L’idée d’ingérence n’a pas triomphé en Syrie, car elle était déjà morte !


Rony Brauman – Carte blanche | Jeudi 16 Juin 2011 à 18:01 | Lu 1736 foi
La révolution syrienne en marche pose la question du droit (ou du devoir) d’ingérence de la communauté internationale. Rony Brauman, médecin, essayiste, ancien président de Médecins sans frontières, analyse les chances d’une action internationale face au régime homicide de Bachar al-Assad.

Marianne : Si la communauté internationale n’entreprend rien contre les exactions et les massacres commis par le régime de Bachar al-Assad, ne risque-t-elle pas de laisser la belle idée de devoir d’ingérence pourrir sur pied ?

Rony Brauman : Je pensais que l’idée d’ingérence s’était définitivement ensablée entre le Tigre et l’Euphrate, lors de la calamiteuse intervention en Irak, contre le régime de Saddam Hussein. J’ai dû me tromper ! Bien sûr, en Libye, comme le soulignent tous ceux qui ont parrainé cette guerre, l’exercice du droit – ou, comme vous dites, du devoir – d’ingérence s’est fait dans le cadre d’un mandat de l’ONU, et la légalité internationale a été respectée. Et les avocats de cette guerre ont largement fait étalage d’arguments moraux, en se référant tous, peu ou prou, aux droits de l’homme… Pour ma part, dès le début, j’ai décidé de faire fi des arguments moraux. Parce que ceux-ci se distribuent de façon égale du côté des partisans comme des adversaires des fameuses « guerres justes » et que, sur le plan éthique, c’est match nul. Je suis beaucoup plus sensible à une morale conséquentialiste.« Conséquentialiste »… Que voulez-vous dire ? Vous parler de l’exigence éthique de responsabilité que Max Weber oppose à la confortable éthique de conviction ?

R.B. : Oui, une morale qui s’intéresse davantage aux effets de l’action, à ses réactions en chaîne – d’ailleurs assez largement prévisibles, tant dans le cas de la Libye que de l’Irak –, à une morale qu’émeuvent les dizaines de milliers de morts que la guerre libyenne a faits depuis trois mois (12 000 victimes civiles, selon l’Otan) : un paradoxe tout de même cuisant pour une intervention dont on nous assurait qu’elle était vouée à la protection des civils ! A l’aune de cette vision conséquentialiste, les certitudes rassurantes des avocats de cette guerre, leur conviction que l’insurrection avancerait cahin-caha à l’abri de l’Otan volent en éclats. Et les inconnues lourdes de l’après-Kadhafi apparaissent en pleine lumière : pour autant que le dictateur de Tripoli puisse être renversé par l’intervention actuelle, la composition du CNT (Conseil national de transition libyen) reste douteuse. Nul ne peut prévoir si, une fois le régime de Kadhafi abattu, il prendra clairement la direction de la démocratie. Pour une raison assez simple, finalement : non seulement les objectifs réels de cette guerre n’ont jamais été clarifiés, mais les contraintes dont elle s’est accompagnée dès le premier jour n’ont jamais été minimales… Et puis, comment vous dire, si je ne prône pas pour la Syrie une intervention du type de celle qui se déroule en Libye, si je ne déplore pas qu’on n’entreprenne rien sur un plan militaire contre le régime d’Assad, c’est parce que je n’adhère pas à l’idée – si chère aux néoconservateurs de tout poil – selon laquelle une société serait pareille à une sorte de Meccano, où il suffirait de changer une pièce, ou de revisser un boulon, pour que, par miracle, tout le système se rétablisse.

Pour vous, le devoir d’ingérence est par nature artificialiste ?

R.B.: Oui, c’est cela, de part en part. Il se réfère à une vision mécaniste du social. Les précédents historiques sont pourtant légion qui illustrent l’inanité de ce constructivisme. Quand les soldats de l’an II, baïonnette en l’air, ont déferlé sur l’Europe pour y exporter les valeurs de la Révolution française, ils ne sont parvenus qu’à y semer la désolation. De même, les armées bushistes ont saccagé l’Irak, en prétendant le libérer d’une dictature effectivement sanguinaire, celle de Saddam Hussein. Vous avez vu le résultat ! Puis-je vous faire un aveu ? Quand j’observe ce qui se passe en Syrie, je suis profondément admiratif du courage exceptionnel des manifestants sortant poitrine nue contre les soudards de Bachar al-Assad. Mais je suis convaincu d’une chose, c’est que faire aujourd’hui la guerre à cette tyrannie serait encore pire que de ne rien faire. Une guerre provoquerait immanquablement une extrémisation des radicaux et une asphyxie des modérés : c’est d’ailleurs exactement le scénario qui est en train de se dérouler en Libye…

Alors comme ça, vous vous résignez d’avance au « statu quo » !

R.B.: Ecoutez, le mot que vous employez – statu quo – relève de cette rhétorique de l’intimidation qui a fait florès en 2003, lorsque les Américains et leurs alliés en Europe voulaient nous enfermer dans une alternative stérile : soit chasser Saddam, soit soutenir un régime de mort. Face à Kadhafi, le consensus médiatique parisien a rêvé de reconstituer une alternative semblable, mais ça ne marche pas… A mon sens, la seule question qui vaille, aujourd’hui, est de savoir si la diplomatie en est réduite à un théâtre d’ombres. Il existe toute une série de bonnes mesures, d’ordre symbolique ou diplomatique, pour faire reculer Assad et ses factions : c’est à elles que nous devons recourir sans attendre. L’époque où l’on pouvait résoudre des problèmes politiques par le truchement des armes est révolue, d’ailleurs, Robert Gates, le secrétaire à la Défense d’Obama, l’a parfaitement compris.

Bon, admettons. L’histoire de l’Europe est tout de même jalonnée de ces étranges épopées que sont les guerres de libération…

R.B.: Oui, mais pas autant qu’on le dit ! Vous croyez que la révolution de 1848 ou la Commune de Paris ont eu besoin de force d’appoint extérieures ? La Syrie, comme la Libye, n’ont pas besoin d’ingérence, cette idée est déjà morte et enterrée. Non, ce qu’il faut à ces sociétés, c’est la constitution d’une dynamique politique interne, indépendante du deus ex machina d’une offensive étrangère.
D’accord, mais le temps presse, vous le savez bien, autant en Syrie qu’au Yémen. Comment sauver la dynamique démocratique qui parcourt le monde arabe depuis décembre 2010 ?
La vérité est que nous ne pouvons pas faire grand-chose, en tout cas militairement. La priorité est de tabler sur les ressources propres des pays arabes, sur leurs sociétés civiles formidables et dynamiques. Le « coup de pouce » extérieur ne peut leur être d’aucune utilité véritable. C’est un fantasme qui renvoie à une vision mécaniste du social.

Propos recueillis par Alexis Lacroix

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REPORTAGE – Des manifestants victimes de tirs sont soignés dans les hôpitaux turcs.


Par Laure Marchand
14/06/2011 | Mise à jour : 21:20 Réagir
Un réfugié syrien arrivé, mardi, au camp de Boynuyogun, en Turquie.
Un réfugié syrien arrivé, mardi, au camp de Boynuyogun, en Turquie. Crédits photo : © Osman Orsal / Reuters/REUTERS

Hassan a ouvert les yeux dans une chambre aux murs peints en bleu délavé, sur un lit inconnu, entouré de médecins parlant le turc. De sa fenêtre, on surplombe les immeubles d’Antakya, dans le sud-est de la Turquie. Il a mis un peu de temps à comprendre qu’il se trouvait à l’hôpital public de la ville et ne sait toujours pas comment il y est arrivé. C’était le dimanche 5 juin. Quelques heures auparavant, il participait à des funérailles à 40 km de là, à Jisr al-Choughour, ville syrienne dont la rébellion contre le régime de Damas est réprimée dans le sang. «On m’a tiré dessus, j’ai perdu connaissance.» L’homme de 35 ans soulève son tee-shirt. Un gros pansement dans le dos et un autre sur le flanc droit indiquent la trajectoire de la balle qui l’a traversé de part en part.

Poussés sur la route de l’exode par l’entrée en action de l’armée syrienne dans le nord-ouest du pays, les habitants de la province d’Idlib affluent vers la Turquie. Huit mille cinq cents Syriens ont déjà franchi la frontière selon les autorités turques. Les arrivées sont montées en flèche ces derniers jours. Des milliers de personnes sont massées côté syrien, attendant que les soldats d’Ankara les autorisent à pénétrer sur le territoire turc. Mais les blessés bénéficient d’un «laissez-passer». La semaine dernière, ils étaient une soixantaine à être hospitalisés en Turquie, selon les autorités.

Désertions signalées

Dans le village turc de Guveççi, Mohammed claudique et se hisse dans le camion d’un villageois. Celui-ci l’emmène au petit hôpital de campagne monté dans un camp de réfugiés, afin qu’on lui change son bandage à la cuisse droite. Lui aussi a reçu une balle à Jisr al-Choughour. «Mes frères m’ont conduit à la frontière et là une ambulance turque m’a récupéré», raconte-t-il.

Être blessé dans une manifestation risque de conduire à la mort, faute de soins. «Les médecins syriens ont interdiction de nous soigner, ils sont effrayés», assure Mohammed, allongé sur le lit voisin de celui d’Hassan à l’hôpital d’Antakya. Il a été blessé dans les mêmes conditions, un jour plus tôt: «Nous étions en route pour le cimetière pour enterrer un martyr tué la veille quand des soldats ont ouvert le feu sur la foule.» Le jeune homme a reçu quatre balles dans le corps. Il ne se plaint pas: «Des jeunes m’ont mis dans une voiture et ont conduit jusqu’à la frontière turque. Je me vidais de mon sang. Ils m’y ont laissé mais ils sont repartis avec un manifestant: il était mort pendant le trajet.»

«J’ai été condamné à mort»

Les deux camarades de chambre manifestaient depuis des semaines à Jisr al-Choughour contre le régime de Bachar el-Assad quand la répression est montée d’un cran, début juin. Ils racontent les snipers «postés sur les bâtiments officiels du centre-ville. Ils ont tiré dans un jardin à thé de l’autre côté de la rivière. Les gens s’y désaltéraient après des funérailles». «Les hélicoptères sont arrivés et ont tiré à l’arme automatique. Nous nous sommes réfugiés dans les ruelles du souk», relate Hassan. Quid des «groupes terroristes» invoqués par Damas pour justifier le ratissage de la région et l’entrée en action de l’artillerie lourde dimanche à Jisr al-Choughour? «Qu’ils ouvrent la ville aux médias, qu’ils nous les montrent», répondent-ils. La reprise de contrôle de la ville par l’armée régulière dimanche soir a donné lieu à des exactions violentes selon les témoins. Des désertions ont été signalées.

Près de la fenêtre, un autre blessé fait signe de la main qu’il souffre trop pour parler. Des proches ont tenté de joindre sa famille en Syrie pour l’informer qu’il était grièvement atteint, mais vivant. Sans succès, car les télécommunications sont coupées. Assis sur un lit voisin, Omar arrive du Yémen. Un proche lui a téléphoné pour l’avertir que son fils avait été blessé par balles et transporté à Antakya. Il a eu de la chance. «Les premiers jours, il était dans une clinique en Syrie, mais les miliciens y ont fait une descente. Les docteurs l’ont évacué par une porte dérobée», explique son père en grattant sa barbe. Lui-même a quitté la Syrie en 1980, sous la dictature d’Hafez el-Assad, et n’a jamais pu y retourner: «J’ai été condamné à mort, c’était le tarif à l’époque pour les membres des Frères musulmans». Cette fois-ci, il espère que ce soulèvement sera le bon pour se débarrasser du clan el-Assad. «Inch Allah, la jeune génération a pris la relève et nous finirons par obtenir nos droits.»

* Tous les prénoms ont été changés.

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Aarrass confronté à Belliraj


RIZZA,ETTORE

Jeudi 16 juin 2011

Les deux Belgo-Marocains comparaîtront ce jeudi au Maroc

Audience décisive ce jeudi pour le Belgo-Marocain Ali Aarrass, 48 ans, emprisonné pendant près de trois ans en Espagne puis extradé en décembre au Maroc, où il aurait été torturé pendant douze jours.

D’abord soupçonné de trafic d’armes vers le Maroc (un juge espagnol l’a blanchi), ensuite de participation à diverses activités terroristes, cet ancien libraire de Molenbeek, venu rejoindre son père en 2005 dans l’enclave espagnole de Melilla, comparaîtra devant le tribunal de Salé, près de Rabat.

Lors de cette audience, il sera confronté à trois de ses « accusateurs », dont le célèbre Abdelkader Belliraj, condamné en juillet 2009 à la prison à vie pour avoir dirigé un réseau terroriste. Cet autre Belgo-Marocain a reconnu depuis que sa dénonciation avait été extorquée sous la torture.

Tout comme les aveux d’Ali Aarrass sans doute. Alors qu’il ne sait pas lire l’arabe classique, le détenu s’est montré capable de signer une confession de plusieurs pages rédigée dans cette langue. On ne vantera jamais assez les bienfaits des coups, de l’électrification des testicules, des sodomies à la bouteille et de l’injection de produits chimiques sur l’apprentissage des langues. Tout comme Belliraj, Aarrass s’est rétracté depuis.

Lors de la première audience à Salé, le 2 juin, la défense a senti le vent tourner. Devant une délégation internationale d’avocats et de défenseurs des droits de l’homme, venus contrôler le procès, le juge a accepté de désigner un interprète afin qu’Ali Aarrass puisse comprendre les débats. « C’est déjà une forme de reconnaissance que mon frère ne savait pas ce qu’il signait, se réjouit sa sœur Farida, toujours installée en Belgique. Nous parlons un peu le dialecte du Rif et le marocain, mais pas l’arabe classique. Selon les avocats marocains, 80 % du procès est gagné. »

Las : lors de la 2e comparution, le 9 juin, l’interprète faisait encore défaut. Il devrait être présent ce jeudi. Pour peu que le juge parvienne à examiner tous les points de l’affaire, le jugement pourrait être rendu dans la foulée ou dans la semaine. Dans le cas contraire, une dernière audience pourrait se tenir le 23 juin.

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Les USA financent en secret un Web résistant à la censure


[anniebannie : on parle des dissidents; c’est quels dissidents ? Ceux qui ont l’approbation d’USraël ?]

Par Benjamin Ferran
14/06/2011 | Mise à jour : 19:27 Réactions (8)
Cette valise est un projet de «New America Foundation» une officine de recherche «non partisane».
Cette valise est un projet de «New America Foundation» une officine de recherche «non partisane».

Le département d’État américain consacre plusieurs dizaines de millions de dollars à des projets permettant de se connecter à Internet dans les pays qui censurent les télécommunications.

Les États-Unis veulent donner la parole aux dissidents frappés par la censure d’Internet dans leurs pays. Ces derniers mois, l’administration Obama a apporté son soutien financier à plusieurs projets qui visent à maintenir les connexions à Internet des ordinateurs et des téléphones en dépit des coupures de réseau, comme celles qui ont frappé l’Égypte et la Syrie dernièrement.

Le projet le plus emblématique a reçu un financement de 2 millions de dollars du département d’État américain, a révélé le New York Times ce dimanche. Il s’agit d’une valise de voyage en apparence ordinaire, mais bourrée de nouvelles technologies, qui doit permettre de déployer un Internet alternatif, en théorie impossible à surveiller. Suffisamment compacte pour passer inaperçue, elle pourrait être prochainement confiée à des opposants politiques, en Syrie, en Iran ou en Libye, afin qu’ils continuent à planifier leurs opérations et à communiquer sur les réseaux sociaux.

Si le projet tient en apparence du film d’espionnage, la technologie utilisée n’est pas totalement nouvelle. Il s’agit d’une application du «mesh network» (réseau maillé), qui transforme les ordinateurs et les téléphones portables en émetteurs Wi-Fi. Ainsi, ce sont les appareils qui font office de réseau. La valise contiendra un PC pour administrer le système, des clés USB et des CD pour paramétrer les terminaux ainsi que des antennes-relais, qui amplifieront le signal sur plusieurs centaines de mètres. L’ensemble devra tout de même être relié à Internet, par des lignes fixes, mobiles ou par le satellite.

«Nous sommes déterminés à aider» les dissidents

Pour s’assurer qu’Internet et les mobiles continuent de fonctionner en cas de coupure totale, les États-Unis financent aussi en parallèle la création de réseaux privés à l’intérieur de pays étrangers, en implantant cette fois eux-mêmes des antennes-relais dans leurs bases militaires. Le département d’État et le Pentagone ont dépensé quelque 50 millions de dollars dans une initiative de ce genre en Afghanistan, où les infrastructures du réseau officiel sont régulièrement la cible des talibans.

Ces projets, qui fédèrent des diplomates, des ingénieurs de l’armée, de jeunes développeurs sensibles à la liberté d’expression et des dissidents politiques, figurent parmi les priorités de l’administration Obama et de sa secrétaire d’État, Hillary Clinton. «Nous voyons de plus en plus de personnes qui utilisent Internet et le mobile pour faire entendre leurs voix. Il y a une opportunité historique de changement [et] nous sommes déterminés à les aider», plaide la responsable de la politique extérieure américaine auprès du quotidien new-yorkais.

Le département d’État américain consacrera 70 millions de dollars cette année. Durant la guerre froide, les États-Unis produisaient des émissions de radio diffusées dans le bloc de l’Est sur «Voice of America». Plus récemment, Washington a apporté son soutien au développement de logiciels qui préservent l’anonymat des utilisateurs dans des pays comme la Chine, rappelle le New York Times.

[anniebannie aime assez ces deux commentaires:

AvatarSalim Bellazoug

J’adore le côté secret de cette opération dont sous les médias parlent. 🙂
Le 14/06/2011 à 20:08

AvatarDivers76

Bonne idée, car bientôt cela pourra aussi être utile en Europe où la démocratie et surtout la voix du peuple a de plus en plus de mal à se faire entendre…]

ESPACE SENGHOR


 @ 366 chaussée de Wavre (Etterbeek, Bruxelles)

Génération Palestine a le plaisir de vous inviter à sa soirée de soutien STAND (UP) 4 Palestine.

Cette soirée a pour but d’informer le publique sur l’existence et l’historique du projet Tous Témoins, Tous Acteurs (3TA) et de véhiculer les valeurs que Génération Palestine défend à travers ce projet et dans ses actions. Elle a aussi pour but de récolter des fonds pour la mise en oeuvre du projet de cet été.

Au programme de la soirée nous avons un panoplie d’artistes de tout genre: Code Rouge, Shogun Sensey, 5 Keuz viendront interpréter leurs morceaux. Ils seront rejoint par des stand up comédie de membres de la pièce « Fruits Etrange(r) » et de la danse traditionnelle palestinienne, la dabké.

Nous avons également le plaisir d’accueillir Mona, agricultrice palestinienne de Tulkarem et Amal du Naqab (Neveg) dans le cadre du projet La Palestine au féminin (https://www.facebook.com/pages/La-Palestine-au-Féminin-Gender-Palestine/206224419387788) qui nous viennent des Territoires Palestiniens Occupées et qui témoigneront.

Nous clôturons la première partie avec les GENERATION PALESTINE AWARDS, une petite cérémonie visant à remercier les personnes qui nous ont aidé durant toutes ces années.

Une pause sera prévue et nous débuterons la deuxième partie de la soirée (21h) avec un concert de Marwan Zoueini et Diwane. Marwan jouera de luth et nous transportera au Moyen-Orient le temps de quelques chansons. Le groupe Diwane interprétera des chansons du groupe mythique NASS EL GHIWANE.

Un buffet sera disponible durant toute la soirée ainsi qu’un stand de matériel solidaire. Tous les bénéfices iront à la mise en place du projet de solidarité Tous Témoins, Tous Acteurs 2011 et serviront à sponsoriser les 7 jeunes belges.

Nous vous attendons nombreux. Le prix en pré-vente est de 10€ (14€ sur place). Nous organisons deux moment de vente de tickets: le 15 à notre projection du documentaire Slingshot Hip Hop (http://www.facebook.com/event.php?eid=215865111778730) et le 18 à la soirée témoignage avec Shadi et Anas, deux palestiniens de Wad Rahal! (https://www.facebook.com/event.php?eid=109443865814369).

Vous ne pouvez pas venir à un de ces deux évènements? Envoyez-nous un email à reservation@generation-palestine.org avec le nombre de place qui vous désirez et les noms.

Solidairement,

l’Equipe Génération Palestine

Pense-bête à l’intention du journaliste chargé du Moyen-Orient


Dans cette période troublée où le journaliste doit manifester la plus grande prudence dans le compte-rendu des événements du Moyen-Orient et éviter de choquer l’opinion publique, il est bon de rappeler quelques principes et règles qui permettront de parer aux critiques.
Correctement appliquées, les préceptes et conseils ci-dessous vous éviteront d’être accusé d’opinion tendancieuse.

• Ne jamais oublier que ce sont toujours les Arabes qui attaquent ; Israël ne fait que se défendre et agit toujours en représailles.

• Quand l’armée israélienne tue des civils arabes, c’est toujours en état de légitime défense. Quand des civils israéliens sont tués, cela s’appelle du terrorisme.

• Les Israéliens n’enlèvent pas les civils palestiniens, ils les capturent.
Toujours mentionner les nécessités de sécurité pour expliquer ces captures.

• Inversement, les Palestiniens et Libanais ne sont pas habilités à capturer des militaires israéliens! S’ils le font, le qualificatif à utiliser est enlèvement.

• Il n’est pas convenable de mentionner le nombre prisonniers palestiniens (11.000, dont 300 enfants) capturés actuellement. Si, malgré tout, vous devez en faire état, qualifiez-les de terroristes ou supposés terroristes.

• Utilisez le moins possible le terme Palestinien et préférez Arabe, terme officiel du gouvernement israélien pour désigner les habitants non-juifs des deux territoires.

• Quand vous mentionnez le « Hezbollah », toujours ajouter l’expression soutenu par la Syrie et l’Iran.
Mais quand vous parlez d’Israël, il est superflu d’ajouter soutenu par les USA et l’Europe. On pourrait croire qu’il s’agit d’un conflit déséquilibré.

• Ne pas utiliser le terme « territoires occupés » mais territoires contestés. A ce propos, il est aussi préférable de dire Judée-Samarie plutôt que Cisjordanie.

• Ne jamais rappeler les diverses résolutions de l’ONU ou conventions de Genève défavorables à Israël. Idem pour les condamnations par la Cour de Justice de La Haye… Cela risque de perturber le lecteur, téléspectateur ou auditeur.

• Il est préférable de ne pas dire armée israélienne, mais d’utiliser la qualification plus sympathique de Tsahal.

• Il est de bon ton de laisser entendre que le « Hamas » est un groupe terroriste qui ne reconnaît pas l’Etat d’Israël (ces Islamistes qui ne veulent pas la Paix est un commentaire bienvenu).
Surtout, ne faire aucune mention de la reconnaissance faite en 2002.

• Il n’est pas indiqué de signaler qu’Israël a toujours refusé de fixer ses frontières et ne reconnaît pas la Palestine.

• Le mot colonies doit être écarté dans vos textes, parlez plutôt d’implantations.

• Afin d’affirmer la symétrie du conflit, ne jamais évoquer l’expansionnisme israélien mais toujours parler de deux peuples se disputant un territoire.

• Au cas où vous devriez évoquer les projets de développement nucléaire de l’Iran, il n’est pas utile d’insister sur l’arsenal nucléaire militaire israélien… Et surtout pas de signaler que c’est la 6ème puissance mondiale dans ce domaine.

• Quand vous devez faire état du refus palestinien d’agréer les conditions israéliennes pour l’arrêt des hostilités, toujours ajouter que « Israël considère qu’il n’a plus de partenaire pour le processus de paix »… Si possible sur un ton de regret.

• Si vous êtes appelé à citer le « mur de séparation », ne jamais mentionner qu’il a été établi sur des terres palestiniennes annexées, mais toujours mentionner que ce mur a été érigé pour arrêter les attentats terroristes… Et éviter surtout de citer la condamnation du « Tribunal International de Justice » exigeant son démantèlement.

• Concernant les opposants à Israël, ne jamais utiliser les mots résistants ou militants… Toujours parler d’activistes. Même s’ils manifestent seulement pour la paix, ils doivent être qualifiés de pro-palestiniens.

• Au cas ou vous seriez amené à reparler de « Plomb Durci », toujours reprendre la thèse israélienne : c’est le Hamas qui a rompu la trêve (ajoutez « unilatéralement » pour une meilleure compréhension)… et qu’Israël avait mis les Palestiniens en garde avant les bombardements (inutile de citer les bombes au phosphore).

• En cas de nouvelle opération visant à briser le blocus de Gaza, utilisez des expressions telles « cette flottille de soi-disant pacifistes » ou « acte de provocation »… et surtout évitez les commentaires du style « blocus illégal d’Israël, condamné par l’ONU ».

• Si vous en avez l’occasion, affirmez qu’Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient. Evitez, évidemment, d’ajouter que cette qualité ne concerne que la population blanche et juive du pays.

• Ne faites aucune critique de la volonté du gouvernement actuel de transformer le terme Israël en Etat Juif, excluant de facto les 20% de musulmans de la population. Toujours éviter la référence religieuse à ce propos.

• Les Israéliens parlant mieux le français que les Arabes, donnez-leur souvent la parole. Ils peuvent mieux nous expliquer les règles précédentes et vous affirmerez ainsi votre neutralité journalistique.

Note Importante

Au cas où certains de vos collègues contreviendraient aux règles ci-dessus, prière d’en aviser les responsables de votre media. C’est un devoir citoyen de signaler ces dérives antisémites.


Le journal de Damas

vendredi 10 juin 2011, par Samar Yazbek

Samar YAZBEK
Ecrivaine syrienne, l’une des plus importantes de sa génération. A son actif 4 romans, 2 recueils de nouvelles et plusieurs scenarii de films documentaires. Elle travaille par ailleurs dans les médias et se distingue par un style original et par l’audace à évoquer des thèmes longtemps occultés qui abordent les déceptions d’une génération marginalisée. Son roman « Odeur de cannelle » est en cours de traduction vers le français et l’italien.

***

Je me glisserai dans le sommeil des assassins et je leur demanderai : Avez-vous bien regardé leurs yeux, quand vos balles se sont approchées de leurs poitrines ? Avez-vous aperçu le trou de la vie ?

Avant que le ciel de Damas ne vire au bleu sombre, ils regardent les doux cercles rouges autour de leurs fronts et de leurs ventres, là où les fenêtres de nos regards s’arrêtent.

Ici, à Damas, là où s’endormiront bientôt les yeux des assassins, là où nous resterons à veiller l’angoisse, la mort n’est pas une question, c’est une fenêtre qui s’ouvre sur de nombreuses questions.

Comme toutes les villes, Damas devient plus belle au cours de la nuit, telle une femme après l’amour. Ce soir, le bleu sombre se teinte de mauve pâle pour nous permettre d’apercevoir les yeux des assassins qui se répandent dans les rues et que nous ne pouvions pas déceler nettement. Qui tue derrière les terrasses et les immeubles ? Est-ce un assassin froussard ? Oui, tout assassin est un lâche. Comment pourrait-il être courageux s’il s’affranchit au préalable de sa condition morale ?

Je quitte la maison et me dirige vers les places et vers les mosquées. A l’heure de midi, je dois connaître les rues de la ville, une par une et place par place. Je ne crois que ce que mes yeux voient. Ce matin, la vérité ressemble à un homme stupide qui avance devant moi en ricanant. Comment parler de vérité alors que les gens se terrent chez eux et que la ville est désertée ? Aujourd’hui c’est un jour de congé et les gens se réfugient dans leur peur.

 

***

 

Les patrouilles de sécurité sont répandues massivement dans les rues. Des voitures qui vont et qui viennent, rapides ou lentes, des cars bondés d’agents de sécurité, des hommes portant uniformes et casques grouillent les marchés, les places, les croisements et partout où les manifestations pourraient avoir lieu.

Des hommes en civil, la pesanteur de leur présence les dénonce. Comment en suis-je arrivée à distinguer un agent de sécurité en civil d’un homme ordinaire à Damas ? Je ne peux pas me rappeler quand ce petit jeu a commencé ni quand mon intuition a commencé à devancer toute interrogation. Je les reconnais à leurs yeux, à leur façon de s’habiller, à leurs chaussures. Ils sont plus nombreux que les gens dans les rues et les ruelles, devant les kiosques et les écoles, sur les places et partout où je vais.

 

***

 

Les patrouilles de sécurité se répandent à l’entrée de Souk al-Hamidiyeh et près de la place Bab-Touma. Les agents arrêtent les passants, les interrogent, examinent leurs cartes d’identité ; je ne m’arrête pas assez longtemps pour voir s’ils vont les leur confisquer. J’accélère le pas, je les dépasse tout en les regardant furtivement. Je me faufile dans une ruelle presque déserte. Mais autour de la Mosquée des Omeyyades, les agents de sécurité sont nombreux et une foule dense brandit les drapeaux et les photos du président.

La mosquée est fermée et je ne peux pas entrer. On me dit que c’est l’heure de la prière. Je reste quelque temps à observer et à fumer calmement avant de m’en aller. La foule brandissant les photos du président est dense et les agents de sécurité sont partout, ils surgissent de la terre, personne ne sait comment.

Soudain, je vois dans les rues des silhouettes que je n’avais jamais vues auparavant. Des colosses, aux torses bombés, aux chemises noires à manches courtes qui laissent voir des bras musclés et tatoués, aux crânes rasés, aux regards inquisiteurs. Ils avancent, leurs bras se balançant des deux côtés de leurs corps, remuant un air lourd. Silhouettes effrayantes. Où étaient ces hommes avant de se retrouver dans la ville ? Où vivaient-ils avant ? Comment sont-ils apparus aujourd’hui ?

Je rebrousse chemin par le Souk al-Hamidiyeh, presque vide, à part quelques vendeurs à la sauvette. Les boutiques sont fermées. Seuls les agents de sécurité arpentent la ville. A l’entrée du Souk stationnent d’autres cars, pleins d’hommes armés.

 

***

 

Je connais maintenant la signification du calme prudent. Quand j’entendais cette expression auparavant, je me disais qu’elle appartenait au vocabulaire creux de la dissertation. Ces jours-ci à Damas, j’ai compris le sens du calme prudent dans leurs yeux et dans leurs gestes. Je sors de Hamidiyeh et me dirige vers la place Mergé. J’avais pourtant décidé de ne plus passer par cette place, après le sit-in devant le ministère de l’intérieur, il y a quelques semaines.

La place Mergé est déserte, seuls les agents de sécurité pullulent tout autour de la place et en son milieu. Non loin, se trouve aussi un car rempli d’homme armés jusqu’aux dents. En l’absence de passants et avec les boutiques fermées, la place aux hôtels minables semble plus nette. Elle ne ressemble pas du tout à ce qu’elle était cet autre jour, lorsque des dizaines de parents de détenus s’étaient rassemblés devant le ministère de l’intérieur. En vérité, ils ne s’étaient pas rassemblés, ils s’étaient juste retrouvés là, dans le silence le plus total, portant avec beaucoup de réserve les photos de leurs proches, emprisonnés pour délit d’opinion. Je me tenais avec eux, à côté de l’époux et des deux enfants d’une détenue.

Soudain, d’étranges individus avaient jailli du ventre de la terre et s’étaient mis à donner des coups aux gens. Prise de panique, je criais : « Traître est celui qui tue son peuple ! ». Les manifestants encaissaient les coups et l’humiliation puis disparaissaient les uns après les autres, happés par les hommes qui s’étaient soudain répandus dans les rues. Des hommes aux grosses bagues, aux bras musclés, aux yeux fatigués, à la peau craquelée, faisaient comme un barrage humain et se jetaient sur les manifestants, les tabassaient, les jetaient par terre, les écrasaient sous leurs pieds. D’autres hommes cueillaient les manifestants et les amenaient loin avant de les faire disparaître. Je les avais vus ouvrir une boutique, y pousser une femme avant de baisser le rideau métallique et de se diriger vers une autre femme.

Le groupe qui tentait de rester soudé, s’était dissous, le mari d’une détenue avait disparu après m’avoir confié son petit garçon de quatre ans. Plusieurs agents tenaient fermement le père et l’autre fils de dix ans. Pétrifiée, je serrais le petit contre moi, comme dans un film. Quelle est la différence entre la réalité et l’imagination ? Quel fil les sépare ? Je tremblais. Soudain, je m’étais rendu compte que l’enfant regardait son père et son frère recevoir des coups. Le frère de dix ans était figé, comme s’il avait reçu une décharge électrique. Un poing s’abattait sur lui, sa tête ballottait. Une seconde plus tard, les coups de pieds le poussaient avec son père dans le car.

J’ai tourné le visage du petit de l’autre côté pour qu’il ne suive pas la scène, puis j’ai commencé à courir. Arrivée à cet instant, une amie s’était approchée de moi. Trois hommes se sont précipités sur elle, j’ai crié en lui saisissant le bras : « Laissez-la ! » Ils m’ont jetée par terre avec l’enfant qui vacillait dans mes bras. Ils l’ont emmenée au loin. J’ai couru plus vite avant de m’arrêter à la porte d’une boutique. Le propriétaire m’a lancé : « Déguerpissez ! C’est notre gagne pain ici ! ». Je me suis enfuie. Un jeune manifestant m’a accompagnée pour m’aider à courir plus vite avec l’enfant.

Pourquoi est-ce que je courais ? Le petit me suppliait de rester avec lui jusqu’au retour de son père. Il ne cessait de répéter qu’il avait peur parce que son père et son frère l’avaient quitté, qu’il voulait frapper la police pour avoir battu son frère. Il demandait s’ils étaient partis en prison comme sa mère. Je suis restée muette, incapable même de prononcer : tu viendras avec moi.

En réalité, ce n’était pas la police qui battait son père. Les policiers se tenaient là, silencieux, regardant les gens se faire battre, humilier et arrêter. Le groupe qui avait surgi en vociférant des slogans, brandissant les drapeaux et les photos du président était celui qui distribuait les coups aux gens avec les hampes des drapeaux. A peine rassemblés, les gens s’étaient dispersés, sidérés de ce qui leur arrivait. Le soir, le bruit s’est répandu que des « infiltrés » s’étaient glissés parmi les manifestants pour causer une émeute et que le ministre de l’intérieur recueillait les réclamations des familles des prisonniers.

J’écoute la télévision officielle alors que les regards de l’enfant que j’avais porté dans mes bras me poursuivent. Je l’imagine aujourd’hui, perdu et solitaire entre les jambes qui courent, noyé dans les rues de la ville, cherchant son père et son frère.

 

***

 

J’ai donc vu les infiltrés ! Je dépasse la place Mergé, je vois les ombres derrière les barreaux des prisons mobiles. Je monte dans un taxi pour aller vers l’une des mosquées dont j’ai entendu dire qu’elle était toujours assiégée. Il n’y a aucun rassemblement. Je me dis qu’il y a bien des erreurs et de la surenchère médiatique ! Sans regarder la rue par la vitre du taxi qui m’emporte vers le rond-point de Kfar-Soussé, je passe le temps à consulter l’Internet sur mon téléphone mobile. Je ne veux compter que sur moi-même pour obtenir des informations. J’apprends ainsi que la mosquée est assiégée, alors que la radio dans le taxi affirme que le calme règne en ville !

Les services de sécurité sont partout au rond-point. Les Syriens connaissent bien les patrouilles, alors que les étrangers à la ville ne peuvent pas imaginer qu’une telle quantité de voitures se trouve sur les places. On nous empêche d’y accéder : route barrée ! Nous dépassons la place pour entrer par les ruelles. Ailleurs, dans les quartiers riches préservés, tout semble calme. Je quitte le taxi et me dirige à pied vers la mosquée, il semble difficile de s’en approcher. Des motocycles, des cris, des slogans, des officiers de haut grade des services de sécurité, une foule qui brandit les drapeaux et les photos du président. On murmure qu’un silence mortel règne à l’intérieur. J’essaye de me renseigner, mais on me conseille de m’éloigner : « Les femmes n’ont pas leur place ici, me dit quelqu’un en ricanant. Que faites-vous ici ? ». Je lui tourne le dos. Les slogans montent avec les drapeaux et les photos. Les services de sécurité encerclent la mosquée. Elle est véritablement assiégée ! Je ne sais pas si je peux entrer, la seule façon serait de me faufiler parmi les porteurs de photos et de drapeaux. Cette idée, qu’on évoquée mes amis sur facebook, me chatouille, mais je n’ai pas réussi à avancer d’un seul pas.

C’est horrible de se retrouver parmi des hommes en civil, qui surgissent soudain, battent un jeune homme et confisquent son téléphone portable. Les uns montent sur les terrasses des immeubles qui donnent sur la mosquée, j’entends dire qu’ils veulent s’assurer que personne ne filme, mais je ne peux être sûre d’aucune information, sauf que l’endroit est assiégé par les services de sécurité, par la police et les officiers, par les porteurs de drapeaux et de photos. Ce sont les mêmes d’ailleurs, les uns quittent le groupe pour aller taper sur les autres avant de reprendre leur place et de brandir les photos. Autour de la mosquée, les gens se passent les nouvelles à propos des pourparlers entre un cheikh de la mosquée et les services de sécurité pour que les gens puissent sortir en paix, sans assassinat ni écoulement de sang. J’apprendrai plus tard que les jeunes ont quitté la mosquée directement pour la prison.

Mon cœur cogne, je l’entends battre distinctement. Il me parle comme un être humain, me prévient des dangers, me guide mieux que mon cerveau. J’aperçois un homme au regard courroucé qui porte la photo du président et qui s’approche de moi. Je cours vers la voiture. Il essaye de me rattraper, me fait un signe de menace avant de rebrousser chemin vers son groupe. Je demande au chauffeur d’accélérer, il me dit :

– Pourquoi vous mettez-vous dans cette situation, ma sœur ? Ces gens-là ne font pas de différence entre un homme et une femme !

Je me tais, mes yeux se brouillent, le spectacle de la mosquée assiégée me hante. Que va-t-il se passer ? Les nouvelles me parviennent de ci et de là à propos des meurtres à Douma, des arrestations de mes amis, des hôpitaux pleins de blessés qui sont la cible de l’armée. Je demande au chauffeur de m’emmener voir le panorama de Douma. Il regimbe en s’écriant :

– Ah non ! Vous n’irez pas !

 

***

 

Armée uniquement de ma conscience, je ne me tracasse pas du proche avenir qui porterait les traits d’un islam modéré, ni de ce qui se raconte à ce sujet ; je ne me préoccupe pas du visage des assassins, ni de tous les mensonges qui se propagent. Je voudrais seulement ne pas être un diable muet au moment où le sang devient la langue commune entre les gens ! Je suis profondément concernée lorsque je vois de mes propres yeux les pacifistes battus, arrêtés, tués, alors qu’ils ne font que manifester. Je vois mes concitoyens tomber comme des pêches pas encore mûres !

Le chauffeur se métamorphose en tuteur et en sermonneur :

– La route est barrée vers Douma. Il est interdit d’y accéder.

– Est-ce que Douma est assiégé aussi ? Je lui demande.

– Laissez tomber, ma sœur ! Ça ne me regarde pas.

– Qui vous l’a dit ?

– L’armée est là-bas. On entend les tirs.

– Qu’en pensez-vous ? Qu’est-ce qui se passe ?

– Ça ne me regarde pas. J’ai déjà bien de mal à gagner ma vie !

– Mais il y a des gens qui meurent !

– Nous allons tous mourir. Dieu ait leurs âmes !

– Et si c’était l’un de vos enfants, qu’auriez-vous fait ?

Il se tait, hoche la tête avant de laisser fuser :

– Le monde entier ne le remplacerait pas !

Je reprends :

– J’ai entendu dire qu’un jeune, tombé à Deraa, a été déposé, encore vivant, dans la chambre froide. Quand on a sorti son cadavre, il y avait ces mots écrits avec son sang : ‘J’ai été mis ici vivant. Adieu à ma mère.’

Le chauffeur se tait en secouant la tête. Je continue :

– J’espère que ce n’est pas vrai.

Il se tait, ses oreilles deviennent cramoisies. Nous sommes presque arrivés chez moi.

 

***

 

Je frissonne. Le sang appelle le sang. Je vois un grand trou noir dans la vie, un trou plus grand que l’existence. Je le vois sur les poitrines des martyrs, mais je ne vois pas le visage des assassins. Arrivée chez moi, je me dis que je me glisserai dans le sommeil des assassins et je leur demanderai s’ils ont aperçu le trou de la vie alors qu’ils pointaient leurs armes sur les poitrines nues.

 

 

( Damas, 7 – 8 avril 2011 )

source

Soirée samedi 11 juin : Le Printemps Arabe


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Samedi 11 Juin 2011 19h –

38 Rue Melsens 1.000 B (Pl. Ste Catherine)

Samedi 11 Juin 2011                                                     Modérateur: Raouf Ben Ammar
18h –                                                                                        ORATEURS
38 Rue Melsens 1000 Bruxelles                                     Maroc : Fadi Benaddi
(Place Sainte Catherine)                                                  Tunisie: Hajer Triki
Lybie   : Abdelbaset Mohamed
PROGRAMME: 18 H ACCEUIL                              Egypte : Md Sayed al Ghryany
1ere PARTIE                                                                Bahreïn: Hani Alrayes

19 h Bilan de la situation des différentes révolutions       Palestine: Fatima Ghorra

20 h La parole à la salle                                                   Syrie :  Hassan Addaher
20h 45: PAUSE
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21 h: Comment sauvegarder ensemble
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