Des Américains participent aux soins donnés aux blessés de Syrie


Kiran Ansari – publié le Lundi 22 Avril à 01:10 modifié le Dimanche 21 Avril – 23:08

Chicago – Frustrée par les nouvelles de la crise humanitaire syrienne, Liza Hoover, une infirmière en pédiatrie de Seabrook Island, Caroline du Sud, a décidé de mettre à profit sa formation médicale et d’agir. Après avoir passé quelques coups de téléphone elle est tombée par hasard sur la « Syrian American Medical Society (SAMS) » (la société médicale syrienne d’Amérique) et a passé la majorité du mois de janvier comme volontaire dans un hôpital de campagne dans le nord-est de la Syrie. L’expérience s’est révélée si gratifiante qu’elle y retourne la semaine prochaine.En 2012, SAMS a lancé la campagne « Save Syrian Lives Campaign » (Sauvons des vies syriennes) afin d’apporter une aide médicale directement aux Syriens affectés par le conflit, indépendamment de leur appartenance politique, ethnique ou religieuse. Grâce à un réseau de personnel médical volontaire, SAMS est déjà parvenu à établir sur le terrain 11 hôpitaux et à soutenir 25 autres centres médicaux situés dans des régions affectées par le conflit en Syrie.« Il y a en Syrie un énorme besoin de personnel médical qualifié, suite au départ forcé dû au conflit de plus de 50 pour cent des docteurs, » déclare le Dr Mohammed Zaher Sahloul, président de SAMS. « Nous avons envoyé là-bas essentiellement des médecins américano-syriens, mais nous avons reçu beaucoup de demandes de la part d’autres médecins qui souhaitent se porter volontaires. »

A ce jour, SAMS a envoyé plus de 120 médecins volontaires en Syrie, Turquie et Jordanie afin d’y traiter des patients.

L’un de ces médecins est le Dr Joseph Byrnes, un anesthésiste et un médecin militaire de Shreveport en Louisiane. Joseph Byrnes souhaitait passer ses vacances dans un endroit où ses compétences pourraient être utiles afin d’aider ceux dans le besoin. Après trois semaines, il était en route pour la Syrie.

Les familles respectives de Liza Hoover et de Joseph Byrnes étaient bien entendu préoccupées à l’idée de les voir travailler en zone de guerre, mais il était évident que c’était là quelque chose qui leur tenait vraiment à cœur et qu’ils souhaitaient accomplir. « Les Syriens prendront soins de moi » disait Joseph Byrnes, lors de son départ pour son cinquième déploiement, afin de rassurer sa famille.

Les parents âgés de Liza Hoover et ses filles encore jeunes étaient également en soucis, mais Liza a trouvé que c’était plus facile la deuxième fois.

« Je n’étais pas naïve, » déclare Liza Hoover. « Nous pouvions entendre les bombes au quotidien – parfois au loin et parfois plus proche de là où nous étions. Mais, de façon générale, je me sentais en sécurité et chérie par ma seconde famille que j’ai trouvée dans ce pays. »

Liza Hoover fait référence à sa famille d’accueil en Syrie comme à sa seconde famille car elle s’y est sentie tellement bien accueillie et appréciée. Comme elle ne parlait pas arabe, ils ont communiqué à l’aide de charades, ce qui était souvent comique. « Lorsque vous vous sentez apprécié, invité pour le café ou un repas et que vous êtes inclus dans la vie de quelqu’un, vous vous sentez en famille » a déclaré Liza Hoover.

L’hôpital dans lequel ils ont tous deux servi soignait tous ceux passant sa porte, jour et nuit. Joseph Byrnes et Liza Hoover ont pris soin d’enfants et d’adultes, beaucoup d’entre eux victimes d’accidents de la route et d’éclats d’obus résultant des bombardements proches.

Bien que les médicaments et le matériel à disposition aient été différents de ceux auxquels ils étaient habitués aux Etats-Unis, Liza Hoover et Joseph Byrnes étaient impressionnés par la quantité de choses qu’ils étaient en mesure d’accomplir avec les ressources à disposition – en particulier l’accès limité au courant électrique. Chaque litre de pétrole était utilisé parcimonieusement pour alimenter les générateurs.

Toutefois Liza Hoover craint qu’avec l’augmentation de la température et l’entassement des immondices les infections puissent se répandre plus rapidement. Elle est aussi concernée par les coupures de courant électrique et un accès limité à des réfrigérateurs qui rendent la conservation des vaccins et des médicaments délicate.

« Nous travaillons avec les autorités médicales locales afin de résoudre quelque uns des problèmes de santé publique et des maladies véhiculées par l’eau, » déclare Mohammed Zaher Sahloul. « SAMS fournit également du diesel à six hôpitaux d’Alep afin de leur garantir un accès à du courant électrique. »

« Oui, j’ai perdu du poids et ai vécu avec des ressources très limitées, » déclare Liza Hoover. « Mais je suis convaincue que je ne pourrai jamais rembourser l’amour et le respect reçu là-bas. Les Syriens méritent tellement mieux. »

« En tant qu’être humain et que citoyenne américaine, je souhaiterais que la communauté internationale fasse plus pour venir en aide à la Syrie. Mais en même temps je suis remplie de modestie à la vue des Syriens qui poursuivent leur vie et gardent leur foi tout en élevant leurs enfants. Cela m’aide à être la meilleure infirmière possible. »

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* Kiran Ansari est une écrivaine rédigeant pour différentes publications dont Chicago Tribune, Daily Herald, Halal Consumer et Azizah Magazine. Elle vit avec son mari et ses deux enfants dans la banlieue de Chicago. Article écrit pour Common Ground News Service (CGNews).

Homs sous le siège’


‘Homs sous le siège’ est une nouvelle série (sous-titrée en Français) sur la situation humanitaire dans les quartiers assiégés de Vieille Homs.
L’activiste Bebars Telawe se promène dans les rues de Homs, rencontre ses habitants qui nous parlent de leurs vies quotidiennes, leurs souffrances et leur détermination de lever le siège de Homs !
Homs sous le siège || Episode 1 || Politique d’immigration
Homs sous le siège ||
Episode 2 || Un tour dans le quartier Al Qusur
Episode 3 || Rencontre avec des enfants Homsis.
Episode 4 || Tout faire pour lever le siège

«La non-assistance au peuple syrien est un crime»


Forum de Marseille L’écrivain et chercheur Gilbert Achcar défend le principe d’armer les rebelles.

Par JEAN-PIERRE PERRIN

Titulaire d’une chaire à la School of Oriental and African Studies, auteur d’ouvrages sur le Proche-Orient dont le très remarqué les Arabes et la Shoah (Sindbad, Actes Sud, 2009), Gilbert Achcar a consacré son dernier ouvrage – Le peuple veut (Sindbad, Actes Sud, 2013) – à «une exploration radicale du soulèvement arabe», qu’il interprète comme «le point de départ d’un processus révolutionnaire» et non comme une «éruption aboutie».

L’urgence, c’est d’abord la Syrie. Pourquoi cette réticence des pays occidentaux à livrer des armes à l’insurrection ?

A cause du veto des Etats-Unis qui ne veulent pas que le régime syrien soit renversé par l’insurrection, mais préfèrent une solution négociée. Ce qu’ils veulent, c’est une démocratisation avec une continuité de l’Etat. Cela procède des leçons mal digérées de l’Irak. On a eu le même processus imposé au Yémen, d’où ce sentiment de frustration des insurgés. En Libye, même si une intervention militaire a permis de sauver Benghazi, elle s’est faite à une cadence plutôt réduite, les bombardements servant surtout à faire pression sur Kadhafi pour qu’il cède le pouvoir à son fils Saïf al-Islam, avec un processus de démocratisation contrôlée. En Syrie, l’émissaire de l’ONU, Lakhdar Brahimi, qui «roule» pour Washington, et même son prédécesseur, Kofi Annan, s’inscrivent dans cette ligne de privilégier des «solutions négociées». Mais tous se heurtent à l’obstination du président, Bachar al-Assad, qui, fort du soutien de Moscou et Pékin, pense toujours qu’il va gagner, d’autant qu’en face de lui les insurgés n’ont pas profité jusqu’ici d’une aide en armements qui leur permettrait de neutraliser la supériorité militaire du régime.

Mais le chef de la Coalition nationale, Moaz al-Khatib, lui-même s’est prononcé pour des négociations avec le régime…

Il croyait que c’était le prix à payer pour avoir une aide substantielle des pays occidentaux, en premier lieu un changement d’attitude de Washington. Il a fait les déclarations qu’on attendait de lui, mais cela n’a rien donné. En réalité, les représentations extérieures du soulèvement – naguère le Conseil national syrien, puis la Coalition nationale – ont bénéficié d’un soutien des insurgés de l’intérieur du pays en raison de l’espoir que ces formes de représentation, exigées par les puissances occidentales et les monarchies du Golfe, allaient obtenir un appui massif de l’Occident. Or, il n’en a rien été jusqu’ici. En Syrie, il se commet un crime contre l’humanité et les puissances occidentales y ont une grande part de responsabilité. La non-assistance à un peuple en danger est un crime. Certes, une intervention militaire directe en Syrie, à la libyenne, aurait été une catastrophe, mais il ne s’agit pas de cela. En refusant à l’insurrection des livraisons conséquentes d’armes sous divers prétextes, on la prive de la possibilité de se défendre à armes égales. Depuis deux ans, ce n’est pas une guerre entre deux camps ayant des moyens comparables, mais un massacre systématique de la population par des forces armées ayant des moyens largement supérieurs à ceux des groupes locaux, qui agissent, eux, sans véritable centralisation et ne disposent que d’armement léger pour l’essentiel. Par cette attitude, les Etats occidentaux arriveront à des résultats contraires à leurs objectifs avoués : ne pas donner les moyens de se défendre à l’insurrection populaire – dont les comités locaux de coordination qui ont incarné et incarnent toujours, en dépit de tout, une insurrection démocratique et laïque -, c’est permettre aux groupes islamiques les plus fanatiques de progresser du fait que les cercles wahhabites saoudiens leur envoient fonds et armes. Cette attitude criminelle suscite un ressentiment contre l’Occident, en donnant l’impression qu’il laisse détruire la Syrie pour favoriser Israël.

A quoi peut-on s’attendre ?

Le régime n’a cessé de perdre du terrain depuis plus d’un an, malgré des contreoffensives victorieuses par moments. Il a beau avoir des corps d’élite, ceux-ci sont gagnés par l’épuisement. Les insurgés, eux, commencent à améliorer leurs moyens par les récentes livraisons d’armes offertes par les monarchies du Golfe, mais surtout par leur prise de contrôle de bases militaires du régime. A moyen terme, on peut donc estimer que le régime est condamné. Plus cela se confirmera, plus on pourrait espérer qu’une partie de l’appareil militaire, dans le meilleur intérêt de la communauté alaouite, renverse le clan Assad et organise conjointement avec les représentants du soulèvement la passation des pouvoirs à un gouvernement démocratiquement élu. Ce serait l’alternative la moins coûteuse. Mais elle ne peut se réaliser que si les forces loyalistes prennent conscience de ce que leur défaite est inévitable sur le court ou moyen terme. Or, comme leur chef, elles conservent encore plus ou moins l’illusion qu’elles vont gagner, encore une fois à cause du soutien qu’elles reçoivent de l’extérieur. Quand un corps d’armée privilégié bénéficiant d’un important soutien matériel et financier a l’impression de se battre le dos au mur, la guerre peut durer des années.

Pourquoi cette différence entre les soulèvements tunisien, égyptien et la Syrie ?

Depuis Hafez al-Assad, l’appareil d’Etat a été complètement réorganisé de façon à créer un lien organique entre le régime – qui utilise la carte alaouite [moins de 10% de la population, ndlr] comme atout de son pouvoir – et les forces armées, noyau dur de l’Etat. A la différence de la Tunisie et de l’Egypte où le noyau dur s’est vite désolidarisé des autocrates, il n’y a pas eu en Syrie de processus pacifique : la solidarité avec la dynastie régnante est beaucoup plus forte. Placé devant le choix de renverser le régime ou de se faire écraser, ce n’était donc pas une «erreur» pour le soulèvement syrien de s’armer. A présent, le peuple est dans un isolement tragique.

Est-ce que les soulèvements dans les autres pays arabes ont une trame commune ?

Oui, certaines modalités de l’explosion sont identiques. On ne peut les résumer à des luttes pour la démocratie sous peine d’être réducteur. Le volet social y est très présent. En Tunisie, avant le slogan «Le peuple veut renverser le régime», on entendait : «L’emploi est un droit, bande de voleurs !» Car, le monde arabe détient les records mondiaux de chômage depuis des dizaines d’années, en dépit de ressources considérables. La raison ? Un type particulier de développement capitaliste qui s’est mis en place. Selon les recettes néolibérales imposées depuis quarante ans, le secteur privé est censé être le moteur du développement en lieu et place du secteur public. Or, le capitalisme privé du monde arabe, orienté en grande partie vers la spéculation et le profit à court terme, n’a pas compensé le retrait de l’Etat. D’où un blocage de la croissance dont les conséquences sociales dramatiques (pauvreté, inégalité, précarité, chômage) se sont aggravées depuis les années 70 sous l’effet du despotisme politique ambiant et du népotisme que les régimes entretiennent comme mode de gouvernement. Il ne manquait plus, sans mauvais jeu de mots vu l’immolation du jeune Bouazizi, qu’une étincelle pour que tout s’embrase. Au regard de ces données, on comprend pourquoi ce qui s’est déclenché n’est pas prêt de s’arrêter. Je parle ainsi de «processus révolutionnaire à long terme». Le despote n’était pas le seul visé. Le processus n’aboutira à une stabilisation quelconque qu’après un certain nombre d’années. A défaut de gouvernements avec des perspectives radicalement différentes sur les questions sociales et économiques, la région persistera dans ce processus révolutionnaire avec des avancées et des reculs, comme toute révolution.

Ces révolutions ignorent la question des mœurs, la nécessité d’une certaine mixité…

Au début des mobilisations de la place Tahrir, au Caire, les rassemblements étaient mixtes sans harcèlement sexuel, ou beaucoup moins que ce à quoi l’on aurait pu s’attendre. Après, on a vu de plus en plus de dérapages avec des viols. Mais n’oublions pas que la révolution en cours se fait après trois décennies de réaction politique et culturelle, avec un régime qui jouait l’islam à fond pour contrer la radicalisation sociale. Ils ont ainsi laissé les universités s’islamiser pour contrer la gauche étudiante. Ces gouvernements ont utilisé l’ordre moral et islamique, laissant les religieux intervenir à loisir dans les domaines sociaux et culturels, afin de mieux museler la contestation.

Et, aujourd’hui, les partis d’inspiration religieuse triomphent…

Ce pourrait être leur chant du cygne. Ils récoltent ce qu’ils ont semé pendant des années, mais ce sont des fruits empoisonnés. Car, ils n’apportent aucune solution. En Egypte, Mohamed Morsi, c’est Moubarak avec en plus des versets du Coran dans les discours. L’opposition a raison de souligner qu’il y a plus de continuité que de discontinuité entre Morsi et Moubarak. Je ne suis pas désespéré par leur victoire car je ne m’attendais à rien d’autre. Les raisons ? Appui télévisuel d’Al-Jezira, soutien financier du Qatar, opposition laïque et de gauche plutôt chétive. Ce qui est étonnant, ce n’est pas leurs victoires en Egypte et en Tunisie, mais leurs scores aussi médiocres. En Egypte, sous Sadate et Moubarak, les Frères musulmans avaient été tolérés et avaient pu construire une imposante machine organisationnelle, d’où leurs premiers succès électoraux. Mais, des élections parlementaires à la présidentielle, on a vu leur score s’effriter. Leur arrogance a contribué à ce qu’un secteur grandissant de la population les rejette. Ainsi, Mohamed Morsi, élu de peu au second tour grâce aux voix de ses concurrents opposés aux militaires, n’a pas pris en compte cette réalité. Pareil pour Ennahda en Tunisie, qui se comporte comme s’il avait dirigé la révolution alors qu’il n’a fait que s’y rallier. Ces partis, par leur comportement, accélèrent leur propre rejet. Reste à voir si l’opposition de gauche parviendra à construire une alternative crédible, en mettant en avant les revendications sociales.

Aller plus loin Lire tous les articles du dossier Forum de Marseille : agir aujourd’hui en Méditerranée

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Syrie : 6,8 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire


jeudi 18 avril 2013, par La Rédaction

Près de sept millions de Syriens ont besoin d’aide humanitaire, a indiqué jeudi devant le Conseil de sécurité la responsable des opérations humanitaires de l’ONU Valerie Amos, qui s’est plaint des obstacles mis par Damas à la distribution de l’aide.

« Les derniers chiffres montrent que 6,8 millions de personnes ont besoin d’aide, 4,25 millions ont été déplacées dans le pays et 1,3 million supplémentaires ont trouvé refuge dans les pays voisins », a déclaré Mme Amos.

La Syrie compte 20,8 millions d’habitants.

Mme Amos a réaffirmé qu’en raison de l’insécurité, des restrictions et du financement encore insuffisant, les agences de l’ONU étaient « proches du point de rupture » et pourraient être amenées rapidement à suspendre « certaines opérations humanitaires essentielles ».

De son côté, le Haut-commissaire de l’ONU aux réfugiés António Guterres, s’adressant au Conseil par vidéo-conférence, a estimé que le chiffre de réfugiés pourrait passer à 3,5 millions à la fin de l’année. « Ces chiffres sont terrifiants et la situation risque de devenir tout simplement insoutenable », a-t-il commenté en appelant à la solidarité internationale en faveur des pays d’accueil comme le Liban et la Jordanie.

Mme Amos a souligné que depuis janvier « les obstacles bureaucratiques ont augmenté » de la part des autorités syriennes. Ainsi, la liste des ONG autorisées à opérer en Syrie est passée de 110 à 29, 21 visas sont en attente et une demande d’importation de 22 véhicules blindés n’a toujours pas été acceptée.

L’ONU vient aussi d’être informée que « tout camion devra obtenir un permis signé par deux ministres pour passer les points de contrôle gouvernementaux ». Or, a souligné Mme Amos, « un convoi allant de Damas et Alep (nord) passe par 50 points de contrôle, la moitié gérés par le gouvernement ». « Nous ne pouvons pas fonctionner comme cela », a-t-elle conclu, invitant le Conseil à envisager « d’autres manières de livrer l’aide, y compris par des opérations transfrontalières’ ».

Du coté des zones contrôlées par l’opposition, « où les besoins sont les plus présents », la fourniture d’aide à la région d’Alep en passant par la frontière turque a « nettement diminué depuis deux mois ».

Malgré ces difficultés, a-t-elle souligné, près de deux millions de personnes ont pu être secourues par le Programme alimentaire mondial en mars, et l’UNICEF et ses partenaires ont pu fournir de l’eau potable à 5 millions de personnes.

Le financement fait aussi des progrès, la moitié d’un appel de fonds de 1,5 milliard de dollars ayant été couverte grâce notamment au Koweït, qui vient de débourser 300 millions de dollars. Mme Amos a invité les Etats membres qui ont promis des fonds lors des conférences de donateurs « à les verser d’urgence ».

source

Et les Syriens dans tout ça ?


Pierre Coopman

Un blog de La Revue nouvelle, par Pierre Coopman

 

La peur du fanatique musulman sur les ondes de la RTBF (billet d’humeur)

Photo : ActionSyrie.

Photo : ActionSyrie.

Le 16 avril 2013,

(A paraître également dans la prochaine édition de La Revue nouvelle – mai 2013)

Est-ce parce qu’ils sont de dangereux écervelés que plusieurs dizaines de Belges sont partis se battre en Syrie ? L’affaire fait grand bruit. Elle est sérieuse. Bart De Wever, le bourgmestre d’Anvers, connu entre autres pour cette réplique légendaire,  « enlève ce disque, idiot », n’a plus de temps à consacrer à éteindre la musique. Il a convoqué ses homologues de Courtrai et de Vilvorde. La ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet, a jugé utile de mobiliser une « task force », ainsi que l’Organe  de coordination pour l’analyse de la menace, au cas où des compatriotes jihadistes venaient à rentrer au bercail avec une formation à l’anti-occidentalisme et au maniement des explosifs.

Car, puisque l’on imagine aisément que ces volontaires sont jeunes et barbus, ou converties et voilées (comme la Carolo Muriel Degauque, morte en Irak), il faut de se demander : Et dieu dans tout ça ?  Le 31 mars 2013, une émission de service public ayant cette question comme titre a « analysé la menace », qui, peu en doutent, doit bien avoir un quelconque rapport avec allah. Trois invités s’exprimaient. L’enseignant Pierre Piccinin, jeune aventurier (durant ses congés scolaires) des champs de bataille ultra-médiatisés, s’est conjugué à la première personne. Christophe Lamfalussy, journaliste à  La Libre Belgique, a tenté de cerner les tenants et les aboutissants de la « menace » dans toute sa complexité. Georges Dallemagne, député fédéral, a centré son raisonnement sur les dangers de l’« endoctrinement ».

Criminels en partance

Rien n’a été oublié lors de cette émission radiophonique fort intéressante. L’on a même glissé subrepticement que le régime syrien est une menace pour son peuple. Mais telle n’était pas la question du jour. Il ne s’agissait pas de s’intéresser aux « Syriens dans tout ça », mais plutôt, à mots couverts, aux voyages inconsidérés de la chair à canon mahométane portant passeport belge. Georges Dallemagne a parlé « d’incriminer le fait de partir sur un conflit à l’étranger ». L’animateur de l’émission, Jean-Pol Hecq, ne lui a pas demandé si cela signifie tous les types de conflits ou seulement ceux où les recrues seraient musulmanes. Si la Chine redoublait sa répression au Tibet, monsieur Dallemagne considérerait-il également qu’il faut criminaliser les jeunes combattants belges boudhistes en partance pour Lhassa ? Ne doutons pas que le député CDH répondrait rationnellement à cette question.

Pierre Piccinin est l’homme de la connaissance par l’expérience vécue. Subodorant qu’il n’est pas un fanatique musulman, on ne l’a jamais criminalisé lorsqu’il est rentré en Belgique après un bivouac volontaire avec les rebelles d’Alep. En 2012, il n’a admis la vraie nature du régime syrien qu’après son arrestation par les agents de Bachar, alors qu’il était possible de la connaître depuis des années en se documentant aux bonnes sources. Malgré sa versatilité, concédons qu’il  fut le seul, durant cette émission de la RTBF, à évoquer l’éventualité d’un volontarisme sincère, d’une envie d’aller risquer sa peau par solidarité avec les Syriens, sans que le but recherché ne soit directement de revenir commettre un attentat dans le métro bruxellois ou de traumatiser Anvers – cette ville qui résonne encore au son du tube électro de Sam Sparro – en y abreuvant les microsillons de sang jihadiste.

Limité par les contraintes de l’animation radiophonique, Pierre Piccinin a pu instiller une comparaison maladroite, parce que trop brève, avec la guerre civile espagnole des années 30. Afin de mieux s’expliquer, il aurait dû avoir le temps de développer les arguments de Jean-Pierre Filiu, dans Le Monde du 4 avril 2013 :

« Comme la République espagnole, la Syrie révolutionnaire souffre de la cobelligérance active des uns, de la passivité complice des autres et de l’intolérance partisane des derniers», écrit Jean-Pierre Filiu. « La Russie et l’Iran sont aussi impliqués dans les crimes de masse de la dictature syrienne que l’étaient l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste aux côtés des franquistes espagnols. (…) La « non-intervention » des démocraties occidentales en 2011 est aussi fatale pour les démocrates de Syrie qu’elle le fut pour ceux d’Espagne en 1936 (…) Quant aux staliniens dénoncés par Orwell à Barcelone dès 1938, ils n’ont rien à envier aux djihadistes d’aujourd’hui en Syrie. Leur hiérarchie implacable et leur discipline aveugle leur permettent de compenser progressivement leur caractère ultraminoritaire (…) Leur soutien sans faille par un parrain étranger, l’URSS en Espagne, des « mécènes » du Golfe en Syrie, leur confère un avantage terrible sur les formations locales, dramatiquement sous-équipées. Et leur projet totalitaire vaut négation des aspirations à la libération, hier du peuple espagnol, désormais du peuple syrien.»

No more heroes

Pour de nombreuses personnes, musulmanes ou non, les massacres en Syrie sont insupportables. Leur révolte face aux atrocités commises s’exprime par mille variantes : la colère, le dépit, la fuite, le déni, la félonie, la lâcheté, la neurasthénie, etc. Pourquoi, à l’échelle de la Belgique et d’autres pays occidentaux, une des variantes du sentiment de révolte, l’héroïsme aveugle, potentiellement terroriste, n’ est-elle la réaction que de quelques jeunes musulmans ? Ou sont donc passés les Brigades internationales, les Brigades Abraham Lincoln, la colonne Durruti, les républicains, les volontaires venus du monde entier, les communistes, les marxistes, les socialistes ou les anarchistes, les anti-fascistes modérés, etc. ?

Répondre à cette question revient à dresser un constat : « Nous vivons une époque épique mais nous n’avons plus rien d’épique »  (Léo Ferré). Que l’on ne s’étonne pas, dés lors, que la place que nous avons laissée vacante , celle où s’exprimait l’héroïsme et le sens du sacrifice pour une cause, soit occupée par ceux dont les idées nous font peur, nous rebutent, ou qui même, nous  « menacent », quand elles dérivent vers le terrorisme.

Après deux années d’abstention coupable, nous sommes en majorité lâches face à la tragédie syrienne (70 000 morts, plus d’un million de réfugiés) à l’exception de ces jeunes, sans doute inconscients, quelles que soient les apories et les menaces de leur idéologie fanatique. Après deux années de narcolepsie de la communauté internationale , nous craignons devoir informer madame Milquet, messieurs Dallemagne et De Wever, qu’il n’existe plus de voie sans risque quand il s’agit de la Syrie. Mais que nos édiles se rassurent, l’été sera musical à Anvers et dans de nombreuses villes du pays. Nous comptons sur la formation anti-jihadiste renforcée de la police fédérale pour qu’aucun DJ ne soit contraint d’arrêter ses microsillons. Que l’Oronte charrie d’éventuels cadavres de jeunes belges, et des centaines de milliers d’autres cadavres syriens, ne devrait pas perturber les festivités du Zomer Van Antwerpen 2013… Beste landgenoten, chers compatriotes, passez un agréable printemps et un bel été, de préférence aux bords de l’Escaut et loin de Damas.

Pierre Coopman

A réécouter (pour édification personnelle)  : Et dieu dans tout ça, le 31 mars 2013

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Combattants djihadistes en Syrie ? Un autre point de vue


Comité Belge pour soutenir la Révolution syrienne

12:32 (Il y a 5 heures)

 

Lentement mais sûrement la Révolution syrienne commence à être considérée comme un mouvement rebelle terroriste dans les médias occidentaux en décrivant les combattants comme salafistes, djihadistes, islamistes et autres termes extrêmes.

Cette révolution est restée pacifiste pendant six mois, mais les crimes du régime rendus possible par les armes iraniennes et russes d’une part et par le silence hypocrite de l’Occident d’autre part, ont contraint les Syriens à se défendre.

Bachar al Assad a réussi son alliance secrète avec l’Etat juif qui contrôle les médias occidentaux pour répandre les expressions négatives sur les révolutionnaires syriens. Je ne suis pas ici pour nier qu’il y ait des islamistes en Syrie qui combattent au nom du Jihad, mais comme de nombreux Syriens, lorsque quelqu’un vient à mon secours contre un régime qui tue mes enfants, violent mes filles et mes sœurs et jette leurs corps dans les poubelles, j’approuve leur engagement.
Depuis deux ans, activement ou passivement, le monde soutient les crimes contre les Syriens, avec l’excuse de la sécurité d’Israël. De nombreux Syriens se demandent aujourd’hui si Bachar devra tuer 6 millions de Syriens avant que le monde se sente enfin coupable, complice ou responsable.

Pourquoi les Allemands sont-ils frileux quant à l’aide à apporter à l’opposition syrienne ? L’Europe protège Bachar en niant l’accès aux armes pour les Syriens en légitime défense.
En tout état de cause, si Israël décide de considérer la révolution syrienne comme ennemi, cela n’empêchera pas les Syriens de se battre jusqu’au bout pour leur liberté.  Au niveau stratégique à long terme, les Israéliens se piègent eux-mêmes, une guerre contre le terrorisme en Syrie serait la pire chose pour tout le monde. Les Syriens sont décidé à mener cette guerre pour la liberté jusqu’à sa victoire, quel que soit le prix à payer. Après 43 ans de dictature de la famille Assad, ce régime a tout volé, et en premier lieu la dignité et les rêves d’une vie meilleure.
Une dernière chose que je voudrais avancer ici à propos de l’hypocrisie des media et des politiciens belges qui commencent à appeler terroristes ceux qui vont en Syrie pour lutter contre les crimes du régime d’Assad, alors que je me rappelle par exemple que les pilotes belges qui sont allés au Royaume-Uni pendant la seconde guerre mondiale sont considérés comme des héros alors qu’ils se battaient à partir d’un autre pays contre Hitler.

C’était une autre histoire et les Syriens écrivent désormais une nouvelle histoire.

Mr D. Reynders en particulier, dans l’émission mise au point du dimanche 14 avril, traite de « terroristes » les Belges qui tentent de rejoindre l’opposition en Syrie tandis que d’autres gouvernements européens rencontrent et négocient avec les représentants de cette même opposition. Pendant qu’il parlait, 20 enfants sont morts sous les bombardements de l’armée de Bachar Al Assad.

Il y a suffisamment d’hommes prêts à combattre aujourd’hui en Syrie. Ce sont des armes dont la résistance a besoin. Des Syriens désireux de partir combattre se retrouvent bloqués en Turquie. Il est difficile de croire que des jeunes belges, sans entraînement et certains ne parlant pas l’arabe, aient pu utilement rejoindre la résistance syrienne et qui plus est, s’y retrouveraient empêchés de quitter le pays.

Hasan Addaher

Info@15marsrevolution.com

0491.36.46.00

Les manifestations continuent en Syrie


SYRIE – MALGRE LES BOMBARDEMENTS LOYALISTES ET LES COMBATS, LA REVOLTE DES MANIFESTATIONS PACIFIQUES SE POURSUIT… – INFORMATION CHRONIQUE – Des dizaines de milliers de syriens ont pris la rue ce 12 avril 2013, bien décidés à maintenir leur activisme pacifique pour leur part contre le régime du clan Assad. D’Alep à Damas, d’Hassakah à Homs, de Kafrzita à AlBukamal, de Khirbet Ghazaleh à Daraa, de Shahba à Bayda, d’Idlib à Hama, etc… les manifestants ont à nouveau appelé à la chute du régime syrien. Malgré la hausse violente des affrontements ces dernières semaines, avec les offensives du Printemps menées par la rébellion et qui ont entrainé une réaction sanglante du régime et de ses miliciens, les manifestants restent là, inflexibles.

En Syrie, plusieurs brigades islamistes rejettent la tutelle d’Al-Qaïda


Rédaction en ligne
Mis en ligne il y a 29 minutes

Plusieurs brigades de la rébellion syrienne ont rejeté l’adhésion du Front jihadiste Al-Nosra au réseau extrémiste Al-Qaïda, estimant que la priorité était de combattre le régime et appelant à un islam «modéré».

«Ici, en Syrie, nous avons lancé le jihad (guerre sainte) contre le régime (…) pas pour prêter allégeance à X ou Y et pas pour qu’on impose sur nos frères et notre peuple des choses malgré eux», a fait savoir vendredi le Front islamique de libération de la Syrie dans un communiqué.

«Prêter allégeance à des gens qui ne savent rien de notre situation ne peut pas servir notre peuple et notre nation, d’autant plus que la plupart de nos villes sont occupées, que la bande criminelle continue de détruire le pays et que notre peuple continue de verser son sang», indique le communiqué, en référence au régime de Bachar al-Assad, engagé dans une guerre brutale contre les rebelles depuis deux ans.

«O Moujahidine, le Front islamique de libération de la Syrie vous appelle à unifier vos rangs (…) et à suivre le chemin de la modération qu’a toujours connu la Syrie», poursuit le communiqué.

Les mouvements islamistes regroupés sous l’ASL affirment avoir une interprétation «modérée» de l’islam comparé aux factions salafistes.

L’annonce d’Al-Nosra a été rejetée par l’opposition syrienne, tandis que le régime, qui assimile la rébellion à du «terrorisme», en a profité pour réclamer à l’ONU d’inscrire le groupe sur sa liste noire d’individus et d’organisations affiliés à Al-Qaïda.

LeSoir

Entretien avec Felice Dassetto au sujet des jeunes Belges partis en Syrie


« Comme les brigadistes en lutte contre Franco » c’était le titre dans le journal Le Soir de hier

Le spécialiste de l’islam, le sociologue Felice Dassetto est membre de l’Académie royale de Belgique. Il est l’auteur de l’essai « l’Iris et le Croissant », publié aux presses universitaires de Louvain. L’interview : 

Qui sont ces jeunes Belges qui partent au combat en Syrie ? De véritables islamistes ? Ou de simples idéalistes ?

Il serait erroné d’avoir la même analyse sur les départs en Syrie qu’à propos des départs en Afghanistan ou au Mali. En Syrie, la situation est un peu analogue à celle des jeunes brigadistes qui allaient combattre aux côtés des républicains contre Franco, en Espagne. La difficulté est, en Syrie, c’est de savoir avec qui on combat : du côté du djihadiste-islamiste ou du côté de l’armée libre ? Car l’après Bachar El-Assad s’avérera difficile, bien plus qu’en Libye ou en Tunisie.

Les autorités belges ne peuvent empêcher leur départ…

Non, mais elle pourrait mener une action préventive, entre autres sur le plan de la formation. Il importe d’éviter que ces jeunes fantasment de manière idéalisée, en se prenant pour des personnages de jeux vidéo ou en s’identifiant aux vidéos djihadiste postées sur le Web. Comme l’avaient fait les quelques jeunes partis au Pakistan à la suite de la petite filière née autour de Malika el Aroud. Leur procès, en 2010, est vraiment instructif sur ces illusions. En réalité, ils ne servent pas à grand-chose sur le plan du combat armé. Ils risquent surtout de se faire tuer pour rien ou de faire une expérience malheureuse et de faire souffrir leurs familles. Ils pourraient plutôt contribuer en Belgique à mobiliser l’opinion pour soutenir la résistance contre ce régime syrien d’oppression. Je constate que la mobilisation autour de ces événements a été très faible, en Belgique. Il faudrait se demander pourquoi, alors que la situation est intolérable. La Syrie est à deux pas de l’Europe. Ces jeunes n’ont pas trouvé, en Belgique, un canal concret d’expression.

Cela reste un phénomène marginal ?

Ce sont quelques dizaines de jeunes, y compris au Mali ou Afghanistan, sur les dizaines de milliers de jeunes en Belgique. Attention donc aux généralisations, qui heurtent aussi profondément la jeunesse musulmane et l’amène si souvent à accuser les médias et la société de sombrer dans la généralisation indue. De même, il est inexact de désigner les filières en cause comme « salafistes ». Le terme est à la mode : les véritables responsables, qui s’expriment via le Web ou dans des relations concrètes, constituent un noyau particulier, avant tout extrémiste. Leur matrice idéologique va du radicalisme issu des frères musulmans à celui du salafisme radical, avant tout guidé par une idéologie du « combat ». Il est injuste de cibler les salafistes en général : s’ils conduisent parfois les jeunes qui les suivent à un certain isolement, on ne peut les accuser en bloc de pousser les jeunes au djihadisme.
Propos recueillis par Ricardo Guttiérrez

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