Le belgo-marocain Ali AARRASS a été torturé au Maroc après son extradition par l’Espagne
On s’attendait au pire. Le pire est advenu.
IL FAUT TOUT FAIRE POUR SAUVER
ALI AARRASS
Ali Aarrass a été extradé d’Espagne vers le Maroc le 14 décembre dernier.
A ce jour pourtant, aucun membre de sa famille, aucun de ses proches n’a eu droit (ne fût-ce qu’une seule fois) à un contact, à un coup de téléphone, à une petite phrase de la part des autorités –qu’elles soient marocaines, espagnoles ou belges. Depuis le 14 décembre, Ali n’a plus donné signe de vie. Tout contact avec le monde extérieur lui est interdit.
Or début février, les premières informations ont commencé à filtrer.
Comme on pouvait le craindre, elles sont accablantes. Au cours des premiers jours de sa garde-à-vue, Monsieur Aarrass a été torturé. Il a été privé de sommeil et soumis à des interrogatoires incessants. Au cours de ceux-ci, il aurait fait l’objet d’injections de produits chimiques, de chocs électriques dans les parties génitales, du supplice de la bouteille (viol) et de nombreux autres sévices inqualifiables. Il semble que, lorsqu’il a été présenté pour la première fois devant un juge d’instruction, Ali Aarrass se trouvait dans un tel état qu’il a été impossible de l’auditionner. Lors de sa seconde présentation, l’avocat d’Ali a pu l’accompagner mais le juge d’instruction a refusé d’acter les allégations de torture contre A. Aarrass.
D’après des sources marocaines, Ali Aarrass a été maintenu en garde à vue à la prison de Salé, où il aurait été intensivement interrogé par la BNPJ, la Brigade nationale de la police judiciaire (une police d’investigation et d’enquête ne s’occupant que des «grandes affaires»). Selon le journal marocain Assabah, Ali a été emmené, cagoulé, dans différentes villes du Maroc –les enquêteurs s’acharnant à découvrir des caches d’armes et toutes sortes d’arsenal dont Arrass aurait participé à la constitution. Autant le dire: rien n’a été trouvé. Entre-temps, M. Aarrass aurait également comparu devant le procureur du Roi le 24 décembre 2010. Comparution devant le procureur incluse, Ali n’a cependant jamais eu droit à la présence ou à l’aide d’un avocat. Les Rapports de l’instruction ont eux aussi été rédigés hors la présence de tout avocat. En définitive, le défenseur d’Aarrass n’a pu consulter son dossier que le 18 janvier 2011, jour de la comparution du prévenu devant le juge d’instruction auprès de la Cour d’appel de Rabat. En charge des affaires de terrorisme, Abdelkader Chentouf est ce «super-juge», abondamment qualifié par la presse du régime de «sommité juridique de la lutte antiterroriste»: c’est lui qui s’est notablement distingué dans le dossier et le procès Belliraj…On est donc ici entré dans ce que l’on pouvait craindre le plus: «la véritable» affaire Aarrass…, à savoir les pratiques atroces dont usent méthodiquement les agents de la BNPJ pour extorquer de prétendus aveux à de prétendus coupables. A propos des moeurs déployés par cette Brigade spéciale, Amnesty International avait pourtant prévenu à l’avance des risques encourus par tous prévenus jugés au Maroc –en décrivant les interrogatoires endurés par sept personnes à Fès, le 28 juin dernier, toutes arrêtées pour soi-disant «association non autorisée»: «Ces sept hommes ont été appréhendés par la Brigade nationale de la police judiciaire. Ils ont été conduits au Centre de détention de la BNPJ à Casablanca et placés dans des cellules séparées pendant 72 heures. Durant cette période, ils affirment avoir été laissés nus, menottés et les yeux bandés, sans nourriture et avec très peu d’eau. Tous disent avoir été torturés, et notamment –pour au moins cinq d’entre eux– violés à l’aide de stylos et d’autres objets introduits de force dans leur anus. Selon leurs dires, ils ont été contraints à signer des déclarations qu’on ne leur a pas laissés lire, sous la menace d’être jetés par une fenêtre s’ils refusaient…» (Communiqué de A.I., 21 juillet 2010).
Nous avons donc toutes les raisons, avec sa famille, d’être terriblement inquiets du sort présentement réservé à Ali Aarrass par les polices et les juges marocains. Il faut tout faire pour le sauver de cet enfer.
DES SCANDALES A LA CHAINE…
En son temps, l’Espagne refusait d’accorder la nationalité espagnole aux personnes nées dans l’enclave de Ceuta et Mellila. Originaire de cette région du nord-marocain, Ali Aarass s’est ainsi trouvé confronté au problème de sa non-nationalité quand, à quinze ans, il part rejoindre sa mère établie en Belgique. De fait, pour avoir le droit de voyager, il doit obtenir un titre d’identité que seules les autorités marocaines vont finalement lui délivrer. Aarrass n’est donc Marocain qu’en raison du fait qu’il a dû obtenir, pour quitter Mellila, un titre identificatoire. Il n’a cependant jamais vécu au Maroc. Il n’a aucun lien effectif avec ce pays. Ali a vécu 28 ans en Belgique, il y a acquis la nationalité belge, y a fait son service militaire, y a développé un commerce de proximité et des attaches profondes. Ali Aarrass a un casier judiciaire vierge. Après de longues années passées en Belgique, Aarrass décide de retourner vivre à Mellila avec sa femme et sa fille. C’est là qu’il est arrêté en avril 2008, suite à une demande d’extradition formulée par le Maroc. Il est soupçonné par cet Etat d’appartenir à la fameuse «cellule terroriste Belliraj». Il fait l’objet de deux enquêtes en Espagne pour vérifier s’il n’entretiendrait pas des liens avec des groupes terroristes. De ces investigations, Ali Aarrass sort totalement blanchi. Durant trois ans, la justice espagnole a enquêté. Elle n’a rien trouvé à lui reprocher. En mars 2009, le juge espagnol antiterroriste Baltazar Garzon émet donc un non-lieu provisoire… tout en indiquant qu’il n’y a «aucune objection» à l’extradition d’Ali Aarrass vers le Maroc «pour être jugé sur les mêmes faits» –ce qui est parfaitement illégal et attentatoire aux principes élémentaires du Droit pénal. Pour Maître Mohamed Ali Nayim, l’avocat espagnol d’Ali Aarrass, «la décision d’envoyer mon client au Maroc est une contradiction. Elle rompt avec le principe juridique selon lequel on ne peut juger une personne deux fois pour le même fait».
Dès lors, le 21 avril 2009, Amnesty International (Espagne) rend public un communiqué sans ambage: «Ali Aarrass a fait l’objet d’une information judiciaire ouverte en 2006 par l’Audience nationale espagnole pour des infractions liées au terrorisme mais, le 16 mars 2009, cette juridiction l’a provisoirement close en raison de l’insuffisance des éléments de preuve…». Et pourtant, Ali reste en prison en raison de la demande d’extradition du Maroc. Une décision qui entraîne directement la réaction comminatoire d’Amnesty : «Exhortez les autorités (espagnoles) à ne pas extrader Ali Aarrass et Mohammed El Bay vers le Maroc car ils risqueraient d’être détenus au secret, de subir des actes de torture et d’autres mauvais traitements, ainsi que d’être victimes d’un procès inique».
Car, il est de renommée commune que le Maroc torture de manière systématique les individus dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, motif invoqué par cet Etat pour museler toute opposition politique pacifique. Plus spécifiquement, il est de renommée commune que «le procès Belliraj» mené au Maroc a été une véritable mascarade, une parodie de justice. Les inculpés ont été torturés pour ensuite être condamnés sur base de leurs propres «aveux», obtenus sous la torture. Des informations émanant des autorités consulaires belges et des autorités américaines, divulguées sur Wikileaks, l’ont encore confirmé très récemment.
Ali Aarrass s’oppose, dès lors, fermement à son extradition. Il fait trois grèves de la faim pour éviter d’être remis à ses bourreaux potentiels. Malgré le risque manifeste et sérieux de subir torture, mauvais traitement et procès inique en cas d’extradition vers le Maroc, les autorités espagnoles restent décidées à l’extrader.
LES AUTORITES BELGES LAISSENT FAIRE
Interpellée par la famille depuis l’incarcération d’Ali et informé, précisément et de manière documentée, sur les risques encourus par Ali en cas d’extradition, le Ministre des Affaires étrangères belge a refusé de prendre contact avec l’Espagne, dans le cadre des relations diplomatiques entretenues avec ce pays –afin de faire part ne fut-ce que de la préoccupation des autorités belges à l’égard de leur ressortissant. Le Ministre a prétexté «la confiance mutuelle» qui prévaut entre les différents Etats européens, alors même qu’il lui était démontré que, en l’espèce, cette confiance était mal placée.
Le 19 novembre 2010, le Conseil des ministres espagnol approuve l’extradition du belgo-marocain Ali Aarrass. Par contre, l’Espagne refuse d’extrader Mohammed El Bay, détenu dans la même affaire mais de nationalité hispano-marocaine. Cet homme a été, à juste titre, libéré.
Dès lors, en dernier recours, le Comité des droits de l’Homme des Nations Unies est saisi d’une requête en extrême urgence afin d’empêcher l’extradition de monsieur Aarass. Au grand soulagement de toute sa famille, le Comité des droits de l’Homme prend une mesure provisoire enjoignant l’Espagne à ne pas l’extrader en date du 26 novembre 2010 et à faire parvenir «dans les deux mois» les motivations sur lesquelles la Justice espagnole se base pour justifier le transfert d’Aarrass vers le Maroc.
Situation des plus critiques. Dès que le Conseil des Ministres espagnols a approuvé son extradition, Ali a décidé d’entamer, une nouvelle fois, la grève de la faim. Jusque-là, le consul belge en Espagne a toujours refusé de lui rendre visite dans le cadre de la protection consulaire due à tout belge se trouvant à l’étranger… Un refus motivé, selon le représentant du Consulat belge en Espagne car «Dès l’instant où il quittent le territoire belge, il existe deux types de nationaux: ceux qui le sont d’origine… et les autres»… (1).
Finalement, suite à l’insistance des avocats d’Aarass, une visite consulaire est programmée pour le 14 décembre 2010. Or, à cette date, le consul belge est informé que ce déplacement n’a plus lieu d’être: Ali Aarrass vient d’être extradé…
Ultime précision? Le consul belge n’a même pas pris la peine de contacter les avocats d’Ali ou sa famille. C’est par la presse que cette extradition a été portée à la connaissance des proches.
Or, en extradant le citoyen belge Aarrass malgré la mesure provisoire adoptée par le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies, l’Espagne a manifestement violé ses obligations internationales en se rangeant lamentablement aux côtés des pires Etats-voyou.
C’est d’autant plus grave que, en cas d’application de la législation antiterroriste, la procédure marocaine autorise la garde à vue de tout suspect pendant douze jours. Durant ce délai, les personnes sont maintenues au secret et ne peuvent pas communiquer avec l’extérieur ou bénéficier de l’assistance d’un avocat. Dans son Rapport du 1er décembre 2004, le Comité des Droits de l’Homme avait déjà indiqué : «Le Comité considère comme excessive la période de garde à vue –48 heures (renouvelables une fois) pour les crimes ordinaires et 96 heures (renouvelables deux fois) pour les crimes liés au terrorisme–, période pendant laquelle un suspect peut être détenu sans être présenté devant un juge. L’État partie devrait revoir sa législation sur la garde à vue et la mettre en conformité avec les dispositions de l’article 9 ainsi que de toutes les autres dispositions du Pacte. L’État partie devrait modifier sa législation et sa pratique pour permettre à la personne arrêtée d’avoir un accès à un avocat dès le début de sa garde à vue (articles 6, 7, 9, 10 et 14 du Pacte)» (cf. Comité des droits de l’homme, «Observations finales du Comité des droits de l’homme : Morocco», CCPR/CO/82/MAR, 1er décembre 2004, point 15).
C’est au cours de ce délai illégal de garde-à-vue que Monsieur Aarrass a été torturé. Pourtant, la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants du 10 décembre 1984, impose : «Tout Etat partie assure à toute personne qui prétend avoir été soumise à la torture sur tout territoire sous sa juridiction le droit de porter plainte devant les autorités compétentes dudit Etat qui procéderont immédiatement et impartialement à l’examen de sa cause. Des mesures seront prises pour assurer la protection du plaignant et des témoins contre tout mauvais traitement ou toute intimidation en raison de la plainte déposée ou de toute déposition faite». «Tout Etat partie veille à ce que toute déclaration dont il est établi qu’elle a été obtenue par la torture ne puisse être invoquée comme un élément de preuve dans une procédure, si ce n’est contre la personne accusée de torture pour établir qu’une déclaration a été faite» (cf. Articles 13 et 15 de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants du 10 décembre 1984)…
«UNE QUESTION DE VIE OU DE MORT»
Dans ces circonstances, les proches d’Ali Aarrass sont extrêmement inquiets. Ils ont peur qu’Ali soit condamné sur base d’aveux obtenus sous la torture, les siens et ceux d’Abdelkader Belliraj. Le dossier répressif marocain ne contient en effet aucun élément objectif relatif à l’implication de Monsieur Aarrass dans un quelconque groupe terroriste.
L’attitude honteuse de l’Espagne, et l’inertie coupable de la Belgique ne peuvent rester sans suite. Les lois pénales européennes répriment sévèrement ceux qui pratiquent la torture, et ceux qui s’en rendent passivement complices. Il faut étudier les possibilités d’introduire des poursuites pénales ou civiles contre les agents de ces Etats européens qui collaborent allègrement avec le Maroc et ses pratiques odieuses.
Actuellement, la famille d’Ali ne sait toujours pas dans quelles conditions exactes il est détenu, ni à quel point sa santé en est affectée. Contacté à nouveau afin d’apporter la protection diplomatique auquel monsieur Aarrass a droit, le Ministère des Affaires étrangères belge se retranche derrière la double nationalité d’Ali pour continuer à ne rien faire. Il est pourtant simplement demandé à la Belgique d’interroger la Maroc quant à la situation d’un de ses ressortissants, de solliciter de pouvoir lui rendre visite au plus vite pour s’assurer de son état de santé physique et moral, de dénoncer les atteintes aux droits de l’Homme dont il est désormais prouvé qu’il est une des victimes manifestes.
Le Comité pour la Liberté d’Expression et d’Association
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(1) Propos du représentant consulaire belge en Espagne –rapportés par Maître Mohamed Ali Nayim, l’avocat espagnol d’Ali Aarrass, lors de la conférence de presse donnée dans les locaux de la Ligue belge des droits de l’Homme en date du 7 octobre 2010).
40 professeurs marocains tentent de s’immoler par le feu à Rabat (tout va bien au Maroc)
Par Msili
Il n’aura échappé à personne en France qu’on ne pariait guère à Paris sur un succès de la contestation en Tunisie. Au point que la presse, qui avait tenté au maximum de taire les manifestations tunisiennes, s’était empressée de braquer les projecteurs sur les troubles survenus en Algérie.en ce début d’année Il est vrai que ces troubles avaient diffusé rapidement avant de cesser presque aussi rapidement moyennant de fortes actions de répression et des promesses relatives à la hausse des prix.
On admettra ici que la situation économique et politique (un taux de chômage élevé, les difficultés de logement, la corruption etc.) en Algérie est tout à fait de nature à entraîner une agitation de type révolutionnaire comme dans le pays voisin même si le paysage politique et l’histoire récente rendent les choses beaucoup plus incertaines. Et l’Algérie a déjà connu ce genre de situation avec une ouverture démocratique sans précédent en Afrique du Nord qui s’est cependant soldée par une épouvantable guerre civile.
Tout ça pour dire surtout qu’en Occident on est très gêné d’assister à la déconfiiture de régimes politiques « amis » et qui entretiennent des relations officielles (Jordanie, Egypte) ou officieuses (Tunisie) avec l’entité sioniste.
Le régime algérien a bien des défauts mais il a pour l’heure toujours résisté, malgré les velléités de certains, à la tentation de pactiser avec le régime sioniste. Et il n’aura échappé à personne qu’en Egypte, comme en Jordanie et en Tunisie, au milieu des slogans dénonçant le chômage, le coût de la vie ou le manque de libertés publiques, nous avons eu des slogans dénonçant l’Etat sioniste. Aucun antisémitisme là dedans, puisqu’aucun slogan ni pancarte n’a accusé les « juifs » des maux affligeant les pays en proie à l’agitation révolutionnaire. Cet aspect est particulièrment évident en Jordanie et en Egypte pour les raisons que chacun connaît.
Mais tiens, il y a un pays dont on n’aime pas beaucoup parler en France, c’est le Maroc. Comme vous le savez, tout va bien au Maroc, mieux que dans les pays voisins comme la Tunisie (pour France Soir, le Maroc est voisin de la Tunisie!?).
Deux preuves seulement: un éminent intellectuel Français y possède une résidence princière secondaire; de nombreux retraités Français affluent dans ce pays de Cocagne pour y goûter un repos bien mérité!
Bon, pourtant tout ne va pas bien au Maroc ainsi que le laisse entendre cette dépêche de l’AFP. J’en parle simplement parce que pour l’instant aucun site français d’information n’a repris cette dépêche (au contraire de la presse espagnole). Notez bien que le titre de la dépêche AFP omet le fait précisé par la dépêche espagnole que ce sont 40 enseignants qui prévoyaient de s’immoler par le feu devant le ministère. Le journal espagnol Publico titre en effet:
(AFP) 1er février 2011
Le quotidien cite deux versions sur la suite : l’une selon laquelle le jeune homme a alors allumé un briquet, l’autre selon laquelle c’est une autre personne qui a mis le feu. Une source policière a confirmé à l’AFP la seconde version, précisant que la personne ayant mis le feu était recherchée.
La police et des pompiers sont rapidement intervenus pour éteindre les flammes. Le groupe de protestataires avait publié la veille un communiqué dans lequel il menaçait de procéder à une immolation par le feu.
Selon Akhbar Al Youm, la victime a subi des brûlures graves et une autre personne a été légèrement brûlée au cours de cet incident.
Quatre tentatives d’immolation par le feu ont eu lieu au Maroc en une dizaine de jours. Selon les autorités, deux d’entre elles étaient dues à des problèmes psychiatriques ou d’héritage. Aucun décès n’a été signalé.
L’immolation par le feu d’un jeune homme, le 17 décembre à Sidi Bouzid, dans le centre de la Tunisie, est à l’origine de la révolte populaire qui a fait chuter un mois plus tard le régime du président Zine El Abidine Ben Ali.
Depuis, plusieurs tentatives de suicide par le feu, parfois mortelles, ont été recensées dans les pays de la région.
Cette entrée a été publiée le février 1, 2011 à 11:21 , et rangée dans Algérie, Egypte, entité sioniste, Gardiens de la Révolution, haschich, Maroc, Rabat, Révolution de jasmin, Tunisie. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via son flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un rétrolien depuis votre site.
samedi 22 Janvier 2011
Loin des clivages nationaux, Egalité sera présent aux deux rassemblements prévus ce samedi 22 Janvier 2011 :
par Nordine Saidi, mercredi 19 janvier 2011, 23:57
Le peuple tunisien s’est soulevé comme une tempête face à l’injustice.
Dans les autres pays du Maghreb, ce sont d’importantes manifestations de jeunes chômeurs, de précaires et de travailleurs qui descendent dans la rue.
L’immolation est devenue l’expression du désespoir dans la région.
En sortant dans les rues pour manifester violemment contre leurs oppresseurs, les jeunes Maghrébins nous prennent à témoin de leur désespoir.
Pour soutenir les peuples du Maghreb en quête de justice sociale et de liberté
Pour exiger la libération immédiate de toutes les personnes, dont de nombreux jeunes, arrêtées durant les émeutes,
Pour exprimer notre solidarité avec les peuples du Maghreb;
Loin des clivages nationaux, Egalité sera présent aux deux rassemblements prévus ce samedi 22 Janvier 2011 :
Devant l’ambassade du Maroc, Bld Saint-Michel, 29 – 1040 Bruxelles de 14h00 à 16h00
Pour :
* exiger la libération de Chakib Elkhayari et de tous les prisonniers d’opinion;
* revendiquer les droits économiques, sociaux et culturels;
* condamner les nombreuses atteintes aux libertés fondamentales.
Le Regroupement Démocratique du Rif /Agaw N’Arif :
0478/718744 – 0476764531 – 0498588846
agrawnarif@gmail.com
Devant les institutions européennes, 175 de la rue de la Loi, (Rond – point Schumann) entre 15h00 précises et 17h00
Pour :
* L’amnistie pour tous les civils arrêtés illégalement lors du soulèvement populaire ;
* L’adoption de mesures concrètes en faveur de la jeunesse, après la plus large consultation de tous les intéressés;
* La jouissance des libertés civiles et publiques, à savoir la liberté de s’exprimer librement individuellement et collectivement, en ce compris le droit de presse, la liberté de réunion, d’association, d’élire et d’être élu;
Le Comité de Soutien au Peuple Tunisien :
Me Mehdi ABBES
Rue Xavier De Bue 26
1180 Bruxelles
GSM 0032.496.20.41.27
T 0032 . 2.538.39.53
F 0032 . 2.538.39.74
Rapport accablant sur l’attaque des forces marocaines contre le camp sahraoui de Gdeim Izik
L’organisation américaine, Human Rights Watch, a publié vendredi à New York un rapport accablant sur l’attaque des forces marocaines contre le camp sahraoui de Gdeim Izik, près de la ville d’El Ayoun, à l’issue d’une enquête menée sur les violations des droits de l’homme lors du démantèlement de ce camp et après.
Environ 6500 tentes ont été érigées par les Sahraouis, début octobre, à Gdeim Izik, pour protester contre leurs conditions sociales et économiques et de «violents affrontements» ont éclaté entre les forces marocaines et les civils sahraouis suite à l’assaut militaire du Maroc, a tout d’abord indiqué Mme Sarah Leah Whitson, chargée de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord auprès de HRW. Suite à ces affrontements violents, pour lesquels HRW relève la «disproportion» des moyens dont ont fait usage les deux parties, avec une «suprématie des forces marocaines contre des Sahraouis désarmés», Mme Whitson rapporte que les forces marocaines, ainsi que des civils marocains, ont mené des «attaques de représailles» contre les civils sahraouis et leurs lieux d’habitation, tout en empêchant les Sahraouis blessés de bénéficier des soins.
Rapportant les témoignages d’avocats sahraouis spécialisés dans les droits de l’homme à El Ayoun, HRW souligne que dans la foulée de l’attaque militaire du 8 novembre, «les responsables de la sécurité marocains ont arrêté des centaines de Sahraouis, plus d’une centaine d’entre eux sont toujours détenus. Neuf autres ont été transférés à Rabat pour une enquête par un tribunal militaire». A propos de l’accès retreint à l’information, cette organisation note qu’après le démantèlement du camp, les autorités marocaines ont «limité les accès» à El Ayoun, «permettant seulement à quelques journalistes ou représentants d’organisations non gouvernementales de rejoindre cette ville, un grand nombre d’entre eux ont été refoulés».
Sur ce point, le rapport souligne qu’un représentant de HRW a été empêché par deux fois d’embarquer sur un vol à destination d’El Ayoun le 11 novembre avant d’être autorisé le lendemain. Mais pour Mme Whitson, «si nous saluons le Maroc qui a permis à HRW de mener une enquête à El Ayoun, un gouvernement qui dit à maintes reprises qu’il n’a rien à cacher doit le prouver en permettant à tous les médias et aux organisations non gouvernementales de venir et de recueillir les informations sans obstacles». Sur les différents corps des forces de sécurité marocaines impliqués dans la répression, cette organisation cite la gendarmerie, les forces auxiliaires, les forces de police et les unités spéciales anti-émeute (groupes d’intervention rapide).
Le rapport note aussi que les Sahraouis détenus dans la prison d’El Ayoun ont fait l’objet d’enquêtes sur de fausses accusations telles que «constitution d’une bande criminelle dans le but de commettre des crimes contre des personnes et des biens, possession d’armes, destruction de biens publics, et participation à la prise d’otages et la séquestration de personnes, à mettre le feu à des bâtiments, à l’usage de la violence contre les membres des forces de l’ordre, entraînant blessures et mort, et à des rassemblements armés». Par ailleurs, Human Rights Watch rapporte que la police a battu un assistant de HRW à El Ayoun, Brahim Alansari, qui était en compagnie de John Thorne, le correspondant à Rabat du quotidien d’Abou Dhabi en langue anglaise The National.
Mort d’Abraham Serfaty, opposant historique d’Hassan II

Abraham Serfaty est mort : le Maroc a perdu un pan de son histoire. Ancien militant marxiste-léniniste et opposant farouche au roi Hassan II, Marocain et juif antisioniste, Abraham Serfaty, dix-sept ans de prison, un temps dans la clandestinité et quelques années d’exil au compteur, est décédé jeudi à Marrakech, à l’âge de 84 ans.
Cet homme était un roc, qui en imposait à ses interlocuteurs, physiquement et mentalement. Une montagne de détermination et de conviction, que ni la prison, ni la torture, ni le temps n’ont réussi à ébranler. Il était l’un des survivants des « années de plomb marocaines », témoin engagé d’une époque noire dont les séquelles se font encore sentir au royaume chérifien.
Ingénieur de formation, ce natif de Casablanca est devenu militant communiste à l’âge de 18 ans, au Maroc comme au sein du PCF lors de ses années d’étude en France. Il a combattu activement en faveur de l’indépendance du Maroc, ce qui lui a valu la répression des autorités coloniales françaises.
Les années Ilal al-Amam (« En avant »)
Au moment de l’indépendance du Maroc, il s’engage dans la création des nouvelles institutions du royaume, alors dirigé par Mohamed V. Mais dans les années 70, après quelques années de règne de son successeur Hassan II, il rompt avec les communistes jugés « révisionnistes et trop accommodants, et s’engage à l’extrême gauche avec la fondation du groupe marxiste-léniniste Ilal-al-Amam (“En avant”).
Il se heurte de front au pouvoir implacable d’Hassan II, est arrêté et torturé une première fois en 1972, avant de plonger dans la clandestinité pour échapper à la chasse aux “gauchistes”. Il est de nouveau arrêté en 1974, pour ne sortir libre de prison que dix-sept années plus tard. Hassan II ne lui pardonna jamais son soutien aux indépendantistes du Front Polisario du Sahara occidental, annexé en 1975 par le Maroc.
Dans la revue marocaine Tel Quel, Mustapha Brahma, qui lui a succédé à la tête d’Ilal al-Amam avant de le retrouver en prison, témoigne :
“Je l’ai rencontré pour la première fois en 1985, après mon arrestation. Il était heureux de voir des jeunes assurer la continuité de son combat. C’était un colosse impressionnant par son physique, il avait de surcroît une aura pour nous, car il a préféré lutter pour la justice sociale, alors qu’il avait une grande carrière toute tracée dans l’administration.”
Il ajoute :
“En prison, Abraham Serfaty développait des conceptions nouvelles, comme lutter sur le plan légal pour arracher des libertés publiques. Il avait entre autres l’idée d’un journal pour faire passer le maximum d’idées possibles, sans mettre en équation la monarchie, afin d’éviter la censure.
Précurseur, il avait été le premier à discuter avec les détenus de la Chabiba Islamiya, qui le respectaient. Il ne voulait pas leur laisser l’apanage de la religion, contrer l’islam intégriste en insistant sur l’islam populaire et le soufisme. Il voulait que nous, marxistes, puissions commencer à défendre cet islam.”
A sa libération, il fut déchu de sa nationalité marocaine, et expulsé vers la France où il retrouva la femme qu’il avait épousée alors qu’il était en prison, Christine Daure-Serfaty, une ancienne coopérante au Maroc, militante inlassable de la cause des prisonniers politiques marocains.
Mohamed VI permet le retour
Il lui faudra attendre l’arrivée de Mohamed VI au pouvoir, la décrispation du pouvoir chérifien, pour qu’il soit réinstallé dans sa nationalité et autorisé à revenir au Maroc.
Ce retour montrera toutefois un homme déconnecté des réalités marocaines et d’une époque qui ne correspondait plus à sa vision. Un autre de ses anciens co-détenus, Abdelhamid Amine, raconte leurs retrouvailles dans Tel Quel :
“Il a pris la parole, évoquant Mohammed VI et la nouvelle ère qui s’ouvrait, selon lui. Il nous a affirmé croire que la monarchie et les forces du progrès pouvaient collaborer pour bâtir une démocratie au Maroc.
Il avait une analyse trop optimiste du nouveau règne, comptant beaucoup sur Mohammed VI. Il rêvait un peu à une expérience similaire à celle du roi Juan Carlos dans l’Espagne de l’après-Franco.
Beaucoup de gens, dont moi-même, sont restés interloqués devant ce discours. […] Le jour de son retour d’exil a vraiment marqué une rupture entre les militants de l’extrême gauche et lui.”
Il se raconte ici, dans une interview à la télévision marocaine après son retour, dans une chaise roulante. (Voir la vidéo)
Un juif pour la Palestine
Abraham Serfaty a beaucoup écrit, et l’un des sujets les plus sensibles est celui de la Palestine. Lui le juif marocain, issu d’une communauté qui a massivement émigré en Israël, a pris radicalement partie pour la cause palestinienne (il en parle dans la vidéo ci-dessus). L’un de ses camarades s’exclame dans Tel Quel :
“Un juif antisioniste, c’était quelque chose pour nous.”
Serfaty publie même un livre, “Ecrits de prison sur la Palestine”, dans lequel il écrit :
“ Le sionisme est avant tout une idéologie raciste. Elle est l’envers juif de l’hitlérisme.”
Sa disparition accompagne l’extinction d’une génération, qui est passée de la lutte anticoloniale au combat en faveur d’un “autre” Maroc, et qui s’est fracassée sur la répression implacable de Hassan II. Le Maroc a fait, depuis, du chemin, même si la ligne n’est pas toujours rectiligne.
Photo : Abraham Serfaty à son retour d’exil français à Rabat, au Maroc, le 2 octobre 2010 (Jean Blondin/Reuters)
Conférence – droits humains au Maroc
12 novembre 2010
Le film : Au cours des années septante, deux tentatives de coup d’état contre le Roi Hassan II du Maroc sont perpétrées par des militaires.
Ils impliqueront à leur corps défendant nombre d’officiers et de simples soldats. Ahmed Marzouki était élève sous-officier lorsque lui et ses camarades ont été aiguillés vers Skhirat en pensant aller à Benslimane pour y exécuter des manoeuvres…
L’aventure se solde par un séjour de 18 ans au bagne de Tazmamart.
Il raconte l’histoire de ses compagnons de prison et la difficulté des « survivants » à retrouver une place dans la société marocaine.
Après les années de plomb, le nouveau roi Mohamed VI a suscité beaucoup d’espoirs.
Créée en 2004, l’IER (l’Instance équité et réconciliation) a pour mission d’apporter un règlement global à la question des violations des Droits de l’Homme au Maroc (disparitions et détentions arbitraires) et de formuler des recommandations pour que ces situations ne se répètent pas.
– Qu’en est-il dans les faits ?
– Les recommandations sont-elles suivies par les autorités ou restent-elles lettres mortes ?
Pour répondre et témoigner, Le Librex, Ligne de Mire et le comité de soutien de l’AMDH ont invité :
■Ahmed MARZOUKI – Ancien détenu de Tazmamart
■Ibtissame LACHGAR – Cofondatrice du mouvement MALI – Groupe alternatif pour la défense au Maroc de la liberté individuelle
■Amine ABDELHAMID – Vice-président de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH)
■Meriem DEMNATI – Pédagogue et chercheuse sur la culture amazigh, de l’Observatoire Amazigh des droits et libertés (OADL)
Modérateur de la conférence : Mohamed EL BATTIUI – ULB
Date : 12 novembre 2010 à 19h00
Paf : 3 €
http://www.centre-librex.be/
Lieu : Centre d’Action Laïque
Campus de la Plaine ULB, Accès 2, avenue Arnaud Fraiteur – 1050 Bruxelles
13 novembre 2010
Au début des années septante, deux tentatives de coup d’état contre le Roi du Maroc sont perpétrées par des militaires. Ils impliqueront à leur corps défendant nombre d’officiers et de simples soldats.
Ahmed Marzouki était élève sous-officier lorsque lui et ses camarades ont été aiguillés vers Skhirat en pensant aller à Benslimane pour y exécuter des manoeuvres…
L’aventure se solde par un séjour de 18 ans au bagne de Tazmamart. Il raconte l’histoire de ses compagnons de prison et la difficulté des « survivants » à retrouver une place dans la société marocaine.
Mohamed Ouachen part à la rencontre d’un homme marqué par la détention et nous rapporte un document époustouflant et profond.
| Projection : Samedi 13/11 à 17h – Rotonde |
| Réservez en ligne pour le : 13/11 |
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Réalisation: Mohamed Ouachen Image: Mohamed Ouachen Musique: Youssef Guezoum Montage: Luisa Gherdaoui Production: Mohamed Ouachen et Ligne de Mire asbl Int.: Driss Chberreq, Salah Hachad, Hocine Assayad, Khalid Jamaï, Abdellatif Belkbir, Said Belkbir, Abdelilah Ben Abdeslam, Docteur Omar Ben Omar Contact: Mohamed Ouachen |
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Mohamed Ouachen Mohamed Ouachen, qu’on appelle aussi cacahouète, à suivi une formation d’animateur du CFA (Centre Formation d’Animateur) ainsi qu’une Formation en Arts dramatique à l’académie de Bruxelles. Il a, depuis, fait ses preuves sur les planches théâtrales, surtout avec ses One Man Show : Je ne suis pas là pour foutre la merde, Boumkoeur de Rachid Djaïdani, Flashback, la fabuleuse histoire de la danse hip hop, Djurdjurassique Bled de Mohammed Fellag,… Il a écrit et réalisé un petit nombre de film documentaire, reportage et fiction Saïd, L’envers du hip hop, La 5ème discipline, Du tag au graphe, Routine, Rencontre d’un ancien détenu de Tazmamart, Game Over,… Il a également participé à l’émission Coup de pouce de Télébruxelles. |
Les droits de l’homme au Maroc, où en est-on?
Mercredi 10 novembre à 19h 30
Interventions musclées contre des mouvements sociaux – lois ‘antiterroristes’ – menaces contre militants et associations des droits
de l’homme,…
Après « les années de plomb » sous le règne de Hassan II, le nouveau roi avait suscité beaucoup d’espoirs. Créée en janvier 2004,
l’IER
(l’Instance équité et réconciliation) a pour mission d’apporter un règlement global à la question des violations graves des droits de
l’Homme
(disparitions forcées et détentions arbitraires) et de formuler des recommandations pour que ces situations ne se répètent plus.
Où en est-on? .
Avec :
Ahmed Marzouki, un ex-détenu de la terrible prison de Tazmamart; auteur de « Tazmamart cellule 10 » L’un des 28
rescapés sur 58 qui sortirent vivant après 18 ans de détention, il poursuit son combat pour la justice.
Amine Abdelhamid, vice -président de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) ,
ex-détenu d’Ilal Amam.
L’AMDH, 10.000 membres, défend depuis plus de 30 ans les droits de l’homme au Maroc. Elle est passée par toutes les tempêtes.
Comment évalue-t-elle la situation actuelle? Quels sont ses combats d’aujourd’hui?
Meriem Demnati, militante amazighe et membre de l’Observatoire amazigh des droits et libertés (OADL)
Un représentant du Comité de Soutien à l’AMDH en Belgique Le CSAMDH a été créé en Belgique suite aux menaces qui pèsent sur l’AMDH
au Maroc.
Prix : 2 €Organistation: le Centre International en association avec le Comité de Soutien à l’AMDH
NON à l’extradition d’Ali Aarrass vers le Maroc !

Ali est un citoyen belge, justice égale pour tous les citoyens !
Après plus de deux ans de détention arbitraire en Espagne, Ali risque toujours l’extradition vers la torture. Malgré toutes les démarches effectuées par nos proches et des représentants d’associations pour les Droits de l’Homme et autres, l’Espagne s’entête à vouloir l’extrader. L’Audience nationale espagnole a approuvé son extradition fin 2008 et le Conseil de Ministres espagnol persiste à vouloir l’extrader.
Pourtant, après enquête menée par les autorités espagnoles, le juge Baltazar Garzon a prononcé un non-lieu, aucune charge n’ayant pu être retenue contre lui.
Ali est un citoyen belge, il n’a jamais vécu au Maroc. S’il doit être question d’extradition, que ce soit alors vers la Belgique et non pas vers le Maroc où il risque d’être détenu au secret, de subir des actes de torture et d’autres mauvais traitements, ainsi que d’être victime d’un procès inique.
Ali n’ayant toujours pas été jugé à ce jour, faute de preuves contre lui, la seule raison de sa détention reste la volonté des autorités espagnoles de l’extrader.
Ma mère, ma sœur et moi-même, nous opposons fermement à ce que mon frère, innocent, soit envoyé tel une marchandise à des bourreaux, afin de lui extorquer des aveux sous la torture.
Nous ferons tout ce qu’il y a dans notre pouvoir pour l’aider à sortir de ce cauchemar !
Pour cela nous faisons appel à votre générosité. On aura besoin de votre soutien financier, aucun montant ne sera négligeable, aussi minime soit-il.
Nous avons ouvert, à cet effet, un compte bancaire afin de réceptionner les versements et d’ainsi pouvoir couvrir les frais juridiques et de campagne pour sa libération.
numéro de compte Ali Aarrass :
363 – 4789211 – 70
IBAN : BE60 363 – 4789211 – 70
BIC : BBRU BEBB
Si vous souhaitez avoir d’autres informations relatives au cas de mon frère, vous pouvez me contacter au numéro 0486 / 703 215.
D’avance merci.
Farida Aarrass
Comité de soutien Association marocaine des droits humains
Le dénommé « Noam Nir », un sioniste israélien résidant à la ville d’Essaouira et y possédant un restaurant « Al Baraka », a déposé fin juillet 2010 une plainte en justice pour antisémitisme contre trois membres de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) ; il s’agit de la militante Samira Kinani, membre du Bureau Central de l’Association, et des militants Fouad Jarid membre de la commission administrative de l’AMDH et du bureau de la section d’Essaouira, et Houcine Boukbir membre de cette même section ; ces deux derniers ont déjà été entendus le 05 et le 06 août par la police judiciaire locale, sur instruction du procureur du roi auprès du tribunal de 1ère instance de la ville.
Cette plainte a été déposée juste après la tournée touristique effectuée à Essaouira le 27 juillet par une centaine de jeunes, participant au camp pour jeunes de l’AMDH, organisé dans la ville voisine de Safi.
Au cours de cette tournée, les jeunes de l’AMDH ont scandé des slogans sur les droits humains en général, et au Maroc en particulier, et n’ont pas manqué comme d’habitude, de crier leur solidarité avec le peuple palestinien et leur dénonciation du terrorisme sioniste, et leur désapprobation de la normalisation rampante des relations du Maroc avec Israël. Ce qui ne fut pas du goût du dénommé Noam Nir qui s’est mis, au passage des jeunes devant son restaurant, à les filmer de manière provocatrice.
Notons que monsieur Noam Nir a déjà manifesté son hostilité à l’égard de la section de l’AMDH à Essaouira quand elle a, à l’instar de la plupart des 88 sections de l’Association, organisé un sit-in de solidarité avec la Palestine le 29 mars dernier, à la veille de la journée de la terre ; il a à cette occasion dénoncé dans les journaux israéliens, dont il est correspondant, « l’antisémitisme de l’AMDH » et de l’ensemble du peuple marocain.
Tenant compte de ce qui précède, et des éléments d’information en rapport avec les activités sionistes de Noam Nir, et en se basant sur notre identité comme association de défense des droits humains dans leur acception universelle, le bureau central déclare :
1° l’AMDH a, depuis sa création en 1979, défendu fermement les valeurs fondamentales (dignité, liberté, égalité, solidarité, et sacralité de la vie) et les normes des droits humains universels dont le droit des peuples à l’autodétermination. Elle a en outre lors de son dernier congrès (le 9ème congrès tenu du 20 au 23 mai dernier), et dans le cadre d’amendements au préambule de ses statuts, érigé « le combat contre la mondialisation libérale sauvage, l’impérialisme en tant que mouvement ennemi du droit des peuples à l’autodétermination et le sionisme en tant que mouvement raciste, colonialiste et agressif » au rang des combats prioritaires et ouvert la voie à la défense directe de la laïcité, considérée désormais par l’AMDH comme « une des caractéristiques de l’Etat de droit ».
2° L’AMDH est antisioniste, contre le colonialisme israélien, solidaire du juste combat du peuple palestinien pour la libération de son pays, le retour des réfugiés, son autodétermination et l’édification de l’Etat démocratique palestinien sur l’intégralité du territoire palestinien avec Al Kods comme capitale. A ce titre également l’Association est contre le terrorisme d’Etat israélien et contre toute normalisation avec cet Etat agresseur qui ne fait que renforcer sa détermination à commettre plus de crimes de guerre et contre l’humanité.
3° Tout comme les 12000 membres de l’AMDH sont toutes et tous antisionistes, ils sont également et par principe contre l’antisémitisme et contre la haine à l’égard des juifs en tant que tels, puisque l’AMDH adhère sans réserve aux valeurs universelles des droits humains, défend la laïcité et les libertés individuelles dont la liberté de croyance et de culte et celle d’avoir la religion de son choix ou de ne pas en avoir.
Pour ce qui concerne les juifs de notre pays, dont la plupart ont été des victimes de choix du sionisme qui les a poussés à quitter massivement leurs pays, nous avons toujours défendu leurs droits tout en étant fiers du courage de nos frères juifs marocains qui ont résisté à la propagande sioniste et dont certains comme Abraham Serfaty, Sion Assidon, Edmond Amran El Maleh et Simon Levy ont conjugué leur antisionisme avec une défense conséquente de la démocratie au Maroc. L’AMDH a été également parmi les organisations démocratiques à s’opposer, lors des manifestations de solidarité avec la Palestine, aux slogans anti-juifs proférés par des groupes de conservateurs et d’intégristes.
Dans ces conditions, accuser d’antisémitisme des membres de l’AMDH, et de surcroit des membres dirigeants, est une infamie qui devra couter cher au dénommé Noam Nir dont la mission réelle doit être mise à jour et dénoncée.
4° L’AMDH considère que la plainte pour antisémitisme, déposée par le dénommé Noam Nir contre trois de ses membres, n’a aucun fondement ni dans la réalité des faits, ni au niveau juridique et la déclare nulle et non avenue, tout en considérant que donner une suite positive à cette plainte serait une faute politique et judiciaire grave et un encouragement aux activités sionistes au Maroc.
De ce fait, l’AMDH appelle les organisations des droits humains, les forces démocratiques et les forces vives du pays à dénoncer cette plainte insidieuse et à exiger qu’elle soit classée.
Elle appelle également tous les membres de l’Association à rester vigilants et à considérer que tout procès contre les 3 membres objets de la plainte est un procès contre l’ensemble de l’AMDH et des antisionistes défenseurs du peuple palestinien au Maroc.
Enfin l’AMDH s’adresse aux défenseurs des droits humains et aux démocrates à l’étranger pour les mettre en garde contre tout amalgame entre antisionisme et antisémitisme qui est à la base de la plainte de Noam Nir et qui est véhiculé, avec succès malheureusement, par les sionistes au pouvoir en Israël ; tout le monde doit être averti qu’au Maroc c’est l’AMDH, entre autres, qui est porteuse des vraies valeurs de démocratie et des droits humains et non les sionistes partisans du terroriste Natanyahu et ses acolytes étrangleurs et affameurs de Gaza et fossoyeurs de la caravane de la liberté.
Rabat le 14/08/2010
Le Bureau Central de l’AMDH


