Les déboires du « printemps de Damas » (2002)


Prophétique article tiré des Archives du Monde Diplomatique de novembre 200

Quel sera l’objectif américain après l’Irak ? La question hante les dirigeants de Damas, qui craignent de faire les frais de la politique des Etats-Unis, des tensions nées entre le Liban et Israël sur les questions de l’eau et des risques d’embrasement à la frontière des deux pays. Cette instabilité de l’ordre régional a permis aux caciques du régime baasiste de mettre un terme au « printemps de Damas », qui avait suivi la mort du président Hafez El Assad et son remplacement par son fils, M. Bachar El Assad.
Par Judith Cahen *

A la mort d’Hafez El Assad le 13 juin 2000, après trente années de pouvoir sans partage, la société civile, les opposants au régime, et même certains baasistes, ont cru à la démocratisation du système politique. La personnalité et la jeunesse de son fils Bachar, successeur désigné du qaïd, sa volonté de modernisation et de lutte contre la corruption ont suscité un grand espoir. Certes, nombre de gens furent choqués par la rapidité avec laquelle la succession fut bouclée  (1) et refusèrent la manière dont le nouveau pouvoir insistait sur l’« exception syrienne » qui empêcherait le pays de pratiquer la démocratie des autres. Mais l’insistance du jeune président sur le respect de l’opinion publique accéléra le mouvement de contestation réclamant plus de démocratie et de respect pour le droit des personnes.

« Il faut redonner la parole au peuple. Que le Parlement ait à nouveau le pouvoir de contrôler l’Etat. Sans ce retour aux principes républicains, la Syrie restera ce qu’elle est aujourd’hui : un régime totalitaire, une République héréditaire. » Par cette déclaration de juin 2000, M. Riyad Turk, chef du Parti communiste – Bureau politique, libéré après plus de quinze ans de prison, s’affirme comme la figure emblématique du « printemps de Damas  (2) ». Pendant un an, des pétitions – émanant de groupes aussi différents qu’un collectif de « 99 intellectuels », d’avocats, de Syriens de l’étranger ou des Frères musulmans basés à Londres – paraissent dans la presse arabe non syrienne pour réclamer la fin de l’état d’urgence – maintenu depuis l’arrivée du Baas au pouvoir en 1963 -, le retour à l’Etat de droit, le pluripartisme et la libération de tous les prisonniers politiques.

Parallèlement, des muntadayat (forums de discussions organisés en appartement) s’ouvrent à Damas et dans la plupart des grandes villes du pays, recueillant un large succès. Des personnalités politiques indépendantes, des universitaires, mais aussi nombre de citoyens commencent à y exprimer, en public et sous l’œil attentif de membres du Baas, leurs critiques contre la corruption, l’accaparement du pouvoir par les dignitaires du régime et leurs enfants ou appellent au multipartisme, au respect du droit d’expression et à la libération des prisonniers politiques.

Puis, en septembre 2001, le régime, après avoir lancé un premier avertissement sur les lignes rouges à ne pas franchir (3), jette en prison dix militants pour la démocratie, dont M. Riyad Seif, député indépendant, et M. Turk. A la fin d’août 2002, tous les militants sont condamnés à des peines allant de deux à dix ans de prison pour avoir « porté atteinte à la Constitution, incité à la sédition armée et aux dissensions confessionnelles, sapé le sentiment patriotique et propagé de fausses nouvelles ».

Certains observateurs étrangers soutiennent que M. Seif a été emprisonné à la suite d’un rapport au Parlement dans lequel il dénonçait des irrégularités entourant la création de deux monopoles de téléphonie mobile, SyriaTel et Investcom, dont M. Rami Makhlouf, cousin de M. Bachar El Assad, est le principal actionnaire. En réalité, M. Seif n’avait même pas cité ce dernier, mais il avait attiré l’attention sur le fait que la Syrie était l’un des rares pays dans le monde où l’Etat n’avait rien gagné par la vente des licences de téléphonie mobile et où les opérateurs n’étaient même pas soumis à l’impôt sur les sociétés…

Pour Me Haïssam Maleh, président de l’Association des droits de l’homme en Syrie (ADHS), contre lequel un mandat d’arrêt a été émis récemment, « le pouvoir a voulu, avec ces arrestations, envoyer un message clair à la société civile. Il n’avait pourtant rien à craindre de ce mouvement – et d’ailleurs personne ne croit en Syrie que le régime sera renversé par la force. Mais la peur est double : il y a celle du peuple, et celle du régime, qui craint pour ses privilèges ».

Une presse sous contrôle

Les forces ayant porté le « printemps de Damas » avaient d’ailleurs des contours flous et manquaient singulièrement d’assise populaire. Y… regarde, sceptique, le marc de son café ; il a préféré une rencontre dans un lieu public, les appartements des opposants étant trop souvent surveillés. Après avoir passé de longues années en prison, cet ancien membre du Parti communiste de M. Turk porte un regard amer : « Les jeunes sont formatés par le Baas de la maternelle à l’université. La nouvelle génération ne pense au mieux qu’à faire de bonnes études, au pire qu’à s’enrichir par tous les moyens. En Syrie, on ne peut pas vraiment parler d’opposition, mais plutôt d' »attitude oppositionnelle » consistant à en appeler à la « glasnost » et à la modernisation. Ses différents courants sont comme des tribus qui se côtoient, mais ne proposent pas de projet fédérateur. Et elle a échoué à conquérir la jeunesse, peut-être parce qu’elle continue à utiliser un vocabulaire politique qui n’a pas changé depuis les années 1950-1960. »

Cette jeunesse urbaine ressemble à celle des grandes villes européennes : portables et street wear sont l’apanage des Damascènes, qui ont depuis peu investi la traditionnelle medina, désormais remplie de cafés Internet, de restaurants implantés dans d’anciens palais et de discothèques pleines à craquer le jeudi soir, veille du week-end musulman. Les copines sortent en groupe, les lycéennes enlacent leur petit copain dans les lieux publics, et on aperçoit çà et là des femmes voilées fumer en pleine rue.

Du côté du pouvoir, les choses sont retournées à la situation initiale, confie un diplomate : « Le style présidentiel n’a pas changé, même s’il y a moins de portraits du président dans les rues. Avant son accession au pouvoir, on voyait Bachar El Assad partout, en toute simplicité. Aujourd’hui, non seulement on ne le voit plus, mais il reste totalement opaque pour son peuple sur les questions internes : aucune interview aux médias syriens, pas de discours télévisés… »

D’ailleurs, l’ancien système politique n’a jamais disparu. Plus que jamais, il s’apparente à une joumloukia  (4). Pour confirmer son intronisation, M. Bachar El Assad a dû réunir le Congrès du parti, qui ne s’était plus tenu depuis 1985. Le Baas, un moment tenté par le « printemps », s’est soudé autour des dignitaires, de peur de perdre ses privilèges de parti « guide » de la Syrie. Seule nouveauté, quelques proches du nouveau président (huit sur trente-six ministres) détiennent des postes importants du point de vue économique, mais pas du point de vue politique.

M. Assad fils a permis l’introduction d’une nouvelle loi sur la presse (inchangée depuis 1949), qui autorise la publication de nouveaux titres, mais reste très restrictive : les journaux mettant en cause l’« unité » ou la « sécurité » nationale peuvent être interdits, la publication de fausses nouvelles est punie de un à trois ans de prison et d’une amende pouvant aller jusqu’à 18 000 dollars. Pour cet universitaire damascène, « la nouvelle loi institutionnalise la censure. Les fils des caciques du régime, par leurs liens avec le pouvoir et leur poids économique, sont les seuls à en profiter ». De fait, les nouveaux titres sont tous dirigés soit par des formations politiques inféodées au Baas, soit par des amis ou familiers de Bachar, soit par des fils de dignitaires du régime. Cette nouvelle presse s’est même montrée bien plus dure vis-à-vis du dossier Seif et des autres prisonniers d’opinion que la presse officielle.

Sur la corruption, ce diplomate européen constate, non sans une pointe de cynisme, que « derrière chaque homme d’affaires il y a un général qui veille au grain. Ici, la corruption est endémique. Par exemple, chaque colonel a droit à une dotation de diesel. Qu’en fait-il ? Il la revend à bon prix aux chauffeurs de taxi… La plupart des puissants ne pensent qu’à se faire de l’argent ; peu leur importe que ce soit dans une économie socialiste ou capitaliste. Mais, lorsqu’ils auront compris qu’il y en a plus à se faire dans un système capitaliste, alors peut-être ils songeront à la démocratie ».

Dans un pays où le chômage frappe au moins 20 % de la population active, où les 15-35 ans représenteront dans deux ans un peu plus de 8 millions de personnes, soit près de la moitié de la population, et où le produit national brut par habitant se situe en deçà de 1 000 dollars  (5), le gouvernement mise surtout sur le thème de la réforme économique pour faire oublier l’absence de démocratie. Mais de quelles réformes s’agit-il et à quelle vitesse se réalisent-elles ?

Ainsi, malgré la loi no 28 sur la création de banques privées, votée en 2001, l’ouverture du premier établissement privé, prévue pour 2002, a été reportée. Le Conseil suprême de la monnaie et du crédit, qui gérera la Banque centrale et les activités bancaires publiques et privées, n’est toujours pas créé, et il faudra encore que les banques candidates passent par deux étapes préliminaires, dont une seule prend trois mois. L’investissement privé, autorisé en 1991, ne décolle pas, et les étrangers, eux, n’en représentent qu’à peine 1 %. Comment, il est vrai, s’engager dans un pays dans lequel la justice semble si inféodée au régime, même dans le domaine des affaires  (6) ? Réputé proche de M. Bachar El Assad, ancien membre du Parti communiste, M. Issam Al-Zaïm, ministre de l’industrie, a affirmé, le 11 juillet 2002, que les réformes économiques peuvent tout à fait avancer sans qu’on touche au domaine politique, le modèle à suivre étant celui de la Chine…

D’autre part, et malgré le contrôle qu’exerce sur lui la Syrie, le Liban est devenu, surtout depuis deux ans, un terrain de relative liberté d’expression pour l’opposition syrienne. Le quotidien libanais An-Nahar (interdit en Syrie) et surtout Al-Moulhaq, son supplément culturel, dirigé par l’écrivain et homme de théâtre Elias Khoury, ouvrent régulièrement leurs pages à l’opposition syrienne. Pour M. Khoury, « dès avant la mort d’Hafez El Assad, certains intellectuels s’exprimant au Liban avaient brisé les tabous sur la Syrie. Maintenant, leur marge d’expression est devenue une lutte qui peut s’épanouir, car elle fait partie intégrante de la lutte pour la démocratie libanaise ». Le 5 juillet 2002, un sit-in de la gauche libanaise et de quelques chrétiens de l’opposition avait lieu à Hamra, artère principale de Beyrouth, pour demander la libération de M. Turk.

Le contexte régional, avec l’Intifada palestinienne, l’élection de M. Ariel Sharon, puis les attentats du 11 septembre, a placé le pays du « mauvais côté de la barrière  (7)  ». Le regain de tension offre au régime un prétexte pour repousser l’ouverture démocratique. Mais l’affrontement régional permet aussi à l’opposition d’exprimer, indirectement, ses critiques.

Ainsi, à partir du siège de Jénine par l’armée israélienne, au printemps 2002, des sit-in ont été organisés pendant quarante-deux jours devant le siège de l’ONU à Damas, dans le quartier chic d’Abou Roumané, sans qu’aucun slogan ni affiche fasse référence à la politique officielle du régime. Le mouvement est allé jusqu’à rassembler 5 000 personnes. « Or, commente un intellectuel, le pouvoir ne pouvait ni interdire, car, pour le principe, les manifestations propalestiniennes sont bienvenues, ni laisser faire, puisque celles-ci n’étaient pas prises en main par le parti et risquaient de finir en critiques contre l’inaction du régime face aux frères de Palestine. Il a donc décidé de neutraliser les manifestants par d’autres moyens : en faisant venir par bus entiers des centaines de jeunes appartenant au Baas ainsi qu’aux moukhabarat (services de renseignement), et en noyant ainsi la manifestation dans cette foule. »

A Damas, la vieille garde a repris le dessus. Une amnistie des prisonniers syriens, que Patrick Seale, biographe de Hafez El Assad, appelle de ses vœux  (8), serait non seulement moralement nécessaire, mais également utile pour l’image du pays. Or M. Bachar El Assad donne l’impression d’agir comme s’il avait, quoi qu’il arrive, trente ans de pouvoir devant lui. Et même si l’époque des arrestations massives est passée, la façon dont le fils gère la contestation tend à montrer qu’un des slogans du temps du père (Assad lil abad wa baad al abad : « Assad jusqu’à l’éternité et après l’éternité ») a pris le sens d’une sombre prophétie. Pourtant, comme l’a si bien dit le dramaturge syrien Saadallah Wannous, décédé en 1997, les Syriens « sont condamnés à l’espoir ».

Judith Cahen

* Chargée d’études sur le Proche-Orient à Paris.

(1)  Sur les modalités de la succession, voir l’article d’Alain Gresh, « L’ascension programmée du « docteur Bachar » en Syrie », Le Monde diplomatique, juillet 2000, ainsi que ceux de Sakina Boukhaima et de Philippe Droz-Vincent (« Bachar Al Assad : chronique d’une succession en Syrie » et « Syrie, la « nouvelle génération » au pouvoir : une année de présidence de Bachar Al Assad », dans Maghreb-Machrek, respectivement n° 169, juillet-septembre 2000 et n° 172, juillet-septembre 2001).

(2)  Le Monde, 28 juin 2000. M. Riyad Turk adopta, dans les années 1970, des positions hostiles à l’URSS et au régime en place à Damas : il créa sur cette base le PC – Bureau politique, dont il fut secrétaire général. Il passa dix-sept ans et demi dans une cellule d’isolement et fut libéré en 1998 sans avoir été jugé. Depuis septembre 2001, il est à nouveau sous les verrous et a été condamné à deux ans et demi de détention.

(3)  Le 8 février 2001, dans une interview à Asharq Al-Awsat, puis en mars lors de manœuvres militaires, M. Bachar El Assad déclare que l’unité nationale, la politique de son père, l’armée et le parti sont des sujets qui ne peuvent être critiqués. De son côté, le vice-président syrien Abdel Halim Khaddam déclarait : « L’Etat ne permettra pas que la Syrie se transforme en une autre Algérie. »

(4)  Néologisme formé par le début du mot arabe signifiant république et par la fin de celui signifiant royauté. Cf. « Menaces sur le printemps de Damas », Chronique d’Amnesty, Paris, mai 2002.

(5)  Chiffres de la Banque mondiale, 2000.

(6)  Un tribunal syrien a débouté le géant des télécommunications Orascom dans la bataille juridique qui l’opposait à son partenaire (pour 25 %), SyriaTel. L’opérateur égyptien accusait la compagnie syrienne de vouloir détenir l’exclusivité d’accès aux comptes bancaires, contrairement aux accords passés. C’est maintenant chose faite : les 40 millions de dollars d’avoirs d’Orascom sont gelés par la justice, qui a nommé M. Makhlouf directeur général de SyriaTel.

(7)  Pour rectifier son image, la Syrie collabore, depuis octobre 2001, avec la CIA. Le 21 juin 2002, M. Vincent Cannistraro, ancien chef de la CIA pour la lutte antiterroriste, déclarait au Washington Post que la Syrie « coopère entièrement dans les enquêtes sur Al-Qaida et sur les personnes liées à l’organisation. Dans certains cas, la Syrie a même reporté l’arrestation de suspects afin de suivre leurs conversations et déplacements pour en référer aux Etats-Unis ».

(8)  Al-Hayat, Londres, 21 juin 2002, numéro censuré en Syrie.

 

 

« Syriens Chrétiens pour la Démocratie » pleure le père Fadi Haddad


« Ne craignez pas ceux qui peuvent détruire vos corps
mais ne peuvent détruire vos âmes »
(Matthieu, 28.10)

Les militants de Qatana, dans le gouvernorat de Damas-campagne, nous ont informé de la mort du père Fadi Jamil Haddad (43 ans), dont le corps portant une blessure à la tête causée par arme à feu, a été découvert près de Droucha, sur la route de Damas à Qouneitra. Il avait été enlevé, jeudi 18 octobre, par des agents de Bachar Al Assad alors qu’il effectuait une médiation à titre humanitaire.

Le père Fadi Jamil Haddad

Le père Fadi Jamil Haddad est né à Qatana en 1969. Après le baccalauréat, il est entré au séminaire de St Jean Damascène, à Ballamand, au Liban. Il en est sorti diplômé, en 1994. Il s’est marié. Il a été ordonné diacre à la Myriamiyeh, la cathédrale de la ville de Damas, par le Patriarche Ignace IV Hazim, puis prêtre en 1995, des mains de Mgr Elias Fakhoury. Il a été nommé curé de la paroisse de Qatana. Il a été enlevé jeudi 18 octobre, avant d’être retrouvé assassiné, une semaine plus tard, à Droucha.

Nous, organisation  des « Syriens Chrétiens pour la Démocratie », nous condamnons avec la plus extrême fermeté ce crime odieux dont a été victime l’un des plus grands patriotes de Qatana. Nous affirmons solennellement que son assassinat ne peut être isolé des agressions commises contre les quartiers chrétiens des villes syriennes, cibles, au cours des jours passés, d’attaques menées par les gangs de chabbiha du régime. Accompagnées de campagnes de désinformation, elles visent à menacer la coexistence pacifique entre musulmans et chrétiens de Syrie, et à semer la discorde et la division entre Syriens appartenant à des ethnies et des religions différentes. Mais le peuple syrien a répondu à ces provocations en faisant montre, à chaque fois, d’une unité renforcée face aux menées de ce régime terroriste et de ses agents contre la cohésion nationale .

Syriens Chrétiens pour la Démocratie

Que Dieu accueille dans sa paix et sa miséricorde éternelle le martyr de la révolution syrienne, le père Fadi Jamil Haddad, et tous les martyrs de la liberté en Syrie.

Vive la Syrie libre et fière.

Le 26 octobre 2012

Syriens Chrétiens pour la Démocratie

source

Syrie: Carla del Ponte veut identifier les « hauts responsables » des crimes


"La

La magistrate suisse Carla Del Ponte, membre de la Commission d’enquête de l’ONU sur les violations des droits de l’Homme en Syrie, a estimé jeudi qu’il s’agissait « sûrement » de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, comme dans d’autres pays sur lesquels elle avait enquêté.

GENEVE (AFP) – La nouvelle commissaire de l’ONU chargée d’enquêter sur les violations des droits de l’Homme en Syrie, Carla del Ponte, veut identifier les « hauts responsables » des crimes de guerre et contre l’humanité, tandis que la Commission attend toujours d’être reçue à Damas.

« Ma tâche principale sera de continuer l’enquête (…), et de déterminer les hauts responsables politiques et militaires de ces crimes », a déclaré la Suissesse aux médias à Genève.

L’ancienne procureur général du TPIY, qui a acquis une solide réputation pour sa chasse aux criminels de guerre au Rwanda et en ex-Yougoslavie, a par ailleurs estimé qu’il s’agissait « sûrement » de crimes internationaux, comme dans d’autres pays sur lesquels elle avait enquêté.

« La similarité bien sûr est liée au fait que nous faisons face aux mêmes crimes, sûrement des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre », a-t-elle dit.

Nommée le 28 septembre membre de la Commission d’enquête de l’ONU sur les crimes en Syrie, Mme del Ponte ne s’était pas encore exprimée sur son nouveau poste.

« J’étais à la retraite, c’était une bonne opportunité pour revenir », a-t-elle relevé.

« J’espère que je serai en mesure de contribuer » à faire avancer l’enquête, a-t-elle poursuivi.

Mme del Ponte s’est réunie cette semaine à Genève avec les trois autres commissaires de l’ONU, le président de la commission Paulo Pinheiro (Brésil), Karen Koning Abuzayd (USA) et Vitit Muntarbhornb (Thaïlande).

Ils ont pu discuter de leur mission et rencontrer différents diplomates, ont-ils expliqué.

En outre, « nous avons envoyé une lettre au président Assad, et nous nous attendons à ce qu’il nous reçoive à Damas », a déclaré M. Pinheiro, précisant qu’ils n’avaient pas mis de condition à leur venue en Syrie.

La Commission a été créée en août 2011 par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU pour enquêter sur les violations en Syrie. Toutefois, elle n’a jamais reçu le feu vert de Damas pour se rendre sur place. Seul M. Pinheiro a pu s’y rendre à titre personnel.

Plus de 35.000 personnes, dont une majorité de civils, ont péri dans les violences depuis le début mi-mars 2011 de la révolte qui s’est transformée en guerre civile, selon une ONG.

Le médiateur de l’Onu et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi a confirmé mercredi au Conseil de sécurité l’acceptation par le président Bachar al-Assad ainsi que par des chefs rebelles de ce cessez-le-feu. Mais le régime a annoncé que l’armée se prononcerait jeudi, tandis que les insurgés syriens restent apparemment divisés.

source

L’Eid fête de l’espoir


par Iyad

Ce vendredi plus d’un milliard de musulmans vont fêter Eid al-ADha. Avec ce qui se passe en Syrie, le coeur n’y est pas, mais on peut tout de même voir les choses sous un autre angle.

Pendant plus de 41 années (lunaires) sous le règne absolu du clan Assad, nous avons célébré plus de 82 fêtes musulmanes de Eid al-Fitr et Eid al-Adha. Nous les célébrions dans la joie, alors que nous étions en servitude que nous en soyons conscients ou pas, nous étions des esclaves qui dansent et qui chantent pour oublier, et nous aurions pu, et nous aurions dû continuer ainsi pour toujours.

Grâce à cette révolution « tombée du ciel », voilà que la quatrième Eid arrive durant cette période révolutionnaire alors que le sang coule, et des vies, des familles et des maisons se détruisent. Cependant nous devrions peut-être sentir cet Eid différemment, car le chemin parcouru par le peuple syrien vers sa libération est énorme.

On n’a plus la « paix » artificielle des esclaves que nous célébrions sous les Assad, mais on a les douleurs atroces d’un accouchement inespéré, et cela devrait nous procurer la joie de l’espoir, dans les louanges d’Allah et sa glorification.

هذه الجمعة سيحتفل أكثر من مليار مسلم بعيد الأضحى, ومع ما يجري في سوريا قد لا يوجد في القلب مكان للفرح, ولكننا نستطيع أن ننظر للأمر من زاوية أخرى.

خلال ما يزيد على إحدى وأربعين سنة قمرية تحت الحكم المطلق لعصابة المستأسد, احتفلنا بأكثر من اثنين وثمانين عيدا للفطر وللأضحى. كنا نحتفل بهم بالفرح والبهجة بينما كنا نعيش حقيقة في حالة من العبودية, سواء كنا غافلين عنها أو متغافلين. نعم كنا عبيدا ترقص وتغني لتنسى, وكان من الممكن أو من المفروض أن نستمر هكذا للأبد.

ولكن بفضل هذه الثورة المباركة التي « أتتنا من السماء », ها هو العيد الرابع الذي يقدم علينا خلال عصر الثورة بينما الدماء تسيل والحياة والعائلات والبيوت تدمر, ولكن بالرغم من هذا كله, لعلنا نعتبر هذا العيد بشكل مختلف, إذ أن شعبنا قد قطع شوطا طويلا على طريق تحرره.

نعم لم فقدنا ذلك « السلم » المزيف, سلم العبيد, الذي كنا نحتفل به تحت استبداد المستأسد, وعندنا الآن آلام شديدة, ولكنها آلام ولادة لم نكن نأمل بها, وهذا الأمل يستحق أن نفرح به بحمد الله وتكبيره.

Conférence – débat : Conflit syrien – Respect des droits de l’Homme et traitement médiatique


Évènement public · Par Kot Amnesty, Marta Poggi et 8 autres
    • 20:30 (UTC+01)
  • Montesquieu 3 – Louvain-la
    -Neuve
  • La question syrienne est plus que jamais d’actualité. Près de 19 mois après le début du conflit, le compteur des morts, blessés, emprisonnés n’en finit pas de tourner. L’instabilité se transmet aussi hors des frontières, avive les tensions au Liban et provoque des réponses musclées de la part d’Ankara. Les réponses des institutions internationales se font toujours attendre, l’ONU ne parvenant pas à dépasser le blocage de la Chine et de la Russie.Le kot Amnesty International vous propose une conférence su

    r la Syrie qui abordera trois grands aspects: Traitement médiatique de la question syrienne, respect des droits de l’homme et un témoignage d’un réfugié syrien.IntervenantsPascal Fenaux: Journaliste au Courrier International et professeur invité de l’UCL en communication. Il abordera le rôle des médias dans la question syrienne. Comment les média rendent-ils comptent de cette situation en Syrie ? Peut-on parler d’objectivité ? Certains média jouent-ils le jeu du régime ? Pourquoi ? Comment ?

    Sophie Aujean: Responsable Proche-Orient d’Amnesty International. Elle présentera plus spécifiquement les atteintes aux Droits de l’Homme en Syrie et présentera les derniers rapports d’Amnesty International sur le sujet.

    Fahdi: Fahdi est un réfugié syrien qui se présentera et parlera de son engagement en Syrie. Pourquoi et comment s’être engagé? Quelles en ont été les conséquences? Son témoignage permettra d’avoir le point de vue d’un acteur direct du conflit. Il sera traduit en direct par Giacomo Profili

    Ces différentes présentations seront bien sur suivies de questions-réponses avec le public.

    Nous vous attendons nombreux !
    Le Kot Amnesty

Meurtre du général Wissam al-Hassan, chef des renseignements des FSI libanaises.


par Ronald Barakat
Par quel génie cet homme a su épingler les coupables de son vivant, puis les condamner par sa mort. Par quel génie il a pu acculer l’Assassin à commettre son forfait à visage découvert, de façon si flagrante, à force de le contrarier et de le faire enrager, à force de déjouer ses complots, de dévoiler ses instruments, de sorte à dispenser les services de police des investigations d’usage. Par quel génie il a su se faire piéger à chaud, après les insultes de la veille à son encontre, et les menaces répétées de ses «proies» qui riaient jaune, et parvenir à piéger lui-même, par sa mort, son propre piégeur. Par quel génie il a pu susciter l’exaspération, voire la fixation obsessionnelle d’un pseudo seigneur de la communauté chrétienne, devenu son « saigneur », et il a pu être une occasion de chute au commanditaire occulte de son propre assassinat.
Par quel génie, autre que celui d’avoir découvert un tas de pots aux roses de fabrication israélienne et syrienne, il a pu, par sa mort, raviver la flamme affaiblie de la révolution du cèdre, rassembler et revigorer les joueurs fatigués, rapprocher le « Bey » du camp qu’il a déserté et le faire parler d’une «sortie provisoire du 14 mars», tendre et pincer la fibre souverainiste relâchée, revivifier les forces vives du mouvement du 14 mars, et par conséquent renvoyer le boomerang à la figure de ceux qui l’ont lancé. Indépendamment de la peine, de la perte, de l’affliction pour les victimes montées avec lui, indépendamment des dommages moraux et matériels, j’envie cet homme. J’envie son martyre, ce qui le précède et ce qui en découle. J’envie l’efficacité et l’héroïcité de son action sécuritaire. Qu’il est beau de mourir en héros!
Photo : Par quel génie cet homme a su épingler les coupables de son vivant, puis les condamner par sa mort. Par quel génie il a pu acculer l’Assassin à commettre son forfait à visage découvert, de façon si flagrante, à force de le contrarier et de l’enrager, à force de déjouer ses complots, de dévoiler ses instruments, de sorte à dispenser les services de police des investigations d’usage. Par quel génie il a su se faire piéger à chaud, après les insultes de la veille à son encontre, et les menaces répétées de ses «proies» qui riaient jaune, et parvenir à piéger lui-même, par sa mort, son propre piégeur. Par quel génie il a pu susciter l’exaspération, voire la fixation obsessionnelle d’un pseudo seigneur de la communauté chrétienne, devenu son "saigneur", et il a pu être une occasion de chute au commanditaire occulte de son propre assassinat. Par quel génie, autre que celui d’avoir découvert un tas de pots aux roses de fabrication israélienne et syrienne, il a pu, par sa mort, raviver la flamme affaiblie de la révolution du cèdre, rassembler et revigorer les joueurs fatigués, rapprocher le "Bey" du camp qu’il a déserté et le faire parler d’une «sortie provisoire du 14 mars», tendre et pincer la fibre souverainiste relâchée, revivifier les forces vives du mouvement du 14 mars, et par conséquent renvoyer le boomerang à la figure de ceux qui l’ont lancé. Indépendamment de la peine, de la perte, de l’affliction pour les victimes montées avec lui, indépendamment des dommages moraux et matériels, j’envie cet homme. J’envie son martyre, ce qui le précède et ce qui en découle. J’envie l’efficacité et l’héroïcité de son action sécuritaire. Qu’il est beau de mourir en héros!
p.s. « Par quel génie… »Par quel génie il a pu forcer la décence et les marques de solidarité de certains ministres, députés, chefs de partis et de clans de l’autre bord, qui ont longtemps fantasmé et souhaité sa disparition et qui s’en réjouissent in petto.

SI LA TENDANCE SE MAINTIENT…


par Ronald Barakat, vendredi 19 octobre 2012, 10:28 ·

«Ce n’est ni par la puissance ni par la force, mais c’est par mon esprit, dit l’Eternel des armées» (Zacharie 4-6).

Au grand dam des âmes damnées du régime, à l’aura jaune-orange, qui prenaient depuis des mois et des mois leurs souhaits malades pour de la réalité et pronostiquaient la victoire du lionceau sur l’agneau, voici que ce dernier tient tête et triomphe, «non par la force, ni par la puissance, mais par l’Esprit», par l’Esprit Saint et le Allah Akbar, de concert contre les forces du Malin. Tout observateur non aliéné à la Bête, ni à l’une des couleurs ci-haut mentionnées, constatera qu’avec le temps va, le régime s’en va, et avec lui ses sbires, ses suppôts et ses renforts «divins» et désespérés.

Les aveugles ou aveuglés ne pourront et ne voudront certainement pas voir l’évolution des événements depuis le début de la révolte, qui avait commencé par de simples revendications pacifiques, réprimées dans le sang, puis dans les fosses communes, pour se transformer en une révolution légitimement armée par les dissensions de militaires dotés d’une conscience humaine, rejoints par des civils affranchis qui ont décidé de secouer le joug qui les maintenait, des décennies durant, dans l’esclavage et sous l’hégémonie d’un parti et d’une famille uniques, apparemment laïques, régis par une mentalité dictatoriale et confessionnelle.

À présent, et en dépit de l’abandon général, de la lâcheté mondiale, du soutien de l’Axe du Mal (Russie-Chine-Iran), de la connivence étasunienne et européenne qui prive les rebelles de la seule arme décisive, antiaérienne, qui leur manque pour porter l’estocade au taureau essoufflé – et qui rendra les hypocrites et comploteurs comptables devant l’Histoire des crimes indirects contre l’humanité – les forces du Bien se débrouillent bien, tiennent bon et occupent plus de la moitié du territoire. Le Matamore qui avait plusieurs fois annoncé en grande pompe le «nettoyage» des quartiers d’Alep et de Homs se voit nettoyé, piano, piano.

Et son largage lâche et aveugle des tonneaux de TNT et de bombes à sous-munitions, devant un Occident sans dents, n’a pas réussi à laminer la volonté et la combativité des guerriers de la révolution, mais à démolir la pierre et déchirer la chair, surtout des femmes et des enfants. «Si la tendance se maintient», comme disait Bernard Derome de Radio-Canada pour annoncer officieusement la victoire du parti en avance lors de la transmission en direct des résultats d’une élection, le parti de la Liberté l’emportera sur celui de l’Esclavagisme, en Syrie, et formera un gouvernement libéral et majoritaire…à l’issue d’un dépouillement de voix sorties des rues et des tranchées, et non des urnes…mais pour les urnes.

R.B.

La Victoire de la Liberté (Dali)

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑