lundi 17 décembre : L’UE en Syrie: volonté sans pouvoir?


lundi 17 décembre 2012

18:30

A l’occasion de la sortie de son nouveau numéro, Eyes on Europe vous invite à sa conférence

L’UE en Syrie: volonté sans pouvoir?
De quels moyens de défense, humanitaires et économiques, l’UE dispose-t-elle pour agir?

Lundi 17 décembre, 18h30, salle H-1309

Modération: Barbara Delcourt, professeure de relations internationales à l’IEE et à la FSP

Intervenant-e-s: Pierre Piccinin, historien et politologue,
Inés Ayala Sender, députée européenne S&D
Sven Biscop, Institut royal des relations internationales d’Egmont

Un drink sera servi à la fin de la conférence et le nouveau numéro d’Eyes on Europe vous sera distribué.

Syrie : attaque contre un village alaouite


Le Monde.fr avec Reuters | 11.12.2012 à 19h30 • Mis à jour le 11.12.2012 à 22h24

Une attaque contre un village du centre de la Syrie a fait de nombreuses victimes mardi 11 décembre. L’opposition au président Bachar Al-Assad évoque un premier bilan de 125 morts et blessés. On ignore encore qui est derrière cette attaque, mais les rebelles syriens l’attribuent aux forces pro-Assad, bien qu’une partie des victimes pourraient bien être, comme le président, des alaouites, une branche du chiisme.

Selon les militants, le village d’Aqrab, à 40 km de Hama, compte en effet deux-tiers de sunnites et un tiers d’alaouites. Un militant de la région qui s’est présenté sous le nom d’Abou Ghazi a cependant affirmé que les habitants sunnites avaient fui leurs maisons, bombardées depuis une semaine.

Des vidéos mises en ligne par des militants ont montré des blessés dans un hôpital de campagne de la région. Un militant y interroge deux jeunes adolescents allongés sous des couvertures, blessés et visiblement choqués. « Des hommes se sont servis des civils comme d’un bouclier humain pour leur propre protection, les menaçant de faire exploser des bonbonnes de gaz pour tuer tout le monde », affirme le militant, reprenant les paroles d’un des deux adolescents, allongé sur le ventre. « Des ‘chabbihas’ (miliciens pro-régime) sont venus en disant ‘on vient pour vous protéger des rebelles’, et ils nous ont empêchés de sortir de nos maisons, ils ont tué mon père, ma mère et mon frère », raconte en bégayant l’autre, qui dit s’appeler Mohammed.

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Video

En Syrie, l’armée d’Assad massacre les habitants qui n’ont pas pu fuir Daraya


de Mediapart :

10 décembre 2012 | Par Caroline Donati

Les informations circulent à nouveau entre la Syrie et l’étranger. Il est vrai que le black-out imposé par le régime qui, durant trois jours, avait coupé réseaux téléphoniques et internet dans tout le pays la semaine dernière, n’a pas empêché les activistes syriens de continuer à retransmettre des informations de ce qui se passe sur le terrain, grâce à des réseaux satellitaires.

Fragmentaires, ces communications laissent entrevoir l’étendue des destructions provoquées par les forces d’Assad et en particulier de son aviation, engagées dans une bataille contre les banlieues de la capitale, Damas. Ces faubourgs sont désormais sous le contrôle des révolutionnaires et des combattants de l’Armée syrienne libre. Il y a une semaine, les rebelles parvenaient à abattre un avion de l’armée syrienne dans la région de la Ghouta orientale, la campagne qui borde les périphéries est de Damas.

Les combats aux périphéries de Damas sont particulièrement féroces à Douma, la « capitale » de cette Ghouta orientale, et au sud-est à Jaramanah, dans le périmètre de la route de l’aéroport international. Ils en feraient presque oublier une offensive particulièrement meurtrière qui se déroule dans une autre banlieue de la capitale tout aussi stratégique pour le régime : Daraya.

Plongée dans le noir et privée d’Internet depuis maintenant trois semaines, cette banlieue sud-ouest qui commande la route de Dera’a dans le sud du pays, est en passe de connaître le même sort que Alep, et avant Homs. La ville est soumise à un siège depuis le début du mois de novembre et devient un vaste champ de ruines, que parcourent combattants et activistes pour témoigner des destructions. Des images authentifiées ont ainsi été transmises. Par exemple, celles-ci datées du samedi 1er décembre, qui montrent les ruines d’une école de Daraya et des rues environnantes :

ou ici :

Syrie. Qui veut « terroriser » les habitants de Jaramana ? (1/2)


Mercredi 28 novembre 2012 au matin, la ville de Jaramana, dans la proche banlieue de Damas, a été secouée par une quadruple explosion. Il s’agissait d’un acte « terroriste »… puisqu’il était destiné à « terroriser » ses habitants. La première explosion, à 6h35, a été provoquée par une bombe sonore de faible puissance, placée sous une voiture parquée à côté d’une station-service, non loin de la Place du Président. Le second engin, dissimulé sous une autre voiture garée de l’autre côté de la station, a explosé quelque 10 minutes plus tard. A la différence de la première bombe, qui n’avait pas eu de conséquences dramatiques, celle-ci a tué sur le coup plusieurs dizaines d’habitants, de 30 à 70 selon les témoins. Ils s’étaient précipités pour porter secours aux éventuelles victimes du premier engin. Elle a également provoqué des dizaines de blessés, dont le nombre exact, de 80 à 120, reste aussi imprécis. Les deux autres bombes ont sauté près d’une heure plus tard, à quelques centaines de mètres de là, l’une dans le quartier Al Qariyât (à l’ouest de la place), l’autre à l’angle du carrefour de la rue Al Nahdha (à 500 mètres plus au sud). Elles n’ont provoqué que des dégâts matériels bénins. Il ne s’agissait pas d’attentats suicides, contrairement à ce que les médias officiels avaient immédiatement affirmé : aucun cadavre ou reste de kamikaze n’a été découvert sur les lieux.

Jaramana et son environnement

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Syrie : combats dans Damas, bombardements près de la capitale et d’Alep


Le Monde.fr avec AFP | 09.12.2012 à 15h16 • Mis à jour le 09.12.2012 à 16h33

Dans le quartier de Daria, près de Damas, le 22 novembre.

Des combats entre armée et rebelles syriens ont éclaté, dimanche 9 décembre, à Damas, après des bombardements dans la nuit des forces gouvernementales contre des bastions de l’opposition dans la banlieue de la capitale, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Samedi, les violences avaient fait au moins 101 morts à travers le pays, dont 50 dans la région de Damas, essentiellement dans les banlieues sud et nord-est, selon un bilan de l’OSDH, une organisation basée au Royaume-Uni et s’appuyant sur un réseau de militants et de médecins civils et militaires. Neuf enfants figurent parmi les victimes recensées samedi, a souligné l’OSDH.

Dimanche matin, les combats ont éclaté au sud et à l’est de la capitale, faisant au moins un mort parmi les rebelles, et la ville elle-même, selon la même source. Au sud-ouest de Damas, l’armée a repris ses bombardements sur Daria, cible d’une vaste opération militaire depuis plusieurs jours, selon l’OSDH.

RAYON DE HUIT KILOMÈTRES AUTOUR DE LA CAPITALE

La périphérie de Damas se trouve désormais au coeur des combats, le régime cherchant à reconquérir un rayon de huit kilomètres autour de la capitale, qu’il veut à tout prix conserver pour être en position de négocier une issue au conflit, selon des experts.

Dans la nuit, l’armée a aussi bombardé le quartier de Sakhur à Alep, la grande métropole du nord où les combats sont dans l’impasse après plus de quatre mois de guérilla urbaine, ainsi que plusieurs villes tenues par les rebelles dans la province environnante, a rapporté l’OSDH.

Au total, les violences ont tué plus de 42 000 personnes depuis le début en mars 2011 de la révolte contre le président syrien Bachar al-Assad, selon l’OSDH.

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Il faut armer les rebelles syriens


Avec l’enlisement du conflit syrien, il devient nécessaire de réévaluer les options disponibles. En l’absence d’une solution politique et d’une intervention militaire directe improbable et dangereuse, il ne reste qu’une manière de hâter la fin du conflit : armer les rebelles.

Ceux qui préfèrent ne rien faire et s’indigner pendant que les Syriens meurent au rythme de 1 000 personnes par semaine opposent plusieurs objections.

1. Ne leur livre-t-on pas déjà des armes ? L’usage sporadique d’armes antiaériennes par les rebelles entretient l’imagination des conspirationnistes, qui y voient la main de « l’Occident ».

En réalité, les missiles sol-air observés sont russes (des SA-7, SA-16 et peut-être quelques SA-24), capturés dans des bases syriennes. Ils ne viennent ni des Etats occidentaux, ni des monarchies du Golfe, ni même de Libye.

2. Les armer n’augmentera-t-il pas le nombre de victimes ? C’est la principale objection morale et elle repose sur une logique arithmétique : les armes tuent, souvent des civils. Donc livrer des armes multipliera le nombre de morts. Le problème de ce calcul est qu’il présume que ne pas en livrer fera moins de victimes, ce qui n’est toujours vrai qu’en temps de paix.

En temps de guerre, il peut arriver que ne pas livrer d’armes à l’une des parties fasse paradoxalement plus de morts. C’est le cas lorsqu’on croit, comme ici, que leur en livrer inverserait le rapport de forces et mettrait fin au conflit.

Alimenté par les Russes, les Iraniens et le Hezbollah, et pouvant compter, en dépit des défections, sur des unités d’élite, Damas a encore les moyens de tenir longtemps – c’est-à-dire de faire durer son agonie puisque sa fin est inévitable.

Sachant précisément qu’il a déjà été trop loin dans ses crimes, le régime aux abois n’a plus grand-chose à perdre. On peut donc s’attendre à des mois de combats de plus en plus violents.

Ne pas livrer d’armes aux rebelles ferait indirectement plus de victimes : non seulement en laissant le conflit durer, mais aussi en augmentant les chances d’une intervention militaire directe. En effet, plus le conflit dure, plus le risque qu’Assad utilise des armes chimiques en dernier recours s’accroît, ce qui déclencherait sans doute une réaction internationale plus destructrice.

3. Livrer des armes « lourdes » n’est-il pas encore plus dangereux pour les civils ? Non, car elles sont beaucoup plus discriminantes que des armes « légères ». Livrer des camions de kalachnikovs tuerait bien plus d’enfants que des missiles antichars et antiaériens, qui sont utilisés contre des cibles militaires.

Il n’y a en général pas de civils dans les tanks et les avions de chasse de l’armée syrienne. Ce que l’on peut craindre, en revanche, est que ces missiles soient récupérés par des groupes terroristes et utilisés contre des civils.

4. Cela ne reviendrait-il pas à armer les terroristes ? On se souvient de l’Afghanistan (600 missiles Stinger livrés par la CIA aux moudjahidine évanouis dans la nature). Les armes antiaériennes sont les plus convoitées par les terroristes – la menace principale étant qu’ils s’en servent contre des avions de ligne, comme Al-Qaida à Mombasa (Kenya) en 2002.

Le risque est réel, mais il est largement exagéré par ceux qui justifient leur inaction en égalisant « les rebelles » et Al-Qaida, faisant le jeu du régime. Les médias occidentaux ont fait grand bruit de cette vidéo dans laquelle des hommes se réclamant de plusieurs groupes islamistes disent rejeter « le complot que représente la Coalition nationale » et vouloir « l’instauration d’un Etat islamique ». Mais les organisations en question ont depuis démenti – la vidéo était un faux.

Il semble en réalité possible d’armer la Coalition nationale syrienne en conditionnant cette aide à la garantie qu’elle contrôlera ces armements, voire en l’encadrant avec nos forces spéciales. Il est urgent de le faire car, si nous n’armons pas maintenant les factions modérées, les monarchies du Golfe finiront par armer les milices proches des salafistes.

5. A-t-on le droit de le faire ? On invoque l’embargo européen qui a été mis en place en mai 2011 pour empêcher les autorités syriennes d’utiliser ces armes contre sa population. Le problème est qu’il empêche celle-ci de se défendre contre le régime qui se fait de toute façon livrer des armes par la Russie.

Conscients de cette difficulté, les ambassadeurs européens l’ont renouvelé pour trois mois au lieu de douze. Il sera donc légal de livrer des armes à partir du 1ermars 2013. On pourrait même le faire avant, en invoquant la clause du texte qui prévoit la levée de l’interdiction « lorsque les armements ou les aides apportées par les Etats membres sont exclusivement destinés à des fins humanitaires ou de protection ».

6. Ne serait-on pas responsables des crimes de guerre commis avec nos armes ? Non, car il faudrait qu’ils agissent sur nos instructions. Le degré de contrôle requis pour reconnaître la responsabilité de l’Etat tiers est d’ailleurs élevé, comme l’a montré la Cour internationale de justice en 1986, en concluant que le contrôle qu’exerçaient les Etats-Unis sur les contras au Nicaragua était insuffisant pour qu’on puisse leur attribuer la responsabilité des violations du droit international humanitaire commises par eux.

Armer les rebelles syriens n’est pas idéal : c’est un moindre mal. « Ce n’est jamais la lutte entre le bien et le mal, disait Aron, c’est le préférable contre le détestable. »Le détestable est de ne rien faire, ou de faire mine de croire en une solution politique.

Car, plus la guerre dure, plus l’opposition se radicalise et plus l’après-Assad sera difficile à gérer. Le préférable, dans ce contexte où les options sont limitées, est d’armer les rebelles, de les soutenir avec nos forces spéciales, et de faire la guerre par procuration.

Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, philosophe et juriste

Syrie : Europe Bozar 4 décembre 2012


Pour la Syrie, ce mardi 4 décembre de 19h30 à 20h30 devant BOZAR, à l’occasion de l’évènement « Debout l’Europe! ».
http://www.bozar.be/b3/mgt/mailings/view4.php?id=7672

Nous avons sensibilisé le public présent au drame vécu par le peuple syrien, avec pancartes et distribution de tracts. N’hésitez pas à partager l’information !

Organisateurs : ActionSyrie http://www.facebook.com/Actionsyrie
Plus d’infos : actionsyrie@gmail.com

Les arrestations d’avocats s’accélèrent en Syrie


04 décembre 2012

Quelques jours après l’appel à la mobilisation lancé le 29 novembre par l’avocat syrien Mohammed Sabra en faveur de ses collègues, en butte à la sauvagerie et à l’arbitraire d’un régime dépourvu de la moindre considération pour le droit et la justice, les moukhabarat lui ont donné raison. Justifiant malgré eux le bienfondé de son initiative, ils ont procédé, lundi 3 décembre, à l’arrestation autoritaire, c’est-à-dire hors de tout cadre légal et sans produire de documents justificatifs, d’une demi-douzaine de membres du barreau dans plusieurs villes de Syrie.

Caricature d’Ali Farzat

Ils se sont emparés de Me Anas Skaf, à son domicile, et de Me Imad Al Hariri, à sa sortie du Palais de Justice de Damas. La veille, ils avaient agressé dans son bureau et momentanément arrêté Me Ibrahim Malki, à Alep. Au milieu de la semaine précédente, ils avaient enlevé et jeté en prison deux autres avocats, Mes Ala’ Saymou’a et Ayman Chihabeddin, du barreau de Soueïda. Quelques jours plus tôt, trois autres membres de l’Ordre à Damas, Hassan Jawich, Tamam Al Ma’asarani et Ahmed Al Balkhi, avaient été interpellés. Tous sont les victimes de la volonté du régime de réduire au silence ceux qui, en assurant la défense de leurs compatriotes, ne peuvent que mettre en exergue les violations constantes des droits individuels – dont la liberté d’expression – et collectifs – comme la liberté de manifester – dont se rendent coupables le pouvoir syrien et ceux qui l’assistent dans la répression depuis bientôt deux ans.

Comme les journalistes professionnels et les citoyens-reporters, et de manière générale ceux qui se sont donné pour mission de contribuer à l’établissement de la vérité, les avocats syriens figurent en bonne place parmi les victimes de la guerre engagée par Bachar Al-Assad pour se maintenir au pouvoir, fut-ce au prix de l’éradication de dizaines, et peut-être bientôt de centaines de milliers de ses concitoyens. Travaillant dans des conditions matérielles difficiles, souvent de façon bénévole, et mettant leur propre vie en jeu, ils ont droit à l’estime et au soutien de ceux qui placent partout le respect des droits de l’homme au-dessus des considérations idéologiques et de ceux qui souhaitent que la nouvelle Syrie soit un Etat de droit.

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