Le suppôt de l’Empire


Sans doute, cette vidéo a déjà été publiée. Seulement, il me semble opportun de la publier pour plusieurs raisons.

C’est un débat qui date de 1999. Même s’il ne dure que vingt minutes, un certain nombre de problème cruciaux y sont soulevés : la place des artistes, le journalisme, le rôle des humoristes, Le Pen et les anti-lepenistes, l’importance des mots…

Nabe y développe des points de vue à contre-courant, suscitant l’étonnement et l’effroi des autres intervenants. Dieudonné M’bala M’bala était à ce moment là du côté des fréquentables.

Certains, ici, m’ont reproché d’apprécier Nabe.

Je leur rappellerai une chose : la France est un pays de littérature. Que cela leur plaise ou non, Nabe est un grand écrivain.

Les deux principaux reproches adressés à Nabe :

– Le fait qu’il rejette la théorie du complot. Son point de vue sur le 11 septembre 2001 en irrite beaucoup. Personnellement, je crois que la version officielle est fausse, mais je m’arrête là. Je ne suis pas un enquêteur et n’ai pas la prétention de l’être.

– Son opposition au régime de Bashar Al Assad. Désormais, tout opposant au régime d’Al Assad est déclaré suppot de l’Empire. Dans l’esprit de certains, si vous émettez la moindre critique sur Al Assad, vous êtes de facto avec l’Empire. Ca me rappelle la phrase de G.W Bush : « Ou vous êtes avec nous, ou vous êtes contre nous ». Je voudrais quand même dire à ceux qui pensent de la sorte que Nabe est un anarchiste, il ne saurait donc apporter son soutien à un débile mental assoiffé de sang qui pratique la politique de la terre brulée pour sauvegarder son funeste pouvoir.

Mis à part ça, délectez-vous de cette vidéo car ces débats vifs animés se font de plus en plus rares sur votre petit écran.

Sur le même thème :

source

Le 123 rue Royale, un modèle du genre ?


Squat lui aussi, le « 123 » rue Royale fait figure de réussite voire de modèle dans le microcosme du logement précaire bruxellois. Historiquement, il s’inscrit dans la grande série des occupations collectives de logements laissés vides en Région bruxelloise : celle de l’occupation des anciens bureaux de taxes de la place Morichar en 2009, celle de l’hôtel Tagawa en 2007. Bart De Win est ici depuis quinze ans. A 46 ans, c’est une figure de la lutte pour le droit au logement. « Nous voyons tous les jours des gens dans la rue ; la crise qui s’aggrave conduit de plus en plus à une précarité élémentaire. La grande pauvreté gagne du terrain et provoque des expulsions en série. Mais des solutions existent : si le droit privé prime sur le droit au logement, il existe quelques articles se référant au “droit de gestion publique” dans le code du logement. »

C’est sur base de ces articles que, depuis quatre ans, un collectif occupe les anciens bureaux de la Communauté française au 123 rue Royale. Au total, soixante-cinq personnes, cinq familles et neuf enfants ; le reste étant composé de couples sans enfants ou d’isolés. « Après plusieurs expulsions très médiatisées de différents endroits de la capitale, et une nuit sous tentes dans le Jardin botanique, nous nous sommes dirigés vers ici. Les bureaux étaient libres depuis plusieurs années. Et on y a trouvé de fait une certaine stabilité, explique Bart De Win. Nous avons signé une Convention d’occupation collective qui ne précise pas la durée de cession du bâtiment, mais qui offre la possibilité d’un préavis possible de six mois, ce qui est mieux que l’intranquillité constante des squatteurs ou des sans-abri. »

De fait, du premier coup d’œil, la situation est diamétralement opposée à celle que connaissent les occupants de Gesù. Ici aussi, une réunion hebdomadaire d’organisation générale a lieu le mardi soir. Mais l’organisation ne se limite pas à entériner les conflits en cours et à les endiguer vaille que vaille. Il s’agit d’une véritable volonté de vivre ensemble. C’est d’ailleurs le nom du leur collectif : « Groupe Vivre Ensemble-Logement Solidaire ». La philosophie émane des mouvements alternatifs des années soixante et septante : les portraits du Che, de Bob Marley ou des slogans soixante-huitards et provocs affichés sur les murs de différents appartements ne trompent pas. « On vit ensemble même si on ne se connaît pas. C’est une façon plus critique de se poser face à la société actuelle. Toute la philosophie du monde libéral est très individualiste. Nous sommes à contre-courant ; notre quête est peut-être très idéaliste, mais nous voulons proposer autre chose : plus qu’une communauté, nous sommes une collectivité », explique Bart.

En pratique cela donne des réalisations étonnantes en milieu précaire : beaucoup de nationalités différentes, quelques sans-papiers, une balance hommes/femmes équilibrée, des enfants, des personnes âgées, des animaux domestiques… et une vie commune pourtant bien régulée. Des douches individuelles ont été installées ainsi qu’un grand réfectoire commun et des petites cuisines à chaque étage.

Moins surpeuplé que Gesù, le 123 offre un panel d’activités ou d’espaces communs : un atelier de réparation de vélos, un autre apprenant les techniques de travail du bois, bureau administratif collectif, un local pour enfants, une salle télé-médias, un atelier informatique, un autre de couture et une petite chambre servant de salle de sport, un atelier peinture, une friperie à prix libre permettant d’échanger des vêtements et enfin un bar où chaque dimanche le collectif propose une table d’hôte ouverte à tous.

Tous les matériels usagés sont récupérés, réparés, revendus, recyclés ou jetés dans un esprit de partage et de soutien. « L’important est de maintenir un espace de vie sociale ouvert, sûr, d’avoir des idées de développement et des projets qui s’ouvrent, souligne Bart De Win. Nous ne sommes pas complètement fermés et en marge de la société, explique-t-il. Nous recherchons une cohabitation paisible dans des temps difficiles. Il n’y a pas de réinsertion obligatoire. La sécurité est assurée et nous investissons ce qui est nécessaire pour rendre le logement habitable (les rapports des pompiers quant à la sécurité des logements sont positifs), mais surtout nous proposons une certaine convivialité. Les premiers soins de santé peuvent être donnés par les habitants, les besoins des uns et des autres sont rencontrés par la totalité des occupants du 123. »

Une solidarité qui contraste avec l’ambiance du Gesù.

Ces derniers attendent avec inquiétude une possible expulsion au printemps mais surtout l’angoisse, l’insécurité et la précarité quotidienne qui les tenaillent font de leur quotidien un véritable enfer.

Articles similaires :

The Corporation- sous titre : français A voir !


Ce documentaire montre l’évolution des « Sociétés Anonymes » (appelées Corporations en anglais) aux USA, reprenant leur histoire depuis leur apparition avec la Révolution Industrielle, où elles étaient conçues pour répondre au bien public mais furent détournées de cet objectif par la recherche du profit.
« De même que le requin est une machine à tuer, la Corporation est une machine à faire de l’argent. »

réalisé par Jennifer Abbott et Mark Achbar.
Ce film est basé sur le livre The corporation, the pathological pursuit of profit and power (Les Multinationales, la recherche pathologique du profit et du pouvoir) de Joel Bakan.

licence : creative commons 2.0 by -nd
Vous êtes libres :
* de reproduire, distribuer et communiquer cette création au public
*Selon les conditions suivantes :
*Paternité — Vous devez citer le nom de l’auteur original de la manière indiquée par l’auteur de l’oeuvre ou le titulaire des droits qui vous confère cette autorisation (mais pas d’une manière qui suggérerait qu’ils vous soutiennent ou approuvent votre utilisation de l’oeuvre).
*Pas de Modification — Vous n’avez pas le droit de modifier, de transformer ou d’adapter cette création.

L’Europe face à une vague de pauvreté généralisée


A Berlin, Alexander Platz, le 20 décembre 2012. Tous les pays européens, sauf quelques du Nord, sont affectés par une vague de pauvreté, qui submerge essentiellement les classes moyennes

A Berlin, Alexander Platz, le 20 décembre 2012. Tous les pays européens, sauf quelques du Nord, sont affectés par une vague de pauvreté, qui submerge essentiellement les classes moyennes

REUTERS/Thomas Peter

Un Européen sur quatre est menacé de pauvreté ou d’exclusion sociale. Ce taux est en augmentation depuis l’année dernière. La crise, l’austérité mais aussi la flexibilisation du marché du travail figurent parmi les cause principales de l’aggravation de la situation.

La pauvreté augmente en Europe. Près du quart de la population de l’Union européenne était menacée d’exclusion sociale en 2011. Ce sont les derniers chiffres de l’agence européenne de statistiques, Eurostat, datés de ce mois de décembre. Le taux de pauvreté a augmenté d’un point par rapport à 2010 et 120 millions d’Européens sont menacés aujourd’hui.

Disparité entre les Etats

L’indigence ne touche pas tous les Etats européens de la même manière. Les plus fortes proportions de population menacée se trouvent en Bulgarie avec 49%, puis en Roumanie et Lettonie avec 40%. La Grèce, violemment frappée par la crise arrive ensuite avec 31%. Les plus préservés sont la République tchèque, la Suède et les Pays-Bas. La France reste au milieu du classement avec 19,3% de sa population qui risque l’exclusion. Un chiffre stable par rapport à l’année précédente.

« Pour 8 à 9% de la population, il y a un risque de privation matérielle sévère. Et 10% restent exclus du travail. C’est à dire qu’ils travaillent moins de 20% de leur temps. C’est une situation nouvelle, due à la crise et qui frappe dûrement les populations européennes. La crise crée des situations de pauvreté et notamment de chômage. Pratiquement 25 millions de chômeurs sont dans l’Union européenne. Et dans des pays très frappés par la crise comme la Grèce ou l’Espagne, le chômage atteint parfois les 40% et frappe tout spécialement les jeunes », explique Jean Dominique Giuliani, président de la fondation Robert-Schuman.

Quand austérité ryme avec pauvreté

Et pour ces pays du sud de l’Europe, la situation devient extrêmement difficile. Beaucoup de familles ont du mal à joindre les deux bouts et les populations se plaignent de l’austérité tant prônée par l’Europe et la troïka (FMI, Commission et Banque centrale européennes)

Fortement touché par la crise de la dette, le Portugal, par exemple, a enchaîné les plans d’austérité : réduction des salaires de la fonction publique, des retraites, augmentation des impôts directs et indirects. Et dans le même temps, le gouvernement a réduit ses dépenses sociales avec la diminution des indemnités de chômage, ou du revenu minimum qui tourne aujourd’hui autour des 600 euros.

« La classe moyenne est très touchée et ces réductions de revenus frappent plus particulièrement les populations les plus vulnérables comme les familles monoparentales et les retraités. Mais il y a aussi une augmentation de la pauvreté auprès des travailleurs. On le voit beaucoup à travers les réseaux de solidarité comme les églises qui nous disent qu’il y a un nombre croissant de personnes et de familles qui cherchent des aides alimentaires ou scolaires… », témoigne Paula Bernardo, secrétaire générale adjointe du syndicat Union général pour les travailleurs.

Grâce à sa politique d’austérité, le déficit portugais s’est réduit et atteint aujourd’hui 5,6% du produit intérieur brut (PIB) contre 6,7% l’année dernière. Mais l’objectif fixé par les bailleurs de fonds était de 5% en 2012, puis 4% l’année suivante. L’effort des Portugais semble encore loin d’être terminé.

Les limites de la flexibilité

L’austérité n’est pas le seul facteur de pauvreté. En témoigne la hausse radicale de la paupérisation en Allemagne. Ce pays souffre moins de la crise que l’Espagne, la Grèce ou le Portugal. Son taux de chômage reste nettement inférieur à celui de la France. Et pourtant, le taux de pauvreté allemand est supérieur. En ascension depuis 2005, il culmine aujourd’hui à près de 20%.

Les lois Hartz, mises en place en 2005 pour lutter contre le chômage, ont fortement flexibilisé le marché du travail. Mais elles ont aussi paupérisé les chômeurs et les travailleurs fragiles. « Il n’y a pas de Smic en Allemagne. Le pays a fait de gros efforts de modération salariale. Entre le mileu des années 90 à 2005, la croissance des salaires allemands a été inférieure d’1% par rapport à celle de la France et s’est en plus accompagnée d’une augmentation des inégalités salariales. Depuis 2005, la situation s’est dégradée avec la baisse des indemnités chômage. Donc, même si le chômage a beaucoup baissé en Allemagne, le taux de pauvreté des chômeurs, lui, a beaucoup augmenté », analyse Guillaume Allègre, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques.

67% des chômeurs allemands sont pauvres contre 37% en France. Aujourd’hui, l’Allemagne perçoit les limites de son modèle récent, fondé sur le développement d’une économie à bas salaires et aux emplois à faible coût, appelés là-bas mini-jobs. Plus de 7 millions d’Allemands disposent d’un mini-job, payé 400 euros par mois. Certains en cumulent plusieurs, d’autres les utilisent pour arrondir leurs fins de mois en complément d’un autre emploi principal. Mais jeunes, femmes et retraités restent les principaux bénéficiaires de ces contrats. « Le problème c’est aussi que la population allemande est vieillissante et qu’elle aura de plus en plus besoin d’aides sociales. Si le pays continue sur cette voie, bientôt on ne parlera plus du succès du modèle allemand mais de son échec », ajoute Guillaume Allègre.

Les questions sociales devraient donc rester au coeur des préoccupations de l’Union européenne. Pourtant, les Etats membres divergent toujours sur le maintien de l’enveloppe consacrée à l’aide alimentaire européenne dans le budget 2014-2020.

source

A Laeken le samedi 2 février 2013


JOURNEE 2F | SAMEDI 2 FEVRIER

DES 9.00 | GRATUIT!
Une initiative de la Coordination Sociale de Laeken

local/files/spectacles/performances/thumbs/253x360.flyerrecto2f.jpg

La Coordination Sociale de Laeken réunit un grand nombre d’associations et de services publics actifs au cœur de notre quartier. Depuis quelques années, elle met en place des groupes de paroles, des ateliers créatifs, des réunions de réflexion qui réunissent les habitants et permettent de formuler des propositions pour améliorer le cadre de vie du quartier. C’est le résultat de ce long et précieux travail, « Le Plan Global de Revitalisation », qui sera présenté au Collège des Bourgmestre et Échevins de la Ville de Bruxelles le 2 février à la Maison de la création, au cours d’une journée aussi engagée que festive.
L’occasion pour tous de découvrir l’importance de la participation citoyenne, de la possibilité de jouer un véritable rôle dans la vie de son quartier, tout en prenant du plaisir !

Rendez-vous dès 9:00 :
Avec les ateliers artistiques du centre Medori, les dessins d’enfants de l’asbl Le Colombier et de l’antenne CPAS Stéphanie, les fresques du GESL (Groupe d’entraide scolaire de Laeken), les photos du quartier par les femmes de la Maison Mosaïque, les calligraphies de l’exposition « L’accent sur les mots » par le Centre de Jeunes Averroès (Cité Modèle), « Ensemble pour notre quartier » par l’asbl Lire et Ecrire avec les adultes apprenants, les portraits des seniors du quartier, souvenirs de la Fête de la soupe, réalisation du projet Passerelles, films sur Laeken par l’IAD, le GESL, la Chom’Hier, Picol asbl, Oasis, les haltes accueil Papouillons et Aquarelle.

11:00 Présentation publique du Plan global de revitalisation de Laeken au Collège du Bourgmestre et des échevins et aux habitants du quartier. Ateliers pour les enfants : danse, conte, jeux, écriture…

13:00 Drink

14:30 Théâtre forum avec la compagnie Libertalia

15:30 Spectacle musical avec les enfants de l’école Tivoli

16:30 Flashmob sur la Place Emile Bockstael

17:00 Grand feu de joie et fanfare Les Fanfoireux sur la place Emile Bockstael

Et aussi : bar, buffet et crêpes !

Les expositions se déroulent jusqu’au vendredi 8/02.

En partenariat avec Picol asbl, le Centre Médori, le Colombier, l’antenne CPAS Stéphanie, le GesL, Maison Mosaique, le Centre de Jeunes Averroès, l’asbl Lire et Ecrire.

Stratégies de manipulation


01
Les stratégies et les techniques des Maitres du Monde
pour la manipulation de l’opinion publique et de la société…

1  La stratégie de la diversion
1image: création de Laurent Courau Elément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes.

Lire la suite

Sylvain Timsit
© syti.net, 2002

VIEILLIR selon Bernard Pivot


Extrait de son livre paru en avril 2011 : Les mots de ma vie

Vieillir, c’est chiant. J’aurais pu dire : vieillir, c’est désolant, c’est insupportable, c’est douloureux, c’est horrible, c’est déprimant, c’est mortel. Mais j’ai préféré « chiant » parce
que c’est un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste.
Vieillir, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand ça a commencé et l’on sait encore moins quand ça finira.
Non, ce n’est pas vrai qu’on vieillit dès notre naissance.
On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant.
On était bien dans sa peau.
On se sentait conquérant. Invulnérable.
La vie devant soi.
Même à cinquante ans, c’était encore très bien. Même à soixante.
Si, si, je vous assure, j’étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme.
Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps – mais quand – j’ai vu le regard des jeunes, des hommes et des femmes dans la force de l’âge qu’ils ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge.
J’ai lu dans leurs yeux qu’ils n’auraient plus jamais d’indulgence à mon égard.
Qu’ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables.
Sans m’en rendre compte, j’étais entré dans l’apartheid de l’âge.
Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants.
« Avec respect », « En hommage respectueux », Avec mes sentiments très respectueux ».
Les salauds!
Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect? Les cons! Et du « cher Monsieur Pivot » long et solennel comme une citation à l’ordre des Arts et  Lettres qui vous fiche dix ans de plus!
Un jour, dans le métro, c’était la première fois, une jeune fille s’est levée pour me donner sa place. J’ai failli la gifler.
Puis la priant de se rasseoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué.
« Non, non, pas du tout, a-t- elle répondu, embarrassée.
J’ai pensé que… » Moi aussitôt : «Vous pensiez que…?
– Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous asseoir.
– Parce que j’ai les cheveux blancs?
– Non, ce n’est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, ça été un réflexe, je me suis levée…                                                                                                                                                                          – Je parais beaucoup beaucoup plus âgé que vous?
– Non, oui, enfin un peu, mais ce n’est pas une question d’âge…
– Une question de quoi, alors?
– Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois…»
– J’ai arrêté de la taquiner, je l’ai remerciée de son geste généreux et l’ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre.
Lutter contre le vieillissement c’est, dans la mesure du possible, ne renoncer à rien.
Ni au travail, ni aux voyages, ni aux spectacles, ni aux livres, ni à la gourmandise, ni à l’amour, ni à la sexualité, ni au rêve.
Rêver, c’est se souvenir tant qu’à faire, des heures exquises.
C’est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent.
C’est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l’utopie.
La musique est un puissant excitant du rêve. La musique est une drogue douce.
J’aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant soit l’adagio du Concerto no 23 en la majeur de Mozart, soit, du même, l’andante de son Concerto no 21 en ut majeur, musiques au bout desquelles se révéleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l’au-delà.
Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés.
Nous allons prendre notre temps.
Avec l’âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement.
Nous ignorons à combien se monte encore notre capital.
En années? En mois? En jours?
Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital.
Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans
modération.
Après nous, le déluge? Non, Mozart.

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑