dimanche 15 mars : 4ème anniversaire du déclenchement de la révolution en Syrie


manif

A l’occasion de la commémoration du 4ème anniversaire du déclenchement de la révolution en Syrie, je vous invite à rejoindre le rassemblement pour la Syrie qui aura lieu le dimanche 15 mars 2015 à la place Flagey à 18h30.
La page facebook pour l’évènement: https://www.facebook.com/events/884301298258436/
Bien amicalement,
Rend
Plan d’accès:
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En mars 2011, les premières manifestations citoyennes contre le régime tyrannique de Bachar Al Assad voyaient le jour en Syrie.

La répression terrible de ces manifestations par le régime en place, puis l’introduction progressive d’autres acteurs hostiles à la révolution, à l’instar du groupe terroriste daech, n’ont pas réussi à éteindre cet élan citoyen pour la dignité et la liberté.

Aujourd’hui, nous voulons, en tant que société civile européenne, manifester notre soutien à la société civile syrienne, la grande oubliée de nos débats et positionnements sur ce conflit.

Nous nous réunirons avec bougies, en signe de solidarité, pour signifier que nous gardons espoir en l’édification d’une Syrie libre et démocratique pour tous les syriens.

CHACUN EST INVITE A VENIR AVEC UNE BOUGIE ET UN RÉCIPIENT POUR LA PROTÉGER DU VENT

DRAPEAUX DE LA RÉVOLUTION SYRIENNE BIENVENUS

Les erreurs de l’Occident face à l’Etat islamique


Nicolas Hénin, reporter indépendant, spécialiste du Proche-Orient, est resté plusieurs mois otage de l’État islamique. Avec Jihad Academy, à rebours d’un récit personnel, il livre une analyse de la catastrophe syrienne et des succès de l’État islamique, une organisation forte des faiblesses et des erreurs de ses adversaires, la coalition internationale au premier chef.

Jihad Academy

À force de répéter que le pire est toujours certain, il finit par se réaliser. La menace terroriste nous a rattrapés. Que ce soit par l’invasion de l’Irak en 2003 ou la non-intervention en Syrie depuis 2011, nous avons alimenté la radicalisation. Et nous continuons de la nourrir, par nos compromissions diplomatiques avec des dictateurs, par notre refus d’entendre la souffrance des peuples, par notre incapacité à produire un contre-discours. Quelle est la responsabilité de nos sociétés dans la fabrique de ces nouveaux djihadistes ? Comment se forment-ils ? Comment avons-nous fait le jeu de l’État islamique et relayé sa propagande pour lui permettre de recruter au sein de nos quartiers toujours plus de candidats prêts à se battre au nom d’un islam fantasmé ?  Nicolas Hénin livre ici un plaidoyer à charge contre l’Occident qui a, par ses erreurs ou son inaction, contribué au fiasco. Avec des pistes, aussi, pour tenter de réparer ce qui est encore possible.

Reporter indépendant (Le Point, Arte…), Nicolas Hénin a passé la plus grande partie de sa carrière entre l’Irak et la Syrie. De la chute de Bagdad à la prise de Raqqa, il a été témoin des événements qui ont conduit à l’émergence de l’État islamique et a fréquenté au plus près les djihadistes

 

Chère Syrie … D’un réfugié à un autre


Ramzy Baroud


Chaque fois que le mot « réfugié » est prononcé, je pense à ma mère. Quand les milices sionistes commencèrent leur offensive et leur « nettoyage » systématiques de la population arabe palestinienne de la Palestine historique en 1948, celle-ci, accompagnée de sa famille, s’enfuit du village jusqu’alors paisible de Beit Daras.

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Ne vous agenouillez jamais. N’embrassez jamais une main. Ne donnez à personne la satisfaction d’exploiter votre peine – Photo : MEE

A cette époque, Zarefah avait six ans. Son père mourut dans un camp de réfugiés sous une tente fournie par les Quakers juste après avoir quitté sa terre. Jeune fille, elle rassemblait les vieux métaux pour aider sa famille.

Ma grand-mère, Mariam, s’aventurait dans la « zone de la mort » coincée entre l’état d’Israël nouvellement constitué, qu’elle jouxtait, et les camps de réfugiés de Gaza, pour cueillir des figues et des oranges. Chaque jour, elle risquait sa vie. Ses enfants étaient tous des réfugiés, qui vivaient en shatat – Diaspora.

Ma mère vécu jusqu’à 42 ans. Sa vie fut extrêmement difficile. Elle épousa un réfugié, mon père, et ensemble ils ajoutèrent sept réfugiés à ce monde – mes frères, ma sœur et moi. L’un d’entre nous mourut en bas âge d’une maladie infantile que l’on savait tout à fait soigner, mais la clinique du camp de réfugiés ne possédait pas de médicaments.

Qu’importe le moment et le lieu où nous sommes, nous portons nos cartes de réfugiés, nos nationalités indéfinissables, notre précarité, la charge de nos parents et la douleur de nos ancêtres.

Il s’avère que nous avons trouvé un nom à cela. Cela s’appelle waja – Douleur – une caractéristique qui définit et unit des millions de réfugiés palestiniens par-delà le monde. Avec notre population de réfugiés actuellement dominée par des réfugiés de deuxième, troisième et même de quatrième génération, il semble que notre waja est ce que nous avons le plus en commun.

Nos géographies peuvent varier, nos langues, nos appartenances politiques, nos cultures, mais au final, nous nous retrouvons autour des douloureuses expériences que nous avons faites nôtres au travers des générations.

Ma mère avait pour habitude de dire : Ihna yalfalastinieen damitna qaribeh – « Les larmes, pour nous, Palestiniens, ne sont jamais très loin. » Mais notre rapidité à verser des larmes n’est pas un signe de faiblesse, loin de là. C’est parce qu’au travers des années, nous avons réussi à mêler notre propre exil et ses nombreuses ramifications, aux exils de chacun. La charge émotionnelle est immense.

D’une certaine manière, nous masquons notre insupportable souffrance, mais elle est toujours à l’état latent. Lorsque nous entendons une seule mélodie de Marcel Khalifeh ou de Sheikh Imam, ou bien quelques vers de Mahmoud Darwish, la douleur de la blessure a une intensité sans pareille, plus forte que jamais.

La plupart d’entre nous ne vit plus sous des tentes, mais notre statut de réfugié se rappelle à nous chaque jour, par l’occupation israélienne, par le siège de Gaza et par les déplacements forcés de réfugiés palestiniens au sein-même d’Israël, par la guerre en Irak et le déplacement forcé des réfugiés palestiniens déjà déportés là-bas, par les conditions de vie ignobles des réfugiés palestiniens au Liban et à travers tout le Moyen-Orient.

Mais pour nous, la Syrie a été notre plus grande waja depuis des années. Mis à part le fait que la plupart du demi-million de réfugiés palestiniens de la Syrie est déplacée et subit des pertes pour la deuxième, troisième, ou même quatrième fois, neuf millions de réfugiés syriens sont actuellement en train de revivre la tragédie palestinienne, retraçant la première étape de la Nakba palestinienne, la catastrophe de 1948.

Voir la destitution des réfugiés syriens est comme revivre le passé, dans tous ses horribles détails. Voir les états arabes vociférer pour aider les réfugiés avec de grands mots et de petits actes, est comme si nous revivions la trahison arabe dans sa totalité.

J’ai vu mes grands-parents mourir, puis mes parents et nombre de mes proches. Tous sont morts réfugiés, supportant la même condition et le même espoir perdu du retour. Le maximum qu’ils aient jamais reçu de la « communauté internationale » a été quelques sacs de riz et de l’huile bon marché. Et, bien sûr, de nombreuses tentes.

Avec le temps, notre statut de réfugié s’est transformé ; au départ un « problème », il fait désormais partie intégrale de nos identités. Être « réfugié » à cette étape signifie se focaliser sur le Droit au retour des réfugiés palestiniens, comme cela est écrit dans le droit international. Ce statut ne fait plus seulement référence au déplacement physique mais également à l’identité politique, voire nationale.

Le clivage politique peut parfois dominer la société palestinienne, mais nous serons toujours unis, liés par le fait que nous sommes des réfugiés ayant une cause commune : rentrer chez nous. Alors que, pour les Palestiniens de Yarmouk près de Damas, être réfugié est une question de vie ou de mort – souvent due à la famine – pour la grande majorité des Palestiniens, la signification du mot est devenue plus intimement liée, elle est gravée dans nos peaux à jamais.

Mais que peut-on conseiller aux relativement nouveaux réfugiés de Syrie, considérant le fait que nous avons nous-mêmes à nous affranchir d’un statut que nous n’avons jamais voulu ?

Tout se résume à ces quelques rappels et mises en garde :

Premièrement, que votre déplacement s’achève bientôt. Puissiez-vous ne jamais vivre la waja du déplacement dans une mesure telle que vous l’adoptiez, l’épousiez comme faisant partie de votre identité, et la transmettiez de générations en générations. Puisse-t-elle être une sorte de douleur fugace ou un cauchemar passager, mais jamais une réalité quotidienne, omniprésente.

Deuxièmement, préparez-vous au pire. Mes grands-parents ont laissé leurs couvertures neuves dans leur village avant de fuir dans les camps de réfugiés parce qu’ils craignaient qu’elles puissent être détériorées dans la poussière du voyage. Hélas, les campements devinrent leur maison, et les couvertures furent confisquées comme le reste de la Palestine l’a été. S’il vous plait, gardez espoir, mais soyez réalistes.

Troisièmement, ne croyez pas aux promesses de la « communauté internationale » . Ils ne tiennent jamais parole, et quand ils le font, cela est toujours pour des motifs cachés qui pourraient vous faire plus de tort que de bien. En réalité, le terme lui-même est illusoire, la plupart du temps utilisé en référence aux pays de l’Occident qui vous ont abusé, comme ils l’ont fait avec nous.

Quatrièmement, ne faites pas confiance aux régimes arabes. Ils mentent. Ils ne conçoivent pas votre douleur. Ils n’entendent pas vos appels, cela ne les intéresse même pas. Ils ont tellement investi dans la destruction de vos contrées, et si peu dans la rédemption de leurs péchés ! Ils parlent d’une assistance qui n’arrive que rarement, et d’initiatives politiques qui se cantonnent pour l’essentiel à des communiqués de presse. Mais ils saisiront chaque opportunité pour vous rappeler combien ils sont vertueux. En fait, votre statut de victime devient un tremplin pour leur grandeur. Ils prospèrent à vos dépends, et par conséquent ils feront de leur mieux pour pousser encore plus loin votre misère.

Cinquièmement, préservez votre dignité. Je sais, ce n’est jamais facile de rester fier quand vous dormez dans une rue inhospitalière recouvert de cartons d’emballage. Une mère ferait tout ce qui est en son pouvoir pour aider ses enfants à rester en sécurité. Peu importe, vous ne devez jamais permettre aux loups qui vous attendent à chaque frontière d’exploiter votre désespoir. Vous ne devez jamais permettre à l’émir, ni à ses enfants, ni à un quelconque riche homme d’affaire, ni à une sympathique célébrité, de se servir de vous pour une séance photo. Ne vous agenouillez jamais. N’embrassez jamais une main. Ne donnez à personne la satisfaction d’exploiter votre peine.

Sixièmement, restez unis. Lorsque l’on est réfugié, il y a une force dans l’unité. Ne permettez pas aux querelles politiques de détourner votre attention du plus grand combat qui est entre vos mains : survivre jusqu’au jour où vous retournerez chez vous, et vous y retournerez.

Septièmement, aimez la Syrie. Votre civilisation n’est pas une chose de second plan. Votre histoire est remplie de triomphes qui ont été, en définitive, votre œuvre. Même si vous devez partir pour des terres lointaines, gardez la Syrie dans vos cœurs. Et cela aussi passera, et la Syrie regagnera sa gloire, une fois que les brutes seront vaincues. Seul l’esprit du peuple devra survivre. Ce n’est pas un simple rêve ni une douce illusion. C’est l’histoire.

Chers réfugiés syriens, cela fait 66 ans maintenant que la dépossession de mon peuple a eu lieu. Nous devons encore rentrer chez nous, mais c’est un combat que mes enfants et leurs enfants devront mener. J’espère que le vôtre s’achèvera bientôt. D’ici là, s’il vous plait souvenez-vous qu’une tente n’est qu’une tente, et que les rafales de vent froid proviennent d’une tempête qui n’est que passagère.

Et en attendant que vous rentriez chez vous en Syrie, ne laissez pas le réfugié prendre possession de vous, car vous êtes bien plus que cela.

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* Ramzy Baroud est doctorant à l’université d’Exeter, journaliste international directeur du sitePalestineChronicle.com et responsable du site d’informations Middle East Eye. Son dernier livre, Résistant en Palestine – Une histoire vraie de Gaza (version française), peut être commandé à Demi-Lune. Son livre, La deuxième Intifada (version française) est disponible surScribest.fr. Son site personnel : http://www.ramzybaroud.net

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La théorie fumeuse du « moindre mal » et la singulière équipée d’un quatuor d’amateurs


La théorie fumeuse du « moindre mal » et la singulière équipée d’un quatuor d’amateurs | 

Souria Houria

Communiqué

Deux députés et deux sénateurs français se sont rendus à Damas mercredi 25 février. La délégation menée par Gérard Bapt (PS), comptait un député UMP, un sénateur UMP et un sénateur UDI. Ceux-ci ont été reçus par Bachar Al Assad. Cette visite a fait polémique. Le gouvernement a renié cette initiative et a dénoncé la main tendue par ces élus à un dictateur avec lequel la France a rompu les relations diplomatiques pour le massacre perpétré contre son peuple, le déclarant pour cette raison infréquentable. Plusieurs hommes politiques français se sont aussi désolidarisés de cette initiative.

Gérard Bapt et Jacques Myard de l’UMP, qui faisait partie de cette délégation, ont souvent manifesté une relative compréhension pour le dirigeant syrien et ont repris très rapidement à leur compte la théorie du régime qualifiant d’islamistes les manifestants pacifiques de 2011, alors que ceux-ci se battaient pour leurs droits démocratiques, la fin de la corruption et de la dictature.

Cette visite a été très largement médiatisée en Syrie pour l’opportunité qu’elle offrait au dictateur, dont il faut rappeler qu’il a utilisé ses armes lourdes, l’aviation et même l’arme chimique contre son peuple. Cette visite est non seulement illégitime d’un point de vue politique, ces élus n’étant aucunement mandatés, ni par le gouvernement, ni par l’Assemblée Nationale ou le Sénat. Elle est aussi trompeuse. Elle a constitué un marché de dupes.

Ces élus qui, à Damas ne représentaient qu’eux-mêmes, voudraient nous faire croire que reprendre les relations avec Bachar Al Assad est nécessaire pour mieux combattre « l’Etat Islamique ». C’est ainsi qu’ils justifient leur visite.

Pure tromperie !

Tout d’abord, il n’est plus contestable que le dirigeant syrien a tout fait pour justement favoriser cette organisation afin de discréditer le mouvement de contestation contre son régime : il libère des djihadistes de ses prisons en 2011 ; ses bombardements ont longtemps épargné l’état-major de l’organisation djihadiste à Raqqa, alors qu’il assommait de bombes d’autres zones tenues par la rébellion et qu’il continue de le faire ; ses soldats ne se confrontent jamais sur le sol aux djihadistes et les rares fois où ils l’ont fait, cela s’est soldé par un échec militaire.

En quoi alors, peut-il être utile ?

Même du point de vue du renseignement, les brigades combattantes rebelles seraient bien plus utiles, elles qui sont en contact au sol avec « l’Etat Islamique » puisque les zones qu’elles contrôlent jouxtent celle de l’organisation djihadiste. Et surtout, Daech n’est pas pour Assad une cible prioritaire. La cible prioritaire, pour lui, c’est la rébellion contre laquelle il déploie tout son arsenal militaire et sécuritaire, s’acharnant sur les populations qui ont le malheur de vivre dans les zones échappant à son contrôle. Elles reçoivent quotidiennement des barils de poudre venus du ciel et souffrent incomparablement plus des exactions du régime que des djihadistes. Et cela, ces députés ne peuvent l’ignorer.

Non, Assad n’est pas le bon partenaire. C’est un partenaire non fiable, menteur, dissimulateur, qui mène ses interlocuteurs par le bout du nez et c’est ce qu’il a fait avec ces quatre parlementaires français. Qu’a rapporté de Damas la lamentable équipée de ce quatuor d’amateurs ? Un peu de gloriole pour un dictateur aux mains tachées du sang de ses concitoyens et rien d’autre. Ils ont donné à Bachar Al Assad et n’ont rien reçu en échange. Ils ont de plus desservi les intérêts de la France en sapant sa position.

Étaient-ils si inconscients de cette manipulation ou est-ce leur trouble admiration pour les régimes forts qui les a attirés sur le chemin de Damas ? Veulent-ils nous faire croire qu’Assad est un moindre mal ? En tout état de cause, il faut se prémunir contre cette nouvelle théorie du « moindre mal » qui fait apparaître « le boucher de Damas » comme un partenaire fréquentable face à un « Etat Islamique » qui nous abreuve d’images violentes afin de nous faire perdre tout jugement.

Mais il doit rester assez de bon sens aux hommes politiques français pour ne pas considérer que le dirigeant syrien qui se joue sans cesse de la communauté internationale puisse être d’une quelconque aide pour la lutte contre Daech. A moins que l’on accepte l’idée du pompier pyromane.

Non, Assad n’est pas le bon partenaire.

Il est la source du problème.

Il ne peut représenter la solution.

Dimanche 1 mars 2015

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Souria Houria Contact presse
info@souriahouria.com

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ÉTAT ISLAMIQUE – Reportage exclusif – Enquête au cœur de l’État islamique… à Paris et Bruxelles !


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« Le Califat existe. On peut le toucher. On peut y aller, en revenir, y repartir… Mais, en fait, il est partout ! Une ‘organisation terroriste’ ? C’est absurde de refuser d’appeler une chose par son nom. Ce n’est pas avec des mots qu’on peut diminuer l’importance d’une chose. » L’État islamique (DAESH) n’est pas une fable, en effet ; et cet État d’un autre genre n’existe pas seulement en Irak et en Syrie. L’État islamique s’est également étendu à la Jordanie, au Liban, à l’Arabie saoudite… À l’Égypte, à la Libye, à la Tunisie, au Maroc… Il est présent, massivement, dans tout le Maghreb. Il l’est aussi en France, en Belgique, au Royaume-Uni, en Allemagne… Il l’est dans toute l’Europe. Rencontre avec des « citoyens » de l’État islamique, à Bruxelles et à Paris, issus des ghettos arabo-musulmans… Mais pas seulement… Avec ces Musulmans d’Occident partisans du Califat, des jeunes… Mais pas seulement. Au-delà des réflexes des journaleux « bienpensants » et des donneurs de gages ballotés par l’hystérie collective du moment, la parole est à ces « barbares », à ces « terroristes », à ces « paumés en quête d’identité » et autres « illuminés »… Qui replacent l’Occident en face de ses contradictions.

« Organisation ‘État islamique’ », « Daesh » (acronyme arabe pour « État islamique en Syrie et en Irak »), « mouvement terroriste ‘État islamique’ », autant d’appellations qui, comme des formules magiques, tentent de conjurer la renaissance d’un califat arabo-musulman au cœur islamique historique d’un Moyen-Orient en pleine recomposition, en mutation soudaine et implacable.

C’est en effet le parti du déni, celui qu’ont choisi les cercles politiques et la plupart des commentateurs et des médias occidentaux, de réduire l’État islamique (EI) à la menace « terroriste » qu’il implique, se refusant à considérer à leur réelle échelle ce phénomène politique et le danger qu’il représente, mais aussi la remise en question qu’il impose aux sociétés de l’Ouest.

L’État islamique, c’est pourtant un territoire défini (certes conquis par la force, la violence et la terreur) et un gouvernement qui contrôle militairement et institutionnellement les frontières que ses combattants ont tracées, avec le soutien quasi inconditionnel d’une partie non négligeable de la population sunnite autochtone qui les a accueillis.

voir l’article ici

En Syrie, le régime continue à massacrer les civils


Le Point – Publié le 23/02/2015 à 12:33

Alors que le monde entier a les yeux rivés sur les exactions commises par les djihadistes de l’EI, Bachar el-Assad continue de bombarder les Syriens.

Les enfants de Douma enfermés dans une cage pour dénoncer les bombardements du régime syrien.
Les enfants de Douma enfermés dans une cage pour dénoncer les bombardements du régime syrien. © ABD DOUMANY / AFP
Par , À BEYROUTH

L’image, forte, a fait le tour du monde. Au milieu d’immeubles en ruine et enfermés dans une cage, une dizaine d’enfants syriens engoncés dans des combinaisons orange brandissent des pancartes rappelant aux médias leur devoir d’exhaustivité : « Nous avons vu vos médias quand le pilote jordanien s’est fait brûler, mais nous ne les avons pas vus quand les enfants de Douma se sont fait brûler. » Diffusée le 15 février, cette photo prise à Douma, en banlieue de Damas, attire l’attention sur le fait que le pilonnage des civils auquel se livre l’armée syrienne n’est pas moins cruel que l’immolation d’un militaire jordanien par les djihadistes de l’organisation État islamique (EI).

Alors que le monde entier a les yeux rivés sur les atrocités commises par l’EI, Bachar el-Assadcontinue de tuer les civils syriens en toute impunité. Depuis le 1er février, Douma, située dans la Ghouta orientale à une dizaine de kilomètres au nord-est de Damas, subit des attaques sans précédent. Si les bombardements du régime ne cessent jamais vraiment dans cette ville contrôlée par les rebelles depuis octobre 2012, les dix premiers jours du mois ont été particulièrement meurtriers. « Du 1er au 9 février, le régime a bombardé tout le secteur de la Ghouta orientale comme jamais il ne l’avait fait auparavant », témoigne Ahmad*, un médecin travaillant dans un centre médical de Douma joint par Skype. « Il y a eu 114 attaques dont 84 juste sur Douma. »

Le nombre de victimes est proportionnel à l’intensité des bombardements. « Le régime a visé les lieux fréquentés par les habitants, notamment des écoles, c’est pour cela qu’on a un grand nombre de personnes tuées », continue le médecin. « 120 personnes sont mortes en seulement une semaine. » Ahmad précise que parmi ces victimes, au moins 40 sont des enfants. Selon le Centre de documentation des violations (VDC), organisation indépendante qui répertorie les violations des droits de l’homme en Syrie depuis avril 2011, pas moins de 1 000 personnes ont aussi été blessées.

« Brûlés vifs »

« Le 5 février a été vraiment horrible », déplore Hassan*, un activiste des comités locaux de coordination (LCC) présent sur place que nous avons contacté par Skype. « En un seul jour, il y a eu 35 raids aériens sur Douma, on a identifié les corps de 22 victimes et une vingtaine d’autres étaient méconnaissables. » Écoles, marchés : les lieux de vie ont été visés en priorité. Hassan estime que le 9 février a été le jour le plus meurtrier : « Le souk de Douma a été bombardé, plus de quarante personnes sont mortes et quand je suis arrivé, on a retrouvé des corps brûlés vifs », décrit-il. « D’autres personnes étaient brûlées à plus de 60 %, autant dire qu’elles étaient condamnées à mourir, on les a enterrées peu après. »

Pharmacien de formation, Hassan explique que venir en aide aux grands brûlés est extrêmement difficile à Douma : pour faire pression sur cette ville prise par les rebelles, le régime a mis en place un véritable blocus depuis octobre 2013. Il est interdit à quiconque d’entrer ou de sortir de la ville, et d’y introduire nourriture et médicaments. Seule une livraison exceptionnelle du Croissant rouge a été autorisée en novembre dernier.

Pénurie de médicaments et matériel médical

La ville fait donc face à une pénurie de fournitures médicales fatale pour les blessés : « Les brûlures entraînent une insuffisance rénale aiguë qui doit normalement être traitée par l’usage de divers sérums, mais nous n’avons rien à Douma », poursuit Hassan. « On fabrique nos propres médicaments, mais ils sont de très mauvaise qualité et il n’y a aucune stérilisation quand on soigne les blessés. »

« Comment sauver des vies sans médicaments ? » se désespère Ahmad, le médecin. « On a dû venir en aide aux victimes qui se trouvaient dans un immeuble de quatre étages qui s’est effondré après un raid du régime. » Le médecin décrit avoir été « hystérique » devant son impuissance : « On a essayé de faire notre possible pour sauver des vies, mais on est arrivé à un point où on ne peut plus rien faire », regrette-t-il. « Il y avait plus de dix personnes brûlées au troisième degré, dont trois enfants et plusieurs cas d’amputation aussi. »

L’organisation Médecins sans frontières, qui soutient des cliniques dans la Ghouta orientale, dénonce ces attaques. « Le nombre de patients soignés dans les hôpitaux qu’on supporte est arrivé à saturation », a expliqué à l’Agence France-Presse le directeur des opérations de MSF Bart Janssens. L’ONG précise que deux des structures qu’elle soutient ont été bombardées le 5 février. « Parmi les victimes se trouvent beaucoup de femmes et d’enfants », regrette Hassan. « Le régime dit viser l’Armée de l’Islam, qui est le groupe rebelle le plus fort à Douma, mais en fait il tue des enfants ! »

Divisions

L’offensive de l’armée syrienne sur Douma a été lancée après que le groupe rebelle salafiste de l’Armée de l’Islam a attaqué le centre de Damas avec des obus et roquettes le 5 février dernier. Une dizaine de civils sont morts dans cette opération. Deux jours plus tôt, leur chef, Zahran Allouch, avait prévenu qu’il riposterait aux bombardements du régime sur Douma : depuis le début de l’année, toute la région de la Ghouta orientale subit en effet des attaques aériennes aussi intenses qu’aléatoires.

Selon le VDC, 150 civils avaient déjà péri dans les bombardements du régime en janvier 2015, dont 60 à Douma. « Au final, l’attaque de l’Armée de l’Islam sur Damas a engendré des représailles dont sont victimes les civils », constate Hassan devant la détermination de l’armée syrienne à écraser toute velléité des rebelles. Très divisés sur le terrain, leur action ne fait pas l’unanimité. L’Armée de l’Islam s’oppose en effet régulièrement à d’autres groupes armés pour le contrôle de la ville. Son chef est aussi soupçonné d’être responsable de la disparition de l’avocate et militante des droits de l’homme Razan Zaitouneh, fondatrice du VDC, ainsi que de trois autres activistes. Enlevés par des hommes armés en décembre 2013, ils sont toujours portés disparus.

* les prénoms ont été modifiés par mesure de sécurité

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Rencontre consultative de Moscou : petits et bas-côtés d’un non-évènement


Pour occuper la place abandonnée par les instances internationales et les Amis de la Syrie, déçus des résultats de leur action hésitante et discontinue en faveur des Syriens révoltés contre « l’Etat de barbarie« , les Russes avaient convoqué pour quatre jours à Moscou, entre le 26 et le 29 janvier, une « rencontre consultative » entre Syriens. Au cours des deux premiers jours, livrés à eux-mêmes, les opposants invités devaient parler entre eux, et, si possible, s’entendre sur un certain nombre d’idées et de principes de nature à sortir leur pays de la crise dans laquelle il se débat depuis près de quatre ans. Ils devaient ensuite échanger, durant les deux autres jours, avec une délégation du régime en place.

Le régime de Bachar al-Assad regonflé par les Russes (Ali Farzat)

L’objectif non déclaré de l’exercice était, pour les organisateurs, de remettre en course leur poulain, Bachar al-Assad, dont l’incapacité à remporter la victoire sur une « révolution orpheline » avait démontré qu’il n’était guère plus qu’un vulgaire canasson. Il se maintenait toutefois dans la course, dopé aux aides, soutiens et appuis de toutes natures que lui injectaient ceux qui avaient parié sur ses chances et qui se refusaient à perdre leur mise. Pour parvenir à leurs fins, les Russes ont donc mis en œuvre tous les moyens à leur disposition.

Ils ont commencé par écarter les partis politiques, anciens ou nouveaux, et ils ontsélectionné intuitu personae quelques dizaines d’opposants, en veillant à ce que la présence d’authentiques adversaires de Bachar al-Assad dissimule celle d’opposants de circonstance, sans programme ni idées politiques mais présentant bien sous les feux de la rampe, et celle d’arrivistes et de militants de la dernière heure, aussi bien enclins aux surenchères qu’aux concessions. Pour ne pas commettre d’erreur et ne pas mettre en difficulté la délégation du régime en lui donnant pour interlocuteurs des débatteurs coriaces, ils ont retenu les noms que leur avait suggérés leurs amis syriens. Pour mettre à l’épreuve la disposition des heureux élus à entrer dans leur jeu, ils ont également annoncé que la rencontre n’aurait ni programme, ni ordre du jour, et qu’ils n’admettraient aucune précondition de type politique, humanitaire ou autre. Ils se sont finalementabstenus de publier la liste de leurs invités, pour interdire l’évaluation précise du succès de leur entreprise.

Ces manœuvres n’ont pas abusé la Coalition nationale des Forces de la Révolution et de l’Opposition syrienne (CN), qui a annoncé lors de son assemblée générale du début du mois de janvier, qu’elle déclinait l’invitation et n’autoriserait pas ses membres à participer à la rencontre.  Celle-ci ne les concernait pas. Elle n’était pas l’initiative d’un parrain neutre ou d’un honnête courtier mais d’un coresponsable des crimes de Bachar al-Assad, puisque Moscou fournissait au régime des armes qui provoquaient quotidiennement la mort de dizaines de Syriens. Les Russes n’avaient aucun plan pour la Syrie et ils ne souhaitaient que prolonger la présence au pouvoir d’un criminel discrédité par son incapacité et rejeté par son peuple. Celui-ci n’était d’ailleurs pas intéressé par une solution politique. Ce qu’il voulait, c’est polariser l’attention de la communauté internationale sur les groupes islamistes radicaux, dont il avait lui-même contribué à la création et qu’il s’abstenait de combattre sérieusement. Il voulait profiter de la présence en Syrie de l’Etat islamique et du Front de Soutien pour se maintenir indéfiniment en place, au nom du moindre mal et sous le prétexte de la lutte antiterroriste. La décision de Moscou d’augmenter le nombre des invités de la Coalition en le portant de 5 à 9 n’a rien changé à sa décision. Aucun de ses membres, actuels ou anciens, n’a répondu à la convocation.

suite

Et soudain, le joli petit port de pêche est plein de réfugiés syriens


Dans les sites de photos cartes postales s’intercalent des images de réfugiés. Des plaisanciers et des voisins découvrent des tragédies et certains passent des vacances au geste humanitaire.

Vous venez d’arriver en Grèce pour un court séjour, sur une de ces petites îles prometteuses : criques désertes, collines pelées, ciel bleu… Même hors saison, le paysage est idyllique et si vous êtes courageux, la mer pas trop froide.

Tout frais débarqué du ferry, vous prenez la mesure de cette maison que vous ont prêtée des amis. Le jardin en terrasse sur le chemin de la plage. Les oliviers et la vue imprenable sur la baie. Une bonne provision de bois à brûler parce que, tout de même, on est en hiver.

Soudain, une voix, venue du chemin de la plage, vous demande où se trouve le poste de police le plus proche. Tout un groupe de touristes se tient là, qui se repose.

Mais à mieux y regarder, ils n’ont pas vraiment l’air de touristes : des sacs plastiques comme baluchons, quelques petits sacs à dos, habits du dimanche un peu fatigués, des femmes portant un foulard sur leur cheveux, des enfants…

Des réfugiés sur une plage, à Bodrum (Turkeyfile)

Non. En fait de touristes, ce sont des réfugiés syriens et afghans fraîchement débarqués comme vous, pas du ferry mais sur la plage voisine par leurs passeurs turcs. Vous vous trouvez un peu bête à leur indiquer le village voisin à 7 km, ce qui ne semble pas les effrayer outre mesure.

La scène se passe à Tilos, une île du Dodécanèse à une cinquantaine de kilomètres des côtes turques. Tilos est loin d’être la plus proche de la Turquie mais elle est une des moins protégées. Le seul policier de l’île n’a pas de bateau et les gardes-côtes grecs et turcs sont bien incapables de prémunir le Dodécanèse, un archipel qui s’étire sur des centaines de kilomètres, contre les débarquements.

Depuis l’été dernier, une vague de réfugiés sans précédent essaie de quitter la Turquie, qui abrite plus d’un million de réfugiés syriens dans des conditions précaires. Toutes les îles proches de ses côtes ont vu exploser les arrivées, principalement de Syriens, mélangés avec les filières « traditionnelles » venues d’Afghanistan, d’Iran et d’Irak. Ils débarquent sur les îles de l’est de la Grèce, paradis des touristes et plaisanciers.

Alors, dans les blogs et sites habituellement légers, dédiés aux photos cartes postales s’intercalent comme des images subliminales, celles de réfugiés autrement réservés aux news des journaux. La réalité du monde vient court-circuiter la parenthèse des vacances.

Groupe Facebook

Les groupes Facebook de fans des îles grecques, habituellement dédiés aux photos de chats et de plages désertes, voient aussi se multiplier les posts sur le débarquement des réfugiés ou la mobilisation pour leur accueil, parfois publiés par les réfugiés eux-mêmes.

Blog de James Collins

James Collins, un auteur anglais vivant sur Symi, raconte sur son blog ses dernières vacances à Kos, une île voisine, et la rencontre à son hôtel avec tout un groupe de Syriens débarqués à la nage mais attendant leur ferry pour Athènes, presque comme n’importe quels touristes ordinaires en transit.

Entre deux photos de colonnes et de mosaïques et une note sur le prix des consommations dans un café, s’intercale une photo de groupe avec les réfugiés dans l’entrée de l’hôtel. Le récit de James Collins explique aussi comment ceux qui n’ont pas les moyens de se payer l’hôtel sont hébergés sous une tente sur le port.

Blog de Chris et Sue

Sur le blog de Chris et Sue, un couple de plaisanciers qui parcourent les îles à bord de leur voilier, on découvre la photo vue du large du petit port de l’île d’Agathinisi, à quelques kilomètres seulement des côtes turques. Un groupe de touristes s’apprêtent probablement à embarquer sur un ferry. Mais non, détrompe la légende. Ce sont encore des réfugiés qui se sont invités sur ce blog de vacances.

Entre une église orthodoxe et des flots bleus, le couple a glissé la photo de cette scène qui les a choqués. Les réfugiés sont bien sur le point de prendre le ferry mais pour Athènes, Samos ou Lesbos, lieux des plus proches centres de rétention. Là encore, la réalité s’est invitée dans la carte postale.

Une tragédie sous les yeux

Pour Sofiane Ait Chet et Chris Jones, qui tiennent un blog engagé depuis quelques années sur leur île de Samos, la situation est un peu différente. Ils n’ont pas attendu de voir un naufrage devant la fenêtre de leur bureau pour prendre conscience de la terrible situation des migrants.

Un matin de mai, visiblement choqués, ils décrivent dans un billet la tragédie qui se déroule sous leurs yeux. La situation leur paraît irréelle :

« Depuis notre bureau, nous regardons une mer calme où, en ce moment même, des réfugiés luttent pour leur vie. »

Deux petites embarcations ont sombré à un ou deux kilomètres des côtes de l’île. Un bateau de croisière tourne autour du lieu du naufrage sans s’arrêter. Plus tard, ils apprendront que les réfugiés sont restés plus de trois heures dans l’eau, jamais secourus par ce bateau. Certains d’entre eux se sont noyés avant que la police n’arrive enfin. Depuis, les deux blogueurs multiplient les posts sur les réfugiés, ont dénoncé les conditions d’accueil du centre de détention de l’île et suivi l’occupation de la place Syntagma par les grévistes de la faim en décembre.

L’histoire des Catrambone commence à être connue. Ce couple d’entrepreneurs américains, Regina et Christopher Catrambone, a créé sa propre mission humanitaire après avoir été confronté à des réfugiés en naviguant au large de l’Italie. Ils ont investi plus d’un million d’euros pour leur mission de sauvetage de deux mois mais ont dû la stopper faute de fonds, malgré les appels à contribution. Le couple avait pourtant bien fait les choses en embarquant surleur bateau (Migrant Offshore Aid Station), une équipe médicale, deux drones, des kits de sauvetage et un système de détection.

Héroïsme ordinaire

Mais loin du niveau et des moyens de cet engagement, la rencontre avec les réfugiés donne aussi lieu à de petits actes d’héroïsme ordinaire. C’est le cas de Stephanie Kersaw-Marsh et de son mari Andy, réveillés sur leur bateau par des cris dans la nuit. Ils mouillaient au large d’une côte de l’île de Symi. A la lampe torche, ils découvrent tout un groupe jeté à l’eau par ses passeurs.

« Les passeurs les ont jetés à l’eau à près d’un kilomètre de la côte », a expliqué à la BBC Stephanie. « Lorsque Andy les a récupérés, cela faisait plus d’une heure qu’ils étaient dans l’eau, de part et d’autre de la baie. »

Avec leur canot, ils les aident à rejoindre la côte, alertent les gardes-côtes qui une fois sur place ne peuvent secourir les réfugiés à terre. Leur bateau est trop gros pour accoster. Alors le couple de plaisanciers fait la navette avec son canot pour faire embarquer les réfugiés sur le patrouilleur des gardes. Andy va jusqu’à plonger pour récupérer les sacs d’affaires personnels perdus contenant papiers, argent, médicaments et vêtements pris pour le voyage.

Arrivée d’immigrants dans le port de Chania en Crète, 1er avril 2014 (AFP photo/Stringer)

En effet, comme le note Anne Zouroudi, une auteure anglaise (les îles grecques sont truffées d’auteurs anglais, on l’aura compris), sur son blog « tous ceux qui arrivent à Symi ne viennent pas sur des super-yachts. » Le commentaire est placé sous une photo de l’Eclipse, yacht de luxe de plus de 800 millions d’euros qui mouillait dans le port de Symi. « Malheureusement, un nombre croissant de réfugiés, principalement de Syrie et d’Afghanistan, arrivent chaque semaine », ajoute-t-elle.

C’est ce à quoi à été confrontée Caroline Phillips, journaliste au Times en débarquant sur l’île pour ses vacances.

« Quand nous avons débarqué du ferry. Il y avait ce groupe. Près de 50 personnes recroquevillées sous l’horloge du port, avec des sacs à dos et portant des vêtements un peu sales. Ils n’avaient pas l’air de touristes. »

La réalité a pris le pas

En une semaine, leur nombre augmente à plus de deux cents. « J’ai été touchée par leur détresse », dit-elle à Rue89.

« Il y avait là des jeunes enfants déshydratés au soleil sans possibilité d’accès à une salle de bain ou à de la nourriture. Un vieil homme qui aurait pu facilement être mon père, avec une entaille à la tête, était laissé sans soin. Avec ma fille de 16 ans, nous leur avons acheté des glaces et de l’eau. Quand nous les avons salués, ils ont perdu la réserve qu’ils avaient vis-à-vis des Grecs qui les traitaient comme des animaux. Après cela, ils nous ont emmenées là où on les logeait. Ils dormaient à même le sol de béton, dans un coin un bébé se tenait au milieu des cafards. Il me semblait important de voir cela. »

La journaliste pensait écrire un article sur « les poissons grillés des restaurants, les criques cachées et les cafés en terrasse ». Avec sa fille, elle passe finalement le reste de ses vacances à aider les réfugiés.

« Nous avons simplement établi une relation avec des gens qui dans d’autres circonstances auraient pu être des amis ou de la famille. Il est vrai que c’était assez étrange de laisser tomber la plage et les excursions en bateau pour aider des étrangers. Mais, les cacher pour qu’ils puissent prendre une douche dans notre chambre, leur amener de la nourriture, des médicaments et des vêtements, a été bien plus gratifiant que n’importe quelles vacances que j’ai jamais eues… Je pense souvent à eux et me demande s’ils ont réussi ou s’ils sont toujours coincés à Athènes. Quelle histoire tragique. »

A son retour en Angleterre, c’est l’histoire des réfugiés que Caroline Phillips racontera au Sunday Times plutôt que les criques désertes prouvant que cette année, la réalité a vraiment pris le pas sur la carte postale.

source

Les Syriens, premier contingent de réfugiés au monde


Le Monde.fr | 07.01.2015 à 06h25 • Mis à jour le 07.01.2015 à 07h52

Avec plus de 3 millions de personnes ayant fui la guerre, les Syriens représentent le plus important contingent de réfugiés dans le monde, selon le rapport du Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (HCR) publié mercredi 7 janvier.

« En l’absence de perspective de solution politique et de terme à la confrontation armée, le nombre de personnes touchées par le conflit interne en République arabe syrienne va certainement augmenter en 2015. »

Avec plus de 704 000 nouveaux réfugiés enregistrés entre janvier et juin, le chiffre total pourrait même atteindre les 4,27 millions dans les pays voisins pour l’année 2014. Avant l’éclatement du conflit, en 2011, la population du pays se situait autour des 20 millions d’habitants.

LES PALESTINIENS NON COMPTABILISÉS

Derrière la Syrie, dans le classement établi par le HCR, viennent l’Afghanistan (2,7 millions de réfugiés), la Somalie (1,1 million), le Soudan (670 000), le Soudan du Sud (509 000), la République démocratique du Congo (493 000), la Birmanie (480 000) et l’Irak (426 000).

Les Palestiniens, dont le nombre de réfugiés est estimé à 5 millions, ne sont pas comptabilisés. Ils ne dépendent pas du HCR, mais de son organisation sœur, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

PLUS DE 50 MILLIONS DANS LE MONDE

En juin dernier, date du dernier rapport annuel de l’organisation, le haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés Antonio Guterres avait annoncé que le nombre recensé sur l’ensemble de la planète avait dépassé la barre des 50 millions pour la première fois depuis 1945.

« Tant que la communauté internationale ne parvient pas à trouver de solutions politiques aux conflits existants et à prévenir le déclenchement de nouveaux conflits, nous continuerons à devoir gérer les conséquences humanitaires dramatiques. »

Les pays voisins de la Syrie ont accueilli le plus de réfugiés, à l’instar de la Turquie où leur nombre s’élève à près de 800 000 selon le HCR, mais de plus en plus de réfugiés tentent dorénavant de traverser la Méditerranée.

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La guerre en Syrie

 

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