Les tueurs d’Itamar découverts ?


Par Mohammad

Article du 18 avril 2011.

La presse israélienne est en ébullition ce matin, avec la nouvelle que les tueurs de la famille Fogel, dans la colonie illégale d’Itamar en Cisjordanie occupée ont été découverts. Après avoir assiégé pendant plusieurs semaines le village d’Awarta, avoir arrêté pratiquement tous ses habitants et avoir causé d’énormes dégâts matériels, les autorités israéliennes ont annoncé que deux adolescents du village avaient reconnu avoir perpétré le massacre. Cette affaire est particulièrement intéressante, parce que toutes les factions palestiniennes s’en sont officiellement distanciés et ont nié toute responsabilité dans son exécution. Bien que le gouvernement israélien ait immédiatement accusé le « terrorisme palestinien » sans aucune preuve et en utilisant la mort des Fogel comme prétexte à une extension de la colonisation illégale de la Cisjordanie, l’enquête a été placée sous secret tandis que les rumeurs et les théories se propageaient sur l’identité du ou des véritables coupables.

Les tueurs d'Itamar découverts ?

Itamar est une colonie lourdement fortifiée surplombant les villages palestiniens environnants, sur la terre desquels elle a été construite en toute illégalité. Il est avéré que la colonie a été fortifié pour garantir que des intrus n’y pénètrent pas ; elle est entourée, sur ses quatre côtés, d’une clôture électrifié de 2m50 de hauteur, avec deux rangées de barbelés en lames de rasoir à son sommet, des détecteurs qui signalent si elle a été coupée, des caméras automatiques qui couvrent tout le périmètre, la présence de gardes de sécurité 24h/24 et la protection de l’armée israélienne. Tous ses habitants sont armés et, comme la plupart des colonies israéliennes, elle est entourée de centaines de mètres de zone-tampon dans laquelle les Palestiniens ne peuvent pas mettre le pied.

Le fait qu’Itamar soit probablement mieux sécurisée que la Maison Blanche a conduit beaucoup à conclure que ceux qui ont tué les Fogel n’ont tout simplement pas pu se glisser à l’intérieur, puis à nouveau se faufiler pour sortir.

Mais aujourd’hui, les autorités de la sécurité israélienne, ce bastion de la transparence et des droits de l’homme, disent avoir arraché les aveux d’Amjad Awad, 19 ans, et Hakim Awad, 18 ans, tous les deux d’Awarta. Selon le Ha’aretz, les deux adolescents ont décidé, sur un coup de tête, d’aller à Itamar armés seulement de tenailles et d’une prière. Ils ont traversé la zone tampon sans être remarqués par les caméras, les gardes de sécurité, les soldats ou les habitants de la colonie. Ils sont arrivés à la clôture électrique, où ils ont passé dix minutes à couper le fil de fer. Les caméras automatiques et les détecteurs semblent, par un coup de chance antisémite, avoir dormi ce jour-là.

Après avoir coupé la clôture, les deux adolescents sont entrés dans la colonie, où, là non plus, personne ne les a remarqués. Ils ont trouvé une maison qui, par pur hasard, était 1) ouverte, 2) vide, et 3) où trainait un fusil d’assaut M16 et des munitions. Amjad et Hakim ont ramassé le fusil et les munitions, et sont sortis de la maison vide. De là, ils sont allés chez les Fogel. Ils sont entrés et ont tué quatre membres de la famille, un avec un fusil et les autres avec un couteau.

Après avoir défié tous les obstacles, les adolescents ont ensuite quitté la maison et sont repartis. Toujours sans être remarqués. Personne n’a entendu ni les coups de feu ni les cris (les services de sécurité expliquent que le temps n’était pas propice à la propagation des ondes sonores ce soir-là). Réalisant qu’ils n’avaient TOUJOURS pas été remarqués ni par les habitants, ni par les soldats, ni par les gardes de sécurité ou les caméras, Amjad et Hakim ont repéré le bébé Fogel de 3 mois par la fenêtre. Alors ils ont décidé de revenir à l’intérieur et de tuer le bébé.

Toujours cette insatiable soif de sang des Arabes.

Puis les adolescents, armés du gros fusil d’assaut M16 volé, et d’un couteau, sont simplement sortis de la colonie, toujours sans être remarqués par les caméras, les soldats, les gardes, les colons, les capteurs, ni même par Dieu en personne. Ils ont traversé la zone tampon, sont rentrés dans leur village et ont pensé qu’ils s’en étaient tirés avec leur crime odieux. Bien sûr, ils avaient omis de prendre en compte les efforts infatigables de l’armée israélienne et des services secrets, qui ont assiégé leur village pendant des jours, barrant l’entrée de la nourriture et des médicaments, raflant les villageois, tabassant sauvagement les autres et détruisant les biens à Awarta.

L’histoire présentée par les forces de la sécurité israélienne a plus de trous qu’un morceau de fromage suisse criblé de grenaille. Comme le souligne Ali Abunimah, ils n’arrivent même pas à affirmer si Amjad et Hakim ont agi seul ou au nom du FPLP. Et le penchant d’Israël à recourir à la torture et aux menaces pour obtenir des aveux n’ajoute pas beaucoup à leur crédibilité dans cette affaire. Si des gamines de 6 ans et une vieille dame de 60 sont brutalisées et arrêtées à Awarta, nul besoin de beaucoup d’imagination pour deviner comment le Shin Bet a obtenu les aveux des deux jeunes gens.

Et avant que les masses survoltées de sionistes indignés aient fini de se tordre les mains, voilà que la famille de Hakim Awad a le mauvais goût de révéler que leur fils venait de subir une intervention chirurgicale aux testicules qui rend impossible qu’il ait parcouru, à pied, de longues distances, qu’il a besoin d’aller aux toilettes toutes les heures et que la nuit où les Fogel ont été tués, il était chez lui, en convalescence. Aïe.

Le sionisme perd vraiment de son éclat : ils ont décidé de s’attaquer à un gars qui peut à peine marcher et qui, selon leur scénario, aurait randonné dans une zone tampon, traversé une clôture électrifiée, forcé deux maisons, tué toute une famille puis serait revenu gaiement chez lui.

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Amjad Awad

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Hakim Awad
Source : Kabobfest et ism

Traduction : MR pour ISM

Controverse du check point à la rue Neuve


Bruxelles le 18 avril 2011

Monsieur le Bourgmestre,

En tant qu’associations organisatrices et de manière plus générale en tant que citoyens, nous souhaitons porter à votre connaissance notre point de vue concernant l’action de sensibilisation « Checkpoint » du 12 mars à la rue Neuve et les prises de position qui ont suivi, et notamment la réponse que vous avez formulée suite à une interpellation à ce sujet.

Notre lettre ne cherche nullement à prolonger une polémique non fondée et non constructive que certaines personnes ont tenté d’attiser (voir notamment l’article signé par Géraldine Kamps et publié sur le site du CCLJ le 18 mars intitulé « Freddy Thielemans : « Les organisateurs ont dépassé les limites »« ). Nous tenons, en tant que responsables et témoins de l’action de sensibilisation du 12 mars, à vous apporter notre appréciation du déroulement de l’évènement et des réactions du public présent. Cela nous permettra également de rectifier des contrevérités qui ont circulé au sujet de cette action.

L’objectif de cette action était de dénoncer le « mur de conquête » israélien en territoires occupés tel que le qualifie l’ancien Rapporteur Spécial pour les Droits de l’Homme dans les territoires occupés, John Dugard. Ce mur a été condamné par la Cour Internationale de Justice en 2004, et par une résolution de l’Assemblée Générale des Nations Unies en 2003, votée par l’ensemble des Etats européens, y compris la Belgique. Nous voulions également dénoncer le sort réservé aux palestiniens avec les 600 barrages militaires israéliens qui entravent leur vie quotidienne, fragmentent leurs territoire et leur font subir vexations et humiliations comme l’attestent les nombreux rapports d’organisations des droits de l’homme réputées internationalement comme Human Rights Watch, Amnesty International ou B’Tselem.

Nous estimons que la question de la légalité de l’action organisée ne se pose pas. En effet, et comme vous le soulignez vous-même dans votre réponse telle qu’elle nous a été parvenue, la demande d’autorisation respectait la législation en vigueur. Seulement, nous souhaiterions clarifier l’affirmation mentionnant que la demande a été faite par des « associations musulmanes pacifistes, connues de [vos] services ». Le but de la mise en scène étant manifestement politique, nous nous interrogeons sur ce que vous entendez par « associations musulmanes ». Nous nous refusons à communautariser ce conflit qui est politique et non religieux. Les associations organisatrices ne sont pas des associations musulmanes, mais des associations pluralistes. Elles militent en faveur des droits du peuple palestinien bafoués depuis plus de six décennies. Elles s’appuient pour cela sur le droit international et sur les valeurs universelles. Souligner un caractère religieux ne fait que semer la confusion et n’est pas de nature à calmer les esprits !

Vous mentionnez par ailleurs dans votre lettre que « les organisateurs ont dépassé les limites qui leur étaient fixées ». Cela ne peut que nous interpeller. Nous avions prévu un grand effectif pour l’encadrement de cet évènement afin d’éviter tout débordement. De plus, les forces de police présentes tout au long de l’action et jusqu’au départ du dernier participant n’ont pas relevé un seul incident significatif. Nous avons aussi été très attentifs aux réactions du public et bien conscients que des enfants seraient présents, nous avons fait un usage modéré des manifestations de la violence dans la mise en scène. Il nous parait donc que cette affirmation, n’apportant aucune preuve de ces « dépassements de limites », n’a qu’une portée déclaratoire en vue d’apaiser les esprits et de satisfaire les personnes qui vous ont interpellé.

Monsieur le Bourgmestre, nous tenons également à souligner la sympathie qui nous a été exprimée par des centaines de citoyens bruxellois le jour de l’action et par après. Les gens de passage, de tout âge, se sont intéressés à nos activités et à nos arguments. La mise en scène a été l’occasion d’établir un contact avec nos concitoyens et de faire connaître nos actions.

Enfin, heureux de savoir que la préservation de la liberté d’expression est une de vos priorités, nous saluons votre refus d’interdire à l’avance de telles manifestations, ceci s’apparenterait à de la censure. Nous vous prions dès lors de réexaminer votre interprétation de l’évènement du 12 mars à la lumière des éléments que nous vous apportons, mais également sur la base des rapports des agents de l’ordre présents sur les lieux.

Veuillez agréer, Monsieur le Bourgmestre, nos sentiments distingués.

Organisateurs :

Génération Palestine

Comité BDS-ULB

Egalité

Palestina Solidariteit

Intal

COordination Boycott Israël

Mouvement Citoyen Palestine

Comité Verviers Palestine

Les personnes suivantes ont tenu à nous exprimer leur sympathie et leur soutien :

Jaques Bude (Professeur émérite de l’ULB)

Ruddy Doom (Professeur à l’Université de Gand)

Souhail Chichah (Economiste Chercheur à l’ULB)

Herman De Ley (Professeur émérite de l’Université de Gand)

Jean Bricmont (Professeur à l’UCL)

Sarah Bracke (Professeur à l’Université de Louvain)

référence : https://anniebannie.net/2011/03/13/checkpoint-rue-neuve-bruxelles/

Lundis de la Formation : Jérusalem, enjeu capital(e)


Jérusalem: enjeu capital(e)

Lundi 2 mai 2011

au Cercle des Voyageurs (Rue des Grands Carmes, 18)

A cette occasion, nous aurons l’honneur d’accueillir

Maysa Zorob,

Représentante de Al Haqà Bruxelles, ONG palestinienne des droits de l’Homme

Présentation

Jérusalem est une ville ancestrale dont les murs résonnent encore des plus grands mouvements de l’Histoire, au premier rang desquels le développement des trois religions monothéistes. Où placer le curseur entre foi et politique pour comprendre au mieux les dynamiques à l’œuvre à Jérusalem ? Quelle est la place du discours religieux dans le conflit israélo-palestinien à Jérusalem ? Comment Israël use-t-il de l’histoire religieuse comme instrument d’expropriation des Palestiniens ?

Au cœur du conflit israélo-palestinien, Jérusalem occupe une place centrale dans les négociations de paix et dans la résolution du conflit israélo-arabe. Jérusalem est revendiquée dans sa partie orientale par les Palestiniens comme la capitale de leur futur Etat. Elle est aussi considérée comme « la capitale éternelle, une et indivisible » de l’Etat d’Israël. Mais qu’en est-il de la légalité ? Quel est la position du droit international sur le statut de Jérusalem ? Comment se positionne l’Union Européenne sur cette question ?

Aujourd’hui, les quartiers arabes de Jérusalem font partie intégrante de la volonté d’expansion coloniale de l’Etat d’Israël. Ce processus est couramment qualifié de « judaïsation de Jérusalem » pour illustrer la volonté des autorités israélienne d’imposer une domination démographique, notamment en implantant des colonies dans la partie orientale de la ville. Qu’en est-il de la situation des Palestiniens de Jérusalem ? Comment l’occupation se décline-t-elle concrètement dans leur vie quotidienne?

Programme:

19h – 19h15: Accueil des participants

19h15 – 19h30: Présentation de l’association et de la formation

19h30 – 19h50: Historique de Jérusalem dans le conflit israélo-palestinien

20h – 20h40: Intervention de Maysa Zorob de Al Haq et questions/réponses

20h40 – 21h: Zoom sur la situation à Silwan et sur l’Esplanade des Mosquées

21h – 21h15: Pause

21h15 – 21h30: Figure de Jérusalem: Fayçal Husseini et la question de la représentation palestinienne à Jérusalem

21h30 – 22h: Simulation de débat

22h – 22h15: Conclusions

P.A.F: 7€ / 5€ (membres de l’association, étudiants, chômeurs)

Une boisson (soft ou bière) comprise

Inscription obligatoire avant le 27 avril à l’adresse formations@generation-palestine.org .

Le réseau libère les « blogeuses » de Gaza


Ana Carbajosa – El Païs


Les femmes de Gaza jouissent sur leur page web, d’une liberté dont les privent l’embargo israélien et les règles d’une société conservatrice.
(JPG)

Asma Alghoul

Elles sont plus ou moins jeunes, laïques ou pratiquantes, combatives ou même poétiques. Mais les blogeuses de la bande de Gaza ont quelque chose en commun : pour elles le réseau est un des peu nombreux moyens d’expression et de communication avec le monde. Le blocus israélien qui dure déjà plus de trois ans et qui coïncide avec la prise de pouvoir du mouvement islamiste empêche les hommes et les femmes d’entrer et de sortir de la bande à quelques très rares exceptions près. En ce qui concerne les femmes au manque de liberté de mouvement s’ajoutent les limites propres à une culture conservatrice qui s’islamise de manière continue.

C’est pourquoi, pour les blogeuses de Gaza, l’internet représente une demi-vie et c’est pourquoi elles racontent qu’elles se sentent libres quand elles commencent à taper dans les chambres qu’elles partagent avec une flopée de frères. Voici les idées et projets de quelques unes des ciberactivistes de la bande : Asma Alghoul, probablement la doyenne qui, de loin, fait le plus de bruit dans la bande de Gaza.

Elle a 29 ans, un fils de six ans, et est divorcée. Elle est une des voix les plus critiques de tout le territoire vis-à-vis de Hamas. Elle dit que le mouvement islamiste achète les plus pauvres en leur offrant tout type de services ainsi qu’une place au ciel. Alghoul craint, qu’un jour, Gaza ne devienne une grande université islamique ou les élèves masculins et féminins mèneront des vies séparées et où les femmes seront couvertes des pieds à la tête. « Ici tu ne peux pas être vue en train de parler avec une homme sans être mariée ; dans les mosquées on dit que la société est pleine de prostituées et qu’il faut se couvrir. La femme est toujours suspecte. Parfois je pense que les islamistes sont les plus freudiens, ils voient du sexe partout. Ils se retranchent derrière la religion pour imposer des politiques sexistes et discriminatoires. »

Alghoul, née dans un camp de réfugiés près de la frontière sud de la bande, constitue une véritable exception. Tout d’abord car elle est divorcée et se déplace à son aise, même parfois à bicyclette, dans la bande de Gaza, cheveux au vent. Mais surtout car pour elle il est évident qu’être une femme ne peut signifier que sa vie soit plus misérable que celle de n’importe quel homme. C’est pourquoi elle a notamment rompu avec son mari, un poète égyptien qui, après le mariage s’est révélé un homme extrêmement jaloux qui désirait que sa femme ne quitte pas le foyer pour travailler. « Quand j’ai divorcé tout le monde m’a accusée de m’être trompée en choisissant mon mari. Ensuite mes oncles m’ont obligée à mettre le hijab. Il est nécessaire d’avoir un homme à ses côtés au moment de décider si tu mets ou enlèves le foulard ».

Mais après un certain temps elle s’est rendue compte qu’elle n’avait besoin de l’approbation d’aucun homme pour prendre cette décision. « Je l’ai enlevé et si les gens te critiquent, quoi ? ».

Elle est écrivain et journaliste mais a quitté son travail dans un journal proche du Fatah, le parti gouvernemental à Ramallah, car elle ne se sent liée à aucun parti et n’a pas envie que quelqu’un censure ce qu’elle écrit. C’est pourquoi, en 2009, elle a fait son propre blog et à commencé à y mettre ses articles. Elle y dénonce, convoque, parle de politique ainsi que des crimes d’honneur et des discriminations dont souffrent les femmes comme elle dans la bande de Gaza. « Ici il est très difficile d’être une femme laïque » dit-elle. Elle a reçu des menaces de mort sur son blog. « Bien sûr le plus facile est de ne pas lutter mais si nous ne pouvons pas nous exprimer librement nous sommes perdues ».

Elle a été arrêtée récemment car elle participait à une manifestation de soutien à la révolution égyptienne et elle assure avoir été battue au commissariat. Ceci n’a en rien diminué son esprit combatif. A présent elle prépare de nouvelles protestations de jeunes palestiniens égalant l’expérience de leurs voisins égyptiens.

Rana Baker. Elle est une jeune étudiante d’Administration d’entreprises à l’Université islamique de Gaza, de 19 ans, qui aimerait devenir journaliste et qui fait ses premiers pas dans une radio locale. Elle écrit en anglais dans son blog car, dit-elle, ce qu’elle essaye c’est de « parler au monde à l’extérieur ». Les récits de son blog racontent son enfance, son adolescence mais elle parle également de politique. Comme d’autres jeunes, Baker expérimente un processus rapide de politisation qui a commencé peu après la guerre de Gaza (2008-2009) et qui s’est accéléré avec les révoltes que les jeunes lancent dans tout le monde arabe. « Je me suis rendue compte que les jeunes, hommes ou femmes, peuvent revendiquer auprès de leurs gouvernants. Si nous participons ensemble à la révolution alors nous serons égaux ».

Elle raconte les attaques israéliennes à la première personne et elle est devenue militante du mouvement international qui promeut le boycott des produits israéliens. « Aussi longtemps que nous serons soumis à un embargo je boycotterai les produits israéliens ». Sur le réseau, elle passe également des heures à débattre avec les Israéliens dans les forums bien qu’elle n’ait jamais eu l’occasion de connaître un israélien en chair et en os. Elle n’a pas une meilleure opinion des politiciens palestiniens. « Ils ne sont pas intéressés par les gens mais uniquement par l’argent. La division (entre Fatah et Hamas, les partis politiques) bénéficie uniquement aux Israéliens ». Et elle ajoute : « Nous devons d’abord mettre fin à la corruption et à la division palestinienne et alors seulement nous serons capables de lutter contre l’occupation israélienne ».

Elle reconnaît que ses parents ont peur qu’il lui arrive quelque chose, que certains des groupes politiques qu’elle attaque dans son blog ne la mette en prison. Mais elle affirme ne pas avoir peur et que « si nous devons mourir mieux vaut le faire pour quelque chose, n’est ce pas ? »

Lina al Sharif. Le jour ou j’ai rencontré cette jeune blogeuse de 22 ans elles est venue avec ses parents. Ils voulaient donner leur feu vert pour l’intervieweuse. Leur mission remplie ils se sont discrètement assis à une table proche de celle de leur fille mais sans intervenir. Cette jeune-fille se plaint que le fait d’être une femme l’oblige à se soumettre à des normes qui rendent son travail difficile. « Mes parents sont cool et très modernes mais si je veux sortir pour faire un reportage un homme doit toujours m’accompagner, généralement mon frère, mais ce n’est pas toujours facile. » Même ainsi, Al Sharif pense que la culture est le moins important, que pour les femmes palestiniennes l’occupation est l’obstacle principal. « Comment est-ce possible que les femmes doivent accoucher dans un check point ? Comment est-ce possible pour une mère d’élever des fils à Gaza en sachant qu’il n’y a aucun avenir ? » se plaint-t-elle.

C’est il y a trois ans qu’Al Sharif, qui dit aspirer à être une bonne musulmane, a sauté le pas et a osé publier son premier récit dans le blog. Elle y parlait de son anniversaire, de l’université et y a mis quelques vers. « Mais quand la guerre de Gaza est arrivée, tout à changé, je suis restée muette ».

Ces jours là j’ai senti qu’être exposée aux bombardement sans électricité et quasi sans eau représentait peu de souffrance comparée à celle vécue par des habitants d’autres zones de Gaza encore plus exposés à l’artillerie et aux bombardements israéliens. La guerre a laissé 1400 morts et un traumatisme collectif toujours omniprésent dans le territoire.

Pour Al Sharif, son blog est « une manière de briser l’embargo mental. « Un clic de souris me permet d’être loin de Gaza » », dit-elle. « Bien que ce que je désire vraiment c’est la liberté réelle et non virtuelle », nuance-t-elle. L’été dernier, Al Sharif a réussi à sortir de Gaza grâce à un programme du Département d’Etat américain. Elle a été à Los Angeles, San Francisco et Washington. « C’est incroyable comme il est facile de voyager là bas. Tu montes dans la voiture et tu passes des heures et des heures sans traverser de check point ». Et elle ajoute : « C’est aux Etats-Unis que j’ai ressenti être jeune la seule fois de ma vie ».

Al Sharif est une jeune-fille très intelligente et studieuse. Elle parle l’anglais à la perfection, qu’elle a appris partiellement à l’école publique mais surtout sur Internet avec un programme éducatif de la BBC. Comme elle il y a beaucoup de jeunes de la bande qui se forment eux-mêmes face au manque d’alternatives et de soutiens extérieurs. « Quelques compagnons de classe disent que je suis trop sérieuse mais je dois m’éduquer moi-même si je désire arriver à quelque chose. » C’est pourquoi, pour le moment, le mariage ne fait pas partie de ses projets, dit-elle. « A partir d’un certain âge si tu n’est pas mariée tu es un échec social. Mais d’autre part si tu te maries, tu commences à avoir un enfant après l’autre et ta formation se termine ».

Sameeha Elwan. La famille de Sameeha est une famille de réfugiés originaires du territoire qui est Israël aujourd’hui. Cette palestinienne de 23 ans est diplômée en littérature anglaise et travaille maintenant comme professeur-assistante à l’Université islamique. Elle ne s’est pas mariée et comme toute femme célibataire de la bande elle vit avec ses parents bien qu’elle travaille depuis ses 15 ans et ne dépend pas d’eux économiquement. Elle doit être rentrée à la maison à 10 heures du soir. Même ainsi, elle pense que, peu à peu, les femmes sont en train de gagner des franges de liberté.

La preuve en est son blog, dit-elle. « J’écris ce dont j’ai envie. Personne ne m’ordonne de me taire. » You Tube est sa fenêtre sur le monde. Là elle voit quasiment tout. Ce n’est que quand elle s’arrête un moment pour penser et se rendre compte qu’il ne s’agit que d’un écran, qu’elle se sent coincée et se rappelle qu’elle ne peut voyager ; que ses excellentes notes à l’université ne lui servent pas à grand chose pour traverser les frontières imperméables de la bande de Gaza. Bien que quasi aucun étranger n’envisagerait de vivre à Gaza volontairement, comme beaucoup d’autres jeunes-filles elle aimerait voir les enfants, qu’elle aura un jour, grandir à Gaza.

« C’est l’unique endroit au monde où la vie à un véritable sens. Il y a toujours quelque chose pour lequel se battre ». Comme de nombreux jeunes du territoire elle est déçue par les politiciens et elle souffre de la division politique qui rend la cause palestinienne exsangue. Maintenant, par contre, elle est enthousiasmée par le vent de changement qui souffle sur le monde arabe. Elle passe la journée sur Facebook et Twitter. « La Tunisie et l’Egypte nous ont donné beaucoup d’espoir. Je pense que les nouveaux gouvernements apporteront beaucoup de bonnes choses aux Palestiniens. »

8 mars 2011 – El Païs – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.elpais.com/articulo/soci…
Traduction de l’espagnol : Lisette Cammaerts

source

Cinéma Attac : COMMENT CUBA A SURVECU AU PIC PETROLIER…


Le jeudi 21 avril à 21 heures 30,

à l’Arenberg

le cinéma d’Attac présente

COMMENT CUBA A SURVECU

AU PIC PETROLIER…

 

Un documentaire sensationnel de

la réalisatrice américaine Faith Morgan

Dès 20 heures 30 précises,

LE GRAND DÉBAT:

«AU LIEU DU DÉCLIN, LA DÉCROISSANCE…?»

avec

Marc DE SPIEGELEER

militant du Mouvement des Objecteurs de Croissance,

Daniel TANURO

membre-fondateur de l’association Climat & Justice sociale 

auteur de L’impossible capitalisme vert,

et Sarah TURINE

co-Présidente d’ECOLO

26 april: FLASMOB GENT: maak verzet tegen militaire interventie in Libië zichtbaar!


« Dat burgers moeten worden beschermd
tegen de domheid en de onmenselijkheid van hun bestuurders staat buiten kijf.
Dat geldt ook voor ons.
Onze volksvertegenwoordigers en onze regering slepen ons mee
in een militaire operatie waarvan ze het eindresultaat niet kunnen omschrijven.
Zij maken ons als burgers mee verantwoordelijk
voor een oorlog die wij niet kunnen goedkeuren. « 


Volgende FLASH MOBDIE IN

Afspraak: dinsdag 26 april 17u30 (stipt)
Sint Pietersstation Gent

Meer info:
Vredesactie
Vrede
Intal


Vredesactie vzw inez louwagie tel 0498 68 29 40 www.vredesactie.be

War Starts Here

Adieu, Vittorio!


Communiqué de presse des Éditions Zambon
Giuseppe Zambon
Traduit par  Michèle Mialane

« Un militant italien pro-palestinien a été trouvé mort quelques heures après son enlèvement. D’après un communiqué du Hamas aux premières heures du vendredi, il a été exécuté peu après son enlèvement, le jeudi après-midi. Il était âgé de 36 ans. Il a été tué « de façon atroce » selon un porte-parole du Ministère de l’Intérieur. Les ravisseurs étaient décidés d’emblée à l’assassiner, jamais il n’a été question d’un échange de prisonniers.» ((Voir ici)

Nous sommes bouleversés, tristes et remplis de fureur. Cet homme de 36 ans, Vittorio Arrigoni, était l’auteur d’un livre publié chez nous, « Gaza – rester humain » et militant du Mouvement international de solidarité avec la Palestine (ISM).

Vittorio à Gaza

Un porte-parole du gouvernement du Hamas dans la bande de Gaza a condamné ce crime « abominable ». Les autres membres du groupe, a-t-il dit, seront découverts et on leur demandera des comptes. L’Autorité palestinienne, en Cisjordanie, avait déjà condamné l’enlèvement. « Cet acte ne sert pas la cause du peuple palestinien, bien au contraire, elle la dessert », selon une déclaration du gouvernement de Ramallah (voir ici).

De fait, qui tire profit du meurtre d’un pacifiste, qui se revendiquait lui-même comme tel et a aidé en 2008, par des moyens pacifiques, le peuple gazaoui à se protéger de la terreur quotidienne que lui inflige le régime d’apartheid israélien ?

Dans une vidéo, une organisation salafiste revendique l’enlèvement de Vittorio. Il s’agirait du groupe dirigé par le Cheikh Abou Walid-al-Maqdasi, arrêté à Gaza au mois de mars. Les ravisseurs demandent sa libération en échange de celle d’Arrigoni. Ce groupe entretiendrait des contacts avec Al Qaida (voir ici).

Ces salafistes ne seraient pas des Palestiniens mais des étrangers, qui selon le Jerusalem Post seraient entrés en Palestine en passant par l’Égypte (voir ici)

À notre connaissance, il s’agit du groupe Tawhid Al Jihad, dirigé par Abou Walid-al-Maqdasi, et qui serait soutenu par l’Arabie saoudite. Nous ne serions pas étonnés que la CIA y soit mêlée d’une façon ou d’une autre en l’instrumentalisant à son profit.

Les circonstances de l’enlèvement laissent pantois. Peu après l’expiration du délai fixé par les ravisseurs, Vittorio a été découvert dans une maison d’habitation, étranglé et portant des traces de tortures. La maison n’a pas été forcée. Les ravisseurs n’ont de toute évidence pas non plus négocié avec le Hamas, mais assassiné de sang-froid leur « précieuse proie », c’est-à-dire Vittorio. C’est un scénario d’enlèvement inhabituel. Le dernier enlèvement à Gaza date de 2007. La victime était le correspondant de la BBC, libéré par le Hamas en juillet 2007. Arrigoni a été assassiné trois heures après son enlèvement et 6 heures avant l’expiration de l’ultimatum. Cela laisse pantois. En outre, nous voudrions savoir pourquoi l’otage a été torturé ? Ce n’est pas non plus pratique courante. Que voulait-on apprendre de lui ? Que de questions sans réponse ! (Voir ici)

Nous nous demandons donc quels autres pouvaient avoir intérêt à ce meurtre ? Doit-on chercher les commanditaires en un tout autre lieu ?

4 avril 2011
L’acteur et pacifiste Juliano Mer-Khamis est abattu à Djénine.
Ce sont des inconnus masqués qui ont tiré sur Mer-Khamis.
14 avril 2011
Exécution du pacifiste Vittorio Arrigoni

Dans les deux cas le meurtre est revendiqué par des salafistes, nous dit-on.

D’abord Juliano, ensuite Vittorio. Est-ce vraiment un hasard ?

Il y a déjà des mois que nous avions découvert que Vittorio figurait en tête d’une liste de personnes à exécuter dressée par des extrémistes sionistes.
Nous nous demandons à qui profitent ces meurtres. Certainement pas à la lutte de libération du peuple palestinien. À qui donc ?

Il faut intimider les militants pacifistes et les faire taire. Ils doivent quitter Gaza, cette prison à ciel ouvert, afin que plus personne ne puisse informer sur les conditions de vie de ses habitants.
Les Israéliens doivent pouvoir perpétrer leurs crimes de guerre à l’abri du regard du reste du monde.
Les pacifistes « gênent le processus de paix » car leur pacifisme gagne au peuple palestinien sympathie et solidarité.

Et désormais ce sont des Palestiniens, bien sûr plus « radicaux» encore que le Hamas, qui tuent leurs propres sympathisants. La boucle se referme ; ce sont eux les ennemis. Cela sèmera le trouble dans une opinion mal informée. Provoquera des réactions du genre : « Vous voyez bien, ce sont des fous extrémistes, qui tuent ceux qui les soutiennent. Sympathisants, ouvrez les yeux, cessez de soutenir les Palestiniens. Et quittez Gaza avant qu’ils ne vous tuent. »

Il faut faire peur aux futurs militants pacifistes, ou les intimider.
Bien sûr, il fallait parler d’Al-Qaida. À lui seul le mouvement sert de repoussoir. Tout le monde dira : « Vous voyez, ils étaient là aussi ! ». On suggère ainsi de façon subliminale qu’Al-Qaida se mêle aussi de la Palestine. Bonjour, le 11 septembre !

Parallèlement on essaie de faire passer une image sanguinaire des Palestiniens. « Voilà qu’ils s’entretuent. Et bien sûr ils se comportent de même envers les pauvres Israéliens, obligés de se défendre en permanence contre ces terroristes. ». Nous connaissons bien, le « Bild », entre autres nous le répète. Et bien sûr « l’Islam » ne doit pas être épargné. Ce sont des salafistes qui sont à l’œuvre. Le tableau est complet.

Ces meurtres ne servent qu’Israël et sa propagande. Et donc les ennemis des Palestiniens.

C’est pourquoi nous nous demandons : les commanditaires ne seraient-ils pas d’aventure en Israël ? N’aurait-on pu infiltrer les salafistes pour les pousser à assassiner Vittorio ? Ne pourrait-il y avoir des agents provocateurs, chez les Palestiniens, bien « payés » par le Mossad ou quelque autre ?
Ci-après quelques photos de la présentation du livre au DGB Haus (Maison des syndicats) de Francfort en mars 2009.


Merci à Tlaxcala
Source: http://www.zambon.net/de/VittorioArrigoni.php
Date de parution de l’article original: 14/04/2011
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=4589

« Rester Humain à Gaza »


samedi 16 avril 2011

Une oeuvre de Vittorio Arrigoni, à lire et à poursuivre.

Communiqué à la mémoire de Vittorio Arrigoni

Aujourd’hui, 15 avril 2011, la grande famille des défenseurs des droits humains à travers le monde est orpheline, une fois de plus, une fois de trop comme à chaque fois : Vittorio Arrigoni, journaliste et militant pacifiste d’ISM vient d’être lâchement assassiné à Gaza. Après Juliano Mer-Khamis, le directeur israélo-palestinien du Théâtre de la Liberté à Jénine. Après tant d’autres, journalistes, syndicalistes, artistes, défenseurs des droits pour la justice, citons pour rappel le dessinateur de presse et caricaturiste palestinien Naji al-Ali, assassiné à Londres en 1987.

Ces empêcheurs de tourner en rond dont les seules armes sont un stylo, un carnet de notes ou de dessins, un clavier pour animer un blog sur internet ou lancer une pétition, une pièce de théâtre, un livre, une vidéo ou un film… et que les puissants de ce monde surveillent comme le lait sur le feu !

Vittorio Arrigoni était (comme ça fait mal d’utiliser ce verbe au passé !) de la race des tenaces, ceux qui ne lâchent pas le morceau facilement. Voici ce qu’écrit à son sujet son ami et compagnon d’ISM, Alberto Arce* : « Vittorio était arrivé à Gaza en août 2008. Pendant plusieurs semaines, il a accompagné les pêcheurs palestiniens sur lesquels tiraient les patrouilles israéliennes, les empêchant de réaliser leur travail au large de la bande de Gaza. Vittorio a été enlevé par une patrouille israélienne, menotté, emprisonné et expulsé vers l’Italie. Son crime : filmer avec une caméra vidéo comment l’armée israélienne, violant toutes les normes internationales, empêchait les pêcheurs palestiniens de travailler en mer. À peine deux semaines plus tard, Vittorio retournait à nouveau en bateau à Gaza. Une volonté tenace. La droiture de celui qui est prêt à aller jusqu’au bout. Au nom de ses principes et de ses convictions. Vittorio n’est pas un aventurier. Vittorio est un combattant. Comme il n’y en a plus. Et en plus il écrit, et plutôt bien… »

Fin 2008, au moment de l’opération Plomb durci menée contre Gaza par l’armée israélienne, Vittorio Arrigoni avait refusé de partir. Il s’en explique dans son vibrant et insoutenable témoignage** écrit sur place : « Dans la bande de Gaza, nous sommes tous devenus des cibles mobiles, sans la moindre exception. Le consulat italien m’a contacté à l’instant : demain, ils vont évacuer notre dernière ressortissante, une religieuse âgée qui vit depuis vingt ans à proximité de l’église catholique de Gaza et qui avait été totalement acceptée ici par les Palestiniens. Le consul me pria amicalement de profiter de cette dernière occasion pour me joindre à la sœur afin de fuir à mon tour cet enfer. Je le remerciai pour son offre généreuse, mais je ne bougerai pas d’ici, je ne peux pas. » Et il conclut, en parlant de ses compagnons d’ISM : « À travers l’affliction vécue sur place, nous sommes tous, Italiens, Espagnols, Anglais ou Australiens devenus entre-temps des Palestiniens. »…

Hélas, Vittorio Arrigoni ne sera plus là pour venir à la barre des témoins, mais sa parole et son témoignage resteront à jamais vivants. À travers ses écrits et articles largement diffusés. Et surtout son livre « Rester humain à Gaza, décembre 2008-juillet 2009, journal d’un survivant » *

Élias Samouni, Strasbourg, 15 avril 2011.

* adaptation française par SCRIBEST qui annonce :

En accord avec la librairie Résistances à Paris, les bénéfices sur les ventes du livre seront reversés à ISM et à la famille de Vittorio Arrigoni : http://www.librairie-resistances.co… (rubrique choix du libraire). Coordonnées de la librairie : Librairie Résistances 4 Villa Compoint 75017 Paris.(Métro ligne 13, direction « Saint-Denis Université » ou « Gabriel Péri Asnières-Genevilliers » Station Guy Môquet ou Brochant)

Armand Caspar

L’édition solidaire. BP 10077. F 67802 BISCHHEIM CEDEX

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