Le silence des loups
La répression s’est abattue sur les peuples algérien et tunisien, révoltés par la corruption et l’incurie de leurs dirigeants. Devant le silence des médias et du Landerneau politique, je reposte cette photo publiée avant moi par Moulai Aldjia (que je remercie bien évidemment).
(Landerneau : familièrement groupe fermé agité de querelles).
repris de facebook
Des Citoyens, des victimes, des assassins et des lâches !
Astrubal
Dimanche 9 janvier 2011
I.— Des victimes et des assassins
Il convient d’abord de rappeler l’un des piliers du pacte républicain autour duquel la société tunisienne s’organise. Ce pilier est bâti sur le dogme du monopole du port d’arme par les agents du ministère de l’Intérieur et par l’armée. Ce monopole est fondé sur la logique qui fait que les citoyens renoncent à porter des armes et c’est l’Etat qui prend en charge leur sécurité. Cela signifie : quoi qu’il en coûte en terme de vies humaines pour ses agents, l’Etat s’engage à garantir la sécurité de ceux à qui il interdit de porter des armes.
Dès lors, ceux qui sont commis pour la sécurité des citoyens ont pour mission sacrée de protéger la vie desdits citoyens. Les opérations de maintien de l’ordre ne peuvent en aucun cas justifier tout usage disproportionné de la force pour tuer. Autrement, cela serait qualifié d’Assassinat. C’est-à-dire un acte commettant un homicide volontaire avec préméditation.
Et je ne trouve aucune autre qualification : tuer un citoyen désarmé, c’est un assassinat. Et il n’y a que l’imbécile qui soit capable de tenir un discours pour affirmer que les décès sont dus au fait que les victimes se sont jetées sur les balles tirées par leurs assassins.
Quels que soient les troubles, en cas de manifestation, y compris s’il y a des jets de cocktails Molotov (et je ne suis pas en train de dire que ce fut le cas, je n’en sais rien, je n’y étais pas), on ne tire pas sur la foule pour tuer.
Pour rappel et à titre de comparaison : en mai 1968, malgré tout le désordre qui prit d’assaut les rues de la capitale française, pas une seule victime n’est tombée. Et aujourd’hui, 42 ans après, tout le monde rend hommage à ce préfet de la République, Maurice Grimaud, qui a fait son travail de maintien de l’ordre jusqu’au bout et avec l’honneur qui sied à sa fonction. Et s’il n’y a eu aucun mort, c’est parce que l’un des principes fondateurs des Républiques démocratiques, celui de l’usage proportionné de la force, fut respecté. On ne canarde pas les citoyens pour disperser une foule, ni ne les abat pour empêcher qu’un cocktail Molotov soit lancé.
Et je me souviendrai jusqu’à la fin de mes jours de ce communiqué si scandaleux qui parlait, lors des événements de Redayef, de «la mort [assassinat] d’un élément perturbateur». Et nous continuons à avoir droit à ces «fumeuses» sources anonymes qui reconnaissent la mort des Tunisiens abattus par les forces de l’ordre. Ces mêmes sources qui indiquent sans pudeur : «malgré les mises en garde lancées, conformément à la loi, par les forces de l’ordre, les éléments perturbateurs n’ont pas obtempéré, obligeant les forces de sécurité à intervenir. Ces événements —préciseront encore ces sources—, ont entraîné la mort de “X” éléments perturbateurs. »
II.— Des Lâches…
Lâche selon le Littré : «indique une disposition faible et misérable qui ne peut résister à aucun péril ; aucune espèce de courage ne reste ; une idée de mépris y est jointe.»
Selon le Robert : «Qui manque de courage, recule devant le danger, s’abaisse devant la force, la puissance. ➙ capon, couard, peureux, pleutre, poltron, veule.»
Outre les lâches, tant ceux qui ordonnent comme ceux qui tirent sur des citoyens désarmés, il y a les autres lâches qui regardent et se terrent, en particulier nos parlementaires. Toute la journée j’ai attendu un communiqué de ces derniers. Toute la journée j’ai attendu quelques mots de compassion envers les familles tunisiennes qui ont perdu les leurs, tombés sous les balles d’autres tunisiens. Mais rien… pas un mot. Et ma colère est immense.
Dans n’importe quel pays au monde avec un parlement qui se respecte, nous aurions eu droit à un tollé des parlementaires, ces représentants de la nation qui observeraient ainsi leurs concitoyens tomber sous les balles des forces de l’ordre. Nous aurions eu droit à l’annonce d’une commission d’enquête pour savoir exactement ce qui s’est passé et définir les responsabilités de chacun. On aurait eu droit à l’annonce de cette commission ne serait-ce que pour dire aux citoyens de la nation entière «nous sommes là pour contrôler l’exécutif et contrôler, entre autres, tout usage de la force par la police et par l’armée». Tout parlement qui se respecte ne peut et ne doit se suffire des déclarations du «grand flic» qui ordonne de tirer sur la foule. C’est tout de même invraisemblable que nos parlementaires observent ce qui se passe comme s’ils étaient sur la Lune. Au fond, ils ne sont bon qu’à voter cette somme astronomique —près 1,8 milliard de nos millimes— pour l’école privée de Leila Trabelsi épouse Ben Ali au détriment de nos petits écoliers, ces petits anges qui pataugent dans la boue pour accéder à leurs écoles de l’arrière-pays et s’installer dans des classes rongées par l’humidité et le dénuement.
Ma colère est si grande que je n’ai d’autres mots que de dire : «messieurs les parlementaires, quand des citoyens Tunisiens meurent sous les balles et que vous ne réagissez pas, c’est que vous n’êtes que des lâches aux ordres de celui à qui vous devez vos sièges, indignes de parler au nom de la nation et indignes de vous exprimer au nom de ce drapeau que vous avez transformé en vulgaire tissu pour recouvrir des cercueils.»
Astrubal de Nawaat, Enseignant universitaire et blogueur tunisien.
Tunisie. Emel Mathlouthi : « La morphine qu’on nous injecte depuis 23 ans ne suffit plus à calmer notre douleur »
11/01/2011
Quelles nouvelles as-tu de Tunisie ces derniers jours ?
Comment a démarré le conflit qui oppose le gouvernement à la population ?
Que demande la population ?
Tu étais en Tunisie en fin d’année, as-tu senti les événements venir ?
Vu d’ici le mouvement semble émaner de la jeunesse, est-ce une réalité ?
Les manifestants sont ils soutenus par la population ?
Y a t’il une émergence d’un contre pouvoir structuré ?
Est-ce que celà peut profiter aux mouvements islamistes ?
Comment les manifestants s’organisent ?
Quels sont leur relais d’informations?
Face à la répression, quelles sont les réactions?
A ton avis jusqu’où penses-tu que cela puisse aller?
Propos recueillis par Benjamin MiNiMuM
Après une nuit d’affrontements, l’armée se déploie à Tunis
LEMONDE.FR avec AFP | 12.01.11 | 10h59 • Mis à jour le 12.01.11 | 11h38

Des membres des forces de l’ordre à Sidi Bouzid, le 10 janvier 2011.AFP/FETHI BELAID
L’armée tunisienne s’est déployée, mercredi 12 janvier à Tunis, où la tension est montée au lendemain d’affrontements entre la police et des manifestants qui ont éclaté dans la nuit dans la banlieue ouest populaire. Des renforts militaires, soldats en armes, camions, jeeps et blindés, ont fait leur apparition dans Tunis pour la première fois depuis le déclenchement des affrontements que connaît la Tunisie depuis quatre semaines. Ces renforts étaient postés à des carrefours du centre de Tunis et à l’entrée de la cité Ettadhamen (Solidarité) où des dégâts d’une nuit de violences étaient visibles.
Un blindé tout feu allumé et des soldats en armes étaient positionnés à l’entrée de ce gros faubourg où des carcasses de véhicules, dont un bus, incendiés n’avaient pas encore été enlevées, près du siège de la délégation (sous-préfecture) attaqué la veille. Des bris de verre et des pneus brûlés jonchaient la route de Bizerte qui traverse les cités Ettadhamen, Intilaka et El Mnihla, des quartiers populaires qui se succèdent, dans l’ouest de la capitale.
Dans Tunis, outre des renforts importants de police et unités d’intervention spéciales, deux véhicules de l’armée et des soldats en armes montaient la garde sur la place reliant les avenues de France et Habib-Bourguiba, face à l’ambassade de France et à la grande cathédrale de Tunis. Cette place avait été la veille le théâtre de manifestations étouffées par la police. Des renforts militaires étaient également visibles autour de la maison de la radio-télévision dans le quartier La Fayette, et d’autres sur la place du Passage, terminus du tramway qui fonctionnait. La circulation automobile était presque normale, de rares bouchons en banlieue étant provoqués par la pluie.
Les stations de radios nationales et privées diffusaient leurs programmes normalement, la radio gouvernementale revenant largement sur les mesures prises par le président Zine El-Abidine Ben Ali pour désamorcer la crise déclenchée par des manifestations contre le chômage dans le centre-ouest et qui s’est propagée dans la plupart des régions du pays.
Soulèvement en Tunisie
Les faits Tunisie : les heurts gagnent la capitale
Le monde édition abonnés
Tunisie : les violences se rapprochent de Tunis la capitale
En Tunisie, le bilan officiel des émeutes continue de monter : 21 morts selon les autorités, une cinquantaine selon un syndicaliste, Sadok Mahmoud. Mais ce qui est sûr, c’est que 24 heures après le discours du président Ben Ali les choses ne semblent pas s’apaiser dans le pays. Les affrontements s’étendent et ont atteint pour la première fois une banlieue de Tunis, la capitale.
C’est à la tombée de la nuit que les heurts ont commencé. Selon des témoins joints par l’AFP des groupes de jeunes auraient brûlé un bus et se seraient attaqué à des commerces, ainsi qu’à une banque. La police, elle, a utilisé des gaz lacrymogènes et des tirs de semonces.Ettadamoun, située à 15 km de Tunis, est une banlieue populaire. C’est la première fois que des accrochages violents ont lieu si près de la capitale. Tunis jusqu’ici avait été relativement épargnée par les émeutes. Mais il est vrai que le 11 janvier toute la journée l’ambiance était électrique. Le centre-ville était quadrillé par la police, notamment après, un appel à manifester lancé sur internet.
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Tout l’après-midi, la police a donc systématiquement dispersé et empêché tout regroupement : celui d’artistes notamment qui ont voulu se rassembler devant le théâtre national, ou le sit-in du syndicat des journalistes. Une centaine d’entre eux voulaient protester contre la violence des forces de l’ordre, ils se sont retrouvés encerclés par la police toute la journée.Mais malgré ce bouclage du centre-ville, les heurts dans la banlieue de Tunis, montrent une fois encore que la contestation n’est pas terminée. Et que la répression et les promesses du président Ben Ali n’ont pas suffi à faire taire, pour le moment, la colère des Tunisiens. Est-ce la raison pour laquelle le porte-parole a donné une conférence de presse mardi soir ? Sur un ton moins agressif que le président Ben Ali, celui-ci a promis que les manifestations pacifiques étaient toujours autorisées.
Réactions modérées à l’étranger
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Les Etats-Unis s’inquiètent d’un usage excessif de la force en Tunisie : déclaration d’un porte-parole du département d’Etat. L’Union européenne est sortie mardi de son silence. La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a appelé « à la retenue dans le recours à la force et au respect des libertés fondamentales » et a réclamé «la libération immédiate des bloggeurs, journalistes, avocats et autres personnes détenues ». En Grande-Bretagne, on appelle à résoudre la situation pacifiquement.Et fait marquant, depuis le début de la crise, la France, -l’ancienne puissance coloniale-, a réagi très modérément. Réaction qui s’explique par les liens entre les deux pays, mais que dénoncent les associations de défense des droits de l’homme. La chef de la diplomatie française Michèle Alliot- Marie a déclaré que la France ne peut que déplorer les violences, en que « notre premier message doit être celui de l’amitié » entre les peuples français et tunisien.
De son côté, le ministre français de l’Agriculture a estimé mardi, à propos de la situation en Tunisie, qu’« avant de juger un gouvernement étranger » mieux valait « bien connaître la situation ». Bruno le Maire a défendu le président tunisien, estimant que Zine el Abbedine Ben Ali est « souvent mal jugé », et qu’il avait « fait beaucoup de choses ». Malgré l’aggravation du bilan des émeutes, le gouvernement français maintient une ligne – disons, de modération et appelle à l’apaisement.
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Bernard Valero, porte-parole du Quai d’Orsay
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Tunisie: PS et Verts condamnent la répression, le gouvernement français embarrassé
Alors que les affrontements ont fait plusieurs dizaines de morts, Bruno Le Maire dit n’avoir «pas à qualifier le régime tunisien» et Frédéric Mitterrand juge «tout à fait exagéré» de parler de «dictature».
Par LIBÉRATION.FR
Des femmes le 10 janvier à Sidi Bouzid (© AFP Fethi Belaid)
Les voilà qui se refusent à jouer les redresseurs de torts alors que les affrontements entre manifestants et policiers ont fait au moins 20 morts en Tunisie, selon l’opposition. «Avant de juger un gouvernement étranger, mieux vaut bien connaître la situation sur le terrain et savoir exactement pour quelles raisons telle ou telle décision a été prise», se justifie Bruno Le Maire, ce mardi sur Canal+. Décidément très prudent, le ministre de l’Agriculture estime n’avoir «pas à qualifier le régime tunisien» et va même jusqu’à tenter de réhabiliter Zine El Abidine Ben Ali, complètement dépassé par la crise qui traverse son pays. Un président «souvent mal jugé», qui a «fait beaucoup de choses».
Dimanche sur la même chaîne, c’était Frédéric Mitterrand qui, sur la même chaîne, trouvait «tout à fait exagéré» de décrire le régime de Ben Ali en «dictature univoque». «En Tunisie, la condition des femmes est tout à fait remarquable, vante-t-il. Il y a une opposition politique mais qui ne s’exprime pas comme elle pourrait s’exprimer en Europe.»
«Tirer sur la foule» est la «pire réponse qui soit»
Entre complaisance, silence gêné et appels pudiques à l’apaisement, les politiques français cherchent encore leurs marques face au président tunisien, qui a longtemps bénéficié d’une certaine bienveillance de Paris. Pourtant, le tournant extrêmement violent des derniers jours a conduit, notamment la gauche, à hausser le ton.
Ainsi, le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a «solennellement» condamné la réponse au mouvement social, estimant que «tirer sur la foule» constituait la «pire qui soit». Président du groupe d’amitié France-Tunisie au Sénat, le socialiste Jean-Pierre Sueur a fait part de son «émotion» face à la multiplication des victimes. Si «les autorités tunisiennes ont dit « comprendre »» les «aspirations» de la jeunesse, il la juge «incompatible avec une répression violente et dont les conséquences sont tragiques».
Bertrand Delanoë, lui, préfère, selon son entourage, «manifester son soutien au peuple tunisien non pas par des déclarations mais par des contacts utiles avec les uns et les autres, et en tenant le même langage à tous». Le maire de Paris, qui est né en Tunisie et se rend souvent dans sa maison de Bizerte, dans le nord du pays, «se tient en contact régulier avec des acteurs très divers de la société tunisienne, acteurs politiques, syndicaux et associatifs» et a ainsi contacté, lundi, le président de la ligue tunisienne des droits de l’Homme, toujours selon ses proches.
«Silence coupable» de l’Europe et de la France
Du côté du Quai d’Orsay, on s’est contenté, lundi, de «déplorer les violences, qui ont fait des victimes,» et d’«appeler à l’apaisement». «Seul le dialogue» permettra de surmonter les problèmes économiques et sociaux, ajoute le porte-parole du ministère, Bernard Valero. Qui, dans sa déclaration, n’a repris que le bilan communiqué par les autorités tunisiennes – 14 morts à Thala et Kasserine, quand l’opposition parle d’au moins 20 morts -. Sur les détentions de blogueurs tunisiens, il dit n’avoir «pas d’information précise à ce stade».
Europe Ecologie-Les Verts, associé à un parti non autorisé, Tunisie Verte, a, pour sa part, dénoncé le «silence coupable» de l’Europe et de la France: «Les propos du porte-parole du quai d’Orsay appelant à l’apaisement sont déconnectés de la réalité de la dictature tunisienne», écrivent les deux formations dans un communiqué commun.
Nouveaux heurts en Tunisie, Ben Ali parle de terrorisme
Tarek Amara
TUNIS (Reuters) – La police a ouvert le feu lundi pour disperser la foule rassemblée dans deux villes de Tunisie, rapportent des témoins, au lendemain d’un week-end marqué par la mort de 14 personnes.
Aucune nouvelle victime n’a été signalée.
Mobilisés depuis la mi-décembre, les manifestants disent dénoncer la pénurie d’emplois pour les jeunes en Tunisie.
Le gouvernement impute les troubles à des extrémistes qui s’en sont pris aux forces de l’ordre. Le président Zine el Abidine Ben Ali lundi a mis en cause des « éléments étrangers ».
« Les événements furent l’oeuvre de bandes masquées qui ont attaqué la nuit des édifices publics et même des civils à leur domicile lors d’un acte terroriste qu’on ne saurait taire », a-t-il déclaré dans un discours retransmis à la télévision publique.
« Les événements sont dirigés par des éléments étrangers qui ne veulent pas le bien du pays (…) La justice a pris son cours pour élucider les circonstances de ces événements et en déterminer les responsabilités », a ajouté le chef de l’Etat, qui est au pouvoir depuis 23 ans et intervenait pour la deuxième fois à la télévision depuis le début des troubles.
A Bruxelles, Maja Kocijancic, porte-parole de la Commission européenne pour les Affaires étrangères, a lancé « un appel à la retenue dans le recours à la force et au respect des libertés fondamentales ».
AMBASSADEUR AMÉRICAIN CONVOQUÉ
À Paris, Bernard Valero, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, a de même invité à l’apaisement.
« Nous déplorons les violences, qui ont fait des victimes, et appelons à l’apaisement. Nous sommes profondément attristés par le bilan humain des affrontements meurtriers du week-end en Tunisie », a-t-il déclaré.
« La Tunisie est confrontée à des problèmes économiques et sociaux. Seul le dialogue permettra aux Tunisiens de les surmonter. La coopération entre la France et la Tunisie, qui est fortement orientée sur l’emploi, le restera », a-t-il ajouté.
La semaine dernière, les Etats-Unis avaient exprimé leur préoccupation au sujet de l’attitude des autorités face aux manifestants. Le ministère tunisien des Affaires étrangères annonce lundi avoir convoqué l’ambassadeur des Etats-Unis pour lui exprimer son étonnement.
La déclaration américaine était fondée sur des récits d’éléments hostiles qui n’ont pas été vérifiés, estime le ministère dans un communiqué lu à la télévision publique.
« Nous confirmons que toutes les libertés sont respectées (…) Nous espérons que les Etats-Unis feront preuve d’objectivité et de compréhension, et qu’ils refléteront le degré de coopération entre les deux pays », poursuit-il.
Le ministère annonce en outre la remise en liberté d’un nombre indéterminé de « saboteurs » de sites internet gouvernementaux et le maintien en détention de deux d’entre eux, inculpés pour des faits non précisés.
RASSEMBLEMENT ÉTUDIANT À TUNIS
A Kassérine, à 200 km au sud-ouest de la capitale, un témoin a déclaré qu’une marche funèbre pour des civils tués lors du week-end avait tourné à la confrontation avec la police. Les forces de l’ordre ont tiré en l’air, a raconté à Reuters Mohamed Ali Nasri, joint par téléphone.
A Regueb, des témoins font également état de heurts en marge de processions à la mémoire de victimes de précédents affrontements.
« L’agglomération est cernée par la police. Il y a 2.000 contestataires dans une confrontation à travers la ville avec la police, qui tire des grenades lacrymogènes et ouvre le feu », a déclaré a Reuters Kamel Labidi, qui affirme être sur place.
Aucun représentant des autorités n’a pu être joint.
Dans la capitale jusqu’ici épargnée par ces troubles, rares en Tunisie, des étudiants ont organisé une manifestation lundi pour dénoncer la réaction de la police.
Selon un correspondant de Reuters sur place, des dizaines de policiers anti-émeutes ont pris position autour de l’université Al Manar, dont ils ont fermé les accès. Quelques centaines d’étudiants étaient rassemblées à l’intérieur.
Dans le centre-ville, les magasins étaient ouverts et le dispositif de sécurité était à peine visible.
Dans les villes de province où ont été signalés des troubles, comme Thala, Kassérine, Seliana, Regueb et Meknassi, des camions de l’armée ont été dépêchés pour renforcer les policiers, ont rapporté des habitants.
Eric Faye, Jean-Loup Fiévet et Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser
Affrontements sanglants ce week-end en Tunisie
Selon un bilan officiel communiqué ce dimanche 9 janvier 2011, on déplore huit morts et neuf blessés lors des affrontements survenus ce week-end en Tunisie, dans le centre du pays. Le dirigeant de l’opposition Ahmed Nejib Chebbi, lui, fait état de 20 personnes tuées à Thala et Kasserine, deux localités du centre-ouest du pays.Il a appelé le président à faire cesser le feu. Les troubles qui secouent la Tunisie entrent dans leur quatrième semaine.
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Ce sont des révoltes sans précédent qui se sont produites dans le centre-ouest de la Tunisie ce week-end. Les rassemblements revendicatifs se sont étendus ce dimanche 9 janvier 2010 à Kasserine, chef-lieu de la province du même nom.Comme dans la localité voisine de Thala, hier soir, où les manifestants se sont affrontés aux forces de l’ordre : 8 morts et 9 blessés parmi les manifestants, c’est le dernier bilan officiel donné par le ministère de l’Intérieur.
« Faire cesser le feu immédiatement »
Mais une partie de l’opposition et de la société civile tunisienne évoque un bilan plus lourd. Une vingtaine de morts, selon le secrétaire général adjoint de l’UGTT, la seule centrale syndicale tunisienne. Abid Brigui déclare que l’UGTT soutient les revendications de ce mouvement social.
L’opposant Ahmed Nejib Chebbi donne lui le chiffre de 26 manifestants tombés sous les balles de la police ou de l’armée à Thala et à Kasserine. Le chef du parti démocratique progressiste appelle le président Ben Ali à « faire cesser le feu immédiatement ».
Depuis mi-décembre, la Tunisie est confrontée à une révolte contre le chômage qui, avant de gagner différentes régions du pays, avait débuté à Sidi-Bouzid dans le centre du pays, où un jeune marchand de légumes s’était immolé par le feu.


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