Syrie : un chercheur français découvre sa fausse interview pro-Assad


Nolwenn Le Blevennec | Journaliste Rue89

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L’islamologue Olivier Roy a été alerté par des copains chercheurs, qui suivent de près la presse arabe. Il y a une semaine, il reçoit un e-mail qui lui signale qu’un site syrien, Swaidaplus, prétend qu’il défend avec ferveur le régime de Bachar el-Assad, dans les médias français.

Selon le site, Olivier Roy aurait dit dans une interview à France 2 :

« Cela ne fait aucun doute, Bachar el-Assad sera le premier leader arabe qui gagnera contre les décideurs du monde. »

Olivier Roy se rend compte que cette « information » circule partout, notamment sur d’autres sites proches du régime. La télévision syrienne, Dunyia, l’a aussi relayée et c’est peut-être elle qui en est à l’origine – difficile d’en être sûr à 100%. Le 5 février, la vidéo ci-dessous a été postée sur YouTube, par l’Union des chaînes nationales.

Selon la chercheuse Catherine Cornet, de l’EHESS, spécialiste du Moyen-Orient, et proche d’Olivier Roy, la fausse interview aurait même été postée sur le profil Facebook personnel d’Asam Al-Assad, femme du Président. Enfin, elle a été relayée en français sur le site InfoSyrie.

« Un signe de panique »

Joint par Rue89, Olivier Roy tient à préciser qu’il n’a jamais donné d’interview à France 2 sur la Syrie.

« Je n’ai pas parlé à la télévision occidentale, depuis plus de quatre mois. »

Le professeur à l’Institut universitaire européen de Florence se demande comment cette information a été fabriquée. A-t-elle été inventée par un journaliste sous-fifre d’un des sites syriens ou a-t-elle été commandée par quelqu’un ?

« De toute façon, c’est maladroit, c’est évident que ça allait me revenir aux oreilles.

Les pro-Bachar veulent montrer que le régime est soutenu. Ils invitent des gens à Damas, comme la bande de Thierry Meyssan. Ceux qui vont aussi à Téhéran. Ils veulent aussi le soutien de grands penseurs. Mais pourquoi moi ? Apparemment, je suis le seul chercheur qui a été instrumentalisé de cette façon. »

Catherine Cornet explique :

« Pour moi, l’instrumentalisation d’un intellectuel français n’est pas anodine : Olivier Roy est un nom connu et en particulier pour ses positions favorables au Moyen-Orient (Irak, etc.). En trafiquant l’information, il s’agit de montrer, pour le régime syrien, que, malgré les positions intransigeantes de la diplomatie française actuelle, la France, un des alliés historiques de la Syrie, ne laisse pas tomber le régime. »

Olivier Roy ajoute que sa position sur Bachar el-Assad est très claire :

« Le régime est à bout de souffle. Je vois, dans ce genre d’incident insensé, un signe de panique de plus. »

source

ATTAC cinéma : ROUTE IRISH


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Le Cinéma d’ATTAC

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au Botanique

le jeudi 16 février à 20 heures

pour la projection exceptionnelle

du dernier film de

Ken Loach

 

 

ROUTE IRISH

Phénomène massif, singulièrement méconnu, mais qui a fait les gros titres en Grande-Bretagne et aux États-Unis : la privatisation de la guerre. «Une manière pour les gouvernements de se débarrasser du sale boulot», selon Ken Loach.

En Irak, ils ont été près de 160.000 –employés par les Américains de Halliburton, de BlackWater, de Titan, ou les Anglais d’Armor– qui ont découpé le pays comme un gâteau. Souvent d’anciens soldats des Forces spéciales, passés dans le privé pour gagner plus d’argent. Leur tâche, parmi d’autres : sécuriser les déplacements des convois officiels, dans des zones à haut risque, comme cette route Irish, qui relie l’aéroport de Bagdad à la capitale irakienne. Les bavures y deviennent vite innombrables : dès qu’un taxi irakien s’approche un peu trop, on tire à vue.

Loach enquête sur l’un de ces «accidents» qui va, par ricochets, coûter la vie à un mercenaire contractuel. Les investigations sont menées par le meilleur ami du défunt, lui-même ancien soldat «privé», qui finit par menacer tout l’édifice. L’enjeu est évident, émotionnel, mémoriel. Le réalisateur anglais met à nu un complexe militaro-financier qui travaille comme une mafia. «Une guerre cachée, où plus personne n’est responsable». Elle se déploie en Irak, en Afghanistan, au Darfour. Mais, pour Loach, c’est aussi une façon de dévoiler une Angleterre en péril –à laquelle tous les pays voisins pourraient finir par ressembler : «Notre système de santé, nos prisons, nos bibliothèques, même nos camions de pompiers…: on assiste à une privatisation de toute notre société»

Route Irish n’est pas une oeuvre de plus sur l’Irak, mais un manifeste passionnant doublé d’une plongée vertigineuse dans la guerre moderne, avec ses agents de protection privés, ces contractuels, ces contractors que les Irakiens appelaient «les cow-boys», parce qu’ils bénéficiaient sur le sol irakien d’une immunité absolument totale –par le biais de l’ordonnance 17.

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LE BOTANIQUE

236 rue Royale

ROUTE IRISH

Grande-Bretagne  2011 /  Durée 109 minutes  / Prix d’entrée 5 euros (sauf les Article 27)

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Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles,

du Service de l’Education permanente (Direction générale de la Culture) et de la COCOF

 

 

 

 

LES PROGRAMMES DU FESTIVAL DU CINÉMA D’ATTAC SERONT Á DISPOSITION.