liberté, ne lui faites pas obstacle ; songez que le jour où, après trente années de développement intellectuel et d’initiative par la pensée, on verrait ce principe sacré, ce principe lumineux, la liberté de la presse, s’amoindrir au milieu de nous, ce serait en France, ce serait en Europe, ce serait dans la civilisation tout entière l’effet d’un flambeau qui s’éteint ! »

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Exil cherche parrains


CENTRE MEDICO-PSYCHOSOCIAL POUR VICTIMES DE VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME, DE LA TORTURE ET POUR PERSONNES EXILEES

PRESENTATION DE L’ASBL

eyeFondé depuis 30 ans, le centre EXIL est la prolongation du COLAT (collectif latino-américain de travail psychosocial) crée par des réfugiés d’Amérique Latine victimes de la violence organisée dans leur pays d’origine.

Centre médico-psychosocial pour victimes de violations des Droits de l’Homme, de la torture et pour personnes exilées

L’équipe du centre EXIL, multidisciplinaire et multiculturelle offre un soutien médico-psycho-social à toutes personnes victimes de violence organisée, aux exilés ainsi qu’à leur famille.

Afin de faire face à cette double souffrance, dûe d’une part à la violence vécue dans le pays d’origine et d’autre part à la rupture de repères dans le pays d’accueil, nous avons développé un programme de santé visant à soutenir les victimes de violences organisées.

« Nous tentons d’offrir  une expérience réparatrice aux victimes de la violence organisée à travers un processus d’accompagnement médico-psychosocial  réalisé dans un cadre  communautaire. Il s’agit de mettre les personnes en contact avec d’autres survivants et des  personnes solidaires, pour les soutenir dans la récupération de la confiance dans l’humanité. » Jorge Barudy Fondateur et Directeur  du Centre Exil.

Différents Programmes d’accompagnement ont été mis en place, dans un souci de prévention, pour proposer aux personnes réfugiées un accompagnement intégral, par une approche individuelle et de groupe.

Le centre Exil est agréé comme Centre de Santé Mentale par la Commission Communautaire Commune de Bruxelles-Capitale.

EXIL est soutenu par:
– La Commission Communautaire Commune de Bruxelles-Capitale.
– Le Fonds Maribel Social des Etablissements et les Services de Santé,
– Le Fonds Volontaire des Nations Unies pour les Victimes de Tortures.

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Exil asbl
282 Av. de la Couronne
1050 Bruxelles
Tel: +32 2 534 53 30
Fax: +32 2 534 90 16
info@exil.be

La Grèce bafoue les droits des migrants, avec l’accord de l’Europe


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Arrestations au faciès, conditions de détention inhumaines… De nombreux migrants accusent la Grèce de mauvais traitements. Sans inquiéter l’Europe, qui va rallonger les budgets de son meilleur « garde-frontière ».

(D’Athènes) En septembre dernier, alors qu’il tentait de gagner le nord de l’Europe par la Turquie, Faraj Alhamauun a été arrêté durant sa traversée de la Grèce.

En dépit d’une grave blessure à la jambe causée par des bombardements sur sa ville natale d’Alep, en Syrie, cet activiste a été emprisonné dans un camp de rétention du nord-est de la Grèce, dans la région d’Orestiada. Ses maigres biens et le peu d’argent qu’il avait lui ont été confisqués lors de son arrestation. Sans jamais lui être rendus.

Aujourd’hui installé à Istanbul, en Turquie, cette ancienne source de Human Rights Watch (HRW) n’a rien oublié du calvaire subi lors de ces mois d’enfermement, victime d’un harcèlement verbal et physique incessant.

Il s’est d’ailleurs plaint de ces mauvais traitements à une délégation de fonctionnaires européens qui visitait le camp Fylakio où il était détenu. « Après leur départ, j’ai été maltraité pour leur avoir parlé. » Faraj a alors commencé une grève de la faim. Résultat : les autorités hellènes l’ont finalement renvoyé vers la Turquie.


Opération de police contre des immigrants sans-papiers à Athènes, en novembre 2012 (AP Photo/Petros Giannak)

90 000 arrestations au faciès

Son cas est loin d’être unique en Grèce : les financements de la Commission européenne pour des opérations d’envergure visant à contrôler le flot massif de migrants ont abouti à un nombre important de violations des droits humains.

Et si les fonctionnaires européens n’ignorent rien des conditions inhumaines de détention des demandeurs d’asile, ils planchent actuellement sur une extension des financements afin que le gouvernement d’Antenis Samaras poursuive cette politique.

En août dernier, la police grecque a déployé près de 1 900 nouvelles recrues le long du fleuve Evros pour l’opération « Aspis » (bouclier), pour tenter de fermer la frontière avec la Turquie par laquelle affluent les réfugiés syriens.

Au même moment, l’opération « Zeus Xenios » (protecteur des étrangers) menée par les autorités sur tout le territoire a conduit aux interpellations de 4 849 sans-papiers. Auxquelles s’ajoutent la « rafle » de plus de 90 000 personnes, arrêtées uniquement selon leur faciès.

Afin d’emprisonner le flot de migrants arrêtés, le gouvernement a transféré les détenus dans des camps improvisés : académies de police ou anciens dépôts militaires, comme Xanthi et Komotini, dans le nord de la Grèce, Corinthe dans le Péloponnèse, et Paranesti dans la Drama.

Vétustes, gardés au secret, ces bâtiments sont souvent des trous noirs pour les droits de l’homme. D’autant que les demandeurs d’asile sont également détenus dans d’autres installations de fortune à travers le pays, pendant douze à dix-huit mois.

Lathra, un groupe de défense des droits des réfugiés, basé sur l’île de Chios, a récemment indiqué que les garde-côtes retenaient un grand nombre de migrants – parmi lesquels des réfugiés syriens, des femmes enceintes et des enfants – sur le port, dans un container en bois d’à peine 36 m². Depuis août, pas moins de 84 personnes – pour les cas signalés – ont péri au large des côtes turques en essayant de rejoindre la Grèce.

Pas d’accès à la justice

Bien que les opérations telles que Aspis et Xenios Zeus soient perçues comme « efficaces » par les autorités, les ressources limitées de la Grèce ne lui permettent pas de les poursuivre.

Or, en septembre dernier, la Commission européenne a dépêché une mission d’évaluation le long de la frontière turque et dans certains camps de rétention, pour estimer le coût d’un tel financement. Alors que plusieurs délégations de fonctionnaires européens et des organisations internationales ont apporté leur témoignage négatif sur le traitement inacceptable des migrants arrêtés.

En dépit de ces constatations, les migrants ont peu accès aux voies de recours. Quatre Syriens arrêtés avec Faraj ont été reconnus coupables de fomenter une émeute à l’intérieur du camp de Fylakio. Engager des procédures juridiques contre des fauteurs de troubles, qui pour la plupart protestaient contre leurs conditions de détention, est un phénomène nouveau qui obéit à la nouvelle politique migratoire voulue par le ministre de la Police, Nikos Dendias. Non sans quelques revirements.

A l’automne 2012, quinze migrants étaient jugés devant le tribunal d’Igoumenitsa, dans le nord-ouest du pays, pour s’être enfuis d’un camp réputé comme « le pire du pays ».

Après les avoir entendus relater leurs conditions d’enfermement extrêmement difficiles – il leur était par exemple totalement interdit de quitter leurs cellules –, le tribunal a jugé ces conditions de détention constituaient « une violation de la Convention européenne des droits de l’homme ». Les quinze prévenus ont été acquittés

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aller plus loin et LIRE cette horreur : En Grèce, la police vous conseille plutôt d’appeler les néonazis

A la Gare du Nord


Suite à la profonde crise de l’accueil en Belgique près de 6000 personnes dorment à la rue, dans les gares et dans les parcs alors qu’elles devraient, au vu des budgets alloués, être prises en charge et logées dignement.
Des citoyens solidaires ont décidé de venir en aide aux réfugiés et d’interpeller les responsables politiques pour trouver des solutions.

Depuis cette video, les réfugiés ont été logés ailleurs, dans une caserne.

Update : Nourdine me dit : » certains dans un « home » a laeken, d’autres a Anderlecht, … »

Camp de réfugiés dans un parc scharbeekois



Rédaction en ligne

mercredi 18 novembre 2009, 11:28
Cinq ONG ont ouvert à 6H00 un camp pour réfugiés dans le parc Gaucheret, à Schaerbeek. La bourgmestre, Cécile Jodogne, a donné l’ordre à la police de ne pas intervenir.

Archives Marton – Le Soir

Douze tentes familiales et 3 tentes dispensaires seront montées afin de fournir aux plus vulnérables des demandeurs d’asile, en plus d’un abri pour la nuit, de la nourriture, un accès aux soins de santé, ainsi qu’une assistance juridique et sociale.

« Les jours et les nuits passent, et à ce jour, aucune assurance n’a été donnée pour permettre la prise en charge des personnes qui sont quotidiennement renvoyées à la rue par manque de capacités d’accueil », expliquent les ONG dans un communiqué.

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