Nadia Boumazoughe sur la “Mission Bienvenue en Palestine”
Mission bel et bien impossible
Mis en ligne le 28/08/2012
C’était couru d’avance, mais ils voulaient tout de même essayer. La centaine de participants à la troisième mission de “Bienvenue en Palestine” n’a pu pénétrer en Cisjordanie. Ils ont pourtant respecté à la lettre l’itinéraire suggéré par un ancien conseiller de la Knesset (le Parlement israélien). Ce dernier expliquait qu’ils n’auraient aucun problème à se rendre en Palestine s’ils décidaient de passer par la Jordanie et le pont Allenby. Résultat : les deux cars pro-palestiniens ont été refoulés au premier checkpoint israélien.
“Aucune raison n’a été donnée pour justifier ce refus”, explique Nadia Boumazoughe, coordinatrice de la mission pour la ville de Bruxelles. “Un soldat israélien est rentré dans le bus, a pris tous les passeports et, après quelques temps, a juste dit qu’on ne pouvait pas passer”. Le deuxième bus n’est même pas parvenu jusqu’au checkpoint, la Jordanie lui ayant refusé l’accès au pont sous ordre israélien.
Pour ses organisateurs, cette mission a une nouvelle fois montré qu’il était pratiquement impossible de pénétrer en territoire palestinien en affichant clairement l’intention de s’y rendre. “Israël se présente comme une démocratie mais tient un véritable blocus autour de la Palestine”, déclare Nadia Boumazoughe.
L’association “Bienvenue en Palestine” effectuera tout de même une dernière tentative en décembre. Les militants essayeront cette fois de gagner Gaza en passant par l’Egypte. Mais l’espoir de réussite n’est pas plus grand de ce côté.
“Bienvenue en Palestine” refoulée par les forces israéliennes d’occupation avec la complicité des autorités jordaniennes.
Les autorités jordaniennes et israéliennes ont empêché dimanche une centaine de militants pro-palestiniens venus d’Europe et des Etats-Unis d’entrer en Cisjordanie pour livrer du matériel scolaire à des enfants palestiniens, selon les organisateurs.
Selon Olivia Zemor, une porte-parole de l’opération “Bienvenue en Palestine”, l’un des autobus transportant les militants a été autorisé par les Jordaniens à traverser le point de passage Allenby reliant la Jordanie à la Cisjordanie occupée, mais les Israéliens leur ont demandé de rebrousser chemin.
“Les autorités (israéliennes) ont pris leurs passeports, y ont apposé le tampon ’entrée refusée’ et leur ont demandé de rebrousser chemin”, a dit Mme Zemor qui dirige CAPJPO-Europalestine, une ONG française qui milite pour la fin de l’occupation des territoires palestiniens.
“Le second bus a été empêché de traverser le pont par les Jordaniens à la demande des autorités israéliennes. Ils ont obéi aux Israéliens”, a-t-elle poursuivi.
“Un officier nous a dit : ’Nous avons reçu des ordres d’Israël. Nous ne pouvons pas vous laisser partir’. Nous avons demandé des explications mais en vain. Certains d’entre nous ont alors manifesté”, a-t-elle poursuivi.
A Jérusalem, un responsable du ministère de la Défense a confirmé ces interdictions.
“Un petit groupe de provocateurs, d’émeutiers et de fauteurs de troubles connus sont arrivés au point de passage Allenby plus tôt dans la journée. L’Etat d’Israël a exercé son droit de leur refuser l’entrée et ils sont retournés en Jordanie”, a-t-il dit à l’AFP.
Walid Atallah, un autre porte-parole de l’opération “Bienvenue en Palestine”, a affirmé que “deux autobus transportant 100 militants n’ont pas été autorisés à quitter le territoire jordanien” livrer du matériel scolaire à des enfants palestiniens.
“Les autorités jordaniennes ont estampillé les passeports et fait payer des frais, tout semblait OK. Mais quand les bus sont partis, le dernier point de contrôle avant la Cisjordanie était fermé. Aucune raison n’a été donnée” par Amman, a-t-il dit.
“Cela a été fait délibérément. La Jordanie n’a pas voulu qu’Israël soit responsable de refuser l’entrée aux activistes”, a-t-il dit.
Les autorités jordaniennes n’étaient pas joignables dans l’immédiat pour commenter cette affaire.
Selon Mme Zemor, “c’est la 4e fois que des militants tentent de se rendre en Palestine” Les fois précédentes, ils étaient notamment arrivés par avion à l’aéroport de Tel-Aviv où ils avaient été refoulés par les autorités israéliennes.
“Nous avons 100 participants, de France, de Belgique, d’Espagne, de Suisse, des Etats-Unis, âgés entre 10 et 50 ans”, a-t-elle précisé. Cinq bus avaient tenté de traverser le pont Allenby.
Selon le groupe, l’opération “Bienvenue en Palestine” répond à une invitation du gouverneur de Bethléem, Abdel Fattah Hamayel, qui demandait des fournitures scolaires pour les enfants palestiniens.
(27 août 2012 – Avec les agences de presse)
Syrie: le crépuscule des Assad. Documentaire
Lorsqu’il accède au pouvoir en juin 2000, Bachar al-Assad apparaît comme un homme gauche et sans charisme. Nombreux sont ceux qui le jugent inapte à succéder à son père Hafez. Mais par une série de manoeuvres et d’alliances, un perpétuel double-jeu vis-à-vis des puissances occidentales et une autorité féroce, l’ancien ophtalmologue s’est imposé dans son pays comme sur la scène internationale. Christophe Ayad et Vincent de Cointet, qui ont déjà signé pour ARTE un film sur le conflit du Darfour, reviennent ici sur le règne de Bachar et sur celui de son père, et montrent comment cette famille alaouite – courant minoritaire du chiisme – s’est accaparée le pays. Ponctué d’images d’actualité, de nombreux entretiens – avec des opposants, des politologues, Émile Lahoud, ancien président libanais, les ministres Hubert Védrine et Bernard Kouchner, Stephen Hadley, conseiller du président Bush… – dévoilent l’histoire et les rouages de ce régime opaque. On comprend ainsi la position cruciale au Proche-Orient d’un pays suspecté d’être directement impliqué dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, et qui soutient des mouvements terroristes comme le Hezbollah. Débutant et finissant par des images clandestines des émeutes du printemps dernier, le film montre aussi les limites d’un gouvernement héréditaire qui ne se maintient que par la terreur, l’intimidation et la corruption.
La couverture médiatique du Régime complice des assassins:
Par Al Arabiya Sunday, 26 Août 2012: Dunia TV “reports” the Darya massacre.
Traduction:
Dunia TV », rapporte« le massacre Darya
Bienvenue dans les aventures des médias officiels syriens une fois de plus, sur le terrain et parmi les morts, afin d’appuyer le récit habituel de “terroristes et de groupes armés” qui détruisent la Syrie comme ils le prétendent.Des images insoutenables ont été diffusées par la chaîne de télévision privée Ad-Dunia après le massacre de Daria qui a fait plus de 300 morts.
Des enfants retenus entre les bras de leurs mères mortes, tandis que d’autres sont couverts par les corps de ceux qui voulaient les protéger contre les balles des tireurs d’élite, qui ont transpercé les deux victimes.
La correspondante marche entre les corps des enfants et des femmes. Elle a parlé avec des enfants, de cinq ou six ans, désireux d’entendre une réponse de leur part: “les gangs armés nous ont tués et l’armée nous a sauvés”.
D’autres interviews similaires ont été menées dans les zones sinistrées et les villes où les autres médias sont absents pour mettre en valeur l’action des forces du Régime dans le démantèlement des “bandes armées” comme les appelle le régime syrien et ses médias. Une couverture médiatique qui montre au spectateur les images des victimes, des femmes et des enfants morts, y compris des entretiens avec les survivants comme elle le prétend.
«Cette femme est sur le point de mourir – Voyons ce qu’elle a à dire à propos de ce qui s’est passé», dit la correspondante, alors qu’elle s’approche d’une femme blessée, une personnes âgée.
La correspondante a insisté pour montrer que les entrevues ont été accordées avec consentement.
«L’armée nous protège – nous protège nous et nos enfants, et notre pays. Je parle pour moi-même “, a déclaré un habitant, interrogé sur le rôle de l’armée.
“Personne ne nous a dit quoi que ce soit, nous parlons de nous-mêmes”, a déclaré un autre habitant, interrogé sur les rumeurs accusant les médias d’Etat d’obliger les gens à dire que tout est “fine”.
Les corps du massacre de Darya qui couvraient les rues ont fourni un riche matériel pour les médias officiels syriens qui apparaissent dans la scène du crime après qu’il soit commis, pour accuser les “groupes armés” et acquitter le Régime de ce nouveau massacre [ celui du 25 août.] ajouté à la série de massacres qui ont porté sa signature et condamnés par la communauté internationale.
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Le 26 aout, 14 nouveaux corps du massacre de la veille ont été découverts à Daraya. SANA, l’agence de propagande du Régime, affirmait que l’armée avait “nettoyé la ville des bandes terroristes” et que Bachar al Assad aurait dit que la révolte du peuple sera vaincue “à n’importe quel prix!”; les mots employés pour qualifier le peuple sont “complot étranger” et le dictateur “le peuple syrien”. Le 25 août, 320 personnes étaient massacrées par les shabihas a Daraya, 440 dans tout le pays.
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Un autre massacre dimanche, 35 civils bombardés par des hélicoptères à Busra Alsham:
Busra Alsham massacre took place yesterday as the Assad helicopters shelled a house where there are 35 people inside the house who were appealing for help during the shelling but no one of them dares to go outside due to the intensive shelling. After half an hour when the helicopter left the area, the people rushed to the place to pull the families from under the rubble. Five children were beheaded due to the intensive shelling. This is the feeling of the horror those who came to rescue are experiencing, so what about the ones under the rubble.
Tunisie: l’inquiétude
| Cécile Oumhani |
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Il y a vingt mois, assoiffé de liberté et de dignité, le peuple tunisien se soulevait pacifiquement et demandait la chute du régime. Il était suivi presque aussitôt par d’autres peuples et suscitait l’admiration de tous, au point que certains ont même demandé que le prix Nobel de la Paix lui soit attribué. Avec la révolution tunisienne, tout un pays accédait aux rives de l’inespéré et réenchantait le monde. Je n’oublierai pas cette femme venue me parler lors d’une rencontre dans une librairie parisienne pendant l’hiver 2011. Très émue, elle m’a dit que les Tunisiens lui avaient rendu l’espoir, après tant de déceptions passées dans les luttes qu’elle avait menées dans son propre pays. Des années de dictature n’avaient finalement pu éradiquer les rêves et les aspirations. Car on n’empêche pas indéfiniment les humains de redresser la tête face à leurs tyrans. Quelques semaines avaient suffi à libérer les possibles. L’avenir était là avec l’immense bâtisse de la démocratie à construire. Les murs de Tunis, ceux de toutes les villes du pays, même des villages les plus reculés étaient devenus les pages d’un grand livre ouvert où chacun écrivait ses désirs, ses révoltes en même temps que l’Histoire.
Aucune transition démocratique ne peut s’accomplir en quelques semaines, ni même en quelques mois. C’est une évidence et les Tunisiens le savent depuis le début. La société civile l’a montré par sa vigilance sans faille et le courage exemplaire avec lequel elle continue de réagir, chaque fois que la révolution est menacée. Pourtant les horizons se sont obscurcis. Les attaques se sont multipliées contre des cinéastes, contre des journalistes, contre des artistes, contre une exposition à La Marsa, confisquant cette liberté pour laquelle tout un peuple s’était soulevé. Y-a-t-il liberté sans celle de s’exprimer, sans celle de créer ? Y-a-t-il liberté s’il faut s’incliner devant la volonté de censeurs auto-proclamés qui font régner la terreur ? Il faut bien le dire, ces groupes de salafistes qui font parler d’eux depuis quelque temps ont instauré un climat de peur. Festivals annulés, manifestations culturelles empêchées à coups de sabres et de gourdins, sans que la police intervienne, est-ce là la Tunisie dont voulaient les révolutionnaires ? Ces idéologies obscurantistes, qui déversent la haine appartiennent-elles d’une quelconque manière à la Tunisie, à son Histoire enracinée dans une Méditerranée plurielle, celle qui a vu naître Saint Augustin, Ibn Khaldoun, Tahar Haddad? Ces factions fascisantes vont-elles en toute impunité éclipser ceux qui avaient fait de la révolution tunisienne un exemple?
J’aime passionnément la Tunisie, mon deuxième pays depuis quarante ans. Est-ce bien dans ce pays qu’a été roué de coups par des salafistes, l’élu franco-tunisien Jamel Gharbi, alors qu’il se rendait à la boulangerie avec sa femme et sa fille, parce qu’elles portaient des tenues d’été? C’est une scène que j’aurais pu vivre avec les miens l’été dernier, alors que nous avons aussi croisé des salafistes. en allant faire nos courses chez l’épicier. Cette Tunisie n’est pas celle que je connais, celle où j’ai toujours été bien accueillie, où que j’aille, sans qu’on s’en prenne ni à mes origines, ni aux vêtements que j’ai pu porter. Je voudrais dire ici ma solidarité avec les démocrates de Tunisie, ceux qui restent épris de liberté et de tolérance et combattent le retour de la censure sous toutes ses formes. Je voudrais dire ma solidarité avec les femmes tunisiennes toujours mobilisées contre un article de la nouvelle constitution, qui, s’il était voté, remettrait en cause l’égalité entre hommes et femmes. Faire de la femme le complément de l’homme, c’est la spolier d’un statut qui était, à juste titre, la fierté de la Tunisie. Ce serait une inacceptable régression. Des menaces bien réelles pèsent sur l’avenir en train de se construire et le rêve de démocratie de tout un peuple. Vigilance et mobilisation suffiront-elles à les dissiper? Les Tunisiens retrouveront-ils le cap de ce changement vers lequel ils avaient su ouvrir un chemin qui étonnait le monde? Cécile Oumhani 27/08/2012 Cécile Oumhani est écrivain et maître de conférences à l’Université de Paris-Est Créteil. Elle vient de publier Une odeur de henné (Elyzad, Tunis). Son roman L’atelier des Strésor paraîtra en septembre toujours chez Elyzad à Tunis. |
LA RAGE AU CŒUR !
Racha Lotfi
Non je n’ai plus de mots pour décrire tant d’horreurs
Et je n’ai plus de larmes,
Pour pleurer tant d’innocents passés par les armes…
Mais j’ai la rage au cœur !
Vertige de sombrer dans les nuits de terreurs
des cauchemars me hantent,
Et j’ai la rage au cœur !Et je refuse l’accoutumance au malheur
Irrévocablement !
Aux tortures, aux sévices, aux crimes, aux châtiments !
Et j’ai la rage au cœur !!
L’on t’implore à genoux transportés de ferveur
O Dieu de délivrance !
Jusqu’à QUAND doit-on vivre privés de ta clémence ?
Avec la rage au cœur … ?
Syrie : Fatima abrite les déserteurs de l’armée

lundi 27 août 2012, par La Rédaction
Quand la révolte a commencé contre le régime syrien, Fatima Zahra n’a pas hésité une seconde à envoyer ses cinq fils combattre sur le front de la « liberté », mais ce n’était pas assez, elle voulait faire plus pour la cause rebelle.
Elle a donc transformé sa maison en un refuge pour l’Armée syrienne libre (ASL), où elle prépare les repas, soigne les blessés, abrite les déserteurs et entrepose même des armes dans les chambres à coucher.
« Depuis mon enfance, je veux assister à la fin de ce régime. Alors quand ma chance est venue, je voulais offrir toute l’aide possible », raconte Fatima.
Son père avait pris dans les années 1980 le chemin de l’exil au Koweït, fuyant la répression exercée contre les membres des Frères musulmans par le président Hafez al-Assad, le défunt père et prédécesseur de Bachar.
Son père ne faisait pas partie de cette confrérie mais craignait que son éducation et sa dévotion ne fassent tôt ou tard de lui une cible pour le régime.
« Nous vivions dans la peur avant la révolution, même derrière des portes fermées nous n’osions pas prononcer le nom de Bachar ou de Hafez », confie Fatima.
Mais pour elle le mur de la peur s’est effondré en mars 2011, soufflé par un Printemps arabe qui a déjà emporté plusieurs hommes forts arabes. Et Fatima espère que le tour de Bachar al-Assad viendra bientôt, en expliquant sa décision de rester quand ses voisins ont décidé de fuir les raids de l’armée syrienne.
Deux de ses fils combattent à Alep, ville stratégique du nord où de violents combats font rage depuis plus d’un mois pour son contrôle.
Deux autres de ses fils aident les réfugiés à gagner la Turquie toute proche tandis que son « petit dernier », 16 ans, fait passer messages et armes pour les rebelles.
Parmi les déserteurs réfugiés chez Fatima se trouve Abou Mohamed qui dit avoir fait défection il y a deux mois de son unité qui avait été affectée au contrôle d’un barrage routier près d’Alep.
« Ce que fait Fatima est incroyable. Elle nous aide énormément. Elle nous traite comme si nous étions des membres de sa famille », dit ce jeune homme de 23 ans.
« J’ai déserté quand je me suis rendu compte que nous ne défendions pas la nation, mais des individus. On nous avait dit de tirer sur toute voiture qui s’approchait du barrage, qu’il y ait ou non à bord des femmes et des enfants ».
Abu Fahd, 24 ans, était lui déployé dans la région d’Alep avec son unité de Homs quand il a décidé de déserter.
« Nous n’avions pas de télévision, de radio ou d’autres moyens de communication dans l’armée. On nous a dit que nous luttions contre des terroristes et tout le monde y a cru », dit-il.
« Mais quand j’ai pu parler au téléphone avec famille, j’ai compris ce qui se passait. J’ai compris que je tirais sur des gens innocents et j’ai décidé de déserter ».
Il a alors pris contact avec un ami qui avait déjà fait défection. Il s’est enfui en escaladant le mur d’enceinte, mais de l’autre côté, l’attendaient les tirs de ceux qui étaient désormais ses anciens camarades. Ce fut pour lui une course éperdue pour sauver sa vie et gagner sa liberté.
« Ils sont mes fils », dit fièrement Fatima, « tous les combattants rebelles sont mes fils ».
Il y a bien d’autres femmes qui, comme Fatima, soutiennent l’ASL, mais elles craignent de trop s’engager dans ce conflit qui a déjà fait quelque 25.000 morts en 17 mois, selon une ONG syrienne.
« Elles ont peur et beaucoup d’entre elles ont déjà fui », explique Fatima dont la soeur, Oum Ahmed, vient d’arriver pour donner un coup de main. Cette femme de 40 ans a envoyé quatre de ses neuf enfants à la guerre. Un d’entre eux a été tué il y a deux mois par un franc-tireur dans la localité d’al-Bab.
« Quand mon fils de quatre ans voit désormais un avion, il prend un bâton et le pointe vers le ciel comme une arme », dit-elle en retenant ses larmes. « Et il ne cesse de demander +Pourquoi ont-ils tué mon frère ? ».
Hamia, la petite chanteuse emprisonnée
Au printemps dernier, Hamia*, 26 ans, a passé vingt-cinq jours dans la prison d’Al-Khateeb, dans le quartier de Kafr Sousseh, à Damas.
Il est 22 heures, le 30 avril, quand Hamia finit son service dans un café du quartier Bab Touma, à Damas. Des agents des services de renseignements, les moukhabarat, l’arrêtent avec deux de ses amis. « Je sentais que je pouvais être inquiétée », se souvient-elle. Beaucoup de ses amis sont impliqués dans la lutte contre le régime. Quelques mois avant son arrestation, elle-même avait enregistré clandestinement à Alep une chanson révolutionnaire composée par un ami puis diffusée sur la chaîne d’opposition Orient-TV, basée à Londres. Avec les paroles, elle prend des risques : « On a remis notre sort entre vos mains, on vous a donné les clés de la nation… En retour, vous êtes devenu le plus grand voleur, vous avez torturé et volé votre peuple. »
Quelques jours avant son arrestation, elle alerte Frédéric, son compagnon belge, rencontré à Damas un an avant. « Je me sens épiée, lui confie-t-elle au téléphone. Hier, ils ont arrêté un de mes amis. J’ai peur qu’ils m’arrêtent bientôt. »
Les premiers jours de sa détention, la jeune femme pense qu’elle ne sera emprisonnée que trois ou quatre semaines : « Je savais que je devais avoir une grande confiance en moi. » Entre 12 et 15 femmes partagent sa cellule, les toilettes n’ont pas de porte. Pas question de voir le jour.
Pendant les interrogatoires quotidiens, les gardes lui affirment qu’ils savent tout sur elle. Elle sait qu’ils bluffent, qu’elle ne doit surtout pas évoquer sa chanson. « Ils n’avaient aucune preuve contre moi », assure-t-elle.
Dans la prison, les gardes les insultent mais ne les torturent pas. En revanche, chez les hommes, les hurlements retentissent nuit et jour : « Je pense qu’ils voulaient qu’on les entende crier, pour nous terroriser ». D’une minuscule fenêtre dans leur couloir, les femmes voient passer les hommes : « Ils étaient exténués par les interrogatoires mais on ne pouvait pas leur parler ».
Dans la matinée du 25 mai, elle se retrouve dans la rue, libre, mais n’arrive pas à se réjouir : « Quand j’étais sous terre, je rêvais de revoir les lumières de la ville. En sortant, je pensais à mes amies encore emprisonnées. » Sa mission est d’aller voir les familles de celles qui sont restées.
Quand les bombardements se rapprochent de Damas, elle décide de quitter la ville avec sa grande sœur pour rejoindre le reste de la famille déjà réfugiée en Jordanie. Avec un seul souhait : continuer à soutenir la révolution.
* Son prénom a été modifié
Télé Bien !
….
pas trop d’accord concernant la Syrie, encore que …
Syrie : Assad promet d’écraser la révolte, l’opposition l’accuse de « massacre »
Le président syrien Bachar al-Assad a promis dimanche de vaincre à « n’importe quel prix » la rébellion, après la mort de centaines de personnes dans une vaste opération de l’armée dans une banlieue de Damas, dénoncée comme un « massacre » par l’opposition.
« Le peuple syrien ne permettra pas au complot étranger de réussir » et le vaincra « à n’importe quel prix », a dit le chef de l’Etat, confronté depuis 17 mois à une révolte, en recevant Alaeddine Boroujerdi, un émissaire de Téhéran, son principal allié dans la région, selon l’agence officielle Sana.
C’était la première fois que les médias rapportaient des déclarations de M. Assad depuis qu’un responsable syrien a évoqué mardi pour la première fois la possibilité de discuter d’un départ du président syrien dans le cadre de négociations avec l’opposition.
Mais le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem, un des faucons du régime, a nuancé cette proposition en écartant toute négociation tant que le pays n’aurait pas été « purgé » des rebelles, a rapporté l’agence iranienne IRNA après une rencontre avec M. Boroujerdi dans la capitale syrienne.
Quoiqu’il en soit, l’opposition a refusé la proposition initiale syrienne en répétant son exigence d’un départ du président Assad avant toute discussion.
Les promesses répétées d’écraser la rébellion assimilée à du « terrorisme » par le régime ont coïncidé avec l’annonce par une ONG syrienne de la découverte d’au moins 320 corps dans la localité majoritairement sunnite de Daraya, à sept km au sud de Damas, où l’armée a lancé il y a cinq jours une vaste opération.
La plupart des corps, dont certains ont été sommairement exécutés, ont été découverts samedi, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) qui a fait état selon un décompte provisoire de 15 femmes et de 14 enfants parmi les victimes.
« Massacre sauvage »
Londres s’est « dit profondément inquiet » d’un possible « massacre sauvage de civils » tandis que des militants dénonçaient un nouveau « massacre odieux du régime » en diffusant sur internet des images, non authentifiées, montrant des dizaines de corps gisant dans une mosquée.
Maintes fois accusé d’avoir commis des massacres depuis le début du conflit, le régime a lui affirmé, via l’agence Sana, que son armée avait « nettoyé » Daraya des « terroristes mercenaires qui ont commis des crimes contre les habitants, les ont terrorisés et ont détruit les propriétés publiques et privés ».
D’après les témoignages de militants, le régime « a imposé un blocus, coupé les approvisionnements vers Daraya puis bombardé sans discernement avec des avions et des armes lourdes. Des bandes criminelles ont mené par la suite des exécutions sommaires, (des victimes) ont été démembrées, brûlées ».
La province de Damas restait par ailleurs sous le feu des hélicoptères et de l’artillerie de l’armée, selon l’OSDH.
L’armée avait affirmé fin juillet contrôler entièrement la capitale avant d’être démentie sur le terrain avec une reprise des combats, devenus quotidiens notamment dans les quartiers de Jobar et Tadamoun.
Dans la ville stratégique d’Alep (355 km au nord de Damas), où se joue depuis plus d’un mois la « mère de toutes les batailles » selon le régime, les rebelles continuaient à résister à l’armée.
Les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL), qui affirment contrôler 60% de la ville, ce que démentent les autorités, ont érigé des barrages dans plusieurs quartiers où le ravitaillement en vivres devient chaque jour plus difficile, selon des journalistes de l’AFP.
Dimanche, au moins 91 personnes ont péri dans les bombardements de l’armée et les combats entre soldats et rebelles à travers le pays, dont 61 civils, 13 rebelles et 17 soldats, selon l’OSDH.
Apparition du vice-président Chareh
Depuis le début de la révolte qui s’est transformée en guerre civile en raison de la répression menée par le régime, quelque 25.000 personnes ont été tuées, selon l’OSDH.
Sur le plan diplomatique, la presse officielle a appelé le nouveau médiateur international, Lakhdar Brahimi, à ne pas suivre le même chemin que son prédécesseur Kofi Annan qu’elle a accusé de s’être « plié aux pressions des Occidentaux et Américains », pour qui toute solution au conflit passe par le départ de M. Assad.
M. Brahimi s’est jusqu’ici gardé de prendre position sur ce sujet, au grand mécontentement de l’opposition.

Son sort avait fait l’objet de spéculations après l’annonce par l’opposition d’une tentative de défection « ratée ».
M. Chareh n’a fait aucune déclaration à la presse, contrairement à M. Boroujerdi qui a réaffirmé le ferme soutien de Téhéran au régime syrien: « nous considérons la sécurité de la Syrie comme la nôtre », a-t-il prévenu.
M. Boroujerdi a annoncé que le Premier ministre syrien Waël al-Halqi et le chef de la diplomatie Walid Mouallem représenteraient la Syrie au sommet des pays Non-Alignés, les 30 et 31 août à Téhéran.


