Amnesty International dénonce des crimes contre l’humanité en Syrie


06 juillet 2011

Lors d’une manifestation de soutien aux contestataires syriens au Liban, le 24 juin, un manifestant brandit le portrait d’un Syrien ayant été tué.

« Les méthodes brutales utilisées lors d’une opération de sécurité dévastatrice syrienne dans la ville de Tell Kalakh, dans l’ouest du pays, s’apparentent à des crimes contre l’humanité […] dès lors qu’elles s’inscrivent dans le cadre d’une attaque généralisée et systématique contre la population civile », a dénoncé l’organisation Amnesty International dans un rapport publié le 6 juillet.

Les faits sur lesquels l’organisation a enquêté remontent à la mi-mai, lors d’une vaste opération menée par les forces de sécurité et l’armée contre les habitants de cette ville située près de la frontière libanaise. L’opération, qui a débuté le 14 mai, au lendemain d’une manifestation anti-régime, n’aura duré que quelques jours. Selon des militans, elle aurait fait au moins 26 morts, des dizaines de blessés et forcé des milliers d’habitants à fuir au Liban.

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Fin de régime dans le huis clos syrien ?


LEMONDE | 04.07.11 | 13h31

Une incroyable guerre d’usure se livre dans le huis clos syrien. Le président Bachar Al-Assad a jeté dans la bataille tous les organes répressifs sur lesquels repose le régime hérité de son père : appareils de sécurité, milices, armée. Un outil qui a fait ses preuves par le passé mais qui bute sur la lame de fond d’une exaspération, d’une colère et d’une détermination que rien ne semble pouvoir enrayer. Le régime est toujours là, mais comme une coquille vide, ramené à son noyau dur : les sinistres « services ».

Chaque vendredi, depuis la mi-mars, les rues grondent contre un pouvoir arc-bouté sur le seul impératif de sa préservation. Vendredi 1er juillet, ils étaient sans doute près d’un demi-million dans les rues de la ville de Hama.

Les centaines de morts depuis le début de ce soulèvement, les dizaines de milliers d’arrestations, les menaces et les tortures semblent incapables de relever le mur de la peur, qui paraissait plus solide en Syrie que partout ailleurs dans le monde arabe.

Sans doute le régime dispose-t-il encore des moyens de résister à son peuple. Il est préservé contre la moindre intervention extérieure. La Ligue arabe reste interdite et muette sur les exactions perpétrées par l’un de ses membres, et la Russie est décidée à préserver, coûte que coûte, l’un de ses rares alliés dans une région où elle souhaite continuer à disposer d’une influence.

Jusqu’à présent, contrairement à la Tunisie, à l’Egypte ou au Yémen, aucun craquement n’a été enregistré au coeur d’un système dominé par un clan appartenant à la communauté ultraminoritaire des alaouites et qui ravive, pour son seul intérêt, les craintes d’affrontements confessionnels entre les différentes familles composant la très complexe mosaïque syrienne.

De même, la dénonciation du régime et de ses pratiques a cristallisé un rejet stupéfiant par son ampleur, mais qui n’a pas donné naissance pour l’instant à une alternative structurée.

C’est la principale faiblesse de cette contestation en même temps que sa force, puisqu’elle mobilise des ressources nouvelles qui ont échappé au quadrillage des services de renseignements. Capable de livrer sans état d’âme une guerre civile contre une insurrection armée, comme à Hama en 1982, le régime syrien est impuissant dans la même ville, près de trente ans plus tard, face à une mobilisation pacifique et citoyenne.

Cette résilience du pouvoir syrien ne semble pourtant pas être l’assurance d’une reprise en main une fois la contestation épuisée. L’épreuve à laquelle il est soumis le laisse incapable de la moindre prise sur les événements, comme l’ont montré les interventions successives, également inutiles, du président Al-Assad. Ce dernier est confronté au dilemme bien connu du dictateur : la réforme impossible parce qu’elle ouvre les vannes à un courant qui finit par tout emporter, ou bien la répression accrue qui renforce l’opposition intérieure et l’isolement international.

Sa capacité de nuisance reste grande, mais il se bat à reculons.

Article paru dans l’édition du 05.07.11

Si de Rudyard Kipling revu par Rudi


A la manière de Rudyard Kipling

Si

SI tu peux détruire les ouvrages de leur vie
Et, sans état d’âme écraser leurs protestations
Si tu peux les tuer sans perdre ta sérénité
Et bombarder leurs villages sans cesser d’être pieux

Si tu es persuadé de faire partie d’un peuple élu
Et que Dieu t’a légué cette terre
Si tu considères que ta bible est sa parole
Et que l’Histoire doit se soumettre à elle

Si tu crois être du même sang que ceux qui vivaient ici il y a 2.000 ans
Et convaincu qu’il faut soumettre ceux qui y vivaient jusqu’à aujourd’hui
Si tu sais être dur envers eux, sans jamais être en rage
Et que les asservir est pour toi une noble mission

Si pour toi, les lois d’apartheid ne sont pas des lois racistes
Mais qu’il faut se protéger contre ceux qui pensent autrement
Si épouser une non-croyante est pour toi une obscénité punissable
Et un risque de dégénérescence pour la pureté de ton peuple

Si ton hymne national te fait vibrer d’enthousiasme
Si chaque matin tu te demandes ce que tu peux faire pour ton pays
Et si pour toi, tout opposant est un terroriste

Si tu as le courage de capturer des enfants qui t’injurient
Et que tu peux rester impassible devant leurs larmes
En les plaignant d’avoir ce bas sentiment qu’est la haine

Si tu es convaincu que ton armée est d’une grande moralité
Et que chaque guerre qu’elle mène est une guerre juste
Si tu es prêt à porter le glaive chez les mécréants
Et à exterminer les ennemis intérieurs et extérieurs

Si, pour défendre ton pays, tu es prêt à falsifier des faits
Que toute condamnation internationale t’est insupportable
Et que les accusations de crimes contre l’humanité t’indignent

Alors les puissants et les dieux seront tes esclaves soumis
Et te reconnaîtront comme un des leurs
Comme l’égal des meilleurs conquérants, mon fils!

MISSION « BIENVENUE EN PALESTINE » DU 8 AU 16 JUILLET 2011



« WELCOME TO PALESTINE » MISSION FROM 18 TO 16 JULY 2011

mardi 5 juillet 2011


Nous avons tenu ce mardi, au Sénat, une conférence de presse qui a permis de remettre quelques pendules à l’heure, après une dégoulinade d’âneries sur la mission « Bienvenue en Palestine », diffusées par un certain nombre d’officines israéliennes. Ci-dessous le communiqué de presse en Français et en Anglais.

COMMUNIQUE DE PRESSE

MISSION « BIENVENUE EN PALESTINE » DU 8 AU 16 JUILLET 2011

Près de 600 femmes, hommes et enfants, dont plus de 350 Français, s’envoleront vendredi prochain 8 juillet, pour se rendre en Cisjordanie à l’appel de 15 associations de la société civile palestinienne de Cisjordanie.

L’objectif est de montrer que si nos gouvernements ne semblent pas s’intéresser au sort de cette population, sous occupation depuis bien trop longtemps, il y a des femmes et des hommes de tous les pays qui sont prêts à leur apporter un soutien moral, en prenant une semaine de leurs vacances pour aller à leur rencontre.

Pour pouvoir nous rendre à Bethléem, nous n’avons d’autre choix que d’atterrir d’abord à l’aéroport de Tel Aviv, puisque le seul aéroport palestinien a été détruit par Israël au début des années 2000. Nous savons que les internationaux qui se rendent en Palestine sont plus souvent soumis à des pratiques arbitraires voire illégales, lorsqu’ils ne sont pas refoulés, ce qui les amène souvent à mentir sur les motifs de leur voyage.

Mais tous les participants français, belges, britanniques, allemands, italiens, américains, ont décidé d’un commun accord que n’ayant rien à cacher, et venant avec des intentions totalement pacifiques, ils informaient les autorités israéliennes de notre volonté de nous rendre en Cisjordanie, directement après notre arrivée à l’aéroport de Tel Aviv..

Et nous en avons dûment informé le Ministère français des affaires étrangères, qui a transmis l’information aux autorités israéliennes.

Celles-ci savent donc parfaitement que nous ne venons pas pour « semer la pagaille à l’aéroport de Tel Aviv », contrairement à ce qu’affirment certaines officines, mais bien pour rendre visite à des familles palestiniennes, partager leur quotidien pendant une semaine, visiter les villes, les villages et les camps de réfugiés, découvrir les difficultés de leurs habitants, mais aussi leur culture et leurs attentes.

Notre programme comprend notamment des échanges avec le Centre Culturel Al-Rowwad du camp de réfugiés d’Aïda (Bethléem), L’aide à la plantation d’oliviers dans les villages autour de Ramallah, ainsi qu’une visite de solidarité aux animateurs du Théâtre de la Liberté à Jénine, dont le directeur, Juliano Meir Khamis, a été sauvagement assassiné récemment.

Nous tenons à souligner que nous militons pour une paix juste et pour la liberté et la sécurité aussi bien du peuple palestinien que du peuple israélien. Une telle paix passe nécessairement par la fin de l’occupation des territoires palestiniens et le respect du droit international. Nombreux sont les Israéliens qui partagent d’ailleurs ce point de vue.

Nous partons avec des passeports en règle. Nous ne transportons rien de dangereux. Nous venons souvent en famille et sommes prêts à nous soumettre aux contrôles en vigueur dans tous les aéroports du monde. Mais nous refusons les pratiques arbitraires, c’est à dire sans rapport avec la sécurité de qui que ce soit, de même que l’humiliation.

Tous les journalistes qui veulent bien se joindre à notre voyage pourront en témoigner.

Pour se tenir informés du déroulement de la mission : www.bienvenuepalestine.com

contact@bienvenuepalestine.com

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Des associations juives obligent des manuels d’histoire à modifier l’histoire du partage de la Palestine


lundi 4 juillet 2011, par La Rédaction

Des passages de nouveaux manuels d’histoire contemporaine à destination des classes de première générale, contestés par des associations juives, vont être « modifiés » à l’occasion de l’impression des versions définitives, a indiqué lundi l’éditeur Hachette Éducation. Ces passages étaient relatifs au « partage de la Palestine », a-t-on précisé de même source. Ils étaient inclus dans des manuels « spécimens » dont la version définitive reste à imprimer, avant distribution aux classes de première L, S et ES à la rentrée 2011, dans le cadre de nouveaux programmes. Or, « après relecture, il est apparu que certains passages contestables devaient être modifiés. À l’occasion de l’impression, ils seront changés », a-t-on ajouté, sans préciser le détail des passages mis en cause ni la teneur des modifications. Le ministère de l’Éducation nationale n’avait pas réagi lundi en fin de journée.

Contacté, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Richard Prasquier a évoqué une « présentation du conflit israélo-palestinien tout à fait scandaleuse ». Il a notamment dénoncé « une idéologisation », via par exemple l’emploi du mot « nakba » (« catastrophe », selon l’appellation dans le monde arabe de la création de l’État d’Israël en 1948 et de l’exode des Palestiniens qui a suivi), quand le terme Israël « n’apparaissait pas ». Il a par ailleurs dénoncé « des erreurs factuelles », sans préciser lesquelles. Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) a reproché aux auteurs du manuel d’ »interpréter les faits historiques », de « tronquer la vérité », de « prendre parti ».

(Lundi, 04 juillet 2011 – Avec les agences de presse)

A propos des détracteurs du BDS et de leur quête de respectabilité



Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël – PACBI


Prétendre à la neutralité dans cette situation coloniale flagrante où un côté est si dominant, et essayer de projeter une fausse image de symétrie entre l’oppresseur et l’opprimé, va plus loin que l’absence de fondement et la mauvaise conception : c’est moralement suspect.
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Dans le contexte de l’application des lignes directrices du mouvement BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) pour le boycott universitaire et culturel d’Israël, la campagne palestinienne pour le boycott culturel et universitaire d’Israël (PACBI) fait face parfois à des scénarios où les détracteurs du boycott tentent de se racheter une conscience et avec elle, une certaine raison morale, en utilisant des Palestiniens ayant quelque valeur de symbole (ou plus rarement d’autres Arabes) comme couverture, pour dissimuler leur complicité dans les violations israéliennes du droit international et des droits palestiniens.

Alors que la réserve de « feuilles de vigne » diminue d’année en année, grâce au rayonnement impressionnant dans la dernière période de la conscience collective du BDS chez les Palestiniens et dans le monde arabe, il y en a encore qui sont prêts à accepter que leur nom soit manipulé dans des projets politiques cyniques de profanateurs du boycott international. Lorsque des Palestiniens et des Arabes jouent un tel rôle, c’est parfois en raison d’un manque de compréhension politique, mais le plus souvent, c’est avec la volonté de faire passer des intérêts propres avant les principes soutenus collectivement de résistance à l’oppression coloniale et à l’apartheid. Dans les années quatre-vingt-dix et la première moitié de la dernière décennie, de nombreux Palestiniens ont été attirés par des projets communs avec l’espoir d’une paix juste et véritable, et attirés aussi parce que des sommes d’argent apparemment illimitées étaient allouées à de tels projets communs par les donateurs européens et états-uniens. Au cours des deux dernières décennies, il est apparu clairement que ces projets rentraient dans un cadre politique s’attachant d’abord à créer une illusion de paix chez les Palestiniens – et dans le monde – et à soudoyer des Palestiniens en les soumettant aux diktats des Israéliens et à leur hégémonie coloniale permanente. Si une organisation israélienne voulait obtenir des fonds généreux pour un projet, tout ce qu’elle avait à faire était d’y inclure un « partenaire » palestinien, et vice versa. Ces collaborations israélo-palestiniennes ont créé une couverture parfaite pour la poursuite de la colonisation, de l’occupation et de l’apartheid israéliens, et elles ont miné le combat palestinien pour l’autodétermination.

Aujourd’hui, la plupart des projets (1) de normalisation impliquant des Palestiniens et des Israéliens sont bouclés après s’être révélés comme totalement vains ou, pire, comme une fraude bien conçue visant à donner une liberté de manœuvre à Israël dans la poursuite de son projet colonial sous la couverture de « faire la paix » de la base au sommet, comme avec les fameux « accords de paix » d’Oslo. Les quelques projets de normalisation restant peuvent continuer grâce à la persistance de structures de pouvoir, domination et dépendance créées à travers les années Oslo.

Un bon exemple en est le Programme McGill pour le Moyen-Orient (PMMO), programme d’études de l’université canadienne McGill en société civile et pour le rétablissement de la paix au Moyen-Orient, un projet de normalisation qui nous reste des beaux jours d’Oslo, et qui doit encore être dénoncé. Dans le cadre d’un projet commun unique, la prestigieuse université canadienne a signé des accords séparés avec des institutions universitaires arabes (l’université An-Najah, l’université Al-Quds et l’université de Jordanie) et des institutions israéliennes. Le fait que des représentants des « deux côtés » comme c’est le cas ici, participent à un même projet avec des objectifs communs, siègent dans les même commissions du projet, et assistent aux mêmes réunions communes, fait tomber grandement la couverture d’ « indépendance » et met en lumière la visée de normalisation de ce projet.

Les institutions palestiniennes impliquées, tout en rejetant publiquement toute normalisation avec les universités israéliennes, sont restées actives dans ce projet, voyant apparemment plus les avantages pour leurs propres institutions à garder ce partenariat en activité que le mal qu’il fait en sapant le boycott universitaire grandissant contre Israël et ses institutions complices.

Les Palestiniens ne sont pas les seuls en ce cas. Étant donné les désastreuses conditions de ressources, la famine, résultant de décennies de politiques israéliennes, d’occupation, de nettoyage ethnique et d’apartheid, nous Palestiniens, comme la plupart des autres peuples se battant pour la décolonisation et l’autodétermination, avons eu notre part non seulement de ce que nous appelons les feuilles de vignes, mais aussi de collaborations à un niveau beaucoup plus profond avec les oppresseurs en échange de petits avantages. Éviter l’idéalisation de l’opprimé et du combat palestinien est important pour arriver à une critique rationnelle de ce phénomène aussi vieux que les révolutions à travers le monde. Comme dans la plupart des autres cas, il y a généralement des gens qui veulent placer leurs intérêts personnels au-dessus de ceux de leur communauté. Cependant, l’arbre flétri de l’opportunisme, voire de la trahison, ne doit jamais cacher la forêt du consensus autour de la résistance civile palestinienne contre Israël, un consensus qui est reflété dans la direction de la campagne de boycott, le comité national du BDS (BNC).

Les universitaires et personnalités culturelles de niveau international, notamment les groupes de musique, qui tiennent à traverser le piquet de grève du boycott palestinien alors qu’il leur est demandé par le mouvement BDS de ne pas le faire, cherchent souvent à organiser des concerts, des conférences, ou même des visites symboliques dans les territoires palestiniens occupés – spécialement à Ramallah, Jérusalem et Bethléhem – comme moyen normal pour essayer d’ « équilibrer » leur position politique et de se racheter après avoir violé l’appel au boycott.

En agissant ainsi, ils ajoutent en réalité l’insulte à l’injure, en ce sens qu’ils demandent alors aux Palestiniens de s’engager dans des projets de normalisation semblables à ceux de l’ère d’Oslo tels qu’abordés ci-dessus. Prétendre à la neutralité dans cette situation coloniale flagrante où un côté est si dominant, et essayer de projeter une fausse image de symétrie entre l’oppresseur et l’opprimé, va plus loin que l’absence de fondement et la mauvaise conception : c’est moralement suspect.

Les musiciens demandent souvent aux organisations palestiniennes d’organiser une « tournée Palestine ». Certaines organisations palestiniennes peuvent avec naïveté accepter de telles tournées sans contrôler d’abord si les musiciens ne violent pas en même temps le boycott. D’autres organisations peuvent fournir volontairement une couverture palestinienne à de telles violations du boycott, parce qu’elles n’ont pas été elles-mêmes capables de surpasser des relations corruptrices, récupératrices et créatrices de dépendance, ni le discours de dialogue qui ont prévalu durant ce qu’on a appelé le « processus de paix » d’Oslo et qui a échoué.

Se débrouiller pour parler à des Palestiniens ici ou là, ou s’associer avec certaines institutions palestiniennes nulles ou faisant office délibérément de feuilles de vignes, ne peuvent réduire les dommages causés par la violation des lignes directrices du boycott, alors que de telles violations servent d’abord et avant tout à sauver le vernis fragile de respectabilité d’Israël sur la scène mondiale. Aucune feuille de vigne, quelle que soit la taille qu’elle peut sembler avoir, ne peut cacher l’acte de complicité par le blanchiment de l’occupation et de l’apartheid israéliens auquel ces détracteurs du boycott s’adonnent en franchissant le piquet de grève.

Un exemple classique en est Leonard Cohen qui, bien qu’à plusieurs reprises PACBI (2) et des collègues à lui de partout (3) lui aient demandé d’annuler son concert à Tel Aviv, a persisté et a même accepté comme premier sponsor du concert une banque israélienne profondément impliquée dans la construction des colonies israéliennes illégales sur la terre palestinienne occupée. Après avoir été largement critiqué pour cette violation flagrante du boycott dirigé par les Palestiniens, Cohen a recherché un interlocuteur palestinien, un lieu ou une organisation dont il pourrait se servir pour « équilibrer » et échapper aux critiques. Cependant, en revêtant le manteau de la « cicatrisation » et de la « paix » sans dire un mot sur la justice ni les violations par Israël du droit international, Cohen a échoué à convaincre la moindre organisation palestinienne de coopérer avec lui (4), restant désespérément à la recherche d’une feuille de vigne. Ceci, en conjonction avec les campagnes de pression concertées engagées dans de nombreux pays (5), qui finalement ont convaincu Amnesty International d’abandonner son idée de coopérer avec Cohen, l’association devant diriger les recettes de son concert vers des organisations des « droits de l’homme » (6).

Autre exemple, celui de l’université de Johannesburg, qui a dû céder aux énormes pressions (7) d’universitaires sud-africains et a rompu ses liens avec l’université Ben Gourion et qui, par suite, a essayé de trouver une université palestinienne prête à s’engager dans une relation trilatérale quoique indirecte avec l’université Ben Gourion. L’université de Johannesburg s’est trouvée alors confrontée à un consensus dans le système académique palestinien – notamment des fonctionnaires du gouvernement, des présidents d’universités et des syndicats universitaires – qui a rejeté une telle relation et soutenu qu’une solidarité sérieuse avec les Palestiniens signifiait aujourd’hui de rompre les liens avec les institutions israéliennes complices, telle l’université Ben Gourion, et de respecter les principes du BDS. Incapable de trouver un tel partenaire palestinien, le conseil de l’université de Johannesburg a finalement annulé son projet commun avec Ben Gourion (8).

Plus récemment, Shakira (auteure-compositrice-interprète colombienne) a essayé de faire de même, en utilisant son statut d’ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF pour arranger une visite dans une ONG palestinienne dans Jérusalem occupée afin d’« équilibrer » avec sa participation honteuse à une initiative officielle de propagande israélienne, à l’invitation du président israélien, Shimon Peres. Le rôle bien connu de Peres dans les innombrables crimes et violations du droit international perpétrés par Israël dans les territoires palestiniens occupés et au Sud Liban est indéniable (9). L’ONG palestinienne ciblée a annulé la venue de Shakira au dernier moment quand elle a réalisé comment celle-ci avait violé le boycott, et que lui fournir un alibi palestinien nuirait au combat du mouvement pacifique du BDS pour la liberté, la justice et l’égalité.

Bien sûr, aucune société ne pourra jamais être monolithique ou n’avoir qu’une opinion unique. Malgré la persistance d’artistes, musiciens et autres professionnels internationaux de la culture à vouloir casser le boycott, et malgré la volonté d’un nombre qui se réduit de Palestiniens à continuer de servir de feuilles de vigne quand ils sont sollicités pour le faire, c’est l’écrasante majorité des Palestiniens, par l’intermédiaire de leurs organisations et syndicats représentatifs, qui a fait siens le BDS et ses lignes directrices. Il est temps que les écrivains, universitaires, artistes et autres, de dimension internationale, commencent à écouter la voix de cette immense majorité (*) et à respecter notre combat pour la liberté et la justice en, à tout le moins, s’abstenant de miner nos principes du boycott.

Il s’agit là d’une obligation morale fondamentale que le monde, dans sa grande majorité, a honorée pendant le combat contre l’apartheid sud-africain et se doit, sans relâche, de tout autant honorer dans notre cas aussi.

 

Notes :

[1] http://pacbi.org/etemplate.php?id=1220
[2] http://www.pacbi.org/etemplate.php?…
[3] http://pacbi.org/etemplate.php?id=1009
[4] http://www.pacbi.org/etemplate.php?…
[5] http://pacbi.org/etemplate.php?id=1069
[6] http://pacbi.org/etemplate.php?id=1080
[7] http://www.ujpetition.com/
[8] http://pacbi.org/etemplate.php?id=1532
[9] http://pacbi.org/etemplate.php?id=833

Voir dernièrement :

(*)Jello Biafra annule son concert en Israël

29 juin 2011 – PACBI
http://pacbi.org/etemplate.php?id=1645
traduction : JPP

Loi Boycott 2011 Israël : tout dépend de ce que vous boycottez


Adam Keller
Gush Shalom
Seuls, les colons, nos vaches sacrées, seront immunisés, et tout appel au boycott de leurs produits sera illégal. 

  Le boycott par les consommateurs du cottage cheese (fromage cottage) a fait les grands titres et volé la vedette à la Knesset et au Cabinet. Des politiciens de tous les partis du spectre politique ont fait l’éloge de cette initiative hautement citoyenne de boycott du « fromage avec des morceaux » pour protester contre la scandaleuse augmentation de son prix et faire pression sur les producteurs et la distribution afin d’en faire baisser le prix. Tout le monde parle du boycott du cottage, tout le monde le soutient, et l’admire. Est-il imaginable que, au même moment, quelqu’un dans l’État d’Israël se lève pour interdire ce boycott des consommateurs et infliger des sanctions sévères pour intimider ceux qui appliqueraient un tel boycott ?

En fait, c’est tout à fait imaginable. C’est même arrivé. Un projet de loi avec précisément cet objectif et cette intention affichés a déjà été voté en première lecture par la Knesset, et la Commission juridique de la Knesset l’a approuvé hier en deuxième et troisième lecture : la « Loi Boycott » (pour l’appeler par son nom officiel, la « Loi 2011 d’interdiction de boycott »).

S’il passe avec succès toutes les étapes de la procédure du vote parlementaire et devient ainsi partie intégrante de la législation de l’État d’Israël, ce projet imposera l’interdiction de tout appel au «  boycott d’une personne en raison de ses liens avec Israël ou des régions sous le contrôle d’Israël ». (Comme cette dernière référence aux régions n’est pas claire, les initiateurs du projet ont pris la peine de la clarifier explicitement : « par « région sous le contrôle d’Israël », il faut entendre la Judée et la Samarie »). Bref, nous parlons ici des colonies et des colons qui produisent (hautement subventionnés par l’État) différents articles et produits que vous pouvez trouver en rayon dans vos magasins et supermarchés à Tel Aviv et Haïfa, et dans chaque ville et village du pays.

Tout comme il y a en Israël des consommateurs qui s’inquiètent et ne sont pas prêts à payer un cottage cheese à un prix exorbitant, il y a aussi un certain nombre de consommateurs inquiets qui ne sont pas disposés à acheter des produits des colonies. Les civils israéliens qui rejettent une colonisation totale – en tant que colonisation établie sur un territoire occupé en violation du droit international, et se servant d’astuces juridiques douteuses pour s’emparer de la terre palestinienne – bloquant toute possibilité de paix, et perpétuant une occupation qui nous réduit à une dégradation morale et à l’isolement international. Il y a des consommateurs – leur nombre est estimé à des dizaines de milliers – qui regardent attentivement lors de leurs achats et s’assurent du lieu où les produits mis en vente ont été cultivés ou fabriqués, et évitent de consommer des produits des colonies (ce qui n’est pas toujours facile, de nombreux fabricants et exploitants dans les colonies ayant recours à toutes sortes de moyens ingénieux pour déguiser et dissimuler l’origine de leurs produits).

A l’intention de ces consommateurs, Gush Shalom (duquel je me trouve être le porte-parole) publie depuis 1997 une liste détaillée des produits des colonies qui pénètrent sur le marché israélien. Avec nos moyens limités, nous essayons de la maintenir à jour et de la faire connaître du grand public tant par Internet que par une distribution à la main de brochures lors de rassemblements publics.

Si la « Loi Boycott » devait être promulguée, de telles activités de notre part pourraient être vues comme illégales, tout comme d’autres activités diverses de gens qui veulent la paix en Israël (par exemple le refus d’acteurs de se produire au « Hall de la Culture » dans la colonie Ariel).

Si la « Loi Boycott » est promulguée, toute entreprise implantée dans une colonie pourrait aller au tribunal et y déposer plainte pour préjudice ; étant donné qu’il y a des centaines de telles entreprises, la somme qui leur serait attribuée par le tribunal pourrait monter à moulte millions.

Si cette loi est votée, les consommateurs dans l’État d’Israël pourront toujours appeler au boycott de n’importe quel produit, pour n’importe quelle raison qu’ils considèreraient justifiée – mais sauf des produits des colonies qui jouissent d’une immunité absolue. Ils seront toujours autorisés à appeler au boycott de produits vendus à un prix exorbitant, les gens de religion pourront toujours boycotter les produits non cachère, et les amoureux des bêtes pourront toujours boycotter les produits expérimentés sur des animaux. Seuls, les colons, nos vaches sacrées, seront immunisés, et tout appel au boycott de leurs produits sera illégal.

Les députés de la Knesset qui sont si favorables et enthousiastes pour le boycott du cottage cheese vont-ils oser lever la main pour mettre hors la loi un boycott de consommateurs d’un autre genre ?

Du même auteur :

Ici, c’est la Corée du Nord
L’évacuation de colons à Hébron : trop peu et trop tard !

28 juin 2011 – Gush Shalom – L’article a été initialement publié en hébreu dans News1 – traduction de l’anglais : JPP

PCHR du 23 au 29 juin 2011



Les Forces d’occupation israéliennes (FOI) poursuivent leurs agressions méthodiques contre les Palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens occupés (TPO).

Durant la semaine du 23 au 29 juin :

  • les FOI ont continué d’user la violence contre les manifestations pacifiques en Cisjordanie :
    • un Palestinien a été blessé ;
    • 2 militants des droits de l’homme et 6 Palestiniens ont été arrêtés ;
  • des navires israéliens ont ouvert le feu sur des bateaux de pêche dans la bande de Gaza :
    • un bateau de pêche a été endommagé et
    • 2 pêcheurs ont été arrêtés, et libérés par la suite ;
  • les FOI ont conduit 31 incursions dans les communautés palestiniennes de Cisjordanie :
    • elles ont arrêté 21 Palestiniens, dont 7 mineurs, un député du Conseil législatif palestinien, un militant des droits de l’homme et un journaliste ;
  • Israël a maintenu son siège total sur les TPO et l’isolement de la bande de Gaza du monde extérieur :
    • les FOI ont arrêté 3 Palestiniens sur les check-points militaires en Cisjordanie ;
    • elles ont arrêté un jeune homme handicapé physique au passage frontalier de Beit Hanoun (Erez), dans la bande de Gaza ;
  • les FOI ont poursuivi leurs activités de colonisation de la Cisjordanie et les colons israéliens leurs agressions contre les Palestiniens et leurs biens :
    • au moins 100 tombes ont été rasés par les bulldozers dans un cimetière à Jérusalem-Est ;
    • les FOI ont démoli deux basses-cours dans le village d’Arab al-Rashaida, près de Bethléhem ;
    • elles ont saisi un terrain près d’Hébron pour y construire une piste pour avions ;
    • elles ont détruits des réseaux d’irrigation près d’Hébron ;
    • elles ont arraché 300 oliviers à Deir Estia, près de Salfit.

rapport intégral sur : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10836

La langue arabe (1/30)


samedi 2 juillet 2011, par La Rédaction

La langue arabe (al ʿarabīya) est originaire de la péninsule Arabique. L’expansion territoriale au Moyen Âge et la diffusion du Coran répandent la langue arabe, devenue langue liturgique de l’islam, en Asie (Moyen-Orient et Proche-Orient), en Afrique du Nord et en Europe (Chypre, Crète, Péninsule ibérique, Malte et Sicile). Parlée d’abord par les Arabes, cette langue sémitique(1) qui se déploie géographiquement sur plusieurs continents s’étend sociologiquement à des peuples non arabes, et devient aujourd’hui langue officielle de plusieurs organismes internationaux.
La diglossie est un caractère de la langue arabe qui permet de distinguer l’arabe vernaculaire et l’arabe littéraire. Le niveau de langue littéraire comprend l’arabe classique (pré-coranique, coranique, et post-coranique) et l’arabe standard moderne. Le niveau de langue vernaculaire comprend toutes les variétés des dialectes arabes régionaux.
Les vecteurs du rayonnement culturel de la langue arabe sont la religion islamique, la littérature poétique et prosaïque, et les médias audiovisuels contemporains dont la toile (internet). Un vecteur historique important de rayonnement est l’intrusion lexicologique de termes arabes dans des langues étrangères, telles les langues romanes dont le français.
L’étude linguistique de l’arabe est propédeutique et grammaticale et se complète par des sciences annexes telle la lexicologie.
L’étude propédeutique se penche sur la prononciation de l’arabe et se spécialise en phonétique, phonologie et orthophonie de la langue arabe ; à l’orthophonie se rattachent les normes de la cantillation coranique. L’étude propédeutique vise ensuite l’écriture de la langue arabe, qui s’écrit de droite à gauche, à deux points de vue complémentaires : le système graphique et les modalités de l’écriture arabe. Le système graphique se compose d’un alphabet arabe dérivé de l’alphabet phénicien, de type abjad, qui note exclusivement les consonnes, complété par des signes diacritiques (dont la hamza) et des chiffres dérivés d’écritures indiennes.
La grammaire de la langue arabe, langue flexionnelle, étudie la formation des mots (morphologie) et la composition des mots en phrases (syntaxe).
Des sciences linguistiques complémentaires à l’étude de la grammaire sont la sémantique et la stylistique de la langue arabe, ainsi que la lexicographie qui étudie le vocabulaire et permet l’élaboration de dictionnaires.
Origine
L’origine de la langue arabe remonte au IIe siècle, dans la péninsule Arabique, dans une forme assez proche de l’arabe standard moderne actuel. La tradition donne par moments des origines bien antérieures : la reine de Saba, l’ancien Yémen ainsi que des tribus arabes disparues auraient parlé cette langue dans une forme plus ancienne. Les premières traces de l’écriture arabe, telle qu’on la connaît de nos jours, remontent au IIIe siècle(2).
Les Abd Daghm étaient les habitants de Taïf et ce sont les premiers à inventer l’écriture arabe(3).
Notes:
(1) Les langues sémitiques comprennent aussi l’akkadien, le phénicien, l’hébreu, le syriaque et l’araméen.
(2) Comme l’ont attesté Healey et Smith par les inscriptions de Raqush (Jaussen-Savignac 17): les plus anciennes inscriptions arabes préislamiques (date 267).
(3) Toufic Fahd, Études d’histoire et de civilisation arabes, Éditions Isis, 1997, (ISBN 975-428-106-8)

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