Une plaine de jeux en Palestine


Lundi 11 novembre 2013 1 11 /11 /Nov /2013 10:12

Le Lajee Center a reçu un soutien inespéré. L’association internationale Playground For Palestine qui a déjà développé des plaines de jeux dans plusieurs villes et villages de Cisjordanie et de la Bande de Gaza.

Cette organisation contribue à développer les nouvelles structures de la plaines de jeux. Le Lajee sera en mesure de terminer le développement de la plaine de jeux d’ici le prochain été.

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Le Lajee Center remercie Playground for Palestine et « everyone who has donated towards the project; with the generosity of our friends from all over the world we have nearly finalized the full purchase of the land and we are now on the way to making this dream a reality. » (chacun qui a contribué à ce projet; avec la générosité de nos amis du monde entier nous avons finalisé l’acquisition du terrain et nous sommes sur le chemin pour faire de ce rêve une réalité ».

Pour plus d’infomrations: Playground For Palestine

VIDÉO. Philippines : désolation et pillage après le passage d’Haiyan


Le Point.fr – Publié le 10/11/2013 à 08:56 – Modifié le 10/11/2013 à 16:40

Le typhon le plus violent de l’histoire aurait fait au moins 10 000 victimes. Sur place, les survivants manquent de tout et sont réduits au pillage.

Le typhon Haiyan a ravagé le centre des Philippines.
Le typhon Haiyan a ravagé le centre des Philippines. © Noël Celis / AFP

Le bilan d’un des plus violents typhons à avoir touché la terre s’est brusquement aggravé dimanche, les autorités philippines évoquant désormais plus de 10 000 morts et 2 000 disparus, faisant de Haiyan la catastrophe naturelle la plus meurtrière de l’histoire récente du pays. Deux îles du centre de l’archipel, qui se trouvaient exactement dans la trajectoire de Haiyan quand il a frappé vendredi à l’aube, sont particulièrement affectées : les autorités craignent 10 000 morts sur Leyte. Elmer Sorai, un haut responsable de la police à Tacloban, une des villes les plus touchées, a déclaré à la presse : « Nous avons eu une réunion avec le gouverneur la nuit dernière, et en nous basant sur les estimations du gouvernement, il y a 10 000 victimes (décès). »

Sur Samar, 300 personnes sont confirmées mortes à Basey, une petite ville, et 2 000 sont portées disparues dans toute l’île, a indiqué Leo Dacaynos, membre du conseil de gestion des catastrophes, à la radio DZBB. Des dizaines de morts ont également été annoncées dans d’autres villes et provinces ravagées par le typhon, qui s’avançait sur un front de 600 kilomètres. De nombreuses localités restaient coupées du monde alors que les autorités semblaient dépassées par l’ampleur de la catastrophe et le nombre de survivants à secourir.

Destruction et pillage

À Tacloban, une ville côtière de Leyte, Edward Gualberto titube sur des cadavres pour récupérer dans les décombres d’une maison effondrée des boîtes de conserve. Plus loin, une boucherie miraculeusement épargnée par la tempête est attaquée par la foule, devant son propriétaire impuissant. Et un convoi d’aide de la Croix-Rouge a été pillé, à proximité de la ville. Les forces de l’ordre sont presque absentes. Dans un décor de fin du monde, des files d’hommes, de femmes et d’enfants avancent le long des routes, le nez recouvert d’un tissu pour masquer l’odeur pestilentielle des cadavres.

© Sipa

Maisons rasées, pylônes électriques arrachés, voitures renversées et survivants hébétés dans les rues : après le passage de Haiyan aux Philippines, accompagné par des vagues de plusieurs mètres et des vents atteignant des pointes à 315 km/h, le paysage évoquait pour certains les destructions causées par le tsunami en Asie en décembre 2004. « Ce sont des destructions massives. (…) La dernière fois que j’ai vu quelque chose de cette ampleur, c’était à la suite du tsunami dans l’océan Indien » qui avait fait 220 000 morts, a déclaré à Tacloban Sebastian Rhodes Stampa, chef de l’équipe de l’ONU chargée de la gestion des désastres.

REGARDEZ ICI  la violence du typhon le 9 novembre

L’aide tarde à arriver. À Tacloban, Emma Bermejo, propriétaire d’une petite pâtisserie, évoque des scènes d' »anarchie ». « Il n’y a aucun membre des forces de l’ordre, l’aide met trop de temps à arriver. Les gens sont sales, affamés et assoiffés. Encore quelques jours, et ils vont commencer à s’entretuer », assure-t-elle.

L’aide internationale s’organise

Devant l’ampleur de la catastrophe, plusieurs pays ont proposé leur aide. Les États-Unis vont fournir des hélicoptères, des avions, des navires et des équipements destinés à la recherche et au sauvetage, après une demande de Manille, a annoncé le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel. L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont accordé dimanche une aide de près d’un demi-million de dollars US (370 000 euros), alloués à la Croix-Rouge de l’archipel. De son côté, le PAM (Programme alimentaire mondial), une agence de l’ONU, est en train d’organiser le transfert de 40 tonnes d’aide alimentaire. L’Unicef, l’agence onusienne pour l’enfance, a déjà préparé 60 tonnes de matériels de santé et de survie qui partiront d’un de ses centres de logistique à Copenhague et devraient arriver aux Philippines mardi.

La Commission européenne « a déjà envoyé une équipe pour assister les autorités, et nous sommes prêts à contribuer (aux secours) par une aide d’urgence si cela est requis », a fait savoir son président, José Manuel Barroso. Le pape François a appelé dans un tweet les catholiques à prier pour les victimes et à apporter « une aide concrète », et le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s’est dit « profondément attristé par l’ampleur des pertes humaines ».

Chaque année, les Philippines sont frappées par une vingtaine de grosses tempêtes ou de typhons, entre juin et octobre. L’archipel est la première terre sur la trajectoire de ces phénomènes météorologiques qui se forment au-dessus du Pacifique. Typhons, séismes, éruptions volcaniques…, le pays subit régulièrement les foudres de la nature, avec presque à chaque fois un bilan d’autant plus meurtrier que la nation est pauvre et gangrénée par la corruption. Si le bilan de plus de 10 000 morts se vérifie, Haiyan sera la catastrophe naturelle la plus grave de l’histoire récente des Philippines. La précédente date de 1976, lorsqu’un séisme et un tsunami avaient causé la mort de 5 000 à 8 000 personnes sur Mindanao, une île du Sud.

Le Vietnam en alerte

Après avoir semé la désolation aux Philippines, Haiyan volait vers le Vietnam, qu’il devrait atteindre lundi matin. Mais le typhon s’est affaibli au-dessus de la mer de Chine du Sud et pourrait être rétrogradé en niveau 1 avant son arrivée. Le Vietnam n’en a pas moins évacué plusieurs centaines de milliers de personnes, dans le centre du pays, puis plus au nord dimanche après un changement de trajectoire de la tempête qui pourrait aussi provoquer pluies diluviennes et inondations dans la capitale.


Serge Dumont : l’histoire vraie de la mafia israélienne


10 janvier 2013, attentat en plein centre de Tel-Aviv, neuf blessés…mais ce n’est pas une faction terroriste palestinienne qui est impliquée : la cible s’appelle Nissim Alperon, le chef de l’une des familles du crime organisé israélien. Chaque semaine, on annonce des règlements de compte. Les organisations mafieuses israéliennes comptent parmi les plus violentes et les moins connues également. Certaines se contentent d’opérer à l’intérieur de l’Etat hébreu et dans les pays voisins, mais d’autres se sont implantées en Europe de l’est et de l’ouest, dans les principales villes du continent américain, ainsi qu’en Afrique du sud, en Australie et au Japon. Prostitution, blanchiment d’argent, racket, drogue, trafic d’armes, recel de biens volés, contrebande des diamants…les activités de cette mafia sont nombreuses.

Les sommes générées par le crime en Israël, avec ses ramifications à l’étranger, sont tellement importantes que  la mafia israélienne est arrivée à corrompre des personnalités politiques. Autant la police est efficace dans le combat contre le terrorisme palestinien, autant elle semble désarmée face à un crime structuré militairement.

À travers et des révélations et des détails inédits, ce livre retrace l’histoire des mafieux « blancs et bleus » depuis 1948. Dans une galerie de personnages tels Zeev Rozenstein, les frères Meïr et Itzhak Aberjil, Charlie Aboutboul, Rico Shirazi, le «parrain en kippa» Shalom Domrani et quelques dizaines d’autres, cette enquête décortique des organisations souvent opaques et nous entraîne dans un monde de prédateurs bâtissant leur empire illégal  grâce aux cadavres qu’ils laissent derrière eux.

Belgo-israélien, Serge Dumont a été journaliste au Vif/L’Express (Bruxelles). Installé à Tel-Aviv depuis lors, il a collaboré au quotidien Maariv et à l’hebdomadaire Hanachim. Il est aujourd’hui correspondant permanent des quotidiens Le Soir (Bruxelles), Le Temps (Genève), La Voix du Nord (Lille). En février 2011, lynché dans une rue Caire par les partisans d’Hosni Moubarak alors qu’il couvrait le Printemps arabe, arrêté à deux reprises, détenu au secret par les services de sécurité égyptiens, il a été libéré grâce à la mobilisation des journaux auxquels il collabore ainsi que de la diplomatie européenne.

la Manufacture de Livres

Faut-il reporter la mission bruxelloise en Israël ?


Raphaël Meulders Publié le mercredi 06 novembre 2013 à 10h34 – Mis à jour le mercredi 06 novembre 2013 à 10h53
Actualité L’un des faits dénoncés par l’élu Ecolo : le fascicule présente Jérusalem comme la capitale du pays.

C’est une mission économique qui choque le député bruxellois Ahmed Mouhssin (Ecolo). « J’ai de grosses inquiétudes quant à sa préparation », explique-t-il. Du 25 au 28 novembre prochain, plusieurs dizaines d’entreprises bruxelloises s’envoleront en direction d’Israël, en compagnie de différents responsables de Brussels Invest and Export (BIE), l’organe chargé du commerce extérieur de la Région-Capitale. Mais cette mission est déjà fortement contestée par le député Ahmed Mouhssin qui interpelle la ministre Céline Frémault (CDH) sur le sujet ce mercredi. “Si je n’ai pas les garanties qu’aucun investissement bruxellois ne sera effectué, de près ou de loin, dans les colonies israéliennes, je demanderai le report de la mission”, avertit M. Mouhssin.

D’après le député, Bruxelles va à « contre courant » des nouvelles lignes directrices prises par la Commission européenne en matière de “business” avec Israël. « L’Europe a choisi une ligne très stricte avec les entreprises qui opèrent à l’intérieur des colonies israéliennes ». Or, selon le député, Brussels Invest and Export aurait, au contraire, une position « bienveillante » à l’égard de ces entreprises. “Toute cette question autour des investissements dans les colonies, cela n’a pas l’air de les toucher. Dans la brochure présentant la mission, BIE fait même ouvertement la promotion d’entreprises participant, directement ou indirectement, à la colonisation des territoires palestiniens”.

Autre fait dénoncé par l’élu Ecolo, le fascicule (NDLR : qui a depuis été modifié) présente Jérusalem comme la capitale du pays. « Selon moi ce n’est pas une erreur, mais une volonté assez surprenante de soutenir cette idée. Or, aucun Etat, même pas les Etats-Unis, ne reconnait Jérusalem comme la capitale d’Israël. Toutes les délégations diplomatiques se retrouvent à Tel-Aviv”.

Mais ce qui a fait bondir le député, c’est le passage où le secteur de la « sécurité intérieure » et, plus particulièrement, celui « des armes non mortelles » est décrit comme un marché qui offre de bonnes opportunités en Israël. “En 2009, lors d’une précédente mission économique bruxelloise en Israël, il y avait déjà eu des passages de ce type qui avaient choqué beaucoup de gens. On nous avait dit, à l’époque, que c’était une erreur. Une erreur qui se produit deux fois, ce n’est plus un hasard. »

Selon M. Mouhssin, Ecolo se bat pour un “boycott ciblé” envers Israël. “Il faut lutter contre tous les investissements, qu’ils soient économiques, culturels, académiques,… qui participent à cette politique de colonisation. Cela doit être la position de la Région bruxelloise ». Et le député de s’expliquer.“ Si Pierre Marcolini veut ouvrir une chocolaterie à Tel-Aviv, pas de problèmes. Par contre, si une entreprise bruxelloise répond à un appel d’offre pour la construction d’un tram allant de Jérusalem-Est à Jérusalem-Ouest, je trouverai cela inacceptable. C’est participer à la colonisation. Or chez Ecolo, on considère que c’est un crime de guerre, quelque chose extrêmement grave”, conclut-il.

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Commémorations de la Première Guerre Mondiale


Débat – rencontre avec André FLAHAUT et Rachid BOUAMARA

Les enjeux politiques autour des commémorations de la Première Guerre Mondiale

Vendredi 08 novembre 2013 à 19h00

(Salle des Mutualités Socialistes, 2 rue Jean De Greef à 1083 Ganshoren)

2014, année de commémoration du centième anniversaire de l’invasion de la Belgique par les forces armées allemandes (le 4 août 1914), et le début d’une guerre mondiale sans précédent dans l’histoire.

 

Dans ce contexte de mémoire et de souvenir, y aura-t-il en 2014-2018 une «instrumentalisation» identitaire de l’histoire de la Première Guerre Mondiale ? Quel sera le message apporté aux jeunes générations ou aux différents pays s’étant battus sur le sol belge ? Quels seront les faits historiques mis en valeur ?

A son initiative, Ghezala CHERIFI, membre de la Section jettoise du Parti Socialiste et ses invités, vont essayer d’y répondre et particulièrement s’intéresser à certains acteurs de cette Guerre qui, comme pour la Seconde, ont pratiquement été les oubliés de l’histoire.

Placés dans le combat pour le devoir de mémoire, nous souhaitons rappeler et honorer l’enrôlement de troupes étrangères et plus précisément les Tirailleurs africains communément appelés Saphis, Zouaves, Goumiers, qui durant ces années de conflit mondial étaient des combattants de première ligne envoyés au front.

Hommage à ces contingents de l’Armée d’Afrique qui ont contribué à libérer l’Europe du joug nazi et  qui restent encore aujourd’hui absents de nos manuels scolaires.

Quelques chiffres :

172.000 Algériens ont été envoyés sur le front, 135.000 Sénégalais, 63.000 Tunisiens mobilisés (mais 6.500 auraient été envoyés sur le front) et 37.000 Marocains.

 

Statistiques des pertes :

A la fin du conflit, on a compté chez les Nord-africains 47.900 tués ou disparus.

Nous remercions pour ce faire nos deux invités qui, par leurs réflexions, enrichiront le débat :

·         André FLAHAUT, Ministre d’Etat – Président de la Chambre des Représentants et organisateur des cérémonies autour des Commémorations de la Bataille de Gembloux.

·         Rachid BOUAMARA, écrivain, auteur du livre « Silence tiraillé », et militant associatif. Son grand-oncle est enterré dans la nécropole de Chastre, il appartenait au 13ème Tirailleur algérien, 2ème Division d’infanterie Nord-africaine qui a pris part à la Bataille de Gembloux.

Modération : Ghezala CHERIFI, membre de la Section jettoise du Parti Socialiste.

Contexte :

La Belgique compte parmi sa population des groupes communautaires, au Nord comme au Sud, dont les aïeux ont fait partie de ces régiments d’infanterie.

A l’heure où l’on voit et entend des relents nationalistes, communautaristes, islamophobes, voire xénophobes, il est à notre sens important d’y répondre, notamment en rappelant tout le poids et l’apport non négligeable de ces courageux bataillons venus d’ailleurs, répondant à l’appel de la Métropole, de plein gré ou contraints, pour nous libérer du fascisme. Certains se sont retrouvés, un peu malgré eux, en terre européenne pour plusieurs générations…

Ce rappel des faits explique, en partie, la présence de l’immigration maghrébine et africaine en Belgique et apporterait des éléments de réponse à la question de l’identité si souvent exaltée.

La conférence aura lieu le vendredi 8 novembre 2013 à 19h, veille du 11 novembre, date d’anniversaire de l’Armistice, à la Salle de la Mutualité Socialiste de Ganshoren (Rue Jean De Greef, 2, à 1083 Ganshoren).

Avec le soutien de : l’IEV (Institut Emile Vandervelde), la section jettoise du Parti Socialiste, les sections PS de Ganshoren, Koekelberg et Berchem-Sainte-Agathe, de la Fédération Bruxelloise des Jeunes Socialistes (FBJS) et de Présence et Action Culturelles (PAC).

SOURCE : Ghezala CHERIFI

Bunda’im, un film d’Eran Torbiner



58’, version originale yiddish-hébreu, sous-titres français

La projection sera suivie d’un débat avec le réalisateur

Vendredi 8 novembre à 20h15 à l’UPJB (Union des Progressistes Juifs de Belgique)

Dans ce film exceptionnel, Eran Torbiner donne la parole aux militant-e-s du Bund israélien. Le Bund était l’un des principaux mouvements politiques juifs de la Pologne des années 1930. Après avoir été détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, le Bund vit ses membres se disperser, une partie d’entre eux partant pour Israël.

Depuis Tel-Aviv, ces derniers n’ont jamais cessé d’appartenir à la famille du Bund et d’œuvrer pour leur combat socialiste et yiddishiste.

Que signifie être bundiste en Israël ? Y a-t-il une place en Israël pour un mouvement juif diasporiste, qui récuse la centralité de cet Etat pour les Juifs du monde entier et défend l’égalité entre Juifs et Arabes sur la terre d’Israël-Palestine ? C’est à cette question et à bien d’autres que tente de répondre Eran Torbiner en donnant la parole à ces vétérans de combats qui sont encore les nôtres.

P.A.F. 6 €, 4 € (membres UPJB), 2 € (revenus modestes)

Egypte : le procès Morsi ou le risque de la dictature


Le procès du président déchu Mohamed Morsi et de quatorze autres hauts responsables des Frères musulmans doit débuter, lundi 4 novembre, en Egypte. Il se tiendra à la prison de Tora, dans la banlieue du Caire, sous la protection de 20 000 membres des forces de sécurité, mobilisés pour contenir la manifestation à laquelle a appelé la confrérie.

Les jours qui viennent s’annoncent donc comme une nouvelle étape à haut risque dans le chaotique et sanglant processus de transition en Egypte, inauguré par la révolution de 2011. Et il y a fort à craindre que le procès de l’ensemble de l’état-major des Frères – qui sont apparus comme la première force politique du pays à chacune des consultations libres organisées ces deux dernières années –, accentue encore un peu la polarisation de la société égyptienne entre les partisans de l’armée et ceux de la confrérie. Le démantèlement par la force des sit-in pro-Morsi du Caire avait déjà causé un millier de morts le 14 août.

Le procès de M. Morsi et de ses amis a toutes les chances de ressembler à une vengeance politique beaucoup plus qu’au nécessaire bilan d’une année de pouvoir (mal) exercé par les Frères musulmans, de leur victoire à l’élection présidentielle de juin 2012 jusqu’à la destitution du chef de l’Etat par l’armée, le 3 juillet 2013.

Lire En Egypte, les partisans de Mohamed Morsi victimes d’une chasse aux sorcières

Depuis ce coup d’Etat appelé de ses voeux par une large majorité d’Egyptiens, le gouvernement intérimaire, dominé par la figure écrasante du général Abdel Fattah Al-Sissi, voire par des figures revanchardes de l’ancien régime d’Hosni Moubarak, s’est attaché à démanteler méthodiquement la confrérie. Son association a été interdite par la justice en septembre, ses biens et avoirs financiers saisis. Sa façade politique, le Parti de la liberté et de la justice, est une coquille vide dont les principaux dirigeants sont sous les verrous. Deux mille militants ou plus seraient emprisonnés, toute expression publique de soutien à M. Morsi est criminalisée.

C’est un retour, non pas aux années de semi-clandestinité de l’ère Moubarak, mais à la persécution en vigueur sous Gamal Abdel Nasser, dans les années 1950-1960. Les timides appels au dialogue lancés par les Etats-Unis et l’Union européenne n’y changent rien. L’heure est à l’éradication, et le nouveau pouvoir égyptien a fait en sorte de n’avoir personne avec qui dialoguer.

Les Frères musulmans ont leur part de responsabilité dans ce désastre. Ils ont mené une politique clanique et intolérante, n’ayant de cesse, pendant un an, qu’ils prennent le contrôle de tous les leviers de l’Etat. Ils ont entretenu une confusion permanente entre la confrérie, le parti et les institutions publiques, à commencer par M. Morsi, qui s’est conduit en apparatchik plus qu’en chef d’Etat.

Mais lui faire subir un procès qui s’annonce comme une parodie n’est pas le meilleur moyen de restaurer la confiance des Egyptiens envers leurs institutions, en premier lieu la justice. Hosni Moubarak avait, lui aussi, été jugé après sa chute, en février 2011. Condamné à la prison à perpétuité, puis libéré, il est aujourd’hui assigné à résidence dans un hôpital militaire.

Comment s’étonner, dans ces conditions, que nombre d’Egyptiens ne voient dans le procès Morsi qu’une justice de vainqueurs. Et la démonstration que la révolution de la place Tahrir a accouché, à ce stade, d’un régime autoritaire, pour ne pas dire dictatorial.

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En Syrie, la famine comme arme de guerre


31/10 | 11:43

De nombreux secteurs assiégés n’ont plus accès à la nourriture et aux médicaments. Un million de Syriens sont piégés dans des régions privées d’aide, selon l’Onu.Certains sont réduits à manger des feuilles et de l’herbe. Les médecins voient des enfants mourir de malnutrition

Depuis des semaines, des mois parfois, des régions entières de Syrie assiégées par les forces de Bachar al Assad ou, plus rarement, les rebelles, n’ont plus aucun accès extérieur à la nourriture et aux soins.

Malgré les appels répétés et de plus en plus désespérés des agences humanitaires, certains de leurs habitants en sont réduits à manger des feuilles ou de l’herbe, dernière étape avant une mort presque certaine.

A Damas, des soldats de Bachar de Assad qui font le siège des quartiers contrôlés par les rebelles ont une expression pour définir cette politique d’étranglement des populations civiles : ils l’appelent la « campagne famine jusqu’à la capitulation ».

Jusqu’à récemment, le siège des zones insurgées n’était souvent que partiel, les forces gouvernementales tablant sur des opérations militaires ponctuelles ou les bombardements pour en déloger les rebelles.

Mais le durcissement du blocus autour des quartiers à majorité sunnite, notamment à Damas ou à Homs, indique un changement de stratégie dont l’objectif semble être de vider ces secteurs de leurs habitants. Quel qu’en soit le moyen. Et le coût humain.

A un barrage routier entre le centre de Damas, sous contrôle gouvernemental, et les quartiers de l’est de la capitale tenus par les rebelles, un journaliste de Reuters présent en Syrie le mois dernier a été témoin de l’application de cette politique.

Ce jour-là, un adolescent à vélo a été arrêté par l’armée alors qu’il tentait de gagner la banlieue Est avec un sac de galettes de pain, aliment de base en Syrie et seul recours pour une population affamée.

L’adolescent a supplié un soldat de le laisser passer avec ne serait-ce qu’une galette. Refus catégorique : « Pas une seule miette ne passera. Ce n’est pas moi qui fixe les règles. Il y a des gens bien plus importants que toi et moi qui font les règles et qui nous regardent en ce moment. Rentre chez toi », lui a ordonné le soldat, visiblement contrarié.

UN MILLION DE CIVILS PRIVÉS D’AIDE

Dans une Syrie où le blocus est devenu une arme de guerre et où les agences humanitaires ne peuvent qu’exceptionnellement accéder aux secteurs assiégés, pas moins d’un million de civils sont totalement privés d’aide, a dit l’Onu le mois dernier.

Selon un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, la moitié de ces habitants se trouvent dans la région rurale de Damas et 310.000 dans la province centrale de Homs.

Le gouvernement syrien n’a pas réagi aux accusations selon lesquelles il utilise la famine comme une arme contre ses opposants. Il se contente de répéter que les habitants des régions concernées sont « otages des terroristes ».

Certains quartiers de l’est, du sud et de l’ouest de Damas sont partiellement ou totalement encerclés depuis des mois. D’autres villes, comme Koudsaya et Hameh, à une quinzaine de minutes de voiture au nord de la capitale, sont en cours d’isolement, a dit à Reuters un officier de la sécurité de l’Etat se faisant appeler Abou Haïdar.

Les habitants de ces deux villes racontent que le mois dernier, la plupart d’entre eux n’ont pas été autorisés à en sortir pour rendre visite à leur famille pendant la fête musulmane de l’Aïd el Adha, premier signe du blocus.

Les chances de franchir les barrages dépendent en partie de la carte d’identité de chacun. Après des heures d’attente, les fonctionnaires sont parfois autorisés à passer, de même que certains écoliers. Mais pas leurs parents.

Certains habitants de Koudsaya et Hameh ont pu fuir à pied, craignant que les bombardements aériens ou de l’artillerie du mont Kassioun voisin ne succèdent au blocus.

Les voitures sont presque toujours refoulées et dans tous les cas fouillées, de même que les piétons, par des soldats qui disent lutter contre le « trafic » de pain, de lait pour bébé ou de médicaments – des « délits » passibles de prison.

Le blocus n’est pas l’apanage de l’armée gouvernementale. Les rebelles ont établi leurs propres barrages pour sécuriser les quartiers qu’ils contrôlent ou, plus rarement, isoler ceux qu’ils assiègent.

MALNUTRITION ET MALADIES

Dans les régions en état de siège, les médecins constatent une hausse des symptômes de malnutrition : déshydratation, perte de poids, diarrhée ou estomac ballonné.

L’organisation Save the Children, qui a critiqué le mois dernier le blocus délibéré de quartiers de Damas, Homs et Alep, craint une crise humanitaire majeure touchant les enfants.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a confirmé mardi qu’une épidémie de polio sévissait dans le nord-est de la Syrie, conséquence de la baisse des vaccinations en temps de guerre.

L’Onu réclame depuis des mois l’ouverture de corridors humanitaires pour aider les civils assiégés, demande à laquelle Damas a fait la sourde oreille.

La situation semble particulièrement critique à Mouadamiya, un quartier périphérique du sud-ouest de Damas, détruit à 90% et où quelque 12.000 habitants risquent de mourir de faim, selon l’opposition.

Contrairement à la région rurale de la Ghouta, théâtre de l’attaque chimique du 21 août mais qui reste partiellement connectée au reste du pays, Mouadamiya est totalement encerclé par l’armée syrienne depuis un an.

Selon des habitants joints par Skype, l’aviation de Bachar al Assad a détruit il y a quelques semaines les deux dernières grandes canalisations d’eau potable alimentant le quartier, rendant la situation encore plus intenable.

L’autoroute qui longe le quartier servait au début de voie d’approvisionnement, mais la ligne de front s’y étant déplacée, les tireurs embusqués de l’armée syrienne ont resserré l’étau.

En septembre, 3.000 femmes et enfants ont été évacués de Mouadamiya, ont annoncé les Nations unies, et 1.800 autres habitants mardi, d’après une source au ministère syrien des Affaires sociales. Les « terroristes » ont tiré sur ces derniers, affirme la presse gouvernementale.

Ceux qui restent n’ont plus rien à manger, raconte Koussaï Zakaria, un opposant du quartier qui dit avoir vu onze femmes et enfants mourir de faim le mois dernier.

Les stocks de riz, d’orge et de boulgour sont épuisés, ne laissant pour toute ressource aux habitants que des olives, de l’herbe en guise de salade et des feuilles de vigne, sans la garniture de riz et de viande de mouton qui a rendu ce mets célèbre dans tout le Moyen-Orient.

source  via B.Loos sur fb

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