Si Assad tombe, nous verrons toutes les alliances se défaire dans la région


jeudi 14 avril 2011 – 21h:50

Patrick Seale – The Guardian


Le président syrien n’est pas le seul à suivre anxieusement les manifestations. Le changement du régime refaçonnera le Moyen-Orient
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Certaines organisations avancent le chiffre de plus de 200 tués depuis le début des manifestations en Syrie. Des chiffres contestés par le gouvernement syrien.

Le régime syrien, longtemps acteur clé dans le jeu du pouvoir au Moyen-Orient, à décidé de riposter de toute sa force. Il semble déterminé à briser le raz-de-marée des manifestations populaires qui ont écrasé les régimes tunisien et égyptien, qui menacent les gouvernements libyen, yéménite et de Bahreïn, et qui contestent maintenant le pouvoir de l’État dans une dizaine de villes syriennes.

Si le régime syrien du président Bashar al-Assad n’arrive pas à réaffirmer son autorité, qu’il est renversé ou simplement affaibli par une longue période d’agitation populaire, il pourrait s’ensuivre des répercussions géopolitiques considérables. Les alliés de la Syrie – la République islamique d’Iran, le mouvement Hezbollah de résistance chiite au Liban, le gouvernement du Hamas à Gaza – seraient tous sous pression. Pour tous les trois, il serait dur de perdre le soutien syrien .

Israël considérera indubitablement cette évolution avec beaucoup de satisfaction. Il y a longtemps qu’il cherche à rompre l’axe Téhéran – Damas – Hezbollah – Hamas qui conteste sa suprématie régionale – allant jusqu’à acquérir une certaine capacité de dissuasion, chose intolérable pour les Israéliens. Toutefois, la satisfaction d’Israël pourrait être tempérée par la crainte de voir se substituer à Assad un régime islamiste, encore plus menaçant pour ses intérêts et sa sécurité.

Pour le moment, tout ce que l’on peut dire est que les concessions et les promesses faites jusqu’ici par Assad sont trop modestes et sont arrivées trop tard pour satisfaire les protestataires. Les derniers jours, on a assisté à une reprise en force des manifestations dont la fureur, la participation et les slogans lancés contre le régime, prennent des allures d’ insurrection. Le régime a riposté en ouvrant le feu, en instaurant des couvre-feu, en procédant à des arrestations en masse et en encerclant des villes et des villages. Quelque 200 manifestants auraient été tués.

On ne rigole plus. Le ministère syrien de l’intérieur a lancé un avertissement glacial le week-end dernier : « il n’y a plus de place pour l’indulgence et la tolérance dans l’application de la loi, la préservation de la sécurité du pays et des citoyens et la protection de l’ordre public ».

Tous les observateurs s’accordent à dire que les faucons du régime l’ont emporté dans leur débat avec les réformateurs, à supposer qu’il y ait vraiment eu un débat. Les manifestants ont à leur tour durci leur position face à la réaction brutale du régime. Pointant d’un doigt accusateur les proches du président – son frère, Maher al-Assad, commandant de la garde républicaine et son cousin, Rami Makhlouf, homme d’affaires démesurément riche – certains exigent, non pas de simples améliorations dans le mode de gouvernement de la Syrie, mais un changement de régime.

Il est évident que dans son discours du 30 mars – sa seule intervention publique jusqu’ici – le président a raté l’occasion historique d’affirmer son leadership et de retirer la situation du bord de l’abîme. S’il avait annoncé des mesures qui n’ont que trop tardé – comme lever l’état d’urgence, libérer les prisonniers politiques et les militants des droits humains, traduire en justice les gros bonnets corrompus du régime – limiter le pouvoir des services de sécurité, autoriser de nouveaux partis politiques à défier le monopole que le Baath détient depuis 50 ans – il aurait pu mener son pays vers une démocratie sur le modèle turc, comme son ami et allié, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, le lui avait conseillé.

Il pourrait encore s’en sortir en annonçant de spectaculaires réformes immédiates. Mais les intérêts puissants qui dépendent du régime pourraient rendre un changement radical impossible. Au lieu de cela, la Syrie pourrait être condamnée à une lutte douloureuse entre régime et opposition qui se déroulera dans la rue avec de plus en plus de violence. Le bras armé du régime pourrait l’emporter, mais à un prix énorme pour sa légitimité déjà très ébranlée.

À une échelle plus vaste, la région voit se défaire des alliances formées pendant une période critique, il y a 30 ans, à savoir le traité de paix entre l’Égypte et Israël en 1979 ; la révolution iranienne la même année ; l’invasion dévastatrice du Liban par Israël en 1982, suivie par une occupation de 18 ans du sud de ce pays qui a amené l’émergence du Hezbollah. Ayant été l’allié de la Syrie pendant la guerre de 1973, l’Égypte a changé de camp pour devenir le partenaire de paix d’Israël. L’Iran, allié d’Israël sous le Shah, a changé de camp sous la République islamique, pour devenir l’allié de la Syrie. La Syrie et Israël ont échangé leurs partenaires.

Ces arrangements sont maintenant menacés. L’Égypte post – Mubarak prendra probablement ses distances par rapport à Israël et rejoindra le camp arabe, tandis que l’alliance de la Syrie avec l’Iran – impopulaire auprès d’une population en majorité sunnite – pourrait être compromise par tout changement de régime à Damas. D’autres bouleversements de la carte géopolitique régionale toucheraient la Turquie, acteur bienveillant, promouvant le commerce et la solution des conflits tandis que l’Irak remonterait lentement la pente pour redevenir une puissance arabe majeure après avoir été saccagé par Tony Blair, George Bush et les néoconservateurs étasuniens pro-israéliens.

Allons-nous donc assister à un remaniement des alliances formées il y a 30 ans ? L’Irak et l’Iran qui se sont livré une âpre guerre pendant les années 80 pourraient maintenant se rapprocher sous un leadership chiite. Ensemble, ils formeront un bloc redoutable. Les investissements US colossaux en hommes et en finances dans la guerre en Irak apparaîtront plus inutiles que jamais.

Certaines choses toutefois pourraient rester inchangées. Une fois que la crise s’atténuera, la Turquie continuera à cultiver son amitié avec la Syrie quel que soit le régime parce que la Syrie restera le pivot de l’ambitieuse politique arabe turque. La Turquie pourrait effectivement remplacer l’Iran en tant que principal allié régional.

Il est aussi peu probable que la crise diminue l’influence syrienne au Liban. Aucun régime syrien, quelle que soit sa couleur, ne pourrait tolérer un gouvernement hostile à Beyrouth. Sa sécurité – spécialement face à Israël – est intimement liée à celle de son voisin libanais. La vague de manifestations submergeant le monde arabe a relégué le conflit arabo-israélien à l’arrière plan. Mais ceci ne peut être que temporaire. La région ne connaîtra pas de stabilité et guère de paix tant que ce conflit ne sera pas résolu.

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* Patrick Seale est un analyste et auteur réputé sur le Proche-Orient. Contributeur régulier à Gulf News. Il a notamment publié des ouvrages sur l’histoire contemporaine de la Syrie et une biographie d’Abu Nidal.

11 avril 2011 – The Guardian – Cet article peut être consulté ici :
http://www.guardian.co.uk/commentis…

source

Michio Kaku prédit des séismes majeurs et dévastateurs.


Kaku.PNGLe très renommé professeur en physique théorique Michio Kaku attend un séisme majeur, et il s’explique sur CNN.

Une comète à l’approche, des morts d’animaux par millions à travers le monde, reprise de l’activité solaire, l’Afrique qui se coupe en deux, des phénomènes naturels d’ampleur toujours plus catastrophiques, tout laisse à penser que le Pr. Kaku, respecté dans le monde de la physique théorique a sans doute raison.

Le   Le scientifique de renom, Michi Kaku, physicien, auteur de l’ouvrage « Physics of the Future », met en garde les citoyens du monde d’un méga-tremblement de terre potentiel.

Michio Kaku s’est prononcé en ce sens lors d’une apparition à l’émission “Good Morning America”. Il expliqua qu’il y a de très fortes probabilités pour que des séismes d’envergure colossale touchent la planète Terre en plusieurs endroits… Il explique encore que la terre est sur le point de subir de fortes secousses, et cela, un peu partout ; il affirme que les villes de par le monde ne sont pas prêtes à cette éventualité, d’autant plus que plusieurs villes ont été bâties en des endroits qu’il eut valu mieux réservés pour quelques bicoques de pêcheurs…

MichioKaku_commons.jpgMichio Kaku ne ménage pas ses mots : « Les gens devrait s’attendre à voir disparaître des villes aussi importantes que Los Angeles, San Francisco, Mexico City, Téhéran, Tokyo. D’ailleurs, ce sont les grandes villes qui seront les plus propices à subir des dommages. »

Kaku conclu en disant « Il faut se rappeler du tremblement de terre de magnitude 8.8 qui eut lieu au Chili en 2010! Il fut si considérable qu’il a fait littéralement dévier la planète de 8 centimètres (3 pouces); et depuis cette violente secousse nos journées n’ont plus vraiment exactement 24 heures! ». Il est à noter que des témoins racontent que le soleil s’est levé deux jours plus tôt dans le cercle arctique. Conséquence du séisme du Chili ?

Le chercheur américain annonce le 27 janvier 2011 que le réveil du Yellowstone est imminent. Il assure avoir des preuves du gonflement exceptionnel des terres du fameux parc national américain. Il certifie également que le magma remplie très rapidement les poches. Il suggère que la comète Elénin (Hercolubus ou Tyché, car la science aime à désinformer en jouant sur les noms), comète qui doit nous frôler en septembre prochain est en partie la responsable de la situation, et si elle ne l’est pas, aggrave la problématique auquelle la planète entière est aujourd’hui confrontée. En effet, le magnétisme de cette comète attire le magma terrestre et provoque en l’occurrence une remontée du magma vers la surface terrestre. Ainsi la planète entière risque de subir des éclatements de sa croûte terrestre sur à peu près tous les points du globe.

On constate qu’une censure vise le parc de Wyoming depuis quelques temps. L’USGS supprime à sa guise des séismes, beaucoup de séismes. L’un d’entre eux a atteint la magnitude exceptionnelle pour la région de 4,6 sur l’échelle de Richter, (voir ci-dessous) ce  même séisme apparaissant sur les cartes Intellicast, elles dont les sources proviennent de… l’USGS !

yellowstone.PNG

Rechercher sur la liste des 11 au 12 février USGS tremblements de terre. USGS n’a pas, mais ne Intellicast-citant USGS. Regardez la capture d’écran de la Lat-Long pour le 12 février:

Yellow.PNG

La case rouge indique un tremblement de terre 4.0 + taille à cette date que la latitude et la longitude. Maintenant, regardez une capture d’écran de la même Lat-Long un jour plus tard. Le tremblement de terre 4.6 a disparu, avec la plupart des autres …

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Pourquoi croire le Dr Kaku ? Allons plus loin.

Le soleil, calme depuis près deux ans, s’est soudainement réveillé en février dernier, ce qui marque incontestablement une reprise de l’activité solaire.  Or, l’on sait que l’activité solaire joue sur le globe terrestre. Le plus inquiétant en soi est qu’une tempête solaire pourrait bien survenir d’ici 2012. voir l’article.

D’autres raisons d’avoir peur du scénraio catastrophe

Autre point qui va dans le sens d’un danger sismique et volcanique mondial imminent : Les oiseaux, les poissons, et même les animaux terrestres (vaches,etc…) meurent par millions à travers le monde.

Concernant le Yellowstone ou la faille New Madrid, le nombre de ces morts suspectes est sans pareil dans l’histoire récente.

Les vents solaires, le magnétisme terrestre, mais aussi la montée du magma vers la surface sont des causes plausibles de ces extinctions ciblées et foudroyantes. Pour clore sur les morts soudaines d’animaux, sachez que la situation continue à s’aggraver, cela empire considérablement, l’on note une augmentation de 40% de ces morts incompréhensibles en l’espace de quelques mois seulement. Quand ce massacre naturel (car il semble bien naturel) s’arrêtera-t-il ? Aucune réponse aujourd’hui. Voici le calendrier quotidien des morts soudaines. (Impressionnant et fou). Voir aussi le recensement sur google map.

Il est à préciser que ce calendrier n’est pas complet. Ainsi l’on note l’absence des 30t de poissons morts à Angers en moins de deux mois.

D’autres problèmes comme l’accélération des phénomènes naturels qui fragilisent la croûte terrestre, ou encore le réchauffement climatique dû aux méfaits de l’homme accroissant  le risque d’une catastrophe naturelle mondiale. A lire également un article sur la séparation de l’Afrique en deux, et de l’arrivée très prochaine de l’océan dans l’ouest africain.

Signalons également la présence de la comète Elénin qui nous rendra visite aux alentours du 22 septembre 2011… Pour terminer le tour d’horizon des éléments qui donnent raison au Pr Kaku, pensons au calendrier Maya, ce calendrier dont le point zéro est donné au 28 octobre 2011 et non pas au 21 décembre 2012 (comme beaucoup le croient naïvement), oui, WikiStrike vous demande à réfléchir à notre passé, car c’est au fond peut-être bien en lui que se trouve notre avenir.

Laissons le dernier mot à Michio Kaku :

 » Ce ne sont pas les menaces qui manquent, parmi toutes celles qui pèsent sur nous présentement,  Et même s’il faut faire attention à ne pas tomber dans le piège de la panique, il faut s’attendre à des catastrophes majeures, à venir. Selon les spécialistes qui se penchent sur la question, il est certain que ça va brasser. D’ailleurs, il apparaît que nous le ressentons tous intérieurement et que nous pressentons les grands bouleversements qui vont se produire. »

Ghisham Doyle pour WikiStrike

Qui est Michio Kaku ?

Michio Kaku (né le 24 janvier 1947 aux États-Unis) est un physicien théoricien américain, spécialisé dans la Théorie de champs de cordes, et futurologue.

Kaku est né à Palo Alto, en Californie, et est d’ascendance japonaise. Il a obtenu son doctorat en 1972 au Berkeley radiation laboratory de l’université de Californie. Actuellement, titulaire de la Chaire Henry Semat et professeur en physique théorique au City College de New York, il est engagé dans le travail sur la « théorie du tout » cherchant à unifier les quatre forces fondamentales de l’univers : la gravité, l’électromagnétisme, les forces fortes et les forces faibles.

Il est notamment auteur du livre à grand succès« Visions », paru chez Albin Michel en 1997.

Apparitions à la radio et la télévision:

Michio Kaku est l’hôte de deux émissions de radio: Science Fantastic et Explorations en sciences avec le Dr Michio Kaku . L’information sur ces programmes peuvent être consultés sur le  site officiel du Dr Kaku.

En plus de passages radio, Michio Kaku fait souvent des apparitions sur une grande variété de spectacles populaires en tant qu’expert scientifique, y compris Larry King Live ,Good Morning AmericaNightline , et 60 Minutes . Il a été accueilli par un certain nombre d’émissions scientifiques, y compris la Science Channel série de Sci-Fi Science .

Livres:

M. Kaku a écrit un certain nombre de documents académiques et de manuels scolaires au fil des ans, mais il est surtout connu auprès du grand public pour ses ouvrages de vulgarisation sur des concepts avancés de la physique théorique:

Physique de l’impossible: A Scientific exploration du monde de Phasers, champs de force, téléportation, et Voyage dans le temps (à venir Mars 11, 2008)

Cosmos Einstein: Comment la Vision d’Albert Einstein a transformé notre compréhension de l’espace et le temps

Visions: Comment la science va révolutionner le 21e siècle et au-delà

Parallel Worlds

Hyperspace: une odyssée scientifique à travers des univers parallèles, Chaînes de temps, et la dixième dimension

Par wikistrike.over-blog.com – Publié dans : Terre et Astronomie
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Soirée de soutien le 16 avril


Samedi 16 avril, le cercle Victor Hugo organise une

soirée de soutien.

 

Les bénéfices de la soirée seront versés :

Repas halal : soutien Ali Aarrass 

Desserts : soutien au CRI (Collectif Réflèxion Indigène)

paf : au cercle Victor Hugo (himself)

 

de 18h à …3h

38, Rue Melsens 

1000 Bruxelles (Place Sainte Catherine)


PAF : prévente 5€ (réservations/tiquets : levictorhugo@live.fr)

Guichet : 7,5€
Artistes :
– Hydra,
– Mc Youns
– Hanane
– Barry
– Youri Rap Guinéen
– Zaak Tanjawi
– Code Rouge
– Miliani
– Bambiiino
– Ibn Mohamed
– Le Regiment
– et le Super Mega DJ SOULTAN
Présenté et Animé par HOME PRODUCTION !
Ambiance :

Scène libre

 

World Zik

Dj’s (surprise)
Slam + Street Rap (LJS, les jeunes slamers)

 

Présentation de diverses Organisations (Militants) +

Témoignages



Possibilité de venir présenter votre Organisation, Cercle, Mouvement …
et/ou récolter des fonds pour votre assoc. (vente pin’s, bics, affiches-photos, keffieh, …)

Awatif


Paix

Égypte. «La révolution ? Quelle révolution ?»


Deux mois et demi après le début de la «révolution» égyptienne, l’armée a repris le pays en main. Interpellations, tortures et jugements expéditifs d’opposants se multiplient.

Sur le grand drapeau égyptien qu’il agite tous les soirs sur le grand rond-point de la place Tahrir, symbole de la «révolution du 25 janvier», Amin, 32ans, a inscrit ces quelques mots: «Le combat continue». Comme lui, ils sont une centaine à venir crier que la révolution n’est «pas terminée». Révolution? Le mot arrache sourires ou soupirs. «Une révolution, ça fout en l’air un système. En Égypte, le régime est toujours là. Rien n’a changé», tranche Rabha Attaf, journaliste franco-algérienne rencontrée au Caire.

5.000 interpellations

Pour cette spécialiste du monde arabo-musulman, «la véritable épreuve de force commence maintenant». «C’est le retour de la terreur», estime-t-elle, pointant du doigt «la multiplication des disparitions d’opposants» dans le pays. Et quand ils ne disparaissent pas, ils sont arrêtés, souvent torturés, et jugés de manière expéditive par des tribunaux militaires. Plusieurs sources avancent le chiffre de 5.000 interpellations (*) depuis la révolte de février. Le 9mars dernier, au lendemain d’une manifestation qui aurait rassemblé près de 500.000 personnes, la place Tahrir a de nouveau été évacuée de manière violente par une centaine d’hommes en civil. L’armée a arrêté près de 200 manifestants. Parmi eux, dix-huit femmes qui demandaient à être plus représentées dans les instances qui préparent l’avenir de l’Égypte. «Pour les faire passer pour des prostituées, l’armée leur a fait subir des tests de virginité, assure une autre journaliste. C’est la pire des insultes pour une femme et une famille. Il n’y avait pas meilleur moyen pour intimider et dissuader…».

Gangs armés

La terreur prend aussi d’autres formes. «On assiste à une montée impressionnante de l’insécurité, témoigne, auCaire, Marc Lavergne, directeur du Centre d’études et de documentations économiques, juridiques et sociales (CEDEJ), une structure financée par l’État français. Avant, LeCaire (20millions d’habitants) était probablement l’une des métropoles les plus sûres au monde. Aujourd’hui, on constate que des petits groupes armés font irruption dans les quartiers et pillent les habitants. Sur les routes, des voitures sont arrêtées et volées. Les enlèvements contre rançon se multiplient aussi, égrène-t-il. Du coup, les gens n’aspirent qu’à une chose: que le calme et l’ordre reviennent». Et l’ordre, c’est l’armée. «L’économie, c’est l’armée. La corruption, c’est l’armée. Tout nous ramène à l’armée. C’est elle qui contrôle tout», martèle Rabha Attaf. Au sein de la population, les militaires jouissent pourtant d’une très bonne cote. «Ils ont fait le coup du gentil (l’armée) et du méchant (la police), analyse la journaliste. Mais les gens commencent à comprendre…». Une dizaine de candidats a déjà émergé pour les futures élections présidentielles. Pour Rabha Attaf, «tout est pratiquement joué d’avance». «Ici, pas besoin de bourrer les urnes. On bourre les têtes», commente-t-elle, évoquant les quelque 40% d’analphabètes que compte le pays. Amin, lui, a un diplôme d’informaticien. Il n’a pas de boulot, mais ses convictions sont inébranlables. «Les choses peuvent encore bouger, il faut maintenir la pression».

* Les estimations du CEDEJ font état de 1.000 à 2.000 tués pendant la révolution et près de 12.000 blessés graves.

  • De notre envoyé spécial Hervé Chambonnière

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Les illusions de Bashar al-Assad


vendredi 8 avril 2011 – 17h:56

Lamis Andoni – Al Jazeera

La rhétorique de la résistance ne cache plus le caractère répressif du régime syrien.

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Bashar al-Assad semble croire qu’afficher sa « résistance » face à Israël suffira à tenir son régime à l’écart des mouvements révolutionnaires qui traversent le monde arabe – Photo : EPA

Bashar al-Assad, le président syrien, continue à croire que son soutien à la « résistance contre Israël » distingue son régime des autres régimes de la région et que par conséquent, il est protégé des révolutions qui ont chassé des présidents pro-occidentaux en Tunisie et en Egypte. Son soutien du Hamas et du Hezbollah le rend peut-être plus populaire parmi les populations arabes mais il se fait beaucoup d’illusions s’il s’imagine que cela rend le meurtre de militants pacifiques plus acceptable.

L’éruption des révolutions arabes est la conséquence de dizaines d’années de répression et de l’injuste répartition des richesses : deux problèmes qui ont fortement handicapé les gouvernements arabes, qu’ils soient pro ou anti-occidentaux.

Et la Syrie est un des états les plus répressifs de la région ; des centaines si non des milliers de personnes ont disparues dans ses prisons infâmes. Certains réapparaissent après des années, d’autres au bout de dizaines d’années et beaucoup ne réapparaissent jamais.

Les Syriens n’ont pas été les seules victimes. D’autres arabes comme les Libanais qui ont été enlevés au cours des dizaines d’années pendant lesquelles la Syrie à contrôlé son voisin, des membres jordaniens du partie Baas au pouvoir qui n’étaient pas d’accord avec leurs dirigeants et des membres des différentes factions palestiniennes, font aussi partie des victimes.

Les Syriens qui critiquent le régime sont souvent arrêtés et accusés -en dehors de toute procédure légale- d’être des agents des USA ou d’Israël dont le but est de saper « les politiques de stabilité et d’opposition ».

Mais ces abus n’ont jamais été condamnés comme il aurait fallu par les partis politiques arabes ni par la société civile, qui ont soutenu la position syrienne vis à vis d’Israël tout en refusant de voir sa politique répressive.

Et c’est pourquoi, alors même que les dissidents syriens dont des intellectuels influents de la gauche nationaliste, sont incarcérés dans les prisons syriennes, d’autres intellectuels et militants arabes se sont réunis en grand nombre à Damas pour faire l’éloge du rôle que la Syrie joue dans la « défense des causes arabes ».

Cette hypocrisie a conforté la conviction du régime d’être à l’abri des critiques que subissent les gouvernements répressifs pro-occidentaux de la région.

Le mythe de la résistance

Bien que la domination de Hafad al-Assad, le président défunt, ait été encore plus impitoyable que celle de son fils Bashar qui lui a succédé en 2000, l’appareil de sécurité répressif continue à tenir d’une main de fer les institutions de l’état.

Sous Bashar al-Assad, le régime continue d’utiliser son statut de « résistant » pour justifier la suppression de la liberté d’expression et le musellement de l’opposition.

Mais il est peut-être temps maintenant d’examiner sérieusement la prétention qu’a la Syrie d’être un état qui fait de la résistance et qui serait donc en conséquence plus légitime que les autres régimes ou dictatures arabes.

Sur un plan plus général, la position de la Syrie a en effet empêché Israël et les USA de complètement infiltrer d’autres états plus accommodants ou carrément inféodés. Mais si la Syrie a bien contribué à empêcher Israël de faire la paix avec plus d’états de la région, cela n’a pas été sans compromis politiques.

La revendication de la Syrie d’être « une forteresse de résistance » s’appuie sur deux facteurs : Le premier est le fait que Damas ait refusé de signer un traité de paix avec Israël tant que le plateau du Golan qu’Israël occupe depuis 1967, ne lui était pas rendu ; le second c’est le soutien qu’il offre à divers groupes palestiniens ainsi qu’au Hezbollah du Liban.

Il n’y a pas de doute que son refus d’accepter un compromis avec Israël, à la différence de l’Egypte, la Jordanie et l’Organisation de Libération de la Palestine (PLO), a augmenté le crédit de la Syrie dans le monde arabe et renforcé son rôle géopolitique. Mais la Syrie a fait un compromis qui lui permet de se poser comme un état « d’opposition » tout en s’assurant que ses frontières avec Israël demeurent le front « d’opposition » le plus tranquille qui soit. Elle est arrivée à cela en prenant les mesures les plus brutales pour empêcher le trafic d’armes vers le Golan et en s’assurant que les Syriens, les Palestiniens et autres, soient dans l’incapacité absolue de traverser ses frontières étroitement surveillées.

Les Syriens ou les membres des groupes palestiniens basé à Damas, n’oseraient donc jamais essayer de passer des armes en contrebande ou d’attaquer Israël comme d’autres l’ont fait via la Jordanie ou les frontières du Liban.

De plus, la Syrie s’est montrée étonnamment peu encline à dénoncer l’expropriation de la terre palestinienne, la construction des colonies et le transfert de colons juifs sur le plateau du Golan. Il y a plus de 30 colonies juives qui regroupent au moins 20 000 colons sur le plateau du Golan qui est considéré comme une des meilleures terres cultivables. La population arabe de la région est passé de 130 000 personnes en 1967 à 20 000 aujourd’hui car Israël a exproprié toute la terre à l’exception de 6 pour cent.

La Syrie affirme qu’Israël doit se retirer de tout le Golan, quel que soit le nombre de colonies et de colons. Cette revendication paraît logique mais le silence de la Syrie en ce qui concerne les activités d’Israël sur le Golan a contribué à cimenter le calme de facto qui règne entre les deux ennemis.

Plus de peur que de mal

Quant au soutien syrien à la « résistance » il paraît peu convaincant lui aussi quand on le soumet à un examen plus attentif. En fait la Syrie a toujours cherché à contrôler le mouvement de la résistance palestinienne, en utilisant souvent la force pour consolider sa domination sur les Palestiniens.

Les Palestiniens n’ont pas oublié qu’ils doivent l’un des chapitres les plus tragiques de leur histoire à l’armée syrienne qui, entrée au Liban sous prétexte d’y maintenir la paix et l’ordre pendant la guerre civile, a rasé le camp de réfugiés palestiniens de Tel a-Zaatar de Beyrouth.

Au milieu des années 1980, la Syrie a activement soutenu le siège du mouvement libanais Amal contre le camp de réfugiés de Sabra et Shatila.

L’ingérence syrienne dans les affaires palestiniennes, qui a souvent provoqué des divisions, est de notoriété publique. De plus, bien que Assad pendant toutes ces années ait incité les dirigeants palestiniens à opter pour la résistance armée, Damas n’a quasiment rien fait pour soutenir la première ni la seconde Intifada.

Sa rhétorique plaît, sans nul doute, aux forces arabes progressistes et nationalistes. Cependant dans les faits, la Syrie a rarement fait plus que d’encourager les autres à combattre Israël jusqu’à la dernière goutte de sang principalement palestinien ou libanais.

Les masques tombent, la tyrannie apparaît

La Syrie a fait preuve de discernement en refusant de se laisser entraîner dans des négociations ouvertes avec Israël sans avoir la garantie que les territoires syriens occupés lui seraient rendus. Cela a contribué à consolider sa position à l’inverse d’états apparemment plus soumis et cela a posé un dilemme à tous les Arabes qui se sont sentis obligés de choisir entre soutenir Damas ou soutenir les plans occidentaux dans la région.

Mais c’est une erreur et parfois même une faute morale de garder le silence sur les crimes du régime syrien et de nier que leur politique est avant tout au service de leurs propres intérêts. La politique du régime qui consiste à « survivre à tous prix » l’a poussé à rejoindre la coalition contre l’Irak menée par les USA en 1990 et à coopérer avec enthousiasme à la « guerre contre la terreur » après le 11 septembre. Sa « posture de résistant » ne l’a pas empêché de torturer le Syrien Maher Arar suite à sa déportation controversée en Syrie selon la procédure (canadienne NdT) dite d’extraordinary rendition.

L’usage cynique du langage politique révolutionnaire par le régime pour dissimuler les contradictions de ses positions politiques l’a certainement aidé. Mais les révolutions arabes ont fait tomber les masques de tous les régimes et la tentative du régime syrien pour réprimer la révolte a révélé son côté tyrannique. Bashar al-Assad, à en juger par son discours « j’accuse » (en français dans le texte NdT) vit en pleine illusion. Mais l’époque où il suffisait de crier à la conspiration pour dissimuler ses crimes sanglants est terminée, même si le président syrien ne l’a pas encore compris.

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* Lamis Andoni est analyste et commentatrice pour le Middle Eastern and Palestinian Affairs

De la même auteure :

- Les Palestiniens aspirent à l’unité – 13 mars 2011
- Les Jordaniens exigent des réformes – 27 février 2011
- La résurrection du panarabisme – 21 février 2011
- A tous les tyrans du monde arabe… – 17 janvier 2011
- Le renouveau des mobilisations sociales et politiques dans le monde arabe – 7 janvier 2011
- L’Europe doit émerger de l’ombre des Etats-Unis – 26 décembre 2010
- Un ultime acte de résistance ? – 14 décembre 2010
- Que va penser le monde arabe de ses dirigeants ? – 3 décembre 2010
- Israël veut sous-traiter l’occupation de Gaza à l’Union Européenne – 9 août 2010
- Calme précaire à Gaza et temps des soupçons – 21 mars 2008

3 avril 2011 – Al Jazeera – Pour consulter l’original :
http://english.aljazeera.net/indept…
Traduction : Dominique Muselet

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