Fred et Marie : violent


 

 

Fred et Marie : violent!« Fred et Marie » c’est un film d’une quinzaine de minutes et une interface inédite permettant d’y réagir. L’ensemble constitue une campagne de la fédération Wallonie Bruxelles et de la Cocof pour prévenir la violence psychologique au sein du couple.

L’ambiance est lourde, chez Fred et Marie. Elle prépare leur diner d’anniversaire de cinq ans de mariage, et subit son homme qui lui interdit la présence d’une amie, lui impose sa robe, la maltraite,… Elle est éteinte, effacée derrière cet homme totalitaire. Violent!Les acteurs sont magistraux et l’on a froid dans le dos à la vue des ces scènes. « Pour un couple sur huit, ceci n’est pas une fiction », indique la campagne.

Le dispositif est original : le film est intégré à une interface qui permet de réagir aux différents personnages mis en scène en allant voir leur profils – fictifs donc – créés sur Facebook. Original, mais cela ne risque-t-il pas de rendre finalement peu visible une discussion qui s’en trouve du coup dispersée sur plusieurs pages ?

http://www.fredetmarie.be

Ségolène Royal résiste à l’incroyable propagande sioniste sur BFMTv!


Publié le 09/01/2011 par asse42
La voix du lobby sioniste. 

Émission assez hallucinante vécue ce soir en regardant cette interview de Ségolène Royal par BFM, Le Point et RMC. Tous les poncifs du sionisme ont été soigneusement mis en avant et on a demandé à Ségolène Royal de se positionner par rapport à eux et elle a su ne pas tomber dedans. Chapeau!

Je ne reviendrai pas ici sur les tentatives de décrédibilisation menées  pitoyablement par BFM qui nous a ressorti FRA-TER-NI-TE, et la soi-disante sensiblerie d’une femme confrontée au pouvoir. Hallucinant de bassesse mais c’est cela dorénavant le journalisme en sarkozie et notamment sur la chaîne de Bollorè qui compte énormément sur la Françafrique pour continuer à s’enrichir. A voir cet excellent documentaire ceci dit en passant. Bref rien de nouveau sous le soleil.

Mais revenons aux poncifs de la propagande sioniste in the world véhiculée par le lobby communautariste juif il faut bien finir par le dire clairement:

– Islam= terrorisme, délinquance et islamisation de la France. Cela semblait particulièrement inquiéter l’ensemble des journalistes mais Ségolène Royal a su ne pas tomber dans leur piège en évitant la stigmatisation cher aux sionistes. Notamment dans la violence des banlieues qui deviendrait maintenant une zone anti-république entre les mains de méchants islamistes nègres et arabes qui s’attaqueraient aux bons français blancs. Luc Ferry, l’inévitable juif sioniste de service, semblait regretter le bon temps de l’ordre juste ancestral où c’étaient les blancs qui faisaient des ratonnades! Maintenant le rapport de forces s’est inversé dans les banlieues et il demande instamment à Ségolène Royal de se positionner sur ce péril qui met en danger la république! Si si…

Bravo donc à Ségolène Royal qui rappelle d’abord la délinquance du haut de la pyramide et l’évidence de la déstructuration sociale des quartiers. Ce n’est pas ce qu’il attendait le sioniste…

– On a eu droit à la solidarité avec nos ressortissants morts comme si un leader politique pouvait exprimer autre chose que de la compassion nationale en ce domaine.

– On a insisté sur la mondialisation et l’impossibilité de lutter contre le libéralisme. Malheureusement pour eux l’exemple de l’Allemagne plaide contre cela, de même que son action locale en région. Elle a donc prônée une intervention plus massive de l’état dans l’avenir et dans la protection de nos industries, et elle a rappelée que le combat de la gauche était pour une augmentation des salaires! L’inverse d’un DSK quoi.

– On a même eu droit au couplet sur les drapeaux français pour tenter de la décrédibiliser en montrant que l’idée nationale était ringarde.

– Enfin on a tenté comme d’habitude de lui imposer DSK pour lui intimer l’ordre de se retirer face au candidat sioniste de la gauche. Elle a été encore plus ferme que d’habitude en rappelant que si DSK ne reprenait pas ses idées alors ce seront les français qui trancheront dans la primaire. Elle n’a donc rien lâché et c’est tant mieux!

Ségolène Royal s’est sortie de tous les pièges tendus par les sionistes. On a un aperçu de ce que sera la campagne de 2012 et des thèmes qui seront valorisés dans la campagne. Le choc des civilisations y aura une grande part car c’est la volonté du puissant lobby sioniste dans nos pays. Merci en tout cas à Ségolène Royal d’avoir su résister à la propagande et d’avoir défendu les valeurs républicaines de notre pays et d’incarner toujours un souffle d’espoir pour notre pays.

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ÉGALITÉ vous invite à Venir : Rassemblement le 31 à la place Albertine pour soutenir / applaudir les SDF


Ce Vendredi 31 décembre à 15h place de l’Albertine (en bas du Mont des Arts, près de la gare Centrale) pour soutenir / applaudir les SDF en train de manifester.

Ensuite, venez participer au réveillon des précaires et des résistants qui aura lieu sur le thème “Réveillons l’Europe!” à L’Occupation-du-Gesù (165 rue Royale), juste après la manifestation (de 18h à 4h du matin) à l’initiative de (voir http://www.reveillonsleurope.be )


Participer à ce décoiffant réveillon des précaires et des résistants !
Entrée : 1€



“Le Collectif MANIFESTEMENT asticote les neurones flottants et inexploités entre les deux cerveaux, histoire d’y provoquer des courts-circuits, aussi appelés (en psychiatrie politique) décharges salutaires,  ou encore étincelles poétiques. ” (Deleuze et Guattari) 

Pour en savoir plus : http://www.manifestement.be/2010bis/index.htm

Nordine Saïdi
ÉGALITÉ

Urgent, Cherche participants pour intervention théâtrale de rue


Ci-dessous vous touverez un appel à participer à une intervention théâtrale de rue, diffuser par Ruben.

Vous avez vu le film « illégal » ? ce film vous a retourné les trippes ? Si vous n’étiez déjà engagés dans la cause, il vous a donner envie de vous impliquer un peu plus dans la défense des personnes dîtes illégales ? Et bien, si vous êtes disponible, le moment est venu de passer à l’action d’une manière ludique et non violente. En raison de motifs professionnels, je ne pourrais, pour ma part, être présente à cette intervention théâtrale, mais je serais de tout coeur avec vous !

Aurélia,

Bonjour,

Je cherche, de manière urgente, un(e) ou plusieur(e)s francophones qui souhaiteraient participer à une petite intervention théâtrale de rue ce lundi 13 décembre en matinée. Une personne qui avait accepté, vient malheureusement de se désister.

Cette intervention théâtrale, initiée par un Collectif de personnes sans papiers, vise à sensibiliser et à obtenir l’autorisation de travailler, lorsqu’après une période de plus de six mois, elles n’ont toujours pas obtenu de réponse à leur demande de régularisation.

Durant l’attente d’une réponse, cette autorisation, leurs permettrait de vivre de manière plus digne. Par ailleurs, et suite à une régularisation, cette autorisation leurs permettrait une insertion plus rapide dans le monde du travail.

L’idée de l’intervention théâtrale de ce lundi 13, est la création d’un nouveau bureau de recrutement. Les demandeurs d’emplois en demande de régularisation répondent à toutes les conditions des employeurs, sauf UNE !

Intéressé(e)s à nous donner un coup de main, à participer, à assister à la représentation ?

Contacter moi au plus vite au 0498/11.35.34 ou par mail.

En présence de la metteur en scène, nous répéterons à plusieurs reprises, la semaine prochaine.

Bienvenue à toutes et tous !

Ruben Vandevyvere

0498/11.35.34

On parle de développement durable à tort et à travers


Francisco Van der Hoff (Max Havelaar)

Le pionnier du commerce équitable ne mâche pas ses mots sur la réalité de l’économie mondiale. Aucune ressource ne manque, c’est la distribution qui fait défaut

Co-fondateur du label Max Havelaar, Francisco Van der Hoff, nous a accordé une interview, avant de poursuivre sa tournée de sensibilisation, via le Canada. C’est en 1988 aux Pays-Bas que le prêtre-ouvrier fonde l’association et le label Max Havelaar, du nom d’un héros de roman, forgé par Edouard Douwes Dekker en 1860, luttant contre un système commercial injuste qui accable 30 millions de Javanais, colonie néerlandaise à l’époque.

Rencontre.

Vous êtes docteur en théologie et en économie politique… Comment expliquez-vous votre parcours ?

Francisco Van der Hoff
. Oui, un étrange profil, n’est-ce pas ? J’ai tout d’abord obtenu un doctorat en théologie, puis cela m’a assez vite ennuyé. Je voulais être plus proche du terrain, de la réalité humaine, de l’action. Je me suis alors orienté vers l’économie politique et la sociologie rurale. Il me semblait nécessaire de sonder la réalité humaine grâce aux outils qu’ont pu me procurer l’économie par exemple avant même de pouvoir mener une quelconque réflexion théologique.

Max Havelaar vient de labelliser le coton cette année. Cela pourrait-il permettre, par exemple, de contrer les avancées du textile chinois ?

Nous venons en effet de nous engager dans le textile. Mais nous n’avons pas tous la même perception du marché mondial sur ce domaine. L’Europe est actuellement très sensible aux manifestations d’hyperproductivité des Chinois. Au Mexique, nous ne pensons pas pouvoir contrer l’expansion chinoise, ni même directement la concurrencer. Après tout, les Chinois font bien leur travail, et puis il nous faut aussi faire face au problème de la corruption au Mexique, qui est au moins tout aussi important. Bien sûr en Europe, vous êtes surpris des coûts de production chinois. Mais pourquoi les vêtements doivent être finalement vendus si chers ? Un pantalon produit pour deux dollars est vendu pour 40 ou 50 dollars.

D’où vient le problème alors ?

Pas véritablement de la production, mais plutôt de la revente puisque le prix gonfle de 300 à 400 %. Cela s’explique notamment par le fait que seulement 65 % des vêtements produits sont vendus alors que les 35 % restants sont tout simplement détruits. A cause de la mode, que l’on observe chaque été et chaque hiver, les entreprises du textile doivent produire de nouveaux modèles. En somme, un véritable désastre économique et environnemental.

Que pensez-vous de la multiplication des labels ?

Chez Max Havelaar, nous n’aimons pas les labels, mais l’industrie et les consommateurs en ont besoin. Les gens sont suspicieux et connaître l’origine du produit est très important pour eux. Certains labels ne sont que des outils de marketing. Heureusement, le label Max Havelaar est connu comme un label « commerce équitable », et non comme simple marque de café.

Néanmoins, le label du commerce équitable ne risque-t-il pas de souffrir d’un certain manque de lisibilité ?

En réalité, la plupart des études qui ont été réalisées sur le marché européen montrent que le label Max Havelaar est connu par environ la moitié des consommateurs français, et jusqu’à 80 % des consommateurs hollandais. Cela ne veut pas dire que tous les consommateurs qui connaissent le label vont acheter le produit. La reconnaissance du label est la principale tâche de Max Havelaar. Nous avons besoin d’un label qui puisse informer les gens sur telle ou telle stratégie, politique ou marketing.

Le commerce équitable peut-il être mis en place par des multinationales, ou bien est-il voué à rester le fait de petites structures ?

Les petites entreprises sont sûrement les plus adaptées et les plus capables pour mettre en place une production sur le mode du développement durable. Encore faut-il se mettre d’accord sur ce que l’on entend par durable. En Amérique du Sud, nous en sommes venus à définir très précisément la notion de durable et ce qu’elle revêt pour les producteurs : une agriculture biologique qui permet de maintenir la biodiversité et donc le respect de l’environnement, ainsi que qualité et prix équitables. Ce dernier garantit aux producteurs et à leur famille logement, nourriture et éducation.

Au final, nous mettons en place une économie véritablement durable. Cette définition est vraiment importante, car aujourd’hui on a tendance à parler de développement durable pour tout et n’importe quoi, comme le font les grands groupes, sans véritablement avoir une idée précise de l’enjeu humain qu’il représente.

Justement, par rapport à cet enjeu humain, vous insistez souvent sur le fait que le commerce équitable s’oppose à l’idée même de charité…

Concrètement, la charité renvoie au geste simple qui consiste à donner à une main tendue : c’est un des actes les plus stupides qui puisse être fait, de la part du receveur comme du donateur. C’est l’expression même d’une société qui ne fonctionne pas correctement. Je possède, tu ne possèdes pas, et par cet échange je t’entretiens dans ta position de mendiant. C’est accepter la situation et favoriser l’immobilisme.

Comment alors concevez-vous la relation entre consommateur et producteur ?

Le système du commerce équitable est bien loin de cette charité. Le pilier sur lequel nous avons fondé notre mouvement est avant tout de permettre un choix. En effet le consommateur, en acceptant de payer son produit plus cher, peut faire le choix de permettre aux producteurs de s’en sortir, mais aussi de bénéficier d’un produit de meilleure qualité. Le développement durable, tel que nous l’entendons, vise à asseoir un rapport d’égalité.

S’engager dans le développement durable peut-il être une stratégie économiquement rentable au niveau concurrentiel mondial ?

La croissance économique qui guide le commerce mondial est peut-être la clef du problème. Si l’ensemble des richesses mondiales étaient divisées par le nombre d’habitants de cette planète, il y aurait alors pour chacun plus que nécessaire. Au moment où nous parlons, il faut être conscient que notre planète, telle qu’elle est exploitée, peut largement nourrir, habiller et loger l’ensemble de ses habitants. On voit donc bien que le problème n’est pas tellement un problème de croissance et d’accumulation, mais plutôt un problème de distribution.

Avez-vous des exemples précis en tête ?

Oui, des hommes politiques tels que Tony Blair et Jacques Chirac effacent les dettes internationales de 18 des pays les plus pauvres à hauteur de 40 milliards de dollars. Certes, c’est une action positive, mais ce ne sont pas les dettes de pays à pays, mais multilatérales. Le geste ressemble davantage à de la charité qu’à une véritable prise en compte d’une distribution équitable des richesses. Je ne pense pas que la rentabilité économique soit un facteur de réel développement mondial, mais je doute surtout qu’il puisse être un facteur de bonheur.
Le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté aux Etats-Unis a crû de 40 % lors des dix dernières années. Pourtant, c’est une société dont on vante l’économie en croissance. Mais à quel coût ? C’est le même problème que nous vivons en Amérique du Sud, et le terrible problème qui touche dramatiquement l’Afrique. Je pourrais multiplier les exemples montrant que la rentabilité économique ne se traduit pas par la réduction des inégalités, mais vise au contraire à les alourdir.

Vous restez pourtant optimiste quant à l’avenir du développement durable…

Oui. Lentement mais sûrement, une partie importante de la population mondiale prend conscience des enjeux qui nous concernent tous et de la nécessité de changer les règles du jeu, les mécanismes du commerce international. Et les pouvoirs publics ne peuvent rester sourds à cette évolution. D’ailleurs, le fait d’avoir reçu une reconnaissance symbolique avec la Légion d’honneur en France montre comment les choses évoluent.

L’enjeu n’est-il pas uniquement médiatique pour certains ?

Je ne suis certes pas dupe et je comprends que ceci puisse faire l’objet d’une récupération médiatique, politique et économique. Lorsque le président de Carrefour, vient me faire part de son intérêt pour le développement durable, c’est un stratège de la politique du maquillage. Je sais qu’il se sert de son exposition médiatique à mes côtés pour légitimer par ailleurs des actions commerciales qui vont tout à fait à contre-courant des logiques du développement durable.
Mais je me rappelle qu’une telle prise de conscience aurait été inimaginable pour beaucoup il y a encore quelques années, lorsque nous passions pour une bande d’utopistes. Si ces personnes font ce pas, c’est bien parce que les choses bougent et qu’ils doivent répondre à une certaine demande sociale. Peu à peu les mentalités évoluent, et si on ne peut pas demander au commerce équitable de s’imposer du jour au lendemain, son avenir est gigantesque.

Vous êtes critique face aux distributeurs, mais ils participent à l’expansion du commerce équitable, non ?

Si notre café s’est peu à peu imposé, il est également vrai que des entreprises comme Starbucks ont su s’adapter à notre émergence. Starbucks s’approvisionne à hauteur de 5 % en café issu du commerce équitable et nous paie raisonnablement bien. S’ils le font, c’est non seulement parce que le café est maintenant devenu l’emblème historique de la lutte pour le commerce équitable, mais c’est aussi une question de qualité.

Vous associez commerce équitable et qualité…

Il se trouve qu’il y a une corrélation évidente entre la qualité du café et le niveau de revenu des producteurs. Si les consommateurs ne sont pas forcément séduits par la finalité du produit, ils peuvent au moins l’être par sa qualité. Et puis, je ne pense pas qu’il n’y ait qu’une part restreinte des consommateurs qui puissent être qualifiés « d’éthiques ». La question du développement durable n’est plus aujourd’hui le registre réservé de quelques initiés.

Vous-même, buvez-vous du café Max Havelaar ?

Je ne vous surprendrai pas en répondant affirmativement. Cependant, je n’en bois lorsqu’il y en a. J’espère donc pouvoir en boire de plus en plus souvent…

source

le site max havelaer

Cessons de criminaliser la solidarité


Source : p.16 du journal LeSoir en date du 25 mars 2010

ll y a près de dix ans, 18 membres des Collectifs contre les expulsions des sans-papiers étaient poursuivis devant le tribunal correctionnel de Bruxelles pour avoir, par divers moyens non violents, manifesté leur solidarité avec les sans-papiers et les demandeurs d’asile.

Tout en reconnaissant la noblesse des mobiles qui avaient guidé les inculpés, le tribunal n’en avait pas moins condamné sept d’entre eux à des peines de prison de huit jours à deux mois, assorties d’un sursis d’un an.
Aujourd’hui, des membres du Comité d’action et de soutien aux sans-papiers (CAS) sont menacés des foudres de la justice pour deux actions distinctes.

Trois d’entre eux attendent en effet le verdict du tribunal, prévu le 6 mai prochain, pour avoir manifesté leur solidarité avec des sans-papiers afghans qui occupaient le hall du CGRA (Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides) et avoir refusé de se disperser.
D’autres doivent passer en Chambre du conseil à la fin mars pour avoir perturbé le lancement de la campagne des libéraux européens le 16 avril 2009. Ils souhaitaient à nouveau y interpeller la ministre belge de la Politique de migration du moment, Annemie Turtelboom.

Le CAS est un mouvement spontané né à l’ULB lors de l’occupation des bâtiments par des sanspapiers chassés des locaux de Sibelga- Electrabel. Rappelons qu’au moment de leur action à la réunion des libéraux européens, cela faisait plus d’un an que l’on attendait l’application des critères de régularisation négociés dans le cadre de l’accord gouvernemental.

Ce si long blocage politique avait mis tous les acteurs concernés dans un état d’indignation sans pareil : non seulement les sans-papiers, mais aussi les syndicats, les communautés philosophiques, les associations solidaires et les universités qui ont accueilli durant des mois des centaines de sans-papiers dans l’indifférence politique générale. Les ordres des avocats des trois communautés du pays s’étaient joints à eux pour réclamer la circulaire promise.

Les membres du CAS n’étaient donc pas seuls à se mobiliser mais se retrouvent, aujourd’hui, seuls face à la justice. Cette procédure judiciaire engagée contre l’élément le moins structuré du mouvement ressemble à ce qu’il est convenu d’appeler bien une criminalisation de mouvements sociaux. Elle vise à museler le CAS en incriminant leur action mais au-delà, elle vise à discréditer l’ensemble du mouvement de solidarité avec les sans papiers, banalisant du même coup l’arbitraire de l’Office des étrangers et la répression policière. Cette tendance inquiétante s’inscrit hélas dans l’air du temps. Plusieurs tentatives d’intimidation ont été proférées par nos différents ministres en charge des questions migratoires. En 2007, notre ministre de l’Intérieur affirmait haut et fort – il n’était hélas pas le premier, ni le dernier – que toute aide apportée aux illégaux serait punissable par la loi. Certaines autorités communales ont interdit des rassemblements de plus de trois personnes autour des lieux où s’étaient établis des sans-papiers. En avril 2008, deux avocats tentant d’entrer en contact avec leurs clients sans-papiers incarcérés ont eu à subir insultes et violences de la part des forces de l’ordre. En juillet, la ministre en charge de l’asile et des migrations déclarait que l’on ne pouvait pas interdire aux sans-papiers de faire la grève de la faim par la loi, mais qu’elle étudierait les moyens de « responsabiliser » ceux qui les aidaient et les conseillaient.

Et en mai 2009, la ministre de la Politique des migrations et le ministre de l’Intérieur signaient une circulaire relative à l’identification d’étrangers en séjour irrégulier, dont certains passages invitent à la délation. Nous considérons que manifester sa solidarité ne constitue pas un crime mais un devoir. Tenter par tous les moyens, en ce compris l’intimidation et la criminalisation, d’étouffer les mouvements sociaux qui s’émeuvent de situations discriminatoires constitue une grave menace à la liberté d’expression et de manifestation. C’est pour ces raisons que nous ne manquerons pas d’exercer notre vigilance quant au sort réservé aux différents inculpés du CAS et d’interpeller nos responsables politiques sur ces questions.

■ (1) Signataires : Henri Wajnblum, coprésident de l’UPJB ; Anne Grauwels, co-présidente de l’UPJB ; Benoît Van der Meerschen, Président de la Ligue des droits de l’Homme ; Emmanuelle Delplace, co-directrice de la Ligue des Droits de l’Homme ; Fouad Lahssaini, député fédéral, groupe Ecolo-Groen ; Joëlle Baumerder, directrice de la maison du livre ; Véronique De Keyser, députée européenne ; Mateo Alaluf, Président du CA de l’Institut Liebman ; Mejed Hamzaoui, Président de l’Institut des Sciences du travail de l’ULB ; Jean-Claude Grégoire, enseignant à l’ULB ; Yaron Pesztat, député au Parlement bruxellois ; Zoé Genot, députée fédérale Ecolo ; Anne Morelli, Professeure à l’ULB ; Simone Susskind, Présidente Actions in the Mediterranean ; Marcelle Stroobants, enseignante à l’ULB Pierre Marage, professeur à l’ULB ; Estelle Krzeslo, chargée de recherches, ULB ; Jean Vogel, professeur suppléant à l’ULB, coordonateur de l’Institut Liebman ; Ignace Lapiower, mensch de l’année 2010 ; Marie-Louise Oruba, Ligue des Droits de l’Homme, La Louvière ; Jos Orenbuch, Président du Centre d’expression libre et de créativité en milieu carcéral, Administrateur du CAL de la Province de Liège ; Antoinette Rouvroy, Chercheur qualifié du FRS-FNRS ; Françoise Michel, CGSP-Enseignement ; Pierre-Arnaud Perrouty, Juriste, spécialiste droits de l’homme ; Benoît Van Keirsbilck, Président de Défense des Enfants-Belgique ; Pierre Galand, Président du CAL ; Dan Van Raemdonck, Président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme, professeur à l’ULB ; Claude Semal, auteur et comédien ; Jean-Maurice Arnould, avocat ; Céline Delforge, députée bruxelloise Ecolo ; Yasmina Vanalme, Fondatrice de SolidaritY ; Serge Gutwirth, professeur de droit à la VUB ; Tom Nisse, auteur. © OLIVIER HOSLET / EPA.

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