JEAN ZIEGLER : “LES MURS LES PLUS PUISSANTS TOMBENT PAR LEURS FISSURES”


Dénonçant depuis toujours les véritables origines de la misère, de la faim et des injustices, le sociologue Jean Ziegler voit enfin des raisons d’espérer.

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Jean Ziegler ne se résignera jamais. Infatigable combattant de la pauvreté et des injustices, éternel opposant au capitalisme tout puissant et à la loi du plus fort, pourfendeur opiniâtre des idées toutes faites et du fatalisme ambiant, ce sociologue, grand spécialiste des droits de l’Homme, sort ces jours-ci, en partenariat avec le journal La Tribune, un nouveau livre intitulé Les Murs les plus puissants tombent par leurs fissures. Son objectif ? Dans un monde de plus en plus injuste, encourager « l’insurrection des consciences« , une insurrection qui couve et qui, c’est une bonne nouvelle, commencerait déjà à prendre forme.

Source : Wikimedia

Pour cet ouvrage, Jean Ziegler, 84 ans, a accordé une longue interview à La Tribune. Quel bilan dresse-t-il du monde actuel ? Comment imagine-t-il celui de demain ? D’où est-ce que le changement peut venir ? Réponse avec ces quelques phrases fortes extraites de cet entretien passionnant.

« Nous vivons sous un ordre absurde, et même cannibale, du monde. »

« Près d’un milliard d’êtres humains sont en permanence sous-alimentés, et ainsi interdits d’exercer une activité, un travail, une responsabilité familiale. Et ce désastre, cet assassinat au grand jour intervient alors que l’agriculture mondiale est à même de nourrir copieusement l’humanité entière. »

« Outre la famine, que faut-il penser de l’humanisation de l’homme lorsqu’un milliard d’êtres humains n’ont pas accès à une eau non toxique ? Lorsque la capacité des conglomérats pharmaceutiques à soigner voire éradiquer des maladies s’autolimite pour de basses raisons mercantiles, laissant alors les épidémies ravager les populations les plus vulnérables ? »

« Jean Jaurès dit : « La route est bordée de cadavres, mais elle mène à la justice. » Incontestablement, l’humanisation de l’homme progresse. Voilà ce que mon expérience, mes observations indiquent. »

« Dorénavant, plus personne, pas même les réactionnaires les plus obtus, n’oserait promouvoir la doctrine malthusienne de la naturalité, c’est-à-dire une gestion inhumaine de l’espérance de vie et des populations. Que la faim constitue une ignominie intolérable est définitivement admis, ancré dans les consciences citoyennes ; qu’elle persiste suscite l’indignation de la société civile, motive la colère d’une multitude de mouvements sociaux. »

« Absolument partout apparaissent de nouvelles brèches, et effectivement chacune d’elles est une raison supplémentaire d’espérer. Un phénomène planétaire inédit a surgi : la société civile. Des fronts de résistance et d’initiatives alternatives aux systèmes homogènes, aux oligarchies qui orchestrent le capitalisme financier globalisé et meurtrier, s’organisent. Une myriade de mouvements sociaux est en marche : Greenpeace, Attac, WWF, Colibris (de Pierre Rabhi), Amnesty International, le mouvement des femmes, ou encore le mouvement paysan international Via Campesina, etc. »

« Ou bien c’est nous qui abattrons l’ordre cannibale du monde, ou c’est personne. »

L’intégralité de l’interview est à retrouver sur le site de La Tribune.

Pour Jean Ziegler, la société aurait enfin les moyens de s’organiser elle-même pour faire face aux abus de toute sorte. D’ailleurs, elle serait en train de le faire. À l’écouter, les murs les plus puissants seraient même déjà en train de se fissurer. Prélude à un effondrement ? L’avenir nous le dira.

« Puissions-nous ne jamais être les parents de Mawda », Béatrice Delvaux


 

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a ainsi décidé il y a quelques mois de déplacer l’axe de sa communication nationaliste, de la dénonciation des méfaits du Wallon profiteur, vers ceux du migrant (musulman) menaçant.

La politique ce serait donc cela : identifier un sujet qui plaît à l’électorat et désigner les bons et les méchants dans l’histoire qu’on se met à marteler. Rien ne peut venir ouvrir une brèche dans la thèse déversée à grand renfort de slogans.
Le président de la N-VA, Bart De Wever, a ainsi décidé il y a quelques mois de déplacer l’axe de sa communication nationaliste, de la dénonciation des méfaits du Wallon profiteur, vers ceux du migrant (musulman) menaçant. Un mouvement tactiquement « génial » : la peur du migrant touche un public bien plus large en Flandre – comme dans le monde francophone -, que la dénonciation du « suceur de roues » wallon. C’est aussi bien plus rentable pour la défense de l’identité au nord du pays, qu’une hypothétique indépendance de la Flandre.
L’idée est d’autant plus percutante qu’elle est développée de façon binaire. Le « bon migrant » est celui qui s’intègre, alors que le migrant de passage, qui s’incruste entre deux destinations, a tout faux : il menace notre bien-être, notre sécurité et notre homogénéité. Il faut donc à tout prix éviter qu’on s’émeuve sur son sort et tuer dans l’œuf toute idée de solidarité. Les citoyens qui hébergent les réfugiés du Parc Maximilien l’ont appris à leurs dépens : pour Bart De Wever, ce sont des naïfs ( les fameux «  g utmenschs  ») qui détruisent la sécurité sociale et nuisent aux pensions de leurs semblables.

Le président de la N-VA avait déjà beaucoup osé dans cette stratégie ces derniers mois, mais jeudi, il a montré que rien ne l’arrêtait, pas même la mort d’un enfant.
Mawda est morte ? A l’heure où le consensus, si difficile, s’était finalement fait sur le respect de la douleur de parents, le danger de l’instrumentalisation et l’attente des résultats des enquêtes, Mr De Wever a estimé que cette balle dans la tête de leur petite fille, c’était aussi leur faute. Ce couple irresponsable n’avait donc qu’à rester où il était, dans ce là-bas dont on ne veut rien savoir. ll n’avait qu’à renoncer à cet entêtement qui lui avait fait (re)traverser les mêmes pays, les mêmes frontières, pour rejoindre une autre terre.
Indécent : c’est le seul qualificatif à accoler à cette leçon de morale, qui fait de parents qui embarquent leur famille dans un camion frigo au risque d’en mourir et dont l’enfant est tuée d’une balle dans une camionnette, des coupables, voire des complices.
Ce renversement des responsabilités est pervers et inaudible. Puissions-nous, Mr De Wever, ne jamais être placés devant ces choix. Puissions-nous, Mr De Wever, ne pas avoir alors pour seuls interlocuteurs, des hommes et des femmes cyniques traitant différemment la vie humaine, selon le drapeau qu’elle arbore.
La migration est un problème réel posé à nos sociétés et on ne peut que saluer la volonté d’un gouvernement de la gérer, mais les migrants, les habitants des pays qu’ils rejoignent et la politique poursuivie méritent mieux que des instrumentalisations électoralistes.
Critiquer Bart De Wever ne fait qu’augmenter sa popularité, tant les thèmes qu’il manie avec maestria, parlent aux peurs d’une partie de l’opinion publique. Mais le laisser franchir la ligne rouge sans s’indigner, reviendrait à se résigner à laisser le cynisme, et non les valeurs, gouverner la politique.

A. Hass dénonce la propagande mensongère de son pays


26 mai 2018

Source: Externe

La journaliste israélienne Amira Hass (qui vit depuis des années à Ramallah – ndlr), denonce dans Haaretz le « mépris » des Israéliens qui affirment que c’est le Hamas qui envoie les Gazaouis se faire tuer, « comme si le blocus qui leur est imposé par Israel ne les condamnait pas à une mort lente. »

« Nous mourons de toutes façons, alors autant le faire devant des caméras », m’ont dit mes amis de Gaza, en ajoutant: « Votre mépris vous empêche de comprendre que personne à Gaza ne manifeste au nom de qui que ce soit. »

Soulignant amèrement qu’Israel interdit aux journalistes israéliens de se rendre dans la bande de Gaza, Amira Hass, en conclut qu’il est facile ensuite pour les dirigeants israéliens de raconter n’importe quoi.

Elle ajoute: « Mais je demande à ces mêmes dirigeants, s’ils sont si sûrs que c’est le Hamas qui mène la danse et que les Gazaouis ne font que lui obéir, pourquoi obéissent-ils eux aussi au Hamas, en répondant par la violence à la non-violence, donnant ainsi d’israel l’image que le Hamas voulait, selon eux, montrer ?

Il y a une barrière intérieure, ainsi qu’une barrière de sécurité, de même qu’un fossé creusé par Israel pour la construction d’une nouvelle barrière souterraine. Et puis il y a une route de sécurité et plus loin une deuxième. Et après, il y a les champs. Et tout autour des postes de surveillance, des ballons d’observations et des drones. Et vous n’avez rien trouvé de mieux à faire que de prouver la capacité d’Israel à tuer et à mutiler.

D’une colline voisine située à Nir Am, j’ai pu observer avec mes jumelles cette grande prison où j’ai vécu plusieurs années, et dont je ne peux plus m’approcher parce que l’emprisonnement est devenu total. Je ne peux pas voir mes amis qui sont à moins de 2km de là! L’un d’eux m’a dit en riant sur WhatsApp qu’il allait venir me faire un coucou avec un grand drapeau palestinien.

Mais plus sérieusement, mes amis me font part de leur indignation face au fait qu’on leur vole non seulement leur liberté de mouvement et leur droit à une vie digne, mais aussi la possibilité d’exprimer leur profonde frustration et leur désespoir, en les présentant comme des pantins uniquement capables d’obéir à des ordres donnés d’en haut.

Source: Externe

Ces amis m’ont dit: les Israéliens nous ont toujours méprisés. Pour eux ’un bon arabe est un arabe mort ou un collaborateur’. Nous sommes allés manifester sans plan pour déranger les célébrations du transfert de l’ambassade étatsunienne à Jérusalem, une ville qui nous est chère, et parce que nous ne voulons plus mourir en silence. Nous en avons assez de mourir tranquillement dans nos maisons.

Et je peux vous dire que si le Hamas avait supervisé ces manifestations à Gaza, elles auraient été moins chaotiques. Il y aurait eu de la discipline. L’état de confusion qui règne dans les Marches du Retour sont bien la preuve que ce n’est pas le Hamas qui les organise, même si des membres du Hamas y participent également et y jouent, le plus souvent, un rôle modérateur.

Ce sont des jeunes qui ont lancé cette idée et le Hamas, n’a pu que s’y rallier. Et sur les près de 120 Palestiniens qui ont été tués durant ces marches, le Hamas n’en revendique qu’une quarantaine ayant des liens plus ou moins proches avec leur organisation.

Mais, c’est toujours la même rengaine israélienne, y compris lors de chacun des bombardements », conclut Amira Hass.

Amira Haas –

19.05.18

Source: CAPJPO-EuroPalestine

Pourquoi la droite religieuse américaine soutient Israël


Pourquoi la droite religieuse américaine soutient Israël
Donald Trump et le pasteur Robert Jeffress à Washington, le 1er juillet 2017. (Olivier Douliery/NEWSCOM/SIPA)

Si Donald Trump a décidé de déménager l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, c’est en partie pour plaire aux chrétiens évangéliques, qui rêvent d’accélérer la fin du monde.

Ami de Donald Trump, Robert Jeffress, le pasteur qui a lu ce lundi la prière lors de l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem, est un drôle de zig. Selon lui, les défenseurs des droits des homosexuels sont des « militants de la pédophilie » et l’islam est une « hérésie sortie du puits de l’enfer ». Et puis, il est convaincu que les juifs qui ne se convertissent pas ne connaîtront pas le salut : logiquement, ils devraient connaître les flammes du châtiment éternel…

Cette dernière conviction du pasteur est conforme avec le récit futuriste de la fin des temps, que de nombreuses églises évangéliques américaines promeuvent depuis une vingtaine d’années et dans laquelle Jérusalem et le peuple juif jouent un rôle central.

Le paradoxe de la situation actuelle, c’est que si Donald Trump aide tant les Israéliens, ce n’est pas seulement pour plaire à Benjamin Netanyahou. C’est aussi (surtout ?) pour séduire les fondamentalistes chrétiens qui composent une partie de sa base électorale. Des Américains qui prennent la Bible au sens littéral.

Apocalypse

On estime que plus de 80% des blancs fréquentant ces églises évangéliques ont voté Trump. Or, depuis une vingtaine d’année, ces églises défendent bec et ongle Israël. Pas forcément par sympathie pour les Israéliens, mais parce qu’ils préparent le retour du Messie et la fin du monde. Or, dans le scénario que ces églises ont dessiné à partir de l’apocalypse de Saint Jean et d’autres textes (Isaïe, Jérémie, Ezechiel, Daniel, Thessaloniciens, Jean, Mathieu…), le peuple juif doit revenir à Jérusalem, y reconstruire le temple et se battre à mort avec ses voisins.

Pour ces églises évangéliques, les événements actuels au Proche-Orient s’inscrivent dans ce programme prophétique : l’instauration d’un ordre mondial satanique (certains désignent les Nations-unies), le retour du peuple d’Israël à Jérusalem, la chute de Babylone (est-ce Bagdad ? Ou, disent certains, Téhéran ?), la grande bataille contre l’Antéchrist (« Armageddon »), des désastres naturels et au final, l’enlèvement au ciel des bons chrétiens et des juifs convertis (« the rapture »).  Commenceront alors les temps paradisiaques, avec Dieu vivant éternellement au milieu des hommes.

Calcul politique

Petit détail qui a son importance : dans ce scénario eschatologique, les deux tiers du peuple d’Israël périssent dans la bataille de l’Armageddon. Et seuls les survivants qui se convertissent échapperont à l’enfer. Autrement dit, ces chrétiens flattent les Israéliens… tout en étant convaincus qu’ils sombreront.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce galimatias a infusé dans une partie de la société américaine. En 2002, un sondage pour « Time » et CNN montrait que 59% des Américains étaient convaincus que les événements annoncés dans l’Apocalypse se dérouleraient bel et bien.

D’où les pressions de cette droite religieuse sur la Maison-Blanche, pour que Trump agisse au Proche-Orient : il s’agit d’accélérer le processus pour hâter la venue du Christ.

Le président n’est pas insensible à ces pressions. La décision de transférer l’ambassade a été prise malgré l’avis négatif de ses propres conseillers diplomatiques.  Son calcul est purement politique. Selon Elizabeth Oldmixon, qui enseigne les sciences politiques à l’Université du nord du Texas, un tiers des Américains des églises évangéliques seraient des fondamentalistes sensibles au sort d’Israël et à son rôle dans la fin des temps. Soit environ 15 millions de personnes…

Pascal Riché

Treize mois de supplice à la prison Saidnaya


source :

Les mains de Shappal n’ont pas toujours été ces silhouettes claires, longues et fines, qui se déplient en gestes précis pour ordonner son récit. Il faut imaginer qu’il y a un peu plus de cinq ans, elles furent deux boules de sang brûlantes de douleur, boursouflées par 180 coups de fouet, pendant au bout de ses bras tendus entre les barreaux d’une cellule. « Nous devions passer les mains par la grille pour qu’on nous les fouette depuis le couloir, explique-t-il. Elles devenaient tellement grosses qu’on ne pouvait plus les refaire passer entre les barreaux. »

carte de la Syrie

Shappal Ibrahim, 41 ans, visage de la cause kurde en Syrie, un regard droit derrière des lunettes cerclées de noir, pas une larme, guère plus de colère, revient d’un enfer qui continue de consumer ses compatriotes par milliers : la prison de Saidnaya, à 30 km de Damas, réputée pour l’inventivité de ses tortures. « Le pire, c’était lorsqu’on nous obligeait à nous arracher la barbe de nos propres mains, poursuit-il. Après, l’un de mes camarades, convoqué au tribunal avait un visage tellement méconnaissable que le juge l’a sommé de s’expliquer. De retour à la prison, il a été encore plus torturé. »

portrait de Sheppal IbrahimShappal Ibrahim a passé treize mois dans la terrible prison de Saidnaya.
CRÉDIT : MARCEL MAFFEI POUR LA CROIX

Libéré en mai 2013, désormais réfugié en Allemagne, Shappal n’entend rien oublier de son supplice de treize mois à Saidnaya. En ce début de soirée de mars, il en livre les détails assis, jean et écharpe noirs, dans le petit salon d’un appartement de Dortmund. Ses mots sont neutres, circonstanciés. Ils se dressent comme des remparts contre les assauts d’une peine que seul, parfois, un battement de pied laisse deviner. Au mur, le tableau d’un paysage de montagne automnal le regarde. Dehors, le jour décline, la rue se tait.

« Il arrivait que les geôliers urinent sur notre ration de nourriture », se souvient-il. En fait de ration, il fallait compter avec un morceau de pain rassis, parfois un œuf, quelques gouttes d’eau suintant du plafond, le tout partagé à genoux, face au mur, avec les six autres pensionnaires d’une cellule de quatre mètres carrés. À son arrivée, Shappal y a été conduit les yeux bandés à l’issue d’une « cérémonie de bienvenue » réservée à chaque nouveau venu : dépouillement de tout effet personnel, envoi au deuxième sous-sol, coups de câble, deux heures durant, sur le corps mis à nu.

Saidnaya, ce furent aussi pour Shappal des réveils nocturnes pour le seul plaisir des gardiens, un compagnon de cellule retrouvé mort un matin, une nudité quasi permanente, l’interdiction de parler. Et les coups, toujours arbitraires, comme ce jour où un surveillant lui brisa le bras gauche, peut-être pour ôter tout répit à Shappal qui venait de recevoir la visite de son frère. A-t-il craint parfois de mourir ? « J’en ai souvent rêvé », confie-t-il.

Ken Loach à l’ULB : le soutien d’universitaires juifs


Des organisations juives ont protesté contre la volonté de l’Université libre de Bruxelles de nommer le cinéaste britannique Ken Loach docteur Honoris CausaL’UPJB a soutenu cette décision de l’ULB ainsi qu’un grand nombre d’universitaires. Nous publions ci-dessous la prise de position d’universitaires juifs issus de l’ULB qui, non seulement approuvent la décision de l’ULB, mais se déclarent solidaires de l’engagement politique de Ken Loach.

19 avril 2018
KEN LOACH N’EST NI ANTISÉMITE NI NÉGATIONNISTE

« Ken Loach flirte avec l’antisémitisme dans sa haine obsessionnelle d’Israël ». C’est ce que prétendent cinq associations juives belges s’opposant à la décision du Conseil académique de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) de le nommer docteur Honoris Causa le 26 avril prochain.

C’est ce que réfute le Conseil académique de l’ULB en maintenant sa décision.

Nous, anciens enfants juifs cachés, survivants du judéocide nazi, anciens étudiants et membres du corps académique ou scientifique de l’Université libre de Bruxelles (ULB) :

  • protestons contre ces graves accusations envers une personnalité qui, à travers son œuvre, n’a eu de cesse de lutter contre les injustices majeures de la société occidentale;
  • félicitons le Conseil académique d’avoir maintenu sa décision malgré les pressions massives, au niveau des attaques de cinq organisations juives 

Si rien ne permet de justifier ces allégations, il est évident qu’elles s’inscrivent dans la guerre médiatique et politique que livre Israël pour justifier sa politique illégale de domination dans son conflit avec le peuple palestinien. Nous regrettons d’autant plus ces accusations qu’elles pourraient faire penser que la majorité des Juifs participe à cette stigmatisation. Or, il est manifeste que si en Belgique, jusqu’à présent, il n’y a que l’Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB), qui a pris une position de soutien envers l’ULB, tant en Israël que dans le reste du monde, des organisations et des personnalités juives ont les mêmes positions que Ken Loach. Notamment concernant un des meilleurs moyens de favoriser une paix juste au Moyen-Orient : le combat non violent de la campagne BDS (Boycott–Désinvestissement–Sanctions) envers Israël. 

  • Marc Abramowicz, ancien chercheur, fondateur d’Aimer à l’ULB,
  • Dr Barbara Abramowicz, pédiatre, diplômée de l’ULB
  • Fima Bratzlavsky, chargé de cours honoraire, ULB
  • Edna Braun, romaniste diplômée de l’ULB
  • Jacques Bude, professeur émérite ULB
  • Eric David, président du centre de droit international de l’ULB
  • Victor Ginsburgh, professeur honoraire ULB
  • Dr Maurice Haber, psychanalyste, diplômé de l’ULB
  • Henri Eisenddrath, professeur VUB, diplômé de l’ULB
  • Heinz Hurwitz, professeur émérite ULB
  • Léon Ingber, ancien doyen faculté de droit ULB
  • Adeline Liebman, sociologue, diplômée de l’ULB
  • Thérèse Liebmann, historienne, diplômée de l’ULB
  • Nicole Mayer, chef de travaux de l’ULB
  • Henri Roanne Rosenblatt, journaliste, diplômé de l’ULB
  • Michel Staszewski, chercheur invité ULB
  • Dr Elie Vamos, médecin, diplômé de l’ULB
  • Dr Esther Vamos, professeur émérite de l’ULB

Pourquoi un soldat israélien a-t-il assassiné Yaser Murtaja?


Pourquoi Yaser Murtaja est-il mort ce 6 avril à Gaza ? Une question qui restera sans doute sans réponse, à jamais.
Une histoire banale pour Gaza. Triste, terrible. Révoltante pour beaucoup.

Baudouin Loos, Le Soir du 7/4/18

Yaser Murtaja, 30 ans, travaillait depuis quelques années comme journaliste à Gaza. Avec des amis, il avait créé une petite agence indépendante, Ain Media, qui, entre autres, aide les confrères étrangers lorsqu’ils s’aventurent dans le petit territoire palestinien sous blocus.

Il y a un an, Yaser m’avait été d’une aide précieuse pour entrer à Gaza, il s’était porté garant auprès des autorités du Hamas pour m’obtenir un laissez-passer. Je ne le connaissais pas, mais il connaissait une de mes amies à Gaza. Sur place, il m’avait ouvert les portes des partis politiques locaux, il m’avait aussi conseillé certains sites à voir, certaines familles à visiter.

Très fier, il m’avait montré les locaux de son agence dans le centre, il avait insisté pour que je visionne les vidéos de 2014, lors de la meurtrière offensive israélienne sur Gaza. Du travail de pro, sans conteste. Efficace et impressionnant.

Ce 6 avril, Yaser faisait son boulot. Il était avec les manifestants à la frontière israélienne. Avec son t-shirt imprimé en lettres capitales « PRESS », il photographiait les gens lorsque la balle de guerre d’un sniper l’a frappé à l’abdomen de plein fouet. Pourquoi l’a-t-on visé ? Pourquoi l’a-t-on tué ? Menaçait-il quelqu’un ? L’armée israélienne répondra-t-elle à ces questions ?

Il avait un jour publié sur le compte Facebook de son agence une belle photo aérienne du port de Gaza prise avec un petit drone, avec ces mots : « J’espère un jour pouvoir prendre cette photo d’un avion. Je m’appelle Yaser Murtaja et je n’ai jamais voyagé ». Une dernière phrase que pourrait prononcer l’immense majorité des jeunes Gazaouis.

La nouvelle de sa mort a bouleversé la ville de Gaza d’où il était originaire. Yaser était connu et apprécié. Il avait 30 ans, il était marié et avait un enfant.

 

1,6 million de km2, 80 000 tonnes de déchets : le continent « plastique » est monstrueux  


De nouvelles données sur le continent « plastique » viennent d’être publiées. Celles-ci semblent encore plus préoccupantes que les informations déjà communiquées sur ce rassemblement de déchets plastiques au large du Pacifique.

De nouvelles données

Une étude réalisée par des chercheurs affirme que la superficie du « septième continent » serait de 1,6 million de km2 soit trois fois la superficie de la France métropolitaine. Publiée le 22 mars 2018 dans Scientific Reports, cette étude estime que les résultats sont nettement supérieurs « aux deux précédentes études de ce vortex » qui s’étaient alors surtout concentré à l’époque sur la présence de microplastiques.

Le « 7ème continent », « 8ème continent » ou encore « continent plastique » désigne une immense masse de déchets flottants au large du Pacifique, créée par un regroupement de sacs plastiques, bouteilles, filets et autres polluants jetés en mer. Partant du constat que chaque année, 320 millions de tonnes de déchets plastiques sont rejetés, les chercheurs ont souhaité analyser la dérive de ses polluants formant la plus grande zone d’ordures au monde, scrutant une zone située à mi-chemin entre Hawaï et la Californie.

Ainsi, 1,2 million de déchets ont été prélevé, le « continent » a été survolé et photographié en drone et de nombreuses informations ont été révélées. Partant du principe que tout kilomètre carré faisant partie de cette masse contient plus d’un kilogramme de plastique, les chercheurs estiment que cette dernière contiendrait 1,8 milliard de morceaux de plastique pour un poids total de 80 000 tonnes.

Autre constat de l’étude, 99.9% des déchets récoltés étaient bien du plastique, mais de tailles bien différentes, ce qui peut paraitre comme « positif ». En effet, à la surprise des chercheurs, 92% des déchets formant le continent faisait plus de 5 cm, le reste étant composé de macro-plastiques nettement plus grands, mais également de microplastiques.

Rick Horner, plongeur britannique, filmant la « Great Pacific Garbage Patch »

Des actions toujours possibles

En vue de la superficie atteinte par le « continent plastique », les chercheurs craignent une accélération significative de son agrandissement. Néanmoins, la taille des déchets reste « encourageante », car possible à traiter. Comme l’indique Boryan Slat, créateur néerlandais du projet de nettoyage des océans Ocean Cleanup, « les gros débris sont bien plus faciles à collecter que les microplastiques ». En effet, ces plastiques dont la taille ne dépasse pas 1cm polluent plus « dangereusement » et se retrouvent dans de nombreuses chaines alimentaires. Très polluants et toxiques, ils causent la mort de nombreux animaux.

Selon Boryan Slat, ces résultats fournissent des données clés pour développer et tester les technologies de nettoyage (notamment avec ses systèmes de barrières flottantes), mais il souligne également « l’urgence de s’attaquer au problème ». Ainsi, l’organisation Ocean Cleanup, souhaite mettre en place un système qui, une fois opérationnel, pourrait « vider 50% de la décharge du pacifique en cinq ans ».

Laurent Lebreton, auteur principale de la fondation, précise :

« Les gens voient la quantité de matériel de pêche et pointent du doigt l’industrie de la pêche, mais ils mangent également du poisson. Ce n’est pas la question d’un secteur ou d’une région, c’est principalement notre mode de vie et de consommation. Les plastiques à usage unique, la société du tout-jetable. Nous devons prendre des mesures importantes en la matière. Résoudre ce problème à échelle mondiale ».

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Procès BDS à Versailles : On a eu notre tribune !


« Vous avez eu votre tribune et votre publicité » ! a lancé la présidente du tribunal de Versailles à a fin du procès, comme si c’est nous qui avions voulu cette mascarade. C’est dire que la solidarité était au rendez-vous ! On ne peut pas en dire autant de l’impartialité dans la manière de mener les débats… Le jugement sera rendu le 14 mai prochain.

Plus d’une centaine de manifestants étaient présents ce lundi devant le tribunal de Versailles, malgré le froid. Les prises de paroles de militantes et militants de toute la France, de multiples associations, de Grande-Bretagne et de Belgique, se sont succédées pendant plusieurs heures ! Et tous les témoignages écrits ont été lus pendant le rassemblement.

Comme si le succès de notre rassemblement la contrariait, la présidente du tribunal n’a eu de cesse de nous couper la parole pendant le procès : « J’ai compris, ça suffit ! » a été le leitmotiv face à tous ceux, prévenue et témoins, qui démontraient qu’il n’y avait aucune discrimination ni incitation à quoi que ce soit à l’encontre des Juifs ou des Israéliens, mais uniquement des faits, dans les propos tenus le 15 janvier 2011 devant le concert de Vanessa, et publiés sur le site d’EuroPalestine.

En revanche l’avocat du grand absent Sammy Ghozlan, qui n’ose jamais se montrer dans les tribunaux après avoir déposé plainte, a été écouté avec bienveillance, alors qu’il répétait comme un perroquet une unique phrase plus d’une dizaine de fois : « Il y a des victimes juives en France qui meurent parce qu’on dit des choses affreuses sur Israel ».

Ghislain Poissonnier, magistrat et spécialiste de droit international, qui a vécu un an en Palestine, cité comme témoin par la défense, a tout de même réussi à montrer que la France est le seul pays au monde à criminaliser la campagne BDS.

Et Udi Aloni, écrivain et réaliseur israélo-américain a brillamment prouvé qu’il y a d’autres Juifs et d’autres Israéliens que ceux qui sont autorisés à s’exprimer en France dans les médias dominants. Il a accusé l’Etat français d’avoir choisi le camp des fondamentalistes juifs qui s’adonnent à la violence pour exercer leur suprématie sur les Palestiniens, plutôt que celui des militants BDS qui ont choisi la voie pacifique pour défendre le droit et la justice.

« Le camp du BDS, que l’on soit pour ou contre le boycott d’Israël, a-t-il lancé, n’a jamais tué la moindre personne, alors que ceux qui veulent le réduire au silence ont les mains pleines de sang ».

Répondant à la question de Me Dominique Cochain qui lui demandait : « Que ce serait-il passé si Vanessa était allée donner son concert en Israël ? », Udi Aloni a répondu : « C’est simple, si vous prenez l’exemple d’une ville comme Hébron, les Juifs qui y résident auraient pu se rendre au concert, alors que cela aurait été interdit aux Palestiniens qui habitent au même endroit » !

Mais ce genre de Juif et d’Israélien n’a pas eu l’air de plaire à la présidente, qui a essayé à plusieurs reprises de l’empêcher de s’exprimer.

Il a néanmoins réussi, tout comme Olivia Zémor, à expliquer que ce sont les pyromanes du lobby israélien qui alimentent l’antisémitisme en France, en faisant croire que tous les Juifs approuvent la politique criminelle de l’Etat colonial, et en essayant de bâillonner tous les autres, pour garantir l »impunité à l’apartheid israélien.

Impunité face aux crimes liés à l’occupation et à la colonisation, qui ont été malgré tout, énoncés à la barre, et qui sont des faits, comme l’ont souligné pour Vanessa Paradis, les militants BDS français et israéliens, et non des « incitations à la haine ou à la violence » !

Et Vanessa ? Le tribunal l’a superbement occultée !

La procureur n’a pas requis de condamnation et a estimé, après l’implacable démonstration de Me Dominique Cochain, que l’action était effectivement prescrite.

Le jugement sera rendu le 14 mai.

Un très grand merci à toutes celles et tous ceux qui nous ont apporté leur soutien, et qui montrent que l’intimidation, loin de nous décourager, nous renforce dans la conviction que les attaques sont à la mesure de notre efficacité.


Nos deux témoins : Ghislain Poissonnier et Udi Aloni

CAPJPO-EuroPalestine

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