Bachar Al-Assad, le tyran


M le magazine du Monde | 21.12.2012 à 13h02 • Mis à jour le 23.12.2012 à 19h40 Par Christophe Ayad

Le président syrien n'est pas seulement le plus grand meurtrier de masse du début du XXIe siècle, il a aussi inventé un style inédit de dictature. Alessio Romenzi/Corbis

C’est l’homme de l’année 2012. Du moins si l’on retient comme critères le cynisme et la cruauté. Et même s’il ne survivra probablement pas à 2013, on se souviendra de lui longtemps. Au moins jusqu’à ce qu’un autre dépasse ce record insensé : plus de 40 000 morts en dix-neuf mois de soulèvement et c’est loin d’être fini. On se demandait il y a encore un an s’il serait capable d’égaler son père Hafez, qui avait fait tuer 10 000 à 20 000 habitants de Hama en 1982 pour avoir osé se soulever. Bachar, l’ophtalmologue au long cou et au léger zézaiement, a fait assurément plus et mieux, sans éteindre pour autant l’incendie qui vient désormais lécher les pieds de la colline qui domine Damas, où se trouve son palais.

Le président syrien n’est pas seulement le plus grand meurtrier de masse du début du XXIe siècle, il a aussi inventé un style inédit de dictature. Rarement on aura vu un tel détachement dans la cruauté, un tel déni dans la férocité. Même s’il a espacé ses apparitions publiques et télévisées, déjà rares, Bachar Al-Assad ne s’est jamais départi de son calme un peu sentencieux de premier de la classe. Il continue de parler de son pays comme s’il s’agissait d’une contrée exotique. Et de l’exercice du pouvoir, comme si c’était une dissertation. Comme s’il n’était pas impliqué, comme s’il s’agissait d’un autre.

Le pouvoir, il n’y était pas destiné. C’est son frère aîné Bassel qui devait en hériter, n’était un fatal accident de voiture sur la route de l’aéroport en janvier 1994. Il en avait l’appétit et le goût. Rappelé de Londres, où il effectuait sa spécialisation médicale, Bachar a obéi à l’injonction paternelle. Tiraillé constamment entre le désir d’être aimé pour ce qu’il croit être et la peur de passer pour un faible, il a toujours soufflé le chaud puis le froid. A son arrivée à la présidence en juin 2000, il lance un appel à l’ouverture et à la modernisation. Le « printemps de Damas » prend un tour inquiétant, les conseillers de son père menacent de revenir aux affaires prétextant son inexpérience. Exit l’ouverture, reste la modernisation. Il démocratise Internet et le téléphone mobile, deux outils qui lui seront fatals. Son cousin et ses proches s’enrichissent outrageusement en s’octroyant le monopole commercial de ces lucarnes de liberté dont les Syriens sont friands.

VICTOIRES EN TROMPE-L’ŒIL

Aujourd'hui si la chute du dictateur semble proche, son cynisme a tué plus de 40 000 syriens.

Autant il réussit à s’affranchir de la vieille garde héritée de son père, autant la famille continue d’exercer une tutelle pesante. Malgré l’arrivée d’Asma Al-Akhras, sa charmante épouse issue d’une grande famille de Homs, Bachar Al-Assad reste l’otage d’un clan familial et confessionnel. Dès le début de la crise, en mars 2011, il a compris que si la famille venait à se déliter, c’en était fini de son pouvoir. Il a donc couvert les excès de son cousin Atef Najib à Deraa et confié les rênes de l’armée à son frère Maher. Début 2012, Bachar n’a toujours pas réussi à éteindre la contestation qui prend un tour de plus en plus armé. Mais il a bon espoir de remporter la victoire finale. La Russie et la Chine le protègent de toute intervention extérieure aux Nations unies, brandissant à trois reprises l’arme du veto. L’Iran ne lui ménage ni son pétrole, ni ses armements, ni ses conseillers. Et la Ligue arabe mène une mission sans lendemain d’observation d’un cessez-le-feu qui n’a existé que sur le papier. L’opposition a beau être omniprésente, elle est sous-équipée, fragmentée et minée par les rivalités. Il choisit de passer à la vitesse supérieure en février en écrasant le symbole de la contestation armée, le quartier de Baba Amro, à Homs, et en organisant un simulacre d’élections et de réforme constitutionnelle.

Mais rien n’arrête l’insurrection. Elle est partout, jusque dans son palais. Défections et désertions se multiplient. La correspondance du président est révélée au grand jour. Il apparaît entouré de collaboratrices aussi jeunes qu’incompétentes, Sheherazad Jaafari et Hadeel Al-Ali, qui rivalisent de minauderies. Pendant ce temps, sa femme, qui le surnomme « mon canard », continue de passer d’extravagantes commandes de mobilier et de décoration à l’étranger, malgré les sanctions commerciales qui visent le pays et la famille régnante. Pendant ce temps, les attentats se multiplient : nul ne sait à qui les attribuer dans le théâtre d’ombres qu’est la Syrie. Le 18 juillet 2012, ils touchent une partie de l’appareil sécuritaire, tuant le beau-frère de Bachar, Assef Chawqat. Sa sœur Bouchra part en exil aux Emirats. La peur a changé de camp.

Fini de rire. Au début de l’été, le régime, bercé par ses victoires en trompe-l’œil (il n’a jamais réussi à reprendre la ville de Homs), ne voit pas venir le soulèvement armé des grandes villes, Damas, Alep, Deir ez-Zor. Les rebelles, alimentés en armes légères prises à l’armée ou données par les pays les soutenant (Turquie, Qatar, Arabie saoudite), se lancent dans une guérilla urbaine qui fait vaciller le pouvoir. Cette fois-ci, c’est la guerre totale, sans gants ni plan de com’. Les faubourgs de Damas sont provisoirement repris, le régime se livre à des massacres, des exécutions de masse. Mais l’armée n’a plus les moyens de reprendre Alep, la capitale économique du pays. Les campagnes du nord du pays se libèrent et les rebelles, mal équipés mais plus nombreux et renforcés par l’arrivée de jihadistes, inversent le rapport de force : ce sont eux qui désormais assiègent le régime auquel il ne reste plus que l’aviation pour maintenir son avantage. Même la Russie ne croit plus en la victoire de son poulain. Bachar Al-Assad mourra-t-il dans son pays ou s’enfuira-t-il ? C’est désormais la seule question qui se pose à lui.

source

Tunisie : des opposants attaqués et assiégés par des islamistes à Djerba


dimanche 23 décembre 2012, par La Rédaction

Les responsables du principal parti d’opposition tunisien ont été attaqués et assiégés samedi par des centaines de manifestants soutenant les islamistes au pouvoir qui ont envahi l’hôtel de Djerba (sud) où devait se dérouler une réunion de la formation.

Les manifestants brandissant des banderoles hostiles au parti Nidaa Tounès s’étaient d’abord rassemblés devant un hôtel de Midoune, sur l’île de Djerba, puis ils ont franchi le cordon policier, pénétrant dans l’hôtel et envahissant les lieux, selon un journaliste de l’AFP.

La salle où se tenait la réunion a été aussi envahie par les manifestants, forçant le parti à annuler la rencontre.

La réunion devait marquer la fin d’un deuil de 40 jours, à la suite de la mort de Lotfi Naguedh, coordinateur de ce parti à Tataouine (Sud) battu à mort en octobre par des manifestants soutenant les islamistes du parti Ennahda, qui dirigent le gouvernement.

Plus tôt samedi, les opposants avaient été visés par des jets de pierres et certaines vitres de l’hôtel ont été partiellement brisées.

Les cadres et les militants d’opposition ainsi que des journalistes ont été bloqués dans l’hôtel en milieu d’après-midi, encerclé par les manifestants qui scandaient « Dehors pourritures ».

La police est restée en retrait. En début de soirée, un semblant de calme était revenu même si les manifestants étaient toujours rassemblés aux abords de l’hôtel.

Le chef du parti, l’ex-Premier ministre Beji Caïd Essebsi, à l’antenne des radios Mosaïque et Shems, a accusé la Ligue de protection de la révolution d’être derrière ces évènements.

Cette organisation, sorte de milice pro-Ennahda aux méthodes brutales, est à l’origine de plusieurs coups d’éclats. L’opposition et une partie de la société civile réclament la dissolution de cette Ligue, ce à quoi le gouvernement se refuse.

Des représentants de Nidaa Tounès en France ont condamné ces violences « visant à empêcher purement et simplement toute manifestation démocratique du parti », dans un communiqué publié à Paris.

Le parti dénonce « le mutisme et l’inaction des autorités compétentes et des pouvoirs publics en charge de la protection des populations, du maintien de l’ordre et du bon déroulement des manifestations démocratiques républicaines », selon les termes du communiqué.

« C’est un véritable scandale. Nous avons contacté le ministre de l’Intérieur (Ali Larayedh) et le ministre des Droits de l’Homme Samir Dilou mais ils refusent d’intervenir », a déclaré à l’AFP l’avocate Bochra Belhaj Hmida, qui participait à la réunion de Nidaa Tounès.

Contacté par l’AFP, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Khaled Tarrouche, n’était pas en mesure d’apporter des précisions sur la situation.

Nidaa Tounès est accusé par le gouvernement de chercher à réintégrer dans la vie politique des membres du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti du président déchu Zine El Abidine Ben Ali.

Fondé en juillet, le parti est, selon les sondages d’opinion, au coude à coude avec Ennahda. Les affrontements entre partisans des deux camps interviennent régulièrement.

Depuis l’été, les manifestations violentes et les attaques de groupuscules islamistes radicaux se multiplient alors que la Tunisie peine à se stabiliser depuis la révolution de l’hiver 2010-2011.

(23 Décembre 2012 – Avec les agences de presse)

source

Rassemblements pour la Palestine jeudi 27 décembre dans le monde entier !


samedi 22 décembre 2012



A Paris, Lille, Tours, Lyon… mais aussi Londres, Bruxelles… des rassemblements se dérouleront jeudi prochain 27 décembre, en mémoire des victimes palestiniennes des massacres israéliens, et pour réclamer la levée du blocus de Gaza. Nous vous appelons à y venir nombreux et nous espèrons vous donner à cette occasion des nouvelles en direct de notre passage à Gaza qui doit s’effectuer ce même jour !

Netanyahou vient de déclarer à la télévision israélienne qu’il se « fichait pas mal de ce que pouvait dire l’ONU », après les condamnations de son assemblée générale des nouvelles colonies annoncées par le gouvernement israélien, tant à Jérusalem Est que dans le reste de la Cisjordanie.

Ce n’est pas un scoop. Et ce qui est sûr, c’est que s’il peut s’en foutre c’est parce que ces condamnations sont parfaitement platoniques et que parallèlement, les gouvernements occidentaux (et certains gouvernements arabes) collaborent à qui mieux mieux avec cette colonisation et cette occupation.

Sait-on par exemple que l’Europe fait 15 fois plus de commerce avec les colonies israéliennes qu’avec les territoires palestiniens ? Sans parler de la bande de Gaza dans l’impossibilité d’exporter. Ni du fait que les Palestiniens qui peuvent exporter quelque chose doivent en passer par Israël pour le faire.

Jeudi prochain 27 décembre, des milliers de femmes et d’hommes descendront dans la rue pour dire qu’ils n’ont pas oublié les 1430 victimes (dont 400 enfants) et les milliers de blessés et mutilés par les bombardements israéliens lancés le 27 décembre 2008.

Ils diront qu’ils n’ont pas oublié les 182 victimes palestiniennes, dont 47 enfants de novembre denier, ni l’assassinat des 9 passagers turcs du Mavi Marmara dont le seul tort était de vouloir apporter de l’aide à la population de Gaza.

Ils diront que le blocus de Gaza et l’enfermement de tous les Palestiniens est une honte. Et que cette honte est possible parce que nos dirigeants participent à cet enfermement inacceptable.

Venez à ces rassemblements ! Vous en profiterez pour exprimer votre soutien à notre mission qui doit entrer le même jour à Gaza via l’Egypte. Et nous établirons une liaison téléphonique directe pour vous tenir au courant de notre situation.

source

Le gouvernement sud-africain entérine la campagne BDS


 

vendredi 21 décembre 2012



L’ANC, principal parti au gouvernement en Afrique du Sud, vient non seulement d’adopter une résolution en faveur de la campagne de Boycott, Sanctions et Désinvestissement (BDS), telle que réclamée par la société civile palestinienne, mais a mis en place un comité chargé de veiller à son application.

La résolution 35 qui vient d’être adoptée par la conférence nationale de l’ANC est historique. Elle « appelle tous les Sud-Africains à soutenir les programmes et campagnes de la société civile palestinienne destinés à faire pression sur Israël pour qu’il s’engage à trouver avec les Palestiniens une solution juste ».

Cette décision n’était pas évidente étant donnée les énormes pressions exercées par le lobby israélien sur place.

Mais il semble que le traitement humiliant et brutal infligé par Israël aux Africains ait contribué à faire voter cette décision à une large majorité, lors de la conférence nationale de l’ANC.

Celle-ci a en effet dénoncé « les attaques xénophobes et la déportation des Africains par l’Etat d’Israël » et réclamé que « ce problème soit abordé par l’Union Africaine ».

Source : http://electronicintifada.net/blogs…

Et voir également article dans Haaretz : www.haaretz.com/news/diploma…

CAPJPO-EuroPalestine

Les dernières perles de Kafranbel


Génial ! Me laisse sans voix  #Idlib #Syria pic.twitter.com/hTuM32pw

farGar farooos 49 min
La ville libérée de Kafranbel se moque du bombardement par l’axe du mal du camp palestinien de  Yarmouk #Syria #Palestine #Damascus pic.twitter.com/4F6TjRcj

La Syrie au jour le jour. 2 / L’âge stalinien


20 décembre 2012

Aurélien PIALOU

La première partie de cet article,
« La Syrie au jour le jour. 1 / L’âge colonial« 
a été mis en ligne le 24 novembre 2012

===

Les batailles de Damas et d’Alep ont montré que, conformément à sa nature « coloniale », le régime syrien n’hésitait ni à recourir au contrôle minutieux des villes et de sa capitale, ni à l’emploi indiscriminé de l’aviation pour écraser des populations jugées indésirables. Mais, pour autant, ses agissements et ses pratiques de violence ne se réduisent pas à une vulgaire reproduction des pratiques coloniales.

Quelques traits spécifiques sautent immédiatement aux yeux. Dans la capitale, c’est la Garde Républicaine qui assure la surveillance. Dans la périphérie, la 4ème Division dirigée par Maher al-Assad. Mais ces forces ne sont pas seules à intervenir. Les quartiers se dotent de « Comités Populaires », des groupes de volontaires que le régime incite à se défendre et auxquels il distribue des armes pour assurer leur protection… et la sienne. Trouvent place à leur côté des contingents de chabbiha et d’autres sortes de milices, dont l’origine et les contours se caractérisent par un grand flou. Chaque espace est quadrillé par des unités indifférenciées, dont la juxtaposition et la coexistence interdisent aux populations de savoir précisément à quels types de groupes elles ont à faire. Il ne s’agit pas d’une milice ou d’une armée divisée en plusieurs sous-groupes. Les failles de la coordination, la présence ou l’absence d’uniformes, l’affirmation des appartenances… ne permettent pas de le penser. Retenons donc pour le moment l’existence de groupes et cherchons à en préciser la nature.

« Tiens, il faudra vérifier pourquoi la voiture blanche stationnée d’ordinaire devant le bureau de … n’était pas là lundi et mardi », remarque soudain un enquêteur de la police politique, la Sureté générale. Cette phrase n’est pas tirée d’un récit ancien. Elle ne remonte pas à une époque abolie où une dictature aussi ordinaire que féroce régnait en Syrie. Elle figure dans un témoignage enregistré au mois d’octobre 2012. Elle reflète une dimension essentielle du fonctionnement de l’Etat… si l’on peut appeler ainsi le système en place en Syrie. Dans un pays désormais en proie au chaos et à la désolation, les moukhabarat, répartis entre au moins six services principaux, poursuivent inlassablement leur travail, comme si de rien n’était. Ils collectent des renseignements, surveillent les populations, torturent les suspects et les détenus, répriment tout mouvement de contestation, dans des centres sans cesse plus nombreux et agrandis où croupissent des hommes et des femmes arrêtés sans distinction. Le fonctionnement du régime n’a absolument pas été modifié par la révolution : les organes de sécurité continuent de s’octroyer tous les pouvoirs et toutes les prérogatives, et s’emploient à faire régner leur autorité. Cette dernière repose sur la suspicion et la peur.

Il peut être utile de se référer, pour comprendre l’articulation des multiples services de sécurité et la redondance des unités armées, semblables dans leur accoutrement et apparentées par leurs agissements à de vulgaires bandes armées terrorisant les civils qu’elles devraient protéger, à l’expérience de certains pays européens. La Russie et l’Allemagne des années 1930, sous Staline et Hitler, ont présenté deux caractéristiques que les études historiques ont mis longtemps à percevoir. D’une part, un chef charismatique et omnipotent, exerçant ou paraissant exercer seul la décision. De l’autre, une prolifération des centres de répression, ici la SS ou la Wehrmacht pendant la guerre, là le GPU, l’armée rouge ou les brigades d’enrôlement des citoyens. Les historiens ont proposé un mode de conciliation de ces deux extrêmes. Les régimes sont polycentriques, au sens où des institutions concurrentes existent et prennent des décisions, qui, tout en travaillant « dans le sens du chef », contribuent souvent au « dérapage de la situation ». Le chef ne peut que cautionner ce qu’ont décidé et fait ses subordonnés, quitte, dans un second temps, à réprimer par une purge l’organe déviant.

En reprenant ce schéma, deux traits apparaissent : d’une part, la proximité qu’entretient le régime syrien avec les régimes totalitaires, et, d’autre part, la spécificité du système mis en place par Hafez al-Assad. Des centres de pouvoir et des unités de police politique ont été dotés de tous les pouvoirs leur permettant de « gouverner » – entendons « terroriser » – le pays. Ils ne sont pas, entre eux, des alliés objectifs, même s’ils s’entendent globalement. Ils se concurrencent. Ils s’affrontent. Ils disposent de la latitude de sanctionner à leur guise la population et les partenaires affaiblis ou discrédités du régime. Ainsi, au cours du mois d’avril 2012, des rafales de kalachnikov tirées contre les entrées de la caserne du stade des Abbassides ont signalé à ses occupants, des moukhabarat, que leurs homologues d’autres services étaient prêts à profiter de leur faiblesse passagère, qui ne leur avait pas échappé.

Cette guerre des services s’exerce en premier lieu au détriment du peuple. Pour démontrer ses capacités, chaque service se doit de procéder à davantage d’arrestations d’ennemis du régime, à la mise hors d’état de nuire d’un nombre supérieur de terroristes. La loi de juillet 2012, qui a élargi le champ conceptuel du terme « terrorisme » pour y inclure la fourniture de soins aux blessés et la distribution de nourriture aux populations réfugiées dans les zones libres, a naturellement avivé la concurrence entre services. Ils sont dorénavant assurés de pouvoir réaliser de véritables scores, qu’il s’agisse de débusquer d’infâmes « comploteurs » ou de réduire au silence les jeunes enfants « soudoyés par le Qatar pour crier famine devant les caméras d’al Jazira ». Dans le monde des Al-Assad, comme dans celui de Staline dont Rifa’at al-Assad, frère de Hafez al-Assad se réclamait, la caractéristique dominante est bien la paranoïa institutionnalisée.

Comment une telle architecture peut-elle tenir ? Il lui faut une figure, un chef, qui dise ce qui est, ou plutôt ce qui doit être. Loin d’être un simple chef d’Etat, Bachar al-Assad assume à présent ce rôle. Son père, de haute lutte, avait réussi à s’imposer comme l’arbitre suprême, celui qui décidait et celui qui arbitrait les conflits. Son héritier a fièrement pris le relai. C’est lui qui porte désormais le flambeau de la tyrannie. Il dit ce qui est : que « la Syrie est en guerre », comme lors du discours de juin 2012 ; ou que « la guerre est totale », au cours du mois de septembre 2012. Il ne s’agit pas là de simple rhétorique. La différence entre ces deux formes de conflit est simple, et il faut en être conscient. Dans le cas d’une guerre, l’ennemi est extérieur. Il faut donc porter ses troupes contre lui, sur les frontières. Lorsque le conflit devient total, l’ennemi est tout à la fois interne et externe. Relisons les discours d’Hitler et de Staline : le premier, en 1941, ne déclare-t-il pas que les juifs qui l’agressent de l’extérieur (Moscou et Washington) ne pourront vaincre à l’intérieur ? Or tout le monde sait ce qu’il est ensuite advenu.

La fracture provoquée par le déclenchement des batailles d’Alep et de Damas précipite la fin du régime. Ce dernier n’a plus de protection. Il est à la merci de ses composantes essentielles : les forces qui, disposant de tous les pouvoirs, peuvent faire montre d’une agressivité sans limite à l’encontre de tout le monde. La paranoïa institutionnelle, dans laquelle vivent ceux qui en Syrie dirigent et exécutent, est telle qu’elle peut conduire au franchissement de toutes les lignes rouges.

Faudra-t-il que la répression en Syrie soit qualifiée de « premier génocide du XXIe siècle » pour voir enfin les consciences se réveiller ?

source

La bataille d’Alep – Chroniques de la révolution syrienne


  • Madame, Monsieur,
    Chers Amis,
    J’ai l’honneur de vous annoncer la sortie aux Editions L’Harmattan et L’Harmattan Vidéo du livre « La bataille d’Alep – Chroniques de la révolution syrienne » et du documentaire en DVD, édité sous le même titre.Acheter le livre :
    http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=391512jnsfillesAcheter le documentaire :
    http://www.harmattantv.com/videos/film-(vod-dvd)-2527-Syrie-la-bataille-d-Alep-DOCUMENTAIRES.html

    • Film de Pierre Piccinin da Prata et Eduardo Ramos Chalen
    • Durée : 50 min – 2012 – Syrie
    • En mars 2011, à la faveur du « Printemps arabe », le peuple syrien a réclamé la fin du régime et la démocratisation des institutions. Le gouvernement a répondu aux manifestations par la répression et la violence, tout en promettant des élections libres. Le 7 mai 2012, ces élections ont eu lieu. Tous les mouvements d’opposition au pouvoir en étaient exclus, qualifiés de « terroristes ». Dans les semaines qui ont suivi, la plupart des villes et villages de Syrie se sont insurgés. La révolution commençait. En juillet 2012, les révolutionnaires, organisés en « Armée syrienne libre », ont ouvert deux fronts : à Damas, la capitale, au sud, le 17 juillet, et l’autre à Alep, le poumon économique de la Syrie, au nord, le 20 juillet. Le documentaire, tourné au cœur des combats, montre, au plus près des événements, la souffrance d’un peuple qui se débat, seul, face à la machine de guerre d’un des régimes dictatoriaux les plus féroces encore en exercice : les bombardements sur les populations civiles et les hôpitaux tenus par la rébellion, les lignes de front, où les combattants de la liberté luttent avec des armes dérisoires contre les avions et les tanks du régime, les réfugiés, abandonnés par la Communauté internationale. Pour ce faire, démarche journalistique exceptionnelle, les auteurs ont pris le risque de vivre jour et nuit à l’intérieur d’Alep, avec la population, sous les bombardements. Pour Pierre Piccinin da Prata et Eduardo Ramos Chalen, il s’agit, avant tout, de faire écho à un cri d’angoisse et de désespoir, celui de tout un peuple qui meurt dans l’indifférence générale des opinions publiques occidentales.
      www.pierrepiccinin.eu

    Toutes les informations sur le livre et le documentaire :
    http://0z.fr/lltf8

    « Si j’ai écrit ce livre, c’est pour tous ceux que j’ai laissés là-bas et qui souffrent quotidiennement, et pour lesquels je témoigne, après m’être rendu à six reprises sur le terrain syrien, depuis le début du Printemps arabe.

    Pour ces deux jeunes filles que j’ai photographiées à Alep, et pour leur famille, du quartier de Bab al-Hadid.

    C’est un quartier pauvre, un des plus pauvres d’Alep. Je le traversais en août, pour gagner la ligne de front à Jdédié, lorsqu’un hélicoptère de combat a tiré plusieurs roquettes au hasard, sur les maisons. C’est là que j’ai pris la photographie de couverture.

    Je l’ai choisie car elle me semble résumer le drame qui se joue en Syrie : le désarroi des malheureux et le cri de colère d’un peuple qui se bat seul, abandonné par les démocraties occidentales, contre une féroce dictature, prête à tout pour garder le pouvoir.

    J’espère que le témoignage que j’ai produit dans ce livre amènera l’opinion publique à s’intéresser un peu plus à cette révolution, qui se passe pour le moment comme dans une boîte dont personne ne veut soulever le couvercle.

    C’est pour cette raison que j’ai décrit les événements à la manière d’un roman, qui donne des visages à la révolution. Le livre se lira comme un récit d’aventures. Mais c’est bien la terrible réalité de la guerre qu’il relate, celle d’un pays de la Méditerranée, pas très éloigné de nous.

    Si je réussis à toucher l’opinion, j’aurai apporté ma contribution, modeste, à l’aide dont le peuple syrien à besoin et qu’il réclame aujourd’hui, d’une manière désespérée. »

    Pierre PICCININ da PRATA

Israël-Palestine : vers une troisième Intifada ?


19 décembre 2012 – Armin Arefi – Le Point

Pendant que la colonisation israélienne s’accélère, un nouveau groupe palestinien appelle à un soulèvement contre l’État hébreu. Décryptage.

 

JPEG<br />
            - 17.9 ko
Dans une vidéo, les Brigades de l’unité nationale affirment qu’elles « poursuivront leur lutte armée jusqu’à ce qu’elles expulsent l’occupation et libèrent toute la Palestine ».

Capture d’écran Youtube

C’est la dernière riposte en date d’Israël au changement de statut de la Palestine à l’ONU. L’ONG israélienne La Paix maintenant a révélé mardi que l’État hébreu était sur le point d’approuver de nouveaux projets massifs de colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Mercredi, « la commission de planification (municipale) va donner son accord au vaste projet de Givat Hamatos A« , pour lequel des appels d’offres devraient être publiés dans les prochains mois, a déclaré à l’AFP Hagit Ofran, porte-parole de l’association anti-colonisation.

Les nouvelles constructions, situées près de Bethléem, couperaient délibérément cette ville palestinienne de Jérusalem. Ainsi, d’après la militante, ce plan « est susceptible à lui seul de faire capoter la possibilité d’une solution à deux États (palestinien et israélien) ». L’ONG ajoute que le ministère israélien du Logement se prépare à lancer, dès la semaine prochaine, des appels d’offres pour des centaines de logements dans les implantations de Givat Zeev, de Karnei Shomron et d’Efrat, en Cisjordanie. Une accélération de la colonisation en territoire palestinien qui n’a pas plu au principal allié de l’État hébreu. Mardi, le département d’État américain s’est dit « profondément déçu qu’Israël persiste à poursuivre ce schéma d’actions de provocation« , estimant que cela allait « à l’encontre de la paix ».
Colonisation de Jérusalem-Est : une politique « délibérée »

L’État hébreu s’était déjà attiré de nombreuses critiques occidentales lorsque, au lendemain de l’accession de la Palestine au statut d’État observateur non membre à l’ONU, il avait annoncé en représailles son souhait de construire 3 000 nouveaux logements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, notamment dans la zone E1, située près de la ville sainte. Un projet déjà hautement controversé, car il couperait en deux la Cisjordanie et l’isolerait de Jérusalem-Est.

« Outre la question des mesures de rétorsion, il existe chez le gouvernement israélien une politique délibérée s’opposant à tout gel officiel ou officieux de la colonisation à Jérusalem, cette ville étant considérée comme la capitale (unifiée et indivisible) d’Israël« , explique au Point.fr Denis Charbit, professeur de sciences politiques à l’Université ouverte d’Israël. « Ainsi, ces constructions renforcent l’assise de la terre d’Israël dans les zones occupées. » Mais le chercheur israélien voit également dans ces nouveaux projets une manoeuvre électorale en vue des législatives anticipées du 22 janvier prochain.

Manoeuvre électorale

« D’un côté, le Likoud [parti de droite du Premier ministre, Netanyahou, NDLR], engagé dans une coalition de droite [avec les ultranationalistes d’Israël Beitenou, NDLR], souhaite montrer qu’il n’oublie pas son engagement à soutenir la colonisation« , soutient Denis Charbit. « De l’autre, ajoute le chercheur, Benyamin Netanyahou cherche à piéger le centre et la gauche israélienne, qui ne peuvent se permettre de s’opposer à la colonisation à Jérusalem, celle-ci faisant consensus en Israël. Ainsi, le Premier ministre israélien veut ramener le débat aux questions sécuritaires, où il a le vent en poupe, au contraire des sujets sociaux. »

Le jeu demeure tout de même dangereux. Comme l’a rappelé lundi la dirigeante du parti Meretz (gauche laïque israélienne), Zehava Galon, « le Premier ministre est prêt à tout pour tenter d’arracher des voix au Foyer juif [parti d’extrême droite proche des colons, NDLR], même au prix d’une crise internationale ou d’une troisième Intifada » palestinienne.

Hasard du calendrier, le même jour est né à Hébron, en Cisjordanie, un nouveau mouvement palestinien. Baptisée « Brigades de l’unité nationale« , en référence à la réconciliation inachevée du Fatah et du Hamas, cette formation, composée de jeunes membres de toutes les factions palestiniennes – Fatah, Hamas, Jihad islamique et Front populaire de libération de la Palestine -, appelle ni plus ni moins à l’avènement d’une troisième Intifada (soulèvement en arabe).

Menaces des Brigades de l’unité nationale

Dans une vidéo de quatre minutes, révélée par le quotidien israélien Jerusalem Post, ses membres encagoulés menacent de frapper avec « une main de fer » l’État hébreu s’il ne cesse ses « agressions contre le peuple palestinien« . Brandissant un coran, ils avertissent les soldats de Tsahal qu’ils n’hésiteront pas à les kidnapper s’ils continuent à arrêter ou tuer leurs concitoyens (un jeune Palestinien de Hébron, âgé de 16 ans, a été abattu par balle la semaine dernière par une garde-frontière israélienne). Leurs revendications sont précises : les membres des Brigades de l’unité nationale réclament :

- la suppression des check-points israéliens en Cisjordanie,
- la libération des prisonniers palestiniens détenus en Israël,
- ainsi qu’un retrait israélien total de la Palestine.

Ce dernier point fait l’objet d’une précision sans ambiguïté. Le groupe promet de ne pas céder « un centimètre de la Palestine, de la mer (Méditerranée) à la rivière (du Jourdain) ». Une menace à prendre au sérieux ? « De tels mouvements ponctuels se créent régulièrement en territoire palestinien« , analyse Olivier Danino (*), spécialiste des groupes palestiniens à l’Institut français d’analyse stratégique (Ifas). « Ce nouveau groupe se démarque toutefois du Hamas et du Fatah en affirmant que la solution ne passera que par la force. »

Le pragmatisme du Hamas

Depuis la seconde Intifada, achevée en 2004, le Fatah, parti laïque dirigeant l’Autorité palestinienne au pouvoir en Cisjordanie, a abandonné la lutte armée au profit de négociations avec Israël sur la base de deux États. Mais son échec a fini de discréditer le mouvement de Mahmoud Abbas auprès des Palestiniens. De son côté, depuis sa prise de pouvoir de la bande de Gaza en 2007, le Hamas, parti islamiste rival, s’est inscrit dans une stratégie plus pragmatique, alliant lutte armée limitée et quête de crédibilité politique. « Les membres du Hamas ont fait en sorte de maintenir le calme avec Israël pour pouvoir appliquer leur politique à Gaza« , souligne Olivier Danino. Les islamistes n’en restent pas moins flous quant à leurs intentions réelles sur la question des frontières définitives d’un futur État palestinien.

Lors de sa récente visite à Gaza, le chef politique du Hamas, Khaled Mechaal, qui a pourtant soutenu la démarche onusienne de Mahmoud Abbas, a ainsi appelé – lui aussi – à « libérer toute la Palestine (…), de la mer (Méditerranée) au fleuve (Jourdain) ». En tout cas, la stratégie semble fonctionner. Désormais soutenus ouvertement par l’émir du Qatar, mais aussi par les Frères musulmans au pouvoir en Égypte, les islamistes de Gaza sont parvenus, au terme de la guerre de Gaza, à se hisser au rang de principal interlocuteur du peuple palestinien face à Israël.

« Aujourd’hui, le Hamas, qui se cherche une reconnaissance internationale, souhaite obtenir une ouverture des frontières de la bande de Gaza, ainsi que la fin du blocus« , explique Olivier Danino. « Des intérêts qui ne correspondent pas au déclenchement d’une troisième Intifada. » De retour de Cisjordanie, le chercheur dit ne pas avoir ressenti les prémices d’un nouveau soulèvement palestinien. Toutefois, il note que « la colonisation israélienne crée inévitablement des tensions supplémentaires, en montrant aux Palestiniens que l’accession de leur pays à l’ONU ne change rien sur le terrain« .
(*) Olivier Danino, auteur de Le Hamas et l’édification de l’État palestinien (éditions Karthala).

19 décembre 2012 – Le Point.frhttp://www.lepoint.fr/monde/israel-palestine-vers-une-troisieme-intifada-19-12-2012-1603697_24.php


«Les islamistes syriens sont connus pour leur modération»


anniebannie : Réactions typiques de lecteurs du Figaro; je peux m »en passer; quant à Riad Seif j’ai confiance en lui

Par Georges Malbrunot Publié le 14/12/2012 à 18:10 Réactions (71)

«Les Syriens ne veulent plus d’une intervention étrangère», explique Riad Seif, Crédits photo : Michael Gottschalk/dapd

INTERVIEW – Riad Seif, l’inspirateur de la Coalition nationale, met en garde contre la tentation d’un pouvoir affaibli de recourir «aux armes de plus en plus sophistiquées».

Ancien député, détenu à quatre reprises par le régime de Damas, Riad Seif est l’inspirateur de la Coalition nationale, qui vient d’être reconnue comme «le représentant légitime» du peuple syrien par plus de cent pays, réunis à Marrakech. Le dirigeant de l’opposition met en garde contre la tentation d’un pouvoir affaibli de recourir «aux armes de plus en plus sophistiquées», et assure que l’islamisme syrien est «modéré».

LE FIGARO.- Comment convertir les acquis de Marrakech en victoire contre le régime de Bachar el-Assad?

Riad SEIF. – Cette large reconnaissance internationale ajoutée à la récente unification des groupes armés sur le terrain nous donnent beaucoup d’espoir. En se regroupant, nos forces sont plus puissantes. Cette unification nous permettra de recevoir des armes de qualité contre les tanks et contre les avions. Les craintes des Occidentaux que ces armes tombent entre de soi-disant mauvaises mains ne sont plus justifiées. D’autre part, en recourant aux missiles Scud, Bachar el-Assad avoue sa faiblesse. Il est possible que le régime ne puisse plus utiliser ses avions. Il s’affaiblit de plus en plus. Et plus il s’affaiblira, plus il sera contraint d’utiliser des armes sophistiquées.

Y compris à Damas?

Oui, il a dû retirer des militaires du nord, et surtout des régions est du pays pour défendre la capitale. Mais une attaque contre le pouvoir peut aussi venir du sud. L’heure de la victoire approche. Et même ses alliés russes semblent faire le même constat.

C’est pourquoi vous ne réclamez plus une intervention militaire extérieure?

Les Syriens ne veulent plus d’une intervention étrangère. Ils pensent que les conditions d’une victoire sont sur le point d’être réunies. Ce que nous demandons, c’est une zone de protection aérienne et des armes de qualité contre les tanks et les avions.

L’opposition refuse de clarifier ses relations avec Jabhat al-Nosra, que les Américains viennent d’inscrire sur la liste des organisations terroristes. N’est-ce pas jouer avec le feu?

La Coalition nationale est opposée à toute action terroriste, mais nous ne devons pas oublier que le régime dès le début de la révolution a fabulé en créant des films dans lesquels il accusait ses opposants d’être responsables de ses crimes. J’ai rencontré moi-même en prison des détenus qui m’ont dit avoir dû jouer dans des vidéos bidons. S’il y a de l’extrémisme aujourd’hui dans nos rangs, il est très limité. Il ne faut pas oublier que la répression a tué plus de 50.000 personnes et que des massacres ont été commis. Malgré toutes ces atrocités, rien ne prouve que Jabhat al-Nosra est un mouvement terroriste. La majorité de ses éléments respectent les ordres qui leur sont donnés. Ils ne font de mal à personne. D’une manière générale, les islamistes syriens sont connus pour leur modération. Mais dès le départ, le régime a utilisé les alaouites pour se protéger, ce qui a contribué à créer des ressentiments chez les sunnites contre les alaouites.

À Marrakech, Moaz al-Khatib, le président de la Coalition, a tendu la main aux alaouites, mais il n’a eu aucun mot de compassion à l’égard de la centaine d’alaouites qui venait d’être tués à Aqrab. Est-ce ainsi que l’on prône la réconciliation?

Il n’y a jamais eu de massacres commis par les sunnites contre les alaouites. Et il est très probable que ce sont les chabihas (miliciens pro-régime, NDLR) eux-mêmes qui aient commis ce massacre à Aqrab. Je connais Moaz al-Khatib depuis des années, et sa philosophie c’est la paix entre les communautés.

Croyez-vous à une désagrégation du pouvoir, qui se replierait ensuite sur son fief alaouite?

Il y a un consensus international pour ne jamais accepter la division de la région en mini états. La division de la Syrie est une ligne rouge très claire à ne jamais dépasser. Le peuple, et même la majorité des alaouites, n’accepteront jamais ces scénarios.

LIRE AUSSI:

» Syrie: Moscou et Washington depêchent Brahimi à Damas

» Des missiles Patriot pour protéger la Turquie

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑