Quand les soldats US urinent sur les dépouilles des combattants afghans


Une vidéo montrant des forces américaines en Afghanistan en train d’uriner sur des combattants talibans morts au combat, pourrait retarder les efforts pour l’organisation de pourparlers de paix au moment où l’administration Obama lance une nouvelle série de contacts diplomatiques.

Il n’y a pas à dire, les Marines savent « gagner les coeurs et les esprits »… On attend avec impatience l’explication que va nous fournir Obama…

La vidéo, qui a été postée sur YouTube et d’autres sites Web, montre quatre hommes en uniforme de camouflage des Marines urinant sur trois cadavres. L’un d’eux plaisante : « Bonne journée, mon pote. » Un autre fait une blague obscène.

Ceci est susceptible d’attiser encore plus le déjà solide sentiment anti-américain en Afghanistan, après une décennie de guerre qui a vu tant d’autres cas d’abus, et cela pourrait aussi compliquer les efforts pour la réconciliation alors que les troupes étrangères se retirent progressivement.

L’administration du président américain Barack Obama, espérant pouvoir organiser des pourparlers, lance une nouvelle série de navettes diplomatiques avec un objectif immédiat de boucler un accord avec les Talibans pour que ceux-ci ouvrent une représentation dans l’État du Qatar.

Marc Grossman, représentant spécial d’Obama pour l’Afghanistan et le Pakistan, entame un tour diplomatique ce week-end qui comprend des entretiens avec le président afghan Hamid Karzaï à Kaboul et avec de hauts responsables en Turquie, en Arabie saoudite et dans les Émirats arabes unis.

La vidéo ne va pas aider ses efforts pour renforcer la confiance entre les parties belligérantes.

« Cet acte aura un impact très, très mauvais sur les efforts de paix », a déclaré Arsala Rahmani, le négociateur en chef de Karzaï.

« En voyant de telles pratiques, les Talibans peuvent facilement recruter des jeunes et leur dire que leur pays a été attaqué par des chrétiens et des juifs et qu’ils doivent le défendre », a-t-il dit dans ce qui correspond aux premiers commentaires livrés par un responsable afghan.

Le Corps des Marines des États-Unis a déclaré qu’il allait enquêter. L’ISAF, force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan, a qualifié les actes montrés dans la vidéo de « hautement répréhensibles » et « dégoûtants ».

« Le comportement décrit dans cette vidéo est répréhensible et n’est pas en harmonie avec les valeurs des forces armées américaines, » a éructé le porte-parole de l’ISAF, le Lieutenant colonel Jimmie Cummings.

« Illégale, contre l’humanité »

La vidéo n’avait pas encore atteint les rues de Kaboul jeudi, mais les Afghans qui avaient déjà visionné la bande ont été horrifiés.

« Selon l’Islam et le droit international, c’est inhumain et c’est interdit », a déclaré Sayed Abdul Samad, un homme âgé avec une longue barbe blanche et un turban blanc.

Le sentiment anti-américain s’est traduit en violences à plusieurs reprises en Afghanistan ces dernières années. Les protestations suite à des informations sur des profanations du livre saint musulman, ont déjà déclenché des émeutes meurtrières à deux reprises.

« Ils ont commis un crime. Nous ne voulons pas d’eux dans notre pays », a déclaré Feda Mohammad, un homme d’âge moyen en jeans, une veste et un chapeau de laine, quand on lui parle de la bande vidéo. « Nous n’aimons pas les étrangers dans notre pays et ils doivent partir. »

Comme plusieurs autres habitants de la ville, Qaisullah, un commerçant de 44 ans, qui vit près de la mosquée Shah-e-dushamshera dans la capitale, a dit que les soldats visibles dans la vidéo devaient être punis.

« Le gouvernement doit discuter avec le gouvernement américain des poursuites contre ces soldats, pour qu’à l’avenir nul ne puisse plus se moquer des Afghans », a-t-il dit.

« Je n’ai pas vu la vidéo mais je dirais que cela va nuire à notre pays et aux pourparlers de paix. Cela commence juste avec des images à la télévision, mais on va se retrouver avec des manifestations partout dans le pays et peut-être dans le monde », a déclaré Qaisullah.

Le bureau de Karzaï a refusé de faire des commentaires et le porte-parole des Talibans n’étaient pas joignable.

Aux États-Unis, deux responsables militaires, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat ont déclaré la vidéo semble être authentique, mais Reuters n’a pas pu encore faire toutes ses vérifications.

L’armée américaine a intenté des poursuites contre les soldats de la 5e brigade Stryker pour le meurtre de civils afghans non armés, alors qu’ils étaient déployés dans la province de Kandahar en 2010.

Au Pentagone, le capitaine John Kirby a déclaré que le ministère de la Défense avait été « profondément troublé » par la vidéo.

Près d’un an d’efforts déployés en arrière-plan par les négociateurs américains semblaient porter leurs premiers fruits alors que les Talibans acceptent des contacts indirects qui pour les responsables américains pourraient devenir de véritables pourparlers sur l’avenir politique de l’Afghanistan.

À Kaboul, Grossman va demander l’approbation de Karzaï – dont le soutien à un effort des Etats-Unis est réservé car il craint d’être marginalisé – pour aller de l’avant avec une série de mesures considérées comme un préalable indispensable à des négociations qui pourraient donner aux Talibans un rôle important dans le gouvernement de l’Afghanistan.

L’objectif est de faire avancer les négociations au-delà des discussions sur des « mesures de confiance » réciproques.

« Nous essayons d’avoir des contacts au sujet de mesures de confiance afin de permettre des négociations entre les Afghans et les Talibans », a déclaré un haut responsable à Washington, mais qui a refusé d’être identifié.

L’initiative diplomatique inclut un éventuel transfert de prisonniers Talibans de la prison de Guantanamo Bay.

Une percée pourrait marquer une étape importante pour l’administration Obama, qui s’active pour obtenir un minimum de stabilité en Afghanistan tout en allant vers un dégagement progressif d’une guerre longue et coûteuse.

Les Etats-Unis et leurs alliés se sont fixés pour but de retirer leurs troupes d’ici la fin 2014.

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12 janvier 2012 – Ma’an News – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.net/eng/ViewDet…
Traduction : Info-Palestine.net

Guantanamo


La prison de Guantánamo est toujours ouverte, dix ans après les premiers transferts de prisonniers vers cette base américaine sur l’île de Cuba. Cette prison est un symbole de l’échec des autorités américaines dans la «guerre contre le terrorisme» lancée après les attentats du 11 septembre 2001.

Les prisonniers y sont détenus sans inculpation ni jugement. 48 d’entre eux pourraient y être emprisonnés de manière illimitée sans avoir droit à un procès.

Quant aux personnes accusées d’être responsables des attentats du 11 septembre, elles n’ont pas encore été jugées. Guantánamo représente une grave violation des droits humains.

Amnesty International demande la fin des détentions à Guantánamo Bay, un procès équitable pour les prisonniers qui y sont encore détenus et l’abandon des commissions militaires.

Participez à l’action d’Amnesty :

Le mercredi 11 janvier
Entre 10 et 11h
Galerie Saint-Hubert à Bruxelles.

« Les guerres ont décrédibilisé les USA »


Entretien : J-P. Du.

Mis en ligne le 17/12/2011

« La combinaison des conflits d’Irak et d’Afghanistan a déstabilisé le potentiel militaire américain ainsi que la crédibilité internationale des Etats-Unis. En conséquence, leur capacité d’action s’est amoindrie. » Entretien avec Amine Ait-Chaalal Professeur de relations internationales (UCL)Directeur du centre d’études des crises et conflits internationaux (Cecri)
Le bilan de l’intervention américaine en Irak est-il plus positif que négatif ?Il y a eu des éléments positifs. C’est d’abord et avant tout la chute d’une dictature. Ensuite, et de manière paradoxale, le conflit en Irak a établi le caractère illusoire d’imposer une issue politique par la force. La démocratie ne s’impose pas par les armes. Les projets des néoconservateurs ont été remis dans les bibliothèques des idéologues. Il y a d’autre part nombre d’aspects qui sont beaucoup plus négatifs. Le bilan humain est d’abord dramatique. Plus de 4 000 soldats tués en Irak du côté américain. Il faut y ajouter des dizaines de milliers de blessés, ainsi qu’un taux de suicide particulièrement élevé. Et pour tout ce qui relève du “post traumatic stress disorder”, une notion qu’on connaît bien depuis la guerre du Vietnam, on peut estimer que 300 000 soldats ont été atteints par ce syndrome. Le bilan financier est aussi terriblement négatif. Plus de 800 milliards de dollars ont été consacrés pour cette guerre par le budget américain et pour le résultat obtenu, c’est cher payé. Son impact sur l’instabilité économique qu’on connaît est lié à ces dépenses.Et du côté irakien ?

Les chiffres sont plus difficiles à établir, mais on estime à 600 000 le nombre de victimes irakiennes, auxquelles il faut ajouter plusieurs millions de personnes déplacées à l’intérieur ou à l’extérieur du pays.

L’image des Etats-Unis n’a-t-elle pas été dégradée ?

Si. Les images d’Abou Ghraib comme celles de Guantanamo ont beaucoup affecté la crédibilité américaine sur la scène internationale. Dès 2002, Barack Obama avait pris position de manière virulente contre le lancement de cette guerre, alors qu’il existait un consensus favorable à l’intervention. Je voudrais aussi insister sur la perte de temps qu’a occasionnée cette intervention sur le dossier israélo-palestinien, aujourd’hui en perdition. Or, pour l’avenir de la région et la stabilité mondiale, on ne peut que le déplorer.

Est-ce qu’aujourd’hui l’Irak est stabilisé ?

Les informations dont on dispose sur les attentats et les violences ne donnent pas l’impression que la stabilisation soit un processus engagé. Au contraire, cette guerre a avivé un certain nombre de fractures dans la société irakienne.

Cette intervention, et ses échecs, vont-ils amener les Etats-Unis à se désengager du statut de “gendarme du monde” ?

C’est un statut qu’ils n’ont jamais revendiqué de manière officielle. Ceci étant dit, si on prend la situation qui était celle du début de l’année 2001, à l’arrivée de Bush, et celle prévalant 10 ans plus tard, la combinaison des guerres d’Irak et d’Afghanistan a déstabilisé le potentiel militaire américain ainsi que la crédibilité internationale des Etats-Unis. Et donc la capacité d’action des Etats-Unis s’est amoindrie. Pendant ce temps-là, le reste du monde a évolué, un certain nombre de puissances ont émergé, et la position des Etats-Unis s’est affaiblie malgré les tentatives de l’administration actuelle en termes internes et internationaux.

Source

Face aux reproches des républicains, Obama s’affiche en ami d’Israël


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le 04.12.11 | 16h16

Attaqué par ses adversaires républicains sur son manque de soutien supposé à Israël, le président américain Barack Obama se vante, malgré des tensions, d'être le meilleur ami de l'Etat hébreu à moins d'un an de la présidentielle de 2012

Attaqué par ses adversaires républicains sur son manque de soutien supposé à Israël, le président américain Barack Obama se vante, malgré des tensions, d’être le meilleur ami de l’Etat hébreu à moins d’un an de la présidentielle de 2012.
La plupart des candidats républicains à l’investiture de leur parti pour la consultation du 6 novembre prochain, lorsque M. Obama briguera un second bail de quatre ans à la Maison Blanche, se réunissent mercredi à Washington pour un forum organisé par la « Coalition juive républicaine ».

Ils devraient y renouveler leurs critiques contre l’administration démocrate, qu’ils ont accusée ces derniers mois de manque de soutien à Israël au moment où les bouleversements au Moyen-Orient mettent cet Etat sur la défensive.
Vendredi, le secrétaire à la Défense de M. Obama, Leon Panetta, a appelé Israël à « faire des efforts pour arriver à faire la paix avec les Palestiniens » et à rompre son « isolement » dans la région, en allusion à ses relations tendues depuis plusieurs mois avec l’Egypte et la Turquie.

M. Panetta a assorti ces mises en garde d’assurances sur l’attachement des Etats-Unis à la sécurité d’Israël, un leitmotiv de toutes les administrations. M. Obama est toutefois allé plus loin mercredi en affirmant qu' »aucun allié n’est plus important que l’Etat d’Israël » pour les Etats-Unis.

Le président, qui s’exprimait à New York lors d’une réunion de levée de fonds au domicile du président d’un groupe de défense des intérêts juifs, a aussi assuré que « cette administration a fait davantage pour la sécurité d’Israël que toute autre administration ».

Si M. Obama s’est attiré des critiques en 2010 pour avoir exigé – avant d’y renoncer – un gel de la colonisation israélienne comme préalable à la reprise des négociations de paix, la Maison Blanche souligne que le président a accordé une aide supplémentaire à l’Etat hébreu pour son système antimissile et obtenu de nouvelles sanctions contre l’Iran pour son programme nucléaire controversé.

Des responsables de l’équipe de M. Obama remarquent aussi que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a chaleureusement salué en septembre les déclarations du président contre l’admission à part entière à l’ONU d’un Etat de Palestine avant tout accord de paix.
Mais les républicains ont immédiatement réagi aux propos de M. Obama à New York. « Vous voulez rire? » s’est exclamé le président de la Chambre des représentants, John Boehner, en critiquant une Maison Blanche « qui veut qu’Israël revienne aux lignes indéfendables de 1967 » face aux Palestiniens.

L’un des principaux candidats à l’investiture républicaine, Mitt Romney, a quant à lui affirmé que les mesures entreprises par l’administration démocrate équivalaient à « laisser tomber Israël ».
Spécialiste du dossier et partisan de M. Obama, l’ancien représentant Mel Levine regrette la bronca républicaine, « un exemple révoltant et vraiment irresponsable de division partisane qui ne rend pas service à Israël, en définitive ».
Le contexte est bien sûr celui du soutien de l’électorat juif, qui s’est porté à 78% sur M. Obama en 2008. Il ne représenterait qu’environ 2% du corps électoral, mais pourrait faire la différence dans des Etats-clé où le vote pourrait être serré, comme la Floride (sud-est) et la Pennsylvanie (est).

Les assertions républicaines d’aujourd’hui « ne sont pas différentes de celles que certains républicains essayaient de formuler en 2007-2008 », explique à l’AFP M. Levine, pour qui « nous aurons le même succès en novembre (2012) qu’en 2008 ».
Selon l’institut Gallup, les électeurs juifs n’étaient plus que 54% à soutenir M. Obama en septembre dernier, contre 83% au début de sa présidence. Mais c’est toujours dix points de plus que la moyenne de sa popularité au sein du corps électoral.

AFP

Le lien avec les Etats Unis vu de Tel Aviv


Le gouvernement sioniste vient de lancer une campagne de com pour inviter ses ouailles égarées en Amérique à retrouver le chemin du « foyer national juif. »

Cette campagne a suscité la colère dans la communauté juive des Etats Unis. Pas seulement pour de bonnes raisons cependant.

Elle a apparemment laissé de marbre les Américains non Juifs qui auraient pourtant eu aussi des motifs légitimes de se fâcher, eux dont les dirigeants, de Barack Obama à Joe Biden, ne cessent de clamer le lien incassable (unbreakable) entre les Etats unis et la voyoucratie sioniste.

Les Juifs des USA refusent la campagne de communication anti-assimilation

Des spots vidéo illustrant le processus d’assimilation des Israéliens residant à l’étranger provoquent des remous dans la communauté juive américaine. Selon les Jewish Federations ; ce message insultant pourrait nuire aux relations entre israël et la diaspora.

Par Yitzhak Benhorin, Yediot Aharonot (Sionistan) 2 décembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

WASHINGTON –  Une campagne de communication lancée par le ministère de l’absorption des immigrants destinée à convaincre les Israéliens résidant à l’étranger de rentrer en Israël a provoqué une grande colère chez de nombreux Juifs Américains qui soutiennent que ces spots vidéo mettent en danger les relations d’Israël avec sa diaspora.

Trois vidéos produites par le ministère décrivent des scènes de la vie “ordinaire” des Israéliens à l’étranger et les pressent de “rentrer au pays” avant d’être «complètement assimilés.»

Suite à de nombreuses protestations de la part de Juifs Américains, la Jewish Federations of North America (JFNA) a publié la déclaration suivante : « … Tout en admettant les motivations derrière la campagne de spots vidéo, nous sommes fermement opposés à son message selon lequel les Juifs Américains ne comprennent pas Israël. Nous partageons les préoccupations de beaucoup d’entre vous qui avez fait savoir que ce message scandaleux et insultant pourrait nuire à la relation entre Israël et la diaspora.»

« C’est pourquoi nous avons fait connaître notre préoccupation aux officiels Israéliens aux Etats Unis et transmettons un courrier aux services du premier ministre pour lui demander avec force de stopper cette campagne et de reconsidérer la stratégie sous-jacente. Nous avons aussi proposé notre aide dans la redéfinition de cette démarche.»

Une des vidéos montre des grands-parents en Israël avec un chandelier d’Hannoucah derrière eux en train de discuter avec leur petite fille sur Skype. Ils lui demandent « c’est quelle fête aujourd’hui ? », à quoi elle répond joyeusement «Noël.»

En fin de vidéo, le message suivant s’incruste sur l’écran : « Ils seront toujours Israéliens. Pas leurs enfants. Aidez-les à rentrer au pays.»

Une autre vidéo qui a mécontenté les Juifs Américains suggère que des israéliens ne devraient pas épouser des non Israéliens, parce que ces derniers ne comprendront jamais des fêtes israéliennes comme la Journée du Souvenir des Soldats et des Victimes du Terrorisme.

Dans un troisième spot, on voit un enfant essayer de tirer son père de la sieste en appelant à plusieurs reprises «papa». Mais le père ne réagira que quand l’enfant finira par l’appeler «aba» (père en hébreu).

Les organes de presse américains ont pourfendu cette campagne de communication, dirigeant leur colère contre le premier ministre Benjamin Netanyahou.

Le magazine Business Insider a comparé Netanyahou au Grinch, un personnage de fiction créé par le Dr Seuss et qui est opposé aux fêtes de Noêl, tandis que le Miami Herald a publié un article intitulé «Benjamin Netanyahou en guerre contre Noël ?»

Jeffrey Goldberg, correspondant de The Atlantic, a exprimé le mécontentement de la communauté juive en écrivant: “L’idée communiqué par ces spots est que l’Amérique n’est pas un endroit pour être un bon Juif et qu’un Juif qui se soucie du destin juif devrait vivre en Israël est archaïque et aussi chutzpadik (si je puis me permettre ce terme familier).

“Le message est: Chers Juifs Américains, merci de faire pression pour l’aide militaire américaine (et pour le show formidable que vous montez chaque année pour la convention de l’AIPAC !) mais, SVP, tenez-vous à l’écart de nos fils et de nos filles, » écrit-il.

Mounadil el Djazaïri

Chomsky parle de “Occupy Wall Street” et de l’effondrement imminent d’Israël


Dr. Ashraf Ezzat – Pyramidion


Dans un interview à Russia Today, l’éminent intellectuel, Professeur Noam Chomsky, a commenté d’importants événements politiques mondiaux.
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Noam Chomsky

Chomsky partage avec clarté ses réflexions sur les manifestations à Wall street et prédit que la pauvreté et le chômage vont se développer dans les mêmes proportions que pendant la grande dépression ; il parle de l’énorme montant que les dépenses de la campagne présidentielle de 2012 vont atteindre et dit que ceux qui sont au Congrès ou à la Maison Blanche ne méritent plus leur place mais l’achètent et il explique que l’assassinat d’Osama Bin Laden marque un tournant dans la politique américaine : a l’époque de Bush on enlevait et torturait celui que la CIA considérait comme une menace aux USA, sous Obama, on est passé à « aussitôt vu aussitôt abattu » en violation de toute légalité.

Il précise que le meurtre d’Osama Bin Laden a été commis d’une manière qui a fortement irrité et peut-être impliqué l’armée pakistanaise, ce qu’il trouve extrêmement dangereux.

Quant au printemps arabe, Chomsky dit que les USA et ses alliés occidentaux n’ont pas soutenu les révolutions tunisiennes et égyptiennes, au contraire ils s’y sont opposés en soutenant les dictateurs jusqu’à la dernière minute, puis ils ont changé de politique après leur chute.

En raison du fait qu’il met tous ses espoirs dans le seul soutien des USA « l’état sioniste risque de s’effondrer si se soutien lui était retiré totalement ou partiellement —tout à fait comme l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid », dit Chomsky qui rappelle que les Africanders s’étaient sentis assez en sécurité pour ignorer l’embargo de l’ONU et le retrait des entreprises de leur pays pendant les années 1980, tout le temps que l’administration de Reagan les soutenait. Mais dès que les USA lui ont retiré leur soutien, le régime d’apartheid s’est effondré.

« Cela fait 35 ans que les USA et Israël rejettent une accord politique qui est virtuellement soutenu par le monde entier. Il y a environ deux mois, il y a eu une réunion de l’oligarchie israélienne —ceux qui dirigent l’économie israélienne, » explique Chomsky,  » et ils ont conseillé au gouvernement d’accepter une résolution de ce genre parce que sinon Israël sera, comme ils disent transformée en Afrique du Sud ; elle sera encore plus isolée, à cause des boycotts, des refus de charger leurs navires, et leur économie s’écroulera. »

Discours d’Obama aux Nations Unies ? Pathétique…


vendredi 23 septembre 2011 – 17h:17

Robert Fisk – The Independent

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Obama s’obstine à traiter les Israéliens et Palestiniens comme parties égales dans le conflit.
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Affront supplémentaire pour Obama, Netanyahu n’avait même pas jugé utile, ou au minimum poli, d’assister au discours lamentable de son obligé … Photo : AFP

Aujourd’hui devrait être le moment le plus plaisant pour Mahmoud Abbas. Même le New York Times a découvert que « un homme gris portant des costumes gris et des chaussures soignées, peut lentement sortir de l’ombre ».

Mais c’est une absurdité. L’insipide chef de l’Autorité Palestinienne, qui a écrit un livre de 600 pages sur le conflit entre son peuple et Israël sans même mentionner une seule fois le mot « occupation », ne devrait avoir aucun mal ce soir à surpasser le discours pathétique et humiliant délivré par Barack Hussein Obama devant l’assemblée générale des Nations Unies ce mercredi, lorsqu’il a mis par-dessus bord la politique des Etats-Unis au Moyen-Orient pour s’aligner sur celle d’Israël.

Pour un président Américain qui avait réclamé une fin à l’occupation israélienne de terres arabes, une fin au vol de la terre arabe en Cisjordanie – les « colonies » israéliennes comme il avait coutume de les appeler – et un Etat Palestinien d’ici 2011, la prestation d’Obama était pathétique.

Comme d’habitude, Hanan Ashrawi, la seule voix palestinienne éloquente à New York cette semaine, a trouvé le bon mot. « Je ne pouvais en croire mes oreilles » a-t-elle dit à Haaretz, le plus fin des journaux israéliens. « Cela sonnait comme si les Palestiniens étaient ceux qui occupaient Israël. Il n’a pas eu un mot de sympathie pour les Palestiniens. Il n’a fait que parler des problèmes des Israéliens… » C’est trop exact. Et comme d’habitude, les journalistes israéliens les plus raisonnables, dans leur franche condamnation d’Obama, ont montré que les princes parmi les journalistes américains n’étaient que des lâches. « Le discours mou et dénué d’imagination que le président Barack Obama a livré aux Nations Unies… reflète à quel point le président américain est désarmé face aux réalités du Moyen-Orient, » a écrit Yael Sternhell.

Et alors que les jours s’écouleront, nous verrons si les Palestiniens répondront à la lamentable prestation d’Obama avec un troisième Intifada ou par un haussement d’épaules de lassitude en voyant que les choses ne changent pas, que les faits continueront de prouver que le gouvernement des États-Unis demeure une marionnette aux mains d’Israël quand il est question du refus que les Palestiniens aient un état.

Demandons-nous comment est-il possible que l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, Dan Shapiro, ait voyagé de Tel Aviv à New York pour le débat sur l’Etat palestinien, dans le propre avion de Netanyahu, le premier ministre israélien ? Comment se fait-il que Netanyahu était trop occupé à tailler une bavette avec le président colombien pour aller écouter Obama ? Il a juste jeté un coup d’oeil sur le document palestinien au moment il était en face à face avec le président Américain. Ce n’était pas du « culot » [chuzpah]. C’était une insulte, pure et simple.

Et Obama l’a bien mérité. Après l’éloge du printemps/été/automne arabe, comme il voudra le nommer – courant encore une fois après tous ces actes individuels de courage des Tunisiens et des Egyptiens comme si il avait avait été tout ce temps à leurs côtés, le bonhomme n’a trouvé que 10 minutes sur son heure à accorder aux Palestiniens, les giflant au visage pour oser demander un statut de membre des Nations Unies. Et Obama – et ceci était la partie la plus drôle de son absurde discours devant les Nations-Unis – a même oser suggérer que les Palestiniens et les Israéliens étaient deux parties « égales » dans le conflit.

Un martien qui écouterait ce discours penserait, comme Mme Ashrawi l’a suggéré, que les Palestiniens occupent Israël plutôt que le contraire. Aucune mention de l’occupation israélienne, aucune mention des réfugiés ou du droit au retour ou du vol de la terre palestinienne et arabe par le gouvernement israélien en opposition complète avec le droit international… Mais que de lamentations sur le peuple assiégé d’’Israël, sur les tirs de fusées sur leurs maisons, sur les attentats-suicide – les péchés des Palestiniens, naturellement, mais sans aucune référence au carnage dans Gaza ni aà l’énorme nombre de morts palestiniens – et même sur les persécutions historiques à l’encontre des communautés juives et sur l’Holocauste.

Ces persécution sont un fait de l’histoire. Ainsi que l’Holocauste. Mais les PALESTINIENS N’ONT PAS COMMIS CES ACTES. Ce sont les Européens – dont Obama sollicite maintenant l’aide pour refuser un Etat aux Palestiniens – qui ont commis ce crime des crimes. Puis nous étions à nouveau dans les considérations sur« les parties égales », comme si les occupants israéliens et les Palestiniens sous occupation étaient sur une aire de jeu. Madeleine Albright avait l’habitude d’user de ce mensonge terrible. « Cela revient aux parties elles-mêmes, » disait-elle, se lavant les mains comme un Ponce Pilate de toute cette affaire, dès u’Israël menaçait d’avoir recours à son lobby au Etats-Unis. Le ciel sait si Mahmoud Abbas peut produire un discours historique à l’ONU aujourd’hui. Mais au moins nous savons tous qui est le conciliateur.

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23 septembre 2011 – The Independent – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.independent.co.uk/opinio…
Traduction : Info-Palestine.net

Obama : le « premier Président juif » d’Amérique ?


samedi 24 septembre 2011 – 06h:57

Marwan Bishara
Al Jazeera

Après le discours du Président US aux Nations-Unies, notre principal analyste se demande pourquoi les dirigeants américains continuent de plier devant les exigences d’une puissance étrangère. Al Jazeera.
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Barack Obama est devenu plus pro-israélien que George W Bush,
soutient l’analyste M. Bishara.
(Gallo/Getty)

Obama est « le premier Président juif ». Tel est le titre de l’édito du New York Magazine, écrit par John Heilemann et citant un important collecteur de fonds d’Obama.

En écoutant Obama aux Nations-Unies mercredi, beaucoup ont hoché la tête, et pas moins en Palestine et dans le monde arabe.

Le Président US a embrassé la position israélienne de rejet de la reconnaissance internationale d’un État palestinien indépendant.

Mais ce n’est pas une position juive. C’est une position sioniste radicale. Beaucoup de juifs, dont des juifs des États-Unis et d’Israël, n’adoptent pas de telles positions extrémistes.

Mais qu’Obama ait surpassé son prédécesseur, George W. Bush, qui fut le plus radical partisan d’Israël de tous les Présidents US, cela a laissé tout le monde pantois en Israël. En écoutant le Président US sioniste, on croyait entendre les pères fondateurs d’Israël eux-mêmes.

Jamais, on n’avait entendu un Président US lire directement les papiers du gouvernement israélien.

Une propagande passant pour de l’histoire

On aurait pu penser qu’après six décennies de dépossessions, quatre décennies d’occupation et deux décennies de processus de paix, le Président Obama reconnaisse quelque désaccord politique et morale qu’il fallait régler.

Qu’il rappelle, et non qu’il sape ses propres paroles prononcées au Caire il y a un an et demi, sur la nécessité pour Israël de cesser ses colonies illégales en Palestine.

Qu’il rappelle, et non qu’il sape sa propre vision – lire sa promesse – depuis la même scène, en septembre dernier, d’un État palestinien d’ici un an, c’est-à-dire cette semaine.

Qu’il rappelle, et non qu’il sape sa propre rhétorique à propos de la liberté dans la région arabe.

Ou qu’il rappelle, et non qu’il sape sa proclamation de l’importance d’une paix basée sur un retrait, pas davantage de la même logique de guerre.

Hélas, le Président a anéanti son slogan entier, « Le changement, nous pouvons y croire ».

Son intervention s’est inspirée de la pire propagande officielle d’Israël. De fait, une grande partie est le copier-coller de la stratégie d’Israël.

Il a parlé de « faits » historiques qui ont longtemps été réfutés par des historiens israéliens, et de vérités qui ne sont rien de plus qu’une interprétation unilatérale d’une situation politique.

Obama a prétendu que les Arabes avaient lancé des guerres contre Israël. Alors qu’en réalité, c’est Israël qui est l’agresseur, lançant ou instiguant des guerres, en 1956, 1967, 1982, 2006 et 2008. Seule, la guerre de 1973 a été déclenchée par des Arabes, mais seulement aux fins de récupérer des territoires occupés et après que les USA et Israël aient rejeté les ouvertures de paix d’Anwar el-Sadat.

Il a insisté sur le travail des Israéliens pour forger un État prospère dans leur « patrie historique ». Mais le monde dans sa grande majorité, et certainement le monde arabe, a considéré la création d’Israël comme un projet colonial sous des prétextes théologiques.

La Serbie croit aussi que le Kosovo est le lieu de naissance de sa nation ; doit-elle être autorisée à forger un État prospère de sa propre initiative, un État exclusivement serbe, sur ce territoire ?

Tous les peuples occupés doivent-ils chercher à s’arranger avec leurs occupants en dehors de l’intervention de la communauté internationale ? Est-ce ainsi que les nations d’Afrique et du Moyen-Orient ont obtenu leur indépendance des puissances coloniales européennes ?

Tout un peuple doit-il vivre sous occupation jusqu’à ce que son occupant soit satisfait des conditions de sa reddition ?

C’est de la politique, stupide

Tout commentateur en fonction vous rappellera qu’il ne faut pas vous attendre à beaucoup d’actes concernant Israël d’un Président US pendant une année électorale.

Comme Heilemann l’illustre dans son article, la carrière d’Obama s’est construite sur ses relations avec les généreux donateurs juifs de Chicago.

Effectivement, le type le plus fortuné du Parti démocrate de ces dernières décennies est devenu le chef de Cabinet d’Obama, Rahm Emmanuel. Aujourd’hui, il est le maire de Chicago.

Mais ce n’est pas juste qu’une question d’argent. Cela touche aussi au soutien déterminant du Congrès sur les questions nationales pressantes qui peuvent faire le succès ou l’échec de la présidence Obama. Et le lobby israélien, l’AIPAC, peut faire un enfer de la vie du Président tout au long de l’année qui vient.

Maintenant, je comprends tout cela. Mais ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi c’est accepté comme un fait accompli ! Cela tient de la politique ! A prendre ou à laisser !

Si c’est le cas, au moins appelons un chat un chat ; et l’administration(s) US pour ce qu’elle semble tant paraître : ni juive ni sioniste, plutôt hypocrite.

Elle parle de justice mais poursuit une politique inique ; elle parle de répressions mais promeut ses propres intérêts à tout prix. Elle prêche la liberté mais soutient l’occupation ; elle parle de droits humains mais elle insiste pour confier le poulailler au loup, et seulement au loup.

Tous des dindons de la farce

Pourquoi les Palestiniens ont-ils été tenus d’être les victimes de la politique US tout en étant les otages de la politique israélienne au cours des six dernières décennies ? Pourquoi la plupart des Israéliens doivent-ils continuer à vivre dans un État garnison incapable de normaliser ses relations avec ses voisins ?

Pourquoi les Américains doivent-ils voir leurs politiciens pris en otage par une puissance étrangère et ses partisans influents ?

Le lobby juif pro-israélien, J Street, a commenté la soumission alarmante à Israël non seulement de Démocrates mais aussi de Républicains, disant : « Il n’y a aucune limite, semble-t-il, dans la façon dont les politiciens américains sont tombé ces jours-ci dans la soumission à Israël pour obtenir des gains politiques ».

Même s’il y a eu une logique stratégique dans le soutien US à Israël dans le passé, l’obséquiosité actuelle de Washington n’a guère de sens.

Washington a longtemps usé de son influence sur Israël pour qu’il soit un levier stratégique de domination sur les dirigeants arabes. Seul Washington peut empêcher Israël de partir en guerre et obtenir des concessions en matière de diplomatie, estimaient autrefois les dirigeants arabes.

Mais les dictateurs qui ont exploité la Palestine pour capitaliser un soutien national, ou qui l’ont troquée contre des faveurs occidentales, appartiennent au passé.

Les Arabes d’aujourd’hui sont amers et furieux de la complicité américano-israélienne en Palestine et ils ne seront pas aussi facilement bridés ou achetés que leurs dictateurs déchus.
(JPG) Marwan Bishara est un éminent analyste d’Al Jazeera. Il a été précédemment professeur de Relations internationales à l’université américaine de Paris. Il a beaucoup écrit sur la politique mondiale, et il fait largement autorité sur les questions moyen-orientales et internationales.

Du même auteur :

-  Une victoire pour Erdogan, mais nuancée
-  Oussama : la fin d’un alibi
-  La plus ancienne dictature du Moyen-Orient
-  Tunisie : l’hypocrisie des pouvoirs occidentaux
-  Quelle prochaine étape pour le processus de paix ?
-  Israël est-il un handicap pour les USA ?
-  Israël défend l’indéfendable

22 septembre 2011 – Al Jazeera – traduction : JPP

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L’hypocrise d’Obama sur la Palestine


jeudi 22 septembre 2011 – 12h:34

Abdel Bari Atwan


Le président palestinien Mahmoud Abbas a balancé les dés et s’est rendu à l’Organisation des Nations Unies [ONU] pour soumettre une demande de reconnaissance d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967, défiant ainsi toutes les pressions et menaces américaines et israéliennes qui exigent de lui qu’il revienne sur cette initiative et retourne à nouveau à la table des négociations.

Cette initiative du président Abbas [président autoproclamé, sans mandat électif et par le bon vouloir d’Israël et des Etats-Unis – N.d.T] est une aventure pleine de dangers personnels et nationaux. Se présenter devant le Conseil de sécurité de l’ONU [UNSC] pourrait signifier ne pas obtenir les neuf voix favorables requises par les procédures pour pouvoir ensuite se présenter devant l’Assemblée générale des Nations Unies. Mais même au cas où il obtiendrait ces voix, le « veto » Etats-Unis est prêt. L’envoyé de la Palestine auprès de l’ONU, Riyad Mansour, a exprimé ses craintes que les Etats-Unis décident de ne plus assumer leurs obligations et ait recours au gel de l’application des résolutions du Conseil de Sécurité pendant plusieurs mois, exploitant l’examen et la consultation [de la demande palestinienne] comme une excuse.

La reconnaissance d’un statut de membre observateur – ou même d’Etat à part entière – si elle était obtenue, sera une victoire « morale » qui ne changera rien sur le terrain, malgré toutes les tentatives « d’embellissement » par la machine médiatique qui accompagne le président palestinien. Mais dans une époque dominée par les défaites et « l’immobilisme » des responsables palestiniens, de petites victoires sont gonflées hors de toute proportion.

Le président Abbas est allé à l’ONU pour obtenir la reconnaissance d’un état imaginaire, sans territoire, ni frontières ni souveraineté, dans une position désespérée et faible, une fois fermement convaincu par 20 ans de négociations humiliantes et ignominieuses, de l’impossibilité d’un Etat palestinien indépendant dans le cadre des accords d’Oslo.

Lui, le président Abbas a donc décidé que l’histoire se souviendrait de lui, même si ce n’est qu’avec une seule ligne écrite, comme celui qui a réalisé cet Etat même si ce n’est que sur le papier. Après quoi il prendrait sa retraite de l’ANP [Autorité Nationale Palestinienne] assuré d’avoir réalisé quelque chose.

Cette étape a pris le peuple palestinien par surprise, comme l’ont fait les autres étapes et les accords d’Oslo. Le président de l’ANP n’a consulté personne et n’a réuni aucune assemblée nationale ou législative, même pas une conférence pour mettre ensemble un groupe de personnes qualifiées représentant les diverses tendances, opinions, et expertises, et pas même les parties impliquées dans la réconciliation palestinienne formalisée par l’accord du Caire. Le président a décidé et le peuple n’a qu’à obéir et à soutenir… C’est une situation extrêmement dangereuse dont beaucoup de monde s’inquiète.

Ceux qui sont proches du président affirment qu’aller à l’ONU gêne les Israéliens et place le président américain et son administration dans une position embarrassante, mais cela trouble aussi le peuple palestinien et certains de ses intellectuels. Mais qu’ils soient en faveur de cette étape ou qu’ils y soient opposés, cela est devenue sans incidence.

Soutenir la décision [d’Abbas] signifie faire courir des risques à plusieurs droits légitimes, tels que celui de sacrifier le droit au retour, de faire en sorte que l’OLP ne représente plus le peuple palestinien dans sa patrie et dans la diaspora, et celui de réduire les demandes légitimes du peuple palestinien à moins de 20% de la terre historique de Palestine.

Comme les nouvelles résolutions des Nations Unies invalident automatiquement les précédentes, la nouvelle résolution annulera les plus anciennes. Ceci est une règle connue en droit. La reconnaissance d’un Etat dans les frontières de 1967 pourrait entraîner l’annulation de la résolution de partitionnement N°181 et de la résolution 194 qui garantit le droit au retour. Les Israéliens prétendront – et combien ils sont qualifiés dans l’art des arguties – que ce droit est maintenant limité à l’Etat palestinien dans ses frontières déterminées par la nouvelle résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies. Ils pourraient même aller plus loin et imposer l’application d’un droit de retour à l’encontre des citoyens arabes vivant dans la Palestine occupée en 1948.

Quant à ceux qui s’opposent à cette étape, on pourrait penser qu’ils s’opposent au soi-disant projet national palestinien dont les hommes de l’ANP parlent beaucoup ces jours-ci, qu’ils se tiennent dans la tranchée du côté d’Israël et qu’ils ne veulent pas provoquer l’administration américaine en la mettant dans l’embarras à devoir utiliser son droit de veto. Ce sont des accusations honteuses en plus d’être inacceptables et elles reflètent une sale mentalité de recours au chantage et à l’exclusion.

Nous nous leurrons si nous acceptons la logique sur laquelle s’appuient les partisans de cette étape, comme quoi la reconnaissance de la Palestine en tant que membre de l’ONU ou comme pays observateur transformera l’occupation et l’agression israélienne en occupation par un pays d’un autre pays également membre des Nations Unies, et permettra ainsi aux Palestiniens de se défendre devant la Cour pénale internationale ( dont Israël n’a pas signé la charte) et donc de poursuivre les criminels de guerre israéliens. Cette vue pourrait être juste en théorie, mais elle n’a aucune valeur sur le terrain. Les Etats-Unis ont agressé et occupé l’Irak et l’Afghanistan et Israël a attaqué le Liban, un État membre, et occupé ses territoires comme il occupe le territoire syrien aujourd’hui et viole les frontières égyptiennes en allant assassiner six soldats égyptiens.

Nous avons le rapport Goldstone, qui a confirmé l’implication de l’armée israélienne dans des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dans la bande de Gaza. Nous avons la décision de la Cour internationale de Justice qui a jugé illégal le mur raciste en Cisjordanie. Qu’ont fait les Nations Unies pour nous ? Et en quoi un acte d’accusation international nous bénéficie-t-il ?

Le président Mahmoud Abbas tente d’être ferme, jouant une guerre politique et diplomatique, défiant les Américains et les Israéliens, et mobilisant la communauté internationale contre eux. Cela fait plaisir à voir et c’est un effort réel. Mais cela évite de devoir faire face à la réalité que vit la société palestinienne. C’est contre l’occupation israélienne, les colonies, et le pillage des terres et des ressources palestiniennes que doit être menée la bataille d’Abbas.

Les peuples arabes nous ont donné et nous donnent encore d’éloquentes leçons, et non en changeant le statu quo mais en chassant des dictatures profondément enracinées dans la corruption et la répression et qui empêchent toute autre solution. Mendier pour des solutions et une reconnaissance ne change rien, et si cette dernière change quelque chose ce sera pour le pire. Les résultats catastrophiques des accords d’Oslo sont toujours sous nos yeux sous la forme de colonies juives de peuplement, de l’humiliation et de la judaïsation de Jérusalem.

Le printemps palestinien ne doit pas seulement aboutir à une floraison aux Nations Unies, mais aussi dans les territoires palestiniens. Il serait scandaleux que [les Palestiniens] qui sont un des détonateurs de la révolution [arabe] et le modèle absolu d’une situation d’injustice, soient les derniers à prendre le train des révolutions arabes, avec leurs terres toujours occupées, un ennemi plein d’arrogance, et des responsables faibles et paralysés isolés de leur peuple et de la réalité arabe.

Nous allons certainement rester dans la tranchée d’une confrontation avec les Israéliens et les Américains à l’ONU, mais, en même temps, nous n’abandonnerons pas nos réserves, nos craintes, et notre insistance sur les constantes palestiniennes. Nous allons aussi persister à considérer toute victoire à l’ONU comme incomplète tant qu’elle n’est pas suivie par une Intifada populaire qui épuise l’occupation israélienne et la rend coûteuse politiquement et militairement.

Nous voulons voir 100 000 manifestants chaque vendredi au Square Al-Manarah à Ramallah, ou aux barrages routiers de Qalandiya qui privent les différentes générations de Palestiniens de voir Jérusalem et d’aller prier à la Mosquée Al Aqsa. Nous voulons voir l’ANP au service du peuple et non occupée à anesthésier ce peuple avec de minuscules initiatives visant à obtenir un état imaginaire.

Israël ne fait qu’à chaque fois relever le seuil de ses exigences et présente chaque jour une nouvelle demande, comme la reconnaissance d’Israël comme Etat juif afin d’expulser les Arabes pendant que nous-mêmes ou nos dirigeants ne cessons d’abaisser le niveau de nos revendications. La réponse idéale à Israël et à son aile d’extrême-droite n’est pas la demande d’une reconnaissance d’un Etat dans les frontières de 1967, mais d’un état civil démocratique sur toute la terre palestinienne, où les religions et les communautés coexisteront sur un pied d’égalité. Proclamons l’échec de la solution à deux Etats, et relançons l’OLP et ses institutions sur des bases scientifiques et réformistes qui intègrent les différentes générations palestiniennes, luttent pour le changement, se débarrassent de ses chairs mortes et pompe un sang neuf.

Israël est internationalement isolé, pas à cause de la lutte des Palestiniens, mais d’une part en raison de ses grossières erreurs, et d’autre part en raison de l’arrogance de ses dirigeants et des révolutions arabes qui ont renversé et renversent tous ses alliés ou régimes qui cèdent devant son terrorisme. Les Palestiniens et les Arabes doivent approfondir cet isolement grâce à une pression interne encore plus forte sur l’occupation et ses colons. Mais cela ne s’est pas encore produit..

Qui aurait cru que la Turquie, grand allié d’Israël dans la région et dans le monde islamique, se retournerait contre l’Etat sioniste, expulserait son ambassadeur et gèlerait toutes les relations commerciales et militaires ? Qui aurait imaginé que les révolutionnaires égyptiens investiraient l’ambassade israélienne au Caire, la vidant de son contenu, escaladant ses murs et obligeant ses diplomates à se sauver par la porte arrière comme des rats apeurés en quête de sécurité et en se coiffant du koufiyah palestinien qu’ils ont tant haï et combattu depuis si longtemps parce que symbole de dignité et de résistance ?

Enfin, nous disons au président Abbas de ne pas trop compter sur les victoires diplomatiques, malgré leur importance, et de revenir aux principes premiers de la résistance et de terminer sa carrière avec une victoire réelle sur le terrain et non pas avec une nouvelle résolution des Nations Unies. Il faut libérer le peuple palestinien de l’esclavage des salaires versés [par les donateurs via l’AP – N.d.T], et donner la priorité à l’intérêt national sur les conditions de vie qui génèrent la morosité que nous constatons aujourd’hui.

Nous souhaitons que le président Abbas ajoute à son discours à l’ONU une phrase qui dira : « Président Obama, vous êtes intervenu avec vos avions, vos missiles et l’OTAN en Libye en Irak et en Afghanistan en prétendant soutenir leurs peuples et leur combat pour la libération, et vous utilisez à présent votre veto contre la peuple palestinien pour lui refuser les droits fondamentaux que vous avez été parmi les premiers à reconnaître. Vous demandez à ce peuple d’obtenir un Etat grâce à des négociations avec son ennemi, mais c’est quelque chose que vous n’avez pas demandé ni aux Libyens, ni aux Irakiens, ni à d’autres. Assez d’hypocrisie. »

Mais ce ne sont pas Obama, encore moins Sarkozy, Blair, Cameron, et Angela Merkel, ni les autres hypocrites qui devraient avoir le plus honte, mais nous les Arabes…

(JPG)

* Abdel Bari Atwan est Palestinien et rédacteur en chef du quotidien al-Quds al-Arabi, grand quotidien en langue arabe édité à Londres. Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe.

Du même auteur :

-  Al Qaïda 10 ans après – 13 septembre 2011
-  Pour éviter une intervention étrangère, la Syrie doit accepter l’initiative de la Ligue arabe – 11 septembre 2011
-  Dans le vide qui suivra leur victoire, les rebelles libyens se diviseront – 30 août 2011
-  La Syrie est-elle en train de basculer dans la guerre civile ? – 16 août 2011
-  Intifada au Royaume Uni – 13 août 2011
-  L’opportunité du Ramadan – 3 août 2011
-  Leçons syriennes de démocratie – 23 juin 2011
-  L’hypocrisie occidentale face aux soulèvements populaires dans le monde arabe – 1° juin 2011
-  Libye : bientôt le bourbier ? – 21 avril 2011
-  Libye : le piège de la « no-fly zone » – 8 avril 2011
-  Le soulagement sera de courte durée quand nous verrons l’effet réel de l’intervention en Libye – 18 mars 2011

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11-Septembre, qu’est-ce qui a changé ?


vendredi 9 septembre 2011

Dix ans après les attaques contre le World Trade Center et le Pentagone

Les attaques contre les tours de New York et le Pentagone ont-elles marqué la naissance d’une ère nouvelle ? Le monde a-t-il changé de bases parce qu’une poignée de terroristes a commis un des raids les plus audacieux de l’histoire contemporaine ? A voir le nombre de publications consacrées à l’événement, on serait tenté de le croire. Et pourtant…

Ces attentats ont d’abord ébranlé l’Amérique, et certains ont pu affirmer que, après la chute du mur de Berlin, on allait assister à un retour d’autant plus remarqué des Etats-Unis que leur puissance militaire est alors à nulle autre pareille : à eux seuls, ils représentent un peu moins de la moitié des dépenses d’armement dans le monde. Les rapides succès en Afghanistan et en Irak ont corroboré ces analyses. Dix ans après, « la guerre contre le terrorisme », qui visait à éradiquer toute menace, y compris celle des Etats dénoncés comme « voyous », est un échec, et la rhétorique belliciste de Washington s’est atténuée. Les Etats-Unis devraient se retirer d’Irak d’ici à la fin de l’année, laissant derrière eux un pays détruit, avec un gouvernement divisé et corrompu, qui sera plus proche de Téhéran que de Washington. En Afghanistan, malgré les déclarations lénifiantes, la montée en puissance des talibans apparaît irrésistible, tandis que le Pakistan s’enfonce dans la crise. Quant à Al-Qaida, si son chef Oussama Ben Laden et nombre de ses hauts dirigeants ont été tués, elle a essaimé au Maghreb, au Yémen, au Nigeria, etc.

Le prix de ces guerres, avant tout payé par les peuples qui en ont été les victimes, pèse aussi sur les Etats-Unis et plus largement sur l’Occident, de deux manières. Elles ont permis une remise en cause des libertés au nom de la lutte contre le terrorisme, légalisé la torture, les enlèvements, les écoutes illégales, les assassinats ciblés, etc., pratiques qui se sont étendues malgré l’élection du président Barack Obama, comme le montre le maintien du bagne de Guantanamo ou l’utilisation sans restriction de drones.

Le terrorisme est devenu un concept attrape-tout permettant aux Etats de justifier leur politique de répression. Que Paris soit le siège, dans quelques jours, d’une conférence dite « des victimes du terrorisme » reflète cette intense campagne (lire « Au nom des victimes », par Sébastien Fontenelle, dans notre numéro de septembre, en kiosques, et « Un “congrès imposture” sur le terrorisme »).

Malgré les révoltes arabes et la marginalisation des groupes islamistes radicaux et violents, malgré l’affaiblissement d’Al-Qaida, les discours sur « la menace islamiste » ont profondément infiltré les sociétés et les mentalités en Occident et déstabilisé les minorités d’origine musulmane, entraînant un repli communautaire et la montée d’un climat islamophobe qui fait le lit d’une nouvelle droite radicale.

D’autre part, ces guerres déclenchées par Washington ont coûté des sommes folles, entre 3 000 et 5 000 milliards de dollars pour les seuls Etats-Unis, selon le Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz. Elles ont accéléré l’éclatement de la crise financière (favorisée aussi par les cadeaux aux banques) et réduit les marges de manœuvre de l’Etat. Malgré une situation sans précédent, les Américains semblent disposer de peu de moyens financiers pour relancer leur économie et lutter contre le chômage.

Dix ans après les attaques contre le World Trade Center, c’est le relatif déclin des Etats-Unis, désormais confrontés à la montée en puissance de la Chine, de l’Inde, du Brésil, de l’Afrique du Sud, etc., qui caractérise la situation mondiale. Le 11-Septembre n’aura été, finalement, qu’une étape dans ce basculement du monde.

Alain Gresh

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