Une nouvelle «question d’Orient»?


vendredi 19 décembre 2014

Depuis 2011, les sociétés arabes, notamment celles du Levant, connaissent des mutations, des révolutions et des contre-révolutions, qui bouleversent l’ordre politique ayant régné tout au long de ces quatre dernières décennies. Une nouvelle donne se profile dans la région, à la fois étatique et sociétale, dont les contours se dessinent dans la violence, les déchirures et l’incertitude.

Suite au déclin de l’empire ottoman durant la première guerre mondiale, trois moments ont marqué des tournants dans l’histoire du proche orient.

Le premier est celui des promesses européennes, des trahisons et des tracés frontaliers (1915 – 1920). Ce processus avait commencé avec la correspondance entre McMahon (le commissaire britannique en Egypte) et Hussein (Charif du Hijaz) évoquant la reconnaissance d’un royaume arabe indépendant, allié à Londres. Or, ce même processus s’est achevé avec les accords de Sykes-Picot, la déclaration de Balfour et les conférences de Versailles et de San Remo. Des mandats britanniques et Français ont été imposés dans un Levant où des frontières allaient pour la première fois déterminer les territoires des nouveaux états, où un état juif devait être établi, mais pas le royaume arabe promis à Hussein par McMahon.

Le second moment est celui de la création de l’état d’Israël en 1947 suivi par la première guerre israélo arabe (1948-1949), et le déplacement forcé d’un million de palestiniens. Cette « Nakba » va modifier la démographie dans plusieurs territoires, déstabiliser la région et créer de nouvelles dynamiques permettant à des élites militaires de renverser les pouvoirs civils en place depuis les indépendances (En Egypte, puis en Iraq et en Syrie) et d’utiliser la lutte pour la Palestine comme prétexte pour instaurer des régimes autoritaires, voire despotiques.

Le troisième est celui de la révolution iranienne en 1979 et la fondation d’une république islamique, aspirant à exporter son modèle aux pays voisins à forte composante chiite. Cet évènement, précédé par le boom pétrolier de 1973 qui avait permis à l’Arabie Saoudite d’engranger des revenus colossaux et un rôle régional important, sera suivi par la guerre dévastatrice irako-iranienne. Puis est arrivé le jihad afghan soutenu par les Etats Unis, l’Arabie et le Pakistan dans le cadre de la guerre froide, avec l’apparition de nouveaux discours politiques radicaux au sein des courants islamistes sunnites comme chiites, financés par Riyad et Téhéran. La création du Hezbollah (1983), les guerres du golfe (1990 – 1991), le 11 septembre 2001, et les invasions américaines de l’Afghanistan et de l’Iraq (2001 – 2003) avec les conflits qui en ont découlé n’ont fait qu’accélérer une confrontation à grande échelle qui semblait inéluctable, celle opposant l’Iran et ses alliés aux Saoudiens et leurs alliés. Les paramètres confessionnels, le recours à l’Histoire (à la grande discorde entre musulmans au 7ème siècle), et les narratifs opposés seront de puissants outils de mobilisation dans cette confrontation. Ils finiront par s’imposer comme éléments non moins importants que les aspects géostratégiques.

Révolutions et contre révolutions

En 2011, le désir de changement « par le bas », par les sociétés, par les nouvelles générations a bousculé les régimes en place de Tunis à Damas, en passant par le Caire, Tripoli, Sanaa et Manama. Des révolutions ont éclaté et un retour du temps politique, de l’action citoyenne, et de la prise de parole ont laissé augurer une possible rupture et un espoir de voir une volonté populaire triompher face aux dictatures et aux clivages communautaires.

Or cet espoir a été de courte durée. L’année 2012 a connu à la fois des contre-révolutions dans les pays où les régimes furent déchus, et une répression barbare en Syrie menant à une guerre impliquant des acteurs régionaux (l’Iran, l’Arabie, le Qatar et la Turquie) et internationaux (la Russie, les Etats Unis, la France et la Grande Bretagne). Dès lors, le conflit a pris une dimension confessionnelle, que l’arrivée des combattants chiites irakiens et libanais pro- régime Assad, et de jihadistes sunnites cherchant à s’imposer dans les régions libérées des forces du régime a exacerbée à partir de 2013.

Dans le même temps, la scène irakienne a connu une montée fulgurante de « l’Etat Islamique en Iraq et au Levant » (EIIL), une organisation issue d’Al-Qaeda et active dans le centre de l’Iraq depuis 2004. Plusieurs facteurs ont favorisé son expansion en Iraq et la prise d’assaut de l’Est et du nord-est syrien. D’abord il y a les séquelles de la dictature de Saddam (comme celle de son frère-ennemi Assad) qui a stérilisé le champ politique et anéanti les alternatives démocratiques, ensuite la dissolution des institutions étatiques iraquiennes par les américains et la marginalisation des arabes sunnites dans les gouvernements successifs à Bagdad contrôlés depuis 2005 par les alliés chiites de Téhéran. En outre, le recrutement qui a grossi les rangs et l’efficacité de l’EIIL a été largement facilité par l’afflux d’importants fonds de certains réseaux du golfe (puis par la vente du pétrole dans les régions qu’il contrôle) et l’indéniable expérience militaire de plusieurs de ses dirigeants.

La montée de l’EIIL poussa à l’exode des dizaines de milliers de kurdes yazidis et de chrétiens iraquiens. Elle entraina une intervention militaire aérienne américaine, mais aussi iranienne. Quant à la Syrie, l’EIIL a combattu pendant un an l’opposition, pour occuper des zones qu’elle contrôlait. Ainsi cette dernière et les millions de civils syriens ont été pris entre deux feux : celui du régime Assad (faisant jusqu’à décembre 2014 plus de 200.000 morts), et celui de l’EIIL (faisant près de 10.000 morts).

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Un nouveau moment fondateur 

La proclamation par le chef de l’EIIL d’un Califat à l’étendue considérable et la force combattante qu’il dirige créent une nouvelle situation dans la région : la disparition temporaire des frontières entre l’Iraq et la Syrie. Cela s’accompagne par des déplacements massifs de populations : trois millions d’iraquiens (sur une population de 26 millions) sont des déplacés internes réduisant la surface des territoires cohabités par les différentes communautés, notamment sunnites et chiites ; six millions de syriens le sont également tandis que plus de trois autres millions ont quitté la Syrie pour trouver refuge en Turquie, en Jordanie et au Liban (soit 40% du peuple syrien est déplacé aujourd’hui).

Face à ce paysage Syro-iraquien apocalyptique, le Liban sombre dans une série de crises. Au clivage entre sunnites et chiites libanais se « partageant » les chrétiens et paralysant les institutions politiques du pays, s’ajoute la catastrophe humanitaire des réfugiés syriens (et palestiniens) qui constituent désormais le tiers de la population. Quant à la Jordanie, elle se trouve entourée de conflits. Les jordaniens doivent faire face aux défis sécuritaires que posent l’EIIL sur leur frontière avec l’Iraq. Ils doivent garder un œil sur les combats au sud de la Syrie, avec une crainte grandissante des conséquences de l’agonie du processus de Paix entre israéliens et palestiniens. Le projet de loi du gouvernement de Netanyahou de ne plus définir Israël comme « Etat juif et démocratique » mais comme «Etat national du peuple juif», n’arrange certainement pas les choses pour 22% des israéliens, c’est-à-dire les palestiniens chrétiens et musulmans d’Israël, vivant à quelques kilomètres d’Amman.

Ce scénario tragique se déroule sous les yeux d’une « communauté internationale » dont l’impuissance est avérée.  Les américains sous Obama s’intéressent moins au proche orient, les européens peinent à élaborer une politique étrangère commune, et la Russie aspire à réincarner un rôle impérial sans en avoir véritablement les moyens.

Dans ce contexte, les erreurs stratégiques de vision se répètent inexorablement, privilégiant (à nouveau) le despotisme au « risque jihadiste » alors que ce dernier n’est (entre autres) qu’un fruit pourri du premier. L’impasse dans laquelle se trouve le levant laisse craindre une fragmentation et une flambée de violence encore plus importantes. C’est bien une nouvelle « question d’orient » qui semble interroger, en vain, le reste du monde…

Ziad Majed

Article publié dans le numéro spécial de L’EXPRESS, le 17 décembre 2014

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Révolutions arabes, un an après : Un goût d’inachevé


Cela fait un an que la révolution tunisienne a ouvert le bal à ce qu’on appellera le Printemps arabe. En un an, quatre autocrates au pouvoir depuis des décennies ont été évincés et des monarques ont pour la première fois été inquiétés. Mais d’autres combats restent à mener : les droits de l’Homme, le statut de la femme, la sécularisation et les libertés.

Sécurité et droits de l’homme : La situation pourrait empirer

Un an après le déclenchement du Printemps arabe, les violences l’ayant accompagné n’ont pas cessé. Si la situation sécuritaire et celle des droits humains se sont améliorées dans certains pays, elles risquent d’empirer dans d’autres. C’est la crainte exprimée par Amnesty International à travers son rapport publié lundi : «Une année de rébellion : la situation des droits humains au Moyen-Orient et en Afrique du Nord». Précurseur du Printemps arabe, la Tunisie est le pays qui se porte le mieux un an après l’immolation de Bouazizi.

La situation des droits de l’homme s’est beaucoup améliorée, mais trop lentement, note l’organisation qui a appelé à la rédaction d’une Constitution garantissant la protection des droits humains et l’égalité devant la loi. Pour l’organisation, cela ne saurait tarder. Le président provisoire tunisien, Moncef Marzouki, est un défenseur des droits et des libertés ayant été reconnu par le passé comme prisonnier d’opinion par Amnesty. Fait rassurant, des groupes de défense des droits de l’homme tunisiens se sont joints aux organisations internationales en publiant une déclaration, le 7 janvier, appelant le gouvernement à ne pas extrader l’ancien Premier ministre libyen Al Baghdadi Ali Al Mahmoudi aux nouvelles autorités libyennes. Ces dernières n’ayant jamais condamné la violence perpétrée dans la lutte anti-El Gueddafi.

Dans le même rapport, Amnesty leur reproche de ne pas contrôler les rebelles toujours armés et la détention arbitraire de 7000 personnes dans des centres de fortune. Les récents combats meurtriers entre milices font craindre une guerre civile et une sécession au président du CNT, Moustafa Abdel Jalil, alors que les combats pour la chute du régime auraient fait 50 000 victimes, selon les estimations des ONG et de l’ONU. La situation en Egypte n’est pas plus rassurante. Amnesty pointe du doigt les militaires.

électrocution

La violente répression des manifestations a fait au moins 84 morts d’octobre à décembre 2011 seulement. Des preuves par l’image de la présence de snipers, de tirs à balles réelles et de tabassages contre les manifestants civils accablent les militaires. Aussi, le nombre de civils traduits devant la justice militaire a été plus élevé en un an qu’en trente ans de régime Moubarak et la torture en détention se poursuit, selon Amnesty. La situation est plus alarmante dans les pays où les dirigeants contestés se maintiennent au pouvoir en usant d’une répression féroce, à l’image du président syrien. Des vidéos publiées quotidiennement sur les réseaux sociaux montrent les traces de torture sur les corps sans vie des personnes arrêtées remis à leur famille.

Brûlures, électrocution, fractures multiples, doigts coupés et peau arrachée, certaines images sont souvent retirées d’internet vu leur cruauté. Au bord de la guerre civile, selon les observateurs, l’annonce de la création d’une armée libre, constituée de déserteurs, n’arrange pas les choses. Entre les exactions de l’armée, les ripostes de l’armée libre et les pratiques des shabiha – une forme de baltaguya lourdement armée qui détiendrait réellement le pouvoir -, le nombre de morts depuis le début de la crise dépasserait bientôt les 6000. Tout comme Assad, le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, est accusé d’avoir recours à la stratégie du chaos.

A la répression des manifestants s’ajoute le spectre d’une guerre civile féroce entre les partisans du président Saleh – ceux qui défendent la légitimité constitutionnelle -, les différents partis politiques formant l’opposition, les tribus Houthi du Nord en conflit avec les séparatistes du Sud, Al Qaîda qui s’est renforcée depuis la crise en déclarant la région de Zindjibar Etat islamique ainsi que l’armée principale et celle formée par les déserteurs. Le nombre de personnes ayant trouvé la mort depuis une année est estimé à 2700, alors qu’on compte 27 000 blessés. Aussi, la forte répression qui a permis à la monarchie, aidée par la complaisance internationale et plus de 2000 hommes saoudiens et émiratis, d’étouffer la contestation à Bahreïn a fait une quarantaine de morts, dont quatre en prison, et une soixantaine de disparus.

Les autorités ont procédé à 1400 arrestations, selon le Centre bahreïnien des droits de l’homme. Plusieurs condamnations à mort et à perpétuité ont été prononcées contre des manifestants et des personnels médicaux ayant soigné les blessés par des tribunaux militaires avant la levée de l’état d’urgence instauré en mars 2011.

Liberté d’expression : La propagande bien enracinée

Premier signe de changement dans les pays arabes : la parole libérée. Les manifestants ont brisé le mur du silence imposé par des régimes autocratiques en scandant «Dégage!» à leur dirigeant. Un an après, quel est l’état de la liberté d’expression ? En une année, 17 journalistes ont été fauchés durant l’exercice de leurs fonctions selon WAN-IFRA. Un à Bahreïn et en Tunisie, 2 en Egypte et en Syrie, 5 en Libye et 6 au Yémen où les journalistes n’ont jamais bénéficié d’une aussi grande liberté d’expression, selon le journaliste yéménite Nasser Arrabyee, qui qualifie la situation même d’anarchique. Le journaliste déplore l’absence totale de neutralité et de déontologie.

Les réseaux sociaux et le blogging semblent, eux, bien se porter. La célèbre blogueuse anti-pouvoir, Afrah Nacer, a même intitulé l’un de ses posts : «Président Saleh, merci d’avoir laissé libres les médias sociaux». En Tunisie, si Ammar 404 (la censure d’internet) chôme désormais, les professionnels des médias sont en sit-in depuis lundi, et des cas d’agression par des fanatiques islamistes sous l’œil des policiers passifs ont été signalés. La raison de leur colère ? La décision prise en catimini par le Premier ministre, Hamadi Jbali, de nommer les nouveaux directeurs des médias publics, et qui ne sont autres que ceux qui assuraient la machine propagandiste de l’ancien régime. «Après le diktat du violet, celui du bleu !», «Ennahda sur les pas du RCD» ou encore «Ennahda veut du tbendir», pouvait-on lire dans la presse tunisienne. Cependant, «la révolution n’a pas eu lieu, elle est toujours en cours», précise le militant subversif, Aziz Amami. Le combat pour la liberté d’expression continue également en Jordanie qui traverse une crise sans précédent depuis le début de la contestation. Dans ce contexte, la liberté de la presse et les conditions de travail des journalistes se sont beaucoup détériorées.

Confessions «arrachées»

Le journaliste écrivain Basil Okoor déplore «la forte pression des services de sécurité sur la presse. Les libertés sont au plus mal, on a enregistré un recul de plus de dix ans. Un simple agent de sécurité peut dominer la presse. Les journalistes font face à toutes sortes de pressions, même si les menaces ne sont pas directes. On reçoit des coups de fil de parties voulant s’ingérer et tentant de monter la population contre le mouvement de contestation, qui continue malgré une couverture timide par les médias importants, et contre certaines parties de la société». Une situation de crise due à l’absence de volonté politique de réforme et de changement selon le journaliste.

L’état de la presse n’est pas plus réjouissant en Egypte où des titres prêtent désormais allégeance aux militaires au pouvoir, allant jusqu’à faire dans la désinformation. Certaines unes lors des affrontements ayant accompagné le premier scrutin de l’Egypte post-Moubarak ont été qualifiées de scandaleuses par les défenseurs de la vérité. Une situation pourtant bien meilleure que celle de la presse en Syrie. Depuis le début de la crise, la télévision officielle a innové en matière de propagande à la nord-coréenne. Des figurants «jouant» des militaires morts qui se lèvent avant l’arrêt du tournage aux confessions «arrachées» de «fauteurs de troubles», la TV syrienne a poussé le ridicule à l’extrême.

Mais face à cet état des lieux peu glorieux, les chaînes d’information continue ont connu leur heure de gloire en ce Printemps arabe, à l’instar d’Al Jazeera et d’Al Arabya, les principales chaînes d’information dans le Monde arabe ayant couvert les soulèvements. Il est à noter cependant que ces chaînes ont essuyé de vives critiques quant à leur ligne éditoriale très proche des positions politiques des pays les finançant, à savoir le Qatar et l’Arabie Saoudite. La chaîne iranienne Al Manar est montée à l’assaut afin de défendre les intérêts chiites dans la région et une chaîne, Al Mayadeen (les places publiques), du Libano-Tunisien Ghassen Ben Jeddou, devrait bientôt intégrer le paysage médiatique arabe. Celle qui risque de faire le plus parler d’elle dans les prochains jours, c’est la chaîne syrienne Al Raï TV (l’opinion), qui s’est faite la tribune des voix censurées par les autres chaînes. Les El Gueddafi se sont souvent exprimés sur cette chaîne dont le directeur affirme être en possession d’enregistrements ultraconfidentiels compromettants que l’ex-guide libyen lui aurait remis.

Mehdia Belkadi

Quelle réponse de l’Union européenne face à la mutation du monde arabe ?


Vendredi 25 février –  12h30

Conférence en présence de Ziad Abdel Samad

La politique européenne s’est jusqu’ici accommodée des régimes autoritaires en place et n’a pas permis d’insuffler une dynamique de développement. Prise de cours par les soulèvements dans le monde arabe, l’UE a tardé à réagir pour accompagner les aspirations des populations à plus de démocratie et de justice sociale. Mais déjà, le danger guette que les mêmes erreurs soient commises.

Le vent de changement dans le monde arabe permettra-t-il à l’UE de changer de cap ?

Ce vendredi 25 février, Ziad Abdel Samad, expert du monde arabe et  directeur de la Plateforme des ONG arabes pour le Développement, sera de passage à Bruxelles.

Le CNCD-11.11.11 et Eurostep vous convient à une conférence lors de laquelle Ziad Abdel Samad exposera sa vison. Il s’exprimera au nom des organisations membres de son réseau, représentatives des sociétés civiles arabes. Celui-ci nous fera également part des réponses que l’UE devrait apporter pour accompagner les nécessaires réformes démocratiques et socio-économiques qui assureront la stabilité et le développement de la région.

Intervenants :

Ziad Abdel Samad, Directeur de la  Plateforme des ONG arabes pour le Développement

Simon Stocker, Directeur de Eurostep, réseau des ONG européennes de développement

Rabab Khairy Chargée du dossier Moyen-Orient et Afrique du Nord pour le CNCD-11.11.11

Adresse du jour : CNCD-11.11.11, 9 Quai du Commerce 1000 Bruxelles

Note :

Ziad Abdel Samad est Directeur de la Plateforme des ONG arabes pour le Développement – ANND (Arab NGO Network for Development).

Basé à Beyrouth, ANND rassemble 27 organisations et 7 réseaux nationaux actifs dans 11 pays arabes dans les domaines du développement social, de la justice, des droits de l’Homme, du genre et de l’environnement. Les membres d’ANND se situent dans les pays suivants : Liban, Egypte, Jordanie, Palestine, Irak, Bahreïn, Yémen, Maroc, Tunisie, Soudan et Algérie.

Le CNCD-11.11.11 et Eurostep travaillent en lien étroit avec ANND pour leur dossier Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Rabab KHAIRY
Coordinatrice des Programmes et
Chargée du dossier Moyen-Orient et Afrique du Nord
Centre national de coopération au développement (CNCD-11.11.11)
Quai du Commerce, 9
1000 Bruxelles

Tél : +32 2 250 12 47
GSM : +32 473 35 65 62
Fax : +32 2 250 12 63

E-mail : rabab.khairy@cncd.be
Sites Web : www.cncd.be | www.agenda-solidaire.be

11.11.11: Un combat de pleins droits!

Rappel : cet après-midi


Manifestation
Solidarité avec les peuples du Maghreb et du monde arabe.
Dimanche 6 février 2011
Départ de la Gare du Nord
Gare du Nord, sortie WTC (esplanade) à 14h
pour se diriger vers la Gare du Midi.

– Pour un Maghreb démocratique et respectueux des droits politiques, civils, sociaux, culturels et religieux de ses peuples.

– Pour un soutien total aux mouvements populaires, contestataires et autonomes auxquels la jeunesse participe massivement.

– Pour la libération de tous les prisonniers politiques d’aujourd’hui et d’hier. Nous réclamons que les responsables de la répression soient traduits en justice. Nous demandons aux autorités belges et européennes de prendre position et de s’exprimer publiquement sur les répressions en cours dans le Maghreb et dans le monde arabe. Leur silence vaudrait complicité voire approbation et chacun saurait s’en souvenir.

– Pour le soutien aux revendications des manifestations : «du travail pour tous», «une répartition des richesses entre tous et tous», «l’arrêt de la corruption et du népotisme». Sinon : «Dégagez !»

– Pour une réelle prise en compte de la précarité. L’accès des citoyennes et citoyens aux services publics de qualité, le droit à la santé, au logement, à l’enseignement, à la formation et l’accès à l’information, là-bas et ici !


Premiers signataire : ÉGALITÉ, Mouvement Citoyen Palestine, Solidarité Europe Tunisie,Désobéissance Civile Belgique (DCB), LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire)-SAP (Socialistische Arbeiderspartij),Pas touche au Venezuela, Vonk/Unité Socialiste’, Vlaams-Socialistische Beweging (V-SB)/Mouvement pour une Flandre indépendante et socialiste, Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde ( CADTM ), Ligue Arabe Européenne / Arabisch Europese Liga (AEL),Vrede vzw,Internationale Socialisten (groep),CLEA (Comité pour la Liberté d’Expression et d’Association), The BRussellsTribunal, Unie van Arabische Studenten in Europa/ Union of Arab Students in Europe,Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie, Comité voor een andere politiek (Cap),Front du 14 Janvier, collectif des militants du Maroc de l’Immigration d’Action et de lutte,La JOC de Liège , Divers&Actief,Socialisme 21,Collectif des Immigrés Opprimés de Belgique (EGK),ABP Liège, Parti Humaniste, Jeunes anticapitalistes (JAC) ,Organisation de Communiste Marxiste-Léniniste en Belgique, De Unie van Arabische Studenten in Europa (UvAS), Comité Verviers Palestine,  Boeh!, UPJB

 

Les régimes arabes toujours plus aux abois


LOOS,BAUDOUIN

Mardi 1er février 2011

Un effet domino ? Une traînée de poudre ? Depuis la chute du Tunisien Ben Ali le 14 janvier, la grande question que tout le monde se pose est de savoir si d’autres régimes arabes s’apprêtent à subir le même sort funeste. L’Egypte, en plein tumultes révolutionnaire, aura été le premier pays à suivre la voie. Et les autres ?

Maroc

Le royaume chérifien présente des similitudes avec l’Egypte et la Tunisie : corruption généralisée, passe-droits, misère sociale, diplômés chômeurs, façade démocratique qui ne trompe personne même si la presse est assez libre (sauf si elle dépasse des lignes rouges bien précises). Mais le roi Mohammed VI jouit d’une aura particulière, il est populaire et porte aussi une charge religieuse non négligeable : il est l’« amir el-mouminine » (commandeur des croyants). Moulay Hicham, le cousin « gauchiste » du roi, a pourtant estimé lundi que « presque tous les systèmes autoritaires seront affectés par la vague de protestation, et le Maroc ne sera probablement pas une exception ». Des médias espagnols et français avaient annoncé ce lundi que des troupes marocaines avaient été rapatriées du Sahara occidental vers Casablanca pour parer à toute insurrection. Le ministre marocain des Affaires étrangères a appelé son homologue espagnol pour lui signifier l’« indignation » du Maroc face à ces « fausses nouvelles ». Il y a eu quatre tentatives d’immolation par le feu depuis le 21 janvier au Maroc, en miroir du suicide de Mohammed Bouazizi, héros de la révolution tunisienne.

Algérie

Riche de ses ressources en hydrocarbures, l’Algérie ressemble pourtant en permanence à un volcan social. Le régime, d’obédience militaire, corrompu, injecte des subventions dans le tissu social (logements neufs, par exemple), mais jamais assez pour prévenir des émeutes ponctuelles qui éclatent régulièrement. Le parlement est réduit à un rôle passif tandis que la presse privée, diverse, joue un rôle de soupape. Elément spécifique : la « sale guerre » de 1992 à 1999 (200.000 morts) joue un effet repoussoir pour les Algériens. Mais des manifestations importantes ont eu lieu pendant les événements en Tunisie, dont cinq jours d’émeutes qui firent cinq morts. Depuis le 12 janvier, il y a eu neuf tentatives d’immolation par le feu en Algérie, dont deux décès.

Libye

Peu ou pas de liberté au pays du colonel Kadhafi qui a en revanche le double avantage – immense – d’être peu peuplé (4 millions d’habitants) et riche de ses hydrocarbures, lesquelles permettent des subventions pour apaiser les tensions éventuelles. Selon les rares informations en provenance de Tripoli, le régime avait vu la chute de Ben Ali, ami intime, d’un très mauvais œil. Si Kadhafi et Moubarak ne s’apprécient guère, le premier a toutes les raisons de ne pas se réjouir des ennuis du second. Le très fantasque colonel a pris le pouvoir en… 1969, c’est dire s’il connaît l’usure du pouvoir.

Soudan

Affaibli par la future indépendance du sud du pays et par son inculpation par le Tribunal pénal international, le président Omar el-Béchir dirige un régime autoritaire dominé par l’armée et en proie à d’immenses problèmes socio-économiques. Corruption et chômage érodent peu à peu le pouvoir, qui n’hésite pas à employer la manière forte. Le 17 janvier, le chef de l’opposition islamiste Hassan al-Tourabi a été arrêté. Son tort ? Avoir déclaré qu’une révolte semblable à celle que la Tunisie venait de connaître était « probable » au Soudan, et, avait-il ajouté, « si cela ne se produit pas, il y aura un bain de sang, car le pays entier est armé ». Début janvier, un homme s’est immolé par le feu.

Golfe

A l’exception notable du Koweït, qui dispose d’un parlement élu, les richissimes pétromonarchies – Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar, Barhein, Oman –, n’ont aucun rapport avec la démocratie. C’est le roi ou le prince qui décide. Les sujets sont souvent minoritaires chez eux, moins nombreux que la population de travailleurs subalternes en général asiatiques. Si des risques de débordements populaires paraissent exclus en principe, cela n’empêche pas les régimes de s’inquiéter des ennuis de MM. Moubarak et Ben Ali, des amis de toujours.

Yémen

Avec son régime autoritaire, corrompu et très pauvre, le Yémen fait pâle figure. De délicats équilibres tribaux rendent cependant la lecture de la carte politique locale bien complexe. Le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1978, aurait voulu le transmettre à l’un de ses fils. Une contestation inhabituelle, surtout estudiantine, s’est développée ces dernières semaines, qui pourrait déstabiliser le régime si elle persiste et enfle. Au moins trois tentatives d’immolation par le feu et un décès ont eu lieu au Yémen en janvier.

Territoires

palestiniens

Le président Mahmoud Abbas vit mal les soubresauts égyptiens : à l’instar de Moubarak qui craint les Frères musulmans comme la peste, le président palestinien souffre de la concurrence du Hamas, qui ne manque pas de dénoncer ses accointances avec les Israéliens et avec les Américains. Un basculement de l’Egypte représenterait un événement lourd de menaces pour le pouvoir d’Abbas et son parti, le Fatah.

Liban

Dans l’univers politique très fragmenté du Liban, les soulèvements populaires ne sont pas de mise. Le souvenir de la guerre civile entre 1975 et 1991 et ses 120.000 morts reste dans tous les esprits. Par contre, chacun des camps lit et interprète les développements en Egypte selon son optique. Le Hezbollah chiite doit se réjouir de l’affaiblissement de l’axe pro-occidental, alors que les sunnites doivent s’en inquiéter, tout comme les chrétiens même s’ils sont divisés.

Syrie

Le président Bachar el-Assad estime que son pouvoir n’est pas menacé, il l’a dit au Wall Street Journal lundi : « Nous avons des circonstances plus difficiles que la plupart des pays arabes, mais malgré cela, la Syrie est stable. Parce qu’il faut être très proche des croyances de la population ». Mais le régime dictatorial local connaît aussi la corruption et les injustices sociales, sans parler de l’absence criante de libertés couplée à une répression de même ampleur.

Jordanie

Mine de rien, le beau royaume de Jordanie est aussi un Etat policier et corrompu, dont la représentation parlementaire donne une image fausse de la réalité (les citoyens d’origine palestinienne, majoritaires, sont sous-représentés). La royauté est respectée et appréciée pour la stabilité qu’elle prodigue au pays, même si, à l’instar de la situation égyptienne, la paix avec Israël (signée en 1992) reste des plus impopulaire. Trois grandes manifestations ont eu lieu récemment pour protester contre la cherté de la vie et réclamer la chute du gouvernement. Y participèrent des Bédouins, considérés comme le socle du régime. les Frères musulmans locaux ont affirmé ne pas vouloir la chute de la royauté, mais ont émis une pétition réclamant notamment la démission du gouvernement, l’amendement de la loi électorale, la formation d’un gouvernement de salut national et l’élection du Premier ministre.

Irak

L’Irak de l’après-Saddam réapprend seulement à vivre, alors que ses divisions ethnico-religieuses sont apparues au grand jour et de manière singulièrement sanglante entre 2005 et 2008. La corruption, là aussi, a pris des proportions ahurissantes. Le pouvoir central doit encore donner la preuve de son existence à une population épuisée qui a connu guerres, invasion et embargo depuis 1980.

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Manifestation


Solidarité avec les peuples du Maghreb et du monde arabe.

Dimanche 6 février 2011

Départ de la Gare du Nord à 14h pour se diriger vers la Gare du Midi.

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