Jean-Pierre Filiu : « Je crois que la victoire sera politique en Syrie »


le 1 mars, 2013 – 00:44

A l’occasion de la parution de son dernier ouvrage « Le nouveau Moyen-Orient », premier du genre à être consacré à la Révolution syrienne, Jean-Pierre Filiu, le prolifique historien arabisant, professeur des universités en histoire du Moyen-Orient contemporain à Sciences Po (Paris), a répondu à nos questions.

En se plongeant dans les méandres de la Révolution syrienne, Jean-Pierre Filiu n’était pas en terre inconnue, mais en immersion intellectuelle dans un pays qui lui est familier et cher, où il résida en sa qualité d’adjoint de l’ambassadeur de France à Damas, de 1996 à 1999.

Face à la tournure dévastatrice d’une insurrection populaire avide de changement, entamée pacifiquement et emportée dans le tourbillon mortifère d’un conflit qui bouscule tous les schémas, Jean-Pierre Filiu a répondu à l’appel impérieux de la recherche afin de décrypter les tenants et les aboutissants de la contestation syrienne et de la répression implacable menée par le régime de Bachar al-Assad.

Sous une plume passionnante qui éclaire la Révolution syrienne à la lumière de la perspective historique, de l’analyse d’actualité et de la réflexion prospective, Jean-Pierre Filiu signe « Le nouveau Moyen-Orient, les peuples à l’heure de la Révolution syrienne », le premier livre entièrement consacré à la Syrie d’hier et d’aujourd’hui, pour mieux se projeter dans la Syrie de demain.

– Dans votre ouvrage, vous observez l’émergence d’un nouveau Moyen-Orient à la faveur d’une renaissance arabe qui est actrice de son destin. Vous évoquez un prolongement de la Nahda, quels en sont aujourd’hui les enjeux essentiels, et quel sera le rôle de la Syrie future ?

Ma thèse d’historien est assez simple et elle s’inscrit dans le prolongement de mon ouvrage précédent, « La Révolution arabe, dix leçons sur le soulèvement démocratique », publié au début de la vague révolutionnaire. Nous assistons à l’aboutissement d’un processus historique de longue durée, engagé durant la Nahda/Renaissance du XIXème siècle, et frustré par l’établissement de dictatures au lendemain des indépendances arabes. La Syrie, du fait de sa centralité historique et politique, joue un rôle déterminant dans cette nouvelle ère.

– Est-ce une revanche sur les accords franco-britanniques «Sykes-Picot» de 1920? Pouvez-vous en rappeler les grands objectifs et les lourdes conséquences pour les peuples concernés ?

La division artificielle du Moyen-Orient entre la France et la Grande-Bretagne, sur la base des accords secrets de 1916, connus sous le nom de leurs négociateurs Sykes et Picot, est en effet une cause fondamentale de l’instabilité des Etats devenus plus tard indépendants. Le paradoxe révolutionnaire est que la légitimation, par la lutte même, du cadre hérité de la colonisation va conforter ces frontières, initialement imposées, mais devenues celles d’un peuple en lutte pour son indépendance authentique. Il est frappant de voir que les révolutionnaires syriens ont choisi le drapeau de la Syrie rétablie en tant que telle en 1961, après la rupture de la funeste « union » avec l’Egypte.

– Ce Moyen-Orient, passé dans le langage courant, a été conceptualisé en 1902 par l’amiral américain Alfred Mahan. Etait-ce un visionnaire de la géopolitique, et quelle portée a eu sa projection de l’Orient dans le monde ?

J’insiste comme historien sur le fait que le Moyen-Orient est une projection de puissance relativement récente, puisque ce concept naît il y a un peu plus de siècle, sous la plume d’un théoricien américain du contrôle des routes maritimes. Avant cet amiral Mahan, on parlait d’Orient ou de Levant. Lui pose le « Moyen-Orient » comme cible de toute puissance aspirant à l’hégémonie mondiale. Et cela un demi-siècle avant la fondation de l’état d’Israël ou l’exploitation massive du pétrole. C’est ce Moyen-Orient d’en haut qui disparaît aujourd’hui au profit d’une réalité dictée par les peuples en lutte.

– La révolution syrienne, démarrée pacifiquement, a sombré dans un chaos mortifère. La comptabilité macabre en atteste (plus de 30 000 morts en 20 mois, un million et demi de Syriens déplacés à l’intérieur du pays, 400 000 réfugiés dans les pays voisins, une situation humanitaire catastrophique). Quelle est votre perception de la complexité de ce conflit ?

Tous ces chiffres accablants, que vous reprenez de l’introduction de mon livre, pourtant paru il y a très peu de temps, peuvent déjà être doublés, tant la descente aux enfers du peuple syrien s’accompagne d’une aggravation exponentielle du nombre des victimes. Je crois que c’est moins la complexité du conflit syrien qui est sans précédent que la détermination du peuple de Syrie à renverser une dictature elle-même prête à tout pour demeurer en place. Les acteurs extérieurs croient pouvoir contrôler une crise dont je mets pourtant en lumière les enjeux profondément intérieurs et les ressorts intimes. La Russie et l’Iran sont ainsi engagés dans une co-belligérance active qu’ils vont payer au prix fort.

– Quel est le vrai poids du conflit confessionnel sunnite-alaouite et quelle sera son issue ?

Je vous remercie de parler de sunnites-alaouites plutôt que, comme trop de commentateurs, de sunnites-chiites. Les Alaouites ne sont en effet pas plus chiites que les Mormons ne sont protestants. Mais l’Iran et l’Arabie ont à l’évidence projeté sur le théâtre syrien leurs rivalités régionales, qu’elles déclinent sur un mode confessionnel. Aujourd’hui, Bachar al-Assad a littéralement pris en otages les Alaouites de Syrie et il faut que les forces révolutionnaires desserrent cet étau en intégrant de manière volontariste des personnalités alaouites. La nomination de Monzer Makhous comme ambassadeur de la Syrie nouvelle, à Paris, est un pas parmi d’autres en ce sens.

– Comment expliquez-vous l’apparente réserve de la communauté internationale, et notamment des Etats-Unis ? Cela aura-t-il des répercussions à terme entre une Syrie que vous voyez victorieuse de son tyran Bachar al-Assad et l’Occident ?

Je souligne l’effet profondément néfaste de l’absence de décision claire de la part de la communauté internationale, qui a abouti à aggraver le calvaire du peuple syrien. Je suis particulièrement sévère à l’encontre de Kofi Annan, dont la mission a coïncidé avec une escalade sanglante sur tous les fronts. Tous ces intervenants extérieurs sont prisonniers d’une vision dépassée où Bachar al-Assad continue d’incarner l’Etat, et où les combattants sont réduits à n’être que des relais des supposées influences étrangères. C’est une insulte au peuple syrien en lutte pour sa libération. Et il n’oubliera pas de si tôt qui était à ses côtés et qui l’a abandonné en ces moments terribles.

– Vous décrivez Hafez al-Assad, le père, comme un « conspirateur opiniâtre » qui a consolidé, en 1970, une « dictature d’une perversité inédite, habile à brouiller les pistes, pour camoufler l’accaparement du pays par un clan ». Tel père, tel fils, de quoi est faite la capacité de nuisance  de « l’Etat de barbarie » des Assad ?

J’ai pu rencontrer plusieurs fois Hafez al-Assad comme son fils. Je suis convaincu que, contrairement à tous les commentaires sur leur soi-disant « vision stratégique », ce ne sont que des survivants déterminés à tout sacrifier pour la préservation de leur pouvoir sans partage. C’est ce qui avait amené le regretté Michel Seurat à inventer ce concept lumineux d’« Etat de barbarie », car cet « Etat » n’a plus de rapport avec sa population que le bombardement et les massacres. Aucune négociation ne peut être menée avec cette machine de terreur, qui doit être démantelée, sous peine de perdurer comme depuis plus de quarante ans.

– Vous affirmez que la victoire sera politique avant d’être militaire, avec la chute de Bachar al-Assad. Mais pour l’heure, ce dernier résiste depuis plus d’un an face à l’Armée syrienne de libération (ASL) et le Comité National Syrien (CNS). La guérilla peut-elle vraiment avoir le dessus et à quelle échéance ?

Je crois en effet que la victoire sera politique et que « l’Etat de barbarie » s’effondrera de ne plus pouvoir entretenir sa terreur débridée. Cela ne signifie pas qu’un rapport de forces militaire ne doit pas être enfin établi pour que l’aviation, l’artillerie et les missiles du régime cessent de semer la terreur dans la population. Mais la clef ne sera pas dans une victoire « militaire » (la rébellion a d’ailleurs eu tort de céder à cette illusion lors des batailles de Damas et d’Alep en juillet 2012). Elle se trouvera dans l’établissement d’une autorité révolutionnaire et légitime sur un territoire syrien « libéré » au sens propre, c’est à dire protégé des frappes aveugles du régime.

– La résistance civile continue envers et contre tout, les slogans de rue étant scandés tous les vendredis par des milliers de Syriens. La révolution syrienne s’inscrit bel et bien dans le soulèvement démocratique qui traverse le monde arabe depuis 2010 ?

Il est en effet regrettable que l’essentiel des images qui nous parviennent de Syrie continuent d’être des images de combats, parfois atroces, alors que, tous les vendredis, des milliers de Syriennes et de Syriens continuent de manifester pacifiquement. Leur courage est admirable et il constitue la meilleure garantie de l’avenir. Mais la résistance civile couvre aussi tous les aspects d’administration locale, d’assistance humanitaire, de justice élémentaire qui « tiennent » les zones libérées du régime. C’est une Syrie nouvelle qui naît déjà sous nos yeux, farouchement attachée aux acquis de ses combats.

– Vous concluez en annonçant « l’An II de la révolution arabe, l’heure des peuples», précisant : « Ce nouveau Moyen-Orient que les néo-conservateurs croyaient enfanter en Irak en 2003 commence aujourd’hui d’émerger en Syrie ». Vous êtes résolument confiant dans l’avenir de la Syrie libérée du joug de Bachar al-Assad ?

A défaut d’être confiant, je suis résolument historien. L’invasion américaine de l’Irak en 2003 était un mauvais « remake » des expéditions coloniales, avec la volonté affichée de « libérer » par le haut un pays à la culture immémoriale. On connaît le désastre qui s’en est suivi : l’Irak mettra au moins une génération après le retrait américain pour se remettre d’un tel traumatisme. En Syrie, au contraire, c’est des profondeurs de la société que se développe l’alternative révolutionnaire. Aucun retour en arrière n’est possible et la dynamique contestataire de critique de toute autorité peut sembler ajouter à la confusion de la révolution syrienne, elle est aussi un rempart contre les tentations de restauration arbitraire.

Propos recueillis par la rédaction

Jean Pierre Filiu, Le nouveau Moyen-Orient, les peuples à l’heure de la Révolution syrienne,  Fayard, 2013. 

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Mobilisation : l’ULB ne doit pas être complice de l’Etat d’Israel


 

  •  Rue Ducale, 1, 1000 Bruxelles
  • Le 5 mars prochain, Didier Viviers, Recteur de l’ULB, est annoncé comme participant à une « Séance-Académique » organisée par le CCOJB, Forum et l’ambassade israélienne, avec Shimon Peres, président de l’Etat d’Israel.
    – Le 5 mars place du Trône, sous la statue du roi Léopold dès 17h30.

    Tous les cercles et associations qui veulent se joindre à cet évènement sont les bienvenus.

    Organisations/cercles/associations qui soutiennent :
    – Comac (Mouvement de jeunes du PTB)
    – JAC (Jeunes Anticapitalistes)
    – Intal
    – BDS-ULB
    – section bruxelloise des étudiants FGTB
    – Ceae ulb
    – les Indigènes de Belgique asbl
    – Students Against Israeli Apartheid
    – le parti Egalité
    – le Mouvement Citoyen Palestine
    – Generation Palestine
    – A.B.P.
    – Comité Palestine LLN
    – Gents actieplatform Palestina
    – de LAP- Leuvense Actiegroep Palestina
    – Palestina Solidariteit vzw
    – Prisoner’s Family & Friends Association
    – Vrede vzw
    – Plate-forme Charleroi-Palestine
    – LEF-FGE

Honte à toi, Richard Prasquier


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vendredi 1er mars 2013 par Michel Warschawski

Des gnomes qui s’agitent sur la dépouille d’un géant

Un Juste est mort – un des 36 justes qui, selon la tradition juive, vivent à chaque moment parmi nous – et dans certains sites qui osent se définir comme « juifs », on danse et on crache sur sa dépouille. A vomir, et, pour nous Juifs, à rougir de honte. Des gnomes, méchants et bêtes, s’attaquent au géant Stéphane Hessel. Parmi ces gnomes, l’ineffable Richard Prasquier, soit disant « représentant » des Juifs de France, mais en fait vice-ambassadeur d’Avigdor Lieberman à Paris.

Il y a trois mois, ce même Prasquier m’attaquait, dans un texte où se mélangeaient contre-vérités et propos calomnieux, à l’occasion de la remise du Prix des Droits de l’Homme de la République Française que je recevais au nom du Centre d’Information Alternative de Jérusalem, des mains de la Garde des Sceaux Christiane Taubira. Stéphane et Christiane Hessel me faisaient l’amitié et l’honneur d’être présents à cette cérémonie. Emis contre moi, ce texte pouvait encore être considéré comme de la mauvaise mais légitime polémique. Avec Stéphane Hessel c’est une toute autre chose : « Richard Prasquier, déchausse-toi et rince-toi la bouche avant de prononcer le nom de Stéphane Hessel, car c’est un Saint ». Stéphane – il me permettait cette familiarité, et j’étais fier qu’il me tutoie, même si moi je n’ai jamais réussi à le faire – me réprimanderait certainement pour avoir utilisé ce mot, mais, contrairement à Richard Prasquier, dont la culture juive est directement proportionnelle à son intégrité intellectuelle, il aurait tout de suite reconnu là une paraphrase du chapitre 3 du Livre de l’Exode.

Lors de la remise du Prix des Droits de l’Homme, j’ai dit, entre autre, à Madame Taubira que Stéphane Hessel était l’homme que j’aurais voulu être, celui que je considère depuis près d’un quart de siècle comme mon père spirituel. Lui, ainsi que Léopold Trepper de l’Orchestre Rouge et le grand révolutionnaire Marocain, Abraham Serfaty, que j’ai, tous les deux, eu le bonheur et l’honneur de connaître.

J’ai presque honte de mentionner dans un même texte ces grands hommes et le Président du Crif. Pourtant, cela s’impose : Prasquier et autres BHL, Ehoud Barak ou Shimon Peres salissent la mémoire juive par leurs crimes ou leurs apologies de ces crimes qui profanent une histoire dont nous devons être fiers. Une histoire faite de combats pour le droit et la justice, contre les discriminations et l’oppression, et fondée sur l’expérience des souffrances de notre peuple.
« Plus jamais ca ! » avons-nous juré après la défaite de la barbarie nazie, et, sorti de Buchenwald, Stéphane Hessel s’attelle à la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Universelle doit être notre approche des droits selon le principe de Shamay, ce grand sage du Talmud : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’il te fasse ». Et c’est bien là que le bât les blesse, que Stéphane Hessel les gènait : conséquent avec ses engagements et son éthique exemplaire, il a refusé la morale à double standard : ce qui est vrai pour les Juifs, l’est aussi pour toutes les autres victimes de discrimination raciale ou ethniques, des Grands Lacs africains aux Roms de France, les victimes du colonialisme où qu’elles soient, les victimes d’un capitalisme porcin qui sacrifie des millions d’humains sur l’autel du profit. C’est là aussi les raisons de son engagement aux côtés des Palestiniens dans leur lutte contre l’occupation coloniale israélienne.
Relisons ce petit-grand livre qu’est « Indignez-vous » qui est son testament aux générations nouvelles, et l’appel qui a suivi : « Révoltez-vous ». La vie de Stéphane Hessel est un appel à la révolte, inscrite dans les combats pour la liberté, de Bar Kochba et de Spinoza, et de ses contemporains, Léopold Trepper et Marek Edelman. « Pour notre liberté et pour la vôtre » disait la déclaration des combattants du Ghetto de Varsovie, à l’exact opposé de l’ethnocentrisme de Monsieur Prasquier. C’est dans cette histoire que nous inscrivons nos engagements, nous les indignés juifs, aux côtés de millions d’autres indignés qui ont fait de la vie et de la parole de Stéphane Hessel leur boussole.

La dépouille de Stéphane Hessel n’est pas encore en terre, comme il se doit dans notre tradition – mais en as-tu la moindre notion, Richard Prasquier ? – profite de ces quelques jours pour te recueillir et réfléchir sur la vie du défunt et du message qu’il nous a transmis. Pour t’aider un peu, je te propose de cogiter sur cette parole que ta déclaration en tant que Président du Crif a provoqué chez une française de culture musulmane, fille d’immigrés Algériens qui comme beaucoup de nos grand-parents fuyaient la misère de leur pays d’origine et cherchaient en France la liberté et l’égalité si solennellement inscrits sur les fronteaux des mairies : « C’est une grande indignité que nous donnent à voir la LDJ et le CRIF…Stéphane Hessel est décédé depuis quelques heures, que les uns sablent le champagne et les autres crachent déjà sur l’homme en nous promettant de cracher sur lui plus tard… »
Cette indignité, montrée par la LDJ et le CRIF ne pourra jamais effacer une belle vie de luttes et de combats, de résistance pour nous tous, l’humanité.
Cette indignité d’une poignée d’individus obsédés par leur patriotisme sioniste ne salira pas notre grande tristesse d’avoir perdu un guide, et notre chance de l’avoir vu partir à 95 ans comme il le souhaitait en nous laissant un héritage extraordinaire.
A l’heure où c’est le pays dans son entier qui est endeuillé, cette indigne poignée se détache d’une France triste d’avoir perdu un de ses plus dignes fils, immigré, Juif Allemand, naturalisé. Ils se détachent indignement d’un moment qui nous rapproche tous…

Michel Warschawski

Les quatre du « Secours rouge » traités en terroristes


Mis en ligne le 01/03/2013

Ils sont renvoyés en correctionnelle sous cette prévention.

C’est un petit coup de théâtre. La chambre des mises en accusation de Bruxelles a décidé, jeudi, de renvoyer Bertrand Sassoye, ancien membre des CCC (Cellules combattantes communistes), l’ex-truand Constant Hormans, le réfugié libanais Abdallah Ibrahim Abdallah et la journaliste RTBF Wahoub Fayoumi, membres du collectif de soutien aux prisonniers politiques révolutionnaires appelé « Secours rouge », devant le tribunal correctionnel pour participation à des activités terroristes.

L’arrêt réforme en tout point la décision que la chambre du conseil de Bruxelles avait prise en avril 2012.

Les quatre inculpés sont soupçonnés d’avoir apporté un soutien à une organisation qualifiée de terroriste, le PCPM (parti communiste politico-militaire). Ce parti italien, démantelé en 2007, était une résurgence des Brigades rouges.

En avril 2012, la chambre du conseil de Bruxelles avait considéré qu’il n’y avait pas de charges suffisantes pour poursuivre les inculpés pour faits de terrorisme et n’avait retenu qu’une tentative de faux.

Le parquet fédéral n’avait pas accepté le verdict et avait interjeté appel. Avec les résultats que l’on sait.

Ce dossier avait défrayé la chronique dès juin 2008, à l’occasion de spectaculaires perquisitions, menées notamment à la RTBF, où travaille Wahoub Fayoumi. Quatre personnes avaient été incarcérées : Bertrand Sassoye, un des quatre membres des CCC auteurs d’une campagne d’attentats en 1984 et 1985; Constant Hormans; le Libanais Abdallah Ibrahim Abdallah et Mme Fayoumi.

En cause : leur soutien présumé au PCPM, dont les membres étaient dans le viseur des services secrets italiens. Quelques activistes avaient été interpellés après un braquage à la voiture-bélier contre un distributeur de billets. Des fouilles chez un des dirigeants du groupuscule avaient mené les enquêteurs transalpins vers des fûts métalliques.

Dans l’un d’eux, figuraient des photos d’identité des quatre du Secours rouge, avec une note manuscrite, reprenant leurs noms et caractéristiques anthropométriques.

D’après les études graphologiques, la note était de la main de Bertrand Sassoye. Dans un autre fût, des cartes d’identité vierges italiennes avaient été découvertes. Ce qui avait conduit les enquêteurs à estimer qu’ils s’apprêtaient peut-être à entrer en clandestinité pour mener leur combat.

La juge d’instruction belge Berta Bernardo-Mendez avait retenu la participation à un groupe à vocation terroriste. Ce qu’ont toujours contesté les défenses des quatre inculpés. « Le lien était par ailleurs particulièrement ténu entre ces documents d’identité et les photos », relevait, devant la chambre du conseil, Me Christophe Marchand, avocat de Wahoub Fayoumi. « Ce dossier a été mené à la légère : il y a eu un grand acharnement du parquet fédéral », ajoutait-il.

Au lendemain de la décision de la chambre du conseil, la défense s’était réjouie. « En estimant que les charges étaient insuffisantes pour les infractions à caractère terroriste, la chambre du conseil a pris en compte la liberté d’expression et la liberté d’organisation. Elle a considéré que la seule sympathie pour une organisation dont l’une des tâches serait liée à la lutte armée, n’est pas suffisante pour considérer qu’il existe une participation à un groupe terroriste », commentait Me Alexis Deswaef, le conseil de Constant Hormans.

Criminalisation des mouvements sociaux?

Les défenseurs des quatre inculpés étaient d’autant plus confiants qu’en Italie, le dossier ouvert à charge des membres du PCPM s’était dégonflé. L’arrêt d’assises, qui avait retenu l’appartenance à une organisation terroriste a été cassé par la Cour de cassation et la cour de Milan a considéré que le PCPM n’était pas une organisation terroriste. Jeudi, la déception et le scepticisme étaient grands dans leurs rangs.

De son côté, la Ligue des droits de l’Homme s’est dite inquiète de l’interprétation de la loi relative aux infractions terroristes donnée par la chambre des mises. Selon elle, l’arrêt met en lumière le risque de criminalisation des mouvements sociaux induit par des lois anti-terroristes particulièrement floues. Il met aussi en évidence la nécessité d’évaluer l’arsenal législatif adopté depuis 2003 pour lutter contre le terrorisme.

source

Printemps arabe, des écrivains dans la révolution


agenda

festival passa porta jour 3

ven. 22.03.2013 | 20:30
€ 10 / 7

arab spring: writers in revolution

Printemps arabe, Réveil arabe, Révolution arabe, des mouvements contestataires spontanés ont entraîné la chute de dictatures en Tunisie, Égypte et Libye au nom de la dignité humaine et de la liberté. Ces pays  expérimentent encore la démocratie ; un régime politique si précieux que beaucoup de peuples arabes sont prêts à y sacrifier leur vie. En 2013, le « Dégage ! » résonne à Tunis, hommes et femmes sont debout en Égypte et Syrie. Ils refusent de faire de leurs révoltes déjà un tombeau ! Khaled Khalifa, Khaled Al Khamissi, Raja Ben Slama, Ibrahim Al-Koni et Boualem Sansal affirment leurs convictions. Une conversation polyphonique où les voix de résistance des poètes se mêlent à celles de l’éditorialiste Béatrice Delvaux et de l’écrivain marocain Mohamed Berrada. Pour un avenir meilleur à la hauteur des rêves qui explosent encore en rafales.

Soirée avec débat et lectures. Traduction simultanée.

« Je sais que l’écriture est impuissante et nue devant les canons », écrit l’écrivain syrien Khaled Khalifa.
« Une Égypte plus humaine, plus juste et pourquoi pas gouvernée par une femme (…) », propose l’écrivain égyptien Khaled Al Khamissi.
« Le droit de blasphémer ou de ne pas croire est sans cesse bafoué et menacé », rappelle la psychanalyste tunisienne Raja Ben Slama.
« Dans l’ombre de la tyrannie tout est voué à l’exil », explique l’écrivain libyen Ibrahim Al-Koni.
« Tant que je serai sous les feux de la rampe, je serai épargné », conclut le romancier algérien Boualem Sansal.
Voir programme Littératures arabes à Bozar dimanche 24 mars pour les rencontres individuelles avec les écrivains arabes.

RES. 02 218 21 07 halles.be

ORG. Passa Porta, Les Halles de Schaerbeek, Literature across Frontiers

Shimon Peres reçu à Bruxelles avec les honneurs…


Suite à sa carte blanche

Mr Goldman a répondu ce jour

À : m.uyttendaele@ugka.be

Maître,

J’ai lu avec attention et consternation votre carte blanche dans le Soir.
Etes-vous bien spécialisé dans le droit constitutionnel?
Je suis désolée de vous l’apprendre mais non, Israël n’est pas une démocratie, en tout cas dans le sens où nous l’entendons en Europe. Oui il y a le droit de vote mais cela ne suffit pas pour être un état démocratique. Je pense d’ailleurs, que les Bédouins citoyens israéliens ne peuvent participer à toutes les élections. Dans nos états, pour être une démocratie, il faut, je pense, respecter les droits de l’homme. Et Israël bafoue ces droits fondamentaux au quotidien. D’ailleurs Israël n’a pas de constitution (pourquoi?) et n’a pas de frontière fixe ce qui lui permet de continuer à conquérir du territoire.
Savez-vous qu’Israël n’accorde pas les mêmes droits (en matière de propriété notamment) à ses citoyens selon qu’ils sont juifs ou pas alors que beaucoup de ses citoyens ne sont pas juifs? Cet état enferme en prison qui il veut sous prétexte d’ « arrestation administrative » sans jugement, pour des durées indéterminées, sans accorder aux prisonniers des droits élémentaires comme voir sa famille. Sont enfermés des mineurs d’âge. La torture y est pratiquée.
Cet état  enferme ses objecteurs de conscience donnant à ces jeunes gens courageux un casier judiciaire leur interdisant de trouver du travail.
Par ailleurs Israël est un état religieux qui ne reconnait pas le mariage civil.
En vous lisant, j’ai l’impression que vous ne savez pas cela. Pourtant, apparemment, vous lisez le journal Le Soir et donc les articles de Baudouin LOOS et de Serge Dumont….
« Mr Peres a aussi des qualités » certes…il doit être un bon père de famille mais c’est aussi un criminel de guerre qui devrait être jugé par le tribunal pénal international. Vous défendez aussi les criminels de guerre?
Un état qui commet des crimes de guerre en bombardant la population civile avec des armes illégales comme les bombes au phosphore (vous avez vu les blessures que ça fait?), qui vole l’eau, qui construit un mur illégal, qui bombarde des centrales électriques ce qui compromet l’approvisionnement en eau, qui soumet la population de Gaza à un blocus criminel?
La liste des crimes commis par cet état est trop longue…
Je vous trouve assez méprisant envers ceux qui défendent les droits des Palestiniens. Personnellement, je n’ai rien à voir avec Mme Fourest. Ceux qui critiquent attisent la haine? Veulent la destruction d’Israël? Auriez-vous copié ces arguments d’un site « hasbara.com« ? Diriez-vous la même chose de ceux qui dénoncent les crimes de l’armée birmane ou du Sri Lanka? Bientôt vous allez nous dire de nous occuper du Darfour…Les premiers qui dénoncent les crimes de l’état israélien sont les pacifistes israéliens et les journalistes de Harretz: ils sont responsables aussi d’attiser la haine?
Ceci dit en vous lisant, j’ai découvert un désaccord avec Mr Abbas: pourquoi veut-il que la Palestine soit démilitarisée???D’abord que je sache, la Palestine n’a jamais eu d’armée et personnellement je pense qu’il faut que la Palestine ait une armée aussi puissante que celle d’Israël car ce n’est que quand les forces en présence sont en équilibre que la paix est possible…Ou alors mieux: faudrait démilitariser Israël! Les Palestiniens aussi ont le droit de se défendre!
Enfin, je suis assez d’accord avec Mr Goldman quand il dit qu’il s’agissait « d’une soirée cirage de pompes »: allons soyons sérieux, il n’est écrit nulle part qu’il s’agissait d’une conférence débat…
Je joins ma discussion avec le recteur et le mot de l’UPJB
J’espère que votre épouse est mieux informée des problèmes des Palestiniens…

Objet : réponse du recteur

Chère Madame,

J’ai lu votre message avec beaucoup d’attention.

Je ne me prétends pas spécialiste de la politique israélienne et je suis convaincu de la capacité de Monsieur Shimon Peres à répondre très habilement à toute question critique. Je sais aussi qu’il y aura face à moi un parterre de partisans de la politique d’Israël. Mais est-ce pour cela que l’on doit renoncer à adresser des questions critiques à quelqu’un? Je ne le pense pas. Je me suis toujours opposé au règne des communautarismes. Aussi, je trouve une certaine cohérence à affirmer une position contradictoire dans une communauté qui n’est pas la mienne, pour maintenir un dialogue et faire connaître à ceux qui l’oublient parfois des positions dissonantes. Je vous rejoins lorsque vous affirmez que la situation ne sera pas facile.

Quant aux insignes de DHC, il ne s’est jamais produit qu’on les retire. Et il a fallu cet événement pour que certains (la majorité?) se souviennent qu’on les avait octroyés à Shimon Peres. Je garde cependant en mémoire vos propositions.

Avec mes sentiments les plus respectueux,

Le Recteur,

Didier Viviers

De : Nathalie Patris [mailto:nath.patris@gmail.com]
Envoyé : vendredi 1 mars 2013 09:41
À : recteur@ulb.ac.be

Objet : Suggestion: Neve Gordon et Nurit Peled

Monsieur le Recteur,

J’ai lu avec grande attention votre réponse sur votre blog.

Il est bien courageux de votre part d’interpeller Mr Peres sur la politique israélienne de ces dernières années, mais avec tout le respect que je vous dois, pensez-vous avoir les connaissances nécessaires sur l’histoire du conflit et surtout sur la situation actuelle? Je ne veux en aucune manière vous dysqualifier: je sais que vous êtes un homme intelligent et brillant. Mais vous allez avoir en face de vous un manipulateur professionnel bien rodé à ce genre d’exercice. Il vous dira, avec la main sur le coeur, qu’il défend la paix, le dialogue avec les Palestiniens, discours creux et bien connu tout à fait contraire aux faits. Il répondra de façon évasive aux questions plus directes comme les crimes de guerre commis à Gaza, l’utilisation des bombes à phosphore, les bombardements au sud-Liban, la colonisation, les droits des prisonniers palestiniens et les arrestations administratives, la destruction systématique des villages bédouins du Néguev pourtant citoyens israéliens….Vous aurez devant vous un parterre de partisans pro-israéliens avec sans doute, au premier rang, Mr Kotek et Mr Sosnowski qui évidemment défendront le brave homme.

Par ailleurs, au vu de sa responsabilité personnelle dans les crimes de guerre commis par l’état israélien, ne pensez-vous pas qu’il faudrait au plus vite lui retirer les insignes de docteur honoris causa car le jour, où il comparaîtra devant le tribunal pénal international, cela risque de nuire à la crédibilité de l’ULB.

A sa place, puis-je vous suggérer la candidature du professeur Neve Gordon qui enseignait à l’Université Ben Gourion du Néguev où il dirigeait le Département de sciences politiques et gouvernementales. Ce courageux professeur est un membre actif de l’ONG Ta’ayush, qui rassemble Juifs et Arabes israéliens. Il soutient la campagne Boycott- Désinvestissement – sanction ce qui lui a valu de gros ennuis, mis sous surveillance par ses étudiants. Je vois qu’il n’est plus à l’unif depuis 2010. A-t-il été licencié?
Il est l’auteur de ce site: http://www.israelsoccupation.info

Ou Nurit Peled qui a déjà été honorée du Prix Sakharov du Parlement européen en 2001 et qui parle parfaitement le français. Elle est toujours professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem et est spécialiste du conditionnement scolaire. Sa tragédie personnelle a été racontée par Simone Bitton dans le film L’Attentat. (Sa fille Smadar a perdu la vie dans un attentat-suicide à Jérusalem.)

Tous les refuzniks mériteraient le titre de « docteur honoris causa » et les militants des vraies associations pacifistes israéliennes qui prennent des risques. Les soutenir est un devoir pour quiconque veut défendre les droits de l’homme et la justice.

Dans l’attente de vous lire, je vous remercie, Monsieur le Recteur, d’avoir pris le temps de me lire.

Nathalie PATRIS

Une subtile opération de com.

COMMUNIQUÉ DE L’UNION DES PROGRESSISTES JUIFS DE BELGIQUE (UPJB)

Que le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique et le Forum der Joodse Organisaties invitent Shimon Peres, président de l’État d’Israël, cela n’a rien d’étonnant. Ce qui l’est beaucoup plus, c’est que le ministre belge de la Défense, Pieter De Crem, et le recteur de l’ULB, Didier Viviers se prêtent à cette évidente opération de com.

Opération de com. ? Personne n’ignore en effet que l’image d’Israël est de plus en plus ternie aux yeux de la Communauté internationale. Alors les organisations juives invitent son président qui, par ses déclarations récentes en faveur de négociations sérieuses avec l’Autorité palestinienne – et même avec le Hamas -, apparaît comme un homme de paix. Le problème, c’est que, en Israël, ce n’est pas le président qui dirige la politique du pays, son rôle étant strictement représentatif. Et il s’en acquitte fort bien en s’appliquant à donner une image respectable d’Israël, ce qui est l’objectif manifeste de l’opération.

La question que l’on peut, que l’on doit, se poser est de savoir pourquoi il a attendu de n’avoir plus aucun rôle décisionnel pour tenir un discours de paix. Car il ne faut pas oublier qu’avant d’accéder à la présidence, le 15 juillet 2007, Shimon Peres a été de quasi tous le gouvernements et qu’il a vigoureusement soutenu la politique de colonisation et aussi les deux guerres du Liban.

Qui plus est, Shimon Peres a, de façon directe, du sang sur les mains. En avril 1996, alors qu’il était Premier ministre, fonction à laquelle il avait accédé après l’assassinat de Yitzhak Rabin, c’est lui qui avait ordonné le bombardement du camp de réfugiés des Nations unies de Cana, au Sud-Liban, bombardement dont le bilan s’était élevé à 100 morts, majoritairement des femmes, des enfants et des vieillards. Le plus grave est qu’il s’agissait d’une opération strictement électoraliste à un mois des élections qui devaient avoir lieu le 29 mai suivant. Shimon Peres voulait ainsi prouver que lui, le civil, pouvait aussi être un chef de guerre. 100 morts pour rien puisque c’est Benyamin Netanyahu qui avait remporté les élections.

Que l’establishment de Belgique ait envie d’entendre la « bonne » parole du président de l’État d’Israël – à 100 ¤ l’entrée ! -, soit. Mais que vont donc lui dire le ministre de la Défense et le recteur de l’ULB ? Vont-ils lui parler du rapport des chefs de mission de l’Union européenne à Jérusalem-Est et à Ramallah qui fustige la colonisation israélienne à Jérusalem-Est occupé et annexé, estimant qu’elle vise à empêcher la création d’un État palestinien, et qui appelle les pays membres à sanctionner financièrement Israël ? Nous craignons fort que ce ne sera pas le cas et qu’ils feraient dès lors mieux de s’abstenir de participer à cette opération de com.

source : reçu par mail

Revoir Israël Confidential émission du Mercredi 27 Février à 21:55


ICI

Six anciens directeurs du Shin Bet (service israélien de sécurité intérieure et de renseignement) ont décidé de prendre position publiquement et faire des révélations sur la politique antiterroriste menée par Israël depuis la Guerre des Six jours en 1967. Que ce soit contre le terrorisme palestinien ou celui lié à l’extrémisme juif religieux, ils font le bilan de leurs échecs et leurs succès. Ils évoquent sans langue de bois les actions violentes qu’ils ont souvent commandées (attentats ciblés, exécutions sommaires, enlèvements). Le récit, chronologique, retrace sous un éclairage inédit des événements cruciaux du conflit israélo-arabe : depuis la retraite du Sinaï et la guerre du Liban jusqu’à l’invasion récente de Gaza, en passant par la montée du terrorisme juif, l’assassinat de Rabin, les deux Intifadas. Les citoyens qu’ils ont juré de protéger ont peut-être vécu plus en sécurité grâce à leur action, mais cela a-t-il rapproché le pays de la paix ?

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