Omar Barghouti: Le succès ultime d’Israël pourrait bien signer la fin de son régime colonial


07 octobre 2013 |     Par Agence Média Palestine

 

Le treize septembre 2013 marque les 20 ans du processus d’Oslo. Il nous a semblé que cela devrait être l’occasion d’une véritable réflexion politique non seulement sur le bilan de ces vingt longues années,  mais aussi sur les différentes perspectives d’avenir que l’échec des promesses de ce processus ouvre  pour la région.Nous avons demandé a plusieurs personnalités de contribuer par leur analyse à ce petit brainstorming. L’Agence Média Palestine, en partenariat avec l’Alternative information Center, publiera ces tribunes durant ce mois, sur l’espace club de Médiapart.

—————————

Par Omar Barghouti, Militant des droits de l’homme et analyste Palestinien

 

Alors que de nombreux analystes font aujourd’hui référence aux accords d’Oslo, signés il y a 20 ans par Israël et l’OLP, comme à un échec total, de mon côté je les vois plutôt comme un grand succès, mais seulement pour l’oppresseur, Israël. Oslo a en fait, atteint nombre des objectifs pour lesquels il a été conçu par ses auteurs israéliens. En premier lieu, il a permis d’éliminer ou pour le moins de saper gravement la légitimité du mouvement de libération national palestinien en cooptant un de ses éléments clé, et en en faisant l’outil le plus efficace et stratégique d’Israël, pour neutraliser la résistance palestinienne dans le cadre de son système d’oppression sophistiqué. Il a ainsi permis à Israël de se blanchir des violations des droits de palestiniens tels que définis par le droit international. Israël a utilisé avec efficacité la façade de “négociations de paix” d’Oslo pour couvrir son impitoyable stratégie de dépossession et de nettoyage ethnique d’un nombre croissant de Palestiniens de leur terre ancestrale.

Au lieu de conduire à une paix juste en accord avec le droit international, Oslo a fourni la couverture nécessaire à Israël lui permettant de brutaliser de façon continue les Palestiniens – et d’autres Arabes – tout en satisfaisant son insatiable appétit de construction de colonies réservées aux juifs dans les territoires occupés, aussi bien qu’à l’ intérieur du territoire de 1948, comme autant de zones « Arabrein » (1)

Les Accords d’Oslo n’ont pas seulement complètement omis toute référence au droit international et aux droits de l’homme, ils ont ignorés les droits les plus importants et inaliénables du peuple palestinien, en particulier le droit à l’auto détermination et le droit des réfugiés à rentrer dans leurs maisons et sur leurs terres, desquelles ils sont été déracinés de force par les milices sionistes, et plus tard par l’Etat d’Israël, pendant la Nakba (la catastrophe) de 1947-49. Les réfugiés palestiniens, qu’ils se trouvent en Palestine historique ou dans la shatat (la diaspora), constituent une absolue majorité du peuple palestinien – plus des deux tiers selon les estimations de 20122du Bureau Central Palestinien des Statistiques, ainsi que l’enquête de 2010-2012 (2) réalisée par l’association Badil (3) sur les réfugiés palestiniens et les personnes déplacés à l’intérieur du territoire de la Palestine historique.

Le fait que les réfugiés forment une majorité absolue du peuple palestinien et leur souffrance de plusieurs décennies en exil, font de la reconnaissance des droits fondamentaux des réfugiés palestiniens tels que sanctionnés par les Nations Unies le test incontournable de la moralité pour quiconque recherche une solution juste et durable au conflit colonial israélo-palestinien en accord avec le droit international.

Mettons de côté les droits moraux et légaux, la négation des droits des réfugiés palestiniens assure la perpétuation du conflit.(4)

Il n’est donc pas étonnant qu’Oslo, bien loin d’encourager une solution juste et non violente du conflit colonial, n’a fait qu’ encourager le régime israélien à poursuivre son agression, ses guerres sans fin et ses atrocités à l’encontre des Palestiniens, des Libanais et d’ autres Arabes, et cela en toute impunité.

Oslo a aussi ignoré le droit fondamental des Palestiniens citoyens d’Israël à l’égalité totale, le droit le plus important en droit international, en effaçant de fait ces Palestiniens de la définition même du “peuple palestinien” utilisé dans les Accords.

Oslo, “Le Versailles palestinien”, ainsi que l’a appelé Edward Said (5) , a permis à Israël de jouir d’une reconnaissance diplomatique sans précédent et, par conséquent d’un essor économique(6).Les « dividendes de la paix » ont rendu florissante l’économie d’Israël depuis 1993 , avec un PIB par habitant qui est passé d’environ 13,800 dollars à plus de 32,000 dollars. Durant la même période, dans les territoires occupés de Cisjordanie, le PIB par habitant est à peu près resté le même, autour de 2,000 dollars, et celui de Gaza rongée par la misère a baissé de 1,230 dollars à 1,074 dollars.

Dans la même période Israël a également démultiplié sa reconnaissance internationale qui a atteint environs 160 pays, récoltant ainsi bien plus de bénéfices commerciaux que l’économie palestinienne captive et dépendante de l’aide extérieure (7).

 

En Cisjordanie occupé une Autorité Palestinienne largement asservie, dépourvue de tout mandat démocratique valide, a principalement agi en sous-traitant de l’occupation israélienne, au service de ses besoins en matière de “sécurité”, en la libérant de ses obligations de gestion pour la population occupée,des services municipaux, d’ éducation, de santé, d’hygiène publique et autres dans la plupart des territoires occupés. Grâce aux accords d’Oslo, le financement de l’occupation Israélienne a été pris en charge, à travers l’Autorité Palestinienne, par l’UE les États Unis et d’autres pays, ce qui en fait probablement l’occupation la moins chère des temps modernes.

Tous ces dividendes d’Oslo mis à part, en dévorant plus qu’il ne peut avaler, et en oubliant comment s’arrêter, Israël a peut-être involontairement donné un coup fatal à son projet colonial. Cependant, il lui faudra du temps avant de pouvoir entièrement ressentir et reconnaître l’érosion . Israël a sapé la possibilité d’établir un État palestinien souverain, enterrant ainsi, la soi disant solution à deux États, uniquement destinée à légitimer son règne colonial avec un tampon palestinien d’approbation (8).

Au sommet de son succès économique et diplomatique, Israël est entrain de devenir rapidement le paria du monde, au niveau populaire, tout comme l’était l’Afrique du Sud sous l’Apartheid.

Cela fait vingt ans que la direction palestinienne sert officiellement de feuille de vigne à l’occupation, et cela doit prendre fin. Cela fait vingt ans que la communauté internationale se fait complice du régime d’occupation et permet de maintenir un système d’occupation de colonisation et d’apartheid. Cette complicité doit être combattue fermement et intelligemment par les Palestiniens, les Arabes et toute personne de conscience à travers le monde – y compris les juifs israéliens anticolonialistes – qui soutiennent la liberté, la justice et l’égalité pour le peuple palestinien. Dans ce contexte, le mouvement BDS global conduit par les Palestiniens, offre une forme de résistance et de solidarité efficace et stratégique qui s’élargit rapidement, et est aujourd’hui reconnu par les dirigeants israéliens comme une menace stratégique (9). Il est grand temps de briser les chaînes honteuses que sont les Accords d’Oslo et de faire tomber leurs masques.

Omar Barghouti

Traduction: Johanna W. pour l’Agence Média Palestine et l’Alternative Information Center

————

1.Le célèbre auteur israélien Sefi Rachlevsky affirme, “ La lutte aujourd’hui n’est pas entre gauche et droite, mais entre les démocrates et les fascistes…. Israël est en train de devenir fasciste et raciste. D’une certaine manière on pourrait dire que notre folie rappelle celle qui régnait en Allemagne non pas en 1933, mais plutôt dans les années 1944 – 1945 alors qu’ils étaient en danger de perdre la guerre, c’est cette folie qui les a empếché d’arrêter.”- http://www.ynet.co.il/articles/0,7340,L-3967389,00.html (Hébreu)

2. http://www.pcbs.gov.ps/portals/_pcbs/PressRelease/Press_En_PalestiniansEOY2012E.pdf

3. Badil, Survey of Palestinian Refugees and Internally Displaced Persons 2010-2012 http://www.badil.org/en/documents/category/35-publications?start=10

4.Pour plus de détails à ce sujet, voir Omar Barghouti, “On Refugees, Creativity and Ethics,” ZNet, September 28, 2002.

5.http://www.lrb.co.uk/v15/n20/edward-said/the-morning-after

6.http://www.tradingeconomics.com/israel/gdp

7.Ibid.

8. Ancien ministre des affaires étrangères israélien Shlomo Ben-Ami à proposer aux dirigeants palestiniens un choix entre deux options : “justice ou paix”. Barbara Demick, “A Squandered Chance for Mideast Peace,” Philadelphia Inquirer, January 16, 2001.

9. En juin 2013 le gouvernement de Netanyahu a accepté de déplacer la responsabilité de gestion du problème du mouvement BDS du ministère des affaires étrangères (le principal ministère de propagande) au ministère des affaires stratégiques. http://jppi.org.il/uploads/Annual_Assessment_2012-2013.pdf

—————————-

Pour poursuivre la réflexion l’Agence Média Palestine et l’Alternative Information Center recommandent le film  « Etat commun, conversation potentielle [1] » de Eyal Sivan

Un dispositif remarquable  qui met en place des conversations potentielles entre des interlocuteurs palestiniens et israéliens passionnants . Une brassée d’idées nouvelles et de visions originales sur les conditions d’ une coexistence.

Prochainement en salles a Paris ( Projection presse à l’Espace Saint-Michel le Mardi 24 Septembre à 10h30) et en régions voir calendrier ci dessous :

http://www.zeugmafilms.fr/etatcommun.html

Sortie nationale: le 09 Octobre à Paris au cinéma Saint Michel

Extrait: http://youtu.be/WSaaBtq5DBY

https://i0.wp.com/cineday.orange.fr/images/film/237x_/2013/08/20/un-etat-commun-conversation-potentielle_52129c962a924.jpg

https://i0.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/03/Delautrecote.gif La revue « De l’Autre Côté »  éditée par  l’Union Juive Française pour la Paix (www.ujfp.org)  publiera un recueil de  ces tribunes .

source

L’Égypte a échoué à protéger les Coptes, selon Amnesty international


Un prêtre copte montre les dégâts causés dans une église par une attaque islamiste à Delga, dans le centre de l'Egypte, le 29 septembre.
Un prêtre copte montre les dégâts causés dans une église par une attaque islamiste à Delga, dans le centre de l’Egypte, le 29 septembre. (Photo Khaled Desouki. AFP)

Les forces de sécurité égyptiennes ont échoué à protéger les Coptes visés par des attaques après la sanglante répression des partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi, a dénoncé Amnesty International mercredi.

Dans son rapport, l’ONG basée à Londres affirme que plus de 200 propriétés détenues par des chrétiens ont été attaquées, 43 églises sérieusement endommagées et plus de quatre personnes tuées.

Ces violences ont eu lieu après la dispersion sanglante le 14 août de deux places du Caire sur lesquelles étaient rassemblés les pro-Morsi, début d’une vague de répression qui a fait depuis plus d’un millier de morts.

«C’est extrêmement inquiétant que la communauté chrétienne d’Egypte soit visée par des attaques de partisans de Mohamed Morsi en réponse aux évènements du Caire», explique Hassiba Hadj Sahraoui, sous-directrice d’Amnesty pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

«Une réaction violente contre la communauté copte aurait dû être anticipée. Or les forces de sécurité ont échoué à éviter les attaques et mettre un terme aux violences», poursuit Amnesty.

Dans plusieurs cas, des hommes munis d’armes à feu, de barres métalliques ou de couteaux ont saccagé des églises et des maisons, aux cris de «Dieu est grand» et «Chiens de chrétiens». Des reliques ont été profanées, et des graffitis tagués sur les murs, dont «Morsi est mon président» ou «Ils ont tué nos frères pendant la prière», selon Amnesty.

Un homme de 60 ans a été tué par balles chez lui dans la ville de Delga (centre), puis traîné dans les rues par un tracteur. Sa tombe a ensuite été profanée deux fois, selon l’ONG.

Trois églises et un monastère ont également été attaqués par des islamistes à Delga, selon un journaliste de l’AFP.

M. Morsi, premier président élu démocratiquement en Egypte, a été destitué et arrêté le 3 juillet par l’armée après que des millions de manifestants ont réclamé son départ.

Les islamistes accusent les Coptes d’avoir soutenu l’armée dans sa destitution.

Amnesty demande l’ouverture d’une enquête impartiale et indépendante sur ces attaques ainsi que sur «le rôle des forces de sécurité». «Certains incidents ont duré des heures (…) pourquoi les forces de sécurité n’ont pas été en mesure d’y mettre un terme», s’interroge l’organisation.

Les Coptes, qui représentent 6 à 10% des 85 millions d’Egyptiens, se sont régulièrement plaints de discrimination, notamment sous la présidence de M. Morsi.

AFP

source

Bédouins des villages non-reconnus


Cathy Mayer
 
fm2 002_2 Flo 7 Mo.JPG
 
Navy Pillay,  Haut Commissaire aux Droits Humains des Nations – Unies:
 
« si ce plan (plan Prawer-Begin) devient une loi, elle accélérera la destruction de communautés entières de Bédouins, les forçant à l’abandon de leurs maisons, déniant  leur droit de propriété sur leurs terres, et anéantissant leur vie sociale, culturelle et traditionnelle au nom du développement .»
 

Rencontre avec trois témoins israéliens  privilégiés:

Sana Ibn Bari, juriste,  attorney du Negev Coexistence Forum (NCF) à Beersheva
Khalil Alamour, responsable du village bédouin non-reconnu Al Sira, membre NCF et Adalah
Michel Warschawski, journaliste, fondateur de l’Alternative Information Center. Prix 2012 des

Droits de l’homme de la République Française

 Jeudi 17 octobre  de 10.30 – 12.30 Parlement européen,
conférence de presse (inscription obligatoire auprès de  diana.fleseriu@ep.europa.eu);
 Jeudi 17 octobre à  20h : Bruxelles  Meeting de solidarité,
 ULB auditoire Chavannes,Square G (entrée avenue Paul Héger)
Vendredi 18 octobre 12h – 14h : 1060 Bruxelles : rencontre avec Amnesty International
 
Vendredi 18  octobre à 20h : 4000  Liège : Meeting de solidarité au CP_CR, 11 rue Jonrelle (quartier St Léonard),
en collaboration avec le collectif social autogéré « Passe-partout », l’ABP et le Centre Culturel Arabe en pays de Liège ;

Samedi 19 octobre à 14h : Anvers : Rencontre à la librairie De Groene Waterman – Wolstraat 7,

 en collaboration avec Intal-Antwerpen et Karama ;
Samedi 19 octobre à 18h : 6000 Charleroi : conférence de Michel Warschawski

à la Salle Harmignies – 9 rue Léon Bernus ;
Samedi 19 octobre à 20h : 1060 Saint-Gilles/Bruxelles
Meeting de solidarité au Pianofabriek – 35 rue Fort;
Dimanche 20 octobre à 16h : Virginal/Ittre : Meeting de solidarité
goûter à l’Etable d’Hôtes – 4b rue de Tubize.

Partager
Cliquez ici pour Répondre ou pour Transférer le message.

Syrie : Assad menace la Turquie pour son soutien aux « terroristes »


Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 04.10.2013 à 13h39

Abonnez-vous
à partir de 1 € Réagir ClasserPartager facebook twitter google + linkedin pinterest
Manifestation de Syriens réfugiés en Turquie.

Le président syrien, Bachar Al-Assad, accuse la Turquie de recevoir des « terroristes » syriens et l’avertit du prix élevé qu’elle paiera pour son soutien aux rebelles qui le combattent. Dans un entretien à la chaîne de télévision turque Halk TV qui doit être diffusé vendredi, il qualifie le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, de « fanatique » et accuse la Turquie d’autoriser le passage vers la Syrie de « terroristes » qui veulent attaquer l’armée et les civils syriens.

« Dans un proche avenir, ces terroristes auront un impact sur la Turquie et la Turquie le paiera d’un prix élevé, affirme le président syrien. Il n’est pas possible de vous servir du terrorisme comme d’une carte à jouer et de la mettre dans votre poche. Car [le terrorisme] est comme un scorpion qui n’hésite pas à vous piquer le moment venu. »

ANKARA SE GARDE LE DROIT D’ENVOYER DES TROUPES

Le président syrien affirme en outre qu’il se conformera à la résolution des Nations unies sur les armes chimiques, adoptée le 28 septembre, mais a nié toute attaque chimique contre sa population. Admettant détenir un arsenal chimique, le président syrien affirme que ces armes se trouvent aux mains de « forces spéciales », seules capables de les utiliser.

La Turquie, membre de l’OTAN, est l’un des pays les plus critiques envers Bachar Al-Assad. Ses dirigeants affichent leur soutien à l’opposition syrienne tout en démentant fournir des armes aux rebelles. La Turquie, qui partage une frontière de 900 km avec la Syrie, subit les répercussions directes de la guerre civile syrienne.

Le Parlement turc a renouvelé jeudi pour une année supplémentaire le mandat du gouvernement qui autorise, si nécessaire, l’envoi de troupes en Syrie. L’armée turque riposte à tout projectile syrien qui s’abat sur son sol, mais n’a en revanche pas mené d’opérations à l’extérieur de ses frontières.

La Belgique a extradé Nizar Trabelsi


Marc Metdepenningen et C.WE.
Mis en ligne il y a 2 heures

L’ancien footballeur professionnel tunisien a été extradé ce jeudi matin vers les Etats-Unis.

trabelsi

Lire aussi

Nizar Trabelsi a été extradé ce matin vers les États-Unis qui demandaient la livraison de ce Tunisien, condamné en Belgique à 10 ans de prison, pour un projet d’attentat contre la base aérienne de Kleine-Brogel.

Nizar Trabelsi est considéré par les États-Unis comme faisant partie d’Al-Qaïda. Il encourt la perpétuité aux États-Unis. Il avait quitté ce matin sa cellule de haute sécurité de la prison de Bruges pour être transféré vers la prison d’Ittre. Sa destination réelle était l’aéroport de Bruxelles-National.

Consternation

Amnesty International et la Ligue des Droits de l’Homme ont appris «avec consternation» et condamnent la décision ministérielle approuvant l’extradition de Nizar Trabelsi vers les États-Unis, ont indiqué jeudi les deux organisations dans un communiqué commun. Elles reprochent au gouvernement belge de pas avoir attendu «la décision de la Cour européenne des droits de l’homme à ce sujet».

«Contrairement à son habitude, le gouvernement belge n’a donc pas attendu ce jugement pour répondre à la demande américaine, annulant ainsi de facto une dernière possibilité de recours pour M. Trabelsi», dénoncent Amnesty International et la Ligue des Droits de l’Homme.

Les associations estiment que «la référence faite par la ministre de la Justice à l’arrêt du Conseil d’Etat n’est pas pertinente» et soulignent que «la décision du Conseil d’Etat est elle-même soumise à l’appréciation souveraine de la Cour européenne des droits de l’homme». Elles condamnent dès lors fermement «cette atteinte grave à la compétence de la Cour européenne des droits de l’homme que notre pays s’est pourtant engagé de longue date à respecter».

Nizar Trabelsi, condamné en 2003 à dix ans de prison pour crimes terroristes commis en Belgique, a été extradé jeudi vers les États-Unis à la suite de l’arrêt du Conseil d’État du 23 septembre qui avait confirmé la décision d’extradition vers ce pays. Les États-Unis ont délivré un mandat d’arrêt international à son encontre le 16 novembre 2007.

Pétition : Gaza n’aura plus d’eau potable d’ici 2016 !


1 octobre 2013

AVAAZ.com

 

Les 1,6 million de Palestiniens de la bande de Gaza sont privés d’eau potable. La seule source d’eau à laquelle ils peuvent accéder, l’eau souterraine des aquifères, est sur-utilisée et est maintenant très polluée en raison de l’infiltration de l’eau de mer et des égouts.

L’ONU a récemment averti que, si une solution n´est pas trouvée pour fournir la bande de Gaza en eau potable, l’aquifère de Gaza deviendra inutilisable d’ici 2016, et endommagée de manière irréversible en 2020.

 

Aujourd’hui, seulement 5 % de l’eau extraite de l’aquifère côtier est potable. La plupart des familles de Gaza sont obligées d’acheter de l’eau potable à des entreprises privées à un coût élevé, et dépensent jusqu’à un tiers de leurs salaires pour acheter de l´eau.

 

La portion de l’aquifère côtier située sous la bande de Gaza ne représente qu’un faible pourcentage du total des ressources en eau douce disponibles aux Israéliens et aux Palestiniens. Israël continue d’exploiter 90% de l’ eau douce transfrontalière pour l’usage exclusif d’Israël – en particulier l’aquifère de montagne souterraine partagée avec la Cisjordanie – alors que les Palestiniens ont accès à moins de 10 %.

Israël fait cela en violation du droit international de l’eau qui stipule que ces ressources doivent être partagées « équitablement et raisonnablement » entre Palestiniens et Israéliens.

 

Il y a une solution, et cela commence par l´application du droit à l’eau des Palestiniens. Si les Palestiniens avaient accès à une part équitable des ressources en eau disponibles, et si Israël lèvait son blocus sur la bande de Gaza qui restreint les importations d’eau ainsi que l’entrée de matériaux et produits nécessaires pour rénover et réparer ses infrastructures d’eau, la plus grande partie des problèmes d’eau de Gaza seraient résolus .

 

La campagne Soif de Justice, qui défend le droit à l’eau des Palestiniens, a besoin de votre aide ! Si cette pétition atteint 100 000 signatures, les ambassadeurs de la campagne feront du lobbying auprès des gouvernements européens afin de leur livrer vos signatures, et leur demanderont de prendre des mesures concrètes.

N´attendez pas que l’ aquifère de Gaza s’effondre, signez la pétition maintenant et aidez-nous à garantir le droit de l’eau pour Gaza et pour la Palestine !

Lien vers la pétition:

https://secure.avaaz.org/en/petition/Gaza_to_run_out_of_drinking_water_by_2016/
http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2013/10/01/petition-gaza-naura-plus-deau-potable-dici-2016/

Et si on parlait des stocks d’armes chimiques en Israël ?


mardi 24 septembre 2013 – 16h:12

Jonathan Cook

source

Le plan d’inspection et de destruction des armes chimiques de la Syrie attire l’attention sur les armes de destruction massive (ADM) non déclarées d’Israël.

JPEG - 70.9 ko
Attaque aux armes chimiques (phosphore blanc) sur une école des Nations Unies à Gaza, hiver 2008-2009. La barbarie sioniste a tous les droits, ne connait pas de freins, et bénéficie d’une complicité internationale coupable.

Les responsables israéliens semblent de plus en plus nerveux, craignant que les efforts internationaux pour détruire les armes chimiques syriennes ne servent de prélude à des exigences pour qu’Israël élimine ses propres ADM non déclarées.

Israël maintient ce qu’il appelle « une posture de l’ambiguïté » sur la question de savoir s’il dispose d’armes nucléaire ou chimiques. Mais ce État est très fortement soupçonné de disposer d’un grand arsenal de bombes nucléaires, soustrait à toute surveillance internationale, et il existe de forts soupçons qu’il ait secrètement développé un programme d’armes chimiques.

Ces préoccupations se sont renforcées après la divulgation ce mois-ci d’un rapport confidentiel de la CIA suggérant qu’Israël avait constitué un stock important d’armes chimiques dans les années 1980. Israël a refusé à la fois de signer le Traité de non-prolifération de 1968, portant sur la réglementation des armes nucléaires, et de ratifier la Convention sur les armes chimiques de 1993, laquelle oblige les États à soumettre à une surveillance internationale et à détruire les agents chimiques en leur possession.

Au cours des derniers jours, d’autres pays du Moyen-Orient ont pris une série d’initiatives pour attirer l’attention internationale sur les ADM d’Israël.

Ces efforts ont suivi la ratification de la Convention sur les armes chimiques par Damas la semaine dernière, et l’annonce ce week-end d’un calendrier convenu entre la Russie et les États-Unis pour débarrasser la Syrie de ses stocks de substances chimiques d’ici le milieu de l’année prochaine.

Israël est aujourd’hui l’un des seuls six États qui refusent d’appliquer la Convention, avec dans la liste l’Égypte, le Myanmar, l’Angola, la Corée du Nord et le Sud Soudan. Cela a suscité des inquiétudes qu’Israël ne devienne rapidement un État paria sur la question.

Le journal quotidien Haaretz a rapporté cette semaine que la perspective que des pressions internationales ne s’exercent sur Israël pour connaître la vérité sur ses stocks d’ADM « tenait éveillés toute la nuit pas mal de hauts responsables de la défense israélienne ».

Shlomo Brom , un ancien général israélien et maintenant chercheur à l’Institut d’études de sécurité nationale à l’Université de Tel Aviv, a qualifié « d’imprudente » la politique actuelle d’Israël sur les armes chimiques.

« La réalité au Moyen-Orient a changé depuis qu’Israël a refusé de ratifier la convention. Il n’y a plus aucune bonne raison pour Israël de rester avec la poignée de régimes qui s’opposent à lui. »

Cette semaine, les États arabes ont présenté une résolution devant l’organisme de surveillance nucléaire des Nations Unies, l’Agence internationale de l’énergie atomique, demandant à Israël de placer ses installations nucléaires sous le régime d’inspection de l’AIEA dans le cadre du projet d’instaurer une zone sans armes nucléaires dans la région.

Le Traité de non- prolifération des armes nucléaires, qu’Israël a refusé de signer, a été élaboré en 1968, un an après Israël ait très certainement produit sa première ogive nucléaire.

« Mesures graves »

Un rapport publié ce dimanche par deux experts en prolifération a évalué qu’Israël avait construit un total de 80 bombes nucléaires jusqu’à 2004, année où il a semble-t-il avoir interrompu la production. Le même rapport conclut qu’Israël avait des stocks de matières fissiles suffisamment importants pour doubler le nombre de bombes à court terme.

Les responsables américains se sont cependant opposés aux États arabes à l’AIEA. Joseph Macmanus, le représentant américain à l’agence, a déclaré que la résolution « ne fait pas avancer notre objectif partagé de progrès vers une zone exempte d’ADM au Moyen-Orient. Au lieu de cela, elle sape les efforts d’un dialogue constructif vers cet objectif commun. »

Un plan égyptien préparant le terrain pour l’établissement d’une zone exempte d’armes de destruction massive au Moyen-Orient avait été parrainée par les États-Unis en 2010, malgré l’opposition d’Israël. Cependant, Washington a annoncé l’an dernier qu’il reportait toute action à un date ultérieure. Dans le même temps, dimanche dernier, le ministère iranien des Affaires étrangères a exhorté la communauté internationale à « prendre des mesures sérieuses » pour forcer Israël à ratifier la Convention sur les armes chimiques.

Suite à la ratification de la convention par la Syrie, son ambassadeur à l’ONU, Bachar Jaafari, a déclaré : « le principal danger des armes de destruction massive, c’est l’ arsenal nucléaire israélien », ajoutant qu’Israël possédait des armes chimiques, mais que la plupart des autres États ne sont pas prêts à en parler.

Cela peut encore changer. Les représentants du gouvernement israélien se sont dits inquiets que le secrétaire d’État américain, John Kerry, puisse exiger d’Israël la ratification du traité de non prolifération dans le cadre des efforts américains pour effacer les armes chimiques du Moyen-Orient. « Maintenant, Kerry peut expliquer que les USA ont besoin de l’aide d’Israël avec une ratification du traité interdisant l’utilisation d’armes chimiques », a rapporté le journal Haaretz .

Selon des informations parues dans les médias israéliens, les ambassades israéliennes à l’étranger ont reçu des instructions pour éluder les questions posées par les journalistes et les diplomates et liées aux armes chimiques israéliennes.

Le ministère israélien de la Défense a refusé de faire des commentaires pour Al-Jazeera, renvoyant les questions au bureau du Premier ministre. David Baker, un porte-parole de Netanyahu, a également refusé de répondre, traitant de « spéculations » toutes les interrogations. Il n’a pas voulu dire si le gouvernement israélien avait donné des directives aux responsables politiques.

Dans une déclaration publique inhabituelle, Amir Peretz, ancien ministre de la Défense, a déclaré à Radio Israël cette semaine : « J’espère beaucoup, et je suis certain, que la communauté internationale ne va pas en faire une question centrale et que nous allons maintenir le statu quo ». Contrairement à la Syrie, a-t-il prétendu, Israël était un « régime démocratique et responsable ».

Uri Avnery , un journaliste israélien et ancien homme politique, a déclaré que les Israéliens sont persuadés que leur pays possède secrètement de telles armes. « Le gouvernement israélien a toujours maintenu que Israël était une exception, qu’il s’agissait d’un gouvernement responsable et qu’il n’avait donc pas besoin de se soumettre aux conventions internationales, qu’elles soient nucléaires, biologiques ou chimiques. Les Israéliens croient qu’en raison de l’Holocauste, ils ont droit à une protection supplémentaire, ce qui signifie en pratique l’accès à tout type d’arme. »

Le secret d’Israël est, en partie, motivée par la promesse d’éviter d’embarrasser les États-Unis en déclarant posséder des armes de destruction massive. Washington en effet viole la législation américaine en continuant à verser à Israël des milliards de dollars chaque année, alors qu’Israël possède des armes nucléaires hors de tout traité de non- prolifération.

Une position à courte vue

Le refus d’Israël de ratifier la Convention sur les armes chimiques aux côtés de la Syrie « est une position à courte vue et d’utilité douteuse » , dit un éditorial du Haaretz, ajoutant qu’un changement de politique montrerait qu’Israël était prêt « à faire sa part dans l’effort général pour débarrasser la région des armes de destruction massive ».

Les soupçons qu’Israël puisse dissimuler un programme d’armes chimiques se sont renforcés à la suite d’un récent rapport du magazine américain Foreign Policy, révélant que des satellites espions américains avaient découvert une zone de stockage d’armes chimiques dans le désert du Néguev en Israël pour la première fois en 1982.

Un rapport confidentiel de la CIA de 1983 et divulgué par le même magazine, avait identifié « une probable installation de production et stockage d’agent innervant », près de la ville israélienne de Dimona, elle-même proche du réacteur nucléaire israélien. Le magazine ajoute que les industries chimiques d’Israël sont également soupçonnées d’être impliquées dans la production d’armes.

Selon des communications militaires israéliennes captées et divulguées par l’Agence de sécurité nationale américaine à cette époque, les bombardiers israéliens ont mené des missions simulant des bombardements par armes chimiques dans le Néguev .

Le rapport suggère que « plusieurs indicateurs nous amènent à croire [que les Israéliens] ont à leur disposition au moins des agents neurotoxiques persistants et non persistants, du gaz moutarde et plusieurs agents toxiques de lutte antiémeute, insérés dans des systèmes appropriés de diffusion ».

Bien qu’il ne soit pas possible de savoir si fonctionne encore le site de stockage d’armes chimiques identifié par la CIA au début des années 1980, il y a des indications sérieuses qu’Israël a continué à travailler sur des agents neurotoxiques dans les années qui ont suivi.

Israël est connu pour avoir un institut de recherche biologique à Ness Ziona, à environ 20km au sud de Tel Aviv, qui se présente comme un centre de recherche du gouvernement. Officiellement, l’institut effectue de la recherche pour la médecine et pour la défense, notamment en aidant Israël à se prémunir contre les effets d’une attaque au moyen d’ armes chimiques ou biologiques.

L’institut est cependant soupçonné d’avoir également et secrètement développé des capacités offensives, le plus célèbre de ses agents toxiques ayant été utilisé dans une tentative d’assassinat du dirigeant du Hamas, Khaled Mechaal, en Jordanie en 1997.

Mechaal, à qui des agents du Mossad avait injecté un produit toxique dans une oreille, ne fut sauvé que parce que les deux agents impliqués ont été capturés alors qu’ils étaient encore en Jordanie. Binyamin Netanyahu, le premier ministre israélien de l’époque, avait décidé de remettre un antidote en échange de la libération des deux espions.

Des armes expérimentales

Israël est fortement soupçonné d’avoir utilisé une toxine très difficile à détecter dans la mort encore inexpliquée du dirigeant palestinien Yasser Arafat en 2004.

La connexion entre Israël et les armes chimiques a également fait surface suite à un crash d’un avion israélien près d’Amsterdam en 1992.

Les médias néerlandais avaient rapporté que l’avion d’El Al transportait des quantités importantes d’un composant chimique majeur du gaz sarin, le gaz neurotoxique utilisé près de Damas le dernier mois, le gouvernement syrien ayant été largement accusé d’être responsable de l’attaque. La société américaine qui avait fourni [en 1992] le produit chimique en question, avait déclaré que la livraison devait se faire à l’Institut de recherche biologique à Ness Ziona.

Une série de rapports, dont un de la BBC au début de la deuxième Intifada palestinienne il y a dix ans, a également accusé Israël d’utiliser ce qui semblait être une forme expérimentale de gaz lacrymogène produisant des convulsions graves pour beaucoup de ceux qui l’ont inhalé.

Plus récemment, les attaques répétées d’Israël sur Gaza ont été l’occasion d’utiliser des munitions Dense Inert Metal Explosive ( DIME), un type d’arme expérimentale qui n’est pas encore couvert par les traités internationaux. Son explosion provoque de graves dommages internes aux victimes et laisse des traces de métaux cancérigènes, tels que le tungstène, dans les corps de ceux qui survivent.

En hiver 2008-09 , Israël a été largement condamné pour avoir utilisé du phosphore blanc sur des zones habitées de Gaza. Même si ce gaz est autorisé à être utilisé sur un champ de bataille pour créer un écran de fumée, le phosphore blanc est considéré comme une arme chimique lorsqu’il est utilisé dans des zones où des civils sont présents. Les éléments de cette substance chimique brûlent à travers la chair et les poumons et ils sont particulièrement difficiles à éteindre.

Sous la pression internationale, l’armée israélienne s’est engagée plus tôt cette année à mettre fin à l’utilisation de ce type de produit toxique.

JPEG - 3.4 ko

* Jonathan Cook a remporté le Prix Spécial de journalisme Martha Gellhorn. Ses derniers livres sont Israel and the Clash of Civilisations : Iraq, Iran and the to Remake the Middle East (Pluto Press) et Disappearing Palestine : Israel’s Experiments in Human Despair (Zed Books). Voici l’adresse de son site : http://www.jkcook.net.

Du même auteur :

- Israël cherche à mettre en opposition Arabes chrétiens et musulmans dans une confrontation cruelle – 29 août 2011
- Des discussions inutiles, mais aussi lourdes de danger – 2 août 2013
- Gros racistes contre petits racistes : comment l’apartheid israélien se joue la comédie – 26 juin 2013
- Le retour à Iqrit – 13 juin 2013
- Obama est venu bénir un gouvernement de colons – 25 mars 2013
- Le voyage d’Obama en Israël, c’est 4 nouvelles années de colonisation – 28 février 2013
- Israël a déclaré la guerre aux enfants de Jérusalem : 1200 arrestations en un an – 30 janvier 2012
- Les Palestiniens en Israël attendent peu de choses des élections à la Knesset – 21 janvier 2013
- Bab al-Shams : les Palestiniens à l’assaut de leurs occupants ! – 15 janvier 2013
- Une carte du ministère du Tourisme israélien annexe plus de 60 % de la Cisjordanie – 1er janvier 2013
- Les sapins de Noël terrorisent les Israéliens – 5 décembre 2012
- Pourquoi Obama ne va pas s’en prendre à Israël – 16 novembre 2012
- Israël éradique l’Histoire : disparition de mosquées – 14 juillet 2012
- La bunkérisation d’Israël en voie d’achèvement, sur fond de nettoyage ethnique permanent – 25 janvier 2012
- Il y a de la méthode dans la folie de Nétanyahou : Israël exclut la non-violence – 21 juillet 2011

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑