Syrie : la dynamique citoyenne qu’Al-Assad ne parvient pas à liquider


Jean-Pierre Filiu
Universitaire
Publié le 30/06/2013 à 18h27

En ce 30 juin, l’Egypte retient son souffle face aux manifestations rivales des opposants et des partisans du président islamiste Mohammed Morsi. En Syrie, c’est déjà le deuxième jour de l’offensive du régime Assad contre les quartiers révolutionnaires de Homs.

Avions, batteries et chars lâchent leurs bombes sur ces bastions déjà en ruines, dont la propagande gouvernementale a déjà annoncé la « reconquête » plusieurs fois par le passé.

La mosquée Khaled Ben Walid, le plus important monument de Homs, a été frappée par les tirs du régime, comme avant elle la mosquée des Omeyyades d’Alep ou la mosquée Omar de Deraa.

Des cortèges chaque vendredi depuis 2 ans

Ce déferlement de violence aveugle, sur fond de valse-hésitation occidentale sur l’armement de l’insurrection, rejette au second plan la dynamique citoyenne de la révolution syrienne.

Cette dimension, à la source du soulèvement populaire de mars 2011, est pourtant déterminante pour comprendre la capacité de résistance de millions de Syriennes et de Syriens face aux campagnes de liquidation de Bachar al-Assad, mais aussi face aux divisions de l’opposition syrienne.

Le 28 juin, comme tous les vendredis depuis plus de deux ans, des cortèges ont rassemblé des milliers de manifestants pacifiques sur le thème de « une révolution ardente pour une opposition paralysée ».

video ici

Défilé de la population à Alep le 28 juin 2013

Au-delà des images de combats et de massacres qui saturent nos écrans, c’est bel et bien une toile de militantisme citoyen qui préserve encore l’unité de la Syrie, et qui garantit à bien des égards l’avenir de sa population.

Le mouvement pacifiste syrien vient de diffuser une carte interactive des centaines d’associations et de coordinations locales qui inscrivent la soulèvement syrien dans la durée et en profondeur.


Capture d’écran de la carte interactive mise au point par Bizava Astiyane suri, un mouvement pacifiste syrien

Chaque entrée renvoie à la page Facebook pertinente, avec un descriptif rapide. On y trouve aussi bien les différentes instances de gestion municipale, que l’assistance aux détenus, les initiatives d’agitprop symbolique ou les reporters-citoyens.

C’est peu de dire que cette dimension civile de la révolution syrienne est passée sous silence dans la couverture médiatique de la tragédie en cours.

Les « pires errements » des médias

La désinformation baasiste, systématique depuis mars 2011, a d’ailleurs atteint ces derniers jours des sommets.

  • La mort d’un franciscain syrien, le 23 juin, accompagnée du pillage du monastère où il était reclus, non loin de Homs, a suscité une émotion légitime en France.

L’extrême droite n’a pas craint d’affirmer à cette occasion que le soutien occidental aux révolutionnaires syriens « aide à tuer les Chrétiens ». D’autres sites comme RiposteLaïque.com allaient plus loin en assénant que trois franciscains, et non un seul, avaient été assassinés, et que les rebelles avaient mis en scène leur décapitation.

Tant pis pour ces prêcheurs de haine, la Custodie de Terre sainte démentait catégoriquement la mort de trois franciscains. Et il s’avère que les images du supplice ainsi diffusées soient l’œuvre d’une manipulation encore plus contournée.

  • La mort de quatre personnes dans une explosion, le 27 juin, en plein quartier chrétien de Damas, a été prestement attribué à un « kamikaze » de l’opposition.

Cette thèse, relayée par les médias du régime Assad, a été reprise telle quelle par la presse internationale, entre autres en France. Or il semblerait que le dit « kamikaze » soit un employé de la télévision d’Etat, qui plus est de confession chrétienne, et que l’explosion soit due à la chute d’un obus de mortier, volontaire ou accidentelle.

Ces deux exemples ne font qu’illustrer la persistance d’une « guerre des images », où l’interdiction par la dictature syrienne de toute couverture de presse indépendante laisse libre cours aux pires errements.

En guise de conclusion, je vous renvoie à cet entretien diffusé le 29 juin par le site canadien Tolérance sous le titre « Le soulèvement syrien est condamné à la victoire ».

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« 4 ambulances pour 2 millions d’habitants » : le cri d’alarme du médecin-chef d’Alep


Le Monde.fr | 28.06.2013 à 15h24 • Mis à jour le 28.06.2013 à 16h39 | Par Benjamin Barthe

Dans un hôpital d'Alep, après un bombardement, le 19 mars.

C’est un homme fébrile et fiévreux, qui parle par saccades, comme si les mots lui brûlaient les lèvres. Le « docteur Abdelaziz » comme il se présente, précisant qu’il ne s’agit pas de son véritable nom, est le coordinateur des hôpitaux situés dans la partie « libérée » d’Alep : les quartiers est et sud qui vivent depuis onze mois sous le contrôle de la rébellion anti-Assad.

Et sous le pilonnage de l’armée syrienne. Tonneaux de TNT largués depuis les airs, obus de tanks, bombardement en piqué, tirs de missiles balistiques depuis Damas : les frappes sur ces zones qui couvrent environ 70 % d’Alep sont quasi-quotidiennes, assure le praticien venu à Paris à l’invitation du conseil régional d’Ile-de-France. « 75 % des victimes sont des civils, notamment des femmes et des enfants », précise ce quadragénaire, qui raconte qu’au début de la semaine, l’un des hôpitaux dont il a la supervision a accueilli « 100 blessés en une seule journée ».

Face à ce matraquage organisé, qui a réduit en miettes des secteurs entiers de la métropole, le médecin-chef d’Alep manque de tout. « Pour une ville de près de 2 millions d’habitants, nous n’avons que 4 ambulances. Toutes les autres ont été détruites dans des attaques des forces gouvernementales. Celles qui nous reste, on les a repeintes d’une couleur différente et on a enlevé les gyrophares, pour qu’elles ne soient pas visés. » Les sept hôpitaux qui sont sous sa responsabilité et qui ont réchappé pour l’instant aux bombardements doivent composer avec une pénurie chronique de produits de base : gants, poches de sang, anesthésiants, antibiotiques…

MANQUE DE PERSONNEL COMPÉTENT

« Imaginez que la première livraison de la Croix-Rouge internationale ne nous est arrivée que la semaine dernière, après de longues tractations avec le régime, soupire le docteur Abdelaziz. Jusque-là, nous dépendions intégralement de donations privées, provenant principalement de collègues de la diaspora. » Un autre chargement d’aide, financé par le gouvernement français, devait parvenir sous peu à Alep, après qu’un convoi de 16 tonnes a franchi la frontière turco-syrienne, vendredi 21 juin.

Mais c’est le manque de personnel compétent qui est le plus préoccupant. Beaucoup de médecins d’Alep se sont réfugiés au Liban et certains d’entre eux, résidents de la zone sous contrôle du régime, ne peuvent plus se rendre à leur travail. En matière de ressources humaines, le système D est donc la règle. « Dans les hôpitaux, un ingénieur peut servir d’infirmier et un dentiste de chirurgien », confie le docteur Abdelaziz. Pour les cas compliqués, des consultations par le réseau Skype sont organisées avec des médecins de la diaspora syrienne, notamment aux Etats-Unis.

Avant la révolution, le docteur Abdelaziz enseignait la médecine à l’université d’Alep. Aujourd’hui, il est un homme traqué, qui refuse d’être filmé ou photographié. Sa femme et ses enfants sont en sécurité en Turquie. Mais ses parents, qui vivent toujours dans la partie ouest d’Alep, sous contrôle gouvernemental, ont récemment reçu la visite des sbires du régime. « Ils ont dit à ma mère qu’ils recherchaient le docteur des terroristes. Mais moi, je ne traite pas des terroristes, je traite des patients. Un officier de l’armée a même été soigné dans nos services. » En prévision d’une grande offensive du régime contre Alep, de maigres réserves ont été constituées. Le docteur Abdelaziz, en dépit des suppliques de ses enfants, n’envisage pas de quitter son poste. « C’est mon peuple, ma patrie, je ne partirai jamais d’ici. »

Benjamin Barthe

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Rozana, histoire d’une radio syrienne libre à Paris


 

Le Monde.fr | 27.06.2013 à 14h43 • Mis à jour le 27.06.2013 à 14h55 | Par Daniel Psenny

Installée dans un appartement parisien, Radio Rozana, qui commence à émettre ce jeudi 27 juin, est « le premier média libre et indépendant » destiné à faireentendre la voix des Syriens de l’intérieur. « L’idée de créer une radio était dans l’air depuis un moment et devant l’aggravation du conflit, nous avons décidé de franchir le pas pour aider ceux qui souffrent au quotidien de la guerre et contribuer à l’avènement d’une société libre et démocratique en Syrie« , explique Lina Chaouaf, rédactrice en chef de la radio.

Radio Rozana (« la fenêtre qui laisse entrer la lumière ») émettra deux heures par jour en arabe (de 16 heures à 18 heures, heure française) et sera accessible en ligne sur le site www.rozana.fm. La radio espère bientôt diffuser via le satellite Arabsat, ce qui permettra de couvrir tous les pays arabes. « Nous ne travaillons pour aucun parti ni aucune faction de l’opposition syrienne », insiste Mme Chaouaf.« Notre politique éditoriale s’appuie sur des valeurs d’indépendance et de liberté tout en apportant à la population syrienne un soutien humanitaire, poursuit-elle. Après quarante ans de dictature, notre principale difficulté est de se débarrasser de l’autocensure… »

La rédaction est composée de cinq journalistes syriens en exil qui, chaque jour, vont mettre en forme les reportages réalisés par une trentaine de correspondants répartis à travers la Syrie. « Durant ces deux heures, nous diffuserons des reportages, des débats, des analyses et des informations utiles pour les Syriens restés au pays mais aussi pour tous ceux, à l’extérieur, qui souhaitent être informés de ce qui se passe réellement sur place », précise Mme Chaouaf.

DES JOURNALISTES FORMÉS EN TURQUIE PAR UN ORGANISME FRANÇAIS

Tous ces journalistes syriens travaillant pour la radio ont été formés, ces derniers mois, lors de deux stages organisés en Turquie par Canal Franceinternational (CFI), l’organisme français de coopération audiovisuelle dépendant directement du Quai d’Orsay. « Nous n’avons rien demandé en contrepartie et nous n’interférons évidemment pas dans le travail des journalistes », assure Etienne Fiatte, directeur général de CFI.

Soutenue par le Danemark, le ministère français des affaires étrangères et plusieurs ONG (dont Reporters sans Frontières), Radio Rozana bénéficie d’un petit budget versé par plusieurs organismes européens et différents médias. « Cela devrait nous permettre de tenir au moins un an », avance Mme Chaouaf en rappelant qu’au cours de ces vingt-huit derniers mois, la guerre civile en Syrie a déjà fait près de 100 000 victimes, dont plus de 80 journalistes.

Daniel Psenny

Parler de la révolution en Syrie, c’est bien. S’informer sur elle, c’est mieux. Et c’est possible…


La publication, mardi 25 juin, sur l’édition électronique du Monde.fr, du « Décryptage » de Bassma Kodmani : « Les Occidentaux doivent enfin armer les démocrates syriens« , a suscité des réactions prévisibles de la part de plusieurs lecteurs. Certains ont exprimé leur intérêt, voire leur préoccupation pour le présent et l’avenir de la Syrie. D’autres se sont montrés plus enclins à plaquer leurs idées sur la situation dans ce pays qu’à comprendre ce qui s’y déroule depuis près de deux ans et demi. Consciemment pour les uns, inconsciemment pour les autres, ils sont encore une fois tombés dans le piège que l’auteur avait pourtant pris soin de signaler dès sa première phrase : « A la tragédie humaine qu’endurent les Syriens s’ajoute la souffrance de voir le récit de la réalité largement déformé« .

Logo d’un site de la révolution dédié à la divulgation des mensonges des médias officiels syriens

Que tous les Syriens ne soient pas favorables à la Révolution, c’est une affaire entendue. Affirmer que les partisans de Bachar al-Assad constituent une majorité ou une majorité silencieuse, y compris au sein des minorités confessionnelles, c’est parler dans le vide : personne n’en sait rien. S’est-on suffisamment demandé ce que le régime cherchait à dissimuler en interdisant les sondages, dans un pays où les libertés fondamentales sont depuis longtemps confisquées et n’ont nullement été restituées aux citoyens par les textes adoptés sous la pression populaire depuis mars 2011 ? Mais ignorer les moyens déployés par la propagande et les agents du régime pour induire en erreur les opinions publiques, en jouant sur les cordes sensibles du terrorisme et de l’islamisme, forcément radical, extrémiste… et cannibale, répéter à l’envie que « les démocrates syriens… (ne représentent qu’) une part infime de l’opposition, qui est en fait noyautée par les islamistes », ou décréter, comme Le Fou prénommé Pierrot, qu' »il n’y a pas d’autres forces qu’islamistes »… puisque « les élections en Egypte et partout ailleurs le montrent », c’est malheureusement faire preuve d’une ignorance crasse.

Ceux qui préfèrent s’instruire avant d’intervenir, au contraire des quidams auxquels la modernité permet désormais de s’exprimer sans rien connaître sous couvert de l’anonymat, auraient tout avantage à se rendre sans tarder sur la page Facebook du Mouvement pacifiste syrien. Ils y trouveront le résultat d’un magnifique travail de recensement des groupes qui, adhérant à la Révolution, œuvrent en faveur de la libération de la Syrie de manière non-violente.

Carte des initiatives civiles de la Révolution syrienne

Ils pourront voyager à travers la Syrie au moyen d’une carte interactive qui recense une partie des initiatives civiles et des activités menées au sein de l’insurrection syrienne. En partant de « Groups« , ils pourront découvrir les relations que chacune de ces activités entretient avec les autres et recueillir certaines informations qui leur permettront de parler ensuite en connaissance de cause. Les données figurant dans ce diagramme sont extraites de la page Facebook des organisations ou associations concernées. Elles ont parfois été fournies directement par leurs organisateurs. Plus de 650 associations figurent sur cette carte qui, de l’aveu de ses réalisateurs, est loin d’être achevée. Ce nombre peut paraître ridicule, mais, pour qui connaît la Syrie, il est considérable. D’une part, il s’agit d’initiatives prises en temps de guerre, dans des circonstances humainement et matériellement difficiles. D’autre part, la majorité des hommes et des femmes qui en sont à l’origine n’avaient aucune expérience dans les domaines où ils se sont lancés : nulle activité n’était précédemment autorisée en Syrie, si ce n’est sous l’égide du Parti Baath, « parti dirigeant de l’Etat et de la société », et sous le contrôle des services de renseignements.

Autre information, à l’intention de ceux qui, par faiblesse d’esprit ou par perversité, se focalisent sur l’arbre et se refusent à apercevoir la forêt, ceux qui répètent en boucle et généralisent les crimes individuels de certains fanatiques pour dissimuler les massacres de masse commis par les sicaires du régime, ceux qui assimilent a priori tous les révolutionnaires à des islamistes, tous les islamistes à des jihadistes et tous les jihadistes à des assassins assoiffés de sang… Le 25 juin, le Front Islamique de Libération de la Syrie a diffusé un communiqué pour se féliciter de l’atelier de travail organisé, les 22 et 23 juin, avec la collaboration de l’Appel de Genève, sur le droit des conflits armés et le droit humanitaire international. Il s’agissait de sensibiliser et d’entraîner au respect de ces droits une vingtaine de cadres, combattants et juristes appartenant aux différentes factions du Front, afin qu’ils diffusent ultérieurement eux-mêmes ces principes autour d’eux. Les exercices d’application ont été centrés sur les règles de définition des objectifs militaires, de traitement des prisonniers, de neutralité des civils et de protection des personnes et des biens. Une première session avait été organisée quelques semaines plus tôt. Une réunion d’évaluation, au terme de la présente session, devait permettre d’envisager la suite à donner à cette formation.

Logo du Front Islamique de Libération de la Syrie

Interrogé sur le jugement qu’il portait sur le Front, souvent qualifié d’organisation terroriste, le Dr Abou al-Hasan, conseiller à l’Appel de Genève et animateur de la session, a déclaré : « Le Front a coopéré d’une manière inattendue. Il a écarté de ce fait nombre de doutes et de rumeurs qui faisaient de ses éléments – vous m’excuserez des termes – un groupe d’assassins et de sauvages. Nous avons découvert au contraire des jeunes Syriens remarquables, attachés à leur pays et entièrement dévoués au bien de leur peuple ». Pour le Dr Ahmed Abou al-Mou’tasem, directeur du bureau juridique du Front Islamique de Libération de la Syrie, « c’est la volonté du Front de respecter les principes du droit international humanitaire qui est à l’origine de ces sessions. Elles permettent aux révolutionnaires de connaître les règles régissant les conflits armées. Elles ne leur étaient pas inconnues auparavant, puisqu’elles découlent pour la plupart des intentions de la législation (chari’a) islamique qui constitue notre référence et notre identité. La preuve en est que le Front a adopté le « Pacte de la résistance syrienne » qui encadre un certain nombre de comportements et d’opérations de combat dans la révolution syrienne ».

Nul ne niera que participer à de telles sessions est une chose, et que mettre en application dans l’ardeur des combats les principes acquis à ces occasions en est une autre. Mais on relèvera, au crédit du Front Islamique de Libération de la Syrie, qu’en diffusant lui-même ce genre d’information, il prend à témoin l’opinion publique – ou du moins ceux qui veulent bien l’entendre – de ses intentions. Il s’expose par le fait-même au risque d’être vivement critiqué si ses combattants ne s’y conforment pas. On relèvera aussi que, en acceptant d’apprendre et en exprimant sa volonté d’améliorer son comportement, le Front se place aux antipodes des forces du régime, militaires, moukhabarat et chabbiha, pour ne pas mentionner ses supplétifs libanais, iraniens, irakiens et autres, dont nul n’a jamais entendu dire qu’ils s’interrogeaient sur la légitimité des moyens employés, sur ordre de Bachar al-Assad et de ceux qui lui prodiguent leurs conseils, pour réduire la rébellion, anéantir toute résistance et détruire sur leurs habitants les villes que le régime ne parvient pas à reprendre.

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Hamas : le soutien à la Résistance syrienne est une priorité qui passe avant le jihad pour la Palestine.


à Iyad

Dans une interview au journal algérien « Echourouk Online » (voir interview en Arabe : http://www.echoroukonline.com/ara/articles/169083.html), Dr Aziz Douik, membre imminent du Hamas et président du Conseil Législatif Palestinien déclare que le soutien à la Résistance syrienne est une priorité qui passe avant le jihad pour la Palestine.

Comment vous regardez l’évolution de la crise syrienne ?

Nous, dans le CLP, saluons la lutte du peuple syrien afin de retrouver sa liberté et d’en finir avec le régime tyrannique qui l’étouffe depuis des décennies sans se soucier ni d’enfant, ni de femme ni de vieillard. En conséquence, ce régime a perdu sa légitimité et il revient au peuple syrien de décider et sa volonté doit être respectée par tous. Nous sommes donc et sans aucune réserve, avec le peuple syrien qui cherche sa liberté et la chute de ce régime dictatorial.

Ne craignez-vous pas les conséquences de la crise syrienne sur la cause palestinienne ?

Bien au contraire, Je crois que le maintien d’un régime dictatorial est un coup de poignard dans le cœur de la cause palestinienne, alors que l’élimination de la dictature est le début du chemin vers la victoire de la cause palestinienne.

Quelques savants ont suivi avec inquiétude les appels d’un certain nombre de savants musulmans à faire le Jihad en Syrie aux dépense de la Palestine et de Jérusalem ?

La cause palestinienne reste en tête des priorités des savants musulmans pour toujours, mais alors que le sang saigne en Syrie il y a là un élément prioritaire incitant les musulmans à agir pour arrêter l’effusion du sang causée par le régime syrien contre notre peuple en Syrie. Le sens des priorité nous impose d’insister sur l’importance d’agir en faveur du peuple syrien qui saigne depuis des décennies sous le régime syrien injuste et tyrannique.

Quelle est votre position par rapport à l’intervention extérieure en Syrie ?

Le principe fondamental est que toute intervention extérieure est refusée. Or, agir pour arrêter ce bain de sang est un devoir pour tout être humain sur cette planète, et les musulmans doivent être les premiers à œuvrer pour défendre ces opprimés du peuple syrien. Nous voyons tous les jours la destruction des maisons en Syrie du Nord au Sud  et de l’Est à l’Ouest, sans épargner ni femme, ni enfant, ni vieillard, et ni arbre. Par conséquent la priorité doit être d’arrêter l’effusion du sang en Syrie.

N’y a-t-il pas un soupçon sur le soutien occidental et des USA à l’opposition syrienne ?

L’Occident ne fait rien par charité, c’est évident, mais toute l’humanité s’accorde pour défendre les droits de l’Homme, donc tout effort pour défendre ces droits est le bienvenu.

Résilience syrienne


A Raqqa un hôpital a été bombardé aujourd’hui: les hôpitaux font partie des cibles de choix du régime.

Oui ce n’est pas croyable, et d’ailleurs elles sont très nombreuses les personnes qui ne veulent/peuvent pas y croire tellement c’est incroyable.
Incroyable en effet qu’un Etat puisse s’en prendre comme cela à sa population, visant les plus fragiles avec son aviation, ses roquettes, ses chars, ses scuds… faisant même appel à d’autres armées pour en venir à bout, car la vie malgré tout continue à vouloir se manifester!

Mais les images sont là.

Quelle force de résilience devront avoir toutes les femmes et à tous les hommes de bonne volonté pour que la Syrie ne se transforme pas en un vaste hôpital psychiatrique à ciel ouvert!

Mais il est vrai que la nature humaine qui peut le pire est aussi capable du meilleur c’est sur ce meilleur qu’il faudra compter!


posté par Reinette Arnulf sur fb

Non, il n’y a pas de nouvelle guerre froide en Syrie par Jean-Pierre Filiu


15 juin 2013

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Avec quelque cent mille morts, la crise syrienne apparaît déjà comme un des grands drames de notre temps. Mais l’historien sait que de tels crimes de masse ne peuvent être perpétrés sans un discours de circonstance, qui vaut justification des bourreaux et apaisement des observateurs. Ce discours est aujourd’hui celui de la “nouvelle guerre froide” qui opposerait en Syrie la Russie et les Etats-Unis par clients interposés. Cette grille d’interprétation est particulièrement prégnante à l’ONU, obsédée par la restauration d’un consensus minimal au sein du Conseil de sécurité.

Planche issue de Le printemps des Arabes Jean-Pierre Filiu, Cyrille Pomès, Edition : Futuropolis

Kofi Annan, envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie à partir de février 2012, défend avec constance une vision aussi erronée, faisant ainsi l’impasse sur l’escalade guerrière menée par Bachar al-Assad tout au long de la mission des observateurs de l’ONU. Et lorsqu’Annan jette l’éponge en août 2012, il n’a pas une once d’autocritique, attribuant l’essentiel de son échec aux différends persistants entre Moscou et Washington. C’est la même démarche qui nourrit aujourd’hui l’illusion d’un “Genève 2″, d’une conférence internationale qui, sous l’égide des Etats-Unis et de la Russie, règlerait par là même le conflit syrien.

Cette fiction de la “nouvelle guerre froide” est activement entretenue par la dictature syrienne. Depuis le déclenchement du soulèvement populaire contre son régime, en mars 2011, Bachar al-Assad a répété avec constance qu’il faisait face, non pas à une révolution syrienne, mais à une subversion “terroriste” entretenue de l’étranger. La CIA et le Mossad, de même que l’Arabie saoudite et le Qatar, sont désignés comme les maîtres d’œuvre d’une telle opération de déstabilisation. Au-delà du rejet hors de la communauté nationale d’une opposition ainsi assimilée à une manipulation extérieure, cette propagande permet jusqu’à aujourd’hui de cautionner le recours au pire arsenal de guerre contre la population : artillerie lourde, blindés à tir tendu, bombardements aériens et, depuis plusieurs mois, armes chimiques.

Depuis que le monde est monde, les despotes accusent leurs opposants, civils et militaires, d’être des “agents de l’étranger”. Le fait que les 300.000 militaires de l’armée gouvernementale aient besoin du renfort des miliciens du Hezbollah pour remporter des succès sur le terrain n’entame en rien un tel mensonge d’Etat. Bachar peut compter sur le soutien inconditionnel de Vladimir Poutine, qui gave les troupes loyalistes de matériel destructeur, au besoin avec les conseillers formés pour maximiser le massacre. Le Kremlin adresse ainsi un message simple à tous les dictateurs de la région : à la différence de la Maison blanche, accusée d’avoir “lâché” Moubarak et Ben Ali, la Russie défendra jusqu’au bout les tyrans qui lui sont alliés.

Face à une telle détermination de Poutine, Obama joue un apaisement défaitiste. Son obsession est de boucler le retrait d’Afghanistan après celui de l’Irak, soldant ainsi l’héritage calamiteux de l’administration Bush. La tragédie syrienne doit donc être contenue au moindre coût pour les Etats-Unis. Et tant pis si le peuple syrien va de carnage en carnage, il est prié d’agoniser en silence. C’est pourquoi Washington, détenteur depuis des mois depreuves d’utilisation des armes chimiques, a imposé le silence sur ces violations embarrassantes des “lignes rouges” tracées par le chef de l’Etat. C’est pourquoi aussi les révélations en France et en Grande-Bretagne sur ce sujet ont été neutralisées par une véritable campagne d’étouffement de l’administration Obama.

Si “guerre froide” il y a en Syrie, elle est menée par les nostalgiques du Kremlin, grisés par l’absence de toute réaction occidentale à leur surenchère meurtrière. Dans de telles conditions, la conférence de “Genève 2″, prévue désormais en juillet, après avoir été attendue en juin, ne peut que conforter le régime Assad face à une opposition sommée de faire des concessions majeures au profit d’un accord si désiré à Washington. Gageons en ce cas que Moscou poussera encore plus son avantage et que les pressions américaines aggraveront les dissensions dans le camp insurgé.

Il est cependant probable que la révolution syrienne, épuisée par plus de deux ans de sacrifices, mettra malgré tout en échec ce plan concocté à Washington et à Moscou. Les manifestants syriens du 7 juin ont encore ironisé sur le langage de supposée fermeté des Etats-Unis à l’encontre de l’Iran et du Hezbollah, engagés massivement dans les récents combats de Qussaïr.

En 1916 déjà, les plénipotentiaires français et britannique s’accordaient en secret sur un partage du Moyen-Orient entre Paris et Londres. Ces “accords Sykes-Picot”, fondateurs de la Syrie moderne, visaient à liquider le droit du peuple syrien à l’autodétermination. Il n’y aura pas de Sykes-Picot aujourd’hui entre Washington et Moscou. Car le peuple syrien ne cédera pas avant le renversement de Bachar al-Assad. Et tant pis pour les tenants de la “nouvelle guerre froide”.

Source : http://www.huffingtonpost.fr/jeanpierre-filiu/poutine-obama-syrie_b_3414705.html

Date : 11/6/2013

Les jeunes Anversois partis combattre en Syrie radiés des registres de la population


May. (avec Belga)
Mis en ligne vendredi 14 juin 2013, 6h48

Le bourgmestre d’Anvers estime que les jeunes Belges partis combattre en Syrie ne rentreront pas en Belgique. Bart De Wever a donc décidé de radier administrativement les jeunes Anversois partis se battre en Syrie.

  • ©Belga

Bart De Wever va radier administrativement les jeunes Anversois partis se battre activement en Syrie. À la suite de cette radiation, ils n’auront plus d’adresse officielle et perdront tous leurs droits sociaux, rapporte ce vendredi la Gazet van Antwerpen.

«  La radiation administrative de ces gens tombe totalement sous ma compétence  », selon le bourgmestre d’Anvers. «  C’est une longue procédure qui est entre-temps lancée. Lors de différents contrôles, nous nous assurons qu’ils n’habitent plus dans la ville. »

Il appelle par ailleurs les jeunes musulmans à ne pas partir en Syrie cet été. «  N’écoutez pas les radicaux. Il y a de grandes chances que vous ne reveniez pas de Syrie, où c’est l’enfer  », a-t-il averti.

Bart De Wever estime enfin qu’il y a peu de chance que les jeunes qui s’y trouvent déjà rentrent de Syrie. «  Ces djihadistes anversois savent qu’un dossier judiciaire leur pend au-dessus de la tête. S’ils réapparaissent ici, ils seront appréhendés  », a-t-il encore dit.

Jeudi, les forces de police ont découvert un foyer de radicalisation au dôme de la mosquée populaire à Borgerhout, au sein de la ville d’Anvers.

Wala Shi 23 juin


  • Bruxelles au théâtre Lumen
  • La dernière pièce de Nawar Bulbul fera sa première à Bruxelles au théâtre Lumen le 23 juin 2013 à 19h!!!!!
    Réservation par mail (srv11@hotmail.com)
    ou par téléphone (00 32 48 988 9998)!!!

 

 walashi
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