Un ou deux Etats ? Où est le réalisme ?


Mardi, 22 Novembre 2011 19:43 Ali AbunimahAli Abunimah, journaliste palestino-américain, cofondateur de’The Electronic Intifada’, auteur de « One Country : A bold Proposal to end the Israeli-Palestinian Impasse » était présent au colloque « Un ou deux Etats », organisé à Bruxelles ce samedi 19 novembre par Palestina Solidariteit, en collaboration avec d’autres mouvements.
Il y prenait la parole après une première session où plusieurs spécialistes ont exprimé leurs points de vue, suivi d’un débat avec la salle.
Voici une vidéo de son intervention (Ali Abunimah s’exprime en anglais) suivi de la traduction écrite en français.

« Brigitte Herremans, dans la précédente session, s’est excusée auprès de moi, en disant qu’elle ne pouvait pas rester. J’aurais aimé qu’elle puisse rester, parce que je veux réagir à certains de ses commentaires. Elle parlait d’autodétermination et elle disait que les Palestiniens ne devaient pas abandonner l’autodétermination, comme si appeler à un État unique signifiait abandonner l’autodétermination.
A mon avis, elle commet une erreur fondamentale, elle confond autodétermination et création d’un État or les deux ne sont pas la même chose. Et, en effet, la création d’un Etat à savoir un État palestinien dans une partie de la Palestine, ce n’est pas de l’autodétermination, c’est le contraire de l’autodétermination, c’est la négation de l’autodétermination, parce que c’est délibérément destiné à priver de ses droits la majorité du peuple palestinien.

Imaginons que demain l’impossible se produit, qu’Israël se retire de la Cisjordanie et qu’il met un terme à son blocus criminel contre Gaza, et que l’Etat palestinien soit établi là-bas.
Bon, est-ce cela l’autodétermination ? Si on s’appuie sur les termes de la prétendue résolution à deux États, cela ne l’est pas. Parce que beaucoup de Palestiniens vont être privés de leurs droits.

Les réfugiés ne pourront pas retourner dans leurs maisons, dans ce qui s’appelle maintenant Israël, pour la seule raison qu’ils ne sont pas juifs, pour la raison la plus raciste possible. S’ils ne pouvaient pas y retourner parce qu’ils ont une peau trop foncée, personne ne dirait : « C’est bien, nous le respectons. » Tout le monde dirait : « C’est du racisme. » Être juif, comme Israël le définit, n’est pas un choix, pas un ensemble de croyances, ce n’est même pas une religion. C’est une identité génétique selon la conception qui prévaut en Israël. Donc c’est tout aussi arbitraire que la couleur de la peau. Donc les réfugiés palestiniens seraient privés de leurs droits par la prétendue solution à deux États. Et ceux des Palestiniens qui sont théoriquement des citoyens d’Israël, seraient contraints de vivre dans un état raciste appelé « État juif ». Donc leurs droits à l’autodétermination seraient supprimés. En échange de quoi ? Qu’un tiers de la population palestinienne puisse vivre dans un bantoustan.

Donc, premièrement, la solution à deux États est une solution raciste. Deuxièmement, on demande à un groupe de Palestiniens de renoncer à leurs droits humains pour que des droits limités soient accordés à un autre groupe de Palestiniens. Donc, c’est aussi une proposition qui contredit les droits palestiniens et le droit à l’autodétermination. Et cela est clairement visible dans chaque aspect de tout ce qui s’est passé au cours des vingt ans qui ont suivi les accords d’Oslo. Et notez bien qu’Israël ne parle plus d’une solution à deux États. Il parle d’une solution « de deux États pour deux peuples ». Et c’est fondamental.

Vous vous rappelez Condoleezza Rice ? Ce n’est pas quelqu’un qu’on peut considérer comme politiquement très progressiste. Mais elle a publié un livre, il y a quelques semaines, et, dans son livre, elle parle de la question palestinienne et elle évoque un entretien avec Tsipi Livni, qui était alors ministre des Affaires étrangères. Et Condoleezza Rice écrit : « J’étais choquée d’entendre Tsipi Livni parler des objectifs israéliens en terme d’un État purement juif sur le plan ethnique. J’étais choquée. »
Bien que Condoleezza Rice soit très à droite aux États-Unis (maintenant tout le monde est très à droite aux États-Unis, y compris Barack Obama). Mais, néanmoins, elle a été élevée en Caroline du Sud sous le système de l’apartheid, l’apartheid officiel qui a existé aux États-Unis jusque dans les années soixante. Et ce que Tsipi Livni disait, rappelait à Condoleezza Rice le Sud des États-Unis où elle a grandi.

Donc, voilà ce que veut dire une solution à deux États. Et le langage fantaisiste d’un prétendu processus de paix, lorsqu’ils parlent de « deux États vivant côte à côte en paix », c’est bien la dernière chose qui se passerait s’il y avait deux Etats.

Et nous le savons. Avigdor Lieberman disait : « Si nous donnons un État aux Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza, nous nous retrouvons avec un demi-État car ce que nous voulons, c’est un État juif. Quel intérêt avons-nous de céder des territoires si nous avons toujours un million et demi  de Palestiniens qui vivent parmi nous ?»

Et Tsipi Livni a dit la même chose publiquement et aussi de façon répétitive lors des négociations avec l’Autorité palestinienne. Et cela a été détaillé dans les « minutes » des « Palestine Papers » qui ont été rendues publiques par Al Jazeera plus tôt dans l’année.

Les Israéliens n’ont pas cessé de poursuivre leur but de se débarrasser des Palestiniens en Israël et de les transférer vers un État palestinien. Donc le résultat le plus probable d’une tentative de re-diviser la Palestine en deux États ne serait pas la paix. Ce serait le nettoyage ethnique des Palestiniens d’Israël vers d’autres parties de la Palestine. Ce serait l’achèvement de ce qu’Israël a commencé en 1948 et cela se passe déjà maintenant.

Cela se passe au Naqab avec les Bédouins, cela se passe à Jaffa, cela se passe à Akka, cela se passe à Haïfa, où vous avez des colons de la Cisjordanie qui se rendent dans les villes à l’intérieur d’Israël en utilisant exactement les mêmes techniques qu’ils ont utilisées à Hébron, à Jérusalem-Est pour expulser les Palestiniens qui restent à Jaffa, Akka et Haïfa . Donc tel serait le résultat : ce serait le nettoyage ethnique et la perpétuation du conflit.

Et même si les Palestiniens avaient un État dans une partie de la Palestine, de quoi aurait-il l’air ? Nous savons déjà que cela peut être un Etat, mais que ce ne sera pas la libération.
Et ce ne sera pas l’autodétermination. Ce serait un État « comme tout autre État » dans le pire sens du terme. Un État qui, dès le moment où il naîtrait, se trouverait déjà dans les mains d’élites néolibérales, dans les mains du FMI, dans les mains des « donnateurs » européens, dans lequel le dernier à avoir son mot à dire serait le peuple palestinien, les citoyens même de ce prétendu État.

Et ce n’est pas pour cela que les Palestiniens se sont battus : ils ne se sont pas battus pour avoir un Kosovo occupé par l’Otan et dirigé par l’Union Européenne. Même les États de l’UE ne sont pas gouvernés par leurs peuples, aujourd’hui.

Je veux dire : Salam Fayad, quelqu’un dont personne, aucun Palestinien, n’avait jamais entendu parler avant, qui a été imposé par la soi-disante communauté internationale, et lorsque nous utilisons le terme de « communauté internationale », nous devons savoir de quoi nous parlons : cela veut dire les Etats-Unis et tout ceux qui sont d’accord avec les Etats-Unis. C’est cela la soi-disant communauté internationale. Ce n’est pas l’Indonésie ou l’Inde ou l’Afrique ou le peuple, ce n’est pas cela, la communauté internationale.

« Un million et demi de personnes à Gaza sont mises en cage comme des animaux, parce qu’elles ne sont pas juives. C’est la seule raison. »

Donc, Salam Fayad est devenu le modèle, même pour l’Europe : vous prenez un quelconque banquier du FMI ou de la Commission européenne, et vous l’imposez sans élections, c’est ce qui s’est passé en Grèce, c’est ce qui s’est passé en Italie, et vous feriez bien de choisir un Premier ministre en Belgique avant que l’Union Européenne ne vous en choisisse un à votre place. Donc, c’est cela le modèle, et cela n’a rien à voir avec la libération de la Palestine, cela n’a rien à voir avec les droits du peuple palestinien.

Quelqu’un mentionnait : « A quoi bon de parler d’une solution à un État, si les Israéliens ne l’acceptent pas. » Ceci est vraiment une façon de pensée complètement erronée.

C’est une façon de penser qui serait logique si vous pensiez que les Palestiniens et les Israéliens sont égaux, que cela se passe dans un cadre de négociation démocratique. Mais les Israéliens et les Palestiniens ne sont pas des néerlandophones et des francophones vivant en Belgique. Il y a un peuple occupé, colonisé, vivant sous la botte d’un régime colonial brutal, soutenu par les Etats-Unis et l’Union Européenne, entre autres, et vous ne pouvez pas parler d’eux en tant qu’égaux, négociant les uns avec les autres dans une situation de parité. Donc l’opinion des colonisateurs ne devrait pas être notre préoccupation. Vous savez, ce que nous disons, c’est que les colonisateurs doivent mettre un terme à leur occupation et à leur colonialisme. On ne peut pas leur demander cela.

Personne ne disait que les colons français qui ne voulaient pas mettre fin à leur beau régime de colonisation, qu’ils avaient « le droit à l’autodétermination ».  On ne se préoccupait pas de ce qu’ils pensaient. Personne ne disait – quoique que certains l’aient pourtant dit,  mais il appartenaient à une droite très extrémiste – que les blancs en Afrique du Sud ne voudraient pas accepter la démocratie et que pour cette raison, il ne fallait pas leur demander de mettre un terme à l’apartheid. Ou que nous devrions dire aux noirs en Afrique du Sud : acceptez les bantoustans que le régime blanc vous donne, parce que ce qu’il y a de mieux pour vous, vous devez être pragmatiques.

En fait, quand vous regardez les sondages d’opinion, les études qui ont été faites parmi les blancs en Afrique du Sud, dans les années 80 et jusqu’en 1993, la majorité écrasante des blancs en Afrique du Sud était opposée au système de « un homme – un vote ».
Il n’existait pas de grand soutien à la démocratie chez les blancs en Afrique du Sud, ils y étaient opposés. Ils disaient : « OK, on peut de nouveau négocier, nous pouvons avoir une sorte de partage de pouvoir, mais une personne – un vote, c’est hors de question. »

Alors qu’est-ce qui a fait la différence ? Quelqu’un l’a mentionné : la pression, le boycott, le désinvestissement et les sanctions. La logique consistant à boycotter Israël et exercer des pressions sur Israël, ce n’est pas pour nous faire sentir bien nous-mêmes, mais pour changer les dynamiques de pouvoir. Israël peut dire non, parce qu’il est fort. BDS (boycott, désinvestissement et sanctions) veut changer cette dynamique de pouvoir. De sorte  qu’Israël ne dicte plus ce qui est possible et considéré comme réaliste, et ce qui est considéré comme pragmatique.

Une des choses que les gens disent parfois, c’est que réclamer le droit au retour n’est pas pragmatique. Les réfugiés palestiniens doivent être réalistes. Il n’y aura pas de retour, vous savez, parce que vous devez être pragmatiques. Pourquoi ? Cela n’est pas pragmatique du tout. Israël parle d’amener encore un million de Juifs venant de monde entier afin de les faire vivre en Israël et dans les territoires occupés. Est-ce que cela est pragmatique ? Cet espace, cette terre disponible : apparemment Israël a assez de ressources pour construire des maisons pour eux… Donc il paraît qu’il est pragmatique d’amener un million de colons, mais pas de ramener les gens qui sont vraiment de là ! Donc il n’y a pas un problème d’espace, ou de terre, ou de maisons ou de ressources.

Ce qui est supposé être pragmatique c’est que les Palestiniens ne sont pas des juifs, c’est la seule raison. Un million et demi de personnes à Gaza sont mises en cage comme des animaux, parce qu’elles ne sont pas juives. Si ces gens étaient juifs, si on pouvait changer une chose concernant les gens de Gaza, s’ils étaient juifs, Israël ouvrirait les barrières et le mur du ghetto pour les inviter à revenir chez eux, dans leur pays. C’est de cela qu’il s’agit.

Donc, dans cette soi-disant solution à deux États, il s’agit de préserver Israël en tant que colonie de peuplement dans laquelle les Juifs maintiendront le contrôle politique, économique et militaire.

Un point que quelqu’un d’autre mentionnait dans la session précédente, c’est que s’il y a un État, comment pouvons-nous garantir qu’il ne perpétuera pas simplement le statu quo avec les Juifs israéliens en tant que classe privilégiée et les Palestiniens restant la classe pauvre ?

Bien sûr, nous ne pouvons pas garantir cela, s’il n’y a pas un effort significatif en vue de renverser et corriger cette situation. Mais c’est une fausse affirmation de penser que « deux États » puisse modifier cette situation. En fait, « deux États » rend incontournable, enserre et légitime l’inégalité. Comme aujourd’hui. Israël dit : on n’est plus à Gaza ; Gaza n’est pas notre problème. Le fait que le revenu moyen à Gaza est de un quarantième d’un revenu moyen en Israël, que la population de Gaza vit avec un revenu situé en dessous du nécessaire vital, ce n’est pas notre problème. Gaza, ce n’est pas Israël. Gaza est seulement une partie d’Israël au moment où la Flottille arrive. Alors soudainement, la Flottille viole la souveraineté d’Israël. Mais, sinon, ce n’est pas notre problème. Ceci serait la situation s’il y avait un soi-disant État palestinien. Comme c’est la situation maintenant entre l’ancienne Europe coloniale et l’Afrique. Bien, ces pays sont pauvres, mais ils sont indépendants. Et nous leur accordons « de l’aide » par un effet de notre générosité. Mais nous n’avons pas de responsabilité pour réparer les conséquences du colonialisme. Ce ne sont pas nos citoyens. Donc la création d’États a été une garantie de pauvreté, une garantie de dépendance et une illusion d’indépendance. Et nous connaissons cela assez maintenant dans la période post-coloniale. C’est simplement un mensonge de continuer de dire au peuple palestinien que s’il peut agiter un drapeau et dire qu’il a un État, qu’il va avoir ses droits et que sa situation va être améliorée.

Donc, pour résumer : nous devons changer de discours, et éliminer, que cela nous plaise ou non, ce discours mort concernant la création d’un État, d’institutions d’un État formel, cette fausse déclaration d’État qui n’a rien à voir avec l’autodétermination et poser à nouveau les problèmes en termes de droits. Et des droits pour tout le peuple palestinien. Pas seulement des Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Mais aussi des Palestiniens en Israël qui ont le droit de vivre comme un peuple libre et égal dans leur pays, pas sous le régime d’un état juif raciste. Des réfugiés palestiniens qui ont le plein droit de participer à l’autodétermination, y compris avec un réel droit au retour. Nous devrions plus être préoccupés par les droits des réfugiés que par les droits des colons israéliens. Je ne comprends pas d’où vient cette préoccupation. Et est-ce que cela veut dire que les Juifs israéliens n’ont pas leur place ici ?  Yasser Arafat disait en 1974 dans son fameux discours aux Nations unies :
« Nous voulons vivre ici, avec les juifs qui sont d’accord de vivre avec nous sur une base démocratique et d’égalité, sans privilèges racistes ou coloniaux ». Je pense que la plupart des Palestiniens soutiennent cette idée. C’est un mensonge pur et simple de prétendre que les Palestiniens disent qu’il faut rejeter les Juifs à la mer. La question n’est pas de savoir si les Palestiniens sont d’accord de vivre côte à côte avec les Juifs sur une base d’égalité, mais bien de savoir si les Israéliens sont d’accord de faire cela. »
Et la réponse, jusqu’à présent, a été négative.
Israël parle d’une « menace démographique » et d’un « suicide ». Mais il ne s’agit pas d’une menace contre la sécurité physique des Juifs, mais d’une menace contre le système d’apartheid et les privilèges dont profitent les Juifs sous ce système.

Laissez-moi finir ici, en disant que le point fondamental, ce qui va déterminer la situation, ce n’est pas ce que nous discutons ici dans cette salle, mais la lutte que nous engageons, en particulier en Europe pour mettre l’accent sur le BDS, pour le soutenir, pour le pousser en avant. Merci. »

Mise à jour le Mardi, 22 Novembre 2011 21:37

Source : http://www.pourlapalestine.be/

Fred et Marie : violent


 

 

Fred et Marie : violent!« Fred et Marie » c’est un film d’une quinzaine de minutes et une interface inédite permettant d’y réagir. L’ensemble constitue une campagne de la fédération Wallonie Bruxelles et de la Cocof pour prévenir la violence psychologique au sein du couple.

L’ambiance est lourde, chez Fred et Marie. Elle prépare leur diner d’anniversaire de cinq ans de mariage, et subit son homme qui lui interdit la présence d’une amie, lui impose sa robe, la maltraite,… Elle est éteinte, effacée derrière cet homme totalitaire. Violent!Les acteurs sont magistraux et l’on a froid dans le dos à la vue des ces scènes. « Pour un couple sur huit, ceci n’est pas une fiction », indique la campagne.

Le dispositif est original : le film est intégré à une interface qui permet de réagir aux différents personnages mis en scène en allant voir leur profils – fictifs donc – créés sur Facebook. Original, mais cela ne risque-t-il pas de rendre finalement peu visible une discussion qui s’en trouve du coup dispersée sur plusieurs pages ?

http://www.fredetmarie.be

Tunisie : Moncef Marzouki refuse de recevoir une délégation du lobby pro-israélien américain


publié le mardi 22 novembre 2011

La délégation du comité juif américain venue en éclaireur en Tunisie, le 14 novembre, afin de sonder les réelles intentions de la nouvelle équipe dirigeante sur la rupture des relations diplomatiques avec Israël, susceptible d’être incluse dans la future Constitution tunisienne, a eu droit à deux comités d’accueil, à l’attitude diamétralement opposée.

Hamadi Jebali, secrétaire général d’Ennahda et, depuis peu, chargé de la direction du gouvernement temporaire, a ouvert sa porte au groupe emmené par Jason F. Isaacson, directeur du gouvernement et des Affaires internationales, tandis que celle de Moncef Marzouki, le président du CPR et récemment nommé président de la République, est restée hermétiquement close, en signe de fidélité aux principes qui l’honorent.

Après la chute vertigineuse de l’autocrate Ben Ali, allié indéfectible de l’entité sioniste, le lobby pro-israélien américain, habitué à faire la pluie et le beau temps en terre tunisienne conquise – servant à la fois d’arrière-garde pour la base américaine Africom et autorisant les flottes US à voguer dans ses eaux territoriales – s’aventure aujourd’hui en terrain inconnu et plutôt miné, si l’on en juge par les premières déclarations sans ambages d’Ennahda, hostiles au maintien de toutes relations diplomatiques avec Israël.

Une limpidité dans le discours officiel qui n’a pas été traduite par l’accueil en demi-teinte d’Hamid Jebali, alors que le veto de Moncef Marzouki l’a pleinement reflétée.

source

Parce que je suis juif de cette dignité, je résisterai.


21 novembre 2011

https://i0.wp.com/tianplus.blogs.nouvelobs.com/media/00/02/305640147.jpeg

Écho de résistance (1).
le 17 novembre 2011
Me voici « cité à comparaître devant le Tribunal Correctionnel », comme « prévenu ». Un petit papier arrivé par Huissier. « Première audience de fixation ». Tout de suite suinte la menace : gare à l’absence immédiatement punie. Entrée en matière par le « Bureau de l’Exécution des peines » : il faut fournir justificatifs de revenus et moyen de paiement. Je suis convaincu que l’intimidation est l’enjeu de ces multiples citations à comparaître.

Ah oui, mon crime ? Appeler à Boycotter Israël jusqu’à l’application du Droit International, la reconnaissance de la Palestine dans les frontières de 67. BDSiser pour que le gouvernement israélien reconnaisse le peuple palestinien, son droit à un égal respect, à son État indépendant.
C’était le 26 juin 2010. Juste avant un autre procès sur le même thème qui visait Omar Slaouti et Alima Boumédienne. Leur inculpation nous paraissait tellement absurde, tellement dénuée de tout fondement que nous avions décidé de tourner en ridicule cette comparution. Nous avions organisé une pièce de théâtre au milieu des rayons du supermarché Carrefour, les inculpés revêtus d’habits de bagnards. Puis nous avions manifesté dans l’espace commercial appelant au boycott des produits israéliens. Deux policiers devant, deux policiers derrières, sans incident. Dans la dignité. Nous étions une centaine,venus « secrètement ». Le verdict de ce procès avait confirmé le caractère infondé de cette inculpation.

Plusieurs d’entre nous avaient pris la parole pour donner ses motivations. Tout a été filmé, diffusé. Nous assumons nos actes, avec fierté. C’est à partir de ces images que nous avons été 7 convoqués par la Police, puis à ce Tribunal Correctionnel :
  • Alcini Laurent (PCF , Front de gauche),
  • Boumédienne Thiery Alima (EELV, ex-sénatrice),
  • Shahshahani Nicolas (Europalestine),
  • Slaouti Omar (NPA),
  • Amestoy Sylvette (EELV),
  • Desmet Sylvain (EELV)
Nous dénoncions une injustice, une guerre, des crimes, la négation d’un peuple, le Droit
bafoué, et nous voilà accusés ignominieusement de « délit de provocation publique à la
discrimination à l’égard de personnes à raison de leur appartenance à une nation », « faits prévus et punis par l’article 24 alinéa 8 de la loi d 29 juillet 1881 » (ainsi notifié, mais j’imagine plutôt 1981 ? Je ne suis pas juriste)
Des hommes, des femmes, des enfants sont massacrés et il faudrait se taire ! Des populations sont parqués dans des ghettos, et il faudrait se taire ! Des paysans sont privés de leurs terres, de leur eau, et il faudrait se taire ! JAMAIS !
Nos paroles sont des paroles de solidarité et de refus de l’injustice. Ce sont des mots qui dénoncent et s’indignent d’actes politiques commis par un gouvernement extrémiste, fascisant. Nous sommes l’engagement pour les valeurs humaines. Ceux qui nous menacent devant les tribunaux ne sont que d’ignobles individus, méprisant à l’égard d’un peuple, complices d’une politique guerrière ne cherchant qu’à soumettre. Ce sont d’infâmes totalitaires voulant bâillonner ceux qui les dénoncent.
Comment accepter cela ? Comment tolérer de se soumettre ?
Tout dans ce que je suis, dans mon être, se refuse à cette soumission.
Je suis juif. Ma mère, mon père sont juifs. C’est une histoire longue, profonde, faite d’immigration, de persécutions redoutées et fuies, de frontières franchies sans bien connaître les usages et les langues. C’est cette peur mainte fois exprimée de retrouver l’état de paria et de population exutoire pour les périodes de crises. Tant de siècles de cet état ont marqué en profondeur les consciences et ont nourrit le sentiment que jamais, jamais, la sérénité n’est assurée. Jamais.
Mais pour moi, pour ma famille, être juif ce n’est pas seulement cela. Pas uniquement cette crainte devenue aveuglante. Je suis de cette culture juive de la dignité et de la résistance. Du combat partagé pour la justice et la fraternité. Des leçons de l’oppression pour refuser partout, à l’égard de quiconque, ce qui porte atteinte à la dignité humaine. Je suis enfant de Raymond Aubrac, de Marek Edelman, de Joseph Epstein.
Parce que je suis juif de cette dignité, je résisterai.
Serge Grossvak

LA PALESTINE DANS TOUS SES ETATS


LA PALESTINE DANS TOUS SES ETATS

samedi 26 novembre à partir de 15h
à l’Espace Magh(Rue du Poinçon 17 – 1000 Bruxelles)

Tribunal Russell sur la Palestine : « Israël coupable du crime d’apartheid »

Marianne Blume, témoin lors de la 3ème session du Tribunal Russell sur la Palestine(TRP)

Eric David, professeur de droit international à l’ULB,

Conclusions de la 3ème  session du TRP qui s’est tenue du 5 au 7 novembre à CapeTown en Afrique du Sud. la reconnaissance de l’Etat palestinien ?

 

Mustafa Barghouti, Membre du Conseil législatif palestinien, président de l’Initiative Nationale Palestinienne


Jean-Paul Chagnollaud,
professeur de sciences politiques à l’université de Cergy-Pontoise et auteur de « Atlas des Palestiniens, Un peuple en quête d’un Etat »

Evolution de la lutte du peuple palestinien pour l’autodétermination et l’attitude de la communauté internationale vis-à-vis d’elle. mes et résistance

 

Naella Khalil, journaliste à Ramallah, lauréate du  Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse en 2008

Nadia Abu Nahla, militante des droits des femmes, directrice de l’association Women Affairs Technical Committee à Gaza

 

Panorama de la campagne BDS    Les prochains rendez-vous et campagnes BDS !

La journée sera présidée par Pierre Galand, président de l’ABP

A 20h le concert d’Amal Murkus sera précédé d’une prise de parole de Leila Shahid, Déléguée générale de la Palestine auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Luxembourg.

CONCERT avec AMAL MURKUS

 

  A 20h, la journée se clôturera par un concert d’Amal Murkusaccompagnée par Nasim Dakwar au Oud et au violon et Naif Sirhan aux percussions.

Amal Murkus est une des voix les plus connues en Palestine. Sa voix tantôt chaude et douce, tantôt haute et forte traduit toutes les nuances de l’émotion et du combat.

Traduction simultanée EN/FR

Colloque: “Israël-Palestine: un ou deux états ?”


L’Autorité nationale palestinienne souhaite un état palestinien indépendant à côté de l’état d’Israël. Quelle est la meilleure solution au conflit israélo-palestinien selon l’avis des experts: un ou deux états?

L’asbl Palestina Solidariteit organise un colloque où des spécialistes présentent leur point de vue sur la question:

Ali Abunimah: journaliste palestino-américain, cofondateur de ‘The Electronic Intifada’, auteur de ‘One Country: A bold Proposal to end the Israeli-Palestinian Impasse’

Leila Shahid: déléguée générale de la Palestine auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Luxembourg

Lucas Catherine: auteur des plusieurs ouvrages sur la question : ‘De Israëllobby’, ‘Gaza: Geschiedenis van de Palestijnse Tragedie’, ‘Palestina: De laatste kolonie?’

Brigitte Herremans: collaboratirce Moyen-Orient de Broederlijk Delen et de Pax Christi Vlaanderen

Henri Wajnblum: ancien président de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB)

Ludo De Brabander de Vrede vzw préside le colloque.

Je vous inclus l’intervention de Ali Abunimah (en anglais) ; les autres contributions suivront ultérieurement


Détachement délusionnel, Assad par lui-même


Dernier paragraphe de la présentation du sujet fait par OTW  suivi du compte rendu d’une réunion entre des étudiants et le Président syrien.

… Les premiers mois (nous comptons maintenant en mois et non plus en jours) du soulèvement, en dirigeant « populiste civilisé » M. al-Assad a assisté à une multitude de réunions avec des « représentants » de la société syrienne. Parmi ces groupes,  il y en avait qui réunissaient des jeunes. Un premier compte rendu de cette réunion a été faite par un jeune homme dans une version  très neutre. Toutefois,  il y a deux jours, ce même jeune homme a publié une nouvelle version dans laquelle il a donné plus de détails sur certaines des réponses faites par le président. J’ai posté cette version en commentaire dans le chapitre précédent (du site) mais il est bon de mettre en lumière le niveau de détachement, d’obstination et de  dogmatisme de l’homme dont  les analystes naïfs en Occident estiment qu’il a été trahi par son « éducation occidentale » mythique et peut être facile à contester.  Lisez le dialogue et vous y trouverez la recherche du  droit, du bien et de la justice dans les questions posées par les jeunes et par contre l’ambivalence criminelle et le détachement des réponses dogmatiques de M. Assad.

Houssam Arian vendredi 18 novembre 2011

Tout d’abord je voudrais signaler que j’ai refusé de publier l’aspect désastreux de notre débat plus tôt. Ce que j’ai dit a été publié par le journal Alsafir en une phrase qui se résume  à ceci :

nous sommes allés proposer des solutions et non pas demander des faveurs personnelles ; en dépit de cela, certains ont demandé des faveurs personnelles. Je voudrais aussi dire que je suis irrité par la question « quelles sont vos demandes ? » que j’entends à chaque fois que nous rencontrons des représentants du régime au sujet de l’émission « la voix des étudiants »». J’avais l’impression que nous étions embarqués dans une mission de mendicité.

Le 5 mai 201,  j’ai reçu un appel téléphonique du syndicat  des étudiants syriens. J’ai appris que mon nom avait été retenu avec ceux d’autres jeunes de toute la Syrie pour assister à une réunion avec le président al-Assad afin d’ examiner la situation actuelle. On m’a  aussi dit que la réunion aurait lieu deux jours plus tard, c’est-à-dire le 7 mai 2011. J’ai accepté et je me suis rendu à Damas pour assister à la réunion au palais présidentiel. Nous sommes tous entrés. Un groupe de 14 jeunes gens et jeunes filles. Après les souhaits de bienvenue et les présentations,  la réunion a commencé. J’ai choisi d’intervenir en dernier  espérant ne pas voler les idées de mes camarades sans m’en rendre compte. Voici ce qui m’a abasourdi dans les réponses que nous avons reçues :

Nous devons relancer le rôle du parti Baath  parce que ces dernières décennies, les citoyens syriens n’ont pas senti l’importance du parti au pouvoir dans le gouvernement

C’est  la réponse du président à une jeune fille de Homs qui avait évoqué l’annulation de  l’article 8  de la constitution le plus rapidement possible afin d’éviter les controverses et de permettre l’établissement de partis opposés au Baath

Le service militaire dans son état actuel est en fait un service national. Même si c’est un docteur qui est en poste à un check-point et qui se bat. Ce faisant il sert en fait son pays.

C’est la réponse qu’a reçue un des participants de Qamishli quand il a suggéré que l’on transforme le service militaire en service national. On  pourrait ainsi  utiliser les  conscrits dans leur domaine de compétence, comme par exemple envoyer des ingénieurs participer  à des projets gouvernementaux ou envoyer des enseignants travailler dans des régions défavorisées. Ceci permettrait d’atteindre deux objectifs : d’abord couvrir toutes les écoles en Syrie et deuxièmement,  économiser beaucoup d’argent qui pourrait être utilisé pour améliorer l’infrastructure scolaire dans certaines régions.

Ce fut le tour d’un gars de Hasakeh, qui avait une simple demande : comment pouvons-nous arrêter les tabassages et les assassinats par les services de renseignements. Quand ils essaient d’arrêter quelqu’un ne peuvent-ils pas le faire avec un peu de respect ?

La réponse : nous formons des forces de police spécialisées dans la gestion des manifestations. Elles commenceront leur travail dans les prochains mois.

Je crois que ce furent les questions les plus importantes posées avant que ce ne vienne mon tour et j’ai posé trois questions : d’abord, puisque le gouvernement relate la vérité sur ce qui se passe en Syrie  et non pas des mensonges ou des fabrications, pourquoi n’autorisons-nous pas la presse à venir en Syrie pour voir ce qui se passe et pour prouver une fois pour toutes que le gouvernement syrien dit la vérité.

Il a répondu que nous n’avons pas besoin de la presse extérieure pour deux raisons : d’abord parce que les agences de presse ont des journalistes dans le monde entier sauf en Syrie, raison pour laquelle elles ont besoin d’obtenir leurs nouvelles auprès de notre presse syrienne et nous leur communiquerons  la vérité sur ce qui se passe sur notre sol ; deuxièmement, pendant toutes ces années notre presse n’a jamais eu la chance de se faire connaître au niveau mondial. Aujourd’hui elle profite de cette occasion pour accroître ses compétences dans ce domaine.

Ma deuxième question : de façon générale les Arabes sont assez émotifs. C’est un trait de caractère appréciable, mais qui peut être aussi négatif s’ il n’est pas manié correctement. Je suggère donc que les services de renseignements évitent des arrestations au hasard et traitent les détenus de façon humaine et civilisée.

Sa réponse : c’est vrai, nous sommes des émotifs et pour surmonter ce que vous mentionnez,  nous devrions tout d’abord suivre la presse véridique sur le terrain. Cela nous aidera à nous orienter sur ce qu’il convient de faire de nos émotions. J’ai aussi répondu à votre ami que nous formons la police à gérer les manifestants avec respect.

Ma troisième question: puisque vous avez le leadership, la sagesse et le système judiciaire, pourquoi n’a-ton pas traduit en justice  les complices et les coupables de l’assassinat de Syriens comme par exemple Atef Najeeb.

Là,  il baisse la tête et il dit oui Atef Najeeb est complice,  mais personne n’a intenté de procès contre lui. En outre, il est mon cousin germain et je ne l’ai pas vu depuis 22 ans.

J’ai alors perdu mon calme et j’ai osé l’interrompre pour lui dire que pas plus tard que la veille,  quelques-uns de mes amis avaient été arrêtés pendant une manifestation à laquelle il ne participaient même pas. Lorsque nous avons essayé de les faire sortir par le biais du système judiciaire, on nous a dit : qui allez allez-vous poursuivre ? Là, le président  m’a demandé de lui donner le nom de mes amis détenus,  mais j’avais encore une question : quel est le sort des autres détenus ? Il a poursuivi, s’adressant groupe :

Hier, il y a eu 19 arrestations à Seif Aldowleh et c’étaient tous des clochards.

Je l’ai à nouveau interrompu pour lui dire : sur les 19 que vous venez de mentionner, cinq sont des médecins. En outre, cette nuit-là  les arrestations ont dépassé 200 personnes . J’ai poursuivi et qu’en est-il de la nouvelle loi sur les manifestations ?

Il nous a dit : nous nous intéressons pas à ceux qui manifestent, mais plutôt à ceux qui rapportent l’événement et le communiquent à la presse étrangère.

Quelques moments plus tard, son garde personnel est venu nous dire que l’entrevue était terminée. Avant que nous ne partions, le président nous a demandé si l’un d’entre nous voulait passer sur le canal Aldunya pour parler de notre réunion avec lui. Aucun d’entre nous n’a répondu. Il y a eu un silence et puis il a dit :

On en est arrivé là ?

Moi-même et la personne à côté de moi avons répondu simultanément : et  bien plus.

L’interview a été traduite de l’arabe en anglais et ceci est donc une traduction d’une traduction,  exercice imprécis et difficile s’il en est.

Vous trouverez l’original arabe et la traduction en anglais ici : http://7ee6an.wordpress.com/2011/11/19/delusional-detachment-assad-in-his-own-words/#more-560

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