Syrie, dans les coulisses de l’enfer


Le Point.fr – Publié le 08/10/2011 à 15:01
La journaliste Sofia Amara a filmé clandestinement les acteurs de la révolution syrienne et les risques auxquels ils s’exposent.

Syrie, dans les coulisses de l'enferDes manifestants brandissent un drapeau d’indépendance à Homs. © – / arte

Sofia Amara, 43 ans, est la première journaliste indépendante à avoir pu filmer la révolte syrienne. C’était en août dernier. De Damas à Hama en passant par Homs et Rastan, elle a pu suivre clandestinement le travail au quotidien des comités de coordination de la révolution, rencontrer des officiers résistants et mesurer la violence des sanctions. Son documentaire, Syrie, dans l’enfer de la répression, diffusé mardi 11 octobre à 20 h 40 sur Arte, est le journal de bord de ce périple à haut risque. Pour Le Point.fr, elle raconte les coulisses de ces images exclusives.

Le Point.fr : La Syrie est interdite aux médias étrangers. Comment avez-vous pu tourner votre documentaire ?

Sofia Amara : Je suis entrée avec un visa touristique, sans mentionner mon statut de journaliste. Mais, comme une femme seule éveille forcément les soupçons, une collègue qui parle également l’arabe m’a accompagnée du 4 au 15 août. Pour les autorités, nous étions des touristes pro-syriennes et pro-Hezbollah.

C’était risqué…

Oui, mais il fallait que je voie ce qu’il se passait réellement. Et surtout, que je rapporte des preuves. C’est un pays qui connaît la terreur depuis 40 ans. Aujourd’hui, avec le Printemps arabe, la chute de Moubarak en Égypte, la soif de liberté, le peuple se soulève et doit affronter de nouvelles atrocités. J’avais surtout peur pour mes guides, à qui j’ai fait prendre beaucoup de risques. Mais la peur est partout en Syrie. Diffuse, elle vous quitte parfois, mais vous rattrape toujours. C’est l’instrument maître de Bachar el-Assad. Je me souviens d’un réfugié qui vivait en France depuis des années et qui me disait : « Je vais mourir avec cette peur. »

Qu’avez-vous observé pendant ces deux semaines ?

Pour moi, qui connais bien le pays, c’était très surprenant de voir qu’une population qui a vécu des dizaines d’années dans la méfiance, dans l’oppression, sans possibilité de tisser des liens sociaux sûrs, peut se lever comme un seul homme et prendre autant de risques. N’importe qui peut être indic là-bas. Un enfant, une jeune femme… Ils sont cachés partout. Mais j’ai surtout rétabli la vérité sur les idées fausses véhiculées par le pouvoir via la télévision officielle. D’une part, ce ne sont pas des communautaires à la botte de l’Arabie saoudite qui mènent la révolte. Et d’autre part, les révolutionnaires ne sont pas armés. Ils souhaitent avant tout rester pacifistes et militent pour un État laïc.

Comment s’organise la révolte ?

La population n’ayant pas le droit de se réunir, les manifestations s’organisent principalement via les réseaux sociaux. Les responsables des comités de coordination comme Omar, que j’ai suivi dans son quotidien, ont des pages secrètes sur Facebook, sur lesquelles ils échangent les principales informations, les slogans… Certains, comme on le voit dans le film, sont aussi sur le terrain. Mais ceux qui se sont fait repérer doivent désormais se contenter d’agir derrière l’écran. Comme cette jeune Homsienne qui envoie les vidéos des activistes torturés à Human Rights Watch pour le « jour où le régime aura à rendre des comptes au Tribunal pénal de la Haye ». Des pages Facebook favorables au régime de Bachar el-Assad demandent aujourd’hui la liquidation pure et simple de cette jeune fille. Al Jazeera joue aussi un rôle fondamental en diffusant régulièrement des vidéos consignées par les coordinateurs. Mais il faut composer avec les interruptions d’Internet et de téléphone. À chaque fois que l’armée entre dans une ville, elle coupe tout.

À Rastan, vous avez rencontré des membres de l’armée en résistance, que risquent-ils ?

Ce sont les « militaires de l’armée libre ». Ils considèrent que l’armée syrienne, c’est eux, et non pas ceux qui restent dans les rangs du pouvoir. Comme ils ont juré fidélité à la nation et au peuple, c’est leur devoir de les protéger. Au mois d’août, cette armée était composée d’à peu près 400 personnes. Aujourd’hui, je sais qu’elle a fortement augmenté. Mais ces hommes qui vivent dans la clandestinité sont activement recherchés… Et terminent pendus s’ils se font rattraper.

Des témoignages évoquent aussi la torture pratiquée dans les hôpitaux militaires…

J’ai en effet pu filmer des médecins, des chirurgiens qui m’ont fait part des atrocités pratiquées dans l’enceinte de ces centres. Lors des manifestations, tous les blessés sont traqués par les gens de la sûreté et rapatriés dans ces lieux de torture. Si le blessé insiste pour aller dans une clinique privée, on lui tire dessus. À l’hôpital, on vous questionne pour que vous balanciez les membres des comités d’organisation, on vous torture pendant des heures, on vous humilie… Puis les hommes de la sûreté s’amusent comme bon leur semble avant de, peut-être, vous achever. Tout dépend sur qui vous tombez. C’est la « roulette syrienne ».

Washington demande aujourd’hui à Bachar el-Assad de partir. Six mois après le début de la contestation, quel est l’état d’esprit des Syriens ?

Ils n’attendaient qu’une chose quand j’y étais : un geste ou une parole de la communauté internationale pour condamner ce massacre quotidien. Après autant d’années de terreur, beaucoup estiment ne plus rien avoir à perdre. Pour les Syriens, la révolution est orpheline, puisqu’elle n’a ni père ni mère. Le peuple ne peut compter que sur lui-même. Et sur Dieu. Je n’ai plus qu’à espérer qu’ils aillent au bout de leur révolte et qu’ils fassent tomber la dictature. Car je pense qu’ils ont raison : « les moitiés de révolution reviennent à un suicide »…


REGARDEZ la bande-annonce : à la source ici

Mashaal Tammo assassiné de sang froid : un autre crime contre l’humanité



Le vendredi 7 octobre, Mashaal Tammo, un militant bien connu et un porte-parole pour le futur parti kurde, a été martyrisé par les sbires de Bachar Al Assad dans la ville de Qamishli. Ceci est un autre acte d’agression non seulement contre les Kurdes et le mouvement démocratique syrien mais contre la communauté internationale et tous les gens qui luttent pour la démocratie dans le monde. L’opposition syrienne veut souligner que le sang de Tammo Mashaal et de toutes les autres personnes innocentes tuées en Syrie est sur les mains de Bachar Al Assad et des pays comme la Chine et la Russie qui, par leur veto sur la résolution de la Sécurité de Sécurité des Nations Unies réitère leur soutien à des actes odieux de terrorisme.
Le Comité belge pour soutenir la révolution syrienne, appelle les Nations Unies et tous les pays libres dans le monde à condamner le triangle de la terreur qui inclut l’Iran, la Chine et la Russie pour leur soutien inhumain au régime criminel syrien. Il est temps que le monde comprenne que les intérêts économiques ne justifient pas le massacre d’une nation.
Le peuple syrien n’oubliera jamais ces actes de trahison à l’échelle internationale et réitère sa détermination à apporter la liberté et la démocratie dans son pays.

Le 8 octobre 2011
Le Comité belge pour soutenir la révolution syrienne

Syrie: un chef de l’opposition kurde tué, Moscou envisage un départ d’Assad


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le 07.10.11 | 17h22

Un chef de l'opposition kurde, Mechaal Tamo, a été assassiné vendredi en Syrie, théâtre de nouvelles manifestations contre le régime réprimées dans le sang, au moment où la Russie envisageait pour la première fois un départ du président Bachar al-Assad.

Un chef de l’opposition kurde, Mechaal Tamo, a été assassiné vendredi en…

Un chef de l’opposition kurde, Mechaal Tamo, a été assassiné vendredi en Syrie, théâtre de nouvelles manifestations contre le régime réprimées dans le sang, au moment où la Russie envisageait pour la première fois un départ du président Bachar al-Assad.
A Damas, l’opposant et ancien député syrien Riad Seif a été hospitalisé après avoir été roué de coups par des agents de sécurité devant la Mosquée al-Hassan, dans le quartier Midane, ont dénoncé les comités de coordination locaux (LCC), mouvement qui chapeaute les manifestants sur le terrain.
Les Etats-Unis et l’opposition syrienne ont dénoncé l’assassinat et l’attaque comme une « escalade » dans la répression menée par le régime de Bachar al-Assad, qui a encore coûté la vie vendredi à 16 personnes.
Vendredi soir, la Maison Blanche a condamné avec force ces dernières violences et appelé le président Assad à quitter le pouvoir « maintenant », évoquant une situation « très dangereuse ».
Mechaal Tamo, 53 ans, membre du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, a été assassiné par des inconnus à son domicile dans la ville de Qamichli (nord-est), selon des militants.
« Quatre hommes armés et masqués se sont introduits dans sa maison et ont tiré sur lui et son fils Marcel et une collègue », qui ont tous deux été blessés, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
L’agence officielle syrienne Sana a affirmé que le responsable kurde avait été tué par des « hommes armés à bord d’une voiture noire qui ont tiré sur son véhicule ».
A l’annonce de ce décès, des milliers de manifestants kurdes sont descendus dans la rue.
Fondateur du Courant du Futur, un parti kurde libéral, Mechaal Tamo avait récemment été libéré après trois ans et demi de prison. Il avait rejeté une proposition de dialogue présentée aux partis kurdes par les autorités.
« C’est à l’évidence une escalade dans la tactique du régime », a commenté le département d’Etat américain après les attaques contre les opposants.
Pour la porte-parole du Conseil national syrien, Bassma Kodmani, le régime a « franchi une nouvelle étape dans la stratégie de répression. Tous les leaders de l’opposition doivent se protéger ». La moitié des membres du CNS vivent en Syrie, les autres étant éparpillés aux Etats-Unis, en Europe et en Turquie.
Créé fin août à Istanbul, le CNS qui s’efforce de structurer la contestation contre le régime, réunit la majorité des courants politiques opposés au régime, en particulier les LCC, les libéraux, les Frères musulmans et des partis kurdes.
Il doit en principe se réunir samedi au Caire pour se doter d’une direction.
A l’appel des militants pro-démocratie, des milliers de personnes ont défilé en Syrie sous le slogan « le CNS est notre représentant, le mien, le tien et celui de tous les Syriens ».
Mais, comme chaque vendredi, les forces de sécurité massivement déployées ont ouvert le feu sur les manifestants, tuant 16 civils: trois à Douma et un à Zabadani, deux villes proches de Damas, un dans la région de Jisr al-Choughour (nord-ouest), et 11 à Homs (centre), selon l’OSDH.
A Homs, des manifestants ont appelé à la chute du régime en brandissant des chaussures devant des photographies du président syrien, dont le visage était barré d’une croix, selon une vidéo diffusée sur YouTube.
A Deraa (sud), des milliers de personnes ont piétiné des drapeaux géants de la Russie et de la Chine, qui ont opposé mardi leur veto à un projet de résolution occidental au Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la répression.
Mais le président russe Dmitri Medvedev, dont le pays est un proche allié de Damas à qui Moscou fournit de l’armement, a envisagé pour la première fois le départ de M. Assad, même si Moscou maintient son opposition à toute ingérence dictée par les Occidentaux.
« Nous travaillons activement avec les dirigeants syriens pour qu’ils procèdent aux réformes indispensables. S’ils ne sont pas capables de mener ces réformes, ils doivent partir », a-t-il dit. « Mais c’est au peuple et au régime syrien de décider cela, et non pas à l’Otan ou à certains pays européens ».
Alors que la répression a fait plus de 2.900 morts dont au moins 187 enfants selon l’ONU, la Syrie a été la cible à Genève de nombreuses critiques devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, le régime Assad restant inflexible aux protestations et aux sanctions depuis le début de la révolte le 15 mars.
Plusieurs pays occidentaux, ainsi que le Brésil, ont demandé à Damas d’autoriser l’entrée sans entrave de la commission d’enquête internationale indépendante chargée d’enquêter sur les violations des droits de l’Homme.

AFP

Telecomix Syria, l’information syrienne qui contourne la censure


7 octobre 2011 39 lecture(s)

Après l’Egypte et la Tunisie, Telecomix a trouvé son nouveau cheval de bataille :  la liberté d’accès à internet en Syrie et donc par association, la liberté d’information. C’est de là qu’est né Telecomix : Syria, portail d’accès à de multiples sites d’actualités traitant de la situation en Syrie. Un peu à la manière d’un Google Actu, le site référence les articles par titres avant de basculer les internautes sur les sites sources.

“La plupart des gens qui participent à ce projet, ne savaient pas grand-chose sur la Syrie, mais s’intéressent à la liberté. On a donc décidé de nous y mettre sur notre temps libre” a confié “itsnotabigtruck”, hacker membre de Telecomix, cité par Internet sans frontières, qui constate simplement que “la Syrie est un des exemples les plus flagrants d’un pouvoir qui réprime son peuple”. D’où une volonté de casser les barrières et d’offrir une chance aux Syriens de contourner la censure. Un de ses “collègues” “Kheops” développe un peu plus les objectifs de Telecomix sur le site Reflets.info. Il explique que le but  de l’ “opération Syria” (OP Syria) était avant tout d’apprendre aux Syriens à s’exprimer sur la toile sans risquer de se faire repérer, par l’usage de logiciels, de protocoles sécurisés, en évitant de laisser traîner des données personnelles sur le net et enfin d’apprendre à faire suivre vidéos et déclarations personnelles sans risquer de dévoiler la source.

Il a donc fallu contacter un maximum de Syriens tout en contournant quelques difficultés : comment toucher le plus grand nombre, obtenir leur confiance et surtout leur éviter de mettre les destinataires en danger en les contactant. La solution des réseaux sociaux a vite été écartée et c’est par un envoi massif de spams (en anglais et en arabe) qu’a opéré Telecomix, dans la nuit du 11 au 12 aout. Les adresses e-mail des destinataires avaient été récupérées sur le net. Le document a tout de même été relayé sur Twitter par la suite. Le message, allait droit au but :

Cher peuple de Syrie, combattants pour la démocratie
Nous sommes Telecomix, “hacktivistes” (
contraction de “hacker” et “activiste” ndlr) combattant pour la circulations de l’information.
Vous trouverez en pièce-jointe, un tutoriel qui pourra vous aider à communiquer et à diffuser des informations. S’il vous plaît lisez-le attentivement. Diffusez-le autant que vous le pouvez, de n’importe quelle façon. La démocratie et la liberté sont en jeu. Nous avons lutté contre la censure afin que ce message vous parvienne.
Avec des sentiments libertaires,
Salutations
Telecomix.

Afin d’enfoncer le clou et faire comprendre aux Syriens qu’il ne s’agissait ni d’une plaisanterie, ni d’une tentative de manipulation de la part du gouvernement, Telecomix a lancé par la suite un premier site internet distillant nombre de conseils pour surfer sur internet et y communiquer en toute tranquillité mettant à disposition des logiciels de protection à télécharger. Le site disposait par ailleurs d’un lien pour accéder au chat IRC de Telecomix. Peu de temps après le lancement du site (le 5 septembre), l’afflux de connexions en provenance de Syrie sur le salon de discussions fit très vite comprendre au groupe que son opération était un succès. Désormais les Syriens ont la possibilité de se renseigner entre eux, d’échanger leur point de vue sur la situation, grâce à des chats totalement sécurisés et même se parler de vive voix sur des logiciels dérivés de Skype, un logiciel de traduction (un bot plus précisément) a été mis au point pour permettre aux Européens et Américains impliqués de discuter avec la population sur place.

Plus que jamais, internet vient jouer un rôle primordial dans l’information et l’organisation. Le très important travail des membres de Telecomix permet aux Syriens de prendre le relais petit à petit. Le site d’information récemment lancé vient ponctuer l’immense tâche accomplie et “démocratise” un peu plus l’information. Mais les “hacktivistes” le savent, leur travail n’est pas encore terminé.

Syrie: « Confessions » télévisées et manipulations


Par LEXPRESS.fr, publié le 06/10/2011 à 18:16

Syrie: "Confessions" télévisées et manipulationsune jeune fille présentée comme Zaïnab al-Hosni a été ehibée à la télévision syrienne le 5 octobre pour démentir les informations sur sa mort brutale dénoncée par desassociations de défense des droits de l’Homme.Copie d’écran de la télévision syrienne

Une opposante, un colonel et une ambassadrice qui réapparaissent à la télévision syrienne pour discréditer les contempteurs du régime de Bachar al-Assad. La bataille de la désinformation bat son plein à Damas.

Forte du soutien de la Russie et de la Chine à l’ONU, la Syrie, en marge de la brutale répression qu’elle exerce contre ses opposants, mène une nouvelle fois la bataille sur le plan de la communication.

afp.com

On se souvient de la vraie-fausse défection de l’ambassadrice de Syrie à Paris, Lamia Chakkour, en juin dernier. Selon plusieurs connaisseurs de la Syrie, il s’agissait d’une manipulation des services de renseignement de Damas visant à discréditer la chaîne d’information internationale France 24, jugée hostile au régime de Bachar al-Assad.

Le même scénario pourrait s’être reproduit, visant cette fois les organisations de défense de droits de l’Homme, avec l’apparition à la télévision syrienne, mercredi soir, d’une jeune fille présentée comme Zaïnab al-Hosni, pour démentir les informations sur sa mort brutale.

Amnesty, Human rights Watch et Zaïnab al-Hosni

L’histoire de cette jeune fille avait fait le tour du monde en septembre, après l’annonce par des organisations internationales des droits de l’Homme de la découverte de son corps décapité et démembré. « J’ai fui ma famille car mes frères me battaient. Mes parents ne savent pas où je suis », a affirmé ce mercredi cette jeune fille à la télévision syrienne. Vêtue de noir, elle a montré une carte d’identité avec le nom de Zaïnab al-Hosni.

« La famille de Zaïnab al-Hosni a confirmé que la jeune femme apparue à la télévision syrienne était bien Zaïnab al-Hosni », ont reconnu les organisations de défense des droits de l’Homme Amnesty international et Human Rights Watch (HRW). Amnesty et HRW « regrettent cette erreur d’identification » et affirment que l’erreur est venue de la famille qui pensait effectivement avoir reconnu le corps de Zaïnab. L’identité de la victime enterrée par la famille al-Hosni demeure inconnue, et les deux organisations ont appelé à une enquête indépendante pour déterminer qui elle est.

Un site pro-syrien en français

Bien organisée, la communication syrienne dispose d’un site de soutien en français, InfoSyrie qui dénonce les médias hostiles, « de CBS à Al Jazeera » qu’elle accuse de désinformation. On remarquera les cautions morales françaises de ce site: Alain Soral, ancienne « plume » de Jean-Marie Le Pen, et ami de Dieudonné, qui a claqué la porte du Parti en 2009 parce qu’il n’avait pas été désigné comme tête de liste frontiste pour les élections européennes en Île de France. Autre fan de Bachar al-Assad mis en avant par InfoSyrie, Gilles Munier, ancien secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes, suspecté d’avoir bénéficié de barils de pétrole de Saddam Hussein en récompense de son soutien au régime baasiste.

Les deux organisations qui ont demandé aux autorités de pouvoir se rendre en Syrie pour pouvoir enquêter sur ce cas et sur d’autres suspects, rappellent qu’elles sont interdites d’accès depuis le début de l’insurrection populaire en mars.

Amnesty avait annoncé que la jeune fille avait été enlevée par des hommes en civil le 27 juillet, apparemment pour faire pression sur son frère Mohammad qui participait à l’organisation de manifestations à Homs. Le 13 septembre, leurs parents ont été convoqués dans un hôpital militaire pour récupérer le corps de Mohammad, apparemment torturé et mort en détention. Ils ont alors découvert un corps, mutilé et défiguré, qu’ils ont cru être celui de Zaïnab mais ils n’ont été autorisés à le récupérer qu’après avoir signé un document selon lequel leurs enfants ont été tués par une « bande armée ».

Les opposants harcelés à l’étranger

Parallèlement à cette affaire, l’ambassade syrienne à Washington s’en est pris mercredi aux « allégations fausses » d’Amnesty international, selon laquelle le régime de Bachar el-Assad harcèle et menace des opposants en Europe et en Amérique.

Amnesty citait les cas de plus de 30 militants au Canada, au Chili, en France, en Allemagne, en Espagne, en Suède, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. « Rapport haineux », selon l’ambassade, qui évoque des « histoires inventées de toutes pièces ».

Le colonel Hussein Harmouche enlevé en Turquie?

Le mois dernier, un autre cas de vraie-fausse information a entouré la disparition du colonel Hussein Harmouche en Turquie, où il avait trouvé refuge, et sa réapparition à la télévision syrienne. La télévision publique a diffusé le 15 septembre des déclarations de cet officier qui avait fait défection au printemps. Début juin, Hussein Harmouche avait annoncé sa désertion dans une vidéo diffusée par des sites internet et des chaînes de télévision arabes en expliquant son « refus de tuer des civils sans armes ».

Pour l’opposition, le colonel Harmouche a vraisemblablement été kidnappé en Turquie et ramené de force au pays. Dans l’entretien diffusé par la télévision syrienne, Hussein Harmouche affirme avoir décidé de « rentrer » en Syrie de son propre chef et nie avoir été forcé d’ouvrir le feu sur des civils. Le 8 septembre, le frère de Hussein Harmouche était mort quelques heures après son arrestation dans le village d’Abline, dans le nord-ouest du pays, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Les opposants syriens pourchassés jusqu’à Paris


LEMONDE | 03.10.11 | 14h39   •  Mis à jour le 04.10.11 | 08h02

voir diaporama ici

Loin de Rastan, dont l’armée syrienne a repris le contrôle ce week-end au prix de dizaines de morts et de cinq jours de bombardements à l’arme lourde. Loin d’Istanbul où l’opposition syrienne au régime de Bachar Al-Assad a mis en place un Conseil national de 190 membres. Si loin, mais si semblable. Le sort de la révolution syrienne, qui a débuté le 15 mars dernier, se joue aussi à Paris, théâtre d’une guerre de l’ombre menée par les moukhabarat, les redoutés et pléthoriques services de renseignement syriens. Dans un rapport publié mardi 4 octobre, Amnesty International s’inquiète de ces pratiques de fichage et d’intimidation, qui peuvent aller jusqu’à l’agression brutale.

La scène se répète tous les week-ends sur la place du Châtelet. A 17 heures, plusieurs dizaines de Syriens et de sympathisants à leur cause se rassemblent autour de la fontaine. Ils déploient drapeaux, affiches et photos dénonçant la dictature et la répression en Syrie. L’atmosphère paraît chaleureuse, fervente. Tout ce que risquent ces manifestants, se dit-on, est l’indifférence.

Un œil plus exercé remarquera le manège des mouchards qui tournent à pied ou en voiture, filmant l’assistance avec leurs téléphones portables. Le 26 août dernier, Azad Namo s’occupait de la sono. « J’ai entendu une insulte. Soudain, des mains ont empoigné mon visage par derrière. Je me suis débattu, une femme a tenté de me mordre. Quand j’ai chuté au sol, au moins cinq personnes, deux jeunes hommes, deux jeunes femmes et une femme plus âgée, me donnaient des coups de pied, de poing. » Azad, photographe de formation, a quitté la Syrie en 2008 à la suite d’un séjour en prison de deux mois et demi pour avoir célébré le Nouvel An kurde. Militant de la cause de ce peuple, il est aussi un membre de la Déclaration de Damas, une coalition d’opposants.

Les deux policiers en civil affectés à la protection du rassemblement du 26 août, autorisé par la préfecture, sont vite débordés par l’irruption des casseurs. Pendant qu’Azad se faisait agresser, plusieurs manifestants sont pris simultanément à partie par des « infiltrés », qui crient des slogans à la gloire du président syrien.

Shevan Amhani est également roué de coups. Agé de 31 ans, il vit en France depuis 11 ans, où il est responsable d’exploitation dans une société de transports. Ce jeune cadre à l’allure soignée n’avait jamais milité avant la révolution. Depuis qu’il participe à des rassemblements, il reçoit des courriels où ses interlocuteurs, toujours anonymes, le menacent : « Même là où tu es, on t’aura. »

Le président syrien Bachar Al-Assad à Damas, le 20 juin 2011.

Le président syrien Bachar Al-Assad à Damas, le 20 juin 2011.AP

Neuf perturbateurs sont finalement appréhendés. Un policier confie à Azad qu’au moins deux d’entre eux détiennent des passeports diplomatiques. Shevan, Azad et Georgette Alam, elle aussi agressée, se rendent au commissariat du 2e arrondissement pour porter plainte. Le commissaire leur demande d’identifier leurs agresseurs : « Je ne voulais pas, raconte-t-il. Mais il a insisté. Quand je suis monté dans le fourgon, ils m’ont insulté et menacé en arabe. Ils me filmaient avec leur téléphone. J’en ai reconnu quatre qui m’avaient personnellement frappé. » Les agresseurs demandent à porter plainte à leur tour. Quelques heures plus tard, tout le monde est relâché.

Shevan, Azad et Georgette se font raccompagner par Salem Hassan, un militant kurde et membre fondateur de la Déclaration de Damas, et Mohamad Taha, cheville ouvrière du Comité de coordination de Paris pour le soutien à la révolution syrienne. Arrivés rue Lafayette, une voiture rouge pile à leur hauteur. Quatre hommes en descendent, armés de battes de base-ball. « Ils disaient : « Alors, fils de putes, vous faites des manifestations ? », se souvient Mohamad Taha. D’autres sont arrivés. Je me suis retrouvé immobilisé au sol, pendant qu’un homme cognait ma tête contre le trottoir. » Il a cru mourir quand il a vu la voiture rouge manoeuvrer pour l’écraser. Dans un sursaut, il se dégage et gagne un café, où Georgette et les autres ont pu se réfugier. Une vingtaine de personnes les assiègent. « Un film d’horreur, complète Mohamad. Soudain, j’ai compris ce que vivaient les Syriens au jour le jour. Je n’aurais jamais imaginé qu’il y avait des chabiha (milice de civils armés pro-régime) à Paris. J’ai reconnu au moins deux agresseurs du Châtelet. Ils nous avaient suivis. » Seuls deux assaillants ont pu être interpellés.

« PRÉTEXTE DE L’IMMUNITÉ DIPLOMATIQUE »

Shevan, Mohamad et Salem, sérieusement blessés et couverts de sang, passent la nuit à l’hôpital Lariboisière. Au petit matin, ils vont porter plainte au commissariat du 9e, d’où ils voient, médusés, deux de leurs agresseurs sortir, libres. Depuis, la peur s’est installée, même si les militants démocrates continuent de se mobiliser par des manifestations et en diffusant les informations et vidéos qu’ils reçoivent du pays. Georgette passe son temps à consulter son rétroviseur quand elle se gare dans un parking.

« Je n’avais pas conscience de prendre un risque ici », assure cette gérante d’un restaurant oriental de 43 ans, installée à Paris depuis 1985. Mohamad, lui, sursaute dès qu’on l’approche de trop près. La famille d’Azad Namo a appris ses mésaventures parisiennes par une visite des hommes au blouson de cuir. « Mon frère m’a appelé pour me dire : « S’il te plaît, toi tu es loin, ne nous fais pas d’ennuis. »« , raconte Azad. Les vieux parents du pianiste Malek Jandali, réfugié aux Etats-Unis, ont été violemment battus à Homs. Le frère de Radwan Ziadeh, un chef de file de l’opposition en exil, a été arrêté le 30 août à Damas.

L’avocate des victimes des deux tabassages du 26 août, Me Seve Aïdin, met en garde : « Je ne pourrais pas comprendre que les agresseurs présumés ne soient pas traduits en justice sous prétexte de l’immunité diplomatique. » Contrairement à Washington et Londres, le Quai d’Orsay n’a pas convoqué l’ambassadeur de Syrie pour lui exprimer son indignation. Paris a nié que les Syriens impliqués, réputés appartenir à la belle-famille de Maher Al-Assad, le frère du président, détiennent des passeports diplomatiques. Volonté de discrétion, crainte de représailles sur l’ambassadeur de France à Damas, agressé la semaine dernière par des manifestants pro-régime ? « Nous avons de très bonnes raisons de croire que l’ambassade syrienne à Paris est impliquée », assure Neil Sammonds, le coordinateur de l’enquête d’Amnesty International, qui énumère 30 cas dans huit pays, révélant le caractère systématique de la surveillance et du harcèlement.

La pratique n’est pas nouvelle. Déjà en 1982, une manifestation, entre le boulevard Saint-Germain et le siège de l’Unesco, contre le massacre de Hama avait été sauvagement attaquée par des dizaines d’agents syriens, venus spécialement de Damas. Rencontré samedi à la manifestation place du Châtelet, Salim Al-Awabdeh s’en souvient très bien : il porte encore des blessures aux mains.

Christophe Ayad

Syrie, dans l’enfer de la répression


Syrie, dans l’enfer de la répression par magazinelavie
Sofia Amara, 43 ans, est la première journaliste indépendante à avoir pu filmer – en août 2011 – la révolte du peuple syrien et sa sanglante répression. Son documentaire Syrie, dans l’enfer de la répression, sera diffusé le 11 octobre à 20h40 sur Arte.

Les arrestations et les menaces de mort réduisent au silence les militants syriens


Muhammad Al Hamwi et son père sont détenus au secret.

Muhammad Al Hamwi et son père sont détenus au secret.

© DR

27 septembre 2011

Lorsque des membres des forces de sécurité syriennes sont venus chercher Muhammad Al Hamwi le 23 septembre, ils ont proféré des menaces destinées à instiller la peur dans le cœur de n’importe quel parent syrien.

Le soldat en charge de l’arrestation a dit aux parents de Muhammad Al Hamwi : « Je piétinerai la gorge de votre fils avec mon pied. Quand je vous le rendrai, il sera dans le même état que Ghayath Mattar. »

La famille Al Hamwi ne savait que trop bien ce qu’il voulait dire. Ghayath Mattar, un ami de leur fils, a été arrêté le 6 septembre après avoir contribué à organiser des manifestations pacifiques à Daraya, dans la banlieue de Damas. Son corps sans vie a été remis à ses parents quatre jours plus tard. Il présentait des marques de torture.

Amnesty International a recueilli des informations sur plus de 100 personnes qui seraient mortes en détention depuis le mois d’avril.

Muhammad Al Hamwi aurait été emmené dans la nuit du 23 septembre, avec son père et deux autres habitants de leur immeuble.

Son frère Haytham a raconté à Amnesty International que Muhammad a été pris pour cible parce qu’il avait filmé des manifestations en faveur de réformes et téléchargé ces vidéos sur Internet. En revanche, il ignore totalement pourquoi son père a été arrêté.

Amnesty International a fait part de ses craintes concernant la sécurité d’au moins neuf militants de Daraya qui ont été placés en détention ces derniers mois.

Haytham Al Hamwi, militant qui a passé deux ans et demi derrière les barreaux en tant que prisonnier d’opinion avant de quitter la Syrie pour le Royaume-Uni, estime que ce chiffre est bien en deçà de la réalité. Selon lui, environ 600 personnes ont été arrêtées dans son ancien quartier et il affirme que parmi ses anciens amis, il y en a plus en prison qu’en liberté.

« Chaque famille compte désormais l’un de ses membres en prison, explique-t-il. »

Mais Haytham préfère les placer dans la catégorie des « disparus » plutôt que dans celle des prisonniers. Personne ne sait où ces personnes ont été conduites ni quelles sont les charges qui pèsent contre elles. Cependant, d’après des défenseurs des droits humains, des rumeurs laissent entendre qu’elles se trouveraient aux mains des services de renseignements de l’armée de l’air, principal organe de sécurité syrien actuellement en opération à Daraya.

Haytham est convaincu que les arrestations toujours plus nombreuses font partie d’une nouvelle stratégie des autorités syriennes visant à étouffer six mois de manifestations en faveur de réformes.

« Même si les homicides se poursuivent, ils ont trouvé qu’il était plus efficace d’arrêter les gens que de les tuer. Lorsque le sang est versé, cela met généralement le feu aux poudres… Tandis que les arrestations font grimper la peur. »

Et s’il s’agit bien d’une stratégie, selon Haytham, elle fonctionne. Il raconte que les manifestations à Daraya sont désormais réduites à des rassemblements de 20 ou 30 militants, qui filment rapidement leur manifestation avant de se disperser.

« Aujourd’hui, Daraya est plutôt silencieuse, car la majorité des militants sont derrière les barreaux. Les forces de sécurité sont partout, dans les rues, dans les immeubles, partout ! »

Haytham ne considère pas son frère Muhammad comme un militant politique. Il espère que la menace de mort proférée à l’encontre de Muhammad n’était qu’une parole en l’air. Mais après la mort de Ghayath Mattar, comment en être sûr ? Les familles des « disparus » ne peuvent qu’attendre et espérer.

Lettre du mari de Rafah Nached aux journaux


Publié le 27 septembre 2011 par midite



Le Monde ,Le Figaro, Libération, Lorient, LeJour Alsafir

A propos de l’arrestation de Madame Rafah Nached, psychanalyste syrienne

Monsieur, Madame

Vous avez publié récemment des informations sur l’arrestation de la psychanalyste syrienne Rafah Nached (66 ans qui a des problèmes de santé) à l’aéroport de Damas, le 10 septembre 2011.

Elle est toujours détenue, après 5 jours de disparition entre les mains des services de la sécurité militaire. Nous vous remercions pour toutes les informations justes et claires que vous avez diffusées pour soutenir notre demande de sa libération.

D’autre part, nous voulons vous informer que Madame Nached n’a jamais exercé aucune activité politique, ni d’activités autre que son travail de psychanalyse.

Au début des événements dramatiques qui se déroulent actuellement en Syrie, elle a entrepris un projet de travail de thérapie de groupe avec un collègue, père jésuite psychanalyste aussi.

Ce travail était fondé sur le psychodrame et se tenait dans les lieux de prière des jésuites à Damas.

Un jour, un journaliste de l’AFP a assisté à une scène de psychodrame sur la peur. A la suite de quoi, il a publié un article sur ce psychodrame, et bien qu’on lui ait demandé de ne pas citer de noms des personnes présentes, il a cité le nom de Madame Rafah dans son article.

Vous trouverez ci-joint l’article de AFP et les correspondances entre Madame Nached et le journaliste Sammy Ketz, article qui a causé certainement son arrestation en même temps que mis sa vie en danger.

Nous souhaitons que vous donniez votre témoignage sur cette affaire pour nous aider à sa libération.

Quant au journal, l’Orient le Jour, il a publié une caricature en citant son nom, ce qui jette de l’huile sur le feu et augmente le danger de sa vie en prison.

Nous vous remercions pour votre attention et nous vous demandons de publier cette lettre dans votre journal. Fayssal Abdallah Professeur d’histoire a l’Université de Damas Mari de madame Rafah Nached

source

Appel pour la libération de Rafah Nached !


Signer la pétition   –   Voir les signataires


Notre collègue, la psychanalyste syrienne Rafah Nached, a été arrêtée le samedi 10 Septembre à 1 heure 30 du matin (heure de Damas) à l’aéroport de Damas par les services de renseignement syriens. On ignore les raisons de son arrestation. Aucune information n’a pu être obtenue auprès des services de l’aéroport. L’engagement professionnel de Rafah Nached a toujours été de nature scientifique et humanitaire.

Nous réclamons sa libération immédiate

Nous demandons à l’ambassade de France d’intervenir au plus tôt pour obtenir des informations concernant son état de santé et les motifs de sa détention.

Nous invitons la communauté psychanalytique à montrer sa solidarité avec notre collègue en diffusant cette information par tous les moyens et en signant cette pétition. Nous invitons tous ceux et toutes celles qui veulent exprimer leur solidarité à la signer et à la faire connaître.


L’affiche à diffuser

Nous vous invitons à imprimer et à diffuser par tous les moyens cette affiche. Elle peut être apposée à votre travail, dans les hôpitaux, les dispensaires et tous les lieux publics. Vous pouvez en adresser un exemplaire à ceux que vous connaissez (presse locale, personnalité, députés, maires, etc.)
Vous pouvez bien entendu joindre le texte complet de la pétition.
Tenez-nous informés en retour des actions que vous entreprenez ainsi que des réponses éventuelles que vous pourriez recevoir

Laurent Le Vaguerèse

Cliquez ici pour télécharger l’affiche à imprimer et diffuser

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