Journée d’actions européennes : 60 actions « Boycott d’ Israël » dans 10 pays


Saed Bannoura – 27 novembre 2011 – Imemc News

En une journée d’actions européennes, le samedi 26 novembre, sous la bannière « Retirez l’apartheid du menu ! », les militants pour les droits humains de dix pays ont lancé des actions appelant les consommateurs à boycotter les produits alimentaires issus des colonies israéliennes, et exhortant les supermarchés à arrêter de vendre des produits fabriqués ou récoltés dans les colonies israéliennes.

« Retirez l’apartheid du menu » mouvement BDS – Angleterre

 

Les organisateurs de la campagne affirment que les fruits et les légumes importés des colonies israéliennes encouragent les violations des droits palestiniens et du droit international. Les militants se sont concentrés sur les principaux exportateurs des fruits et légumes israéliens, Mehadrin et Agrexco, entre autres.

Des manifestations ont eu lieu devant les sièges britannique et français du premier exportateur de fruits et légumes israéliens, Mehadrin, qui exporte des produits des colonies israéliennes illégales sur les territoires palestiniens occupés, et dont les militants disent qu’il travaille avec la société Mekerot, propriété de l’État israélien, pour déposséder de leur eau les communautés palestiniennes. Les militants à Rome ont organisé une action « Palestine, accessibilité à l’eau » à l’intérieur de la manifestation nationale.

Jamal Juma’ – coordinateur avec Stop the Wall, campagne palestinienne contre le mur de l’apartheid, qui agit actuellement pour soutenir Al Hadidiye, une communauté bédouine en territoire palestinien occupé en procès contre les ordres de démolition délivrés par les autorités israéliennes –, Jamal a déclaré : « les habitants d’Al Hadidye sont privés d’accès à l’eau et ne peuvent par conséquent élever leur bétail. Dans les colonies voisines illégales de Ro’I et Beqa’ot, les produits agricoles sont cultivés en abondance sur des terres volées pour être exportés en Europe par Mehadrin et d’autres sociétés, des sociétés qui vont tirer des profits de ces démolitions dont est menacé Al Hadidye ».

« Les sociétés comme Mehadrin en tirent des bénéfices et sont souvent directement impliquées dans la colonisation ininterrompue de la terre des Palestiniens et du vol de nos ressources. Commercer avec de telles sociétés constitue une forme majeure de soutien au régime d’apartheid israélien contre le peuple palestinien et il faut y mettre fin », a ajouté Juma’.

Des militants en Belgique, Grande-Bretagne, Allemagne, Suisse, Norvège et Suède ont manifesté devant des grands magasins, appelant les consommateurs à boycotter les produits des sociétés d’exportations agricoles israéliennes, et les supermarchés à cesser de les vendre. Beaucoup ont ciblé les supermarchés Co-Operative, considérés traditionnellement comme ayant des règles hautement plus éthiques que les autres grands magasins.

« Les militants de la campagne populaire BDS et la pression publique qu’ils ont créée ont déjà contraint des supermarchés, dans un certain nombre de pays européens, à mettre en oeuvre des politiques où ils prétendent empêcher la vente de produits des colonies illégales d’Israël » dit Hind Awwad, coordinatrice avec le Comité national palestinien de BDS.

« Mais il est des sociétés d’exportations agricoles d’Israël qui portent une responsabilité de complicité dans les violations israéliennes du droit international, qu’on ne distingue pas au niveau du produit lui-même. Il est prouvé que ces sociétés trompent les consommateurs sur l’origine du produit qu’elles vendent. C’est pourquoi les militants appellent à arrêter définitivement de faire tout commerce avec ces entreprises » a-t-elle poursuivi.

En Belgique, des militants ont lancé des actions lobbyistes au ministère de l’Économie, pour protester contre la vente dans les supermarchés belges de produits récoltés dans les colonies illégales d’Israël, en territoire palestinien occupé.

Ces actions ont eu lieu dans le cadre du mouvement sous direction palestinienne, un mouvement qui se développe rapidement, pour les boycotts, désinvestissements et sanctions (BDS) contre Israël, jusqu’à ce qu’il se conforme au droit international.

BNP Paribas se retire d’Israël après des pressions de la campagne de boycott


dimanche 27 novembre 2011 – 12h:16

Saed Bannoura – Imemc News

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La banque française BNP Paribas a décidé de se retirer de ses opérations en Israël, après que la banque ait été prise pour cible par la campagne internationale de Boycott, Désinvestissements et Sanctions, dont l’objectif est de faire des pressions économiques pour contraindre Israël à respecter ses obligations en matière de droit international.

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Même si la banque a déclaré que son retrait d’Israël ne résultait pas de la campagne de pressions, mais plutôt de ses lourdes pertes durant la crise financière grecque, les officiels et banquiers israéliens ont déclaré qu’ils pensaient que la banque avait cédé aux pressions des organisations européennes de défense des droits de l’homme visant à la faire sortir d’Israël.

BNP Paribas va fermer ses bureaux et licencier 60 employés en Israël et mettre fin à ses financements des projets dans l’État juif.

Le gouverneur de la Banque d’Israël, Stanley Fischer, a déclaré aux journalistes du quotidien israélien Ha’aretz qu’il avait rencontré de hauts dirigeants de BNP Paribas à plusieurs reprises, et qu’ils avaient échangé des mots durs quand ils avaient annoncé leur décision de quitter Israël.

La banque d’Israël est une institution privée qui imprime la monnaie pour le gouvernement israélien et réglemente les taux d’intérêt en Israël. Elle a succédé à la Banque anglo-palestinienne qui a rempli ses fonctions jusqu’en 1948, date à laquelle l’État d’Israël a été créé sur la terre de la Palestine historique.

Les militants de la campagne BDS ont pris pour cibles, les banques, les institutions financières, les entreprises et les universités de par le monde qui investissent en Israël. Le mouvement s’est comparé au mouvement anti-apartheid contre le gouvernement sud-africain dans les années quatre-vingt.

Certains des principaux organisateurs de la campagne BDS contre Israël sont des Sud-Africains, lesquelles comparent la situation des Palestiniens à celles des Sud-Africains noirs sous le système raciste de l’apartheid. Par exemple, l’archevêque Desmond Tutu, le Président Nelson Mandela, et la plus importante organisation syndicale en Afrique du Sud, le COSATU.

Ces dernières années, la campagne BDS a réussi à convaincre des dizaines d’entreprises de sortir d’Israël, dont la Deutsche Bank qui s’est désinvestit d’Elbit, une entreprise israélienne impliquée dans la construction du mur d’annexion israélien, le gouvernement de Norvège s’est désinvestit également d’une entreprise israélienne spécialisée dans la Sécurité, et l’université de Harvard a décidé aussi de se désinvestir des entreprises israéliennes.

L’organisation espère qu’en usant de pressions économiques, elle va arriver à convaincre le gouvernement israélien à mettre fin à son occupation de la terre palestinienne et à ses lois discriminatoires qui ciblent les Palestiniens.

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Paris, le 10 Avril 2006

BNP Paribas accélère son développement en Israël

Le Professeur Stanley Fischer, Gouverneur de la Banque Centrale, a remis aujourd’hui à Jérusalem la licence d’ouverture d’une Succursale BNP Paribas de plein exercice à Jean-Jacques Santini, Responsable de la Banque de Détail dans les Marches Emergents et Outre Mer, et à Charles Reisman, Directeur de Territoire de BNP Paribas en Israël.

Cette licence avait été sollicitée auprès de la Banque Centrale en octobre 2005.

BNP Paribas est présent en Israël depuis 1998 au travers d’un bureau de représentation.

A propos de BNP Paribas

BNP Paribas (www.bnpparibas.com) est un leader européen des services bancaires et financiers, avec une présence significative et en croissance aux Etats-Unis et des positions fortes en Asie. Le groupe possède l’un des plus grands réseaux internationaux, avec une présence dans plus de 85 pays et plus de 110 000 collaborateurs, dont près de 80 000 en Europe. BNP Paribas détient des positions clés dans ses trois domaines d’activité : la Banque de Financement et d’Investissement, le pôle Asset Management & Services et la Banque de Détail.

Source : BNP PARIBAS

26 novembre 2011 – IMEMC – traduction : Info-Palestine

Le régime syrien expulse le père Paolo Dall’Oglio, fondateur de la communauté « Al Khalil »


anniebannie : ce père est quelqu’un d’exceptionnel qui a toujours eu son franc parler; son expulsion est un nouveau tournant dans la dérive du régime

26 novembre 2011

Le site internet youkal.net rapporte, samedi 26 novembre, que le régime syrien vient d’ordonner au père Paolo Dall’Oglio, membre de la communauté jésuite de Syrie et responsable du monastère Mar Moussa Al Habachi, près de Nabak, de quitter au plus vite le pays. Le ministère syrien de l’Intérieur a adressé une injonction en ce sens à l’évêque dont le religieux dépend.

Paolo Dall’Oglio

Il commente cette information en indiquant que le père Paolo, qui avait entrepris en 1984 de restaurer seul, avec ses mains, ce monastère du VIème siècle longtemps abandonné,  qui en a fait un lieu internationalement reconnu de dialogue et de rencontre entre le christianisme et l’islam et qui y a créé la communauté « Al Khalil », a été sanctionné « pour son soutien à la révolution en Syrie ». Les choses sont sans doute un peu moins simples. Avec sa sensibilité particulière, le religieux voulait surtout, comme l’écrivait le 2 octobre le journal La Croix, continuer de « croire à la possibilité d’une réconciliation nationale et invitait toutes les parties à faire le choix de la non-violence ».

Deïr Mar Moussa Al Habachi

Le site écrit enfin : « Le régime syrien s’efforce depuis longtemps de faire croire que la minorité chrétienne du pays le soutient. Il a récemment envoyé au Liban une religieuse qui lui est inféodée pour y tenir, au Centre Catholique d’Information, en concertation avec le ministère syrien de l’Information, une conférence de presse pour attaquer la révolution syrienne. On a alors découvert que cette religieuse était bien connue du régime et qu’elle agissait en coordination avec lui ». Il ajoute que l’ancien ministre libanais Wi’am Wahhab, dont l’allégeance absolue au régime syrien a largement contribué à la carrière et à la fortune, vient d’ailleurs de « démasquer la religieuse en indiquant qu’elle fait partie de ses connaissances, qu’elle s’appelle dans le civil Fadia, et qu’elle est d’origine libanaise ».

Cette expulsion d’une personnalité très respectée en Syrie au sein de l’ensemble des communautés confirme que le régime syrien ne protège pas les minorités, mais uniquement les membres de ces communautés qui acceptent de lui apporter leur soutien, en faisant leur son discours, en relayant sa propagande, en justifiant ses agissements criminels et en lui apportant leur caution morale.

Source

Juif, juif, juif… ou l’art et la manière de développer l’antisémitisme


jeudi 24 novembre 2011


BHL ne l’a pas fait par hasard. Pas comme les micros de Sarko et Obama qui fonctionnaient à leur insu quand ils traitaient Netanyahou de menteur à qui mieux mieux, se défoulant un peu, les pauvres, de tous les crimes qu’ils sont amenés à couvrir en permanence à sa demande. Non, BHL n’était pas en « off », quand il a expliqué que sa grande aventure libyenne était essentiellement motivée par des intérêts israéliens.

Mais dans la bande, on dit toujours « en tant que juif » et non « en tant que supporter de l’Etat d’israël ». Pourquoi ? Parce que le but de ce petit jeu est de développer l’antisémitisme le plus largement possible, un peu partout, en assimilant constamment Ia politique criminelle d’Israël à tous les juifs. Cela permet de faire monter l’hostilité, d’espérer des actes anti-juifs (qu’ils inventent, comme Sammy Ghozlan, quand ils ne viennent pas assez vite). Ils peuvent ainsi se poser ensuite en victimes et faire passer à la trappe les vraies victimes de la politique criminelle et raciste de l’Etat d’Israël.

Intervenant dimanche à l’occasion de la Convention nationale du CRIF (Conseil représentatif des organisations juives de France), le « philosophe » a déclaré à propos de sa croisade anti Kadhafi. ” C’est en tant que juif que j’ai participé à l’aventure politique en Libye “.

” Je ne l’aurais pas fait si je n’avais pas été juif “, a-t-il insisté, ajoutant pour faire bonne mesure : ” j’ai porté en étendard ma fidélité à mon nom et ma fidélité au sionisme et à Israël ”

” Ce que j’ai fait pendant ces quelques mois, je l’ai fait pour des raisons multiples. D’abord comme Français. J’étais fier de contribuer à ce que mon pays soit à la pointe du soutien à une insurrection populaire débarrassant le monde d’une de ses pires tyrannies. Il m’est arrivé parfois d’être fier d’être français “.

” Je l’ai fait pour des raisons plus importantes encore, a-t-il poursuivi : la croyance en l’universalité des Droits de l’Homme (…). Je suis de ceux qui ont toujours eu la tentation de se porter en soutien des victimes “.

” Il y a une autre raison dont on a peu parlé, mais sur laquelle je me suis pourtant beaucoup étendu : cette raison impérieuse, qui ne m’a jamais lâché, c’est que j’étais juif. C’est en tant que juif que j’ai participé à cette aventure politique, que j’ai contribué à définir des fronts militants que j’ai contribué à élaborer pour mon pays et pour un autre pays une stratégie et des tactiques. Je ne l’aurais pas fait si je n’avais pas été juif “, a déclaré textuellement BHL.

” Ce que je vous dis là, je l’ai dit à Tripoli, à Benghazi, devant des foules arabes, je l’ai dit lors d’une allocution prononcée le 13 avril dernier sur la grande place de Benghazi devant 30.000 jeunes combattants représentatifs de toutes les tribus de Libye et j’ai commencé mon allocution, en disant : je m’appelle Lévy, fils de Lévy, je suis le représentant d’une tribu, qui est l’une des plus anciennes et des plus nobles tribus du monde “. “J’ai porté en étendard ma fidélité à mon nom, ma volonté d’illustrer ce nom et ma fidélité au sionisme et à Israël “.

” Ce que j’ai fait tous ces mois, je l’ai fait comme Juif. Et comme tous les juifs du monde, j’étais inquiet. Malgré la légitime anxiété, c’est un soulèvement qu’il convient d’accueillir avec faveur : on avait affaire à l’un des pires ennemis d’Israël “.

Pour ceux qui ne savaient pas encore pour qui et pour quoi roule BHL, c’est chose faite.

CAPJPO-EuroPalestine

L’Egypte paniquée par les gaz utilisés contre les manifestants place Tahrir


Sur le terrain26/11/2011 à 10h31

Sid Ahmed Hammouche et Pierre-André Sieber

Armes chimiques ou simples lacrymogènes ? Les gaz utilisés par les forces de l’ordre provoquent saignements, spasmes et divers troubles. Et mettent l’Egypte en émoi.


Un manifestant inhale un remède contre l’asthm près de la place Tahrir vendredi (Amr Dalsh/Reuters)

(Du Caire) Quel gaz les forces de l’ordre ont-elles utilisé sur la place Tahrir pour disperser les manifestants ? Sur le terrain, de nombreux témoignages, notamment de médecins, décrivent des effets assez terrifiants, comme des troubles neurologiques. « C’est comme si les yeux allaient sortir des orbites », décrit un insurgé gazé, victime de troubles respiratoires et de perte de la vue.

Dans une vidéo postée sur Facebook, on voit une personne à terre secouée de spasmes.

Le site d’information indépendant égyptien Bikyamasr.com dévoile une photo de cartouche tirée par la police et les militaires contenant un gaz lacrymogène très agressif, le « CR » (dibenzoxazepine), décrit comme six à dix fois plus puissant que le gaz lacrymogène « CS » (dichlorobenzal et dérivés), employé en France notamment.

Fumée jaune et fumée blanche

Un mort au Caire au petit matin

Un manifestant a été tué samedi au Caire dans des affrontements entre la police et des militants qui bloquaient l’entrée du siège du gouvernement. C’est la première victime depuis la trêve conclue jeudi entre la police anti-émeutes et les manifestants. Rue89

Sur la photo diffusée par le site d’information égyptien, on peut lire que le fabricant est américain, Combined Tactical Systems basé à Jamestown (Pennsylvanie, USA). Mais cette firme ne donne aucune information à la presse. La branche du lacrymogène aime conserver une certaine opacité.

On se souvient de la cargaison française à destination de la Tunisie repérée à Roissy au début des révoltes… La livraison avait toutes les autorisations légales.

La France n’achemine plus ce matériel dans les pays du Maghreb, au Moyen-Orient ou en Afrique depuis qu’on débuté les révoltes du Printemps arabe.

Un contact tenté par La Liberté avec un producteur français de gaz lacrymogène autorisé n’a rien donné.

Un professionnel de la branche actif en France – qui souhaite garder l’anonymat – s’étonne toutefois des effets décrits par les gaz utilisés sur la place Al-Tahrir pense qu’il ne s’agit pas de lacrymogène usuel, ce dernier ne provoquant pas de troubles neurologiques.

Même si, comme le rapporte Bikyamasr.com, il s’agirait de cartouches périmées depuis plusieurs années.

C’est aussi l’avis de spécialistes en Suisse. « Il y a trois sortes de gaz lacrymogènes : le CR, le CS et le CN », explique Hugo Kupferschmidt, directeur du Centre d’information toxicologique basé à Zurich :

« Les cartouches de gaz CR dégagent normalement une fumée jaune, or celles aperçues à la télévision émettaient de la fumée blanche. »

Selon lui, les gaz lacrymogènes usuels, même fortement dosés, ne provoquent pas de troubles neurologiques :

« Les effets décrits me font penser que les cartouches employées contenaient des gaz de type nervins, qui sont de vraies armes chimiques de guerre. […]

Il s’agit peut-être d’un produit semblable à celui utilisé par les forces spéciales russes lors de la prise d’otage du théâtre de la Doubrovka de Moscou du 23 octobre 2002. »

Des tirs de lacrymo à bout portant

L’utilisation de gaz nervins qui peuvent provoquer des lésions aux poumons, cœur et foie, c’est aussi ce qu’a avancé le prix Nobel de la paix Mohammed el-Baradei sur Twitter le 22 novembre. Le candidat déclaré à l’élection présidentielle prévue avant fin juin 2012 en Égypte a dénoncé la violence dont ont fait preuve les forces de l’ordre :

« Du gaz lacrymogène contenant des agents inervants et des balles réelles sont utilisés contre les civils à Tahrir, c’est un massacre. »

Human Rights Watch affirme aussi que des tirs de lacrymogènes effectués à bout portant ont tué des manifestants sur le coup.

Voilà ce qui met l’Egypte en ébullition, en plus d ela contestation du pouvoir militaire et les désillusions à la suite du discours du maréchal Tantaoui. Dans le pays, une forte polémique au sujet de l’emploi de ces gaz prohibés a éclaté. L’armée tente de s’en laver les mains et le ministère de la Santé égyptien dément formellement l’utilisation de tels moyens.

Effets à long terme

Mais ce qui inquiète, c’est que les gens subissent depuis cinq jours les tirs de ces gaz. Quels sont les effets à long terme ? Un professeur en neurologie de l’université Ain-Shams du Caire, contacté par nos soins, a testé les effets sur lui en s’exposant longuement sur la place Tahrir :

« Il provoque plusieurs symptômes tels que des crises convulsives, des spasmes oculaires et une détresse respiratoire. »

Selon ce spécialiste, le type de gaz utilisé est encore indéterminé, mais il est certainement plus corrosif que celui qui a été utilisé par les forces de Moubarak en janvier. Il invite les Egyptiens à collecter le maximum de vidéos et de douilles possible pour d’éventuelles poursuites judiciaires.

Un masque d’hôpital ne suffit pas

Recettes de révolutionnaire
Pour lutter contre les effets des gaz utilisés par les forces de l’ordre, les manifestants rivalisent d’imagination. Sur Facebook, un jeune donne la recette d’une solution pour spray à base de levure de malt. D’autres misent sur le bicarbonate de soude, le Synthol, ou même du vinagre et des oignons.

Contactée par téléphone, Sibiya a dû fuir son appartement situé à proximité de la rue Mohamed Mahmoud, à côté de l’université américaine du Caire, là où se déroulent les affrontements. « Un masque d’hôpital ne peut pas vous sauver de ce gaz », explique-t-elle :

« Les enfants portant aussi un masque sont très fortement incommodés. Il y a tellement de gaz que les premiers jours, on ne pouvait pas ouvrir les fenêtres de la maison. Au deuxième jour, nous avons été obligés de quitter l’appartement. »

Elle poursuit :

Et dire que depuis cinq jours, les bombes de gaz pleuvent sur la rue Mohamed-Mahmoud ! Dès les premiers jours nous avons eu des nausées, des maux de têtes. Aujourd’hui, on a les yeux gonflés de sang.

Les petits sont complètement perturbés. Ils sont stressés et agités de tremblements comme s’ils subissaient en continu des crises semblables à l’épilepsie. »

Quant à Salem al-Chirabi, animateur culturel, il ne quitte plus son masque à gaz :

« On panique. On dit que le gaz est cancérigène, qu’on va crever ! Je me suis déjà évanoui. J’ai vu des amis faire des crises. Certains accusent le gouvernement égyptien d’utiliser des armes chimiques contre nous.

Aujourd’hui il y a plus de 400 personnes dans un état grave. La police a même balancé des gaz dans les bouches d’aérations du métro de la place Al-Tahrir pour nous intoxiquer. »

« J’ai perdu conscience et puis vomi du sang »

Magda, une étudiante de 23 ans, a également été prise au piège dans un nuage de gaz lacrymogène. « Je suis tombée comme une mouche », déclare-t-elle au bout du fil.

« Des gens m’ont évacuée sur une moto. J’ai été aspergée par un liquide et j’ai repris conscience difficilement, comme si je venais de sortir d’une narcose complète. J’ai vomi du sang.

Oui, le maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées, nous fait vomir du sang. Alors moi, j’ai décidé de mourir sur la place Al-Tahrir pour libérer le pays de la junte militaire. »

Autre cas encore, Rania, membre du comité révolutionnaire. « L’air est irrespirable sur la place Tahrir », peste-t-elle au téléphone :

« Il y a cette odeur de gaz qui est si forte qu’il est impossible de rester sur place plus de cinq minutes. Les gens sont tous munis de masques achetés sur place 2 euros ou offerts par des infirmiers sur la place Al-Tahrir.

Mais même avec un masque, on suffoque à cause du gaz. »

Autre malheur : l’acte II de cette révolution a fait beaucoup de blessés aux yeux, dont beaucoup sont devenus borgnes. Rania :

« Ils n’en sont pas pour autant démoralisés et affirment qu’ils ont perdu un œil mais pas la vision sur le futur de l’Egypte qui se débarrassera coûte que coûte de la junte militaire. »

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