Palestiniens et Syriens, nous sommes le même peuple


Une petite histoire par Iyad

Ce vendredi en fin de journée, mon épouse était à Chatelet quand un homme (de Lutte ouvrière selon ses souvenirs) avança vers elle pour lui donner un tract appelant à la manifestation de ce samedi. Mon épouse lui demande pourquoi ils ne font pas pareil pour la Syrie ? L’homme lui dit que manifester pour Gaza c’est aussi manifester pour la Syrie. Elle lui demande alors pourquoi ils ne parlent pas de la Syrie dans le tract ? L’homme s’irrite et lui dit : écoutez madame, c’est que le peuple de la Syrie est manipulé par les Occidentaux, vous ne croyez pas ? Elle lui répond : Non pas du tout. Alors l’homme tire le tract de sa main et s’en va !!!

Cette petite histoire vraie montre, mais on s’en doutait,  que la cause de la Palestine est instrumentalisée par certaines forces en France et ailleurs, des courants qui y retrouvent un moyen de régler leurs comptes avec leurs ennemis « impérialistes » ou « sionistes », bien plus que ça soit une vraie adhésion de leur part aux droits des peuples de disposer d’eux-mêmes et de leurs terres, car de toute façon, pour ces courants là, le peuple syrien n’est que par son « dirigeant éternel » « anti-impérialiste » et « antisioniste ».

Mais les « peuples » de la Palestine et de la Syrie, sans oublier ceux de la Jordanie et du Liban, ne sont en vérité qu’un seul et même peuple morcelé depuis Sykes-Picot et dont l’occupation de la Palestine n’est que l’une des conséquences, et c’est ce peuple dans sa globalité qui est visé, et à travers lui ce sont les mondes arabe et musulman qui sont atteints, car il en est le coeur. C’est le peuple du Châm, le peuple de la Grande Syrie ou le peuple de Canaan, un peuple « maudit » et « ennemi » des israélites depuis plus de trois mils ans selon leurs mythes.

Palestiniens et Syriens, nous sommes le même peuple et nous menons le même combat de libération, bien qu’avant ces révolutions arabes, on ne voyait que l’ennemi venant de l’extérieur, alors que celui de l’intérieur nous traitait comme ses esclaves et nous tuait à huis clos, ce qui rend un grand service vital à l’ennemi extérieur, car la Palestine ne peut être libérée par des peuples opprimés cherchant à survivre sous des dictatures mafieuses.

Le combat continue et le peuple vaincra, n’en déplaise à ses fossoyeurs.

Syrie : la guerre s’enlise et indiffère


MARTIN,PASCAL; AFP

Page 11

Vendredi 16 novembre 2012

Syrie L’opinion publique belge semble peu réceptive au drame. Pourquoi ?

La Syrie est-elle une guerre menacée d’oubli ? La question est posée alors que chaque jour amène son lot de violences, de morts et de réfugiés. Si aucun indicateur fiable ne permet de juger d’un éventuel désintérêt du public belge et occidental pour ce conflit, une certaine lassitude est de toute évidence en train de s’installer.

Et pourtant, les médias diffusent une information bien plus riche qu’il y a quelques mois, lorsque seuls l’Observatoire syrien des droits de l’homme et les réseaux sociaux attestaient de cette violence inouïe. Aux images captées par les portables s’ajoutent désormais les reportages des journaux et des télévisions présents en zone dangereuse.

Le manque d’empathie du public n’a pas échappé aux sections belges de certaines ONG. A la Croix-Rouge, Philippe Gruson note qu’une « catastrophe naturelle comme le tremblement de terre d’Haïti qui a tué 200.000 personnes en un claquement de doigt a suscité énormément de compassion, contrairement au conflit syrien qui n’en finit pas ». Chez Amnesty International, Philippe Hensmans évoque la règle du mort kilométrique : « A force de se répéter, les horreurs d’il y a quelques mois sont devenues normales ». Chez MSF, Hélène Lorinquer voit dans cette indifférence la conséquence du peu de place accordée par les médias à l’humanitaire, loin derrière la couverture militaire et politique. Une réalité sur laquelle MSF – qui compte quatre équipes sur le terrain – peut difficilement influer en ce moment, tant l’ONG doit s’astreindre à la discrétion pour travailler.

La longueur d’une guerre de 20 mois n’explique pas tout. Le public occidental se détourne du conflit syrien car il le comprend mal : « Les gens ont besoin de bons et de méchants, explique Philippe Hensmans. Or si la perception du début était qu’un peuple opprimé se bat contre un dictateur, le fait de voir apparaître des djihadistes dans l’opposition à Bachar el-Assad a pu brouiller les cartes. C’est oublier le massacre de Hama perpétré par son père Hafez en 1982, preuve que la guerre ne peut s’expliquer par les seuls faits immédiats ».

La dimension humanitaire du conflit ne serait pas suffisamment présente dans sa relation médiatique, on l’a dit. Ce n’est pas nécessairement vrai. En 2010, lors du tremblement de terre en Haïti, les victimes avaient rencontré une grande sollicitude chez nous. Mais quelques mois plus tard, lors d’un autre drame humanitaire, les ONG ont peiné à rassembler des dons pour les 21 millions de Pakistanais pris au piège de l’Indus. Parce que de confession musulmane ? « La question s’est posée, se souvient Philippe Gruson. Mais je crois qu’en réalité, Haïti est perçu par les gens comme un pays pauvre digne d’empathie, alors que le Pakistan est assimilé à la bombe atomique ou aux talibans ».

Enfin, la non-implication militaire des Etats occidentaux dans le conflit a des conséquences évidentes sur l’homme de la rue. Il est d’autant moins conscientisé que le travail des journalistes est moins prolixe en raison de l’absence de protection.

Face au conflit syrien, l’indifférence serait donc inévitable ? Les Suisses ont une alternative. Mardi, plus de 2,1 millions de francs de promesses de dons ont été rassemblés en 18 heures dans la Confédération. Ce « grand succès » est l’œuvre de la Chaîne du bonheur qui regroupe notamment Caritas, la Croix-Rouge, Terre des Hommes, Amnesty International et Solidar. Tony Burgener, le directeur de la Chaîne, explique qu’il a fallu beaucoup travailler l’opinion pour créer cette empathie. Un voyage de presse a été organisé pour rendre compte de l’afflux des réfugiés syriens. Ces images ont bousculé les Helvètes jusque-là peu sensibles au conflit. Mais les communes, les collectivités et les grandes entreprises suisses n’ont pas répondu à l’appel, alors qu’elles s’étaient montrées très généreuses lors du tremblement de terre en Haïti, et lors du tsunami en 2004. « Elles ont craint que leur geste ne passe pour politique, alors que nous sommes traditionnellement neutres et que cette neutralité nous permet a fortiori d’intervenir dans tel un cadre ».

En Belgique, un « Syriethon » n’est pas à l’ordre du jour. MSF s’apprête cependant à faire appel à ses donateurs, mais uniquement privés afin d’éviter toute interférence politique ou institutionnelle. « Quant à un appel général de fonds, il n’y en aura pas tant qu’il n’y aura pas davantage d’ONG à l’intérieur de la Syrie », dit Helène Lorinquer. Et comme ce drame se poursuit à huis clos…

LE CHIFFRE

39.000

Selon le dernier bilan présenté ce jeudi par l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, les violences ont fait plus de 39.000 morts, en majorité des civils, depuis le début de la contestation contre le régime de Bachar al-Assad il y a 20 mois.

DIPLOMATIE

Paris veut accélérer le rythme

La France, première puissance occidentale à reconnaître la légitimité de la nouvelle Coalition de l’opposition syrienne, a tenté jeudi d’entraîner ses partenaires européens dans son sillage, mais certains d’entre eux se sont montrés, circonspects. Avant un Conseil des chefs de la diplomatie de l’Union européenne lundi à Bruxelles, les ministres français des

Affaires étrangères et de la Défense, Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian, ont eu des discussions sur la crise syrienne et sur l’Europe de la Défense avec leurs homologues allemands, polonais, espagnols et italiens. Les dix ministres sont tombés d’accord pour saluer la nouvelle Coalition de l’opposition syrienne annoncée dimanche à Doha, mais la France fait partie des pays souhaitant aller « un peu plus vite ou un peu plus loin » dans l’aide à l’opposition, a précisé Laurent Fabius. Les divergences restent fortes sur la question des livraisons d’armes aux opposants. (afp)

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Syrie: qui est Mouaz al-Khatib, nouveau dirigeant de l’opposition


13 novembre 2012 | Par Caroline Donati

Une activiste laïque originaire de Homs, un militant communiste chrétien, un ancien député entrepreneur pieux, un homme d’affaires damascène et un cheikh-ingénieur proche des révolutionnaires : la brochette de personnalités qui constituent la nouvelle direction de l’opposition syrienne est impressionnante….

Ils sont désormais les représentants légitimes du peuple syrien aux yeux de la France. Ce mardi, le président Hollande a reconnu « la Coalition nationale syrienne des forces de l’opposition et de la révolution » comme « la seule représentante du peuple syrien et donc comme le futur gouvernement provisoire de la Syrie démocratique permettant d’en terminer avec le régime de Bachar al-Assad ».

Ces visages de « la Coalition nationale syrienne des forces de l’opposition et de la révolution », dévoilés dimanche soir à Doha, au Qatar, ont une représentativité politique réelle en Syrie, du moins à Damas. Tous sont en effet damascènes, y compris Souheir al-Atassi, même si la militante de la Syrian revolution general commission est originaire de Homs (voir notre entretien ici et également ici). Et tous ont un engagement politique concret qui leur a valu l’emprisonnement, à l’exception de Moustapha al-Sabbagh, membre du Forum des affaires syriennes et qui devient le secrétaire général de la coalition.

De gauche à droite, Georges Sabra, Moua’z al-Khatib, Souhair al-Atassi, Ryad Seif.De gauche à droite, Georges Sabra, Moua’z al-Khatib, Souhair al-Atassi, Ryad Seif.© (dr)

À bien des égards, cette coalition nationale syrienne ressemble au conseil national syrien à ses débuts, c’est-à-dire une vaste coalition qui rallie l’ensemble des forces et courants de l’échiquier politique de la Syrie : formations politiques, personnalités indépendantes et forces révolutionnaires (voir notre dossier ici et également ici). Selon le compromis arraché à Doha, le CNS dirigé désormais par Georges Sabra (sa biographie ici), du parti démocratique du peuple, a obtenu 40 % des sièges de la coalition ; les représentants civils et révolutionnaires 25 % ; les « personnalités nationales » 35 % (lire ici la composition détaillée).

Les figures nationales qui avaient fait dissidence à l’instar de Aytham al-Maleh (notre entretien ici) ou encore le médecin Walid al-Bounni sont rentrées au bercail, d’autres font leur entrée, tel le chrétien Michel Kilo. L’influence des Frères musulmans, tant décriée dans le CNS, y est moindre, numériquement et parce qu’ils auront à composer avec des personnalités et des forces moins conciliantes. L’ancien leader de la confrérie des Frères musulmans, l’Alépin Sadr Eddine Bayanouni, siège tout de même dans la coalition à titre de « personnalité nationale » et d’autres proches de la confrérie.

La surprise de Doha est surtout venue de l’élection à la tête de la nouvelle instance du cheikh Mouaz al-Khatib. Issu d’une famille religieuse prestigieuse, ce cheikh ingénieur qui a officié à la mosquée des Omeyyades de Damas est une figure clé de la mouvance islamique syrienne réformiste. À la différence de ses prédécesseurs, des universitaires exilés (Burhan Ghalioun et Abdel Basset Sida), c’est un homme de l’intérieur. Respecté des différents courants de l’opposition, y compris des laïques de toutes les communautés, il a aussi une proximité avec la nouvelle génération et le mouvement révolutionnaire qui pourrait se sentir lésé dans cette nouvelle formule politique.

Cette qualité d’homme de trait d’union est un atout essentiel pour conduire une coalition politique dont les décisions se prennent sur la base du consensus… Une gageure pour toute instance politique quelle qu’elle soit (lire également sous l’onglet Prolonger de cet article). Mais la légitimité du cheikh de Damas ne lui sera pas d’un grand secours si la communauté internationale et en particulier les « parrains de Doha » (le Qatar, la Turquie, l’Égypte, la Jordanie et la France) rechignent une nouvelle fois à attribuer à la coalition la reconnaissance politique officielle attendue et les ressources afférentes. Il a déjà celle de la France.

Ci-dessous, une vidéo d’une intervention de Mouaz al-Khatib sur Al Jazira :

Spécialiste de la Syrie, maître de conférences à l’université d’Édimbourg, Thomas Pierret, qui a consacré sa thèse aux Oulémas sunnites syriens sous la dynastie Assad (lire ici et également ici), nous dresse le portrait de Mouaz al-Khatib, religieux atypique au charisme indéniable.

Qui est le cheikh Mouaz al-Khatib ?

Thomas Pierret. Il s’est fait connaître au début des années 1990, comme prêcheur de la mosquée des Omeyyades à Damas alors qu’il avait 30 ans. C’est un héritage familial : les Khatib, comme leur nom l’indique, ont été prêcheurs à la mosquée des Omeyyades depuis 1870. Par ailleurs, le grand-père de Mouaz présidait le conseil municipal de Damas au moment du retrait des Ottomans. Il est donc issu d’une grande famille d’oulémas dont certains ont eu un rôle politique important. Son père était très respecté même s’il a été prêcheur à un moment difficile (après la répression du soulèvement des Frères musulmans), car il a toujours refusé de chanter les louanges de Hafez al-Assad.

Mouaz al-Khatib a aussi été lui-même très critique à l’égard du régime.

Oui, quand il a hérité de la chaire de la mosquée des Omeyyades, il a tenu des positions très audacieuses, ce qui lui a valu d’être remercié au bout de deux ans, en 1992. Il a continué à prêcher dans une mosquée du quartier bourgeois d’Arnous jusqu’en 1996, date à laquelle il a été interdit d’officier dans tout lieu de culte. Il a continué à enseigner dans des instituts de charia privés.

Mouaz al-Khatib.Mouaz al-Khatib.© (dr)

Pendant dix-sept ans, il n’a plus eu le droit de prononcer le moindre sermon mais il a ouvert un site web dont les éditoriaux mensuels étaient d’une rare virulence à l’encontre du régime. Dans l’un d’eux, il a écrit comment « les gouvernements révolutionnaires qui dirigent la nation arabe éternelle », en référence au régime ba’thiste, « ont dévoré la vie, la religion et même l’humanité dans l’âme des gens ». En 2007, au moment du plébiscite organisé pour renouveler le mandat de Bachar al-Assad, il a dénoncé le renouveau du culte de la personnalité du président. Le texte qu’il a publié à l’époque, « Le Roi nu et le tisserand habile », directement inspiré du conte d’Andersen Les Habits neufs de l’empereur, était d’une rare pertinence et en quelque sorte prémonitoire puisque ce sont des enfants (ceux de Deraa) qui, comme dans le conte, ont fini par s’écrier : « le Roi est nu ! »

Quelle est sa légitimité religieuse ?

C’est un religieux mais c’est une figure atypique. Il est d’ailleurs ingénieur en pétrochimie et a travaillé pour la compagnie de pétrole de l’État, à un poste d’expertise.

Il est un « cheikh », un prêcheur, par sa famille et ses fonctions passées à la mosquée des Omeyyades, il a donc de fait une légitimité religieuse. Il est membre fondateur de la Ligue des oulémas de Châm, une association créée cet été et réunissant les grands oulémas de Damas critiques du régime. Cependant, il n’est pas un ‘alim (spécialiste des sciences islamiques) au sens traditionnel du terme. Ses aînés parmi les oulémas le décrivent plutôt comme un da’iya, littéralement un « prédicateur », un terme appliqué aux personnes qui s’engagent moins dans l’étude des sciences islamiques à proprement parler que dans la défense de la religion par le discours et par l’action, éventuellement politique.

Outre ses écrits, al-Khatib dirigeait l’association al-Tamaddun al-Islami (la Civilisation islamique), fondée en 1932. Il a tenté de relancer sa revue, interdite en 1980, et de re-créer en Syrie un débat islamique de nature réformiste mais il en a été empêché par les agences sécuritaires. Ce cheikh-ingénieur est aussi actif dans le domaine politique. Il est connu et respecté parmi les opposants, aussi bien religieux que laïques. Avant la révolution, il était proche de la frange islamo-conservatrice de l’opposition, c’est-à-dire de figures comme Haytham al-Maleh, Imad al-Din al-Rachid, Yasir al-Ayti ou encore Radwan Ziyadeh. Il a aussi travaillé avec des laïques dans le cadre de la défense des droits de l’homme.

Vous écrivez aussi à propos de lui qu’il est pour la séparation de l’État et de la religion.

Il est en réalité pour la séparation de l’État de la religion (fasl al-dawla ‘an al-din), et non de la religion de l’État : il s’agit pour lui de mettre fin à ce que Franck Frégosi appelle le « gallicanisme musulman », c’est-à-dire supprimer la tutelle du pouvoir politique sur les institutions religieuses.

Cela n’en fait pas pour autant un laïque dans la mesure où il est favorable à ce que les lois s’inspirent de principes religieux. De son point de vue, cela n’est pas une atteinte à la séparation qu’il appelle de ses vœux, laquelle est institutionnelle plutôt que philosophique. Le modèle américain permet de comprendre cette approche : il y existe une séparation radicale entre institutions politiques et religieuses sans que cela n’empêche les principes religieux d’infuser les institutions étatiques (prestation de serment sur la Bible dans les tribunaux, devise In God We Trust sur les billets de banque).

Quelles sont ses relations avec les Frères musulmans ?

Mouaz al-Khatib n’a jamais été membre des Frères musulmans, mais il entretient de bonnes relations avec la branche damascène du mouvement, celle de l’ancien dirigeant Issam al-Attar, qui vit en exil en Allemagne. Après la scission des années 1970, les Frères de Damas ont été marginalisés au profit de la branche nord du mouvement, ceux d’Alep et de Hama, reconnue par la direction de la confrérie en Égypte. Ils n’ont plus prétendu représenter les Frères musulmans et leur leadership en Allemagne s’est essentiellement  préoccupé de réislamisation en Europe. Ils ont toutefois gardé des sympathisants en Syrie. L’avocat Aytham al-Maleh, lui-même très proche de Mouaz al-Khatib, peut être considéré comme l’un des principaux sympathisants de cette mouvance à l’intérieur du pays, jusqu’à son départ en 2011.

En quoi, Mouaz al-Khatib et le courant émergent du « réformisme politique » dont il est une des figures majeures, sont-ils des héritiers des Frères musulmans ?

À mon sens, ce courant n’est pas nouveau, c’est une continuation de l’action des Frères musulmans mais dans un contexte différent. « Réformisme politique » signifie que la priorité est celle de la transformation du système politique – par la réforme avant 2011, et par la révolution depuis lors. Cet agenda s’ancre dans la conviction qu’aucun changement n’est possible à l’ombre d’un régime dictatorial qui maintient la société dans un État d’arriération. Cette approche est distincte de celle des réformistes théologiques, qui aspirent à réformer la théologie musulmane et la charia pour les rendre compatibles avec la « modernité ».

La priorité de ce courant est la réforme du système politique sur un modèle libéral avec multipartisme, élections libres, libertés civiles et politiques, respect des droits de l’homme. Avant la révolution, al-Khatib était parfois en contradiction sur ce point avec ses partenaires actuels de la Ligue des oulémas. Ceux-ci souhaitaient également de telles réformes (encore que dans une perspective généralement moins libérale) mais accordaient la priorité à des revendications portant sur l’islamisation de l’État plutôt que sur sa libéralisation.

On peut donc dire que c’est démocrate ?

Oui, c’est un démocrate mais avec un fort attachement aux normes et à l’identité islamique. C’est un islamiste authentiquement modéré qui a coopéré avec des opposants laïques de toutes confessions et s’est prononcé de manière claire et répétée contre le confessionnalisme. Par ailleurs, il s’est longtemps prononcé contre la lutte armée et n’a évolué que tardivement sur ce point.

Avec des représentants de l'opposition à Doha.Avec des représentants de l’opposition à Doha.© (Reuters)

Il bénéficie aussi d’une légitimité populaire ?

En dehors du monde religieux au sens strict, il est surtout connu auprès de la jeunesse éduquée pieuse essentiellement à Damas et dans une moindre mesure à Homs (le régionalisme est très fort en Syrie, si bien qu’il y est difficile d’acquérir une popularité à l’échelle nationale). Les réseaux d’al-Khatib s’étendent notamment aux banlieues de Damas où la classe moyenne qui n’a plus les moyens de vivre dans le centre côtoie les milieux populaires. C’est dans une de ces banlieues, Douma, qu’il a prononcé son premier discours public après le début de la révolution, à l’occasion d’une veillée funèbre organisée en l’honneur de manifestants tombés sous les balles de la police.

Quel a été son rôle dans la révolution ?

Il s’est manifesté dès le mois de mars, notamment en organisant des réunions avec des intellectuels laïques. À la fin du mois, il a signé avec eux une lettre ouverte dans le quotidien libanais al-Safir demandant des réformes à un moment où cela était encore possible, le pensaient-ils. Comme je l’ai déjà mentionné, il a aussi prononcé des oraisons funèbres en hommage aux victimes de la répression. Après avoir été arrêté à plusieurs reprises, il est resté longtemps silencieux tout en essayant de mettre en place des initiatives de dialogue entre le régime et l’opposition. L’attitude du régime l’a finalement convaincu de la vanité de telles initiatives. Craignant pour sa vie, il a quitté la Syrie en juin dernier.

La Syrie en révolution a t-elle trouvé un leader qui lui ressemble ?

On ne peut pas dire de Mouaz al-Khatib, fils d’une prestigieuse famille damascène, qu’il ait le profil type du révolutionnaire syrien, plutôt modeste et provincial ou banlieusard. En réalité, sa qualité n’est pas tant d’être représentatif que de faire le pont entre différents univers : les hommes de religion et les activistes politiques, les opposants islamistes et laïques, les anciens et les jeunes ou encore la majorité sunnite et les autres communautés.

Quelle influence peut-il avoir sur le terrain face aux dynamiques de radicalisation, de l’émergence de radicaux islamistes et des tensions confessionnelles ?

Il se situe dans un discours d’union nationale, explicitement anti-confessionnel. Dans ses interventions, il fait ainsi référence aux alaouites en tant que communauté opprimée par le régime. Néanmoins, il n’est pas sûr que ce discours d’apaisement suffise face à des peurs qui, à l’origine, n’étaient pas entièrement rationnelles (durant les premiers mois, les slogans dominants parmi les manifestants étaient « le peuple syrien est un ! » et « une seule main ! ») et qui se sont renforcées face à la polarisation confessionnelle bien réelle observée ultérieurement.

S’agissant de la radicalisation de l’opposition armée, la situation est encore plus problématique. Quelles que soient les qualités de Mouaz al-Khatib et le respect dont il fait l’objet, la coalition qu’il dirige ne pourra pas imposer son autorité aux groupes armés en l’absence de ressources financières à redistribuer. Le rôle des États soutenant l’opposition syrienne sera donc essentiel. L’avenir nous dira si les Occidentaux, en particulier, prendront acte de la représentativité et de la cohérence du nouvel organe représentatif de l’opposition syrienne, ou s’ils continueront à invoquer divers prétextes pour justifier leur posture de retrait par rapport au conflit.

Syrie : la nouvelle coalition de l’opposition réclame des armes


mardi 13 novembre 2012, par La Rédaction

La nouvelle coalition de l’opposition syrienne, reconnue par les pays du Golfe et soutenue par la Ligue arabe, a réclamé des armes pour aider les rebelles qui combattaient mardi les troupes du régime de Bachar al-Assad à Damas et dans sa région.
Après 20 mois de conflit sanglant, le chef de la coalition, Ahmad Moaz al-Khatib, a demandé à la communauté internationale des « armes adaptées » pour que la rébellion puisse « mettre fin à la souffrance des Syriens et à l’effusion de sang ».
Au lendemain de la formation de cette entité, qui doit à terme nommer un gouvernement provisoire, seules les monarchies du Golfe, fervent soutien de la rébellion, l’ont formellement reconnue comme « représentant légitime du peuple syrien », la Ligue arabe et la France se contentant de lui apporter leur soutien.
L’organisation panarabe l’a qualifiée de « principal interlocuteur » et de « représentant légitime de l’opposition », une reconnaissance prudente qui vise à satisfaire tous ses membres.
Certains pays arabes soutiennent l’opposition à Bachar al-Assad, tel le Qatar, parrain des discussions à Doha qui arme et finance les rebelles, tandis que d’autres, tels l’Irak et l’Algérie, ont exprimé des réserves sur cette reconnaissance.
Alors que plusieurs composantes de l’opposition, jusqu’ici réticentes à rejoindre les rangs du Conseil national syrien (CNS), ont rejoint la coalition, la Ligue a appelé les derniers opposants hors de cette entité à leur emboîter le pas.
Paris va également « soutenir » la coalition, a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, sans toutefois se prononcer sur une reconnaissance formelle, après une rencontre au Caire avec son chef Ahmad Moaz Al-Khatib, et George Sabra, chef du CNS, principale composante de la nouvelle formation.
Sans surprise, Washington et Londres qui ont multiplié les appels à l’union de l’opposition, lui ont promis leur soutien, tandis que Moscou, grand allié de Damas, réitérait son appel au dialogue avec M. Assad, option déjà rejetée par les opposants qui exigent le départ du chef d’Etat.
Les chefs de la diplomatie russe et du Golfe s’entretiendront d’ailleurs mercredi à Ryad de la transition politique en Syrie.
D’autres ont aussitôt exhorté la coalition à agir. La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a pointé le danger d’un débordement du conflit. Et Human Rights Watch et Amnesty International l’ont appelée à lutter contre les exactions commises par les rebelles, des vidéos d’exécutions sommaires de soldats ayant récemment déclenché des condamnations internationales.
L’émissaire du pape au Liban, le cardinal Robert Sarah, a salué l’accord de Doha. « Au moins nous avons une structure avec laquelle discuter », a-t-il estimé, affirmant toutefois ne pas pouvoir juger « si cette structure sera un événement positif pour apporter la paix ».
Sur le terrain, de nouveaux combats entre soldats et rebelles ensanglantaient Damas et sa proche banlieue, pilonnée par l’artillerie du régime, où une quarantaine de personnes, pour moitié des civils, ont été tués, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
La télévision d’Etat a rapporté que l’armée avait tué de nombreux « terroristes », terme par lequel Damas désigne les rebelles, dans plusieurs banlieues de la capitale.
D’autres affrontements et des raids aériens ont frappé Rass al-Aïn , dans le nord-est kurde, où les insurgés ont récemment pris un poste-frontière vers la Turquie, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations Unies a évacué son personnel opérant dans cette région, jusque là considérée comme sûre.
En outre, le gouverneur de la province de Raqa (nord) a été grièvement blessé dans un attentat qui a coûté la vie à deux autres personnes, de même source.
Selon un premier bilan de l’ONG, 62 personnes, dont 28 civils ont péri mardi, au lendemain de la mort de 151 personnes dans des violences en Syrie, en proie depuis mars 2011 à une révolte populaire devenue conflit armé qui a fait plus de 37.000 morts, selon l’OSDH.

(13 Novembre 2012 – Avec les agences de presse)

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Les nouveaux visages de l’opposition


LOOS,BAUDOUIN

Mardi 13 novembre 2012

SYRIE Les tractations ont pris trois mois, mais la coalition contre le régime est bel et bien née

Les nouveaux visages de l’oppositionSouhair al-Atassi, Ahmad Moaz Al-Khatib et Riad Seif : les trois nouveaux chefs de l’opposition syrienne exilés depuis peu. © KARIM JAAFAR/AFP.

ANALYSE

La naissance, dimanche à Doha, de « la coalition des forces révolutionnaires et de l’opposition syrienne » – on dira la coalition de l’opposition – bouleverse-t-elle la donne en Syrie ? Un ponte de l’analyse géopolitique arabe, Salman Shaikh, le directeur du Brooking Doha Center, résumait la pensée de beaucoup dimanche soir au Qatar : « L’unification de l’opposition est certainement un pas important ; si cette nouvelle coalition prouve sa crédibilité, cela va raccourcir les jours du régime ».

Les factions composites de l’opposition vivaient ces derniers mois sous l’intense pression de l’Occident et singulièrement des États-Unis pour mettre fin à leurs querelles et unir leurs forces. Mais la principale formation d’opposants, le Conseil national syrien (CNS), où les Frères musulmans occupent une place prépondérante, renâclait à s’élargir. « Au sein du CNS, il y avait deux camps, explique Bassma Kodmani, qui a quitté le conseil le 28 août car elle estimait qu’il avait perdu sa crédibilité, ceux qui souhaitaient l’intégration dans la nouvelle coalition l’ont emporté ; c’est une victoire pas tant pour les États-Unis que pour les Syriens eux-mêmes ».

Si la nouvelle structure de l’opposition réunit 63 membres de tous les bords, de toutes les religions et de toutes les régions de Syrie, trois figures, désignées respectivement chef et adjoints sortent des rangs : Moaz al-Khatib, ex-imam politiquement indépendant, chantre de la modération, dispose d’une assise populaire, alors que Riad Seif, homme d’affaires déchu, ex-député traîné par le régime en prison, et Souheir al-Atassi, cofondatrice d’un réseau d’alerte locale de militants, avaient été actifs dès le début des années 2000 dans l’épisode du « printemps de Damas », quand les Syriens croyaient encore que Bachar el-Assad, en succédant à son père, allait procéder à une réelle ouverture politique.

Tous trois damascènes et sunnites, Khatib, Seif et Atassi ont récemment quitté la Syrie, où leur vie était en danger. « C’est la direction la plus représentative de l’opposition syrienne, commente pour nous Caroline Donati, journaliste à Mediapart et auteur du livre L’Exception syrienne : les têtes sont tous des opposants de l’intérieur, qui ont une légitimité réelle en Syrie. Sa représentativité est indiscutable. Mais son avenir dépendra de la reconnaissance de la communauté internationale. Et des ressources financières qu’elle obtiendra. »

La nouvelle coalition de l’opposition a pour objectif officiel de renverser le régime et a promis de n’engager ni dialogue ni négociations avec le régime. Washington, Paris et Londres se sont rapidement félicités de cette naissance. La collaboration va-t-elle rapidement se créer ? « Les tractations pour la constitution de cette coalition auxquelles j’ai pris une part active ces trois derniers mois nous donnent enfin des raisons d’espérer, confie encore Bassma Kadmani. Il nous faut maintenant obtenir une reconnaissance internationale qui évince celle dont jouit encore le régime alors qu’il ne représente plus le peuple syrien. Nos consultations ont impliqué les groupes et comités locaux sur le terrain dans les quatorze gouvernorats (provinces), ainsi que l’Armée syrienne libre. Désormais, la première mesure va consister à créer un fonds national du peuple syrien afin de contribuer à l’aide humanitaire puis il faudra composer un conseil militaire qui aura pour mission d’unifier les sources de financement, un instrument pour l’unification des rangs et pour éviter le factionnalisme. »

Dans sa toute première déclaration, cheikh Khatib, le nouveau chef de l’opposition unifiée, a appelé la communauté internationale à « honorer ses engagements ». Le chrétien Georges Sabra, promu chef du CNS, complétait : « Nous n’avons pas seulement besoin d’argent, nous avons besoin d’armes pour nous défendre.

source : Le Soir

Ils tuent les Palestiniens pour le bien de la Palestine !!


lundi 12 novembre 2012 – 06h:44

Khalid Amayreh – CPI


La dernière chose dont la juste cause palestinienne a besoin, c’est de l’appui d’un régime manifestement meurtrier et néfaste, qui formerait une camaraderie harmonieuse avec des gens comme Ariel Sharon, Adolph Hitler et Joseph Staline.
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Camp de réfugiés de Yarmouk, à Damas.

La fermeture le lundi 5 novembre des bureaux du Hamas à Damas doit être considérée comme une marque d’honneur pour le mouvement islamique palestinien de libération.

Elle montre que le Hamas se place aux côtés du peuple syrien qui se bat pour se libérer et libérer son pays profondément tourmenté par l’un des régimes les plus meurtriers et les plus voyous sous le soleil.

Elle montre également que le Hamas a finalement décidé d’écarter certaines considérations politiques de clocher, au profit d’une position moralement crédible débarrassée d’un opportunisme bon marché, d’une ambiguïté morale et d’un deux poids deux mesures déraisonnable.

Certains Palestiniens peu clairvoyants pourraient arguer que le Hamas aurait dû rechercher un certain modus vivendi avec le régime sectaire de Damas, lequel repose sur une petite secte ésotérique alaouite.

Toutefois, une telle mesure, si elle aurait pu être temporairement opportune d’un point de vue machiavélique, serait extrêmement coûteuse d’un point de vue moral et islamique.

De plus, elle imprimerait sur le Hamas une marque indélébile de honte, pour s’être, Dieu nous en préserve, mis aux côtés d’un régime meurtrier et contre les millions de Syriens qui se battent pour la liberté et la dignité.

Les vrais musulmans ne seront jamais aux côtés des oppresseurs contre les opprimés, ou des criminels contre leurs victimes.

Le Hamas est un mouvement de libération par excellence. En tant que tel, il se doit de toujours prendre les bonnes décisions et faire les bons choix, écartant les petits calculs politiques sans grand intérêt ici ou là.

Le Jour du Jugement, il sera demandé à chacun de nous pourquoi nous avons permis que se produise le génocide syrien. Il nous sera demandé pourquoi nous n’avons pratiquement rien fait pour l’arrêter. Et ceux parmi nous qui auront aidé le régime voyou de Bashar al-Assad dans sa guerre d’extermination contre le peuple syrien se verront imprimer sur le front la phrase suivante : « Aucun espoir de recevoir la miséricorde d’Allah ».

Les laïcs et les athées peuvent se moquer de nous pour parler ainsi. Oui, mais la plupart de ces personnes ne croient ni en Dieu, ni dans l’au-delà, ni dans le Jour du Jugement.

Mais nous sommes musulmans, et nous ne devons pas nous livrer à des actes ou des comportements qui nous feraient penser ou nous comporter d’une manière incompatible avec notre foi et nos valeurs islamiques.

En attendant, le régime assassin de Bashar el Assad continue de tuer les réfugiés palestiniens dans toute la Syrie, soit parce qu’ils sont suspectés de sympathie avec la révolution, soit parce qu’ils refusent d’exécuter les ordres de massacrer leurs frères et voisins syriens. Au fond, nous parlons d’un régime satanique qui combine nazisme et stalinisme, un régime qui ne recule devant rien pour garder sa secte et sa famille au pouvoir.

Le cycle ininterrompu des atrocités commises contre les réfugiés palestiniens en Syrie, aux mains de la milice Shabbiha d’Assad ou de voyous et autres égorgeurs, ne doit aucunement nous étonner. En fin de compte, un régime qui n’hésite pas à bombarder et à détruire ses propres villes et villages, à massacrer ses propres citoyens, de surcroît massivement, n’hésitera pas de faire de même et plus encore aux réfugiés palestiniens qui vivent en Syrie.

Ce régime criminel n’arrête jamais de tonitruer et bafouiller à propos de sa prétendue résistance aux conspirations israéliennes et américaines. Heureusement, ces mensonges indécents ne trompent plus la plus grande partie des Arabes et musulmans qui ont finalement découvert la véritable nature du régime.

Ce régime maléfique peut continuer à délirer sans fin sur sa résistance mythique. Mais la vérité frappante, qu’aucune personne de bonne foi sous le soleil ne peut nier, est que le régime a utilisé, et utilise encore, l’énorme stock d’armes, acquises dans le but de combattre Israël et libérer le plateau du Golan, pour détruire Damas, Alep, Hama, Homs, Diraa et les autres villes syriennes.

En effet, au lieu de résister à Israël, le régime est en train de massacrer son propre peuple afin de rester au pouvoir et de garder les bottes de ses voyous sectaires et des assassins pressés sans fin contre la gorge et le cou des hommes, femmes et enfants syriens. Et je ne m’exprime pas par métaphores.

En outre, la dernière chose dont la juste cause palestinienne a besoin, c’est de l’appui d’un régime manifestement meurtrier et néfaste, qui formerait une camaraderie harmonieuse avec des gens comme Ariel Sharon, Adolph Hitler et Joseph Staline.

Nous, Palestiniens, n’avons nul besoin, et nous ne le demandons pas, du soutien d’un régime qui nage dans une mer de sang, du sang de son propre peuple.

Notre sort et destinée (kismet) reposent toujours sur le peuple, pas sur des régimes et surtout des régimes tyranniques qui survivent grâce aux assassinats et se complaisent dans les effusions de sang. Par conséquent, le Hamas doit être félicité pour avoir pris la décision moralement correcte de rompre les liens avec le régime hitlérien de Bashar el-Assad.

Il y a probablement des opportunistes ici ou là qui essaient de tirer avantage de la rupture des relations entre le Hamas et ce régime alaouite méprisable, afin de servir leurs propres agendas contestables.

Eh bien, les aboiements des chiens, de l’étranger ou de notre propre territoire, ne doivent pas nous empêcher de prendre les bonnes décisions et de faire les bons choix.

Il n’est pas exigé ou requis du Hamas qu’il prenne une part active dans la révolution syrienne. Le Hamas mène son propre combat contre la mère de tous les régimes terroristes, Israël.

Aujourd’hui, le régime syrien rejoint Israël comme un ennemi de plus du peuple palestinien. Inutile de dire que les exécutions et les assassinats quotidiens des réfugiés palestiniens au camp d’al-Yarmouk, et ailleurs en Syrie, doivent donner à la junte alaouite un authentique certificat de bonne conduite, surtout aux yeux des cercles sionistes, tant à Tel Aviv qu’à Washington.

C’est alors que le régime virulent entretient le mensonge pornographique, qu’il tue les Palestiniens pour le bien de la Palestine.

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Du même auteur :

-  N’y a-t-il aucune limite à l’impudence d’Abbas ?
-  La représentation de l’OLP n’est pas un texte sacré – 29 octobre 2012
-  La malveillance des colons juifs – 13 octobre 2012
-  Les Palestiniens ne devraient-ils pas revoir leurs priorités ? – 26 juillet 2012
-  Contre vents et marées, la cause palestinienne avance sur la bonne voie – 21 juillet 2012
-  L’Autorité de Ramallah est-elle un protectorat israélien ? – 4 juillet 2012

[…]

Massacre de Palestiniens au camp de Yarmouk :

6 novembre 2011 – Centre palestinien d’informations – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.palestine-info.co.uk/en/…traduction : Info-Palestine/JPP

Syrie: un religieux modéré élu chef de la Coalition de l’opposition


AlWatan-Doha/AFP Cheikh Ahmad Moaz Al-Khatib, désormais président de la nouvelle Coalition nationale, le 11 novembre 2012 à Doha AlWatan-Doha/AFP
Un religieux modéré, cheikh Ahmad Moaz Al-Khatib, a été élu dimanche soir à Doha président de la nouvelle Coalition nationale regroupant la plupart des composantes de l’oposition syrienne.

L’opposant Riad Seif, un ancien député à l’origine de l’initiative d’unification de l’opposition, et l’activiste Souheir Atassi, qui a joué un rôle dans la coordination du soulèvement à l’intérieur de la Syrie, ont été élus vice-présidents, selon le vote retransmis en direct par la chaîne satellitaire Al-Jazeera.

Originaire de Damas, cheikh Al-Khatib, 52 ans, a quitté la Syrie il y a environ trois mois, après avoir été arrêté à deux reprises depuis le déclenchement du soulèvement contre le régime du président Bachar Al-Assad en mars 2011.

Il est connu pour ses positions modérées sur le plan religieux.

Riad Seif, un ancien député de 66 ans, est quand à lui un des symboles du « printemps de Damas » réprimé en 2001 par le président Bachar al-Assad. Il a été emprisonné pendant huit ans, et s’est fait arrêter à deux reprises depuis le début du soulèvement, avant de quitter la Syrie.

Souheir Atassi a pour sa part quitté la Syrie après sept mois de vie en clandestinité au début du soulèvement, au cours desquels elle a joué un rôle clé dans la coordination des structures mises en place par l’opposition.

Al-Watan Doha/AFP © Al-Watan Doha/AFP

Le militant syrien des droits de l’Homme Haytham al-Maleh (G) félicite cheikh Ahmad Moaz Al-Khatib, le 11 novembre 2012 à Doha

Leur élection est intervenue après que les composantes de l’opposition ont paraphé un accord créant une instance baptisée « Coalition nationale syrienne des forces de l’opposition et de la révolution » pour unifier leurs efforts dans la lutte contre le régime.

La formation de cette coalition est le fruit d’un compromis obtenu après de laborieuses négociations entre les partis d’opposition, dont le Conseil national syrien (CNS), qui bloquait son adoption, de peur d’être marginalisé.

Mais le CNS a été soumis à d’intenses pressions arabes et internationales samedi soir pour accepter une unification des composantes de l’opposition sous la houlette de la Coalition nationale afin de lutter de manière plus efficace contre le régime Assad.

La Syrie est secouée depuis mars 2011 par un conflit déclenché par la répression brutale d’une révolte populaire contre le régime de Bachar al-Assad. Ce mouvement de contestation s’est militarisé au fil des mois, les violences ayant fait plus de 37.000 morts selon une ONG syrienne.

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Syrie : une journée de combats vue de la frontière turque


Le Point.fr – Publié le 10/11/2012 à 15:48 – Modifié le 10/11/2012 à 18:44

À la frontière de la Syrie, Ceylanpinar est l’un des derniers points de passage contrôlés par l’armée de Bachar el-Assad. Reportage.



Ceylanpinar est couvert d’un intense brouillard. Un brouillard qui accentue davantage encore l’impression de ralenti qui émane de cette ville turque frontalière d’avec la Syrie. À l’appel des messages répétés au mégaphone par la police, la quasi-totalité des 70 000 habitants a fui les principales artères de la ville. Une sorte de No-man’s land qui en borde un autre, réel celui-là, entre les deux pays. À quelques dizaines de mètres, les insurgés syriens tentent de prendre Ras al-Ain, l’un des deux derniers points de passage avec la Turquie encore aux mains de l’armée fidèle à Bachar el-Assad.

Huit mille réfugiés dans l’urgence

Depuis Ceylanpinar, les détonations d’armes légères et parfois des tirs de mortiers se font entendre. Un écho quasi régulier, qui dure depuis mercredi soir, début des affrontements. « Les nuits ont été atroces, les combats n’ont jamais arrêté », constate Orhan, Turc, le regard fixé sur la frontière depuis un petit muret où il s’est installé. Comme lui, les habitants sont nombreux à rester aux abords de la frontière, guettant un signe de l’avancée des combats. C’est dans ces circonstances que, la veille, cinq civils ont été blessés côté turc par des balles perdues. Un bilan qui s’ajoute aux 26 Syriens morts comptabilisés jeudi, dont 10 rebelles. À quelques rues de la frontière, l’hôpital de Ceylanpinar ne désemplit pas. Nombre d’ambulances ramènent des Syriens, combattants ou civils, blessés par les combats. Ces derniers ont été acheminés à pied ou en voiture devant l’un des postes-frontières, auprès des secouristes turcs. L’armée – qui a ordre de ne pas s’immiscer dans les combats, sauf en cas d’agression sur son sol – veille à sécuriser les lieux.

Dans les rues de Ceylanpinar, les ambulances croisent des bus, lancés eux aussi à pleine vitesse. Ils acheminent les civils qui fuient Ras al-Ain jusqu’au camp installé par les autorités turques à trois kilomètres du centre-ville. Mais ce dernier est surchargé, surtout depuis l’arrivée des 8 000 réfugiés la nuit passée, afflux auquel ont dû faire face les autorités dans l’urgence. Alors, de nombreuses familles syriennes, après plusieurs heures de marche, déambulent dans les rues désertes, faute d’endroits pour s’installer.

Deux heures plus tard, l’enthousiasme se lit sur les visages des hommes massés à la frontière. Les insurgés, les « muhalifer », l’auraient emporté. Certains, à Ceylanpinar, montrent les vidéos prises avec leurs téléphones portables, depuis Ras al-Ain. Ils ont franchi la frontière de l’autre sens tôt ce matin pour prêter main-forte aux insurgés. Sur ces quelques minutes d’images, on distingue un homme donnant des ordres, kalachnikov à la main, ou encore une veste de soldat tachée de sang et abandonnée au sol. Une autre vidéo, échangée entre de nombreux portables à Ceylanpinar, montre des soldats syriens capturés réunis dans une pièce sombre par les insurgés. Les rumeurs elles aussi s’échangent : parmi elles, celle qui raconte que des corps sans vie seraient laissés à l’abandon dans les ruelles de Ras al-Ain.

La victoire saluée par des « Allah Akbar »

Côté syrien, la victoire laisse place à un défilé de pick-up blancs qui klaxonnent, transportant des combattants qui laissent éclater leur joie aux cris de « Allah Akbar ». Des cartouches sont tirées en l’air. Des Syriens en profitent pour traverser la frontière par petits groupes et regagner Ras al-Ain, aidés par certains soldats turcs postés tout au long de la frontière. « Rien ne dit que c’est fini », prévient un homme âgé.

Un quart d’heure plus tard, des tirs se font encore entendre, se rapprochant de la ligne de démarcation. Côté turc, c’est l’agitation, tous se réfugient derrière des pans de maisons, dans un quartier vidé de ses habitants. Plus loin, un homme d’une vingtaine d’années montre aux curieux les douilles qu’il a ramassées quelques heures plus tôt. Cette agitation n’est pas du goût des autorités turques et des blindés armés de lances à incendie aspergent la foule. Certains jeunes Kurdes répliquent avec des pierres. Comme si le conflit en Syrie ne faisait pas oublier celui qui dure depuis des années entre la Turquie et sa minorité kurde.

Mais quand les tirs reprennent, la foule se montre moins agitée. Moins réguliers, ces tirs auraient pour objectif de « débusquer les derniers snipers pro-Bachar », explique Hamid, un Syrien réfugié depuis la veille. Des poches de résistance qui continuent de se faire entendre, avec parcimonie, signe que la victoire n’est pas réellement acquise. Un silence de plomb s’installe ensuite, seulement entrecoupé par le bruit des sirènes. Certains Syriens, réfugiés en Turquie le temps des combats, en profitent pour traverser la frontière et retourner s’installer chez eux. Ceux qui préfèrent attendre que la situation se soit stabilisée plus durablement et les habitants de Ceyanpinar, eux, regagnent tranquillement le centre-ville. Là, l’épaisse couche de brouillard ne s’est toujours pas levée.

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SYRIE L’armée fidèle au régime fait face à un problème de loyauté


Malgré l’implacable déséquilibre des forces en présence en défaveur des rebelles, il n’est pas sûr que l’armée loyale au régime de Bachar el-Assad pavoise, bien au contraire. En attestent, notamment, les commentaires d’un général de l’armée de l’air qui a récemment fait défection.
Selon Mohammed Fares, 61 ans, qui présente aussi la particularité d’avoir été le premier cosmonaute syrien il y a quelques décennies, seulement 30 % des 100 à 120 pilotes de chasseurs bombardiers sont utilisés lors des raids aériens contre les villes ou quartiers rebelles. Et les autres ? Le régime estime ne pas pouvoir placer sa confiance en eux et il craint des désertions.

Selon le spécialiste belge Thomas Pierret, de l’Université d’Edimbourg, ce témoignage n’a rien d’étonnant. « Regardons la situation, nous explique-t-il : on parle d’une armée qui, sur papier, compte 300.000 400.000 hommes d’active (600.000 avec les réservistes). Or, elle est incapable, face une insurrection mal équipée, de contrôler l’axe géographique principal de la Syrie, de Deraa, à la frontière jordanienne, jusqu’à la frontière turque au nord d’Alep. Ce n’est pas gigantesque : environ 450 km de long sur un grand maximum de 100 km de large en moyenne. En d’autres termes, un territoire grand comme l’Estonie avec une armée dont la taille est dix fois supérieure – sur papier – à celle de l’armée belge. Or l’armée syrienne n’y arrive pas du tout : elle tient les grandes villes mais a perdu le contrôle d’une bonne partie des régions environnantes dont les banlieues de Damas, pour l’instant. »

Ce constat s’explique, confirme Thomas Pierret, par la crainte des désertions. « Même si le nombre de désertions n’est pas gigantesque jusqu’à présent – il s’agit quand même de dizaines de milliers de soldats –, l’armée est neutralisée par sa sous-utilisation. Ce que le général Fares évoque concernant les pilotes s’applique à bon nombre d’unités, cantonnées dans leurs casernes de peur qu’elles désertent si elles sont déployées sur le terrain. Ça explique par exemple les performances pathétiques des forces loyalistes à Alep, incapables de reprendre durablement le quartier de Salah al-Din alors qu’elles ont juré de le reprendre depuis trois mois. »

Autre signe dans le même sens : les difficultés pour l’armée de mettre la main sur les réservistes rappelés. L’agence Reuters citait le 4 septembre dernier l’évaluation d’un officier forcément anonyme qui, de Homs, estimait que seule la moitié des réservistes rappelés obtempéraient. « De nombreuses unités ont subi de lourdes pertes, disait-il, il y a une pénurie d’hommes. Beaucoup de soldats ont été tués et nous subissons des désertions. »

La logique démographique se cache sous ces constats : les soldats de la base et les conscrits, qui doivent faire deux ans de service militaire, proviennent massivement de la communauté sunnite (plus de deux tiers de la population)… où se recrutent surtout les volontaires du côté rebelle, alors que les hauts gradés de l’armée sont souvent originaires de la communauté alaouite, la minorité religieuse (10 %) dont procède le régime. D’où un moral sans doute en berne.

« En dehors des unités d’élite qui combattent à Damas, le moral des troupes est sans doute très mauvais, estime encore Thomas Pierre. Les pertes sont vraisemblablement énormes et minimisées par le régime. Il va par ailleurs de soi que les soldats assiégés dans des bases (comme à Wadi al-Deif, à Taftanaz, le Régiment 46 près d’Alep) ne doivent pas être en grande forme. A propos du matériel, il faut distinguer entre Damas, où la Garde républicaine et la 4e division blindée utilisent des blindés russes de conception récente et bien entretenus, et le reste du pays, où l’on voit passer des antiquités en piteux état. »

Sans l’armée, le régime s’effondrerait en peu de temps. D’où la prudence dans le déploiement des unités peu sûres. Mais le régime garde peut-être aussi certaines armes, chimiques par exemple, au cas où il estimerait son existence menacée.

BAUDOUIN LOOS

LE SOIR Vendredi 9 novembre 2012

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