Parodie de justice jusqu’au bout, le Maroc condamne Ali AARRASS à quinze ans d’emprisonnement sur base d’aveux extorqués sous la torture !


Posted by on 16 h 43 min in NEWS

25 novembre 2011 – COMMUNIQUE DE PRESSE CABINET D’AVOCATS JUS COGENS…

Ce 24 novembre 2011, le procès d’Ali AARRASS s’est déroulé devant trois magistrats de la Cour d’appel de Rabat siégeant à Salé.

Malgré l’absence de tout élément de preuve objectif[1], notamment des déclarations de ses prétendus accusateurs, Ali AARRASS a été condamné à quinze ans d’emprisonnement sur la seule base de ses aveux obtenus sous la torture.

Ne répondant à aucun des arguments juridiques et factuels soulevés par la défense au cours de plus de trois heures de plaidoiries et au travers de conclusions écrites, les magistrats ont pris leur décision en à peine plus d’une heure.

Plus choquant encore, alors que la réouverture de l’audience était prévue pour 16h, les magistrats ont prononcé la sentence en l’absence des avocats de la défense, de la famille d’Ali AARRASS et des nombreuses personnes venues le soutenir. Ali AARRASS s’est retrouvé seul face à ses juges pour entendre ce verdict inique. L’interprète n’avait même pas été appelé par la Cour. Ali AARRASS n’a donc pas compris le jugement qui a été prononcé. Ce sont ses avocats qui ont dû le lui expliquer dans les geôles du palais de justice.

Le collectif de défense ne peut que constater qu’il s’agit d’une pression supplémentaire exercée sur Ali AARRASS. Après la torture et les conditions de détention extrêmement pénibles, Ali AARRASS étant placé en régime d’isolement sévère, cet évènement s’ajoute encore au fait qu’aucun entretien confidentiel n’est autorisé entre Ali et ses avocats.

Parallèlement à cette sordide condamnation, il faut rappeler que les autorités marocaines ont refusé d’enquêter sur la plainte déposée par Ali AARRASS pour la torture qu’il a subie en garde-à-vue. Il y a pourtant des devoirs d’enquête élémentaires qui auraient dû être réalisés avant de pouvoir considérer qu’il n’y aurait pas matière à sanctionner : entendre Ali AARRASS de manière approfondie, le confronter avec tous les agents s’étant « occupés » de lui pendant sa garde-à-vue, réaliser une expertise médicale, la comparer avec le dossier médical espagnol, … Le Maroc n’a rien fait !

Est-ce étonnant ? Pas vraiment. Ces même magistrats avaient statué dans l’affaire « Belliraj » et avaient condamnés les inculpés à des peines d’emprisonnement extrêmement lourdes, malgré les allégations persistantes de torture et les nombreuses violations du droit au procès équitable, constatées tant par les ONG[2] que par des observateurs officiels[3].

Honteusement pour le Maroc, ces juges persistent dans leur pratique contraire aux droits humains les plus fondamentaux. Ces magistrats avaient pourtant été désavoués par le roi Mohamed VI, qui a accordé la grâce à plusieurs personnes condamnées à vingt ans d’emprisonnement dans le dossier « Belliraj ».

Est-ce que la justice remplacera un jour l’injustice au Maroc ?

Quoi qu’il en soit, le combat continue pour Ali AARRASS, qui a d’ores et déjà saisi le Comité des Nations Unies contre la Torture et le Comité des Droits de l’Homme.

[1] Le dossier marocain ne contient aucun devoir tel une perquisition chez Ali AARRASS, des écoutes téléphoniques, des analyse ADN, …

[2] Cf. notamment : Commission arabe des droits humains, « Rapport d’observation du procès des six détenus politiques au Maroc – Affaire Belliraj », 10/12/2009

[3] Tel le Consul belge, cf. Document paru sur wikileaks de l’ambassade US de Rabat, sujet « Landmark terrorism case raises human rights »

Le régime syrien mise tout sur la répression


Analyse | LEMONDE | 23.11.11 | 11h54   •  Mis à jour le 23.11.11 |

A Homs, dans le quartier de Khalidiya,  la peur des habitants après l'explosion d'une bombe, le 28 octobre. Aucun adulte ne souhaite que son visage n'apparaisse sur la photo, par peur des représailles.

A Homs, dans le quartier de Khalidiya, la peur des habitants après l’explosion d’une bombe, le 28 octobre. Aucun adulte ne souhaite que son visage n’apparaisse sur la photo, par peur des représailles. MANI / ZEPPELINNETWORK/DEAL TEAM

Le 12 janvier, deux jours avant la chute à Tunis du régime de Zine El-Abidine Ben Ali, le président syrien, Bachar Al-Assad, pouvait penser qu’il avait opéré un rétablissement complet. La démission à Beyrouth du premier ministre Saad Hariri, qui l’avait accusé d’avoir fait assassiner son père Rafic, ancien premier ministre du pays du Cèdre, en 2005, refermait à ses yeux une parenthèse de près de six ans.
Longtemps isolé, le président Bachar Al-Assad avait renoué successivement, en 2008 et en 2009, avec deux de ses adversaires, la France et l’Arabie saoudite, alors que l’administration Obama, tout en maintenant des sanctions unilatérales contre le régime, s’était à son tour résignée, en 2010, à dépêcher un ambassadeur à Damas, à un poste laissé longtemps sans titulaire. Sans revenir sur son alliance historique et stratégique avec l’Iran, M. Assad avait également approfondi les relations avec son puissant voisin du Nord, la Turquie.

Click here to find out more!

Dix mois plus tard, le président syrien est pourtant affaibli comme jamais. Après la Tunisie, le Yémen, l’Egypte, la Libye et Bahreïn, où elle a été brisée, la vague des « printemps arabes » a fini par toucher la Syrie, le 15 mars, à Damas. Extrêmement marginale initialement, la contestation s’est enflammée deux jours plus tard après la répression brutale des manifestants de la ville de Deraa, frontalière de la Jordanie, avant d’essaimer dans de nombreuses cités moyennes du pays, les grandes métropoles de Damas et d’Alep étant relativement peu touchées. La répression extrêmement violente de ce soulèvement, décidée par le régime, a été sans effet, sinon de générer, à partir de l’été, un début de militarisation, puisque c’est pour éviter d’avoir à tirer sur les foules que des soldats ont commencé à faire défection, puis à organiser des embuscades pour contrarier le déploiement des troupes.

L’incapacité du régime à étouffer la contestation ne l’a pas cependant privé de tous ses atouts. Contrairement au cas tunisien, il continue d’avoir à sa disposition un appareil militaro-sécuritaire qui a résisté jusqu’à présent à l’épreuve que constitue pour lui un soulèvement diffus, coordonné sur le terrain, comme ailleurs dans le monde arabe en proie aux « printemps », par des militants spontanés, généralement sans passé politique et donc difficilement identifiables. Contrairement aussi à l’Egypte, l’extrême verticalité du pouvoir a préservé jusqu’à présent ce dernier d’un « coup de palais » semblable à celui qui a permis au Conseil suprême des forces armées (CSFA) d’écarter le président Hosni Moubarak pour tenter de préserver les prérogatives de l’armée égyptienne.

A la différence de la Libye, le régime syrien a pu conserver, à la condition de déployer ses troupes, le contrôle du terrain. Aucune portion du territoire, qu’il s’agisse des zones frontalières avec la Turquie ou avec la Jordanie, n’a pu être sanctuarisée par l’opposition comme ce fut le cas d’une bonne partie de la Cyrénaïque libyenne dès le début du soulèvement contre le régime de Mouammar Kadhafi.

Le régime syrien, contrairement à la Libye, se sait par ailleurs protégé de toute forme d’intervention étrangère autre que l’adoption de mesures de sanctions aggravées, la réponse privilégiée pour l’instant par les Etats-Unis et l’Union européenne (UE). Le président Assad peut compter sur un soutien russe qui ne s’est pas démenti jusqu’à présent, bien au contraire, et qui empêche de fait l’adoption, au Conseil de sécurité des Nations unies, d’une résolution qui légitimerait le principe d’une ingérence internationale au nom de la protection des civils, intervention qu’une partie de l’opposition commence à réclamer après y avoir été hostile.

Le régime syrien peut enfin jouer, comme lorsqu’il fut fragilisé après l’assassinat de Rafic Hariri, du repoussoir irakien, le chaos interconfessionnel qui s’est installé dans le pays après l’invasion américaine de 2003 étant un élément en mesure de dissuader la majorité silencieuse syrienne de rejoindre massivement la contestation. Il s’appuie, pourtant, sur les mêmes réflexes communautaires pour tenter de regrouper autour de lui la majorité des alaouites, cette dissidence ancienne du chiisme dont est issu le clan des Assad, ainsi que les différentes chapelles des chrétiens syriens. Ces divers groupes s’ajoutent à la bourgeoisie de Damas et d’Alep, les deux grandes métropoles syriennes qui n’ont d’ailleurs pas connu de manifestations massives depuis le début du soulèvement.

Il n’est cependant pas sûr que ces atouts puissent faire effet durablement. D’une part, parce que le soulèvement syrien n’est pas un phénomène isolé mais s’inscrit dans un mouvement régional qui n’a connu jusqu’à présent qu’un seul revers, à Bahreïn. A ce titre, le parallèle explicite établi par le régime avec les années 1979-1982 et le soulèvement armé provoqué alors par une dissidence radicale de la confrérie des Frères musulmans, écrasée à Hama au prix de milliers de morts n’est guère pertinent.

Depuis le 12 novembre, d’autre part, la Syrie se retrouve mise au ban de la Ligue arabe après le refus d’un plan de sortie de crise qui prévoyait, notamment, l’envoi d’observateurs, le retour de l’armée dans les casernes et l’ouverture d’un dialogue avec l’opposition. Même si le poids de l’institution panarabe ne doit pas être surestimé, ce lâchage, obtenu à une large majorité (18 pays sur 22), est coûteux pour un régime prompt à se présenter comme le symbole d’une résistance arabe vis-à-vis d’Israël et des Occidentaux. L’assistance qu’apporte la Turquie aux dissidents syriens, l’alignement d’Ankara sur les positions de la Ligue arabe font que Damas ne peut plus compter que sur le soutien d’un axe Téhéran-Bagdad-Hezbollah, dont il est aujourd’hui le maillon le plus fragile.

La solidité de l’assabiya, de la communauté alaouite, autour de la personne du président syrien n’est pas non plus assurée à terme, compte tenu de la prédation dont le premier cercle du régime s’est rendu coupable au cours des dernières années. Cette dérive patrimoniale n’a d’ailleurs pas été pour rien dans la contagion à la Syrie des « printemps arabes ».

La violence, qui constitue jusqu’à présent la seule réponse du régime au soulèvement, peut enfin s’avérer un piège si elle n’est pas relayée par des dispositions politiques ou sociales. Or l’économie du pays, qui ne peut plus compter sur les revenus tirés du tourisme et qui a du mal désormais à exporter sa modeste production pétrolière, en voie d’épuisement, est fragile.

Les moyens du régime, qui a engagé tardivement une libéralisation circonscrite à des activités de services, sont limités. Des sanctions internationales renforcées pourraient retirer au pouvoir syrien toute marge de manoeuvre sur ce point.

Gilles Paris

Les activistes syriens se lancent dans la presse clandestine


1/11/2011 / SYRIE

Le visage masqué, ils sonnent à la porte des habitations avant de détaler : il ne s’agit pas de plaisantins, mais d’activistes syriens qui vont de porte en porte pour distribuer leur journal anti-gouvernement.
Le 14e numéro du Syrian Hurriyat – “hurriyat” signifiant “liberté” en arabe – vient tout juste de sortir. Ce journal de 12 pages, publié depuis la fin du mois d’août, a été fondé par de jeunes activistes syriens en exil en Europe. Il contient également les articles de dizaines de militants vivant encore en Syrie. Actualités, éditos, dessins de presse, le Syrian Hurriyat a tout d’un journal classique. Une édition en ligne a même été lancée récemment, avec certains articles traduits en anglais. Pour autant, la priorité reste l’édition papier, affirment ses rédacteurs, car de nombreux Syriens n’ont pas de connexion Internet.

Les activistes se filment en train de distribuer les journaux. Selon le rédacteur en chef du journal, cette scène a eu lieu à Damas. Vidéo postée sur YouTube par Syrian Hurriyat.

Contributeurs

« Nous voulons motiver les manifestants sur le terrain, qu’ils restent réactifs… mais aussi proposer une alternative aux medias d’État »

Kareem Lailah est le redacteur en chef du Syrian Hurriyat. Il vit en exil en Europe.

Les activistes en Syrie distribuent notre journal au hasard. Ils frappent à toutes les portes, dans toutes sortes de quartiers, pas seulement ceux qui sont connus pour être majoritairement anti-régime. Au contraire, ils tentent davantage de cibler les zones réputées pour leur soutien au pouvoir.
Nous voulons motiver les manifestants sur le terrain, mais nous nous adressons aussi aux Syriens qui ne savent pas quoi penser de cette révolution. On leur propose une alternative aux medias locaux qui sont contrôlés par l’État.
On espère que ceux qui trouveront le journal sur le pas de leur porte, même s’ils ne veulent pas le lire, apercevront une bonne caricature qui exprime notre message.
Ces distributions sont très risquées, mais les manifestants eux aussi risquent leur vie tous les jours et continuent de se mobiliser. Personnellement, j’ai reçu plusieurs messages de menace. Nos activistes ont peur d’être surveillés mais, jusqu’à présent, personne n’a été arrêté.
Nous voulons continuer à nous développer et à toucher un public plus large, mais il est hors de questions de perdre un activiste pour ça. Si l’un d’entre eux se fait attraper, il sera tué car le régime craint plus encore les pensées que les actes. Les manifestants sont perçus comme des individus dangereux, mais moins que ceux qui pensent, organisent et diffusent la vérité.
“L’impression du journal se fait essentiellement en Syrie, chez les activistes »
L’impression du journal est difficile. Elle se fait surtout en Syrie, chez les activistes. Il arrive aussi que nous réussissions à faire passer illégalement des exemplaires imprimés à l’étranger.
Nous les distribuons essentiellement à Damas et à Homs – même si dans cette ville la vague de répression récente nous a obligé à ralentir la distribution. Bientôt, nous diffuserons aussi à Alep. Toutes les semaines, plusieurs milliers d’exemplaires sortent – on fait notre maximum en fonction des possibilités des personnes sur place.
« Nous avons tous entre 20 et 35 ans, tout ce que nous voulons c’est la liberté et un nouveau départ pour la Syrie »
Nous n’avons aucun sponsor et payons les impressions de notre poche. Afin de préserver notre indépendance éditoriale, nous n’avons demandé l’aide d’aucun groupe en exil. Nous avons tous entre 20 et 35 ans, tout ce que nous voulons c’est la liberté et un nouveau départ pour la Syrie et nous ne sommes pas certains que les autres générations et les autres groupes veulent la même chose.
Notre message est simple : la liberté a un coût, mais le jeu en vaut la chandelle.
Nous avons reçu des réactions très positives. J’ai lu le tweet d’un habitant de Damas qui disait : « C’est magnifique de se réveiller et de trouver Hurriyat sur sa porte… Je sens déjà souffler le vent de la liberté. » C’est ça qui nous pousse à continuer.
Notre journal sera publié aussi longtemps que nécessaire et j’espère qu’un jour, après la chute du régime, il sera autorisé. Il y aura alors des tas d’autres choses à écrire, car construire une société meilleure est bien plus compliqué que de faire tomber un dictateur. »

Le journal imprimé et prêt à la distribution. Vidéo postée sur YouTube par Syrian Hurriyat.

Le journal est aussi distribué en dehors de la Syrie. Des copies sont ici distribuées lors d’une conférence sur la Syrie à Beyrouth, au Liban. Photo postée sur Twittter par @abirsasso.

La liberté de la presse menacée


DUMONT,SERGE

Page 10

Mardi 22 novembre 2011

Israël Le gouvernement veut étendre considérablement la notion de « diffamation »

TEL-AVIV

DE NOTRE CORRESPONDANT

Après les ONG de défense des droits de l’homme la semaine dernière, c’est à la liberté de presse que la majorité de droite et extrême droite soutenant Binyamin Netanyahou a décidé de s’attaquer. En effet, dans la nuit de lundi à mardi, la Knesset a approuvé en première lecture un texte modifiant la législation actuelle sur la diffamation publique et multipliant par six le montant des dommages et intérêts qu’un journaliste ou son employeur devraient verser à une personne préjudiciée en cas de condamnation. En outre, cet amendement prévoit qu’un individu cité dans un journal ou dans un programme radio ou télévisé sans qu’un préjudice lui soit causé peut également réclamer jusqu’à dix mille euros de compensation.

« Si cette législation est appliquée, plus aucun journaliste ne prendra de risque d’enquêter sur quoi que ce soit. Les affaires de corruption impliquant des personnalités publiques resteront enterrées », affirme explique Ilana Dayan, une journaliste d’investigation de la deuxième chaîne de télévision.

La veille du vote à la Knesset, une centaine de grands noms de la presse israélienne ont organisé à Tel-Aviv des « états généraux d’urgence », un événement inédit depuis la création de l’Etat hébreu. A les en croire, Binyamin Netanyahou ne serait pas crédible lorsqu’il s’engage, comme il l’a fait dimanche, à ce que son pays « reste une démocratie exemplaire ». Ils l’accusent entre autres de favoriser l’activisme d’un groupe de députés de droite et d’extrême droite qui tenterait de modifier la nature démocratique d’Israël.

Des extrémistes influents…

Principalement composé d’élus du Likoud (le parti de Netanyahou) et d’Israël notre maison (la formation du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman), ce groupe est à l’origine d’une série d’initiatives visant à instaurer un serment de fidélité à l’Etat pour les nouveaux Israéliens (y compris les Arabes), à empêcher la commémoration de la « Nakba » (la « catastrophe » que représente la création de l’Etat d’Israël en 1948 pour les Palestiniens), ou à légaliser a posteriori la « confiscation » de terrains palestiniens par des colons.

Certes, au sein du Likoud, certains tels le président de la Knesset Ruby Rivlin et le ministre Dan Meridor s’opposent à ces extrémistes. Mais ces derniers sont influents. Alliés aux partis ultra-orthodoxes, ils mènent également une offensive contre la Cour suprême, qui constitue le garant des libertés publiques en l’absence d’une constitution écrite. A leurs yeux, ses douze magistrats sont en effet des « gauchistes ». Ils manœuvrent donc pour réduire leurs compétences et pour les remplacer progressivement par d’autres juges plus proches des idéaux du « Grand Israël ».

source

Salah Hamouri


La France doit agir pour la libération de Salah.

Venez exprimer votre indignation et exiger sa libération.

(apportez des bougies)

Lundi 28 Novembre 2011 de 18h30 à 20h00

Devant l’ambassade de France à Bruxelles

41, Boulvard du Régent à 1000 Bruxelles

(Métro : Arts-Loi-Kunst-Wet)

Vous pouvez aussi Ecrire à Salah Hamouri
par Comité National de Soutien à Salah Hamouri
Les parents de Salah ont pu le voir aujourd’hui mardi 8 novembre. Depuis plus d’un mois Salah Hamouri était isolé de tout, ses parents interdits de visite.
Ce jour ils ont pu le voir dans la nouvelle prison où il se trouve. « Il a maigri mais il conserve le moral » nous fait savoir Denise Hamouri.
On peut désormais lui écrire à :
Salah Hamouri
Shata prison
Section 7
10900 Afoula
Israël
Nous rappelons qu’il convient de ne pas mettre d’adresse au dos de votre lettre au risque qu’elle vous soit retournée.


Salah, mon fils, mon frère…

Des reportages en Syrie qui dérangent


LOOS,BAUDOUIN

Page 13

Mardi 22 novembre 2011

Deux reportages réalisés en même temps en Syrie, l’un diffusé ce lundi à la RTBF radio, l’autre publié samedi par La Libre Belgique ont suscité quelque émoi parmi ceux des auditeurs et lecteurs belges qui s’intéressent de près aux inquiétants développements dans ce pays du Proche-Orient. Les deux reportages pouvaient donner à penser que le régime syrien était aux prises avec une insurrection menée par des islamistes sanguinaires qui sèment la terreur à coups de mutilations atroces.

La Libre précisait que son reportage avait été « autorisé » par le pouvoir syrien, alors que la RTBF faisait même une interview de sa journaliste pour qu’elle raconte les conditions d’un reportage qu’elle qualifiait d’« assez encadré » (par le régime).

En résumé, les reportages racontaient les rencontres avec le gouverneur d’Homs et avec un archevêque, puis narraient une visite à l’hôpital, où des gens se pressaient pour raconter aux journalistes les atrocités dont leurs proches avaient été victimes (deux cadavres très mutilés ont été exhibés). Les envoyés spéciaux observaient que le régime de Bachar el-Asad bénéficiait d’une grande popularité.

Comment des journalistes occidentaux non suspects de sympathie avec le régime ont-ils pu se rendre en Syrie alors que l’interdiction des reporters internationaux est en vigueur ? C’est par l’intermédiaire d’une religieuse, sœur Agnès Mariam de la Croix (voir ci-contre), que cela s’est fait. Cette personne avait envoyé des invitations à de nombreux médias, promettant l’obtention d’un visa. Le Soir avait d’ailleurs également été contacté et n’avait pas donné suite, craignant un voyage de propagande.

« Trop dangereux »

Françoise Wallemacq, l’envoyée de la RTBF, admet que son reportage va « à contre-courant » de ce qui s’écrit et se dit sur la Syrie. « Je raconte ce que j’ai vu, nous dit-elle. Certes, nous étions cornaqués, sauf le dernier jour à Damas où nous nous sommes promenés librement et où de nombreuses personnes nous ont abordés pour nous confier leur peur de la guerre civile et leur soutien au régime. Cette peur du chaos était très palpable surtout chez les minorités comme les chrétiens. »

Les reportages ne rapportaient pas l’avis des opposants syriens. « Impossible et trop dangereux de vérifier qui sont ces “bandes armées” », écrivait La Libre Belgique à propos des terribles accusations dont elle faisait état.

La Libre et la RTBF évoquent le souci du régime de contrer les informations de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, basé à Londres, une source privilégiée des médias occidentaux qui critique le régime syrien. C’est que ce conflit, comme tout conflit, suscite une âpre guerre médiatique. Un phénomène, parfois, qui peut aller jusqu’aux plus ignobles manipulations, comme dans le paradigme de la « sale guerre » algérienne dans les années 90. Des livres entiers ont été écrits sur les massacres en Algérie et cette question qui taraudait déjà les esprits : qui tue qui ?

portrait

Qui est sœur Agnès-Mariam de la Croix ?

Sur Google, l’association des mots Agnès-Mariam et croix donne… 855.000 résultats ! C’est dire si le militantisme de l’higoumène (supérieure) du monastère de Saint-Jacques-le-Mutilé à Qâra, en Syrie, fait florès sur internet. Celle qui a lancé les invitations à la presse (voir ci-contre) a le sens de la formule : elle dénonce « la diabolisation du régime (syrien) face à une canonisation de l’opposition », bien qu’elle prétende ne pas faire de politique. Certains traitent cette nonne palestino-libanaise d’intégriste. Mais elle préfère soigner son image : n’a-t-elle pas écrit au président Bachar el-Assad le 19 novembre pour se dire « bouleversée d’apprendre par Amnesty que dans les hôpitaux du gouvernement les blessés (…) sont maltraités d’après leur appartenance idéologique » ? La bonne sœur, qui avoue un passé de hippie (repentie à 19 ans), se consacre néanmoins corps et âme à la répudiation des insurgés et admet être en contact avec les services secrets syriens. Notre consœur Françoise Wallemacq, qui l’a côtoyée, croit ce « chantre involontaire du régime plutôt sincère mais aveuglé par son émotion ». La religieuse reconnaît cependant que, comme en Algérie pour les moines de Tibhérine en 1996, « l’irréparable peut se produire pour nous à n’importe quel moment, sans qu’on sache exactement qui l’a perpétré et pour quel motif »…

source

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑