PARTIE 2 CENSURÉE donc les images choquantes ont été « floutées. »
A l’image de celui qu’il critique toujours comme pour mieux l’imiter, Alain Soral suit la voie de BHL en nous expliquant la Vérité sur la Syrie et la Révolution en cours sur la base de ce qu’il a vu au terme d’un voyage de quelques jours.
Alain Soral n’a rien vu mais a tout compris. Il n’a pas vu de manifestations à Damas centre et à Hama et en déduit donc que tout est calme en Syrie. Manque de méthodologie ou malhonnêteté ? Qu’il parte donc à Homs et plus particulièrement à Alrastan au lieu de se promener à Damas centre, où la police secrète est omniprésente, ou à Hama, après la tempête. Qu’il parte donc à Deera, ou dans la banlieue de Damas !
Plus étonnant encore : sans jamais voir de « gangs armés », il nous confirme leur existence en nous renseignant de moult détails à leur sujet… soit exactement les mensonges de la dictature des Assads.
Ce n’était vraiment pas la peine de partir là-bas pour nous répéter ce que tu disais déjà ici !
Alors, manque de méthodologie ou malhonnêteté ?
Alain Soral se vante de dire ce qui n’est pas dit dans les grands médias et en fait un argument. Ceci est problème grave de méthodologie (explications dans la vidéo) qu’il partage avec Meyssan, Colon et la bande des « antis ». A toujours partir de la version officielle des grands médias, ces derniers en sont autant les esclaves que ceux qu’ils dénoncent.
Ceci est d’autant plus vrai que les images qui nous parviennent de Syrie sont issues de citoyens syriens qui filment, avec leur portable, en risquant leur vie, les crimes du régime syrien.
Surtout que, à y regarder de plus près, Soral n’a rien dit de nouveau en présentant Damas comme étant calme, ainsi que Hama après le passage de l’armée. Tout le monde le savait déjà ! Autant partir à Alep centre ville ! Ce qui prouve d’ailleurs la réalité des révoltes populaires en Syrie : si tout ceci n’était que mensonges et complot pour porter atteinte au régime des Assad, quitte à mentir, autant affirmer que les révoltes populaires existent aussi à Damas centre et Alep centre.
Et que dire des nombreuses personnalités, qui aiment la Syrie, qui ne sont pas pro-occidental, qui sont antisioniste, qui sont réellement pro-palestiniens, et qui –évidemment- soutiennent la Révolution syrienne ? Ta posture d’anti-Empire et d’antisioniste ne suffira pas cette fois.
La bonne question est en fait de savoir qui défend encore, malgré sa barbarie, le régime des Assads : une certaine partie de l’extrême droite française, une partie des chiites et évidemment les syriens pro-Bachar. Ou l’on découvre qu’Alain Soral est un proche (directement ou indirectement) du régime syrien, au plus haut niveau.
Les Assad n’ont absolument pas peur de l’indécence de leur accusation. C’est vraiment l’hôpital qui se moque de la charité! Ce clan qui a porté au pouvoir une partie des alaouites accuse les manifestants d’être sectaires…Pourtant, quoi de plus naturel que la majorité des manifestants soient sunnites, à l’image de la population syrienne? Au moins les manifestants sont plus représentatifs de la société que le clan qui les dirige. Le présent article n’entend pas revenir sur la prétention du régime de défendre les minorités. Cette posture n’a pas plus de valeur que celle de résistant à l’impérialisme américain et à la résistance israélienne (lien). Les lignes qui suivent cherchent à mettre en garde contre le piège d’une lecture ethno-confessionnelle de la crise syrienne. Il est d’autant plus malheureux de voir des intellectuels tomber dans ce piège que cela fait exactement le jeu du régime syrien. Nous montrerons que les véritables facteurs explicatifs sont la répression du régime syrien doublé de la cooptation qui lui a permis de s’immiscer dans tous les réseaux du tissu social (claniques, familiaux, professionnelles, religieux, ethniques, communautaires,etc.)
SYRIE-Idleb: défection spectaculaire de l’Armée Syrienne SOUS-TITRES FRANCAIS
Le capitaine Hajj Mouhammad Hassan de la 3ème division annonce la formation dans la banlieue d’Idleb, de la brigade Al-Tahrir de l’Armée Syrienne Libre:
[…] Dans le but de vaincre les gangs d’Assad et protéger les manifestants pacifiques, et pour atteindre les objectifs de notre révolution.
Le cargo avait été loué à la firme ukrainienne White Wale Shipping à Odessa. L’ONU enquête sur des transferts d’armes de l’Iran vers la Syrie qui ont été opérés ces derniers mois en violation des sanctions internationales contre Téhéran. La résolution 1747 du 24 mars 2007 instaure notamment un embargo sur les achats d’armes iraniennes.
«Il nous faut des armes», le cri de désespoir de l’Armée syrienne libre
Pour obtenir chaque boîte de balles qu’ils font passer de l’autre côté de la frontière pour combattre Bachar al-Assad, les rebelles syriens sont obligés de négocier pendant des heures. Et leur frustration commence à se voir.
Dans la fraîcheur d’une pièce vide d’Antioche, une ville du sud de la Turquie, «Fouad», un Syrien maigre comme un clou, qui a l’air d’avoir dix ans de plus que ses 25, se penche en avant. «J’ai besoin de munitions», dit-il à Abu Mohammad, un marchand d’armes turc râblé. «Je payerai 5,50.» Il évoque le prix en livres turques, équivalent à 3 dollars par balle.
Abu Mohammad sourit, l’air satisfait. Il place avec attention sa tasse de café sur la petite table qui se trouve devant lui. «Elles sont à 7 l’unité», dit-il. «Si tu en trouves à 5,50, je te les achète.» Fouad remue la tête, aspire une nouvelle bouffée de cigarette, et cède lentement sur le prix, après s’être plaint qu’une balle il y a encore un mois ne coûtait que 3 livres. «Et les armes? On m’a dit qu’il y a un stock de 4000 balles et des tas d’armes, mais qu’elles sont proches d’un village alaouite (dans le sud de la Turquie).»
Difficulté d’acheter clandestinement des armes
Abu Mohammad confirme l’information, mais dit qu’il va être difficile d’acheter clandestinement des armes dans les surplus militaires turcs. Et encore plus difficile de les transporter en dehors du village, qui est habité par des coreligionnaires, sympathisants supposés du président syrien Bachar el-Assad.
«Tu sais, je n’ai rien contre toi», dit Abu Mohammad. «Je suis sunnite aussi, je veux juste t’aider.» Fouad esquisse à son tour un rictus. Le commerçant turc sort son téléphone de sa veste en cuir et appelle un de ses associés, passant de l’arabe au turc. Après quelques minutes, son téléphone retourne dans sa poche. «Je te trouverai ce dont tu as besoin», affirme-t-il à Fouad. «Mais tu sais, c’est beaucoup de travail.»
«Ne t’inquiète pas, tu seras payé pour ta peine», dit Fouad, en se tournant vers un syrien aux cheveux blancs également présent dans la pièce. «Ces Turcs, dit-il dédaigneux, ils parlent beaucoup, n’est-ce pas? Depuis Erdogan (le Premier ministre turc) jusqu’en bas, tous, ils parlent, ils parlent, ils parlent, mais pour le moment, ils ne font que parler. Si Dieu le veut, celui-là est différent.»
Le marché noir s’est asséché
Abu Mohammad ne relève pas la pique. C’est un marché de gros, et peu d’options se présentent aux contrebandiers professionnels comme Fouad. Un civil qui fournit des armes aux bandes informes de rebelles syriens de l’Armée syrienne libre (ASL), qui opèrent de l’autre côté de la frontière, dans la province d’Idlib. «C’est comme si le marché noir s’était asséché, remarque le contrebandier, après la brève rencontre. Au Moyen-Orient! Vous y croyez?»
Un point de vue largement partagé aussi bien par les déserteurs, les marchands d’armes et les réfugiés, le long de la frontière turco-syrienne. Pendant des mois, les opposants d’Assad ont acheté des armes au marché noir dans les pays limitrophes de leur État en ébullition: en Turquie, au Liban, en Irak, en Jordanie, et même en Syrie. Principalement auprès de membres du régime corrompu ou de sympathisants militaires restés parmi les loyalistes. Mais cela devient de plus en plus difficile. L’argent ne semble pas être le principal problème, c’est de trouver des stocks qui l’est.
Aucune décision occidentale
La communauté internationale débat depuis plusieurs mois s’il faut ou non armer l’Armée syrienne libre. Une bande informe de déserteurs et de thuwars (combattants révolutionnaires) civils. Juste avant la réunion le 1er avril des «Amis de la Syrie», un groupe de pays soutenant les forces anti-Assad, les États-Unis et la Turquie se sont entendus pour mettre en place une structure destinée à permettre le transfert de matériel non-létale aux rebelles. Mais cette aide, tout comme la conversation avec le marchand d’armes turc, tient, pour le moment, plus du discours que de l’action.
Les monarchies du Golfe, les ennemies les plus constantes d’Assad, n’ont pas non plus ouvert leurs armureries aux rebelles. Fin février, le ministre des Affaires étrangères saoudien, le prince Saud al-Faisal a nourri les espoirs de l’Armée syrienne libre en déclarant qu’armer les opposant d’al-Assad était «une excellente idée». Cependant, plus d’un mois plus tard, les aides saoudiennes ne sont toujours pas parvenues sur le front.
Les débats internationaux reflètent la profonde fragmentation de l’opposition syrienne. Le Conseil national syrien (CNS), le représentant politique des forces anti-Assad, a longtemps offert aux rebelles un soutien timide et tardif, mais il a récemment changé de ton pour ouvertement réclamer des armes. La plupart des unités de l’Armée syrienne libre opèrent avec peu de coordination et de direction de la part du colonel Riad al-Asaad, chef des rebelles, et de ses officiers. Tous enfermés dans un camp de réfugiés inaccessible aux journalistes dans le sud de la Turquie.
Colère contre l’opposition exilée en Turquie
Et pourtant, la colère et le ressentiment de nombreux activistes et de combattants sur le terrain sont dirigés contre les soi-disant chefs de l’opposition, tous en exil. L’importance de cette colère a sans doute été la mieux exprimée dans une courte vidéo dans laquelle un groupe d’hommes en civil se tient devant un olivier, portant des écharpes pour ne pas révéler leurs identités. Cette séquence ne prétend pas montrer des membres de l’Armée syrienne libre, mais aucun des neuf hommes qu’on y voit ne porte une arme. Quant à leur porte-parole, il déclare:
«Au nom de Dieu, le miséricordieux, le compatissant… Nous, les hommes libres d’Idlib, annonçons la formation de la brigade de ceux qui veulent des armes. Nous n’avons pas d’armes. Nous demandons au Conseil national et au commandant de l’Armée libre de tenir leurs promesses et d’arrêter de promettre monts et merveilles aux révolutionnaires sur le terrain sans leur envoyer des armes, parce que vos promesses nous tuent.»
Le colonel Ahmad Hijazi, le chef d’État major de l’Armée syrienne libre, dit qu’il peut comprendre ce ressentiment. «Je ne les blâme pas, dit il. Les gens sont en colère et ils dirigent leur frustration contre nous. Mais que pouvons-nous faire? (…) Les gouvernements étrangers doivent soutenir l’Armée libre.»
En l’absence d’une telle aide, les déserteurs de l’armée syrienne ne font qu’attendre. Le camp qui abrite les officiers de l’ASL ressemble à tous ceux que la Turquie a mis en place pour les milliers de civils qui ont fui la Syrie. Des rangées de tentes blanches sont soigneusement alignées le long de gravier blanc. Mais à la différence des autres, le camp des officiers est isolé des villes et villages voisins. Il se situe au cœur d’une plaine agricole fertile à Apaydin, à 19 km d’Antioche.
Manque d’influence du commandement de l’Armée syrienne libre
Des soldats turcs montent la garde à l’entrée du camp, comme ils le font à l’entrée d’autres camps de réfugiés, vérifiant les papiers de quiconque souhaite entrer. Les coupures d’électricité sont communes ici, rendant les communications par internet impossible pendant plusieurs heures. L’Armée syrienne libre a beau prétendre diriger depuis le camp «un centre de commande et de contrôle» de l’effort militaire anti-Assad, il est incertain qu’il soit possible de contrôler quoi que ce soit dans ces conditions. Ses détracteurs, comme la «brigade de ceux qui veulent des armes», disent qu’elle n’a pas proposé grande chose aux hommes qui combattent et meurent en son nom en Syrie.
Comment ses commandants justifient-ils leur manque apparent d’influence sur le terrain? Dans une des nombreuses tentes identiques du camp des officiers, Hijazi remue, mal à l’aise, sur sa chaise de plastique. Il n’aime pas cette question. Son camarade officier le commandant Maher Nuami, qui est assis sur le seul lit de la tente, non plus… «C’est un sujet sensible», dit finalement Hijazi. Ils ne diront pas si l’Armée syrienne libre a envoyé des émissaires en Arabie saoudite, au Qatar ou en Libye, laquelle a récemment promis cent millions de dollars à l’opposition syrienne, mais insistent sur le fait qu’ils n’ont reçu aucune aide sur le terrain de la part de ces États.
L’occident craint l’explosion de la poudrière
Il y a de nombreuses raisons aux réticences arabes et occidentales. La Syrie se tient sur à peu près toutes les lignes de fracture qui traversent le Moyen-Orient. C’est un chaudron multi-religieux, multi-ethniques, à la frontière d’États arabes qui sont des poudrières, ainsi que d’Israël.
Les officiers comprennent les difficultés géopolitiques, et les inquiétudes concernant l’après Assad et font leurs propres -terrifiantes- prédictions. Selon le commandant Nuami, si la communauté internationale ne les arme pas et ne leur fournit pas de soutien logistique, «tout» ce que le monde s’inquiète de voir arriver, arrivera. «Nous savons de quoi ils ont peur, dit-il. Ils s’inquiètent à propos de la frontière avec Israël et craignent un massacre d’alaouites.» «Les gens trouveront des armes, d’une façon ou d’une autre, donc aidez nous», continue-t-il.
«Si vous nous donnez des armes, nous saurons les contrôler. Nous voulons la chute du régime, pas celle de l’État. Si la communauté internationale nous aide, nous les aiderons. Si elle ne le fait pas, notre peuple ne peut rien garantir.»
L’important, trouver des armes
Hijazi dit que l’Armée syrienne libre reçoit des dons, principalement de particuliers, et les distribue aux officiers sur le terrain, mais que cela n’est pas du tout suffisant. «C’est comme si vous aviez soif et que l’on vous donnait le contenu d’un bouchon d’eau.»L’argent va à des hommes comme le capitaine Alaaeddine, commandant de la brigade de Salahedine al-Ayoubi, qui opère dans la ville de Jisr al-Choughour au nord du pays, à la frontière avec la Turquie. Le capitaine, un homme de trente ans, a déserté il y a presque un an en quittant Damas, où il était stationné, pour venir défendre ses amis et sa famille. Le commandement de l’Armée syrienne libre lui a récemment confié, à lui et à trois autres officiers d’autres unités, 22.000 dollars à se partager.
L’argent est allé en partie vers une commande d’armes et de munitions de 90.000 dollars qu’un intermédiaire turc, «Mehmet», essaie d’obtenir pour le capitaine. Alaaeddine ne veut pas révéler la source du reste des fonds. «Nous avons nos réseaux», est tout ce qu’il accepte de dire. Il raconte aussi qu’il ne connait pas l’origine des armes qu’il achète.
«C’est dur de voir nos hommes sans munition»
Lors d’une soirée du milieu du mois de mars, Alaaeddine, son adjoint le sergent Ahmad Mokbat et Mehmet, un contrebandier professionnel, se réunissent dans une maison sûre à Antioche autour d’un dîner, afin de discuter des derniers détails avant que Mehmet ne parte accomplir sa mission. Les deux déserteurs syriens ont traversé la frontière quelques jours plus tôt pour finaliser la transaction. La première de cette ampleur qu’ils aient tenté de mettre en place. «Nous sommes comme face à un puits sans eau, déclare Mokbat, maussade. C’est dur de voir nos hommes sans munition. C’est très dur.»
«Il y a toujours les lance-pierres», plaisanta Mehmet dans une tentative vaine de réduire la tension ambiante. Son téléphone sonne à la fin du dîner, il est temps qu’il parte. Mokbat sort une grosse liasse de billets, la dernière de l’acompte, de sa veste en cuir et un pistolet de l’arrière de son pantalon. Mehmet prend l’argent, mais refuse l’arme. «Pourvu que tu réussisses, si Dieu le veut», dit Alaaeddine tandis que Mehmet ferme la porte derrière lui.
Les loyalistes face à l’opposition
Le besoin de réserves se fait pressant. Ce matin, à cinq heures, des troupes fidèles au régime syrien se sont attaquées aux hommes d’Alaaeddine. A Jannoudiye, sa ville natale, un hameau du nord de la Syrie, à peine à dix kilomètres de la frontière turque. Le capitaine dit qu’il va appeler les chefs d’autres unités de rebelles plus importantes des environs, à Idlib et al-Zawiya, pour «commencer quelque chose» et attirer l’attention des forces de sécurité dans une tentative désespérée de soustraire une partie de la pression qui pèse sur son petit groupe d’hommes mal équipés.
Cela n’a pas ralenti les loyalistes. Alaaeddine passe la majorité de la soirée au téléphone, recevant des nouvelles de ses hommes. Les nouvelles ne sont pas bonnes. À neuf heures du soir, les rebelles battent en retraite et sont presque à court de munitions. Il dit que des civils sont utilisés comme boucliers humains par les soldats fidèles à Assad, lesquels les font marcher devant les chars (une information confirmée par Human Rights Watch). Des familles entières, dont certaines parentes du capitaine, ont fui vers les collines, où elles passent une nuit dans le froid. «Jannoudiye est tombée», dit Alaaeddine, en manipulant un chapelet rouge.
«Ne perds pas espoir, mon frère» dit Mokbat, mais lui aussi devient lugubre. Deux appels à Mehmet ne reçoivent aucune réponse. Mokbat s’interroge:
«Je ne comprends pas. Où sont les moudjahidine? Cela me surprend beaucoup. Pourquoi nos frères arabes, chrétiens et musulmans, restent-ils silencieux?»
Selon les officiers de l’Armée syrienne libre, la prétendue présence de combattants étrangers en Syrie, confirmée par le régime Assad, est extrêmement exagérée. Un libyen isolé aurait été volontaire pour combattre avec leur unité récemment, mais serait reparti après quelques jours. Mokbat se souvient:
«Il a dit: “vous êtes fous, c’est du suicide, vous n’avez pas d’armes”. Il avait raison. J’aimerais que la révolution revienne en arrière, c’était mieux avant. On tirait en l’air, on ne se préoccupait pas des munitions. Maintenant on doit bien réfléchir avant d’utiliser la moindre balle.»
Retour bredouille
Cinq heures plus tard, Mehmet n’est toujours pas de retour. Il ne reviendra qu’une semaine plus tard, les mains vides [… Lire la suite sur slate.fr]
La Syrie, déchirée par plus d’un an de violences, a un besoin pressant d’ »aide humanitaire massive », a estimé vendredi à Oslo le conseiller technique de l’émissaire international Kofi Annan. « Si les parties continuent de respecter l’accord de cessez-le-feu, il est extrêmement important d’ouvrir la voie à une aide humanitaire massive aussi rapidement que possible », a déclaré le général norvégien Robert Modd, affirmant qu’un million de Syriens étaient privés de nourriture, de couvertures, d’eau. « Mais il y a aussi un besoin de reconstruction. Les destructions sont tellement importantes dans certaines de ces villes qu’écoles, cliniques, institutions publiques sont totalement démolies et doivent être reconstruites », a-t-il dit lors d’un point de presse.
Ses propos font écho à ceux de Kofi Annan qui a demandé le même jour, par la voix de son porte-parole, l’ouverture de « couloirs humanitaires ». Sur le terrain, conformément au plan de paix de Kofi Annan, le régime du président Bachar el-Assad et les forces d’opposition observent depuis jeudi 5 heures un cessez-le-feu même si quelques violations ont été rapportées. « Le cessez-le-feu semble être respecté avec quelques nuances.
Il est inquiétant de voir des informations non confirmées faisant état de violences à Homs et dans la zone frontalière, mais l’impression principale, c’est que la trêve est respectée », a précisé l’officier norvégien.
« Le fait qu’on observe aujourd’hui une quasi-cessation des opérations de combat est le signe que les parties sont bien déterminées à basculer sur une autre voie » que celle de la violence, a-t-il ajouté.
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Les manifestants à nouveau pris pour cible
Trois manifestants ont été abattus par les forces de sécurité selon une ONG, tandis que des dizaines de milliers de Syriens défilaient contre le régime vendredi, journée-test pour le fragile cessez-le-feu instauré la veille. L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a fait état de la mort d’un civil tué par les forces de sécurité à Hama (centre), théâtre de manifestations géantes à l’été 2011, ajoutant que deux autres civils avaient été abattus dans les régions d’Idleb (nord ouest) et de Deraa (sud).
Cette organisation basée en Grande-Bretagne a fait état de manifestations dans plusieurs quartiers de Damas, qui ont également essuyé des tirs, et de manifestations « massives » dans la région d’Idleb et dans la province de Deraa, berceau de la contestation dans le sud du pays. La communauté internationale souhaite malgré tout profiter de l’accalmie constatée jeudi pour envoyer des observateurs dans le pays afin d’évaluer l’application sur le terrain du plan de paix de l’émissaire international Kofi Annan, qui a demandé vendredi l’ouverture de « couloirs humanitaires » en Syrie.
Pouvoir et opposition ont signalé des violations du cessez-le-feu. Les militants soulignent notamment qu’en dépit du plan Annan, chars et troupes sont toujours déployés dans les villes, bloquant en certains endroits les accès aux mosquées, point habituel de départ des manifestations en Syrie. Pour les militants comme pour les experts, cette journée placée sous le slogan de « la Révolution pour tous les Syriens » est un test pour le régime, qui a réprimé pendant plus d’un an la contestation dans le sang.
« Dès lors que les troupes sont obligées d’alléger la pression, les Syriens peuvent décider par eux-mêmes de se joindre ou pas à cette révolution populaire », estime Karim Bitar, chercheur associé à l’IRIS, spécialiste du Proche et Moyen-Orient. Le plan en six points de Kofi Annan prévoit, outre la cessation des hostilités, le retrait de l’armée des villes et le « droit de manifester pacifiquement » notamment.
Damas a toutefois rappelé que toute personne souhaitant manifester devait en demander l’autorisation au préalable.
Le Conseil national syrien (CNS) a appelé à poursuivre la mobilisation pour obtenir la chute du président Bachar el-Assad, seul chef d’État contesté dans le cadre du Printemps arabe toujours en place. Après une journée relativement calme jeudi, des combats à l’arme lourde ont eu lieu vendredi dans la province d’Idleb, à la frontière avec la Turquie, selon l’OSDH, fragilisant un peu plus la trêve. L’agence officielle syrienne Sana a annoncé l’assassinat d’un officier dans la nuit de jeudi à vendredi à Jaramana, dans la banlieue de Damas, perpétré par des « terroristes » – terme utilisé par les autorités pour désigner les rebelles.
Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Kofi Annan a estimé que, techniquement, Damas n’avait pas respecté son plan mais que le fragile cessez-le-feu était « une chance à saisir », tandis que le patron des Nations unies, Ban Ki-moon, a dit vouloir « envoyer une équipe d’observateurs le plus rapidement possible ». Le général norvégien Robert Mood, à la tête d’une mission technique de l’ONU, sera à nouveau en Syrie vendredi pour préparer leur arrivée, après qu’un projet de résolution en ce sens a été déposé jeudi soir l’ONU. Le Conseil de sécurité de l’ONU pourrait l’adopter vendredi, a précisé l’ambassadeur russe Vitali Tchourkine.
Le projet prévoit l’envoi d’une « équipe avancée de quelques dizaines d’observateurs dans les jours qui viennent et dans la foulée d’une force qui pourrait être de plusieurs centaines » d’observateurs, a détaillé le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé. Le texte « exige en plus que le gouvernement syrien retire ses troupes et ses armes lourdes des agglomérations et les cantonnent dans leurs casernes ». Le président français Nicolas Sarkozy, disant ne pas croire à la « sincérité » de Bachar el-Assad ni au cessez-le-feu, a estimé qu’il fallait « absolument déployer des observateurs », avis partagé par les ministres des Affaires étrangères du G8.
Jeudi, l’OSDH a fait état de 10 morts, dont sept civils, un bilan qui marque une nette rupture avec ces derniers mois, au cours desquels l’ONG recensait chaque jour plusieurs dizaines de morts. Moscou, grand allié de Damas, va déployer « en permanence » des navires de sa flotte près des côtes syriennes, a indiqué l’agence d’État Ria Novosti.
À Amsterdam, des designers et des chercheurs pistent les opérations de propagande du régime de Bachar al-Assad sur les réseaux sociaux. Il met en évidence une véritable infiltration de Facebook par des agents de Damas chargés de manipuler la population syrienne. Nous avons rencontré Ghalia Elsrabki, l’une des activistes qui travaille à les démasquer.
Image de propagande du régime syrien
Simba, Bard Pitt et Jésus ont a priori très peu de points communs. Pourtant, leur image a été choisie par l’armée syrienne électronique pour réaliser des visuels de propagande pro-régime destinés à être diffusés sur Internet. Outils indispensables, Internet et les réseaux sociaux sont une source d’information primordiale pour les Syriens et les médias qui couvrent le soulèvement depuis l’extérieur du pays. Et ni les opposants ni les soutiens du président Assad ne peuvent se permettre d’être absents ou passifs sur la toile.
Comme on pouvait le craindre, la date butoir du 10 avril fixée par l’ONU n’a pas correspondu, sur le terrain, à une pleine application du plan Annan, du nom de l’ancien secrétaire général des Nations unies. Des informations contradictoires ont circulé ce mardi, Damas affirmant avoir commencé à retirer ses troupes de plusieurs villes, ce que l’opposition démentait vertement. Pour Kofi Annan, l’armée syrienne « se retire de certains endroits et se déplace dans d’autres ». Le plan en six points prévoit en tout cas un cessez-le-feu général dans les 48 heures.
Pour nombre d’observateurs, le régime de Bachar el-Assad se sent dans une position suffisamment forte pour ne pas craindre pour sa survie en l’état actuel des choses. Une série d’éléments qui s’additionnent en attestent.
Un soutien local encore significatif
Si une bonne partie des sunnites (deux tiers de la population) compte parmi les opposants à un régime qui n’hésite pas à tirer sur sa population, des minorités comme les alaouites (dont la plupart des caciques du régime sont issus) ou les chrétiens restent – sans enthousiasme mais par crainte de l’inconnu – du côté des Assad. Ceux-ci brandissent la menace des « terroristes » d’en face et l’épouvantail d’une guerre civile : « Les alaouites au cimetière et les chrétiens à Beyrouth », comme le proclame un slogan apocryphe très efficace.
Une opposition faible
Bachar el-Assad et les siens profitent aussi de la faiblesse de l’opposition. Le Conseil national syrien (CNS) tente, depuis l’exil, d’unifier les rangs de cette opposition, mais il est patent qu’il n’y parvient pas. Soumise à de fortes pressions externes, sa direction est en outre « minée par des querelles politiques, du clientélisme et de l’inexpérience », comme le disait en mars au Soir l’experte française Caroline Donati.
L’ASL, « armée syrienne libre », de son côté, n’a d’armée que le nom. Son organisation souffre de moyens de communication dérisoires et son armement reste surtout celui, de petit calibre, emmené par les déserteurs. Le Qatar et l’Arabie Saoudite ont promis des armes, mais se gardent de les faire parvenir, ce qui poserait d’ailleurs de gros problèmes géostratégiques : par où les livrer ? L’armée loyale au régime n’a rien à craindre de l’ASL et elle ne peut donc perdre pour le moment une guerre d’usure contre les révoltés.
Moscou et Pékin veillent à l’ONU
Quand bien même des responsables de la communauté internationale osent çà et là (comme le Belge Reynders dans les colonnes du Soir mardi) un discours un tantinet plus musclé, Damas sait pouvoir compter sur la Russie et la Chine, aux Nations unies, pour veiller sur ses intérêts (déjà deux vetos jusqu’ici). Or on voit mal la communauté internationale s’engager militairement sans mandat du Conseil de sécurité. Sauf que l’appui russe et chinois est conditionné par un élément : si les violences imputables au régime devaient prendre les allures d’un « Srebrenica » par semaine (plusieurs milliers de civils tués froidement sur un site précis), Moscou et Pékin se verraient contraints de réviser leur politique. Rappelons que c’est la perspective d’un massacre à Benghazi qui avait motivé ces deux puissances à ne pas opposer leur veto en mars 2011 à une intervention militaire occidentale destinée à « protéger les civils » en Libye, même si la suite allait susciter l’ire des deux mêmes pays.
Les chiites au garde-à-vous
A l’extérieur, le régime jouit également du soutien jusqu’à présent illimité des forces régionales chiites, à savoir l’Iran des ayatollahs et le Hezbollah au Liban. Ce soutien est sans doute moins lié à une solidarité sectaire (la religion alaouite est une dissidence éloignée du chiisme) qu’à une alliance politique ancienne scellée dans l’hostilité commune à l’Occident « impérialiste » et à Israël, « entité sioniste coloniale ».
Même l’Irak post-Saddam Hussein n’est pas défavorable à un régime syrien proche de Téhéran comme bon nombre des ministres à Bagdad, dont le premier, Nouri al-Maliki, longtemps exilé dans la capitale iranienne.
L’Occident tétanisé
Les Etats-Unis et l’Union européenne ont bien du mal à cacher leur immense embarras. Les sanctions économiques et diplomatiques imposées à Damas dissimulent une impuissance à agir de manière décisive. Les Etats-Unis ont été les plus clairs, Obama estimant par exemple le 7 mars qu’« une action militaire unilatérale (comme en Libye) serait une erreur », tandis que le chef d’état-major, le général Martin Demsey, lâchait le 21 février qu’une aide armée aux révoltés syriens risquait de tomber entre les mains d’Al-Qaïda. Et la seule perspective de contribuer à l’éclatement d’une pleine guerre civile aux conséquences imprévisibles paralyse le camp occidental.
La Turquie entre deux chaises
Grande voisine septentrionale, la Turquie possède quelque 900 kilomètres de frontière commune avec la Syrie. Jusqu’aux événements de 2011, les deux pays entretenaient de fortes relations, mais celles-ci se sont rapidement détériorées. Au point de voir Ankara décider de montrer son appui aux révoltés (accueil de réfugiés, exil offert au chef de l’ASL, le colonel Riad Assaad, hébergement de conférences du CNS, etc.). Mais point trop n’en faut. Erdogan, le Premier ministre, aime aller dans le sens de sa « rue », mais il répugne à s’engager dans le pari risqué d’un conflit armé avec un pays qui est allié à l’Iran (qui touche la Turquie à l’est), qui peut se (re)mettre à soutenir le PKK, la rébellion kurde en Turquie et, enfin, qui peut faire fuir des centaines de milliers de citoyens vers son voisin.
On le voit, dans cet Orient décidément bien compliqué, les jours de la dictature des Assad ne semblent pas – encore – comptés.
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Jour du 66e anniversaire de l’Indépendance de la Syrie
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Pour réclamer l’arrêt des massacres en Syrie, hissons des tissus blancs
Partout dans le monde
des hommes, des femmes, des enfants, un tissus blanc à la main
Plus de 9 000 morts connus à ce jour *
dont
800 enfants
700 femmes
500 personnes tuées sous la torture
65 000 disparus
35 000 blessés
212 000 personnes incarcérées
Plus d’un million de personnes déplacées à l’intérieur du pays
Plus de 200 000 personnes déplacées à l’extérieur du pays **
Dans l’atrocité, un cap a été franchi
On tue, on torture des enfants, des blessés, des médecins…
Le combat contre la barbarie passe par chacun de nous
Ne rien dire cautionne
Se taire, c’est ne pas faire le minimum
Sortons près de notre mairie, ou devant chez nous, un tissu blanc à la main
Accrochons partout des tissus blancs, le mot « STOP » écrit dessus
pour fédérer une « ola » mondiale de protestation, constituant
une immense vague blanche se propageant à travers le monde
Le 17 avril, photographions-nous les uns les autres
Mettons ces photos en ligne sur ce site
pour la naissance d’une WEB manifestation
Toute initiative individuelle sera la bienvenue pour faire fleurir
partout des tissus blancs pour l’avènement d’une Syrie libre.