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Hoshang Ossé poète kurde de Syrie
Il y a celui qui danse pour oublier
Il y a celui qui danse pour se rappeler
Peut être que vous me considérez comme un instant
Où se réfugient vos visages fêlés
Peut être que vous me considérez comme un instant
Auquel vos cœurs disposés au chagrin se rendent
Pour fuir vos blessures sanglantes
Mais…
N’oubliez pas que je souffre en méditant votre arrivée et votre départ
* * * * *
عيد
ثمةَ من يرقص لينسى
وثمة من يرقص ليتذكر.
قد تعتبرونني لحظة, تلوذُ إليها وجوهكم المتصدعة
أو يوماً تأوي إليه قلوبكم الفارة من جراحكم, المفطورة على الحزن
لكن…
لا تنسوا بأنني أتألم متأملاً مجيئكم وذهابكم.
Voyez d’autres poèmes ici
Un poète kurde en exil : Hoşeng Osê
Hoşeng Osê vit à présent en Flandre. Il écrit en arabe et en kurde et est également journaliste.
De blinde meeuw
Noordzee…
Ik ben geen soldaat die een mes in de rug kreeg, noch een verradende koning op een schaaktafel.
Denk je niet dat ik de resten van een schipbreuk ben, die op je kust eindigt.
Ik ben de resten van een bloedbad.
Ik draag in mijn hart mijn kruis én mijn graf.
Ik verberg onder mijn tong het geheugen van mijn vaderland voor de oprukkende barbaren.
de verdriet is mijn beker, mij pijn is wijn.
Denk je niet dat ik een kapitein ben, wiens schip hem in de steek liet.
Ik ben een natie wiens vier windstreken hem niet langer herkennen.
Ik ben een treurend gedicht, dat een blinde profeet nog steeds schrijft, voor de kleine zwaluwen.
Zelfs jij, Noordzee?!
Zelfs jij keert mij ook de rug toe?!
Ik ben geen oprukkende Alexander, noch een ambitieuze Napoleon ..
Ik ben gewoon een echo ..
Een nederlaag ..
Gewoon een lijk dat sinds drie duizend jaar,
Nog steeds naar een graf zoekt.
………………………..
Een gemummificeerde tijger
Zijn ogen: twee gloeiende kolen, die vonken uit een diepe put.
Hij zegt: ik ben Jozef, verraders, en ik wil niet uit de put komen.
*****
Verjaagd door de duisternis, verdoemd door het daglicht, slaat hij met zijn nagels de rotsen van de tijd.
Noch de zee kan het vuur der hartstochten in zijn hart doven;
Noch de regen kan het leed, dat zijn geest treft, verzachten.
Alleen de stilte luistert eerbiedig naar zijn gekreun.
*****
Jullie, die Abel duizend keer per minuut doden;
Denk je niet dat ik een gemummificeerde tijger in een museum ben!
Deze wereld die jullie met oorlogen en vernielingen gevuld hebben, is het eeuwige museum, en jullie zijn de mummies!
Ik wandel onder jullie rond.
En omdat jullie gemummificeerde mensen zijn, met duizend maskers,
Wil ik niet eens, dat jullie mijn prooi worden!
Hosheng at 11:40 in this youtube video in Kurdish.
« Station d’attente », de Amir HASSAN

Une bonne nouvelle au milieu du désastre que constitue le resserrement du blocus de Gaza : notre ami Amir HASSAN, diplômé de l’université d’Al-Aqsa à Gaza, vient de se voir attribuer une « Mention spéciale du jury » du Consulat Général de France à Jérusalem, au Concours d’écriture Planète-femmes 2013, pour ce magnifique et terrible poème :
« Station d’attente »,
de Amir HASSAN
Assise, depuis plus de trente ans, depuis que le chant de la guerre a fait le tour du village, depuis que les hommes sont partis à la recherche de la paix perdue, depuis ce mensonge antique, depuis que la rose n’est plus la rose, depuis que l’hiver égorge la beauté des saisons, depuis que les retrouvailles ne sont plus possibles et depuis que la mort a tenu ses promesses.
Assise comme un vieux papier qui résiste face à la poussière, la mémoire est faible, cependant l’oubli n’y a pas trouvé sa place.
Le corps est fragile mais le cœur bat encore, indifférent, juste pour l’harmonie et la symphonie du geste.
Je n’ai pas vu les années passer, elles étaient toutes complices. Je n’ai pas senti les cheveux blancs pousser dans le champ sur ma tête. Des cheveux comme une couronne de sagesse dans ce vieux royaume qui n’a plus envie de repeindre le ciel avec trois couleurs, n’a plus envie de confisquer les nuages, la pluie et n’a plus envie de faire du temps des leçons d’histoire pour une génération naïve. Une génération qui croit à tout quand ce vieux royaume prend du recul.
Ô fils de ma patrie, je ne vous regarde plus depuis que j’ai appris que le dernier regard n’adoucit pas l’adieu, ne fait pas revenir les martyrs, ne rassure pas les futures victimes de la machine aveugle de la guerre .
Ô soldats de mon pays, qu’elle est noire ma nation sans vous, qu’il est hypocrite ce Noël sans vous, qu’elle est cruelle la vie sans vous et qu’elle est profonde la poésie après vous.
Voyez en moi l’invisible, comprenez en moi l’incompréhensible, regardez bien comment la guerre transforme les dames en stations d’attente.
Regardez bien comment la guerre a fait de la terre un énorme cimetière gris, où les morts ont du mal à mourir correctement, dignement. Un cimetière où les orphelins semblent être des courriers sans adresse et où les graines germent sur les cadavres des innocents.
Ô soldats, je n’ai plus le privilège de parler comme avant, le silence a fait de moi son fief, et le temps m’a fait oublier les mots, à part vos prénoms car ce ne sont pas des mots, mais des rimes.
J’aurais aimé vous dire combien de jeunes rêveurs sont passés par là, devant mes yeux, à cette époque où mes yeux avaient encore le droit de bouger de droite à gauche. A cette époque, où ils avaient encore le droit de croire au retour des arbres combattants, j’aurais peut-être crié pour briser cette atmosphère maudite qui vous dicte des mensonges horribles, qui vous dit que la guerre fait des héros.
On n’a pas besoin d’un héros immobile jeté par terre avec deux balles qui lui décorent sa dernière apparence.
Regardez la neige triste autour de moi, elle a mes larmes, mes pleurs. Sans parler que ce soleil ancien n’ose même pas apparaître face à la grandeur de cette montagne de douleur et de chagrin. Pourtant, avant, je ne savais pas que le chagrin pouvait être un pays, je ne savais pas que les femmes pouvaient être des demeures de deuil à jamais.
Le rythme des canons n’est pas plus fort que le rythme du silence que nous portons au creux de nos cœurs. Nous, femmes de la planète masculine guerrière ; nous, les derniers refuges pour les instants qui assassinent ; nous, les figures qui feront de beaux tableaux à la mairie ; nous, les soldats inconnus sur la place de la république ; nous, les oubliées sur un banc dans les jardins publics ; nous, les enterrées vivantes dans ce monde sophistiqué ; nous, la longue queue aux portes des cliniques et des boulangeries ; nous, les statues nues que les regards des passagers violent sans merci ; nous, le message de paix qui parle sans voix, les cris sans bruit, les caresses et les câlins parfumés d’amour, les prières tardives qui font veiller Marie, les chants rebelles qui luttent contre l’injustice, et le regard profond qui dit tout ou qui ne dit rien du tout…
Ô soldats, je ne suis pas toute nue et je ne suis pas Jésus, mais un seul regard vous aurait peut-être sauvé la vie. »

Amir Hassan
E-mail : ameer_h_2004@hotmail.com
En post-scriptum, Amir nous dit :
« A Gaza la situation est vraiment catastrophique. Il y a une vraie crise alimentaire, de carburant, de transport et d’électricité.
Le passage de Rafah est fermé, personne ne peut voyager. 50 personnes seulement ( Malades, Etrangers) par jour. Des milliers de Gazaouis sont bloqués.
On ne reçoit que les menaces d’Israel.
On attend le pire.
Mais on garde l’espoir, car c’est gratuit de le garder.
Pensée de Gaza, Gaza la chaleur humaine. »
Gloire à ceux qui nous torturent – Poème
Abdellatif Laâbi |
Poéme / Poémes d’Abdellatif Laâbi
de vous à moi
la vérité jurez-moi de ne pas me croire nous attendons
qu’une roue fissure des chairs non comestibles ou qu’un œil s’éteigne pour avoir été témoin nul carnassier ne viendra repriser les césariennes on torture
apothéose artifice de pogroms
feu de squelettes
gloire gloire
la face paisible du bourreau la main douce qui charcute et l’univers coule
son petit train-train de morales encore encore le doux nectar du mal la vivifiante souffrance écumoire de diaphragmes
bille de bulbes gloire
ô le noble regard du coupeur de têtes le fond musical des pilules de cyanure ô l’effluve de ce vitriol nous attendons cadavres ou fossiles et la fête macabre monte une ordalie sans prévenir l’on torture
et l’on tenaille ce qui bat et l’on pilonne ce qui puise et l’on sectionne ce qui ligature
crimes sur table
gloire gloire
nous sommes le peuple élu
érigé
sur les pointes de fatalité pour nous les lendemains qui chantent les fleuves de miel
et de lait le sacrifice frères
le sacrifice exil dans le sacrifice ô l’apothéose des gorges prêtes
au sacrifice l’héritage
le sadisme d’Abraham l’héritage
la foi terrassée par les miracles l’abondance spontanée du désert miracle
nous ne souffrons pas ô l’arcade pure du tueur à gages le chatouillis des électrodes et le bistouri nettoyant les vertèbres encore
encore respirer tous les gaz
gloutonnement
avaler des grenades
gloire
au peloton d’exécution
embrasser l’envers
et l’endroit du doigt mûr
qui caresse
la gâchette
qui nous tue
la fonte étincelle mort-né échappé au scalp
de l’ordre je ne voulais pas être de ce théâtre non marionnette
je ne voulais pas qu’on m’exécute comiquement
sur les gradins mais rester valve
algue corps battant de respiration élémentaire diastole
rester pharynx
sans une possibilité pour la plus forte vie être de cette nuit
que ne démantèle pas le jour de ce levain
non de cette pâte
être enfin de ces tubercules vénéneux de racines
refus net
cette soi-disant complication d’organismes parlants
je refuse
cette procréation d’automates vous avez
dépeuplé le langage et le monde vous avez dépeuplé
la vie désappris le pardon de toute roche
masse
solidifiée de masse en masse
confrontation l’air vicié des cases
les jardins surélevés
on meurt encore
de faim
je ne parle pas
de la guerre
de la recolonisation du tiers-monde
des greffes qui ne prennent pas c’est moi seul que je congratule de ces
tortures comme une outre qu’on bat
dans ma chair
le poème
je réponds à la violence
par la violence je ne contrôle pas les impulsions de mon poing patience
toutes ces vies m’appartiennent je parlerai de tout avant qu’une main payée
ne vienne me poignarder dans le dos patience je vais parler
des morts qui m’ont devancé ceux que je fréquente
et ceux à venir tout sera dit je vous en fais serment
ces chiens ont sali notre mémoire qui voudra de cette histoire où des rats visqueux ont trotté abolir pour commencer ensuite la récidive les textes formels
on ne nous la fera pas le napalm coince la mitraillette la sarbacane par-derrière
la lune pour bientôt
les îles
les steppes et basculer le tas
dans un désert de salines quelques martiens viendront achever les rescapés
laideurs laideurs
dans la rigueur des jours-termes
je ne vois que des assassins
cette fraternité assassine
qui boucle l’arc
la cible propulsée
dedans le crime salut barbarie des grandes famines salut silex tribal salut jungle de crudité quelque chose en moi se réveille encore une fois le miracle du corps je commence par nier ma main se dresse
se casse
et se retourne prend le sexe
froidement l’étalé
Prix Goncourt de la Poésie (2009) Grand Prix de la
Francophonie (2011)Bio-bibliographie succincteAbdellatif Laâbi est né en 1942, à Fès.
En 1966, il fonde la revue Souffles avec Mohammed Khaïr-Eddinc et Mostefa Nissa-boury.
La revue est interdite en 1972 et Laâbi est condamné à dix ans de prison. Grâce à une campagne internationale il est libéré en 1980. Il s’installe en France en 1985. Parmi ses recueils de poèmes : Le soleil se meurt (1992), L’étreinte du monde (1993).
Le spleen de Casablanca (1996), Fragments d’une genèse oubliée (1998), Poèmes périssables (2000). On lui doit aussi des romans et des récits (Le chemin des ordalies, 1982, Les rides du lion, 1989), des pièces de théâtre et des traductions de poètes arabes, de Mahmoud Darwich à Abdallah Zrika.
Son opposition intellectuelle au régime lui vaut d’être emprisonné pendant huit ans. [ Lire la biographie de Abdellatif Laâbi]
Pablo Neruda – Il meurt lentement
Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.
Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l’habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu
Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d’émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés
Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu’il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n’a fui les conseils sensés.
Vis maintenant!
Risque-toi aujourd’hui!
Agis tout de suite!
Ne te laisse pas mourir lentement!
Ne te prive pas d’être heureux!
Je n’ai pas trouvé une version audio, mais voici dit par Pablo Neruda Las Alturas de Macchu Picchu
Ecrire après Mahmoud Darwich: le chant poétique de Tamim al-Barghouti
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