Quelques photos de la veillée du 29 janvier 2014
Syrie : débat stérile à l’avant-dernier jour des pourparlers à Genève
Les pourparlers entre le régime syrien et ses adversaires se sont résumés jeudi à un débat stérile sur le « terrorisme » en Syrie, au moment où l’opposition annonçait que son chef allait se rendre le 4 février à Moscou, allié indéfectible de Damas.
Au 6e et avant-dernier jour des pourparlers à Genève avec le médiateur Lakhdar Brahimi, les délégations des deux belligérants, en guerre depuis près de trois ans, se sont accusées mutuellement d’actes de « terrorisme » dans le pays ravagé par les bombardements du régime et les combats contre les rebelles et les jihadistes étrangers.
« Il n’y a pas eu d’accord sur la façon de traiter le terrorisme », a indiqué M. Brahimi lors d’un point de presse, déplorant qu’il n’y ait pas « réellement de changement dans la position des deux interlocuteurs ».
Ce premier round de pourparlers, initiés sous la pression des Américains, alliés de l’opposition, et des Russes, se terminera vendredi, sans qu’il y ait de réelle avancée ni sur la question de transition politique, ni sur le dossier humanitaire.
Le médiateur Brahimi, pour qui ce premier face à face entre frères ennemis syriens est un succès en soi, a annoncé que la dernière réunion vendredi visera à tirer des « leçons » et à chercher une meilleure organisation pour le prochain round.
Celui-ci devrait se tenir aux alentours du 10 février à Genève. La date sera confirmée vendredi.
Entre les deux rounds, le chef de la Coalition de l’opposition syrienne, Ahmad Jarba, se rendra à Moscou le 4e février pour sa première visite officielle à cet allié du régime syrien, a annoncé l’opposition, précisant que c’était en réponse à une invitation russe.
« Nous sommes en contact avec les Russes (…) Je pense que la relation avec les Russes doit évoluer d’une façon positive », avait affirmé mercredi M. Jarba depuis Genève à la télévision Al AAn, basée à Dubaï.
Jeudi, M. Jarba avait affirmé que le chef de la diplomatie russe, Serguei Lavrov, lui avait dit lors d’une rencontre à Paris que la Russie « n’était pas attachée » au président Assad.
Les pourparlers à Genève se déroulaient au moment où l’ONG Human Rights Watch accusait le régime du président Bachar al-Assad d’avoir rasé des milliers d’habitations dans des secteurs où la population soutient l’opposition à Damas et à Hama (centre), comme « punition collective ».
L’ONG, qui a documenté sept cas, a accusé le régime « d’effacer de la carte des quartiers entiers », évoquant des « crimes de guerre ».
Après une minute de silence en hommage aux « martyrs » en Syrie, les deux délégations ont débattu, sans résulat, de la notion de « terrorisme ».
« Le régime veut parler de terrorisme (…) Affamer la population jusqu’à la mort, la torture et la prison, c’est du terrorisme », a affirmé l’opposition en séance, ajoutant : « Le plus grand terroriste en Syrie, c’est Bachar al-Assad ».
La délégation gouvernementale a présenté, elle, un communiqué appelant à l’ »arrêt du financement, de l’armement et de l’entraînement des terroristes », selon le texte obtenu par l’AFP.
Le pouvoir à Damas, qui assimile les rebelles à des « terroristes », insiste que la priorité des discussions à Genève est la question du « terrorisme », alors que pour l’opposition, le dossier central est la transition en Syrie, prévue dans Genève I.
Ce communiqué adopté en 2012 par les grandes puissances prévoit l’arrêt de « la violence sous toutes ses formes » et la formation d’une autorité gouvernementale de transition, sans mentionner le sort du président Bachar al-Assad.
Parallèlement au volet politique, la question de l’humanitaire ne progressait guère à Genève.
Le médiateur Brahimi s’est dit « très, très déçu » par l’absence de progrès sur l’aide aux quartiers rebelles assiégés de Homs, troisième ville du pays.
Dimanche, il avait annoncé avoir obtenu du régime la promesse de laisser partir femmes et enfants de Homs et de laisser entrer des convois humanitaires.
Mais l’opposition refuse la séparation des familles, tandis qu’humanitaires et diplomates rappellent que le droit international interdit les mouvements de population sous la contrainte de manque de vivres et de médicaments.
A Damas en revanche, un convoi d’aide alimentaire a pu pénétrer jeudi dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, dont le siège hermétique par l’arme depuis juin 2013 a causé la mort de plus de 80 personnes, ont annoncé une agence de l’ONU et l’agence de presse officielle syrienne Sana.
Sur un autre plan, Washington s’est dit « inquiet » du fait que la Syrie n’ait évacué de son territoire que moins de 5% de son arsenal chimique le plus dangereux, plus de quatre mois après un accord russo-américain sur la destruction de l’arsenal chimique syrien qui a fait éviter in extremis des frappes occidentales contre le régime.
Syrie : manifestation pour les Palestiniens du camp de Yarmouk
MANIFESTATiON CONFIRMEE à 13:00!! et ce soir à 20:00 même lieu, une manif pour le Père Paolo disparu depuis un an aujourd’hui
Yarmouk est un camp de réfugiés palestiniens près de Damas assiégé par les forces du régime Assad où les habitants sont en train de mourir de faim.
Une manifestation de soutien est prévue mercredi 29 janvier à la place de Luxembourg à Bruxelles à 13 heures.
A Genève, une bataille médiatique entre frères ennemis syriens

dimanche 26 janvier 2014, par
Ils se toisent, se provoquent et même parfois s’insultent : au siège de l’ONU à Genève où se déroulent les négociations entre le régime syrien et l’opposition, une âpre bataille médiatique oppose partisans et détracteurs de Bachar al-Assad.
Dans les couloirs du Palais des Nations, sur les pelouses alentours et surtout lors des conférences de presse, les deux camps sont à couteaux tirés, chacun tentant d’imposer son point de vue et de contrer celui de l’autre en affirmant représenter la « vraie voix de la Syrie ».
Dans les points de presse, ils rivalisent pour monopoliser le micro, si bien que vendredi, le médiateur de l’ONU et instigateur des négociations de paix, Lakhdar Brahimi, a lancé à la salle, en plaisantant : « Vous êtes tous Syriens ici ou quoi ? ».
Car si le régime de Damas et l’opposition sont réunis pour la première fois dans la même pièce depuis le début en 2011 du conflit sanglant qui ravage la Syrie, le contact est tout aussi inédit entre médias pro et anti-Assad.
« La nouveauté de Genève est que l’Etat syrien est représenté pour la première fois sur le plan politique et sur le plan médiatique dans une conférence sur la Syrie », ce qui n’était pas le cas lors des conférences des Amis de la Syrie où seul l’opposition était présente, affirme à l’AFP Habib Salmane, directeur de l’information à la télévision d’Etat syrienne, présent à Genève.
Profitant de l’aubaine, les journalistes pro-régime harcèlent les membres de l’opposition avec leurs questions. Ceux appuyant l’opposition font de même avec les dignitaires de la délégation de Damas.
Dans la ville suisse de Montreux, où s’était tenue mercredi la conférence internationale sur la Syrie, des journalistes anti-régime ont pourchassé le ministre de l’Information Omrane al-Zohbi dans le centre de presse en lui lançant avec insistance « Quand Assad partira-t-il ? ».
Et à Genève, l’opposant Burhane Ghalioun s’est retrouvé dans un couloir assailli par des journalistes pro-régime qui le pressaient de répondre : « les rebelles ont montré des vidéos de têtes décapitées, qu’est-ce que tu as à répondre à ça ? ».
Le régime de Damas considère les rebelles comme des extrémistes « terroristes » appuyés et financés par l’étranger, notamment par l’Arabie saoudite et le Qatar. Et les médias financés par ces deux pays, Al-Arabiya et Al-Jazeera, sont les plus honnis par le régime pour leur couverture très favorable avec la rébellion.
Dimanche, lorsque la journaliste d’Al-Jazeera a demandé au ministre de l’Information pourquoi il refusait d’être interviewé par sa chaîne, ce n’est pas le dignitaire syrien qui a répondu. Mais un reporter de Sham FM, radio privée proche du pouvoir. « Parce que vous êtes des agents » (d’un pays hostile, ndlr), a-t-il lancé. La journaliste d’Al-Jazeera a alors répliqué : « au moins nous ne sommes pas des criminels ».
Autre exemple de tension lors de la conférence de presse de l’opposant Louai Safi qui appelait à la création d’un corridor humanitaire pour les quartiers rebelles assiégés de la ville de Homs (centre).
« Ne pense pas que tu peux me dicter ce que je dois dire ici, toi qui représentes les médias de la propagande », a lancé l’opposant à un journaliste de l’agence officielle Sana qui lui demandait avec insistance pourquoi l’opposition voulait-elle faire sortir les « terroristes » de Homs.
Des insultes extrêmement vulgaires, souvent sous le niveau de la ceinture, fusent parfois. D’autres s’inspirent du contexte de la guerre comme lorsqu’un journaliste anti-Assad a crié à son confrère de la presse officielle « Vas-y, jette un baril sur nous », en référence aux barils d’explosifs largués selon des ONG sur la ville d’Alep (nord), tuant des centaines de civils. La tension est parfois tellement grande que les journalistes manquent d’en arriver aux mains, forçant la sécurité de l’ONU à intervenir.
Certains journalistes syriens vivent une situation inédite. Ahmad Fakhouri était présentateur à la télévision d’Etat jusqu’à ce qu’il fasse défection en 2012. « Je revois d’anciens collègues ici, je veux les saluer mais certains sont embarrassés, d’autres ont détourné le regard », confie à l’AFP ce jeune homme qui travaille désormais dans une chaîne satellitaire financée par les Emirats arabes unis.
« Je suis opposant, mais en tant que journaliste, je peux critiquer l’opposition et les rebelles tout comme les renseignements et Assad. C’est cela le vrai journalisme ».
Syrie : premières négociations de paix à Genève entre émissaires d’Assad et opposants
vendredi 24 janvier 2014, par La Rédaction
Après presque trois ans de conflit en Syrie, émissaires du président Bachar al-Assad et membres de l’opposition en exil vont s’assoir à la table des négociations à Genève pour des premiers pourparlers de paix aux chances minimes de succès.
Arrivés jeudi à Genève après une conférence sous tension à Montreux qui réunissait une quarantaine de pays et d’organisations, les deux délégations vont enfin entrer dans le vif du sujet pour tenter de mettre fin au chaos meurtrier qui a déjà fait plus de 130.000 morts en Syrie et a forcé des millions de civils à abandonner leurs maisons ou à s’exiler.
Diplomates et observateurs se font peu d’illusions sur l’issue de ces négociations mais rappellent que le simple fait que les deux camps acceptent de se trouver ensemble dans une même pièce est en soi un événement.
Le maître d’oeuvre de ce délicat exercice de diplomatie, l’émissaire de l’ONU pour le conflit syrien, Lakhdar Brahimi va entrer en scène à 11h locales (10H GMT). Et le ton des Syriens ces deux derniers jours, notamment celui de Damas accusant les opposants d’être des « traîtres » et des « agents » à la solde de l’étranger, laisse augurer de débuts difficiles.
Selon plusieurs sources diplomatiques, M. Brahimi réunira les deux délégations dans une même pièce au siège de l’ONU en Europe. « Il s’exprimera pendant une trentaine de minutes en introduction », selon une source diplomatique occidentale. Les Syriens, eux, ne parleront pas.
Dans un second temps, chaque délégation sera conduite dans sa propre salle où Lakhdar Brahimi viendra discuter du cadre des négociations.
Selon cette source diplomatique occidentale, M. Brahimi pourrait tenter dès vendredi ou samedi de réunir une nouvelle fois les deux délégations dans la même salle où les négociateurs se parleront « par Brahimi » interposé.
Le premier cycle de négociations est censé durer « jusqu’à la fin de la semaine prochaine », soit le 31 janvier. « Mais tout peut très bien s’arrêter dès vendredi », rappelle, prudent, une source diplomatique occidentale.
« Nous savons que cela prendra du temps, et si cela doit prendre un jour de plus, cela prendra un jour de plus. Nous savions que ce ne serait pas un processus facile », a également indiqué un haut responsable du Département d’Etat américain.
La délégation de Damas est conduite par le très chevronné ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem. Si Ahmad Jarba est le chef de la délégation de l’opposition, il ne devrait pas en être le négociateur en chef. Le nom du négociateur de l’opposition doit être annoncé vendredi, a indiqué à l’AFP Monzer Aqbiq, porte-parole de la délégation.
La question du sort de Bachar al-Assad reste le principal motif de désaccord, l’opposition posant comme principe son départ et la constitution d’un gouvernement transitoire où il ne jouerait pas de rôle, le régime rejetant cette idée.
Faute de consensus sur cette question centrale, Lakhdar Brahimi pourrait se concentrer, ainsi que les Occidentaux et les Russes, sur la recherche de premières mesures visant à soulager la population.
M. Brahimi a évoqué des « indications » sur une disponibilité des délégations à discuter de l’acheminement de l’aide humanitaire, de cessez-le-feu localisés, notamment à Alep, et d’échanges de prisonniers.
Selon une source diplomatique, l’opposition pourrait mettre sur la table l’idée d’ »aide humanitaire couplée à des cessez-le-feu localisés » dès le début de la négociation.
Une partie de l’équation tient également à la capacité des « parrains » des deux camps, les Etats-Unis pour l’opposition et la Russie pour le président Bachar al-Assad, à peser et à manoeuvrer en coulisses.
Mercredi à Montreux, le chef de la diplomatie américaine John Kerry n’a pas mâché ses mots contre Damas et réitéré son exigence qu’Assad quitte le pouvoir. La Russie pour sa part a montré un soutien ferme mais sobre au régime. Et nul ne sait comment dans ce « grand jeu » de luttes d’influence et de bluff diplomatique, Occidentaux, Russes, monarchies du Golfe et Syriens vont avancer leurs pions.
Une conférence sur la Syrie vouée à l’échec?
Peut-on raisonnablement attendre de la conférence internationale sur la Syrie qui s’ouvre ce 22 janvier en Suisse sous l’appellation de « Genève 2 » qu’elle inaugure une ère nouvelle qui verrait les protagonistes de cet âpre conflit se diriger vers une issue pacifique ? Il serait bien malaisé de trouver un seul observateur sérieux prêt à parier quelques malheureux centimes sur cette perspective.
Tout se passe comme si l’échec de Genève 2 était déjà écrit, validé par la réalité d’une sanglante confrontation où les camps sont multiples et leurs raisons d’être variées. Face au féroce régime mafieux syrien qui tuerait la moitié de son peuple pour rester au pouvoir, l’opposition militaire paraît en effet bien morcelée, entre des rebelles nationalistes et/ou islamistes plus ou moins radicaux, des Kurdes en session sécessionniste et des djihadistes extrémistes hantés par le retour du califat…
Le régime et une partie de l’opposition exilée se retrouvent donc néanmoins à Montreux ce mercredi, avant de poursuivre en tête-à-tête à partir de vendredi à Genève. Le premier veut voir consacrer sa « lutte contre le terrorisme » qu’il dit mener depuis mars 2011 même si les premiers djihadistes firent leur apparition près d’un an plus tard. Les seconds n’imaginent pas de « gouvernement de transition », le but officiel des négociations, sans le départ irrévocable du « boucher de Damas ». On voit mal où gisent les termes d’un possible compromis entre de tels ennemis. Même leurs puissants parrains respectifs n’arriveraient pas à les convaincre…
De manière habile autant que perverse, le régime a réussi l’impossible : faire accroire à une bonne partie de la communauté internationale que ce conflit met aux prises un Etat laïque civilisé et des fous d’Allah coupeurs de tête. Alors que c’est lui, par ses méthodes qui consistent à terrifier par des bombardements massifs les populations rebellées, qui porte la plus lourde des responsabilités. Sauf que les atermoiements de l’Occident, tétanisé par le danger djihadiste, ont aussi rendu ce danger possible et maintenant concret.
Alors, pour que Genève 2 ne soit pas une occasion totalement gâchée, il conviendrait que des mesures d’aides humanitaires y soient adoptées d’urgence. Car ce sont les civils qui souffrent et dans d’effrayantes proportions. Ouverture de couloirs humanitaires, libération des prisonniers, fin de la torture, levée des sièges de villes ou quartiers qui affament : la liste, longue et non exhaustive, doit servir à sauver des vies, là où elles s’éteignent par centaines chaque jour dans d’indicibles souffrances.
Syrie: l’opposition en exil décide d’aller à Genève

L’opposition syrienne en exil a accepté samedi à Istanbul, après des semaines de pressions occidentales et arabes, de participer mercredi à la conférence de paix de Genève II, avec pour objectif se débarrasser du «boucher» Assad.
L’opposition syrienne en exil a accepté samedi à Istanbul, après des semaines d’atermoiements et de pressions occidentales et arabes, de participer la semaine prochaine à la conférence de paix de Genève II, avec pour unique objectif se débarrasser du «boucher» Assad.
A quatre jours du rendez-vous diplomatique lancé à l’initiative des Etats-Unis et de la Russie, le président de la Coalition de l’opposition Ahmad Jarba a affirmé devant la presse, que ces négociations avaient «comme unique but de satisfaire les demandes de la révolution (…) et avant tout de retirer au boucher (Assad, ndlr) tous ses pouvoirs».
Il a accusé M. Assad et son gouvernement de faire du «terrorisme d’Etat», affirmant que le régime était responsable de la présence sur le terrain des combattants de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), liés à Al-Qaïda, que des combats meurtriers opposent actuellement aux rebelles.
M. Jarba a aussi prévenu que la participation à la conférence ne signifiait pas la fin des opérations contre les forces d’Assad menées par l’opposition et sa branche armée, l’Armée syrienne libre (ASL).
Le régime syrien répète, lui qu’il n’ira pas en Suisse «pour remettre le pouvoir à qui que ce soit», et qu’il revient à Bachar al-Assad de mener la transition.
Au terme de discussions dans le huis clos d’un hôtel de la lointaine banlieue stambouliote, 58 membres de la Coalition de l’opposition ont voté oui, 14 non, 2 se sont abstenus et 1 a voté blanc, selon les résultats officiels.
Seuls 75 des quelque 120 délégués de l’opposition modérée au régime de Damas ont pris part au scrutin à bulletins secrets, signe des vifs débats.
Depuis des semaines, les adversaires de Bachar al-Assad se déchiraient sur l’opportunité de s’asseoir à la même table que les représentants d’un régime dont ils veulent la chute depuis bientôt trois ans.
Les chefs de la diplomatie française Laurent Fabius et américaine John Kerry ont qualifié cette décision de «courageuse». «En dépit des provocations et des exactions du régime», ce choix «est celui de la recherche de la paix», s’est félicité M. Fabius.
«Personne ne se fera duper», a assuré le secrétaire d’Etat américain John Kerry, menaçant Damas d’une «réponse beaucoup plus forte» en cas de manœuvre de diversion.
A Berlin, le chef de la diplomatie a parlé de «bonne décision, même si je peux comprendre qu’elle ait été difficile à prendre pour beaucoup d’opposants». Frank-Walter Steinmeier a ajouté qu’il s’agissait «une petite lueur d’espoir pour les gens en Syrie, qui subissent tant de souffrances du fait de la guerre civile et l’exode». «Le moindre progrès, aussi petit soit-il, sur le passage des convois humanitaires ou des accords de cessez-le-feu au niveau local, serait un succès», selon lui.
Et à Londres le chef de la diplomatie William Hague a souligné que «la Coalition Nationale a pris cette décision difficile malgré un contexte marqué par les attaques brutales et continuelles du régime contre les civils syriens et le blocage délibéré de l’aide humanitaire». Il a rappelé que tout accord exigerait que le président Bachar al-Assad quitte le pouvoir.
Concessions humanitaires de Damas
Samedi, pour la deuxième journée consécutive, la Turquie et le Qatar, mandatés par l’ensemble des parrains occidentaux et arabes de l’opposition, ont réuni à Ankara quatre groupes de combattants rebelles syriens, dont le Front islamique, qui ne font pas partie de la Coalition, pour les convaincre de l’utilité de Genève II, a-t-on appris de source diplomatique.
Au moins trois d’entre eux ont donné leur accord pour intégrer la délégation de l’opposition en Suisse, selon cette même source.
Sous l’influence de son fidèle soutien russe, le régime syrien avait de son côté fait vendredi une série de concessions «humanitaires» qui répondaient à certaines exigences de l’opposition.
A l’issue d’une rencontre avec son homologue russe Sergueï Lavrov à Moscou, le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem a proposé un «échange de prisonniers» et un plan prévoyant «l’arrêt de toutes les actions militaires» dans la région d’Alep (nord).
Samedi encore, au moins 34 personnes dont cinq enfants ont péri dans cette région dans des raids aériens de l’armée, selon une ONG syrienne.
Les conditions de ce cessez-le-feu restaient encore floues samedi. «Les détails et les mécanismes seront précisés une fois obtenu l’accord des autres parties», a déclaré à l’AFP une source au sein des services de sécurité à Damas.
Les promesses du régime ont connu par ailleurs une première manifestation concrète. Pour la première fois depuis septembre 2013, de l’aide alimentaire a pu entrer samedi dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, à Damas. L’armée du régime assiège ce camp occupé en grande partie par les rebelles depuis des mois.
La conférence de Genève II a pour objectif de trouver une solution politique susceptible de mettre fin à la guerre civile en Syrie, qui a fait plus de 130.000 morts et des millions de réfugiés et déplacés depuis mars 2011.
Manifestation : pas de Genève 2 avec Assad
rappel
Comité belge pour soutenir la révolution syrienne
Bruxelles, le 12 janvier 2014
INVITATION
Pas de Genève 2 avec Assad
Après près de trois années de répression en Syrie, la situation ne s’améliore pas et devient de plus en plus complexe, dans l’indifférence de la communauté internationale.
Annoncée par l’ONU, une conférence sur la paix en Syrie doit s’ouvrir le 22 janvier à Genève, baptisée « Genève 2 ».
Alors que « Genève 1 » excluait la présence de Bachar Al Assad ou de ses représentants, la prochaine conférence ne l’exclut plus.
Ceux qui préparent cette conférence semblent oublier que le problème majeur est la dictature de 43 ans des Assad et ne soutiennent pas la révolution, sous prétexte d’extrémisme et de terrorisme, alors que ceux-ci ne sont que la conséquence de la répression sanglante du régime. L’extrémisme et le terrorisme ont été voulus par les ennemis du peuple syrien pour justifier leur soutien au régime des Assad.
Le droit à la liberté et à la justice est dénié au peuple syrien.
Plus de 130.000 morts, des milliers de personnes disparues, enlevées, emprisonnées, torturées, 9 millions de déplacés et de réfugiés selon les chiffres officiels, ne troublent pas les organisateurs de la conférence.
L’échec de l’opposition syrienne en exil à soutenir la révolution des Syriens ne signifie pas l’échec de la révolution. Le Comité Belge et les sympathisants de la révolution syrienne à travers le monde continuent à soutenir la révolution syrienne pour la dignité et la liberté, quels que soient les choix et les difficultés de celle-ci.
C’est dans ce contexte que nous organisons une manifestation statique à Bruxelles, avec comme principale revendication « Pas de Genève 2 avec Assad ».
Le samedi 18 janvier, de 14h à 16h,
Place du Luxembourg
1000 Bruxelles
Pour le Comité Belge pour soutenir la révolution syrienne
Hasan Addaher
Ch. De la Hulpe 515, 1170 Bruxelles
Tel. : +32.491364600
















