Tunisie : à quoi joue la police politique de Ben Ali ?


La révolution sera-t-elle confisquée à coups de matraque ? En Tunisie, la police renoue avec la répression. Témoignages.

Des manifestants anti-gouvernementaux affrontent la police à Tunis, le 26 février 2011 (Zoubeir Souissi/Reuters).

Ces derniers jours, le pays a connu un regain de violence et de répression que la population croyait faire partie de l’histoire ancienne. Il y a d’abord eu les passages à tabac samedi et dimanche sur l’avenue Bourguiba. Casseurs et manifestants ont eu droit au même traitement : pourchassés, frappés et arrêtés.

Azyz nous racontait avoir assisté à une arrestation « proche du lynchage » dans la journée de samedi. Près de 100 000 personnes manifestaient alors plus ou moins pacifiquement dans les rues de la capitale jusqu’aux affrontements entre police et manifestants. Cinq personnes sont mortes et plusieurs dizaines ont été blessées.

Plus que des violences policières, la police politique de Ben Ali reprend du service : surveillance, intimidation et maltraitance. (Voir la vidéo)


Parmi les agresseurs, un policier
Samedi 26 février, Hana Trabelsi, blogueuse et journaliste pour Tunisie Expression, est agressée par un groupe d’inconnus. Tunisie Expression précise que la jeune femme a reconnu au moins un de ses agresseurs, un policier chargé de sa filature et de celle d’autres activistes sous Ben Ali :

« Hana était entrain de filmer une jeune fille touchée par balle au genou. Elle interviewait un manifestant quand les actions de pillage ont commencé et qu’elles étaient enregistrées dans l’arrière-plan de l’interview !

Dans sa mémoire, elle garde bien l’image d’un de ses agresseurs : un flic de la police politique qui avait l’habitude de la poursuivre et dont elle connaissait bien le visage avant le 14 janvier 2011. »

Cette curieuse alliance, casseurs et policiers en civil, inquiète. Depuis le 14 janvier, le gouvernement a du mal à faire face aux pillages et aux agressions qui se multiplient. Des voyous qui profitent de la situation ou des milices de Ben Ali, parmi lesquels la police ? Il y a un peu des deux. Un policier tunisois me disait la semaine dernière :

« Moi, je fais la circulation. C’est faux de dire qu’on est tous corrompus. Je n’ai jamais été impliqué dans la violence. Ceux qui font de la protection, ce sont les BOP, les Brigades de l’ordre public. »

Les BOP ou le cauchemar des Tunisiens. Responsables de la répression sanglante pendant la révolution, elles sont également accusées d’être les semeuses de troubles aujourd’hui.

« Tu appelles le peuple à se rebeller ? »

Kamel Tlili, 33 ans, de passage à Tunis la semaine dernière, a été brutalisé lundi par des policiers en civil et en tenue, ces fameuses BOP :

« Je marchais dans la rue. J’étais au téléphone avec ma copine. Je parlais du rassemblement pro-Ghannouchi de la veille. Un flic en civil est venu me voir. Il m’a demandé : “Qu’est-ce que tu racontes ? Tu appelles le peuple à se rebeller contre le gouvernement ? Raccroche ! ” J’ai tout de suite compris, j’ai essayé de discuter.

Une seconde et ils étaient vingt. Ils m’ont bousculé puis frappé. Il y en a un qui m’a mis un énorme coup de matraque sur la tête : “Tu es venu réveiller le peuple, c’est ça ? ” Un des policiers a essayé de calmer les autres. Ils étaient enragés. »

Finalement, c’est un copain, restaurateur connu du quartier, qui parvient à l’arracher de là. Ce témoignage n’est pas celui d’une victime malchanceuse isolée. D’autres Tunisiens, simples passants parfois, rapportent des faits similaires.

Effacer les images de la répression

Le Nouvel Observateur a publié le récit d’une femme à qui la police a ordonné de détruire ses photos des dernières manifestations, confirmant là une volonté de contrôler l’information et d’effacer les images de la répression. Installée sur le balcon de son bureau, elle prend en photo des attroupements sur l’avenue Bourguiba :

« Deux policiers en civil débarquent au bureau, en me demandant de leur montrer mon téléphone portable pour savoir si je n’avais pas pris de photos.

Je leur dis que j’étais simplement sortie à cause du bruit ; ils commencent à me dire que les journalistes “de merde” et Facebook sont en train de nuire à leur image : “Est-ce que ça vous plaît ce qui se passe au centre-ville ? ”

Je leur réponds que je ne suis pas responsable, qu’il est impossible d’arrêter tous les photographes et possesseurs de caméra. Ils finissent par se calmer quand mon mari vient s’interposer (j’étais un peu à cran) et que je leur montre les photos sur mon iPhone. »

Les photographes et journalistes demeurent une cible pour cette police politique. Sofiene Chourabi, jeune journaliste indépendant, l’un des premiers à avoir couvert la révolte de Sidi Bouzid, a été tabassé par la police, lundi :

« Il était 11 heures. Je prenais des photos d’une arrestation devant l’hôtel Africa quand des policiers m’ont chopé. Ils se sont tout de suite mis à me tabasser.

Ils ont pris mes papiers et mon appareil photo et ils m’ont emmené au ministère de l’Intérieur. Je criais “je suis journaliste, je suis journaliste” mais ils n’ont pas arrêté. Ils ont fini par me relâcher. »

Sofiene va porter plainte contre le ministre de l’Intérieur. Une de ses amies justifie :

« Ce qui est arrivé à Sofiene nous fait peur. C’est le retour de la police politique, des pourris. Ils doivent disparaître, être dissous, poursuivis. On ne dit pas que le gouvernement est responsable, on sait qu’il n’arrive pas à s’en débarrasser. Mais cette plainte, c’est pour marquer que les autorités doivent prendre leurs responsabilités ! »

Un système toujours en place

L’actuel ministre de l’Intérieur, Farhat Rajhi, avait lui même échappé à un lynchage au courant du mois de février après avoir promis de juger les coupables de pillages sur la chaîne privée Hannibal TV. Il a accusé une partie du ministère de l’Intérieur d’être derrière ce coup de force.

L’appareil policier très puissant de Ben Ali n’a pas été démantelé. Les responsables de la répression de la révolution, qu’Amnesty International qualifie de « meurtriers » après une enquête sur les événements de décembre et janvier, ne font pas même l’objet d’une enquête du gouvernement.

« Je ne suis pas l’homme de la répression », a déclaré de façon solennelle et un peu mystérieuse Mohamed Ghannouchi en quittant le gouvernement dimanche 27 février. Que voulait-il dire ? Ahmed Najib Chebbi, ministre du Développement régional, lui aussi démissionnaire, se contente de faire observer sur Europe 1 que si le désordre se poursuit, « la sécurité ne peut se rétablir que grâce à l’intervention de la seule autorité qui reste dans le pays, l’armée ».

Un chaos que les militaires ont délibérément laissé s’installer pour être l’unique recours ? Pour l’instant, les intentions de l’armée sont inconnues. Celles de la police aussi. Y aura-t-il au moins une réorganisation des dizaines de brigades mises en place par Ben Ali ? Des enquêtes sur les responsabilités policières durant la révolution et ces derniers jours ? Contacté par Rue89, le ministère de l’Intérieur tunisien n’a pas encore réagi.

Sur son mur Facebook, Kamel a écrit :

« On n’aura JAMAIS de démocratie et de liberté si la police ne comprend pas que la donne a changé et que la sécurité vient avec la protection des citoyens et non l’instauration de la peur perpétuelle. »

Photo : des manifestants anti-gouvernementaux affrontent la police à Tunis, le 26 février 2011 (Zoubeir Souissi/Reuters).

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

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Qui a donné l’ordre?


mardi 1 mars 2011

Un journal de Tunis titre aujourd’hui  »Qui sont derrière les casseurs? » au sujet des troubles du week-end à Tunis .Bien entendu l’article n’apportera pas de réponse à cette question en restant dans la ligne du Pouvoir qui a pris l’habitude de dénoncer les fauteurs de troubles sans jamais révéler les véritables commanditaires et pour cause puisqu’il en est vraisemblablement l’instigateur à travers sa Police Politique et la milice du RCD.Le but de cette manipulation grotesque est de détourner l’attention de l’opinion sur les buts inavoués dudit Pouvoir,de brouiller l’image de la Révolution et de s’imposer comme seul garant de l’ordre et de la stabilité.Et pour terminer en beauté on nous sort du chapeau la  »majorité silencieuse » qui refuse le chaos et l’insécurité que le Pouvoir alimente dans les coulisses.En effet les miliciens  »fantomatiques » du RCD et la Police Politique c’est  »bonnet blanc et blanc bonnet » quand on sait combien l’appareil de ce Parti honni était l’outil de surveillance en jeans et en baskets de la dictature dans le pays.

La  première question que ce Journal aurait du  se poser c’est :   »Qui a donné l’ordre de tirer à balles réelles sur les passants  et les manifestants? » .
Je demande aux média tunisiens de se révolter contre de tels agissements inadmissibles et de remplir pleinement leur role d’investigation de la vérité et de rempart des libertés .
De meme, les partis politiques sont étrangèment absents et silencieux là ou il faut crier haut et fort notre indignation contre de telles pratiques criminelles.

Le bilan est lourd avec cinq morts et notre démocratie naissante  ne peut l’accepter.

Salem.

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Des dizaines de milliers de manifestants réclament le départ du gouvernement en Tunisie


vendredi 25 février 2011, par La Rédaction

Plusieurs dizaines de milliers de Tunisiens, majoritairement des étudiants, manifestaient vendredi à Tunis, devant la Kasbah, épicentre de la contestation, pour réclamer le départ du gouvernement de transition dirigé par Mohamed Ghannouchi.
Un policier sur place a même avancé le chiffre de « plus de 100 000 manifestants », et son estimation a été partagée par d’autres policiers, tandis que des hélicoptères de l’armée survolaient cette zone. Selon des membres du Croissant-Rouge et des manifestants, il « s’agit de la plus grande manifestation depuis la chute de Ben Ali » le 14 janvier. « Nous réclamons la démission de tout le gouvernement et celle de Ghannouchi », a déclaré à l’AFP un étudiant en droit, Ramzi, ajoutant que les Tunisiens « vivent dans un vide politique ».
Des manifestants ont déployé une pancarte d’une vingtaine de mètres où l’on pouvait lire « Sit-in jusqu’à la dissolution du gouvernement ». « Ghannouchi, dégage ! », « Ça suffit avec les mises en scène », « Honte à ce gouvernement ! », ont-ils scandé. Ou encore, « dégage le RCD », le Rassemblement constitutionnel démocratique, le puissant parti de l’ex-président Ben Ali, qui a été suspendu le 6 février. Certains brandissaient des banderoles affirmant « Ghannouchi, ton insistance montre que tu caches ta mauvaise foi. »
La place de la Kasbah était noire de monde et de nouveaux cortèges de manifestants continuaient d’affluer. Le Premier ministre a transféré ses bureaux fin janvier de la Kasbah au palais présidentiel de Carthage, dans la banlieue sud de Tunis, après une première manifestation au cours de laquelle des Tunisiens avaient campé près d’une semaine devant ses locaux.
Selon un membre du Croissant-Rouge, « plus de trente personnes se sont évanouies à cause du nombre important de manifestants » sur la place où plusieurs tentes ont été dressées. De nombreux jeunes étaient drapés dans le drapeau tunisien. Quatre mille Tunisiens avaient déjà manifesté dimanche devant la Kasbah, réclamant, outre la démission du gouvernement transitoire, l’élection d’une assemblée constituante et la mise en place d’un système parlementaire.
Cette manifestation s’est depuis transformée en sit-in avec principalement des jeunes campant devant la Kasbah. Mohamed Ghannouchi a été le Premier ministre de Ben Ali de 1999 jusqu’à la chute de ce dernier le 14 janvier sous la pression populaire. Après la formation, le 17 janvier, d’un gouvernement d’union nationale dans lequel l’équipe sortante avait conservé la majorité des postes, des milliers de personnes avaient manifesté quotidiennement pour obtenir leur démission. Sous la pression de la rue, Mohamed Ghannouchi avait remanié le gouvernement de transition épuré des principaux caciques de l’ancien régime le 27 janvier.

(Vendredi, 25 février 2011 – Avec les agences de presse)

al Oufok

OUPS – Quand Boris Boillon, nouvel ambassadeur en Tunisie, défendait Kadhafi


Voilà qui ne va pas arranger les affaires du nouvel ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon. En poste depuis le mercredi 16 février, il s’était déjà attiré les foudres de nombreux Tunisiens pour s’être montré très sec envers des journalistes du pays, au point de devoir s’excuser à la télévision samedi 19 au soir.

Cette fois, le Post.fr a retrouvé un extrait du Grand Journal de Canal + datant de novembre 2010, dans lequel Boris Boillon défend le Colonel Kadhafi avec des termes pour le moins compréhensifs. “Kadhafi a été un terroriste, il ne l’est plus, il a fait son autocritique. (…) Dans sa vie on fait tous des erreurs et on a tous droit au rachat”, explique-t-il.

Une prise de position qui fait désordre, à l’heure où la Fédération internationale des droits de l’homme recense entre 300 et 400 morts dans les répressions sanglantes en Libye.

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Le nouveau résident de France en Tunisie


Opinion
Hedy Belhassine

Boris Boillon

Lundi 21 février 2011

Nommé au débotté, le nouvel ambassadeur de l’Elysée s’est installé au Dar Al-kamila, près de Tunis.
Pour sa première sortie, il a rabroué des journalistes comme un pas poli. La séquence a fait le tour du net. Choqués, un millier de manifestants ont réclamé son expulsion. Devant la chancellerie, près de la Porte qui porte encore provisoirement le nom de la France, ils ont brandi des banderoles « dégage ! casse-toi ! »… du miel pour les dépêches et le prochain papier de Claude Angeli.
Dans l’histoire de la diplomatie française, c’est du jamais vu. Au Quai d’Orsay et dans les 163 ambassades à travers le monde, c’est la consternation. Le nom du plénipotentiaire est entré dans le langage courant. A Tunis, il se conjugue désormais à tous les temps en français comme en arabe.

Le protégé du chef de l’Etat, en charge de faire disparaitre les traces du commando de MAM en Tunisie, est un produit Sciences po qui a appris l’arabe aux Langues O. Il le parle correctement ce qui force l’admiration de son Président pour qui cette langue est du chinois. Mais on ne parle jamais la langue du Coran de façon désinvolte. La manière est essentielle et en toutes circonstances : un ton doux, un sourire bienveillant et une posture sereine sont de rigueur. Il n’y a que les singes qui gesticulent et font des grimaces.

A Tunis où tout le monde est bilingue, entendre un ambassadeur de France baragouiner la langue d’Ibn Khaldoun, est hautement surréaliste !

D’autant que les tunisiens sont fiers de leur langue nationale, subtile cousine de l’arabe littéraire. En Tunisie, jusqu’au 14 janvier dernier, l’usage de l’arabe classique était réservé aux débats théologiques, à la poésie, à l’injustice, rarement à la politique. En cette période révolutionnaire, l’arabe est devenu synonyme de langue de bois. Chacun se souvient de Ben Ali lisant ses discours sur un prompteur et débitant d’un air important des phrases emberlificotées de mots savants que personne, ni lui-même, ne comprenait vraiment. Sans doute privé de son scribe l’ex-président lança son dernier appel en langue tunisienne. Alors il fut parfaitement compris de tous et il prit la fuite.

Monsieur l’ambassadeur, je vous imagine sur une bergère du grand salon du Palais de La Marsa où peut-être l’écho de ces lignes vous parviendra.

Sachez que la langue tunisienne est celle de l’intelligence et de la raison. Elle est d’un apprentissage difficile car elle traduit l’éducation et la naissance. Pour vous en faire une idée, écoutez les discours de Bourguiba sur Youtube. Mieux, allez flâner autour de la résidence ou de la chancellerie…Les quelques marchands de livres sont d’authentiques résistants survivants de la censure, de vrais libraires. Ils vous conseilleront des ouvrages écrits dans un français admirable. Par exemple, les romans historiques d’Alia Mabrouk qui révèlent le courage ancestral des tunisiens ou bien le dernier livre de lella Rabâa Ben Achour-Abdelkefi sur la dignité et le raffinement des Tunisois. Entre un bain de mer et une séance de musculation, vous pourriez inviter pour le thé ces deux dames de qualité qui accepteront, peut-être, de vous enseigner quelques rudiments de l’art de se comporter en hôte provisoire de Dar Al-kamila, la maison de la perfection.

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Libye : Des Tripolitains divergent sur l’origine des tirs


lundi 21 février 2011, par La Rédaction

Des Tripolitains ont fourni lundi des versions divergentes sur les violences dans la capitale libyenne, certains faisant état de tirs, tandis qu’un militant politique déclarait à la chaîne de télévision Al Djazira que l’armée de l’air libyenne bombardait la ville.
« Nous ne savons pas ce qui se passe, tout ce que nous pouvons entendre, ce sont des coups de feu sporadiques », a dit à Reuters un habitant qui vit non loin de la place Verte, dans le centre de la ville.
« J’ai seulement entendu des coups de feu de temps à autre. Je suis chez moi avec ma famille car la situation est instable. Personne ne sait ce qui va arriver », a dit un autre.
Mais Adel Mohamed Saleh, qui se présente comme un militant politique, a déclaré qu’un bombardement aérien avait au départ pris pour cible un cortège funèbre.
« Ce à quoi nous assistons aujourd’hui est inimaginable. Des avions et des hélicoptères de l’armée de l’air bombardent aveuglément un secteur après l’autre. Il y a de nombreux, nombreux morts », a déclaré cet habitant.
Prié de dire si le bombardement se poursuivait, il a répondu : « Ça continue, ça continue. Ils prennent pour cible tout ce qui bouge, même ceux qui circulent en voiture ».
Il n’a pas été possible de confirmer cette information de source indépendante, mais à Genève, Fathi al Warfali, militant libyen à la tête du Comité libyen pour la Vérité et la Justice, basé en Suisse, a dit avoir entendu des récits similaires.
« Des avions militaires attaquent en ce moment des civils, des manifestants à Tripoli. Les civils ont peur », a-t-il déclaré à Reuters devant le Palais des nations, siège européen de l’Onu, où il participait à une manifestation.

Selon Caracas, Mouammar Kadhafi serait toujours à Tripoli
Le chef de la diplomatie vénézuélienne, Nicolas Maduro, a annoncé que son homologue libyen, Moussa Koussa, lui avait confié lundi au téléphone que le colonel Mouammar Kadhafi était toujours à Tripoli pour faire face à l’agitation qui secoue la Libye.
« Moussa Koussa a dit (…) que Mouammar Kadhafi était à Tripoli, jouissant de tous les pouvoirs conférés par l’Etat et s’occupant de la situation dans son pays, réfutant ainsi les propos tenus à la presse de façon irresponsable par le secrétaire au Foreign Office, William Hague », a déclaré le ministre vénézuélien dans un communiqué.
Peu auparavant, le gouvernement vénézuélien avait démenti des informations selon lesquelles le dirigeant libyen se rendrait au Venezuela à la suite d’un soulèvement contre son régime.
Le vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Khalid Kayem, a lui aussi opposé un démenti à ces informations.
Séduit par les thèses révolutionnaires de Kadhafi, le président vénézuélien Hugo Chavez entretient avec lui des relations chaleureuses.
Lundi à Bruxelles, William Hague avait déclaré être au courant d’informations suggérant que Kadhafi aurait fui la Libye et serait en route pour le Venezuela.
Le gouvernement vénézuélien « dément de telles informations », a dit à Reuter une source gouvernementale haut placée.
Il a ajouté qu’il était improbable que Kadhafi vienne au Venezuela. « Ce n’est pas prévu », a-t-il dit.
S’exprimant à la télévision publique libyenne, Khalid Kayem a déclaré que les rumeurs de départ de Kadhafi au Venezuela étaient « dénuées de tout fondement ».

L’UE condamne la répression des manifestations en Libye
Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont condamné lundi la répression des manifestations en Libye et ils ont promis leur soutien à la transition démocratique résultant des soulèvements populaires en Afrique du Nord et au Proche-Orient.
Lors d’un conseil des ministres à Bruxelles, ils se sont inquiétés des violences et de la possibilité d’un afflux d’immigrants clandestins d’Afrique du Nord à la suite de la menace brandie la semaine dernière par la Libye de suspendre sa coopération dans le contrôle des migrants.
Le secrétaire au Foreign Office, William Hague, a exhorté les autorités libyennes à assurer une protection adéquate aux ressortissants étrangers et à fournir assistance à ceux qui souhaitent quitter le pays.
Selon un bilan établi par l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch auprès de sources dans des hôpitaux, au moins 233 personnes ont été tuées ces quatre derniers jours en Libye lors d’affrontements entre forces de sécurité et manifestants hostiles au régime du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
Dans un communiqué, les ministres de l’UE affirment que le Conseil et les Etats de l’UE condamnent la répression en cours contre des manifestants en Libye et déplorent les violences et la mort de civils.
« La liberté d’expression et le droit de se réunir pacifiquement sont des droits de l’homme et des libertés fondamentales de tout être humain qui doivent être respectées et protégées », dit le communiqué.
Il souligne que le bloc est prêt à lancer un nouveau partenariat dans ses relations avec les pays méditerranéens du Sud afin de soutenir le processus vers la démocratie, l’état de droit, le développement économique et social et une stabilité régionale renforcée.
Le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini a déclaré que les pays de l’UE demanderaient probablement au Parlement européen, qui a déjà approuvé un fonds de développement d’un milliard d’euros, de soutenir une stratégie de moyen à long terme visant à soutenir le développement d’infrastructures, d’investissements et du secteur privé dans la région.
Il s’est dit préoccupé par les risques d’augmentation de l’immigration clandestine en raison des troubles en Libye.
Tout en réclamant un plan Marshall en faveur de l’Afrique du Nord et du Proche-Orient, Frattini, dont le président du Conseil, Silvio Berlusconi, entretient des liens étroits avec Kadhafi, a souligné que l’Europe ne devait pas donner l’impression de tenter d’exporter sa démocratie. Nous devons aider, nous devons soutenir une réconciliation pacifique, a-t-il dit.
Des milliers de migrants tentent de rejoindre chaque année les îles du sud de l’Italie à partir des côtes nord de Libye ou de Tunisie.
La Libye a menacé fréquemment de suspendre sa coopération avec l’UE en matière d’immigration clandestine.
Sa dernière menace en date est intervenue après que Catherine Ashton, Haute Représentante pour la politique extérieure de l’Union, eut déclaré la semaine dernière que la Libye devrait autoriser la liberté d’expression.
Ashton, qui devait se rendre lundi en Egypte, a déclaré lors d’un point de presse que des initiatives spécifiques destinées à aider la région et à promouvoir la démocratie et les droits de l’homme dans la région ferait l’objet de discussions dans les prochains jours.
L’Allemagne a souligné lundi la nécessité d’une ouverture adéquate des marchés de l’UE aux pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient afin d’assister la région de manière efficace.
Cependant, les tentatives de création d’une zone de libre échange dans la région euro-méditerranéenne, qui inclurait des productions nord-africaines telles que l’huile d’olive, les agrumes ou les textiles, ont été bloquées par les pays d’Europe du Sud, qui craignent la concurrence pour leurs propres produits.

Le sénateur Joe Lieberman « révolté » par la répression en Libye
Le sénateur américain Joe Lieberman s’est dit lundi à Tunis « révolté » par la répression des manifestations qui a fait plus de 200 morts en Libye.
« Quand on voit la manière dont le gouvernement libyen et les militaires traitent leur peuple, c’est révoltant. Nous devons les condamner », a lancé M. Lieberman, membre de la commission sénatoriale des forces armées.
Il parlait lors d’une conférence de presse tenue en compagnie de son collègue John McCain. Les deux sénateurs américains sont en visite en Tunisie dans le cadre d’une tournée dans plusieurs pays de la région.
M. Lieberman s’est félicité que « plus de 150 militaires libyens aient refusé de tirer sur la foule ». Il s’est dit « fasciné » par l’attitude de l’armée tunisienne qui n’a pas obtempéré à l’ordre (de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali) d’ouvrir le feu sur les manifestants.
« Le président (américain Barack) Obama condamne ce qui s’est passé en Iran et en Libye et il a appelé à punir les responsables », a ajouté Joe Lieberman.
Les deux sénateurs ont déclaré qu’ils étaient venus pour « féliciter la Tunisie à la suite de la révolution faite par et pour le peuple tunisien ».
Ils ont précisé avoir discuté avec le Premier ministre Mohamed Ghannouchi, d’autres membres du gouvernement et des représentants de la société civile « du rôle que peuvent jouer les Etats-Unis pour apporter leur assistance dans la transition démocratique » que vit la Tunisie.
John McCain a jugé « important que la révolution tunisienne réussisse pour servir d’exemple dans d’autres pays ». Il a dit craindre « des conséquences désastreuses » dans le cas contraire.
Le sénateur républicain de l’Arizona et ancien candidat à la Maison Blanche a situé cette assistance d’abord dans l’organisation « d’élections libres, crédibles et transparentes » et ensuite dans un soutien à la relance économique du pays.
Il a parlé d’une aide financière à court terme et d’une action à long terme pour renforcer les investissements américains en Tunisie.

(Lundi, 21 février 2011 – Avec les agences de presse)

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Que faire maintenant pour la Tunisie ?


Par : Samia El Mechat

La « révolution » en Tunisie ­ expression d’un profond mal-être social, de rejet radical de la misère, de la corruption et de frustrations accumulées depuis plus d’un demi-siècle- est porteuse de toutes les espérances. Jamais, les aspirations à la liberté, à la dignité et à l’égalité n’ont été aussi authentiques, aussi populaires et ne se sont exprimées avec autant de force et de conviction que pour abattre le régime policier et prédateur de Ben Ali (1987-2011). En ce sens, cette « révolution » marque une rupture avec les schémas habituels si souvent rabâchés d’une société arabe apathique, dépolitisée permettant ainsi à l’État despotique, par un jeu permanent d’alliances, de se maintenir.

Pour autant, cette nouvelle dynamique ne va pas aboutir de manière mécanique à l’émergence de la démocratie et d’un État de droit. Un État de droit ne peut d’ailleurs se concilier avec toute forme de despotisme, celui-ci fût-il « éclairé ». L’État de droit, c’est d’abord un régime dans lequel l’État accepte de se soumettre au droit. Il serait donc illusoire de croire que la construction de l’État de droit ­ c’est l’exigence que nous avons devant nous- ne sera pas difficile et longue, que les nécessaires bouleversements des cadres sociaux, politiques, économiques et culturels ne seront pas confrontés à cette douloureuse perplexité face au changement. La tâche est en effet immense, il est impératif de :

– légiférer pour empêcher à l’avenir la confiscation des institutions de l’État et des richesses du pays au profit d’un clan ;
– mettre fin au règne du parti-État ;
– réformer la police et la soumettre au droit, y compris aux droits humains ;
– séparer la justice du pouvoir exécutif et la rendre indépendante ;
– reconnaître les libertés publiques et protéger les droits de l’homme par un système effectif de sanction contre toute violation ;
– et enfin, adopter des politiques sociales et économiques en harmonie avec les attentes populaires qui viennent de s’exprimer et renouveler en profondeur la classe politique en faisant appel à des hommes et à des femmes au fait des nouvelles réalités tunisiennes.

Quelles que soient les difficultés, et pour que le sacrifice des vies ne soit pas vain, le mouvement doit se poursuivre. L’avenir de la Tunisie démocratique, libre, plurielle et fraternelle se joue maintenant. Il requiert des réformes audacieuses et innovantes pour répondre à la soif de liberté et de dignité, et éviter le retour des vieux réflexes ou de nouvelles dérives autocratiques. Le destin de notre pays et celui de notre jeunesse éduquée mais désespérée dépendent des réformes qui seront décidées dans les prochains jours ou mois.

L’avenir de la Tunisie ne peut s’accommoder de réformes timorées et parmi les plus urgentes, figure celle de la Constitution, qui doit garantir les droits fondamentaux. Son premier rôle est de fonder la « sûreté » des Tunisiens qui doivent vivre sans peur ; elle doit reconnaître les libertés publiques comme une des conditions de la démocratie, assurer la séparation des pouvoirs et notamment garantir l’indépendance de la justice ; enfin, séparer l’État de la religions. Or, l’article 1e de la Constitution tunisienne dispose que l’islam est la religion de l’État, imbriquant ainsi le religieux au politique. Dès lors, les confusions ont été constantes. L’heure est aujourd’hui propice à une clarification, c’est-à-dire à l’émergence d’un État qui reconnaît la liberté de conscience et ne favorise aucune religion. Ce choix est nécessaire, crucial, décisif pour nous, Tunisiens, qui sommes attachés aux valeurs universelles et au respect des droits humains.

Au lendemain de l’indépendance, le nouvel État a adopté une démarche volontariste visant à de profondes transformations sociales, économiques et culturelles. L’accent est mis sur la construction, souvent à marche forcée, d’un État moderne, inspiré du modèle européen. Pourtant, cet État a entretenu des relations complexes et ambiguës avec l’islam. Les exemples de confusion du religieux avec le politique ­ le religieux inspirant le politique, le politique instrumentalisant le religieux-, sont nombreux. Le refus de séparer l’État de la religion, d’affranchir le politique du religieux ou l’inverse, l’introduction de certaines règles inspirées de la sharia (droit successoral) dans la législation tunisienne illustrent cette ambivalence et ces évolutions régressives. Il n’est pas rare en effet de voir la loi civile ou des textes internationaux pourtant ratifiés sans réserve par la Chambre des députés tunisienne détournés de leurs objectifs au service d’un ordre religieux. Dans la pratique, la situation confine alors à l’absurde, mais elle illustre la place dominante de la religion dans la sphère publique.

Cette ambivalence entretenue et amplifiée par le régime de Ben Ali a abouti à une régression, à un dédoublement des pratiques sociales et culturelles, à des comportements schizophrènes. Elle a aussi gravement entravé l’exercice de toutes les libertés. Sous couvert de lutte contre l’islamisme, le pouvoir a mené une répression brutale contre toutes les oppositions, tout en favorisant le recours à la religion.

Tout en rejetant la prétendue incompatibilité de la laïcité avec l’islam, il ne s’agit pas cependant de trouver une synthèse entre islam et progrès, ni d’éliminer le religieux. Il s’agit plutôt de repenser la place et le mode d’action du religieux. Il nous suffit de revenir à la pensée de Ali Abderrazik, et de bien d’autres réformistes comme Kacem Amin, Taha Husseïn, de recevoir et d’assimiler cet héritage pour mettre fin à la confusion entre commandements religieux et État temporel, et faire de l’État tunisien, un
État laïc.

L’inscription de la séparation de l’État et de la religion et de la liberté de conscience dans la Constitution tunisienne affranchira l’État, le référent religieux n’occupant plus une place centrale. Elle permettra d’initier une véritable modernisation politique et facilitera la distinction entre l’espace public et la sphère privée, croyants et non-croyants pouvant coexister dans la liberté. Elle permettra surtout de favoriser la marche vers l’État de droit et la démocratie, conditions nécessaires à l’établissement de la justice sociale et au respect du premier des droits de l’homme : échapper à la pauvreté et vivre dans la dignité.

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Tunis


Je reviens d’un court séjour à Tunis  ! Quel bonheur ! L’air est léger ! Les gens souriants et soulagés !

Ils se sont tus pendant toutes ces années. Et ils parlent et parlent et discutent. Dans l’avenue Bourguiba il y a des attroupements avec au centre un orateur. On défile avec pancartes contre l’ambassadeur de France par exemple qui aurait gaffé.

Certains ne savaient même pas ce qui se passait.  Une dame qui vit là depuis trente ans est tombée des nues.
D’autres savaient, mais devaient se taire tant étant grande la peur . Les exactions commises par la famille « régnante » dépassent l’imagination. Si votre maison suscitait  leur convoitise, ils vous la prenaient. Si votre école concurrençait la leur, ils la fermaient. Ils rachetaient des terrains pour une bouchée de pain.

Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. Mais retenez ce nom : Mohamed Bouazizi .  Le jeune homme qui s’est immolé par le feu, désespéré de ne pas trouver les moyen de faire vivre sa famille et qui se faisait harceler par la police. C’est sa mort qui a été de trop. C’est la révolution tunisienne qui a mis le feu au monde arabe depuis trop longtemps opprimé.

Une rue portera son nom à Paris … et à Bruxelles aussi, je l’espère.

Tunisie La corruption, gangrène nationale


LOOS,BAUDOUIN

Lundi 14 février 2011

TUNIS

DE NOTRE ENVOYÉ SPECIAL

Tout un pays à soigner. Voilà l’impression qui se dégage, alors que les Tunisiens n’en finissent pas de se pincer pour y croire : il y a un mois, le vendredi 14 janvier, Ben Ali, le dictateur qui semblait éternel, prenait l’avion de l’exil sans demander son reste. Il est vrai que lui et son clan ne sont pas partis les poches vides. « L’exhibition des richesses mal acquises, volées, était devenue obscène », estime un monsieur très digne avenue Bourguiba.

Corruption, prédation, cleptocratie : les mots qui définissent le défunt régime ne sentent pas bon. « Jamais n’a-t-on assisté à une telle concentration de pouvoir pour en arriver au sac d’un pays, explique Ahmed Smaoui, ministre aux débuts du règne de Ben Ali, en 1987, avant de tomber en disgrâce. Tout était parfaitement organisé, camouflé sous le vernis d’un discours honorable, avec les connivences internationales nécessaires ».

Dans ce bar chic du quartier Belvédère, un homme d’une trentaine d’années, Tahar, nous rejoint. Derrière son sourire se cache quelque inquiétude, et le manège d’un serveur le gêne. « L’habitude de voir des mouchards partout », s’excuse-t-il.

Ce juriste travaille depuis quinze ans au ministère des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières. « Le sommet de l’administration du ministère est compromis, dit-il. A commencer par celui qui fut ministre pendant ces dix dernières années, Ridha Grira. Il a dilapidé les biens de l’Etat. Mais le plus pourri c’est le chef de cabinet, Fathi Sokri, qui est toujours en place. Presque tous les Tunisiens connaissent ces deux hommes. Alors quand on a appris que Grira héritait du ministère de la Défense du premier gouvernement de l’après-Ben Ali, vous pensez si on était rassuré ! »

Ledit Ridha Grira, en fait, n’est resté qu’une petite semaine ministre après le départ du tyran : sous la pression de la rue, le gouvernement a rapidement été remanié et les principaux ministres de la filière RCD (l’ex-parti quasi unique), dont Grira, ont dû se résoudre à le quitter.

« Le chef de cabinet, reprend Tahar, est en place depuis vingt ans. Voulez-vous un exemple de dilapidation ? Prenons le cas de Sakhr el-Materi, l’un des gendres de Ben Ali. Un des plus voraces aussi. Il souhaitait acheter un terrain sur la côte à La Goulette, près de Tunis, pour y ouvrir un port de plaisance. Partie du domaine public, ce terrain d’un hectare n’était légalement ni à vendre ni à louer. Eh bien ! la parcelle a subi une procédure de déclassement comportant une manœuvre juridique illicite pour passer dans le domaine privé. Qui plus est, il n’y a pas eu d’enchères publiques et le prix qu’acquitta l’acheteur se monta à 22 dinars le m2 (10 euros) au lieu de 15.000 dinars minimum. »

Tahar connaît des tas d’histoires du même tonneau. Qui mettent en scène d’autres membres du clan Ben Ali : « Toutes les affaires liées à notre ministère finiront par éclater. Ils ont tous pris leur part, ministres, chefs de cabinet, directeurs. Je crains une chose : qu’on se contente de juger par contumace quelques boucs émissaires de la famille Trabelsi (la belle-famille du dictateur). Je suis prêt à aller témoigner devant la nouvelle commission anticorruption et j’irai avec les dossiers que j’ai réussi à préserver des broyeurs de papier qui fonctionnent à plein régime. »

Cette commission a du pain sur la planche, en effet. Elle sera présidée par Abdelfattah Amor (68 ans), le doyen très respecté de la faculté de droit à Tunis. « La commission, a expliqué M. Amorn, a pour fonction d’établir les faits et au-delà de démonter tout un système qui a gangrené l’Etat mais aussi des secteurs entiers de la société. Les faits suffisamment crédibles seront transmis au parquet. »

En quelques jours, plus de 800 dossiers ont été déposés. A ce rythme, le succès de la commission risque de dépasser ses capacités d’absorption… « La commission sur la corruption fait peur à beaucoup de monde, constate Larbi Chouakhi, professeur de journalisme. Les langues se délient. De nombreuses personnes sont compromises, il y aura pas mal de découvertes, dans tous les domaines, même dans les médias, et évidemment chez nos amis français ».

La justice tunisienne, chez qui finiront en principe nombre de dossiers, souffre elle-même d’une image de marque lézardée.

« Quatre cinquièmes des juges n’ont pas la conscience tranquille, estime Mokhtar Yahyaoui, lui-même ex-juge – qui fut renvoyé en 2001 pour avoir osé publiquement réclamer à Ben Ali une justice indépendante. Il faudra les écrémer en cinq ans au moins, en éliminant tout de suite les irrécupérables, soit quinze à vingt pour cent d’entre eux. Les juges faisaient partie d’un système qui ne tolérait pas les gens honnêtes. »

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