Chroniques de la révolution égyptienne, le 28 février
Alaa El Aswany (EGY) – MA 28.02 – 20:30
Une rencontre littéraire exceptionnelle, Alaa El Aswany, auteur de L’Immeuble Yacoubian et de Chicago sera présent aux halles. Réservez dès maintenant!
Observateur et acteur très engagé dans les bouleversements actuels dont ses romans faisaient pressentir l’urgence, Alaa El Aswany propose 50 chroniques écrites avant, pendant et après le séisme de la révolution égyptienne. L’écrivain si jovial, si compréhensif et si plein d’empathie avec les autres, se montre inflexible dès qu’il s’en prend aux forces qui oppriment son pays. Instantanés de la réalité, ces 50 chroniques s’emparent d’une anecdote ou d’un fait divers, développent une argumentation et finissent toujours par conclure: « La démocratie est la solution ». Alaa El Aswany est également l’invité de la Foire du Livre de Bruxelles.
Hébron, l’autre front
Un jeune militant palestinien Fadi Quran, diplômé de Stanford University, est arrosé de poivre dans le visage, attaqué et arrêté par les forces israéliennes lors d’une manif demandant la réouverture d’une voie importante pour les Palestiniens dans la ville de Hébron.
Reynders : « Le régime a choisi le chemin de la barbarie »
Rédaction en ligne
vendredi 24 février 2012, 21:01
Amis de la Syrie appelle à l’arrêt immédiat des violences. Le ministre des Affaires étrangères s’est exprimé au nom du Benelux à la conférence de Tunis. Il exige la limitation des exportations.
© BelgaRenforcer les sanctions envers le régime syrien, permettre à l’aide humanitaire d’accéder sur le terrain et soutenir le plan de la Ligue arabe concernant la transition politique, tels sont les thèmes abordés vendredi par le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, au nom du Benelux, lors de sa prise de parole à la Conférence internationale des amis du peuple syrien à Tunis.
Au rang des sanctions, Reynders cite la limitation des exportations et des déplacements des autorités du régime. À propos de l’aide humanitaire, il est nécessaire que celle-ci puisse être acheminée sur le terrain, en toute sécurité, a rappelé le ministre. « Un débat va avoir lieu sur les moyens », a-t-il ajouté. Enfin, il s’est réjoui de la désignation de Kofi Annan comme envoyé spécial conjoint de l’Onu et de la Ligue arabe, qui doit encore choisir son adjoint.
« On attend que M. Annan puisse revenir le plus vite possible devant le Conseil de sécurité de l’ONU » afin de prendre une résolution faisant sauter les vetos de la Russie et de la Chine, a indiqué le chef de la diplomatie belge lors d’un point presse à l’issue de son intervention en séance. « On doit aller vite, à la fois sur les sanctions et sur l’humanitaire. » Soulignant que la transition devait permettre d’installer un Etat de droit, respectant les minorités religieuses et laïques, le ministre a formé le voeu qu’en bout de course le pouvoir soit rendu au peuple syrien, avec l’organisation d’élections. « Grâce à l’envoyé spécial, nous avons un plan de marche », a-t-il dit. Mais il faut aussi que l’on parvienne à regrouper l’ensemble de l’opposition dans une plate-forme commune, a-t-il précisé.
La Syrie sur le chemin de la barbarie
« Le régime a choisi le chemin de la barbarie, on rebrousse rarement ce chemin », a commenté le ministre belge à la suite des appels lancés lors de la conférence vers le président Bachar al-Assad, se disant toutefois pessimiste quant à un départ de ce dernier. « Il existe des preuves de plus en plus fortes de crimes contre l’humanité, de faits de barbarie à l’égard de la population », comme des viols à l’égard des femmes, des hommes mais aussi des enfants, a-t-il insisté.
Quant au maintien de l’ambassade de Belgique à Damas, Reynders a annoncé qu’étant donné les rapports négatifs sur la sécurité à Damas, la représentation belge sera plus limitée à l’avenir. « On ne peut pas maintenir autant de personnel sur place. » Une décision commune avec les autres Etats-membres devrait être prise à ce sujet lundi, lors d’une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles.
La prochaine réunion du groupe des amis du peuple syrien pourrait avoir lieu dans un mois en Turquie, à Istanbul. La suivante se tiendrait en France, selon une proposition du ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a encore dit Reynders.
Amis de la Syrie appellent à l’arrêt des violences et de nouvelles sanctions
Le groupe de 60 pays a appelé la Syrie à « cesser immédiatement toute forme de violence » afin de permettre l’accès de l’aide humanitaire et s’est « engagé à prendre des mesures pour appliquer et renforcer les sanctions sur le régime« . Le groupe « prend note de la demande faite par la Ligue arabe au Conseil de sécurité de l’Onu de former une force conjointe arabe et des Nations unies de maintien de la paix et a décidé de poursuivre les discussions sur les conditions du déploiement d’une telle force« , selon le texte. Le groupe des amis « réaffirme son attachement à la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Syrie » et souligne la nécessité d’une « solution politique » à la crise »Il demande au gouvernement syrien de « permettre l’accès libre et sans entraves des agences humanitaires » dans les régions les plus touchées par la répression, notamment dans la ville de Homs, pilonnée depuis trois semaines par l’armée syrienne. Parmi les sanctions proposées contre le régime de Damas figurent « l’interdiction de voyage des membres du régime, le gel de leurs avoirs, l’arrêt de l’achat des hydrocarbures syriens, la réduction des liens diplomatiques avec le régime syrien« . Le groupe reconnaît le Conseil national syrien comme « un représentant légitime des Syriens qui cherchent un changement démocratique pacifique » et l’encourage à former un groupe « représentatif et incluant toutes les sensibilités« . Il s’engage à fournir « un soutien effectif » à l’opposition, sans plus de précisions.
(P.VA avec avec Belga)
« Il y a 50 ans, des Belges dans la guerre d’Algérie… »
Dans quelques jours on célébrera le 50 eme anniversaire des Accords d’Evian ( 19 mars 1962) signé entre la France et le le FLN ( ou le GPRA – Gouvernements Provisoire de la République Algérienne, selon les protagonistes). Des accords qui allaient mettre fin à huit années d’une terrible et sanglante guerre coloniale et aboutir à l’indépendance de l’Algérie le 5 juillet 1962.

Un épisode de cette guerre est peu connu, c’est celui de l’engagement de militants belges anti-colonialistes auprès du FLN algérien. C’est pour s’en souvenir et en débattre, notamment avec des témoins et des historiens que les Amitiés Belgo-Algériennes- LABA asbl organisent une soirée le 28 février prochain à partir de 18.30 , au Foyer Européen, 17, rue Traversière, 1210 Bruxelles ( voir le programme détaillé en pièce jointe).

La soirée comportera également la projection du film que j’ai réalisé en 1992, « Le Front du Nord- Des Belges dans la guerre d’Algérie » . Voici comment, à l’époque, je présentais ce film :
Algérie française, Amnésie française : la guerre d’Algérie s’est prolongée de 1954 à 1962. Une guerre coloniale dont bien des aspects restent encore enfouis dans une mémoire réticente. Avec les guerres civiles, les guerres coloniales sont les plus cruelles. Celle-ci fit plusieurs centaines de milliers de victimes.
Terrorisme et contre-terrorisme se répondaient comme les trahisons et les règlements de comptes au sein de chaque camp. Mais surtout, au pays des « Droits de l’Homme », la torture était devenue une pratique courante. Non pas une « bavure » mais une politique.
Ce ne fut pas la seule raison, loin de là, mais elle accentua la révolte de jeunes Français contre ce qui était censé être leur propre camp. Certains ont traduit cette révolte en solidarité active avec « l’ennemi ». On les appelait les « porteurs de valise. » Ils aidaient concrètement le FLN à passer les frontières, à se cacher, à transporter des fonds et parfois des armes. Ils organisaient la défense des algériens prisonniers et torturés. Ils permettaient la fuite à l’étranger des déserteurs et des insoumis. Cela est plus ou moins connu. Ce que l’on sait moins, c’est qu’un mouvement de solidarité semblable existait en Belgique.
Ce que l’on ignore presque toujours, c’est que des Belges avaient aussi décidé de s’engager aux côtés des algériens qui se battaient pour leur indépendance. Officiellement d’abord par un combat politique et public pour tenter d’influer sur l’opinion et le gouvernement belge. Sur le plan judiciaire, humanitaire, médical pour assister les détenus algériens en France et en Belgique et pour empêcher les expulsions et les extraditions vers la France de ceux qui étaient arrêtés en Belgique. Mais il y avait aussi une aide clandestine, celle de réseaux équivalents aux « porteurs de valise ». Ils jouèrent un rôle important dans le déroulement du combat du FLN. Notamment lorsque les réseaux français furent démantelés par la police à partir de 1960.
Jeunes bourgeois ou marginaux, intellectuels et syndicalistes, chrétiens et laïcs, isolés ou organisés : ils furent plusieurs centaines en Belgique à apporter leur aide au FLN. Une aide ponctuelle ou systématique avec plus ou moins de conscience des risques qu’ils prenaient, ces hommes et ces femmes furent, à leur manière, les combattants de l’ombre de la lutte anticolonialiste.
A travers le récit de quelques épisodes publics ou clandestins, ce film raconte l’histoire et les raisons d’agir de quelques-uns d’entre eux.
La projection sera suivie d’un débat avec la participation d’historiens et de témoins de l’époque. Vous y êtes évidemment les bienvenus.
- Programme
A propos de la Syrie
jeudi 23 février 2012, par Alain Gresh
Dans une conversation téléphonique entre le président russe et le roi saoudien, ce dernier a affirmé à son interlocuteur que tout dialogue sur la Syrie était « maintenant futile » (agence de presse saoudienne, 22 février 2012). Qu’est-ce à dire ? Que la seule voie possible est celle de l’intervention militaire ? Qu’il faut armer l’opposition ? Il semble bien que c’est dans cette direction que s’oriente la réunion des amis de la Syrie qui se tient vendredi 24 février à Tunis.
Le soulèvement en Syrie, qui va bientôt entrer dans sa seconde année, pose des questions dramatiques auxquelles il n’existe pas de réponses simplistes — à moins de jouer la politique du pire. Il faut rappeler ce que le renversement de Saddam Hussein par les Etats-Unis a coûté, coûte et continuera de coûter aux Irakiens dans les prochaines décennies.
Syrie, l’art de s’insurger

jeudi 23 février 2012, par La Rédaction
Dessin : « Autoportrait pastiche » d’un dessinateur syrien représentant le célèbre caricaturiste Ali Ferzat après qu’on lui a brisé la main. DR.
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Dans les premiers jours de février, alors qu’à Homs la violence des massacres atteint des sommets, s’achève la première saison d’un théâtre de marionnettes, filmé à la manière des Guignols, dont Bachar al-Assad, surnommé « Bichou », est le héros grotesque. Un pantin en chemise de nuit assailli par les cauchemars de sa chute prochaine et poursuivi, chez lui, par l’insurrection de ses propres enfants, écoeurés par les bains de sang. A Homs, comme à Damas et dans les zones les plus reculées de la Syrie en résistance, le feuilleton circule via Facebook et YouTube, et sur des CD que l’on grave et que l’on se fait passer sous le manteau pour les visionner en famille. Après quelques mois de diffusion clandestine, les créateurs de Top Goon, journal d’un petit dictateur recensent plus de 600 000 fidèles ; ça leur donne du courage pour assurer un travail hautement périlleux. Les textes et les costumes sont conçus en Syrie et acheminés vers un pays proche, où des marionnettistes masqués assurent la production.
« Oui, nous vivons dans la peur, dit le metteur en scène joint par Internet. Les services de renseignement sont tentaculaires et le risque est immense. Mais nous avons confiance dans le futur. Et notre expression est une manière de faire tomber ce mur de la peur. En caricaturant Assad et les siens et en les ramenant au rang de marionnettes. »

