Baudouin Loos : ON LE SAIT CETTE VIOLENCE NE RESOUT RIEN


Pourquoi le gouvernement de l’Etat d’Israël a-t-il pris la décision, lourde de conséquences, d’«éliminer» Ahmad Jaabari, chef incontesté de l’aile militaire du Hamas? Parce que le Hamas, «organisation terroriste», ne reçoit que ce qu’il «mérite» ? C’est bien la version officielle: des incidents armés avaient eu lieu, des roquettes tombaient sur Israël, il fallait frapper la tête du «serpent».Très bien. Sauf que cette version ne tient pas la route. Ahmad Jaabari n’était certes pas un enfant de choeur. Mais il se trouvait être celui avec qui Israël traitait, indirectement, depuis plus de cinq ans en matière de sécurité. Pour Aluf Benn, un analyste vétéran du journal israélien Haaretz, Jaabari était même le «contractuel d’Israël», chargé de protéger la frontière. Le Hamas, en tout cas, qui dirige la bande de Gaza, n’avait aucun intérêt à provoquer Israël. En revanche, d’autres groupes radicaux, difficiles à contrôler même par le Hamas, n’ont pas le même agenda.

Il faut aussi savoir que Jaabari a négocié maintes trêve avec Israël. Via les services secrets égyptiens et l’un ou l’autre intermédiaire israélien, tel Gershon Baskin (notamment très actif dans la libération du soldat israélien Gilad Shalit). Ce pacifiste ne cache pas sa colère depuis l’assassinat de Jaabari, «une erreur qui va coûter nombre de vies humaines des deux côtés», selon lui.

Mais alors, une fois encore, pourquoi tuer Jaabari? Comme souvent dans le passé d’Israël, il convient de chercher le gain électoral possible pour les membres du gouvernement. Le 22 janvier 2013, Israël connaîtra des élections législatives anticipées. Avec cette nouvelle guerre qui commence, les Israéliens vont à nouveau se serrer les coudes devant la «menace» du Hamas… Cette théorie est notamment celle de Baskin, de Benn et aussi d’Uri Avnery, ex-député et vétéran du camp de la paix en Israël.

Au demeurant, et ce n’est peut-être pas une coïncidence, ce nouveau cycle de violence handicape les efforts palestiniens à l’ONU pour tenter d’obtenir un statut d’Etat non membre auprès de l’Assemblée générale.

Pour le reste, les «représailles» israéliennes ne résolvent rien. Le cycle est trop connu. Au terme de l’offensive israélienne, aérienne ou même terrestre, les Gazaouis seront une fois de plus assommés et… plus que jamais défiants. Les tirs de roquette visant les civils israéliens sont sans doute des crimes de guerre. Mais que dire, alors et par exemple, des bombes israéliennes qui ont coûté la vie à plus de 300 enfants à l’hiver 2009-2010?
BAUDOUIN LOOS Le Soir

Les nouveaux visages de l’opposition


LOOS,BAUDOUIN

Mardi 13 novembre 2012

SYRIE Les tractations ont pris trois mois, mais la coalition contre le régime est bel et bien née

Les nouveaux visages de l’oppositionSouhair al-Atassi, Ahmad Moaz Al-Khatib et Riad Seif : les trois nouveaux chefs de l’opposition syrienne exilés depuis peu. © KARIM JAAFAR/AFP.

ANALYSE

La naissance, dimanche à Doha, de « la coalition des forces révolutionnaires et de l’opposition syrienne » – on dira la coalition de l’opposition – bouleverse-t-elle la donne en Syrie ? Un ponte de l’analyse géopolitique arabe, Salman Shaikh, le directeur du Brooking Doha Center, résumait la pensée de beaucoup dimanche soir au Qatar : « L’unification de l’opposition est certainement un pas important ; si cette nouvelle coalition prouve sa crédibilité, cela va raccourcir les jours du régime ».

Les factions composites de l’opposition vivaient ces derniers mois sous l’intense pression de l’Occident et singulièrement des États-Unis pour mettre fin à leurs querelles et unir leurs forces. Mais la principale formation d’opposants, le Conseil national syrien (CNS), où les Frères musulmans occupent une place prépondérante, renâclait à s’élargir. « Au sein du CNS, il y avait deux camps, explique Bassma Kodmani, qui a quitté le conseil le 28 août car elle estimait qu’il avait perdu sa crédibilité, ceux qui souhaitaient l’intégration dans la nouvelle coalition l’ont emporté ; c’est une victoire pas tant pour les États-Unis que pour les Syriens eux-mêmes ».

Si la nouvelle structure de l’opposition réunit 63 membres de tous les bords, de toutes les religions et de toutes les régions de Syrie, trois figures, désignées respectivement chef et adjoints sortent des rangs : Moaz al-Khatib, ex-imam politiquement indépendant, chantre de la modération, dispose d’une assise populaire, alors que Riad Seif, homme d’affaires déchu, ex-député traîné par le régime en prison, et Souheir al-Atassi, cofondatrice d’un réseau d’alerte locale de militants, avaient été actifs dès le début des années 2000 dans l’épisode du « printemps de Damas », quand les Syriens croyaient encore que Bachar el-Assad, en succédant à son père, allait procéder à une réelle ouverture politique.

Tous trois damascènes et sunnites, Khatib, Seif et Atassi ont récemment quitté la Syrie, où leur vie était en danger. « C’est la direction la plus représentative de l’opposition syrienne, commente pour nous Caroline Donati, journaliste à Mediapart et auteur du livre L’Exception syrienne : les têtes sont tous des opposants de l’intérieur, qui ont une légitimité réelle en Syrie. Sa représentativité est indiscutable. Mais son avenir dépendra de la reconnaissance de la communauté internationale. Et des ressources financières qu’elle obtiendra. »

La nouvelle coalition de l’opposition a pour objectif officiel de renverser le régime et a promis de n’engager ni dialogue ni négociations avec le régime. Washington, Paris et Londres se sont rapidement félicités de cette naissance. La collaboration va-t-elle rapidement se créer ? « Les tractations pour la constitution de cette coalition auxquelles j’ai pris une part active ces trois derniers mois nous donnent enfin des raisons d’espérer, confie encore Bassma Kadmani. Il nous faut maintenant obtenir une reconnaissance internationale qui évince celle dont jouit encore le régime alors qu’il ne représente plus le peuple syrien. Nos consultations ont impliqué les groupes et comités locaux sur le terrain dans les quatorze gouvernorats (provinces), ainsi que l’Armée syrienne libre. Désormais, la première mesure va consister à créer un fonds national du peuple syrien afin de contribuer à l’aide humanitaire puis il faudra composer un conseil militaire qui aura pour mission d’unifier les sources de financement, un instrument pour l’unification des rangs et pour éviter le factionnalisme. »

Dans sa toute première déclaration, cheikh Khatib, le nouveau chef de l’opposition unifiée, a appelé la communauté internationale à « honorer ses engagements ». Le chrétien Georges Sabra, promu chef du CNS, complétait : « Nous n’avons pas seulement besoin d’argent, nous avons besoin d’armes pour nous défendre.

source : Le Soir

Dizaines d’oliviers palestiniens coupés par des partisans de la colonisation


dépêche AFP…

NAPLOUSE (Territoires palestiniens), 7 nov 2012 (AFP)

Plusieurs dizaines d’oliviers appartenant à des Palestiniens ont été arrachés dans
le nord de la Cisjordanie par des partisans présumés de la colonisation israélienne, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

Par ailleurs, des heurts ont opposé des habitants palestiniens à des soldats israéliens venus démolir des maisons construites sans permis israélien dans le village de Haris, au sud-ouest de Naplouse, selon les autorités locales, l’armée israélienne et un photographe de l’AFP.

« Des agriculteurs ont trouvé 100 oliviers abattus à la tronçonneuse à Al-Sawiya, au sud de Naplouse », a déclaré à l’AFP Ghassan Daghlas, chef de l’administration palestinienne des affaires de la colonisation dans le nord de la Cisjordanie, ajoutant que des « slogans racistes » avaient été découverts dans le champ.

Une porte-parole militaire israélienne a confirmé l’information à l’AFP, faisant état de 50 arbres endommagés et précisant que les propriétaires avaient été invités à déposer plainte auprès de l’administration militaire israélienne. Une porte-parole de la police israélienne, Louba Samri, a indiqué à l’AFP que des graffiti libellés « prix à payer » avaient été retrouvés sur les lieux.

Des ultras de la colonisation israélienne mènent depuis des années une politique dite du « prix à payer », consistant à se venger sur des villageois palestiniens, des lieux de culte musulmans et chrétiens des décisions gouvernementales qu’ils jugent hostiles à leurs intérêts.

La cueillette des olives, qui a débuté en octobre, est souvent marquée par un accroissement des tensions entre les quelque 340.000 colons israéliens de Cisjordanie et les agriculteurs palestiniens.

L’industrie de l’huile d’olive représente 14% du revenu agricole pour les territoires palestiniens occupés, subvenant aux besoins d’environ 80.000 familles, selon la même source. Un rapport gouvernemental palestinien publié en 2011 évaluait le coût pour l’économie palestinienne de la destruction d’arbres par les autorités israéliennes ou par les colons à 138 millions de dollars (103 millions d’euros) par an.

Un procès symbolique ce jeudi à Tunis


Baudouin LOOS

Une affaire emblématique. C’est comme cela que le ressentent maints Tunisiens au moment où, ce jeudi matin, un tribunal de Tunis doit examiner la plainte pour agression déposée par une jeune femme contre le doyen de la Faculté des arts, des lettres et des humanités de l’Université de La Manouba, Habib Kazdaghli. Emblématique car l’agresseur supposé est, selon ses dires, la victime dans cette affaire où les camps islamiste et laïque n’épargnent ni émotion ni mobilisation.

Depuis novembre 2011, Habib Kazdaghli est devenu à son corps défendant un acteur majeur des enjeux qui planent au-dessus de la Tunisie post-révolution. A cette époque en effet, des étudiants salafistes ont perturbé pendant de longues semaines la tenue des cours à La Manouba – qui ont dû être suspendus -, n’hésitant pas à recourir à la menace et à la violence pour tenter d’obtenir gain de cause sur leurs revendications : la possibilité pour les étudiantes d’assister aux cours en portant le niqab (voile intégral, couvrant même le visage), salles de prière, etc. Le bras de fer avait duré des mois et s’était soldé par la victoire des laïques, celle, d’abord, de Kazdaghli, donc.

C’est dans ce contexte que les faits allégués se seraient produits. « C’était le 6 mars dernier, nous raconte le doyen par téléphone. Deux filles en niqab s’étaient imposées dans mon bureau, m’insultant copieusement, l’une d’elles a même saccagé mon bureau. Je suis allé porter plainte à la police et à mon retour j’ai vu une ambulance près des lieux : l’une des filles a reçu un certificat attestant que sa joue droite portait des traces de gifle. Elle a porté plainte à son tour. C’est sa plainte qui est traité maintenant par le tribunal, qui a déjà consacré une séance en juillet à l’affaire, alors que ma plainte n’a pas encore reçu de suites judiciaires. »

L’émoi est grand au sein d’une bonne partie de la société civile tunisienne., qui a multiplié les pétitions, appels et manifestations ; ce jeudi matin, d’ailleurs, des universitaires, artistes, défenseurs des droits de l’homme se sont donné rendez-vous devant le tribunal à 9 heures pour assurer à Habib Kazdaghli leur totale solidarité.

« On veut se venger sur ma personne, insiste le doyen, car j’avais osé dire non contre l’introduction de la propagande religieuse à l’université. Mon action n’était pas dirigée contre l’islam que je respecte, bien sûr, mais il y a des règles de pédagogie – notamment celle qui dit que le professeur doit savoir à qui il enseigne, doit pouvoir avoir des rapports interactifs avec les étudiants. »

L’inquiétude de ceux qui défendent Habib Kazdaghli n’a pas cessé de croître ces derniers mois, à mesure que les incidents se multipliaient à travers la Tunisie, mettant en scène des islamistes radicaux volontiers violents. Cela alors que le gouvernement dominé par les islamistes d’Ennahda, qui se définit comme modéré, donne l’impression d’afficher une grande complaisance à l’égard de la mouvance salafiste.

C’était le cas jusqu’au débordement du 14 septembre, quand une foule d’excités s’en est prise à l’ambassade américaine au cœur de Tunis pour protester contre le film anti-islam L’innocence des musulmans tourné aux Etats-Unis. Débordée, la police avait tiré, tuant quatre manifestants, et l’école américaine avait été détruite par des enragés. Un électrochoc ? Le scepticisme continue à régner dans le camp laïque.

Lequel voit dans le procès fait à Habib Kazdaghli un moment important pour la Tunisie. « Le 5 juillet, ajoute l’intéressé, le parquet s’exprimant au tribunal durant la première comparution a requalifié la prévention contre moi : de « recours à la violence légère », c’est devenu « violence de fonctionnaire à l’encontre du public », ce qui peut aller jusqu’à cinq ans de prison ! Loin d’un fait divers, ceci a toutes les allures d’un procès politique, car « on » tente de mettre l’université au pas, voilà pourquoi tant de gens me disent de tenir bon, de résister. »

L’épisode se déroule dans une Tunisie qui a mal à sa révolution. La situation socio-économique des régions de l’intérieur reste catastrophique, le gouvernement n’a guère les moyens de répondre aux innombrables revendications, alors que la préparation d’une nouvelle constitution piétine. Des incidents violents ont récemment eu lieu, dont le décès par lynchage d’un militant de l’opposition à Tataouine il y a une semaine. Bref, la morosité règne. BAUDOUIN LOOS

LE SOIR – JEUDI 25 OCTOBRE 2012

Hamadi Jebali condamne le viol de Tunis


Baudouin Loos
il y a 48 minutes

Exclusif. Le Premier ministre tunisien annonce au « Soir » un tour de vis sécuritaire et condamne le viol d’une jeune femme par des policiers.

  • BELGA PHOTO ERIC LALMAND

En visite à Bruxelles, le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali (du parti islamiste Ennahda) s’est ouvert au Soir ce mardi. Pour la première fois, il condamne avec fermeté le viol par deux policiers d’une jeune femme à Tunis et annonce aussi un changement de politique qui consistera à agir dorénavant avec fermeté à l’égard des fauteurs de troubles. Entretien.

Depuis la semaine dernière, une affaire émeut l’opinion en Tunisie : une jeune femme surprise avec son compagnon dans une voiture par des policiers a été violée par deux d’entre eux. Les policiers ont été incarcérés mais la jeune femme se retrouve elle aussi sous le coup d’une enquête pour attentat à la pudeur. Votre gouvernement est critiqué pour sa discrétion sur ce sujet…

Non, nous ne sommes pas discrets. Je le dis avec force, ce geste des policiers est impardonnable, il n’y a aucune justification à cet acte barbare qui va à l’encontre de toutes nos valeurs morales. Il y a peut-être, selon l’autorité judiciaire, un cas d’attentat à la pudeur mais l’essentiel dans cette affaire est l’atteinte inacceptable à la dignité d’une femme. Comme chef du gouvernement, je condamne l’acte de ces policiers qui seront jugés sévèrement.

Des actes de violence ont lieu ici et là en Tunisie, des réunions politiques de l’opposition sont attaquées par des intrus armés de gourdins, etc. Le pic a été atteint le 14 septembre quand un millier d’individus, des salafistes et/ou des casseurs s’en est pris à l’ambassade américaine, saccageant l’école attenante, après l’affaire du film anti-Prophète, la police a été débordée et a tiré dans la foule. Ce qui a gravement affecté l’image de votre pays. Qu’en pensez-vous ?

Oui, c’est vrai, cette affaire a donné de la Tunisie une image déplorable. C’est un acte condamnable qui n’est pas du tout représentatif de notre mentalité. Ces scènes de pillage, cet incendie, n’honorent pas notre révolution, même s’il y avait un contexte tendu, lequel ne peut servir d’alibi. Nous avons révisé notre approche sécuritaire à propos de ces groupes d’extrémistes. Nous n’accepterons plus ce genre de manifestation, quand on profite de la nouvelle ère de liberté pour agir ainsi, nous prendrons des mesures strictes. Et nous protégerons aussi les bâtiments officiels ainsi que les représentations de nos hôtes étrangers. De même, pour les réunions politiques dans le pays qui ont été perturbées par des extrémistes, ce genre de débordement inacceptable doit être empêché. J’en appelle à nos citoyens pour qu’ils respectent les libertés individuelles, c’est l’ABC de la démocratie.

Ce 23 octobre, il y aura un an que les Tunisiens ont élu pour la première fois librement une assemblée constituante. Mais contrairement aux promesses, il n’y a toujours pas de constitution, pourquoi ?

C’est vrai que nous avions signé avec d’autres un communiqué avant ces élections pour promettre une constitution en un an puis nous avons pris du retard. Il faut savoir que l’Assemblée constituante n’a pas que cette tâche de rédaction de la constitution, elle doit aussi étudier et adopter de nombreuses lois, contrôler le gouvernement, discuter le budget, etc. En outre, il y a des divergences concernant certaines options de la future constitution, sur la nature politique du régime : parlementaire, présidentiel ou mixte. Nous espérons un consensus rapide car sinon la question sera tranchée par référendum. Mais ne dramatisons pas, d’autres pays ont mis deux ou trois ans pour rédiger leur constitution.

Pouvez-vous donner une date pour les prochaines élections ?

Avec le président de l’Assemblée M. Mustapha Ben Jaafar, nous avions mis le mois de mai 2013 comme but, mais rien n’est définitif. Cela dépend des travaux de l’Assemblée constitutive.

Votre gouvernement est aussi critiqué pour avoir procédé sans concertation à des nominations controversées dans le secteur des médias publics, des journalistes sont en grève de la faim…

Mais il est tout de même du ressort du gouvernement de désigner les PDG de ces entreprises publiques. En revanche, nous ne nous immisçons pas dans la nomination des rédacteurs en chef. Quant à la concertation, elle a été plus effective pour les nominations à la télévision que pour les journaux du groupe Essabah, c’est vrai.

Allez-vous procéder à un remaniement rapide de votre gouvernement comme la rumeur le colporte, et dans quel sens ?

Rapide, c’est difficile à dire. Mais un élargissement, une assise plus large, est possible, je le souhaite, si nous trouvons un programme consensuel avec les partis et personnalités indépendantes avec qui nous discutons.

De quel message êtes-vous porteur ici à Bruxelles ?

Avec la Belgique, un message d’amitié. Aux Européens, à qui je rends visite pour la seconde fois, nous avons plusieurs dossiers sur la table. La Tunisie veut montrer ses efforts vers l’instauration d’un Etat démocratique. Nous recevons un bon accueil politique. Nos préoccupations se situent dans le domaine socio-économique, où les attentes des Tunisiens sont importantes, et l’appui européen donc le bienvenu. Le message est que notre réussite politique dépend de notre réussite socio-économique…

source

Al-Jazira, trop critique face au régime Assad ?


ANALYSE

BAUDOUIN LOOS

Al-Jazira a-t-elle perdu sa crédibilité en raison de sa couverture des événements en Syrie ? C’est la thèse d’un influent commentateur des Emirats arabes unis, Sultan al-Qassemi, qu’il a étayée dans un article écrit pour Foreignpolicy.com et traduit par le site Slate.fr.

Al-Qassemi s’en prend aussi à la télévision saoudienne Al-Arabiya, mais ses flèches les plus acérées sont tirées vers la plus importante chaîne arabe d’information continue, la Qatarie Al-Jazira. Laquelle, on le sait, s’est octroyé depuis sa création en 1996 la place de leader sur le marché arabe, revendiquant quelque 50 millions de téléspectateurs quotidiens.

Sa thèse ? Ces chaînes, pour contrer la propagande du régime de Damas « ont abaissé leurs niveaux journalistiques au risque, comme leur adversaire, de travestir la vérité ». L’auteur reproche à ces télévisions de recourir de manière intensive aux témoignages et vidéos anonymes, de minimiser les défauts des rebelles (voire d’occulter la présence de vrais groupes terroristes), de favoriser les analyses favorables aux Frères musulmans et enfin de n’être en fait que le reflet des positions politiques de leurs bailleurs de fonds qatari et saoudien.

Al-Jazira, en conclut l’observateur, « a le plus perdu dans cette histoire : cette chaîne qui avait été suivie par des dizaines de millions de téléspectateurs arabes l’an dernier, en plein apogée du printemps arabe, n’est plus désormais que l’ombre d’elle-même ».

Pourquoi nier l’évidence ? Une guerre médiatique se déroule à côté des violences féroces sur le terrain. La neutralité – guère aisée – n’est d’ailleurs pas revendiquée par ces chaînes. Ainsi, pour le chercheur belge de l’Université d’Edimbourg Thomas Pierret, « il n’est pas interdit de critiquer Al-Jazira mais il est malhonnête d’affirmer que c’est sur la Syrie qu’elle a opéré un tournant propagandiste ; la chaîne n’a jamais été un modèle d’objectivité, il se fait simplement que sa ligne éditoriale “anti-impérialiste” était agréable à une certaine gauche » jusqu’aux révoltes arabes.

La journaliste française Claire-Gabrielle Talon, qui a écrit un livre sur la chaîne qatarie aux PUF en 2011, confirme : « La couverture d’Al-Jazira est engagée en faveur des rebelles syriens, comme elle l’a été pour les révolutionnaires tunisiens, égyptiens et libyens. Rien de nouveau donc, si ce n’est que la Syrie est un ancien allié du Qatar. C’est le retournement des alliances du Qatar qui pose question, plus que la couverture d’Al-Jazira ».

Cet engagement en faveur des révolutions est souvent salué. « Savoir pour qui roule Al-Jazira est le dernier de mes soucis, confie par exemple Mohamed Bouriga, un Tunisien trentenaire originaire de Sousse, à mon avis cette chaîne fait un travail remarquable, et sans ce travail les peuple tunisien, libyen, égyptien, yéménite et syrien auraient été exterminés à huis clos par des dictateurs sans foi ni loi. »

Sa compatriote Hamida Beji, « amie » de Liège sur Facebook, fait en revanche partie de ceux qui retiennent surtout le tropisme islamiste allégué de la chaîne qatarie. Elle approuve Al-Qassemi : « En Tunisie, les journalistes d’Al-Jazira ont été malmenés. Le peuple déteste le Qatar et l’Arabie Saoudite… Donc ces chaînes-là, on ne les regarde plus ».

Ridha Mohamed Khaled, intellectuel tunisien de Belgique va dans le même sens. « Al-Jazira a perdu de son aura du fait de son alignement sur la politique de l’émirat et des intérêts de la confrérie des Frères musulmans… Sa couverture des événements est partiale et peu professionnelle – toujours les mêmes canaux : témoin oculaire (par téléphone), séquences tirées d’internet, statistiques fournies par le seul Observatoire syrien des droits de l’homme, invités idéologiquement marqués, islamistes en général »…

Un journaliste de la chaîne qatari affecté en Afrique confirme de manière anonyme certains soupçons : « Ce qui est certain, c’est la volonté de quelques monarchies du Golfe à aider les islamistes à prendre le pouvoir coûte que coûte dans les pays arabes. Les supports médiatiques ne sont que l’artillerie lourde permettant d’atteindre ce but stratégique ».

Difficile de conclure, donc. Sauf à reprendre la réaction d’une Syrienne de Belgique, Fawzia Harakat, pour qui l’article de Sultan al-Qassemi est largement à côté de la cible. Notamment parce que « les révoltes arabes ont changé le journalisme. Entre autres, parce que les médias sociaux jouent un rôle sans précédent dans la désobéissance civile et dans l’information au point que cela secoue profondément la communication moderne… même si le public doit rester vigilant à propos des informations venues du “web” comme des médias lourds internationaux ».

On laissera le dernier mot à un Damascène contacté par mail, et qui ne s’embarrasse pas de considérations savantes. « Les chaînes visées par Al-Qassemi, je les regarde tous les jours. Elles montrent une partie de ce qui se passe sur le terrain. Elles ne sont pas sectaires ni porte-parole des Frères musulmans. On en a marre de ce genre d’article qui permet de maintenir la vérité dans les ténèbres. Nous avons une cause à défendre plutôt que de parler de ces absurdités. » Un avis pas neutre, en effet, écho exaspéré d’un conflit amer.

source LeSoir

Verhofstadt et la Syrie : « Que faut-il pour que la communauté internationale se réveille ? »


BAUDOUIN LOOS

mardi 18 septembre 2012, 17:29

Un coup de gueule au Parlement européen contre l’inaction des Européens dans la tragédie syrienne : le chef de groupe libéral Guy Verhofstadt ne parle plus, s’agissant de la Syrie, il crie. Par Baudouin Loos

Verhofstadt et la Syrie : « Que faut-il pour que la communauté internationale se réveille ? »

PHOTO ALAIN DEWEZ

Il a résumé son indignation pour Le Soir, en exclusivité.

Pourquoi cet esclandre à Strasbourg la semaine dernière ?

Ce n’est pas la première fois ! J’essaie de faire bouger les choses. On est dans une impasse totale en Syrie ; on craint la guerre mais on y est en plein ! Comment arrêter le massacre ? Eh bien ! il faut commencer par protéger les civils, donc imposer une zone d’interdiction aérienne (« no fly zone »), créer des zones sécurisées aux frontières turques et jordaniennes et des corridors humanitaires y menant. On est intervenu à Benghazi, en Libye, pour prévenir un massacre l’an passé ; on n’a rien fait pour Homs, on ne fait rien pour Alep, et les gens meurent.

Certains vous répondent que le Conseil de sécurité est bloqué par les vetos russe et chinois…

Mais la protection du peuple syrien requiert-elle une formalité du Conseil de sécurité ? Non. On peut agir malgré ce blocage. D’ailleurs, voyons ce qui se passe : les jihadistes y arrivent de partout, ils sont les seuls à venir, à y introduire des armes côté rébellion.

Faut-il armer les rebelles ?

C’est une question à se poser, en effet. Sinon les organisations extrémistes, jihadistes, seront les seules à occuper ce terrain. Des pays amis peuvent prendre cette responsabilité. En attendant, la no fly zone, les zones sécurisées et les corridors humanitaires sont impératifs.

Comment votre opinion est-elle accueillie ?

L’essentiel de mes propos ont été repris dans une résolution du Parlement européen adoptée à une écrasante majorité. Ce qui tranche avec l’attitude de Catherine Ashton, haute représentante de la diplomatie européenne, qui plaide pour une solution politique, demande qu’on laisse du temps à Lakhdar Brahimi, le nouveau médiateur désigné par l’ONU. A-t-elle oublié que Kafi Annan, à ce poste de médiateur, a démissionné avec fracas pour dénoncer son impuissance ?

Mais ce qui compte c’est le Conseil des ministres européen, seul habilité à prendre des décisions.

C’est le problème. Or on y attend posément le verdict des élections américaines en novembre ! Il n’y a pas que le blocage russe, donc. Et, au grand dam de tant de Syriens cruellement déçus par notre attitude, nous ne ferons rien pour empêcher la mort d’autres milliers de civils. Que faut-il pour que la communauté internationale se réveille ?

source

« Bachar est englouti jusqu’au cou dans le sang »


LOOS,BAUDOUIN

Jeudi 6 septembre 2012

SYRIE Le Premier ministre turc Erdogan parle aussi d’« Etat terroriste » et de « massacres de masse »

La Syrie fait de moins en moins la une des médias et pourtant le sang y coule toujours tous les jours. Ce mercredi, les dépêches d’agence de presse signalaient le décès de 19 personnes dans des quartiers tenus par les rebelles à Alep, dans le nord, parmi lesquels 7 enfants avaient été dénombrés. Non loin de là, des combats avaient lieu pour le contrôle de l’aéroport militaire. Des bombardements et des violences étaient également annoncés dans la capitale Damas, à Idleb (nord-ouest) ou à Deraa (sud).

Lakhdar Brahimi, le diplomate algérien qui a repris le rôle de Kofi Annan comme médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe, s’est adressé à l’Assemblée générale à New York pour lancer un cri d’alarme : « Le bilan des pertes humaines en Syrie est ahurissant, les destructions atteignent des proportions catastrophiques et la souffrance de la population est immense », a-t-il dit, précisant qu’il se rendrait « dans quelques jours » à Damas et « dans tous les pays à même d’aider à la réalisation d’un processus politique mené par les Syriens eux-mêmes ».

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a tenté d’insuffler un peu d’espoir en s’adressant à Lakhdar Brahimi : « Pour réussir, il faut le soutien uni et efficace des membres de l’ONU, afin d’aider les belligérants à comprendre que la solution ne viendra pas des armes mais du dialogue », a-t-il lancé, non sans ajouter une critique aux pays fournisseurs d’armes : « Ceux qui fournissent des armes à l’un ou l’autre camp ne font qu’aggraver les souffrances ».

Mais, fait inhabituel, Ban Ki-moon s’est aussi permis de fustiger sa propre maison : « La paralysie du Conseil fait du tort à la population syrienne et elle nuit aussi à sa propre crédibilité »… On sait que, depuis le début des événements qui déchirent la Syrie en mars 2011, la Russie et la Chine protègent la Syrie avec leur droit de veto à l’ONU.

L’Union européenne a également voulu soutenir la mission de l’Algérien. Le chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a téléphoné à M. Brahimi mardi pour lui dire qu’il pouvait « compter sur l’aide de l’UE dans sa tâche consistant à œuvrer à une solution politique pacifique à la crise ». « Une coordination étroite et une action diplomatique unie de la part de la communauté internationale sont des préalables au succès », a encore dit la Britannique.

De son côté, le Premier ministre turc, naguère grand allié du régime syrien, n’a pas pris les mêmes gants pour évoquer le drame syrien ce mercredi. « Le régime syrien est devenu un Etat terroriste », a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d’une réunion publique de son parti, le Parti de la justice et du développement (AKP), dénonçant les « massacres en masse » commis par le régime contre sa population. Et de lancer une formule accusatrice : « Bachar est englouti jusqu’au cou dans le sang de ses concitoyens ».

Enfin, pour sa part, le nouveau président égyptien Mohamed Morsi a maintenu mercredi la ligne qu’il avait tracée à Téhéran le 30 août au grand dam des officiels iraniens alliés à Damas : « Le temps du changement est arrivé », a déclaré le « raïs » islamiste égyptien à l’adresse du régime du président Bachar el-Assad, dans le cadre d’une réunion ministérielle de la Ligue arabe au Caire. « Il ne faut pas perdre de temps à parler de réforme. Le peuple syrien a fait entendre clairement sa voix ; le régime doit tirer les leçons de l’histoire récente. Je veux dire au régime syrien qu’il y a encore une chance d’arrêter l’effusion de sang ».

Dans la foulée, Mohamed Morsi n’a pas hésité à mettre les pays arabes en cause. « Le sang syrien coule jour et nuit, et nous sommes responsables. Nous ne pouvons pas dormir tandis que le sang syrien est versé. J’en appelle à vous ministres des Affaires étrangères arabes, pour travailler dur afin que soit trouvée une solution urgente à la tragédie de la Syrie. Si nous n’agissons pas, le reste du monde n’agira pas sérieusement » (avec afp, ap)

source

S’accoutume-t-on à la déchirure syrienne ?


BAUDOUIN LOOS

jeudi 06 septembre 2012, 06:34

De l’accoutumance à l’indifférence, il n’y a qu’un pas. Les décideurs et les opinions publiques l’auraient-ils franchi en Occident s’agissant du drame qui se déroule en Syrie depuis bientôt un an et demi ?

La Syrie ne fait en effet plus la une de l’actualité, alors même que le conflit reste, sur le terrain, de la plus haute intensité, comme en attestent les bilans des victimes toujours lourds chaque jour même si la précision des chiffres ne peut être vérifiée.

Les responsabilités du régime de Bachar el-Assad sont écrasantes. Il ne se conteste plus guère que sa réaction aux mouvements de contestation qui se sont développés en 2011 de manière presque toujours pacifique a consisté, dès le départ, à considérer que seule une répression féroce en viendrait à bout. Les quelques promesses de réformes, fussent-elles superficielles, n’ont même pas été suivies d’effet.

La militarisation d’une partie de plus en plus importante des opposants s’est ensuite imposée de manière inexorable en réponse à la torture, aux emprisonnements, aux assassinats puis, dans la dernière période, aux bombardements de quartiers entiers et aux massacres de civils…

La plupart des insurgés, désormais, font comprendre à qui veut les entendre que toute idée de négociations avec ce régime-là, avec ce monstrueux dictateur et assassin-là, n’a plus aucun sens. Du reste, Bachar el-Assad n’a pas non plus la moindre intention de négocier avec ceux qu’il désigne depuis avril 2011 comme des « terroristes ». C’est assez dire si la tâche de Lakhdar Brahimi, le diplomate algérien qui a succédé à Kofi Annan comme médiateur, s’apparente à une mission d’ores et déjà impossible.

Depuis un an au moins, les Occidentaux sont tétanisés par la perspective de prodiguer aux insurgés une aide qui pourrait tomber aux mains d’extrémistes, façon

Al-Qaïda. Depuis lors, ceux-ci sont bien arrivés en Syrie !

Et chaque semaine qui passe, avec l’amplification graduelle de la frustration des rebelles envers l’inertie de l’Occident, il est à craindre que cette mouvance – pour le moment toujours ultraminoritaire, selon les journalistes et observateurs revenus de là – accroisse son influence de manière drastique en Syrie.

De récents reportages du sobre hebdomadaire américain The Nation et du quotidien Le Monde l’ont encore montré : les insurgés manquent cruellement d’armes (pendant que la Russie continue d’aider le régime). La posture immobile adoptée par l’Occident est-elle encore tenable ?

source

Le conflit syrien aimante les djihadistes


LOOS,BAUDOUIN

Mercredi 1er août 2012

SYRIE Les militants extrémistes se font plus nombreux mais restent très minoritaires

ANALYSE

Selon les allégations du régime syrien depuis le début de la contestation (devenue révolte) en mars 2011, les opposants appartiennent à la mouvance « terroriste », à savoir à l’islam extrémiste façon Al-Qaïda. Ce qui n’a longtemps été qu’un moyen pour Bachar el-Assad d’apeurer l’Occident devient peu à peu partiellement vrai.

Si quelques « fous d’Allah » étrangers avaient été repérés ici ou là en Syrie l’an passé – mais curieusement jamais arrêtés par l’armée loyale au régime… –, il apparaît maintenant que des djihadistes provenant d’une multitude de pays y arrivent par dizaines sinon plus pour combattre la secte « hérétique » alaouite dont le pouvoir provient.

Les témoignages se multiplient en ce sens. L’un de ceux-là est dû à deux photographes, hollandais et britannique, qui ont été détenus entre le 19 et le 26 juillet par un groupe de djihadistes étrangers. Leur mésaventure débuta tout juste après leur entrée en Syrie par la Turquie ; les militants qui les avaient arrêtés venaient du Bangladesh, du Pakistan, de Grande-Bretagne et de Tchétchénie.

« Ils étaient entre 30 et 100, tous étrangers, ont déclaré les journalistes au New York Times. Ils étaient extrêmement religieux. Ils n’étaient pas d’Al-Qaïda, ils étaient trop amateurs pour cela. » Les deux hommes ont été menacés de mort puis finalement libérés grâce à l’intervention énergique d’un groupe de combattants « sans doute de l’Armée syrienne libre » (ASL).

Un reporter de l’Agence France Presse a aussi rencontré des djihadistes dans la même région de Bab al-Hawa. Sans pouvoir vérifier leurs dires, il cite les origines revendiquées par les militants : Algérie, Maroc, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Egypte, Libye, Tunisie, Tchétchénie ou Somalie… Ils sont souvent venus dans le pays grâce aux informations recueillies sur des sites de propagande ultra-islamistes qui appellent les jeunes musulmans du monde entier à rejoindre le djihad en Syrie.

Ayman al-Zawahiri, l’Egyptien qui a pris la tête d’Al-Qaïda après la mort de Ben Laden, avait d’ailleurs lancé un appel en ce sens le 12 février dernier destiné « à tout musulman et à chaque personne honorable et libre en Turquie, Irak, Jordanie et au Liban », soit les voisins de la Syrie.

Le quotidien allemand Die Frankfurter Allgemeine Zeitung écrivait il y a un mois que les services secrets allemands estimaient à 90 environ le nombre d’« attentats » perpétrés par des groupes proches d’Al-Qaïda ou d’organisations similaires.

Mais les renseignements confirmés sur l’importance de la mouvance djihadiste étrangère en Syrie manquent. Même la CIA éprouve des difficultés à s’y retrouver, clame un article du Washington Post du 24 juillet en citant des sources officielles américaines. Pour ces sources, toutefois, si « la présence d’Al-Qaïda a pris de l’ampleur en Syrie ces six derniers mois, elle ne représente toujours qu’une petite fraction de l’opposition à Assad ». Un officiel précise : « Les rebelles tentent de garder leurs distances avec Al-Qaïda, ce qui laisse le groupe déconnecté du reste de l’opposition ». Une opinion corroborée par divers témoignages recueillis sur le terrain.

Cette méfiance est peut-être accentuée par des phénomènes comme certaines horreurs (tortures, notamment) attribuées par des vidéos à ces militants exaltés, et aussi par des bruits insistants sur les manipulations par le régime de certains groupes islamistes extrémistes comme ceux qui concernent l’un des principaux d’entre eux, Jabhat al-Nusra.

L’Armée syrienne libre, de son côté, a officiellement rejeté les djihadistes mais, sur le terrain, les choses se passent parfois autrement, hors de son contrôle. Ainsi, par exemple, le cas documenté par un reporter du Guardian à Deir el-Zouhour, non loin de la frontière irakienne : là, l’équipe d’un certain « Abou Khouder » se revendique à la fois d’Al-Qaïda et proche de l’ASL : nous apportons notre expérience acquise en Irak qui manque cruellement à nos frères de l’ASL, explique en substance le chef du groupe.

Enfin, comble de l’ironie, des témoignages donnent à penser que l’absence d’aide occidentale pousse certains dans les bras du militantisme religieux, comme l’explique au New York Times un Syrien exilé à Paris : « Le radicalisme est résultat de la perte de l’espoir ».

faits du jour

Les combats continuent à Alep

Les rebelles syriens ont usé de ruse et d’audace pour s’emparer mardi du plus important commissariat du sud d’Alep et abattre son chef, un général connu pour sa participation à la

répression. Cette bataille était l’un des principaux objectifs

des rebelles. Les forces gouvernementales et les rebelles envoient des renforts vers Alep, où des milliers de civils cherchent refuge dans les écoles, universités et mosquées. Par ailleurs, plus de 900 Syriens se sont installés dans le premier camp de réfugiés syriens en Jordanie. (afp)

Gouvernement en exil ?

L’opposant Haytham al-Maleh a annoncé mardi avoir été chargé par une coalition de Syriens « indépendants sans affiliation politique » de former un gouvernement en exil qui sera basé au Caire. Le principal groupe d’opposition, le Conseil national syrien, a estimé cette annonce « prématurée ». (afp).

source

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑