Au printemps dernier, Hamia*, 26 ans, a passé vingt-cinq jours dans la prison d’Al-Khateeb, dans le quartier de Kafr Sousseh, à Damas.
Il est 22 heures, le 30 avril, quand Hamia finit son service dans un café du quartier Bab Touma, à Damas. Des agents des services de renseignements, les moukhabarat, l’arrêtent avec deux de ses amis. « Je sentais que je pouvais être inquiétée », se souvient-elle. Beaucoup de ses amis sont impliqués dans la lutte contre le régime. Quelques mois avant son arrestation, elle-même avait enregistré clandestinement à Alep une chanson révolutionnaire composée par un ami puis diffusée sur la chaîne d’opposition Orient-TV, basée à Londres. Avec les paroles, elle prend des risques : « On a remis notre sort entre vos mains, on vous a donné les clés de la nation… En retour, vous êtes devenu le plus grand voleur, vous avez torturé et volé votre peuple. »
Quelques jours avant son arrestation, elle alerte Frédéric, son compagnon belge, rencontré à Damas un an avant. « Je me sens épiée, lui confie-t-elle au téléphone. Hier, ils ont arrêté un de mes amis. J’ai peur qu’ils m’arrêtent bientôt. »
Les premiers jours de sa détention, la jeune femme pense qu’elle ne sera emprisonnée que trois ou quatre semaines : « Je savais que je devais avoir une grande confiance en moi. » Entre 12 et 15 femmes partagent sa cellule, les toilettes n’ont pas de porte. Pas question de voir le jour.
Pendant les interrogatoires quotidiens, les gardes lui affirment qu’ils savent tout sur elle. Elle sait qu’ils bluffent, qu’elle ne doit surtout pas évoquer sa chanson. « Ils n’avaient aucune preuve contre moi », assure-t-elle.
Dans la prison, les gardes les insultent mais ne les torturent pas. En revanche, chez les hommes, les hurlements retentissent nuit et jour : « Je pense qu’ils voulaient qu’on les entende crier, pour nous terroriser ». D’une minuscule fenêtre dans leur couloir, les femmes voient passer les hommes : « Ils étaient exténués par les interrogatoires mais on ne pouvait pas leur parler ».
Dans la matinée du 25 mai, elle se retrouve dans la rue, libre, mais n’arrive pas à se réjouir : « Quand j’étais sous terre, je rêvais de revoir les lumières de la ville. En sortant, je pensais à mes amies encore emprisonnées. » Sa mission est d’aller voir les familles de celles qui sont restées.
Quand les bombardements se rapprochent de Damas, elle décide de quitter la ville avec sa grande sœur pour rejoindre le reste de la famille déjà réfugiée en Jordanie. Avec un seul souhait : continuer à soutenir la révolution.
Le président syrien Bachar al-Assad a promis dimanche de vaincre à « n’importe quel prix » la rébellion, après la mort de centaines de personnes dans une vaste opération de l’armée dans une banlieue de Damas, dénoncée comme un « massacre » par l’opposition.
« Le peuple syrien ne permettra pas au complot étranger de réussir » et le vaincra « à n’importe quel prix », a dit le chef de l’Etat, confronté depuis 17 mois à une révolte, en recevant Alaeddine Boroujerdi, un émissaire de Téhéran, son principal allié dans la région, selon l’agence officielle Sana.
C’était la première fois que les médias rapportaient des déclarations de M. Assad depuis qu’un responsable syrien a évoqué mardi pour la première fois la possibilité de discuter d’un départ du président syrien dans le cadre de négociations avec l’opposition.
Mais le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem, un des faucons du régime, a nuancé cette proposition en écartant toute négociation tant que le pays n’aurait pas été « purgé » des rebelles, a rapporté l’agence iranienne IRNA après une rencontre avec M. Boroujerdi dans la capitale syrienne.
Quoiqu’il en soit, l’opposition a refusé la proposition initiale syrienne en répétant son exigence d’un départ du président Assad avant toute discussion.
Les promesses répétées d’écraser la rébellion assimilée à du « terrorisme » par le régime ont coïncidé avec l’annonce par une ONG syrienne de la découverte d’au moins 320 corps dans la localité majoritairement sunnite de Daraya, à sept km au sud de Damas, où l’armée a lancé il y a cinq jours une vaste opération.
La plupart des corps, dont certains ont été sommairement exécutés, ont été découverts samedi, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) qui a fait état selon un décompte provisoire de 15 femmes et de 14 enfants parmi les victimes.
« Massacre sauvage »
Londres s’est « dit profondément inquiet » d’un possible « massacre sauvage de civils » tandis que des militants dénonçaient un nouveau « massacre odieux du régime » en diffusant sur internet des images, non authentifiées, montrant des dizaines de corps gisant dans une mosquée.
Maintes fois accusé d’avoir commis des massacres depuis le début du conflit, le régime a lui affirmé, via l’agence Sana, que son armée avait « nettoyé » Daraya des « terroristes mercenaires qui ont commis des crimes contre les habitants, les ont terrorisés et ont détruit les propriétés publiques et privés ».
D’après les témoignages de militants, le régime « a imposé un blocus, coupé les approvisionnements vers Daraya puis bombardé sans discernement avec des avions et des armes lourdes. Des bandes criminelles ont mené par la suite des exécutions sommaires, (des victimes) ont été démembrées, brûlées ».
La province de Damas restait par ailleurs sous le feu des hélicoptères et de l’artillerie de l’armée, selon l’OSDH.
L’armée avait affirmé fin juillet contrôler entièrement la capitale avant d’être démentie sur le terrain avec une reprise des combats, devenus quotidiens notamment dans les quartiers de Jobar et Tadamoun.
Dans la ville stratégique d’Alep (355 km au nord de Damas), où se joue depuis plus d’un mois la « mère de toutes les batailles » selon le régime, les rebelles continuaient à résister à l’armée.
Les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL), qui affirment contrôler 60% de la ville, ce que démentent les autorités, ont érigé des barrages dans plusieurs quartiers où le ravitaillement en vivres devient chaque jour plus difficile, selon des journalistes de l’AFP.
Dimanche, au moins 91 personnes ont péri dans les bombardements de l’armée et les combats entre soldats et rebelles à travers le pays, dont 61 civils, 13 rebelles et 17 soldats, selon l’OSDH.
Apparition du vice-président Chareh
Depuis le début de la révolte qui s’est transformée en guerre civile en raison de la répression menée par le régime, quelque 25.000 personnes ont été tuées, selon l’OSDH.
Sur le plan diplomatique, la presse officielle a appelé le nouveau médiateur international, Lakhdar Brahimi, à ne pas suivre le même chemin que son prédécesseur Kofi Annan qu’elle a accusé de s’être « plié aux pressions des Occidentaux et Américains », pour qui toute solution au conflit passe par le départ de M. Assad.
M. Brahimi s’est jusqu’ici gardé de prendre position sur ce sujet, au grand mécontentement de l’opposition.
Bachar al-Assad et le vice-président syrien Farouk al-Chareh (LOUAI BESHARA / AFP)A Damas, le vice-président Farouk al-Chareh, l’une des personnalités sunnites les plus en vue du régime, est apparu en public pour la première fois depuis plus d’un mois, à l’occasion de la visite de l’émissaire iranien, a constaté un journaliste de l’AFP.
Son sort avait fait l’objet de spéculations après l’annonce par l’opposition d’une tentative de défection « ratée ».
M. Chareh n’a fait aucune déclaration à la presse, contrairement à M. Boroujerdi qui a réaffirmé le ferme soutien de Téhéran au régime syrien: « nous considérons la sécurité de la Syrie comme la nôtre », a-t-il prévenu.
M. Boroujerdi a annoncé que le Premier ministre syrien Waël al-Halqi et le chef de la diplomatie Walid Mouallem représenteraient la Syrie au sommet des pays Non-Alignés, les 30 et 31 août à Téhéran.
Daraya, ce sont deux cent mille Syriennes et Syriens. Daraya, c’est une banlieue du sud-ouest de Damas, à l’avant-garde de la contestation pacifiste contre le régime de Bachar al-Assad.
Daraya, c’est aujourd’hui un nouveau nom sur une liste déjà trop longue. La liste des massacres perpétrés en toute impunité par l’armée gouvernementale et ses milices supplétives.
Daraya est en effet la cible, depuis le 22 août, d’une offensive punitive des troupes encore fidèles au despote. Là comme ailleurs, elles ont débuté par un pilonnage indiscriminé de zones résidentielles, avant un ratissage méthodique, appuyé par les blindés. Ces images, tournées le 25 août, illustrent bien ce mode opératoire.
Les comités de coordination, qui structurent le soulèvement syrien depuis mars 2011, affirment que 633 personnes ont d’ores et déjà été tuées à Daraya, dont plus de 300 dans la seule journée du 24 août.
L’Observatoire syrien des droits de l’homme parle, depuis le Royaume-Uni, d’au moins 320 morts. Ces chiffres sont absolument invérifiables, vu l’interdiction par le régime de toute mission indépendante sur place.
La seule certitude, c’est que des dizaines, voire des centaines de victimes civiles sont tombées dans les bombardements aveugles de Daraya et dans les liquidations qui les ont suivis. Ce carnage s’inscrit dans une escalade généralisée de la violence par un régime qui, se sachant incapable de reprendre pied dans les zones désormais libérées par la révolution, se venge contre les populations encore à sa merci.
Pour mesurer l’ampleur de cette sauvagerie, il faut rappeler que Daraya est le berceau syrien de la non-violence. L’imam local, Abdelakram Saqqa, est un disciple du cheikh Jawdat Saïd, pour qui « la violence, c’est le démon ».
Durant tout le printemps 2011, les manifestants de Daraya brandissaient des rameaux d’oliviers et scandaient « Silmiyyé, silmiyyé » (Pacifique, pacifique).
Le régime syrien a traité Daraya avec sa barbarie coutumière. Le cheikh Saqqa a été embastillé en juillet 2011 et, deux mois plus tard, Ghyath Matar, un pacifiste convaincu de 26 ans, très actif dans le comité local de coordination, est enlevé par les services de renseignement de l’armée de l’Air, la plus redoutable des polices politiques de la galaxie Assad. Son corps, torturé à mort, est livré quelques jours plus tard à sa famille.
Depuis ce meurtre, les manifestations sont réprimées à Daraya, avec toujours la même brutalité, les troupes se comportent en armée d’occupation, infligeant châtiments collectifs et sanctions pour l’exemple. Mais un nouveau degré dans l’horreur a été franchi à Daraya depuis quelques jours.
Le monde entier s’est ému lors du massacre de Houla, le 25 mai 2012. Un bilan minimal de 108 civils tués, dont 24 femmes et 49 enfants, a été établi par l’ONU. Nul ne sait si on connaîtra un jour le nombre réel des victimes à Daraya.
On peut en revanche être assurés que la propagande Assad martèlera une fois de plus qu’il s’agit d’une opération légitime contre les « bandes terroristes ». Les bourreaux laissés les mains libres dans Sabra et Chatila, en septembre 1982, clamaient déjà qu’ils traquaient des « terroristes » infiltrés.
Sabra et Chatila, Houla et Daraya. Au soir de Sabra et Chatila, François Mitterrand dénonçait « le massacre des innocents » qui « bouleverse la conscience universelle ».
Née en 1956 à Hama, Hala Alabdalla a signé de nombreux documentaires et collaboré à la production des films parmi les plus importants en syrie, notamment ceux d’Omar Amiralay, …
Il y a 33 ans, Omar Amiralay était un inconditionnel de la modernisation de son pays, la syrie, au point de consacrer son premier film, Essai sur le barrage de l’Euphrate,à un barrage qui était …
Riad al Turk a passé l’essentiel de sa vie à lutter pour la liberté et la démocratie en syrie. Avec le déclenchement de la révolution syrienne et le rapprochement de la réalisation de son rêve, …
… Azaria
interprétation Abdellatif Abdelhamid, Zouher Ramadan, Zouher Abdelkarim, Maha Al Saleh, Saba Al Salem, Saddin Bakdounes
production Organisme National du Cinema, Damas, syrie
Oussama Mohammad est né en 1954, à Lattakieh en syrie. Etoiles de jour (1988), son premier long-métrage, a été considéré comme l’une des critiques les plus virulentes de la société syrienne …
Oussama Mohammad est né en 1954, à Lattakieh en syrie. Etoiles de jour (1988), son premier long-métrage, a été considéré comme l’une des critiques les plus virulentes …
#Daraya (Banlieue de Damas) :: Vidéo du massacre de plus 300 personnes par les milices du régime d’Alassad la nuit dernière, parmi eux, des femmes et des enfants – 25.8.2012
Qu’ils reposent en paix.
Une histoire vraie qui s’est passée dans un centre de la sécurité militaire à Damas et qui fut rapportée par un détenu qui a été relâché…
L’on pourrait reprocher au héros de cette histoire une sorte d' »inconscience », mais c’est la dignité et la liberté retrouvée après presque un demi siècle d’esclavage…
Le geôlier ouvre la porte et pousse des nouveaux arrivants dans la cellule.
L’un d’eux regarde les détenus dans la cellule et dit à voix haute « salut les révolutionnaires »!
Le geôlier revient en criant : « c’est qui ce fils de p. qui a dit cela? »
Tout le monde se tait, le geôlier leur dit qu’ils ont cinq minutes pour avouer, sinon ça sera une punition collective, et il s’en va.
Deux min plus tard, le geôlier revient et la personne concernée avance et dit que c’était elle.
Le geôlier l’insulte et l’amène vers une séance d' »éducation ».
Le nouveau détenu revient dans la cellule après avoir subi une bonne bastonnade, on se réunit autour de lui pour compatir et l’encourager.
On lui demande pourquoi il a été arrêté? Il explique qu’il venait de Harasta (banlieue de Damas) et alors qu’il passait par un point de contrôle du régime, il a salué les agents en plaisantant : « Salut les Chabbiha »…
Deux jours plus tard, l’enquêteur décide de le relâcher et lui dit : « Ecoute, cette fois-ci tu n’as eu que deux jours, mais la prochaine fois ça sera deux ans »…
Et notre brave rétorque : « Bon deux jours, c’est possible, mais tu penses que vous allez rester encore deux ans au pouvoir pour me garder en prison tout ce temps là?! »
Et là l’enquêteur s’emporte, le traite de tous les noms et lui fait subir une nouvelle bastonnade, puis on le jette dans une cellule isolée…
Il est toujours en détention.
Le mouvement de solidarité pro-palestinienne ne baisse pas les bras. Pour la troisième fois, il défie l’interdiction d’accès aux territoires palestiniens.
Correspondante à JérusalemEn juillet 2011 et avril 2012, plusieurs centaines de militants de divers pays d’Europe ont défié la politique d’interdiction d’accès aux territoires palestiniens aux sympathisants étrangers mise en place par Israël. Ils cherchaient à entrer en Israël via son aéroport international Ben Gourion près de Tel-Aviv, en proclamant délibérément leur intention d’aller participer à une semaine d’activités socioculturelles à Bethléem en Cisjordanie, sous la bannière « Bienvenue en Palestine ».Considérés comme fauteurs de troubles par le gouvernement Netanyahou, peu sont arrivés à bon port : les uns ont été arrêtés et refoulés par les autorités israéliennes dès leur atterrissage à Ben-Gourion; les autres n’ont même pas pu embarquer pour Tel-Aviv, Israël ayant transmis aux compagnies d’aviation étrangères des listes d’ »indésirables » qui n’ont pas été autorisés à monter à bord dans leur aéroport de départ.Cette fois, appelant à « poursuivre le combat pour la liberté de circulation en Palestine et contre l’enfermement du peuple palestinien », une centaine de personnes de Belgique, France et autres pays d’Europe vont tenter d’entrer en territoire palestinien par la route via la Jordanie. Leurs organisateurs s’expliquent : en avril dernier, des responsables israéliens ont déclaré que le moyen « approprié » pour arriver en Cisjordanie était de passer par la Jordanie et le pont Allenby, et non par Ben Gourion. « Nous avons donc décidé de les prendre au mot ».
Rappelons que tout étranger voulant visiter la Cisjordanie doit passer par un contrôle frontalier israélien – fût-ce à l’aéroport Ben Gourion, au port de Haïfa ou aux passages terrestres sur la frontière jordanienne. Quiconque est soupçonné de vouloir se rendre en Cisjordanie pour participer à des campagnes anti-israéliennes, est refoulé et placé sur une « liste noire ». Si Israël juge son plan de séjour en Cisjordanie inoffensif, le voyageur ne sera pas expulsé, mais il risque de se voir uniquement autorisé à circuler dans les régions contrôlées par l’Autorité palestinienne, et non en Israël.
Ce vendredi, les participants doivent arriver à Amman par des vols individuels provenant de divers aéroports européens. Tous comptent ensuite se retrouver au pont Allenby sur la rivière du Jourdain, qui sépare la Jordanie et la Cisjordanie. Leur passage en groupe au poste-frontière est prévu pour dimanche, le terminal ne fonctionnant qu’à mi-temps les vendredi et samedi. En attendant, le groupe devrait visiter des camps de réfugiés palestiniens en Jordanie.
Après avoir franchi le terminal jordanien, traversé le pont et atteint le terminal du côté cisjordanien, les participants comptent de nouveau proclamer leur intention de se rendre à Bethléem pour une semaine de solidarité à l’invitation des notables de la ville et d’associations locales. Dans leurs bagages, ils amènent du matériel scolaire pour la rentrée des classes palestinienne.
Mais comme par le passé, ils savent qu’ils risquent de s’attirer les foudres israéliennes et de se faire refouler sans ménagement – cette fois en territoire jordanien. Car bien que le terminal du côté cisjordanien soit géré conjointement par Israël et l’Autorité palestinienne, c’est Israël qui y garde le contrôle ultime des entrées et sorties des voyageurs et marchandises. Conformément aux accords d’Oslo des années 90.
Encore faut-il que les participants parviennent à franchir le terminal jordanien, voire même à atterrir ce vendredi à l’aéroport d’Amman. Leurs organisateurs craignent notamment que les autorités jordaniennes, soucieuses d’éviter des remous palestiniens sur leur propre territoire, interdisent carrément aux participants de débarquer en Jordanie.
En tout cas, contrairement aux « flottilles aériennes » qui avaient mis la police israélienne sur pied de guerre à l’aéroport Ben Gourion, cette « flottille routière » n’a pas eu beaucoup d’écho jusqu’à présent en Israël. Même si les autorités s’apprêtent à la torpiller dès son arrivée au terminal Allenby, elles n’ont pas fait de tapage à ce sujet. Il est vrai que l’aéroport Ben Gourion, principal portail d’entrée en Israël, se trouve au centre des préoccupations nationales, alors que le terminal Allenby est éloigné, isolé, interdit aux voyageurs israéliens et peu utilisé par les touristes. Il dessert essentiellement les Palestiniens de Cisjordanie et Jérusalem-Est, ainsi que les coopérants et membres d’ONG étrangères qui travaillent en territoire palestinien. Ce qui s’y passe laisse donc l’opinion israélienne indifférente. Et l’agitation que les militants européens pourraient éventuellement y susciter ce week-end ne représente pas une menace substantielle aux yeux des forces de sécurité israéliennes.