Elections américaines: Les «classeurs plein de femmes» de Mitt Romney détournés sur le Web


Créé le 18/10/2012 à 00h14 — Mis à jour le 18/10/2012 à 08h01

ETATS-UNIS – L’étrange tournure du candidat lors du débat fait le bonheur du Net…

Lors du 2e débat face à Barack Obama, Mitt Romney n’a sans doute pas marqué beaucoup de points auprès de l’électorat féminin. Attaqué par le président sur l’avortement et l’aide à la petite enfance, le candidat a fourni une réponse sur la parité salariale qui a laissé beaucoup de spectateurs perplexes.

Il a d’abord expliqué qu’au moment de former son cabinet dans le Massachusetts, «presque tous les candidats étaient des hommes». «Ne peut-on pas trouver des femmes qualifiées? Je suis allé voir plusieurs groupes de défense des droits des femmes pour leur demander de nous aider à trouver des candidates et j’ai ramené des classeurs plein de, de femmes»

Sur le fond, le Boston Globe conteste cette version, expliquant que c’est le groupe MassGAP qui a pris cette initiative, qu’il a présentée aux deux candidats. Dans les faits, Mitt Romney a embauché 42% de femmes dans son cabinet au cours des deux premières années mais seulement 25% au cours des deux suivantes.

Détournements

Mais plus que le fond, c’est l’expression «des classeurs plein de femmes» qui a fait la joie des internautes. Il a fallu moins de 10 minutes à la tournure pour percer sur Twitter et une demi-heure pour devenir un mème immortalisé sur le tumblr BindersFullOfWomen. La page Facebook compte déjà plus de 300.000 fans.

Sélections des meilleures créations:

«Personne ne me met dans un classeur», dit la fameuse image d’Hillary Clinton avec son BlackBerry, en référence au film Dirty Dancing («Nobody puts Baby in a corner»)

Dora l’exploratrice, attaquée par certains conservateurs comme symbole de l’immigration illégale, candidate au «départ volontaire» prôné par Mitt Romney.

«Où as-tu trouvé un classeur aussi grand?» version Call me maybe.

«Des classeurs plein de femmes? J’en ai des centaines», dit le patron de Playboy Hugh Hefner.

 P.B.

LE DÉSERTEUR SYRIEN


par Ronald Barakat

Monsieur le Président,

Je vous envoie un mot,
Même s’il n’est plus temps
Vu l’ampleur de vos maux,

Pour vous dire que moi,
Soldat de la patrie,
Avec beaucoup d’émoi
Je vous dis : Non merci!

Je ne peux plus servir
Au sein de votre Troupe
Qui sadiquement tire
Sur tout ce qui s’attroupe,

Sur des gens innocents,
Animés de fierté,
Dont on répand le sang
Pour le mot : Liberté;

Sur des voix par milliers,
De simples citoyens
Qui voyagent à pied,
À défaut de moyens,

Pour un pays meilleur,
À l’air plus respirable,
Aux murs moins «écouteurs»,
Sous des cieux tolérables.

Monsieur le Grand Seigneur,
J’ai vu tomber les miens
Au champ du déshonneur
Par vos hommes de main,

Pour avoir refusé
De tirer sur la foule,
D’étrangler, d’écraser
Le pigeon qui roucoule;

Pour avoir protégé,
Comme veut la devise,
Les foyers du danger,
Du malheur qui les vise.

J’ai vu vos gens marcher
L’air grave, aux funérailles,
Sous leur béret cacher
Leur conscience canaille;

Sur leurs galons honteux
Porter les militaires
Assassinés par eux!
− On ne peut plus se taire −

Jeter leur acte odieux,
Leur crime, sur les «autres»,
Les gangs, les séditieux…
Et jouer les apôtres.

Et je vous vois complice,
Monsieur le Président,
Des horreurs, des sévices,
De tous ces coups de dent

Dans nos corps et nos cœurs,
Dans nos chants, notre chair,
Dans le fond des valeurs
Qui nous étaient si chères.

Car en aucun moment
N’avez-vous ordonné
Que cessent les tourments,
Que vivent les damnés,

Que l’on mène une enquête
Pour saisir les coupables,
Que l’on cherche la Bête
Dans votre propre étable.

Monsieur le Président,
En tant qu’officier fier,
Je resterai «dedans»,
En deçà des frontières,

N’étant pas plus précieux
Que ces braves qui meurent
Sous vos lugubres cieux,
Au seuil de leurs demeures.

Dites aux tortionnaires
Qui viendront me chercher
Que je suis au grand air
Librement à marcher

Avec mes sœurs et frères
Et la même rengaine,
Jusqu’à voir se défaire
La Syrie qu’on enchaîne

Et voir couler la sève,
Croître comme un enfant,
Une Syrie de rêve :
La Syrie du Printemps!

Après le mauvais temps,
Couvrant de père en fils
De son linceul sanglant,
Des pères et des fils.

R.B.
Meurtrière d’Espoir (à paraître)

Ronald Barakat : Contemple dans la photo le déserteur qui sourit. Un sourire poignant. Une bravoure sans pareille. Qui sait s’il a pu sécuriser sa famille avant, car beaucoup n’ont pas pu le faire et en ont payé le prix. Qui sait s’il est encore en vie. Il y a aussi les secouristes, les médecins, les simples bons samaritains qui ont aussi payé le prix. On n’est plus devant l’Héroïsme, mais l’Héroïcité des vertus.

Syrie : Grande Mosquée d’Alep


Felix


[youtube http://youtu.be/FHtvDA0W34I?]

….

[youtube http://youtu.be/dOoHArAzdug?]

Syrie. Un pays occupé… par l’armée chargée d’en protéger la population


15 octobre 2012

Un billet d’Aurélien Pialou

Pour les « Syriens ordinaires », qui tentent de survivre à la crise majeure qui affecte leur pays, le quotidien s’est progressivement transformé. Mises à part, peut-être, les villes de Tartous et de Souweida, à ce jour épargnées par les destructions et les vagues de répression, leur pays est devenu un immense champ de bataille.

Destruction à Homs

Précisons de suite ce qu’il faut entendre par « champ de bataille ». Deux forces s’affrontent : un ensemble d’hommes, qui ont pris les armes après avoir constaté le massacre et l’agression de leurs proches, font face à une armée organisée disposant de toutes les technologies de guerre.
Pour les premiers, l’engagement a été progressif, nullement commandé par un djihad afghan ou un quelconque fanatisme. Lorsque le rappel des supplétifs a été ordonné pour la première fois à la fin du mois d’avril 2011, les jeunes gens concernés se sont retrouvés face à une alternative dramatique. Devaient-ils rejoindre les forces du régime et apporter leur concours à l’assassinat de manifestants non armés, parmi lesquels nombre de femmes et d’enfants ? Ou bien devaient-ils fuir pour échapper à la conscription, si possible en direction d’un pays voisin, avec le risque de voir leurs parents, leurs frères et leurs proches aussitôt traités comme des « familles de déserteurs ». Pour une grande partie des jeunes concernés, qui avaient compris ce qui se jouait sur le terrain et avaient décidé de « prendre le maquis », le choix s’est imposé de s’opposer par la force à la force du régime.
Mais en face, ont-ils affaire à une armée ? L’accoutrement de leurs adversaires, baskets et bandana, montre qu’il s’agit moins de militaires que de civils en armes (musallahîn). D’ailleurs, leur discipline est à l’image de leur uniforme : disparate, imprévisible et relâchée. Les « forces du régimes » sont aujourd’hui constituées par un rassemblement d’individus en provenance d’horizons différents, recrutés de diverses manières. Certes, dans la capitale et dans ses environs, placés sous la protection de la Garde républicaine et de la 4ème division, les combattants ont le profil de militaires entraînés, préparés à résister aux assauts de la population civile. Il est d’ailleurs aisé de les reconnaître sur les barrages. Mais collaborent avec eux tout un ensemble d’hommes : des agents des services de renseignement, des membres des chabbîha et des katâ’ib al-Assad, éphémères milices composées de volontaires habillés d’uniformes bleu, portant la barbe et équipés de gourdins, mises sur pied pour assurer la surveillance des quartiers.

Membres des forces syriennes de sécurité

Ces forces assument au quotidien des missions différentes. Aux troupes d’élite, les tanks, les hélicoptères et les avions. Une trentaine d’hélicoptères ont été abattus par les « rebelles », mais l’armée en détient encore un grand nombre en réserve, prêts à décoller et à aller ouvrir le feu, avec des missiles ou des mitrailleuses, sur les quartiers récalcitrants. Le régime n’étant pas en mesure de récupérer ces quartiers, ou ne voulant pas engager ses hommes dans une guérilla urbaine aux résultats incertains, le recours aux moyens aériens s’est imposé à lui comme naturel. Lorsque les hélicoptères ne parviennent pas à obtenir le résultat souhaité – ce qui est le cas partout aujourd’hui, y compris dans la capitale – les Mig entrent dans la danse pour achever les destructions. Parfois il fait donner les chars, comme au début du mois d’octobre, mais il prend alors le risque de voir ses pertes augmenter fortement.

La capacité de résistance des « rebelles » s’explique-t-elle par l’obtention de moyens de défense supplémentaires ? On peut plutôt y voir le résultat de l’accoutumance, au cours des huit mois écoulés, aux techniques de la guérilla et l’optimisation des maigres matériels dont ils disposent. Incapables de récupérer les quartiers dans lesquels les combattants de l’ASL se retranchent parmi les habitants, les forces du régime considèrent qu’elles n’ont pas d’autre alternative que de réduire ces quartiers en poussière. Y engager des hommes serait prendre le risque d’en voir tuer un grand nombre. Or, depuis quelques mois, les réservistes ne répondent plus aux appels et les volontaires se font rares….

Résultat de cette stratégie, les villes syriennes se muent peu à peu, sous les coups des bombardements, en autant de Stalingrad. A l’image de la ville soviétique, les amas de ruines deviennent des nids imprenables au milieu desquels les civils qui n’ont pas pris la fuite – par choix ou par impossibilité – tentent tant bien que mal de survivre, privés des moindres commodités. Tout quartier considéré comme rebelle est en effet privé d’eau et d’électricité. En dépit des moyens considérables mis en oeuvre par le régime, force est de constater que, jusqu’à ce jour, aucun des quartiers perdus par ses troupes n’a jamais été récupéré.

Un combattant syrien dans la région nord

Outre les opérations militaires proprement dite, si tant est que l’on puisse qualifier de « propres » les faits et gestes des soldats syriens lâchés contre les populations…, la majeure partie du temps et de l’activité des forces armées est consacrée aux contrôles et aux fouilles. Les campagnes de perquisition se succèdent sans discontinuer, alors que les barrages entre les villes ou à l’intérieur des villes sont légion. L’obsession du pouvoir est de protéger le moindre axe urbain ou routier. Le nombre de postes de contrôle ne cesse donc de croitre dans la capitale. Destinés à entraver les mouvements de l’opposition, ils aboutissent à paralyser l’ensemble de la population.

Mais ce dispositif n’est pas dépourvu de profits, puisque chaque barrage génère pour ceux qui les tiennent, et surtout pour ceux qui y détiennent l’autorité, de multiples rémunérations. Il n’est pas difficile d’obtenir le « marché » de l’approvisionnement des hommes qui en assurent la garde : il suffit, pour les commerçants tenant boutique à proximité, de se montrer généreux et reconnaissants envers l’officier qui le dirige. Son franchissement sans problème est conditionné, pour un citoyen ordinaire, surtout quand il transporte avec lui des effets personnels, à l’acquittement d’une taxe, qui peut être tantôt une couverture, tantôt une bouteille de gaz, tantôt un élément de mobilier, tantôt un vêtement… La Loi – en réalité la capacité d’imposer leur propre loi – est évidemment du côté de ceux qui gardent ces barrages.

Un poste de contrôle des forces de sécurité à Nahr Aïcha (Damas)

Pour les simples citoyens, ces postes sont aussi synonymes d’arrestation ou de disparition. Quiconque a l’âge ou présente le profil d’un opposant, peut être mis en joue à titre d’avertissement sans frais. Un autre passera quelques jours en prison pour avoir pris le risque de se présenter à cette « frontière ». Enfin, les barrages sont l’occasion d’un exercice dans lequel les militaires à la solde du pouvoir sont passés maîtres : la discrimination. « Tu es chrétien ? Tu es druze ? Tu peux passer. Nous te faisons confiance »… Quoi de plus simple et de plus efficace pour accentuer la division nationale, exacerber le confessionnalisme et dresser les unes contre les autres des communautés qui n’aspirent qu’à vivre en bonne intelligence ? Malheur au contraire à ceux et celles qui sont nés ou qui résident dans une « mauvaise ville ». Lorsqu’ils se présentent aux barrages, ils ont droit à toutes sortes de brimades, aux injures, parfois aux coups. La guerre, selon le régime, doit être menée contre tous ses ennemis. Or, comme le président l’a indiqué, les ennemis sont à l’intérieur. C’est donc bien toute la population qui est devenue la cible. Il faut être vigilant et penser à freiner en arrivant près des barrages, pour éviter les tirs sans sommation des hommes trop zélés qui les gardent…

Pendant ce temps, à travers la Syrie, des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants sont contraints à l’errance. Les flots de réfugiés ne cessent de grossir dans le pays. Une minorité d’entre eux se dirigent vers les pays limitrophes. La majorité vers les villes et villages où ils disposent de quelques proches. Mais pour ceux d’entre eux, originaires de Homs et de sa région, qui ont abandonné leur domicile au cours de l’hiver dernier, la pérégrination est loin d’être achevée. Ils ont successivement gagné Qousseir, Douma, Qoudsaya, Qadam… Ayant laissé en route, à chaque étape, les maigres biens emportés au départ, ils dorment désormais dans des écoles ou des jardins publics. Ils s’installent autour des points d’eau, ignorant de quoi leur lendemain sera fait, mais confrontés aujourd’hui à une quantité de problèmes. Quand la cohabitation dans un même lieu impose aux familles une promiscuité de tous les instants, est-ce le père, le mari, le frère ou le fils qui doit  rester avec les femmes ? Vaut-il mieux opter tout de suite pour  la rue, un lieu encore réputé sûr… au moins au centre de Damas, ou tenter de louer quelque temps un appartement dans une banlieue, avec le risque d’y connaître bientôt les visites dépourvues de délicatesse des moukhabarat et les perquisitions ? Et que dire des problèmes de survie qui se posent au quotidien : se nourrir, se vêtir, se soigner…? Pas d’autre solution que de solliciter les hôtes et de vivre aux dépens des populations qui accueillent, alors que la désorganisation des activités économiques prive une part croissante de Syriens de toute source de revenus. Les pénuries s’aggravent, occasionnées, il faut le dire, par l’instrumentalisation politique des sanctions internationales. Cependant, alors qu’une partie importante de la population est réduite à la rue, les Syriens qui le peuvent contribuent par dizaines de milliers aux réseaux de soutien. Ils fournissent de l’aide, ils offrent des logements, ils donnent de la nourriture, ils proposent un couchage, démontrant à ceux qui en doutaient les immenses qualités d’accueil et de partage dont ce peuple est porteur.

Alors que les barrages isolent les régions en révolte et que les villes sont la cible de raids menés par les forces du régime, les Syriens tentent de survivre, donnant chaque jour davantage l’image d’une population prise en otage par l’armée censée la protégée.

source

A Maaret al-Noomane, « un nouveau massacre de Bachar al-Assad »


Un opposant syrien inspecte un mur maculé de sang à Maaret al-Noomane, le 11 octobre 2012

Un reportage de l’AFP en Syrie qui date de vendredi. Terrible. (via fb de Baudouin Loos)

Par Hervé BAR

MAARET AL-NOOMANE (Syrie), 12 oct 2012 (AFP)

« Des corps sont tombés sur moi, j’ai senti leur sang couler »: Mourad Hakoura accuse des militaires syriens dans la ville de Maaret al-Noomane, dans le nord du pays, d’avoir
perpétré une tuerie dont il affirme être l’un des rares survivants.

Selon son témoignage, près de 65 prisonniers ont été exécutés lundi sur leur lieu de détention par leurs geôliers, membres des services de renseignements militaires, juste avant leur fuite précipitée face à l’avancée des rebelles.
D’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), seuls 20 des 65 détenus –déserteurs, rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) et prisonniers de droit commun–, ont été exécutés.
Mourad, commerçant de 32 ans vivant à Damas et dont la famille réside à Maaret al-Noomane, a été arrêté le 21 juin à un barrage sur l’autoroute menant à la capitale syrienne.
Il est emprisonné dans l’ancien centre culturel de Maaret al-Noomane, reconverti depuis la révolte en centre d’interrogatoire par les renseignements militaires, dans la périphérie est de la ville alors encore sous contrôle loyaliste. La ville est tombée mardi aux mains des rebelles.
Près de 80 prisonniers, sympathisants présumés de la révolution, ou des soldats soupçonnés par leur hiérarchie d’avoir voulu déserter, sont entassés dans deux pièces du sous-sol, selon Mourad.
Les interrogatoires, comme les tortures, sont quotidiens, à coups de poings, de matraques, ou d’électricité. Un certain Maymoun, officier, « posait les questions et son adjoint Jalal frappait » les victimes menottées ou suspendues dans la salle des chaudières.
Alors que les rebelles implantés dans l’ouest de la ville passent à l’offensive, les prisonniers craignent des représailles de leurs tortionnaires. « Mais nous n’imaginions pas ce qui allait se passer », se souvient Mourad. »J’ai entendu leurs derniers gémissements »Lundi après-midi, deux hommes armés font irruption dans la cave où est détenu Mourad avec une quarantaine d’autres personnes. « Jalal était l’un d’entre eux ». Ils ouvrent immédiatement le feu à la kalachnikov, « vidant trois chargeurs ».
Mourad se tient à ce moment précis derrière un léger renfoncement du mur. « Je me recroqueville par terre, deux corps tombent sur moi ». « J’ai senti leur sang me couler dessus, j’ai entendu leurs prières, leurs derniers gémissements ».
Les tueurs passent dans la cave voisine, où ils tirent des rafales de la même manière sur une quarantaine de prisonniers. Les militaires loyalistes évacuent les lieux peu après sous les tirs de rebelles qui approchent.
Miraculeusement, Mourad est indemne. Il porte les premiers secours aux blessés, bricolent garrots et points de compression avec des sacs plastique.
Les rebelles pénètrent l’arme à la main pièce par pièce dans le centre déjà évacué. « Nous leur crions d’arrêter de tirer en interpellant leurs chefs par leurs prénoms ».
« J’ai vu de mes yeux 28 morts dans ma cellule, et 32 dans la pièce d’à côté. Trois ou quatre blessés sont morts peu après », poursuit Mourad.
Son témoignage, recueilli sur les lieux, concorde en tout point avec le récit des militants locaux, et les images insoutenables diffusées sur internet par la rébellion, nouveau massacre qui s’ajoute à l’interminable liste des accusations contre le régime de Damas.
Trois jours plus tard, les deux caves grêlées de balles et maculées d’hémoglobine témoignent encore de la tuerie. Une épaisse puanteur de charogne soulève le coeur, les mouches s’agglutinent sur les compresses noirâtres souillées. Les semelles collent au sang pas encore séché.
Sur le mur, la main d’un rebelle a écrit à la bombe de peinture: « ici, un nouveau massacre de Bachar al-Assad ». Sinistre slogan au dessus des traînées rouges laissées dans leur dernier souffle par les victimes.
Pour les journalistes, Mourad mime une nouvelle fois le geste qui lui a sauvé la vie, s’accroupit au sol à l’endroit même où il a eu la vie sauve. « Je n’avais rien fait, je n’étais qu’un simple manifestant », assure-t-il. Une kalachnikov à la main, il combat désormais en première ligne dans les rangs des insurgés.
source

AWSA club : Agenda culturel


Agenda culturel
octobre-novembre 2012
sélectionné pour
l’’AWSA club
Festivals (cinéma, rencontres, expos, spectacles)
-Le Maroc à l’honneur à travers le Festival DABA MAROC en octobre et novembre http://www.dabamaroc.com
-Le Liban, pays vedette du 39e Festival du Film indépendant du 6 au 10/11 www.fifibruxelles.be
-Festival du Cinéma Méditerranéen de Bruxelles du 9 au 17/11 www.cinemamed.be
Théâtre / Spectacle
– « 381 jours » de la Cie Ras el Hanout à l’Espace Magh le 4 et le 5/10 www.espacemagh.be
– « Irakese Geesten » de Mokhalad Rasem à Bozar le 9/10 de 12h40 à 14h25www.bozar.be
– « Rue du croissant » de Mohamed Ouachen & David Strosberg au KVS du 9 au 13/10 www.kvs.be
-« La vie, c’est comme un arbre » de Mohamed Allouchi et Rachid Hirchi au Théâtre de la Toison du 01/11 au 01/12 http://www.ttotheatre.be
– « J’aurais voulu être égyptien » à partir de l’oeuvre de Alaa El Aswany le 23 et 24/11 à Bozar www.bozar.be
– Rencontre avec Fellag + projection du film Monsieur Lazhar le 13/10 à l’Espace Magh www.espacemagh.be
Concerts :
-Natacha Atlas et Smadj , festival Tarab@Bozar à Bozar le 18/10 http://www.bozar.be
-Fatoum, Focus Rif, à l’Espace Magh le 27/10 www.espacemagh.be
-The Med Orchestra « Dror Ikra » festival Tarab@Bozar à Bozar le 01/11www.bozar.be
-Hindi Zahra et Aziz Arradi, à Bozar le 9/11 www.bozar.be
-Marcel Khalifé festival Tarab@Bozar à Bozar le 17/11 http://www.bozar.be
Soirées :
-Soirée berbère organisée par l’asbl Tazdayt avec un concert de la chorale Zamâan AWSA le 17/11 à 19h, 66 Chaussée d’Haecht
-Soirée caritative « Savoir & liberté: Bruno Schellens » Mousta Largo (en soutien à des projets solidaires dans 7 implantations scolaires de la Région de Guelmime dans le sud du Maroc) à l’Espace Magh le 23/11 www.espacemagh.be
Cinéma: à l’affiche
-El Gusto à l’Actor’s Studio (France/Algérie)
-Les femmes du bus 678 (Cairo 678) au Vendôme (Egypte)
-Le cochon de Gaza au Styx (France)
Avant-premières, projections, ciné-club
-Le Pain Nu (Focus Rif) (Maroc) à l’Espace Magh le 25/10 http://www.espacemagh.be
-Abdelkrim et la guerre du Rif (Cinéma Rencontre) (Maroc) à l’Espace Magh le 26/10 http://www.espacemagh.be
-Tinghir -Jérusalem de Kamal Hachkar (Maroc) (documentaire) 01/11 à 17h à Bozar http://www.bozar.be
-Winter of discontent d’Ibrahim El Batout (Egypte), le 08/11 à Bozar www.bozar.be
-Les chevaux de dieu de Nabil Ayouch (Maroc), le 11/11 à Bozar www.bozar.be
Ciné-débat
Par AWSA-Be à l’occasion de la projection du film : « Laïcité Inchallah » (Tunisie) organisée par la Fédération laïque des centres de planning familial le16/10 au CAL, salle Willy Peers Campus de la Plaine ULB accès 2 av. Arnaud Fraiteur
Expositions
-Charif Benhelima: Polaroids 1998-2012 (Maroc/Belgique) à Bozar du 4/10 au 18/11 www.bozar.be
-Amina Rezki Paintings (Maroc) à la Maison communale d’Etterbeek du 4/10 au 2/11
-Edouard et Cléopâtre, égyptomanies depuis le 19e siècle (Egypte/Occident) à la Villa Empain jusqu’au 20/02/2013
– « Femmes du monde arabe, ici ou ailleurs, un regard alternatif » à la Boutique Culturelle jusqu’au 18/10
Littérature /Lecture
-Sortie du dernier livre de Hoda Barakat (Liban) « Le Royaume de cette terre » (Malakoutou hadhihi l’ard), Actes Sud
-Lecture de poèmes d’Adonis (en anglais) par Lila Azam Zanganeh à Bozar le 27/11www.bozar.be
Intéressé-e par l’AWSA Club? Contactez-nous sur awsabe@gmail.com ou au 02.229.38.10
www.awsa.be 02.229.38.10

La Belgique durcit la traque aux faux touristes


Du fb d’Isabelle Durant :

Jt de la rtbf : Une délégation tunisienne invitée à venir observer le déroulement des élections communales par Wallonie Bruxelles International s est vue refuser l’acces par l Office des Étrangers ! Bravo pour la coopération et le soutien à la transition démocratique.

LeSoir du 28 juillet  2012page 1 : Comment la Belgique durcit ses frontières

Page 2

Samedi 28 juillet 2012

Pénétrer en Belgique : cela devient plus difficile pour les étrangers hors de la zone Schengen.

L’aéroport de Bruxelles-National est la première porte d’accès au pays en raison du nombre de vols internationaux reçus jour après jour. De plus en plus de voyageurs se voient refuser l’accès au pays.

C’est le résultat d’un durcissement de la politique d’accès au territoire belge, et plus largement à l’espace Schengen.

Différentes mesures du gouvernement vont dans ce sens.

Lorsqu’ils sont recalés au contrôle de la police des frontières, les voyageurs « suspects » font l’objet d’une enquête de l’Office des étrangers. Compétent notamment pour l’accès au territoire et l’éloignement des étrangers, c’est lui qui décide dès lors de leur sort. Combien de dossiers sont refusés exactement par l’Office ? L’information ne nous a pas été donnée.

Par contre, on connaît le nombre de refus d’entrée sur le territoire. Il a augmenté de près de 300 % entre 2007 et 2011. Par ailleurs, 73 % des demandes de visas touristiques déposées auprès de l’Office ont été refusées en 2011 (voir graphiques).

Les causes sont diverses.

Certaines sont objectives et spécifiquement prévues dans les textes de loi : faux documents, documents incomplets ou moyens de subsistance insuffisants. Dans d’autres cas, les motifs sont plus subjectifs : le motif du voyage est, en effet, laissé à l’appréciation du contrôle policier à l’arrivée en Belgique (voir reportage en page 3).

Après l’examen de leur situation, une bonne partie des voyageurs est reconduite dans son pays d’origine. On compte en moyenne 2,8 expulsions par jour effectuées par la police de l’aéroport. Parmi celles-ci, des voyageurs à peine arrivés et des personnes en situation irrégulière en Belgique refusant de quitter le territoire.

D’après les agents que nous avons pu interroger, les autorités politiques ont fixé un objectif de cinq expulsions par jour.

Cependant, cela reste une utopie de penser que ce quota puisse être atteint. Seuls quatre policiers sont mandatés pour assurer des retours forcés.

C’est insuffisant. Ils sélectionnent donc les vols et les rapatriements à effectuer.

« Nous sommes bien conscients de manquer d’effectifs policiers au sein de l’aéroport. Mais pour l’instant, c’est comme ça », confie notre source, qui confirme, du reste, que l’objectif des cinq expulsions est réel.

Selon nos informations, c’était une exigence de la N-VA, du temps où elle participait à la négociation gouvernementale.

Mais même après le départ de la N-VA des négociations, l’objectif est resté…

Si nous avons pu évaluer assez précisément l’ampleur des « éloignements forcés » à Bruxelles-National, il est difficile de l’établir à l’échelle de l’ensemble du territoire belge.

Avec Zaventem, il existe 13 points de contrôle frontalier pour entrer en Belgique.

Pour les autorités belges, les éloignements forcés doivent toutefois rester l’exception : on préfère privilégier les retours volontaires. Pour une personne en situation irrégulière à peine arrivée ou installée en Belgique, la législation belge prévoit aujourd’hui un délai de 30 jours au lieu de cinq précédemment, après la réception de l’ordre de quitter le territoire.

« Les retours volontaires restent la priorité des ministres compétents », selon notre source proche du gouvernement.

Mais force est de constater que les retours forcés sont toujours plus nombreux.

Entretien

« Les frontières ? Une zone grise »

Nancy Bracke est attachée au service Contrôle des frontières de l’Office des étrangers.

Pourquoi y a-t-il encore un contrôle des frontières effectué en Belgique ?

Il y a treize contrôles frontaliers en Belgique, comme c’est le cas dans les aéroports de Bruxelles et de Gosselies mais aussi dans les ports. Le contrôle aux frontières sert à éviter l’immigration illégale, les mariages blancs…

Sur quelles bases rendez-vous vos décisions de refus d’accès au territoire lors de courts séjours ?

Les agents de police des postes frontières rédigent un rapport après un examen approfondi. Faute de moyens suffisants, nous ne rencontrons pas les personnes concernées. Le plus souvent, nous suivons le compte rendu de la police.

Vous faites donc entièrement confiance à la police ?

Oui, nous n’avons pas le choix. La police est la première instance compétente à la frontière, pour vérifier les faux documents et les personnes suspectes.

C’est-à-dire ?

Les policiers qui contrôlent les arrivées en ont l’habitude. Il y a des profils suspects. Ils repèrent les personnes nerveuses. Ils peuvent voir de loin si quelque chose est louche.

Ce contrôle est donc sans faille ?

Évidemment non. Et on doit l’admettre, on est dans une zone grise. Comme partout, certains policiers sont plus stricts que d’autres mais nous ne voulons pas les contrôler. On se rend parfois compte qu’un policier est plus strict qu’un autre. De nombreuses personnes refoulées que nous avons rencontrées avaient leurs documents en règle.

Certaines viennent rendre visite à leur famille. En leur refusant l’accès à la Belgique, n’avez-vous pas l’impression de briser des vies ?

C’est peut-être vrai que certains vont payer pour ceux qui fraudent. Sur le papier, tout peut être bien en ordre et la personne peut être malhonnête. Et vice versa. En cas de doutes, on peut rentrer en contact avec la personne ou la famille.

Propos recueillis par Sandrine Lana (st.)

Mettre les pieds en Belgique : tous ne sont pas égaux

Reportage

Aéroport de Zaventem, 14 heures. Zone des arrivées des vols long-courriers. Ici, les non-Belges n’échappent pas au contrôle d’identité. Deux policiers du contrôle des frontières posent des questions d’ordre général sur le motif de la venue et vérifient les passeports. José P. vient de débarquer. Ce Vénézuélien s’apprête à revoir son ami d’enfance, installé en Belgique.

Le jeune homme présente son passeport. Il « n’a pas assez de moyens de subsistance » pour séjourner en Belgique. Suit un deuxième contrôle plus poussé : motif de la visite, contrôle des documents… Le refus se confirme. Il attendra son vol retour au centre Inad (réservé aux personnes « inadmissibles ») situé en bout de pistes de l’aéroport.

Quel que soit le motif de l’expulsion après le second examen, les personnes refoulées se retrouvent au centre Inad avant de reprendre un vol vers leur pays d’origine. Au mur du centre, un planisphère : l’Europe et son espace Schengen. Autour d’une table, des Albanais finissent un puzzle. Le Centre pour l’égalité des chances souligne dans son rapport « les difficultés que rencontrent les étrangers Inad qui souhaitent contester le bien-fondé de la décision de refoulement ». Vincent Lurquin, avocat et ancien président du Mrax (Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie), s’indigne : « S’il y a une zone de non-droit en Belgique, c’est bien là. En théorie, il devrait y avoir un avocat pro deo proposé à chaque personne. Pour qu’un recours ait une chance d’aboutir, il faut prouver l’extrême urgence, le préjudice grave. Pour un touriste, on n’y arrive pas. »

José retourne donc chez lui.

Quelques semaines plus tard, il revient, il a un peu d’argent en poche et dispose d’une prise en charge en bonne et due forme de ses amis. Cela les engage légalement à subvenir à ses besoins pour la durée du séjour. Au contrôle frontière, il est à nouveau écarté et recalé. Les documents ont pourtant été remplis. « La prise en charge signée par la commune n’est pas conforme ; elle n’a pas été transmise à l’Office des étrangers !, explique l’ami de José. Alors, l’Office a refusé son entrée pour des papiers non envoyés. Pourtant, ce n’est pas de notre faute ! »

En 2011, 45.273 demandes de visas touristiques ont été introduites. 73 % ont été refusées, d’après les chiffres de l’Office des étrangers (voir graphique ci-dessus). Pis encore, d’autres, dont la plupart des pays d’Amérique qui n’ont pas besoin de visa, risquent de se voir refuser l’accès au territoire à leur arrivée.

Souvent sans en comprendre la raison.

Pour Me Lurquin, le problème est que « ces hommes et femmes venant pour un court séjour sont présumés coupables dès l’arrivée ». Les motifs des visites sont souvent évoqués en cas de refus : « On veut éviter les mariages blancs et les demandes d’asile », indique la police de l’aéroport.

Mais il peut y avoir des erreurs d’appréciation. « Ce n’est pas une science exacte, déplore Guy Cordeel, commissaire principal du Contrôle frontière à l’aéroport de Bruxelles-National. Oui, si quelqu’un nous dit vouloir visiter la Belgique, on peut lui demander de situer Arlon et Bruges sur une carte muette. »

Encore faut-il prouver que l’on ne veut pas rester en Belgique. « Comment le prouver légalement ? », s’insurge Me Lurquin.

Après l’interrogatoire, la police remet un rapport à l’Office des étrangers. « L’Office décide sur base du contrôle policier. Il ne traite pas des gens mais des dossiers : cela changerait tout s’il voyait directement les gens ! », ajoute Me Lurquin.

Et l’Office en convient.

Les situations se dénouent parfois (miraculeusement) grâce à l’intervention d’un politique haut placé.

La part d’arbitraire dans les contrôles de la police est réelle.

« Si ça avait été moi lors du contrôle, il serait entré », avoue un policier du contrôle frontière, en parlant de José.

« Un autre policier a conseillé de faire appel de la décision qu’il trouvait injuste », explique l’ami de José.

Vincent Lurquin parle de certains « objecteurs de conscience » à l’Office des étrangers. Ceux qui ne respectent pas les procédures et laissent primer la personne.

« Ce sont des êtres humains… »

Si un Européen voyage (à peu près) partout sans trop de difficultés, pour les non-Européens, c’est clairement moins évident.

Les démarches administratives n’en finissent pas, surtout lorsque le voyageur est peu fortuné et qu’une prise en charge de l’hôte est nécessaire.

L’Office des étrangers en convient : les Canadiens ou les Américains n’ont pas de souci aux postes-frontières belges.

Les ressortissants d’autres pays moins favorisés connaîtront, eux, des difficultés.

« Les autorités ne veulent pas reconnaître que la Belgique n’est pas un Eldorado pour tout le monde », s’inquiète Vincent Lurquin. Pour l’avocat, « une meilleure législation des voyages de courte durée limiterait les séjours illégaux en Belgique et c’est là une partie de la solution ».

Toutes les parties interrogées s’accordent pour dire que la situation n’est pas près d’évoluer vers une meilleure fluidité aux frontières, ni en Belgique ni en Europe.

La rigidité est la voie choisie pour rendre étanches les frontières.

Mise au point : Emission du 07 octobre 2012 (Alep)


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