Koweït : des dizaines de milliers de manifestants, heurts avec la police


Les manifestants fuient les gaz lacrymogènes à Koweït, le 21 octobre 2012 (Photo Yasser al-Zayyat. AFP)

Plus de 100 manifestants et onze policiers ont été blessés dimanche au Koweït dans des heurts entre des dizaines de milliers de manifestants, opposés à un amendement de la loi électorale, et la police, selon une association de défense des droits de l’homme et les autorités.

« Le nombre des manifestants blessés (qui ont été admis) à l’hôpital après avoir été attaqués par la police anti-émeutes a dépassé le chiffre de 100″, a déclaré Mohammad al-Humaidi, directeur de la Société koweïtienne pour les droits de l’homme, sur son compte Twitter. Le ministère de l’Intérieur a indiqué dans un communiqué que 11 policiers avaient été blessés par des pierres lancées par des manifestants.
Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogène, de bombes assourdissantes et de balles en caoutchouc, faisant au moins dix blessés et procédant à des arrestations parmi la foule, ont ajouté les témoins.
Un ancien député, Abdallah al-Barghash, a indiqué à l’AFP avoir vu des blessés évacués par des ambulances.
Le nombre des manifestants serait de quelque 100.000 selon cet ex-député, et de 30.000 selon des observateurs indépendants. La police n’a pas fait d’estimation.
« La façon dont les manifestants ont été traités est sans précédent au Koweït », a déclaré M. Barghash.
L’opposition, redoutant une manipulation du prochain scrutin, avait appelé à manifester pour protester contre la décision de l’émir, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, d’amender la loi électorale avant les élections législatives anticipées convoquées pour le 1er décembre.
« Les gens veulent faire abroger le décret » qui modifie la loi, ont scandé les manifestants.
Au moment où se déroulait la manifestation, l’émir a reçu un grand nombre de membres de la famille régnante des Al-Sabah, qui lui ont réaffirmé leur loyauté et leur soutien total, a rapporté l’agence de presse officielle KUNA. Il a rencontré dimanche des chefs de tribus qui, cités par l’agence Kuna, ont exprimé dans des déclarations après l’audience leur soutien à l’émir, alors que les zones tribales constituent un fief de l’opposition.
En début de soirée, la police anti-émeutes a empêché le rassemblement des protestataires sur les sites choisis par l’opposition pour la manifestation. Des heurts ont alors éclaté.
La police a arrêté plusieurs personnes dont l’ancien député islamiste Walid al-Tabtabaï, ont indiqué les organisateurs sur Twitter.
Les organisateurs ont ensuite demandé aux protestataires de se rassembler sur un autre site de la capitale où ils ont manifesté pendant plusieurs heures.
Fortement armés et portant des masques, les policiers anti-émeutes ont tiré à plusieurs reprises du gaz lacrymogène et des bombes assourdissantes avant de recourir à des balles en caoutchouc pour tenter de disperser la manifestation, animée par d’anciens députés de l’opposition.
« C’est comme un champ de bataille », a déclaré à l’AFP Mohammad Rashed, un employé du secteur privé, en quittant, en compagnie de sa femme et d’autres membres de sa famille, le lieu du rassemblement en raison d’un usage excessif des bombes assourdissantes.
Les manifestants devaient se regrouper en trois points de la capitale et converger vers le palais Seif qui abrite les bureaux de l’émir, du prince héritier et du Premier ministre.
Mais le ministère de l’Intérieur avait prévenu qu’il n’autoriserait aucun « sit-in, rassemblement, marche, regroupement ou campement » dans « aucun lieu autre que la place en face du Parlement ».
Les mesures de sécurité avaient été renforcées dans la journée : des centaines de policiers non armés et des dizaines de véhicules de police avaient été déployés dans la capitale.
Les autorités ont poursuivi dimanche leur campagne d’arrestations avec l’interpellation pour interrogatoire d’un député islamiste du Parlement dissous, Ossama al-Munawer.
Il rejoint trois autres ex-députés, arrêtés jeudi et dont la détention a été prolongée dimanche de dix jours, selon l’un de leurs avocats, Al-Humaidi al-Subaie.
Quatre activistes de l’opposition interpellés lundi après des heurts avec la police anti-émeutes sont toujours en prison.
La tension politique a affecté la Bourse de Koweït, dont l’indice a fermé sur un recul de 3,05% dimanche, premier jour ouvrable de la semaine, marquant la perte la plus lourde en un seul jour depuis trois ans.
Membre de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), le Koweït, première monarchie du Golfe à s’être dotée d’un Parlement élu en 1962, connaît des crises politiques à répétition depuis 2006. La dynastie des Al-Sabah règne sur cet émirat depuis plus de 250 ans.

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Meurtre du général Wissam al-Hassan, chef des renseignements des FSI libanaises.


par Ronald Barakat
Par quel génie cet homme a su épingler les coupables de son vivant, puis les condamner par sa mort. Par quel génie il a pu acculer l’Assassin à commettre son forfait à visage découvert, de façon si flagrante, à force de le contrarier et de le faire enrager, à force de déjouer ses complots, de dévoiler ses instruments, de sorte à dispenser les services de police des investigations d’usage. Par quel génie il a su se faire piéger à chaud, après les insultes de la veille à son encontre, et les menaces répétées de ses «proies» qui riaient jaune, et parvenir à piéger lui-même, par sa mort, son propre piégeur. Par quel génie il a pu susciter l’exaspération, voire la fixation obsessionnelle d’un pseudo seigneur de la communauté chrétienne, devenu son « saigneur », et il a pu être une occasion de chute au commanditaire occulte de son propre assassinat.
Par quel génie, autre que celui d’avoir découvert un tas de pots aux roses de fabrication israélienne et syrienne, il a pu, par sa mort, raviver la flamme affaiblie de la révolution du cèdre, rassembler et revigorer les joueurs fatigués, rapprocher le « Bey » du camp qu’il a déserté et le faire parler d’une «sortie provisoire du 14 mars», tendre et pincer la fibre souverainiste relâchée, revivifier les forces vives du mouvement du 14 mars, et par conséquent renvoyer le boomerang à la figure de ceux qui l’ont lancé. Indépendamment de la peine, de la perte, de l’affliction pour les victimes montées avec lui, indépendamment des dommages moraux et matériels, j’envie cet homme. J’envie son martyre, ce qui le précède et ce qui en découle. J’envie l’efficacité et l’héroïcité de son action sécuritaire. Qu’il est beau de mourir en héros!
Photo : Par quel génie cet homme a su épingler les coupables de son vivant, puis les condamner par sa mort. Par quel génie il a pu acculer l’Assassin à commettre son forfait à visage découvert, de façon si flagrante, à force de le contrarier et de l’enrager, à force de déjouer ses complots, de dévoiler ses instruments, de sorte à dispenser les services de police des investigations d’usage. Par quel génie il a su se faire piéger à chaud, après les insultes de la veille à son encontre, et les menaces répétées de ses «proies» qui riaient jaune, et parvenir à piéger lui-même, par sa mort, son propre piégeur. Par quel génie il a pu susciter l’exaspération, voire la fixation obsessionnelle d’un pseudo seigneur de la communauté chrétienne, devenu son "saigneur", et il a pu être une occasion de chute au commanditaire occulte de son propre assassinat. Par quel génie, autre que celui d’avoir découvert un tas de pots aux roses de fabrication israélienne et syrienne, il a pu, par sa mort, raviver la flamme affaiblie de la révolution du cèdre, rassembler et revigorer les joueurs fatigués, rapprocher le "Bey" du camp qu’il a déserté et le faire parler d’une «sortie provisoire du 14 mars», tendre et pincer la fibre souverainiste relâchée, revivifier les forces vives du mouvement du 14 mars, et par conséquent renvoyer le boomerang à la figure de ceux qui l’ont lancé. Indépendamment de la peine, de la perte, de l’affliction pour les victimes montées avec lui, indépendamment des dommages moraux et matériels, j’envie cet homme. J’envie son martyre, ce qui le précède et ce qui en découle. J’envie l’efficacité et l’héroïcité de son action sécuritaire. Qu’il est beau de mourir en héros!
p.s. « Par quel génie… »Par quel génie il a pu forcer la décence et les marques de solidarité de certains ministres, députés, chefs de partis et de clans de l’autre bord, qui ont longtemps fantasmé et souhaité sa disparition et qui s’en réjouissent in petto.

Comment la belle Constitution 2.0 de l’Islande menace de dérailler


Pascal Riché | Redchef Rue89
Samedi, les Islandais seront consultés sur leur nouvelle Constitution. La droite parie sur une faible participation, qui mettrait fin à une aventure démocratique inédite.


Une porte militante, à Reykjavik, en Islande (Pascal Riché/Rue89)

(De Reykjavik) En janvier 2009, sur Austurvöllur, la petite place qui jouxte le petit parlement du petit pays qu’est l’Islande, des milliers de personnes tapaient sur des casseroles, un peu pour se réchauffer, surtout pour exiger le départ du gouvernement et accessoirement une nouvelle Constitution écrite par le peuple.

Il s’agissait de demander « une vraie séparation des pouvoirs, d’empêcher les élus d’agir dans leur propre intérêt, de protéger les ressources naturelles… » résume Birgitta Jonsdottir, une des leaders des manifestations, anarchiste devenue depuis députée.

Ces « révolutionnaires », qui se mobilisaient après la faillite financière complète du pays, ont eu gain de cause : le gouvernement a démissionné et le projet de Constitution a été mis sur les rails, suivant un processus constituant extrêmement participatif.

Ce samedi, près de quatre ans plus tard, les Islandais se rendent aux urnes, pour un referendum « consultatif » sur la Constitution. Six questions leur sont posées sur le nouveau texte. L’enjeu ne porte pas tant sur leurs réponses que sur le nombre de votants. Si le taux de participation à ce référendum est inférieur à 50%, le beau projet de Constitution risque de finir en fumée. Et dans le pays de l’Eyjafjöll, on sait ce que c’est qu’une grosse fumée.

Les trois étapes d’une belle aventure

Ce serait très dommage : le processus constituant a été une très belle aventure, et le texte qui en est issu est solide.

Eva Baldursdottir, une jeune juriste qui a été chargée d’encadrer le processus de A à Z, est très fière du résultat. N’est-ce pas la première fois, au monde, qu’un peuple s’approprie ainsi sa propre Constitution ? Cela s’est fait par trois voies :

  • le forum constituant,
  • l’élection de l’Assemblée constituante,
  • la participation sur Internet.
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Le forum constituant

Le 6 novembre 2010, une journée de brain-storming a été organisée, impliquant des centaines de citoyens. Eva raconte :

« On a tiré au sort 1 000 personnes, de tous âges, on les a réunies dans le palais omnisport de Laugardalschöll. Elles étaient regroupées par tables de huit ou dix, pour un brain-storming d’une journée. On leur a demandé de lister les grandes valeurs de l’Islande, les grandes priorités… »

Ce fut, par exemple, « l’égalité face au droit de vote » ou le fait que les ressources naturelles (poissons, notamment) « appartiennent au peuple »…

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L’élection de l’Assemblée constituante

Le 27 novembre 2010, les Islandais élisent un groupe de 25 Islandais « ordinaires » (ou à peu près) : 523 personnes se sont présentées aux suffrages, beaucoup plus que prévu.

« Un concours de beauté », a ironisé la droite. Parmi les élus, aucun ouvrier, aucun pêcheur, mais des universitaires, journalistes, médecins, responsables d’entreprise. Et un pasteur.

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La participation sur Internet

Dès le départ, le travail des 25 a été rendu public, sur Internet. La transparence était totale : les Islandais pouvaient assister aux réunions, où les suivre sur YouTube. Chaque semaine, le projet de texte était publié en l’état. Chaque article étant discuté. Les Islandais pouvaient, sur une page Facebook, par e-mail ou sur Twitter, proposer des amendements, faire de nouvelles propositions, demander des éclaircissements. Les membres du Conseil constituant répondaient aux remarques des internautes…

En trois mois, sur le site du Conseil ou sur les réseaux sociaux, quelque 4 000 contributions et commentaires ont été consignés. Rapporté à la population du pays (320 000 personnes), ce n’est certes pas si négligeable. Au moins, l’Islande peut se vanter d’avoir, la première, inventé la Constitution 2.0.

Le texte fut remis au parlement le 29 juillet 2011 : 114 articles répartis sur 9 chapitres. La nouvelle Constitution, si elle est adoptée un jour, modifiera sensiblement l’équilibre des pouvoirs, faisant passer l’Islande d’un régime parlementaire à un régime semi-présidentiel.

Par ailleurs, elle instaure des mécanismes démocratiques nouveaux, comme le référendum d’initiative populaire, et intègre des garanties quant aux libertés.

La droite en embuscade

Au départ, tous les partis étaient favorables à la réforme. Mais la droite a vite compris que le processus risquait de conduire à une catastrophe pour elle. Car derrière les grands principes évoqués lors du forum national se cachent de lourds enjeux politiques.

Que signifie ainsi « égalité du droit de vote » ? Actuellement, un député urbain (traduisez : de Reykjavik) représente deux fois plus d’électeurs qu’un député rural. Le résultat, c’est que jusqu’à 2008, la droite a dirigé le pays sans discontinuer depuis les années 30.

Que signifie encore « les ressources naturelles doivent appartenir au peuple » ? Les propriétaires des bateaux de pêche, qui forment la clientèle du Parti de l’indépendance, y voient une menace pour leur liberté commerciale…

Pour les deux partis de droite (le Parti de l’indépendance et le Parti progressiste), cette réforme constitutionnelle a donc vite été considérée comme une machine infernale qu’il fallait désamorcer au plus vite.

L’élection ratée de l’Assemblée constituante leur a fourni le prétexte pour ouvrir le feu. Face à la complexité du scrutin, le taux de participation fut en effet faible : 36%, un record historique d’abstention. La légitimité de cette Assemblée fut questionnée. Finalement, la Cour suprême décida d’invalider l’élection, invoquant des raisons techniques que beaucoup d’Islandais jugent assez oiseuses. Pour ne pas tout recommencer à zéro, le parlement décida de muer « l’Assemblée constituante » en simple Conseil consultatif, mais il garda à bord les 25 élus.

Depuis, les deux partis de droite contestent la légitimité de l’ensemble du processus. Et font tout pour le freiner. Il a fallu ainsi plus d’un an, après la remise du texte, avant que puisse être organisée la consultation des citoyens sur le texte constitutionnel.


Geir Haarde (Pascal Riché/Rue89)

Sur le fond du texte, les critiques sont minimes. Mais la droite conteste la façon dont il a été façonné. Exemple, ce propos de Geir Haarde, l’ancien Premier ministre chassé par la rue, qui me reçoit dans le cabinet juridique qui l’a recueilli :

« Je ne pense pas que la Constitution avait besoin d’une révision immédiate. Il y a certes des points qui doivent être modernisés. Mais le processus ordinaire, pour la réviser, est très clair.

Le parlement rédige le texte et l’approuve, puis il y a des élections parlementaires, puis une nouvelle approbation. Je ne pense pas que la façon dont le processus a été engagé débouchera sur une réussite ».

En outre, selon Haarde, qui s’est retiré de l’arène politique, les questions soumises au vote sont bizarrement formulées.

Sur ce point, il n’a pas tort.

Les six questions posées aux citoyens

Le vote « consultatif » de samedi ne portera que sur six questions :

  • « 1. Voulez-vous que les propositions du Conseil constituant servent de base à la nouvelle Constitution ? [Mais si l’on répond oui à cette question, peut-on répondre non aux autres ? ndlr.]
  • 2. Voulez-vous que, dans la nouvelle Constitution, les ressources naturelles qui ne sont pas propriété privée soient déclarées propriété de la nation ?
  • 3. Voulez-vous que figure dans la nouvelle Constitution une clause sur une Eglise nationale islandaise ? [Sans que l’on sache vraiment si cette clause prévoirait la séparation de l’Eglise et de l’Etat ou au contraire confirmerait le lien constitutionnel qui lie cette Eglise nationale protestante à l’Etat, ndlr.]
  • 4. Voulez-vous que la nouvelle Constitution autorise plus que cela n’est le cas dans la présente Constitution l’élection personnelle ?
  • 5. Voulez-vous faire figurer dans la nouvelle Constitution une clause stipulant que les voix des électeurs pèsent d’un poids égal, quel que soit leur lieu de résidence dans le pays ?
  • 6. Voulez-vous faire figurer dans la nouvelle Constitution une clause permettant à un certain pourcentage des électeurs d’exiger un referendum sur un sujet donné ? [Le projet de Constitution prévoit que 10% des citoyens puissent provoquer un référendum, ndlr.] »

Deux scénarios : le noir et le rose


Le parlement islandais (Pascal Riché/Rue89)

Une fois approuvé par le peuple, le texte constitutionnel doit être voté par le parlement une première fois avant les élections d’avril 2013, puis une seconde fois, dans des termes identiques, par le parlement issu de cette l’élection.

Le pari du Parti de l’indépendance est clair : tout faire pour que l’élection consultative du 20 octobre soit un flop en terme de participation, puis gagner les législatives d’avril 2013 et enterrer le projet. A lire les sondages, c’est une stratégie qui a du sens : les Islandais se préparent à renvoyer une majorité conservatrice à l’« Althing », leur parlement.

Autrement dit, la révolution constitutionnelle islandaise, une très belle aventure démocratique, risque de partir aux oubliettes de l’Histoire.

Si au contraire la participation est très forte, autour de 70%, aucun parti n’osera jeter le nouveau texte aux orties. Le peuple islandais aura alors réussi un coup de maître, imposant un nouveau contrat social à sa classe politique partiellement réticente…


L’aube à Reykjavik (Pascal Riché/Rue89)

SI LA TENDANCE SE MAINTIENT…


par Ronald Barakat, vendredi 19 octobre 2012, 10:28 ·

«Ce n’est ni par la puissance ni par la force, mais c’est par mon esprit, dit l’Eternel des armées» (Zacharie 4-6).

Au grand dam des âmes damnées du régime, à l’aura jaune-orange, qui prenaient depuis des mois et des mois leurs souhaits malades pour de la réalité et pronostiquaient la victoire du lionceau sur l’agneau, voici que ce dernier tient tête et triomphe, «non par la force, ni par la puissance, mais par l’Esprit», par l’Esprit Saint et le Allah Akbar, de concert contre les forces du Malin. Tout observateur non aliéné à la Bête, ni à l’une des couleurs ci-haut mentionnées, constatera qu’avec le temps va, le régime s’en va, et avec lui ses sbires, ses suppôts et ses renforts «divins» et désespérés.

Les aveugles ou aveuglés ne pourront et ne voudront certainement pas voir l’évolution des événements depuis le début de la révolte, qui avait commencé par de simples revendications pacifiques, réprimées dans le sang, puis dans les fosses communes, pour se transformer en une révolution légitimement armée par les dissensions de militaires dotés d’une conscience humaine, rejoints par des civils affranchis qui ont décidé de secouer le joug qui les maintenait, des décennies durant, dans l’esclavage et sous l’hégémonie d’un parti et d’une famille uniques, apparemment laïques, régis par une mentalité dictatoriale et confessionnelle.

À présent, et en dépit de l’abandon général, de la lâcheté mondiale, du soutien de l’Axe du Mal (Russie-Chine-Iran), de la connivence étasunienne et européenne qui prive les rebelles de la seule arme décisive, antiaérienne, qui leur manque pour porter l’estocade au taureau essoufflé – et qui rendra les hypocrites et comploteurs comptables devant l’Histoire des crimes indirects contre l’humanité – les forces du Bien se débrouillent bien, tiennent bon et occupent plus de la moitié du territoire. Le Matamore qui avait plusieurs fois annoncé en grande pompe le «nettoyage» des quartiers d’Alep et de Homs se voit nettoyé, piano, piano.

Et son largage lâche et aveugle des tonneaux de TNT et de bombes à sous-munitions, devant un Occident sans dents, n’a pas réussi à laminer la volonté et la combativité des guerriers de la révolution, mais à démolir la pierre et déchirer la chair, surtout des femmes et des enfants. «Si la tendance se maintient», comme disait Bernard Derome de Radio-Canada pour annoncer officieusement la victoire du parti en avance lors de la transmission en direct des résultats d’une élection, le parti de la Liberté l’emportera sur celui de l’Esclavagisme, en Syrie, et formera un gouvernement libéral et majoritaire…à l’issue d’un dépouillement de voix sorties des rues et des tranchées, et non des urnes…mais pour les urnes.

R.B.

La Victoire de la Liberté (Dali)

Gloire à ceux qui nous torturent – Poème


Abdellatif Laâbi

Poéme / Poémes d’Abdellatif Laâbi

[X]

de vous à moi

la vérité jurez-moi de ne pas me croire nous attendons

qu’une roue fissure des chairs non comestibles ou qu’un œil s’éteigne pour avoir été témoin nul carnassier ne viendra repriser les césariennes on torture

apothéose artifice de pogroms

feu de squelettes

gloire gloire

la face paisible du bourreau la main douce qui charcute et l’univers coule

son petit train-train de morales encore encore le doux nectar du mal la vivifiante souffrance écumoire de diaphragmes

bille de bulbes gloire

ô le noble regard du coupeur de têtes le fond musical des pilules de cyanure ô l’effluve de ce vitriol nous attendons cadavres ou fossiles et la fête macabre monte une ordalie sans prévenir l’on torture

et l’on tenaille ce qui bat et l’on pilonne ce qui puise et l’on sectionne ce qui ligature

crimes sur table

gloire gloire

nous sommes le peuple élu

érigé

sur les pointes de fatalité pour nous les lendemains qui chantent les fleuves de miel

et de lait le sacrifice frères

le sacrifice exil dans le sacrifice ô l’apothéose des gorges prêtes

au sacrifice l’héritage

le sadisme d’Abraham l’héritage

la foi terrassée par les miracles l’abondance spontanée du désert miracle

nous ne souffrons pas ô l’arcade pure du tueur à gages le chatouillis des électrodes et le bistouri nettoyant les vertèbres encore

encore respirer tous les gaz

gloutonnement

avaler des grenades

gloire

au peloton d’exécution

embrasser l’envers

et l’endroit du doigt mûr

qui caresse

la gâchette

qui nous tue

la fonte étincelle mort-né échappé au scalp

de l’ordre je ne voulais pas être de ce théâtre non marionnette

je ne voulais pas qu’on m’exécute comiquement

sur les gradins mais rester valve

algue corps battant de respiration élémentaire diastole

rester pharynx

sans une possibilité pour la plus forte vie être de cette nuit

que ne démantèle pas le jour de ce levain

non de cette pâte

être enfin de ces tubercules vénéneux de racines

refus net

cette soi-disant complication d’organismes parlants

je refuse

cette procréation d’automates vous avez

dépeuplé le langage et le monde vous avez dépeuplé

la vie désappris le pardon de toute roche

masse

solidifiée de masse en masse

confrontation l’air vicié des cases

les jardins surélevés

on meurt encore

de faim

je ne parle pas

de la guerre

de la recolonisation du tiers-monde

des greffes qui ne prennent pas c’est moi seul que je congratule de ces

tortures comme une outre qu’on bat

dans ma chair

le poème

je réponds à la violence

par la violence je ne contrôle pas les impulsions de mon poing patience

toutes ces vies m’appartiennent je parlerai de tout avant qu’une main payée

ne vienne me poignarder dans le dos patience je vais parler

des morts qui m’ont devancé ceux que je fréquente

et ceux à venir tout sera dit je vous en fais serment

ces chiens ont sali notre mémoire qui voudra de cette histoire où des rats visqueux ont trotté abolir pour commencer ensuite la récidive les textes formels

on ne nous la fera pas le napalm coince la mitraillette la sarbacane par-derrière

la lune pour bientôt

les îles

les steppes et basculer le tas

dans un désert de salines quelques martiens viendront achever les rescapés

laideurs laideurs

dans la rigueur des jours-termes

je ne vois que des assassins

cette fraternité assassine

qui boucle l’arc

la cible propulsée

dedans le crime salut barbarie des grandes famines salut silex tribal salut jungle de crudité quelque chose en moi se réveille encore une fois le miracle du corps je commence par nier ma main se dresse

se casse

et se retourne prend le sexe

froidement l’étalé

Naissance:1942 Fès ( Maroc)Distinctions:
Prix Goncourt de la Poésie (2009) Grand Prix de la
Francophonie (2011)Bio-bibliographie succincteAbdellatif Laâbi est né en 1942, à Fès.

En 1966, il fonde la revue Souffles avec Mohammed Khaïr-Eddinc et Mostefa Nissa-boury.
La revue est interdite en 1972 et Laâbi est condamné à dix ans de prison. Grâce à une campagne internationale il est libéré en 1980. Il s’installe en France en 1985. Parmi ses recueils de poèmes : Le soleil se meurt (1992), L’étreinte du monde (1993).
Le spleen de Casablanca (1996), Fragments d’une genèse oubliée (1998), Poèmes périssables (2000). On lui doit aussi des romans et des récits (Le chemin des ordalies, 1982, Les rides du lion, 1989), des pièces de théâtre et des traductions de poètes arabes, de Mahmoud Darwich à Abdallah Zrika.

Son opposition intellectuelle au régime lui vaut d’être emprisonné pendant huit ans. [ Lire la biographie de Abdellatif Laâbi]

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Moncef Marzouki invite les Français à apprendre l’arabe


le 20. octobre 2012 – 9:00

«  Il est temps que les Français apprennent l’arabe ! » A l’heure de la mondialisation qui a sonné le retour en force du nationalisme revanchard, ce conseil prodigué par le président tunisien Moncef Marzouki est pourtant frappé au coin du bon sens, même s’il présume de l’humilité, de la curiosité, voire de l’envie qui animent les Français de découvrir d’autres idiomes que ceux de la langue de Molière,  et notamment ceux de l’arabe.

Une vraie gageure en l’occurrence, tant nos concitoyens, avant de se heurter à la barrière de la langue, doivent d’abord dépasser le prisme de leurs a priori négatifs et rester sourds à la préférence nationale, qui aimerait réduire l’arabe à une langue morte…

En marge du Sommet de la Francophonie qui se tenait à Kinshasa, Moncef Marzouki était l’invité de TV5Monde, lorsque réagissant à une remarque du journaliste de la chaîne qui décrivait une Tunisie métamorphosée sous l’influence des islamistes au pouvoir, privilégiant l’emploi de la langue arabe à celle du français, ce dernier a rétorqué : « Moi aussi je préfère la langue arabe. Il est normal qu’en tant qu’Arabe, nous préférions notre langue ».

Quoi de plus naturel, en effet, que de favoriser l’usage de sa langue maternelle dans son propre pays ! Mais force est de constater que la France des Lumières, à force de se reposer sur ses lauriers, accuse un réel retard linguistique par rapport aux pays arabes, à l’Egypte et à la Tunisie tout particulièrement, dont les insurrections populaires  ont  résonné d’un vibrant « Dégage ! » qui a contribué à porter haut les valeurs de la francophonie dans le monde.

Assurant que le français fait partie intégrante du patrimoine culturel tunisien, Moncef Marzouki a cependant appuyé là où le bât blesse : « un peuple qui ne possède pas deux, trois langues n’est pas bien dans le monde. Et je pense que les Français aussi feraient mieux d’apprendre d’autres langues que le français », a-t-il suggéré avant de rappeler que cela « fait tellement longtemps » que le français est enseigné en Tunisie, comme dans plusieurs autres pays arabes d’ailleurs.

Francophile dans l’âme, le président tunisien mesure la richesse inestimable que représente la Francophonie, et, à ses yeux, se priver d’un  « espace aussi extraordinaire, avec tous ces peuples divers », confinerait à « la bêtise« , a-t-il déclaré. Que n’aimerait-on voir la France suivre le conseil avisé de Moncef Marzouki, et s’initier en retour aux rudiments de l’arabe, une langue devenue incontournable sur l’échiquier mondial, bien que n’ayant toujours pas gagné ses lettres de noblesse républicaines !

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Dans le djebel turkmène, les barils venus du ciel sèment la mort


LE MONDE | Mis à jour le 17.10.2012 à 20h08

Par Lewis Roth (Rabie, djebel turkmène en Syrie, envoyé spécial)

La frontière n’est plus qu’un barbelé piétiné qu’on franchit sans y penser. Et voilà la Syrie ! Au nord, le sandjak d’Alexandrette, territoire turc peuplé majoritairement d’Arabes alaouites turquisés mais favorables au régime de Bachar Al-Assad. « Ce sont eux qui viennent mettre le feu à la forêt pour nous empêcher de passer la frontière », siffle Tarek en désignant les arbres calcinés.

Au sud, le djebel turkmène syrien, habité par des Turcomans arabisés, qui soutiennent la révolution dans laquelle ils voient l’occasion de prendre leur revanche sur un régime qu’ils accusent de persécuter les sunnites, dont ils font partie. Cette opposition à front renversé, de part et d’autre de la frontière turco-syrienne, pourrait finir par entraîner Damas et Ankara dans une guerre par procuration alors que la tension est à son comble depuis une dizaine de jours. Depuis que des obus syriens visant les rebelles installés à la frontière ont atterri en territoire turc, suscitant la riposte de l’armée turque.

Relativement tranquille au début de la révolution, le djebel turkmène a fini par se libérer en juin. Il n’a pas fallu plus de quatre jours de bataille aux révolutionnaires locaux pour prendre Rabie, la principale ville de la montagne. « Pendant les deux mois précédents, nous avons conquis les villages un par un, se souvient Abou Samer, un homme d’âge mûr qui fait office de chef de la police locale, Rabie est tombé comme un fruit mûr. »

Dans ce charmant village où les maisons épousent les contours de la montagne, le seul bâtiment à porter les stigmates de combats acharnés est le centre des renseignements militaires. Rabie est libre, mais vit au ralenti : les révolutionnaires ont remplacé les autorités locales par des conseils élus, soldant au passage de vieilles rancœurs. « Nous sommes les enfants du pays, mais sous le régime Assad, se plaint Abou Samer, tous les emplois de fonctionnaires vont aux alaouites. Tout est pour eux : le pouvoir, l’eau, l’argent. Nous ne faisons que reprendre ce qui nous revient. »

« LES FONCTIONNAIRES SONT TOUS PARTIS »

« Le jour où Rabie est tombé, les fonctionnaires sont tous partis », raconte Abou Nadir, le seul épicier resté ouvert. « L’école a fermé, le dispensaire aussi. Le gouvernement a cessé de verser les salaires, il a coupé l’eau et l’électricité. On vit un blocus presque complet. Pour faire venir du riz et des boîtes de conserve, je suis obligé de faire appel à des contrebandiers qui viennent de Jisr Al-Choghour. »

Les bombardements ont commencé au même moment, sporadiques, sans autre logique ni objectif apparent que terroriser ceux qui sont restés sur place. Jusqu’à début septembre, Rabie était à portée des canons de l’armée gouvernementale postés au sommet du nid d’aigle de Burj Al-Kassab. Depuis que la position a été prise de haute lutte par l’Armée syrienne libre (ASL), la menace vient des hélicoptères.

Tous les jours, ils viennent tourner haut dans le ciel, tels des rapaces à la recherche d’une proie. Et finissent par lâcher leur cargaison meurtrière : des barils bourrés de plusieurs dizaines ou centaines de kilogrammes de TNT et de morceaux de métal afin de faire le plus de victimes possible. Les Syriens appellent ces bombes improvisées les « barils ».

Dès qu’ils entendent le vrombissement d’un hélicoptère, ils courent se mettre à l’abri sous le vert tendre et l’ocre automnal des arbres, fuyant bâtiments et véhicules, cibles potentielles. Le régime n’utilise pas ses avions de chasse, qui sont obligés de franchir la frontière turque pour virer de bord.

« SANS LA TURQUIE, NOUS SERIONS TOUS MORTS ICI »

Terrorisés par les « barils » et épuisés par le blocus, la majorité des habitants du djebel ont fui vers la Turquie voisine. Mais depuis mi-septembre, la frontière est fermée aux réfugiés. Et les nouveaux candidats à l’exil dorment dans la forêt, le long de la frontière en attendant le moment le plus favorable pour passer de l’autre côté. Seuls les hommes sont restés à Rabie, pour combattre avec l’ASL ou protéger leurs maisons contre les pillards. Ceux qui ont fui en Turquie ont été remplacés par des déplacés intérieurs, le plus souvent des Turcomans de la région côtière, encore sous contrôle gouvernemental.

C’est le cas du docteur Mohamed Ahoualeh. Il a fui Lattaquié, où il est recherché par les services de sécurité, avec ses deux filles, Nesma, médecin, et Safa, pharmacienne. Il est le seul praticien à 15 km à la ronde et traite aussi bien les bébés en proie à des diarrhées que les combattants blessés au combat ou les civils déchiquetés par les bombardements. Il délivre tout à la fois ordonnances et médicaments, mais n’a ni ambulance, ni matériel de dialyse, ni carburant pour faire fonctionner quoi que ce soit.

Le seul hôpital de campagne de la région a été installé à Yamadieh, quasiment sur la frontière. « Nous sommes trop près de la Turquie pour que les avions et les hélicoptères de Bachar viennent nous bombarder, se réjouit Ayman Karajan, assistant médical et combattant à la carrure et à la barbe impressionnantes. Ici, c’est déjà la Turquie. Si Bachar vient nous chercher, il trouvera Erdogan pour nous protéger. Vive Erdogan ! Sans la Turquie, nous serions tous morts ici. »

Les rangs de l’ASL ne cessent de grossir dans la montagne turkmène et, de jour en jour, les combattants s’enhardissent. Après avoir coupé, début septembre, l’autoroute Lattaquié-Alep, ils s’attaquent désormais aux villages alaouites en contrebas, progressant peu à peu vers la grande ville côtière de Lattaquié. Des combats se déroulent actuellement près du lac Baloghan.

« JE PRÉVIENS NOS FRÈRES ARMÉNIENS À KASSAB : QU’ILS PARTENT « 

Mais cette nouvelle donne menace de faire basculer la montagne turkmène, dont la beauté préservée fait songer à une petite Corse, dans une sanglante guerre confessionnelle. Village contre village. « A chaque fois qu’on entre dans un village alaouite, nous prenons garde à ne faire de mal à personne, assure Abou Moustapha, un combattant turkmène. Hélas, ils préfèrent fuir vers Lattaquié et se réfugier dans les bras du régime. »

Le régime et les rebelles s’accusent mutuellement d’avoir mis le feu au village alaouite de Kindessieh après sa chute aux mains de l’ASL. L’armée de Bachar Al-Assad, qui ne peut se permettre de laisser les rebelles pénétrer dans le réduit alaouite, dernier refuge potentiel du régime, prend la menace au sérieux et a renforcé ses positions. « C’est grâce aux combattants du djebel turkmène que le projet d’Etat alaouite de Bachar va échouer, clame Abou Moustapha. Nous l’empêchons d’établir le contact avec les alaouites de Turquie. »

Tout au nord, la rébellion se prépare à attaquer le village de Kassab, frontalier avec la Turquie, peuplé de Turkmènes et d’Arméniens, et encore sous contrôle de l’armée syrienne. « Si on le prend, on aura accès à la mer et on disposera d’un passage officiel avec la Turquie. On pourra faire venir des armes », se réjouit Abou Moustapha, avant de menacer : « Je préviens nos frères arméniens à Kassab : qu’ils partent avant l’offensive de l’Armée libre, sinon ils vont avoir des pertes civiles et se plaindre d’un génocide perpétré par des Turcs. »

Dans le chaudron ethnico-confessionnel en fusion qu’est la Syrie en guerre, l’avertissement fait froid dans le dos.

Lewis Roth (Rabie, djebel turkmène en Syrie, envoyé spécial)

source

L’incompréhensible sanction contre un journaliste marocain


Baudouin Loos

Omar Brouksy se souviendra du reportage effectué à Tanger lors des élections partielles du 4 octobre pour le compte de l’Agence France Presse. Dès le lendemain, en effet, le gouvernement marocain a annoncé sa décision de retirer à notre collègue son accréditation. Sa faute ? « Une dépêche anti-professionnelle, comportant des allégations mêlant l’institution monarchique à cette compétition électorale », dixit Mustapha al-Khalfi, le ministre de la Communication.

Ah ! le roi… En l’espèce, la phrase incriminée évoquait la participation au scrutin de candidats « proches du palais royal ». Etait-ce donc, comme l’a dit le ministre, « des allégations infondées, irresponsables et en opposition avec les traditions d’un prestigieux établissement de presse » ? Que nenni ! Les candidats en question font partie du Parti authenticité et modernité, fondé par Fouad Ali El Himma, dont tout le monde au Maroc sait l’amitié que lui porte le roi Mohammed VI. Tout le Maroc avait d’ailleurs interprété la création du PAM en 2007 comme procédant d’une volonté royale…
« J’ai été très surpris par la décision de me retirer mon accréditation, nous confie Omar Brouksy. Mon papier n’avait pas du tout pour objectif de porter atteinte à quiconque. Cette sanction, non justifiée par une faute professionnelle, est injuste. J’espère que les autorités reviendront sur leur décision. »
Omar Brouksy connaît la musique : en entrant à l’AFP en 2009, il avait dû attendre un an et demi pour être accrédité. Il est vrai qu’il venait du Journal hebdomadaire, dont il était rédacteur en chef, poussé à la fermeture en 2009 pour son indépendance qui confinait à l’impertinence.
LE SOIR, Bruxelles

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