Syrie : pourquoi tuer des ânes ?


Ce n’est pas un exercice de tir, mais on punit des villageois qui soutenaient les manifestations. Article en anglais ici Traduction rapide ci-dessous :

Ces six derniers mois, j’ai vu d’innombrables vidéos sanglantes de manifestants arabes battus à mort, tués d’une balle dans la tête, écrasés par des tanks ou brutalisés par leur propre gouvernement. Et néanmoins, pour des raisons que je ne comprends pas, il y a peu de scènes qui m’ont troublé autant que celle-ci où l’on voit des soldats syriens tuant un groupe d’ânes de sang-froid.

Sur Twitter, des Syriens me disent que ce massacre apparemment insensé avait pour but de punir des villageois qui soutenaient le mouvement de protestation en leur enlevant leurs moyens de subsistance. Si tel est le cas, voilà une forme de punition collective particulièrement odieuse : la tuerie d’un groupe d’animaux innocents sans défense.

La révolution syrienne a traversé une passe difficile ces derniers temps; il y a peu d’apports nouveaux dans l’effort visant à isoler le régime de Bachar al-Assad et les manifestations dans le pays semblent être en diminution. L’opposition à en exil n’a pas l’air de s’organiser en un front commun; les militants à l’intérieur du pays demandent désespérément une protection internationale alors qu’ils continuent de mourir par dizaines, d’être blessés ou arrêtés quotidiennement.

Il serait bien ironique qu’il faille l’assassinat de quelques ânes pour susciter autant d’indignation mondiale que celle qui s’était manifestée lors de la répression de Bachar au moment du Ramadan. Mais une fois encore, le monde fonctionne parfois bizarrement.

Syrie : un officier supérieur parle


mercredi 7 septembre 2011

« L’armée de la Syrie n’est que l’armée des services de sécurité syriens (jaych amni). » Mon interlocuteur a prononcé ces mots gravement. On l’appellera Mohammed, c’est un officier supérieur sunnite.

Comment en est-on arrivé là ?

Il faut remonter aux années 1960 où, en quatre coups d’Etat, se mettent en place les cadres de l’actuel système politique syrien : la ruralisation des villes et du régime, l’arrivée au pouvoir de la minorité alaouite et la domination du parti et des civils par l’armée. Le dernier putsch, celui de Hafez Al-Assad, père de l’actuel président, en 1970, va parachever la construction du système autoritaire. Il instaure un maillage complet de la société syrienne autour de l’armée et des organes de la Sûreté, du parti et de la bureaucratie. Le régime utilise aussi les liens de solidarité familiaux, claniques, communautaires et régionaux pour se constituer une clientèle (qui est évidemment rémunérée par les postes de la fonction publique). Le croisement des liens communautaires et de l’obsession du contrôle sécuritaire produit la prédominance alaouite dans les hautes charges de l’armée et des organes de sécurité. Le ciment de l’édifice sécuritaire, c’est la culture de la peur que la révolte vient de mettre à bas. Sous M. Bachar Al-Assad (depuis 2000), le parti, la bureaucratie et l’armée sont passés directement sous le contrôle des services de sécurité, eux-mêmes entièrement aux mains de la famille Assad. Les Syriens considèrent même que le parti est le sixième service de sécurité.

- Z. : « Combien d’hommes travaillent dans l’armée et les services de sécurité ? »

- M. : « Leur nombre total dépasserait 700 000 personnes : 400 000 hommes dans les forces armées régulières, 100 000 hommes dans la police et les services de renseignement, et plusieurs dizaines de milliers employés à temps partiel par les organes de la Sûreté. »

Ce sont ces derniers qui forment les bataillons de chabbiha et de francs-tireurs. Les chabbiha sont des ruraux et sans doute des prisonniers de droit commun libérés au début de la révolte. On estime à plus de 100 000 le nombre d’Alaouites dans les services de sécurité, sans compter l’armée et la Garde présidentielle, forte de plusieurs dizaines de milliers d’hommes, qui est totalement alaouite. Les Alaouites représenteraient en 2011 quelque 10 % de la population. La moitié des fonctionnaires serait employée dans l’appareil de sécurité.

A ces hommes, il faut ajouter plus de 60 000 civils employés par le ministère de la défense (notamment dans l’établissement du logement militaire, mouassassat al-iskan al-askari, dirigé par un cousin d’Al-Assad). Ces hommes, comme d’autres agents de l’Etat, sont obligés, sous peine de perdre leur poste, de venir assister le pouvoir dans la répression : ce sont eux qu’on voit munis de bâtons électriques ou de barres de fer, souvent placés à la sortie des mosquées. Ils sont aussi mobilisés dans les manifestations de soutien au régime…

- Z. : « Mais cette armée est bien chargée de la défense du territoire ? »

Mohammed sourit, sa main qui allait prendre la tasse de café s’arrête, comme suspendue. Il la pose sur la table et me regarde.

- M. : « Certes, mais on peut s’interroger depuis les années 1990 : une grande partie du budget national est affectée à l’armée. Or, il n’y a plus de réel renouvellement de matériel pour la majorité des divisions et unités militaires. Alors, où va l’argent ? De plus, une brigade a été créée à la frontière avec Israël (liwa nitaq al-hita) mais elle n’est dotée d’aucune capacité militaire, elle n’a même pas de chars… Enfin, la direction militaire semble très occupée ailleurs comme, par exemple, écarter de l’armée et du service militaire les Damascènes : ainsi, un jeune Sunnite damascène peut payer une sorte de salaire mensuel à un officier responsable pour valider son service en restant chez lui ou en travaillant à Damas »…

- Z. : « En ce qui concerne les appartenances confessionnelles au sein de l’armée ? »

- M. : « On est arrivé à cette situation hautement symbolique où il n’y a plus que deux appartenances réelles : l’alaouite et la sunnite (fi alawi wa fi sunni) mais par sunnite, il faut entendre toutes les autres communautés » [sunnite, druze, chrétiennes, etc., soit 90% de la population, NDLR]. « En principe, poursuit mon interlocuteur, quand un commandant de division, de brigade ou autre unité militaire est sunnite, son adjoint est alaouite et vice-versa. »

C’est d’ailleurs le même principe qui dirige l’attribution des postes de ministres dans le gouvernement, chaque ministre non-alaouite étant chapeauté d’un adjoint alaouite qui détient la réalité de la décision politique. On notera que la récente nomination d’un chrétien à la tête du ministère de la défense, vise sans doute à impliquer plus encore les chrétiens du côté du régime.

- M. : « La décision dans l’armée (comme dans la Sûreté) revient toujours aux officiers alaouites, les sunnites n’ont pas de poids. Un lieutenant alaouite pistonné par la Sûreté peut exercer un pouvoir complet (kamel al-sulta) dans son secteur et avoir plus d’importance que son supérieur sunnite. Par exemple, ces officiers alaouites pistonnés, quelle que soit leur ancienneté dans l’armée, auront à leur disposition une belle voiture neuve et les officiers supérieurs sunnites poursuivront leurs déplacements à bord de vieilles Jeep… Les sanctions prévues pour les officiers en cas de faute grave ne sont pas appliquées avec la même sévérité aux uns et aux autres… De plus, les officiers sunnites peuvent faire l’objet d’enquêtes ou de surveillances internes pour s’assurer de leur loyauté au régime. D’ailleurs, il est très difficile pour un sunnite de s’élever au grade de général [amid], il est généralement mis à la retraite avant… »

- Z. : « Le principe confessionnel apparaît-il sous d’autres formes dans l’armée ? »

Mohammed prend sa tasse de café avant de répondre.

- M. : « Le principe confessionnel est généralisé mais relève du non-dit. L’armée syrienne est composée de sept divisions (firaq), chacune dirigée par un général de division (liwa). La quatrième division, commandée par Maher, frère de Bachar Al-Assad [et qui dirige aussi la Garde présidentielle], est la plus importante, elle compterait de 40 000 à 50 000 hommes, tous alaouites, et c’est la section qui reçoit l’équipement militaire le plus sophistiqué. C’est cette division qui a été impliquée dès le début dans la répression à Deraa. »

Mohammed boit une gorgée de café et ajoute :

-  « Tous les officiers des services de sécurité viennent de l’armée. Dans la nomination des officiers, et leur promotion, c’est la Sûreté (amn) qui donne à l’Etat-major les noms des officiers à promouvoir… D’ailleurs, dans la répression de la révolte, toutes les décisions sont prises par les officiers de la Sûreté. Même lorsqu’il s’agit de déplacer un tank… L’armée syrienne incarne, si on veut, le pouvoir exécutif (al-sultat al-tanfiziyya) de la sûreté et pas de l’Etat-major. »

- Z. : « Et les officiers et soldats tués pendant la révolte ? »

- M. : « Il est difficile de savoir ce qui se passe exactement. Aucun militaire syrien ne doute de la capacité de la Sûreté à liquider ceux qui refuseraient d’exécuter un ordre. Dans la logique sécuritaire du régime, la Sûreté préfèrerait certainement abattre quelques alaouites pour pousser ou faire croire à un conflit confessionnel, c’est bien plus rentable pour le régime que d’abattre un sunnite ! Ceci dit, il n’est pas impossible que les militaires envoyés sur le terrain de la répression soient tous alaouites, on peut même penser que ce sont des éléments alaouites des quelque 100 000 agents de police et de la Sûreté que l’on a habillés en soldats pour les envoyer abattre du « sunnite ». Ce serait bien dans la logique de ce régime confessionnel qui ne dit pas son nom. Mais la mort de militaires ou de membres des services de sécurité peut aussi être liée à des actes de vengeance individuels, à des initiatives locales. Ainsi à Deraa en mars dernier, les gens ont repéré un sniper sur le toit d’un immeuble, ils ont brûlé l’immeuble pour se débarrasser du sniper… A Jisr al-Choghour, des habitants ont attaqué le poste de police avec un bulldozer. La répression est si violente, si barbare, qu’elle peut produire des réactions inattendues ! »

Il reste tout de même que l’on n’a aucune image de la mort de ces militaires alors que pour ce qui est des manifestants, on les voit tomber quasiment en direct…

J’ai dû penser tout haut, Mohammed me regarde avec un air ironique cette fois-ci.

- Z. : « Que faut-il penser de “l’armée syrienne libre” (al-jaych al-suri al-hurr) et peut-on envisager une éventuelle fracture au sein de l’armée ? »

- M. : « Il s’agit de dissidences individuelles et pas de la scission d’une unité militaire complète ! Ces dissidences isolées ne peuvent pas délivrer un quelconque message fort au pouvoir. La composition communautaire de chaque unité militaire empêche toute homogénéité pour les sunnites (mais pas pour les alaouites comme la quatrième division le prouve). La répartition des postes de commandement dans l’armée est organisée de telle sorte que même si un ordre dissident venait d’un officier du groupe sunnite, il serait bloqué à divers niveaux par des officiers et sous-officiers alaouites ou alliés du régime. Il ne faut pas attendre de cette armée le moindre soutien aux manifestants. Je le répète c’est une armée de barbouzes, jaych amni », dit-il en prononçant distinctement chaque syllabe…

- Z. : « Alors, quelles sont les perspectives de la révolte ? »

- M. : « Difficile à dire sinon qu’elles sont sombres. En même temps, le régime s’est perdu lui-même. Si les manifestants sont bien décidés à ne pas se soumettre, le régime n’est pas prêt non plus à céder quoi que ce soit. Les Assad n’arrivent pas à imaginer qu’un jour ils ne seront plus là ! C’est pourquoi la répression est allée en s’aggravant. Aujourd’hui, l’armée et le régime ont déclaré une véritable guerre aux manifestants pacifiques et aux civils syriens en lançant contre eux les hélicoptères, les blindés et la marine de guerre… La seule possibilité du côté militaire ne pourrait venir que d’une scission, peu probable, au sein de la direction des services de sécurité, qui pourrait alors entraîner d’autres secteurs de l’armée… »

Mohammed pose sa tasse de café, son regard se perd dans le vague.

En attendant, le régime diffuse un numéro de téléphone pour que les citoyens puissent dénoncer ceux qui le critiquent. Délation de triste mémoire…

Zénobie

Pour la Syrie : deux manifs le 9 et le 12 septembre


Le vendredi 9 septembre, de 16h à 17h30,
En face du United Nations Office Brussels
Rue Montoyer, 14

1000 Brussels

Nous demandons au Conseil de sécurité des Nations Unies

une protection internationale pour les civils Syriens

qui se font massacrer depuis le 15 mars dernier.

Le lundi 12 septembre, de 16h à 18h,

Face à l’ambassade de Russie

Avenue de Fré 66,

1180 Bruxelles

Des manifestations sont organisées simultanément le 12 septembre

devant les ambassades de Russie de par le monde,

pour réaffirmer notre solidarité avec les manifestants pacifiques en Syrie

et rappeler au peuple russe que les Syriens demandent  liberté d’expression, démocratie et dignité.

Les Russes ont mené ce même combat pour se libérer et comprennent la lutte du peuple syrien.


Pour le Comité

Hasan Addaher

0483.401.410

(pour le français: 0494.54.98.82)

Comment les opposants syriens se mobilisent depuis Paris


LEMONDE.FR | 05.09.11 | 14h49

Depuis Paris, la communauté syrienne garde un œil, voire deux, rivés sur la contestation qui gonfle dans son pays. Chacun a un père, un ami, une sœur, un proche directement confronté aux manifestations et à la répression sanguinaire, qui sont le quotidien de la Syrie depuis bientôt six mois. Chacun reste en contact régulier avec les siens restés au pays, reçoit des informations, des images parfois difficilement supportables. Pour manifester leur soutien, certains d’entre eux se rassemblent presque tous les jours, vers 17 h 30, sur la place du Châtelet. Musique pop arabe, exposition de dessins satiriques critiquant le régime de Bachar Al Assad, drapeaux agités, pétitions signées…

Comment communiquer avec un pays où Internet et les appels téléphoniques sont étroitement surveillés ? Comment agir depuis la France ? Quatre opposants, particulièrement engagés depuis le début de la « révolution syrienne », livrent leur témoignage :

Abdul Raouf Darwich, 62 ans, maître de conférences en mathématiques et président du Collectif du 15 mars pour la démocratie en Syrie.

Abdul Raouf Darwich, opposant syrien depuis 1982, préside le collectif du 15 mars.

Abdul Raouf Darwich, opposant syrien depuis 1982, préside le collectif du 15 mars.Angela Bolis


« J’ai quitté la Syrie il y a 37 ans. Je n’y ai jamais remis les pieds. Je suis parti parce que je voulais faire des études, or je n’avais aucune chance d’avoir une place dans une université sans piston d’un proche de la famille Assad. Là-bas, ton poste dépend de tes liens de proximité avec le régime.

Après quatre ans en Algérie, je suis venu en France et j’ai suivi des études de statistiques à l’université Paris 6. J’ai toujours été contre le régime, mais un peu comme tout le monde, sans agir. En 1982, après le massacre de Hama [où la répression d’une insurrection a fait plusieurs dizaines de milliers de morts], je suis passé du côté de l’opposition active. En France, on se rencontre entre opposants, on discute de ce qu’il faudrait faire pour sortir la Syrie de ce régime tyrannique… Mais on ne peut pas faire grand chose.

Dès le premier jour des manifestations, on a créé le Collectif du 15 mars pour la démocratie en Syrie. Avec un principe : qu’il soit indépendant de tout parti politique. On est une quarantaine de membres actifs, sans compter les sympathisants. On fait des tracts, on organise des manifestations, on fait passer nos messages dans la presse, on essaie de sensibiliser les pouvoirs publics français… Ici, notre rôle, c’est d’alerter l’opinion sur ce qui se passe en Syrie.

On reçoit sans cesse des informations de l’intérieur. Les gens prennent des risques considérables pour nous contacter. Ils peuvent être facilement identifiés et localisés : la compagnie Syriatel appartient en effet à Rami Makhlouf, le cousin de Bachar Al-Assad, qui transmet les informations directement aux services de renseignement.

On sait qu’il y a plus de 15 000 détenus, plus de 3 000 disparus, plus de 2 500 personnes tuées, plus de 20 000 réfugiés en Turquie, Liban, Jordanie. Les bandes armées du régime, les Chabbiha, arrivent dans les villages et tirent aveuglément sur la population. Des blessés ont été achevés dans les hôpitaux, des cliniques de campagne sont créées avec des médecins volontaires. Mais ils manquent de médicaments, de nourriture. Il y a des coupures d’électricité et d’eau pour faire pression sur la population.

Dans la région de Lattaquié, une grande ville côtière, beaucoup de gens ont fui et se cachent dans les montagnes, sous tente, pour échapper aux services de renseignement. Car, quand ils ne trouvent pas la personne recherchée, ils arrêtent des membres de sa famille. Et on sait ce qui se passe quand on est capturé par ces services. Il suffit de voir ce qu’ils ont fait à l’enfant de Hamza, devenu célèbre : ils l’ont rendu mort à sa famille, il était méconnaissable, il avait des balles partout dans le corps, de nombreuses traces de tortures, le sexe coupé.

On reçoit des vidéos trop terribles pour que je puisse en parler. C’est la grande différence avec le massacre de 1982 : les hommes politiques étrangers étaient au courant, mais il n’y avait pas d’images, donc ils préféraient fermer les yeux pour préserver leurs intérêts économiques. Là, grâce à Internet et aux portables, le régime ne peut plus cacher tranquillement la vérité. Le monde entier connaît mainenant sa nature criminelle, mafieuse, mensongère. »

Mohamad Taha, 40 ans, originaire de Palmyre, archéologue et coordinateur du Comité de coordination de soutien à la révolution syrienne.

Mohamad Taha était architecte à Palmir, en Syrie. Il est désormais à la tête du Comité de coordination de soutien à la révolution syrienne à Paris.

Mohamad Taha était architecte à Palmir, en Syrie. Il est désormais à la tête du Comité de coordination de soutien à la révolution syrienne à Paris.Angela Bolis


« En Syrie, je n’étais pas un opposant actif, mais disons que je ne me taisais pas assez. J’étais archéologue, et ce qui me posait problème, c’est que les proches du clan Assad construisaient des hôtels sur les sites archéologiques et y organisaient des vols. Je faisais tout pour les protéger. Avec la révolution, onze sites archéologiques ont été détruits par les chars de l’armée.

En 2005, le jour de mon mariage, les services de renseignement ont débarqué chez moi à 6 heures du matin. J’ai compris que ça devenait risqué. Depuis, je ne suis jamais retourné dans mon pays. Mais même à Paris, peu de Syriens osent manifester leur opposition au régime. La plupart d’entre eux ont de la famille ou des intérêts personnels au pays. Et l’ambassade n’hésite pas à faire pression : certains étudiants se sont fait supprimer leur bourse, d’autres ne peuvent pas renouveler leur visa. [Des opposants évoquent aussi des pressions par mails de l’ambassade : voir encadré].

Moi-même, j’ai été attaqué vendredi dernier [le 26 août] après le rassemblement de la place du Châtelet (lire le récit). Des hommes sont sortis de trois voitures, vers une heure du matin, et nous ont tabassés. Ils connaissaient ma tête, mon nom et mon prénom, alors que je ne les avais jamais vus. Ils m’ont menacé de me couper la tête, et ont essayé de m’écraser avec leur voiture. D’après la police, deux d’entre eux portaient des passeports diplomatiques. Cet événement a prouvé que les chabbiha n’étaient pas actifs qu’en Syrie, mais aussi en Europe, et même en plein cœur de Paris. Il faut envoyer un signal fort à l’ambassade, dire que son équipe n’est pas la bienvenue en France !

J’ai des échos très réguliers de l’intérieur de la Syrie. Dans chaque ville, il y a deux ou trois téléphones satellitaires qui permettent de ne pas se faire identifier. Dans les régions frontalières, les gens utilisent les réseaux libanais, turcs, etc. Dès qu’il se passe quelque chose, ils nous appellent. On a monté une structure, comme ça, depuis la révolution, pour relayer leurs informations, faire les « facteurs ». Tous les jours, c’est le même film : les gens manifestent pacifiquement, ils se font tuer. Mercredi, on me racontait que des snipers ont tiré sur des personnes dans le cortège d’un enterrement.

Dans ma ville, à Palmyre, sur environ 30 000 habitants sur place, il y avait 10 000 personnes dans la rue, mardi soir. Depuis le mois du ramadan, il y a des manifestations matin et soir. Le nombre de manifestants grossit de jour en jour. Aujourd’hui, même si ça dure depuis six mois, je sais que les gens ne s’arrêteront pas là. On sait que les services de renseignement ont une liste de 200 000 personnes avec tous les détails sur leur identité, et que si le mouvement s’éteint, ces manifestants se feront massacrer. Donc ils ne peuvent pas s’arrêter là… »

Source : Angela Bolis

Fahad Al Masri, 41 ans, né à Damas. Journaliste spécalisé dans les questions géostratégiques.

Fahid Al Masri est exilé depuis 15 ans en France. Il a entrepris de faciliter le rassemblement et la communication de l'opposition syrienne.

Fahid Al Masri est exilé depuis 15 ans en France. Il a entrepris de faciliter le rassemblement et la communication de l’opposition syrienne. Angela Bolis


« J’ai dévoilé mon opposition au régime en 2005, après l’assassinat du premier ministre libanais Rafiq Hariri. Mais en fait, tout a commencé quand j’avais treize ans. A l’école, une photo du président était incrustée dans notre uniforme. J’ai dit à un de mes camarades : « Enlève donc cette photo de merde ! » J’étais gamin, je ne connaissais rien à la politique.

L’élève a été convoqué chez le directeur de l’école et a rapporté mes propos. Par la suite, pendant plusieurs semaines, un officier des services spéciaux me convoquait tous les jours pour me poser des questions sur ma famille, les opinions politiques de mon père, etc. Il posait son arme à côté, comme si j’étais un criminel. Cette histoire m’a beaucoup touché. J’ai voulu faire de la politique pour être protégé de ces services.

Pour entrer à l’Institut de sciences politiques de Damas, il fallait alors être membre du parti Baas. Même si je n’étais pas en accord avec ses idées, je m’y suis impliqué activement. Jusqu’au jour où j’ai pu entrer à l’Institut. Deux semaines plus tard, on m’a viré, sans raison. Mon rêve était brisé. Plus tard, j’ai compris que c’était à cause de cet événement à l’âge de 13 ans, un point noir qui restera toujours dans mon dossier. Ça m’a ouvert les yeux sur mon pays, il m’a soudain paru très sombre, très fermé. Je voyais qu’au Liban ou en Turquie, il y avait la liberté de la presse, des droits. Je ne me retrouvais plus en Syrie.

Je suis parti, et j’ai trouvé à Paris un espace de liberté que j’ai pu exploiter au maximum à travers le journalisme. Ici, on pouvait critiquer des personnalités politiques, même le chef de l’Etat, sans que personne ne nous touche. Je trouvais ça génial ! J’ai même lancé un journal satyrique où on critiquait le régime syrien. Par contre, je dois dire que j’ai été extrêmement fâché quand Bachar Al-Assad a été invité par le président Sarkozy en 2008. J’ai eu honte de voir ce criminel au défilé du 14 juillet, dans le pays des mes enfants.

A Paris, j’ai rencontré l’opposition syrienne en exil. Je l’ai trouvée très faible, manquant de moyens financiers, divisée. La plupart des opposants sont de gauche, mais moi, je viens d’une famille de commerçants de Damas, je suis plutôt libéral. J’ai voulu bouger l’opposition, rassembler toutes ces tendances. Depuis le début de la révolution, j’en suis un peu l’attaché de presse : j’ai organisé sept conférences de presse, et bientôt un voyage d’une délégation d’opposants au Caire. Pour que l’Egypte libérée prenne maintenant sa vraie place dans le monde arabe et nous soutienne.

Depuis le printemps arabe, et même avant, j’étais certain que le régime syrien allait tomber un jour. Quand j’ai vu les premières images des manifestations à Damas, dans le quartier de mon enfance, à côté de la mosquée des Omeyyades, j’ai pleuré énormément. Les gens se rebellaient dans la capitale, malgré les forces de sécurité, malgré tout. J’ai retrouvé ma dignité de Syrien.

Aujourd’hui, après six mois de drame quotidien en Syrie, la communauté internationale doit réagir. Car les manifestations pacifiques ne suffiront pas à faire plier le régime. [Une position qui n’est pas partagée par tous les opposants, comme en témoigne la récente déclaration des Comités locaux de coordination, acteurs majeurs de l’organisation des manifestations en Syrie.]

Source : Angela Bolis

Le jour où la communauté internationale s’impliquera vraiment, je vous assure que le régime tombera rapidement. Car les officiers de l’armée se retourneront contre lui : il y a de plus en plus de défections, il y a les « officiers libres », rebelles de l’armée, qui sont de plus en plus actifs. Au moins 3 000 officiers sont détenus et 500 on²t été assassinés, la plupart du temps d’une balle derrière la tête. Parce qu’ils ont refusé de tirer sur les civils. »

Seif Al Hourieh (pseudo signifiant « Epée de la liberté »), 31 ans, né en France, conseiller en stratégie en entreprise, membre du Comité de coordination de soutien à la révolution syrienne.

Seif Al Hourieh est né en France et possède la double nationalité. Depuis la Révolution, il est cyber-activiste et œuvre pour la diffusion des images des manifestations envoyées depuis la Syrie.

Seif Al Hourieh est né en France et possède la double nationalité. Depuis la Révolution, il est cyber-activiste et œuvre pour la diffusion des images des manifestations envoyées depuis la Syrie.Angela Bolis


« Au début de la révolution, ça a été un peu chaotique. On s’est très vite lancé dans le cyber-activisme. On utilisait des ordinateurs avec des adresses IP masquées, et on envoyait des messages de soutien aux manifestants via les chaînes satellitaires arabes [messages de téléspectateurs qui défilent sur un bandeau en bas de l’écran]. On a aussi investi tous les réseaux sociaux, pour démultiplier les informations et trouver des débouchés à ceux qui nous envoyaient courageusement des films des événements. On essayait aussi de communiquer au maximum avec les Syriens de l’intérieur.

Au fur et à mesure, on s’est coordonné entre opposants de différents pays. On a commencé à créer des sortes d’agences de presse, à se répartir les tâches entre l’écrit, la réception des vidéos, leur acheminement vers les chaînes de télévision… Chaque jour, on reçoit un flux continu de vidéos. On a acquis des réflexes d’authentification des images : filmer des plaques d’immatriculation, des horloges ou une date. On est de plus en plus fluides et efficaces. On est organisé en réseau, c’est une structure horizontale, sans chef.

Il y a des sortes de chaînes officieuses, créées pour l’occasion, comme Shaam news et leur page facebook, comme Ugarit news, ou même la page facebook Syrian Revolution 2011. Elles postent des centaines de vidéos et font le lien avec des médias officiels comme France 24, CNN, BBC, Al-Jazira, etc.

On essaie au maximum de se faire l’écho de ce qui se passe là-bas, vu qu’il n’y a toujours pas de journalistes étrangers sur place. Certes, ça nous frustre de ne pas être aux côtés des manifestants en Syrie, car il y a beaucoup de colère et d’émotion. Mais on est 18 millions d’expatriés syriens, et on est aussi efficace d’ici. On a une liberté de mouvement absolue.

On fait aussi des actions spectacles. Par exemple, un groupe est entré dans la boutique de la compagnie Syrian Air et a décroché le portrait de Bachar Al-Assad. Ou on colle des affiches « Bachar Wanted » dans Paris. Il y a aussi des envois clandestins de téléphones satellitaires, qui permettent aux Syriens de transmettre des images et des informations sans se faire démasquer.

Aujourd’hui, les liens entre la révolution populaire et l’opposition doivent s’intensifier. Affaiblie par 41 ans de dictature, l’opposition commence à peine à se structurer, les jeunes de la révolution l’incitent à s’organiser. Car le mouvement est à l’initiative du peuple, des jeunes qui se sont conscientisés, mais demandent maintenant une représentation politique. Pour l’instant, on est concentré sur les événements en cours, mais on est sûr d’une chose : la fin du régime a sonné. »

Source : Angela Bolis

Angela Bolis

Syrie : manifestations massives contre le régime, 16 morts


vendredi 2 septembre 2011, par La Rédaction

Seize personnes ont été tuées au cours du vendredi de la « mort plutôt que l’humiliation » en Syrie, où des dizaines de milliers de manifestants ont bravé le régime, à nouveau visé par l’Union européenne qui a décrété un embargo sur les importations de pétrole en provenance de Syrie.

La décision européenne risque d’avoir de lourdes conséquences sur l’économie syrienne, car l’UE achète 95% du pétrole exporté par la Syrie.

Malgré tout, les autorités ont poursuivi leur politique de répression. Au moins 16 civils ont été tués par les forces de sécurité syriennes qui dispersaient des manifestations dans le pays, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Huit personnes, dont une adolescente de 16 ans, ont été tuées à Erbine, Kfarbatna, Douma et Hammouriyé, des villes dans la région de Damas, tandis que cinq personnes ont été tuées à Homs (centre) et à Talbissé (région de Homs) et trois à Deir Ezzor (est), selon l’OSDH.

En outre, « des tirs nourris visaient tout ce qui bougeait ou toute personne qui sortait de chez elle dans le quartier de Bab el-Sbaa, à Homs », dénonce l’OSDH.

De même à Harasta, dans la région de Damas, « cinq véhicules militaires transportant des soldats lourdement armés ont tiré sur tout ce qui bougeait dans les rues », selon l’OSDH.

Les militants ont tenu à souligner que leurs manifestations étaient « pacifiques », en réponse au régime qui, depuis le début de la révolte le 15 mars, refuse d’admettre l’ampleur de la contestation et attribue les violences à des « groupes terroristes armés ».

« Nous sommes prêts à mourir par millions en martyrs », ont écrit des militants sur leur page Facebook « Syrian revolution ». Un autre groupe animant les protestations, les Comités locaux de coordination (LCC), a affirmé que les manifestations se poursuivraient « tous les jours jusqu’à la chute du régime ».

Les manifestations se déroulent en général à la sortie des mosquées après la prière et sont régulièrement réprimées. Des rassemblements ont lieu quasiment quotidiennement, mais le vendredi, jour de repos hebdomadaire dans les pays musulmans, la mobilisation est plus forte.

Des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue dans les régions de Damas, de Hama (centre), de Deraa (sud), de Homs, dans la ville d’Amouda (nord-est) et à Deir Ezzor, selon l’OSDH et les LCC.

C’est à Talbissé, dans la région de Homs, que la mobilisation contre le régime a été particulièrement forte, a souligné l’OSDH.

L’agence officielle Sana a rapporté de son côté que trois membres des forces de sécurité avaient été tués vendredi et que d’autres avaient été blessés « par les tirs de groupes terroristes armés qui les ont attaquées à Hammouriyé, Erbine et Talbissé ».

De plus, « quatre individus armés » ont été tués par les forces de l’ordre lors de ces « attaques » dans les trois localités, selon Sana.

D’après l’agence, « un groupe terroriste armé dans la ville de Khan Chikhon dans la province d’Idleb (nord-ouest) a enlevé le capitaine Waël el-Ali des forces de sécurité ».

Il n’était pas possible de vérifier ces informations sur le terrain, le régime limitant fortement les déplacements des médias étrangers.

Confronté à une révolte qui se contentait au début de réclamer des réformes démocratiques, le président Assad, qui gouverne le pays d’une main de fer, a choisi la répression tout en promettant des réformes. Mais les opposants, disant douter désormais de sa crédibilité, ont commencé à exiger son départ.

Selon l’ONU, les violences dans le pays ont fait au moins 2.200 morts depuis la mi-mars, en majorité des civils, et selon les militants, plus de 10.000 personnes ont été arrêtées.

Mais les Etats-Unis et l’Europe ne parviennent toujours pas à bâtir un consensus à l’ONU pour sanctionner Damas, essentiellement en raison de l’opposition de la Russie, alliée du régime syrien.

Les Européens ont décidé d’étendre leurs sanctions de gel d’avoirs et d’interdiction de visa à quatre hommes d’affaires accusés de financer le régime et à trois entreprises, dont une banque.

L’UE « montre par ce sixième train de sanctions sa détermination face au comportement inacceptable des dirigeants syriens », a affirmé le chef de la diplomatie française Alain Juppé, qui avait dit auparavant vouloir « développer » ses contacts avec l’opposition

Le géant pétrolier français Total a en revanche affirmé que s’il respectait l’embargo, il allait poursuivre sa production dans le pays.

(Vendredi, 02 septembre 2011 – Avec les agences de presse)

Syrie : 473 personnes tuées dans les manifestations pendant le ramadan


mercredi 31 août 2011, par La Rédaction

Quatre cent soixante-treize personnes ont été tuées lors de manifestations au cours du ramadan qui a pris fin lundi en Syrie, a indiqué mercredi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, alors que les forces de sécurité menaient des opérations dans la région de Homs (centre).

Le bilan des morts tombés au cours du mois sacré du ramadan s’élève à 473, dont 360 civils et 113 membres des forces de sécurité et de l’armée, a détaillé l’OSDH, basée en Grande-Bretagne.

Parmi ces morts, figurent 25 personnes âgées de moins de 18 ans, 14 femmes et 28 personnes ayant péri en détention ou sous la torture, la plupart dans la province de Homs, a précisé l’ONG dans un communiqué.

Le régime du président Bachar al-Assad est contesté par des manifestations quasi-quotidiennes depuis la mi-mars. Au moins 2.200 personnes en majorité des civils ont été tuées depuis, selon l’ONU.

La province de Homs était le théâtre mercredi d’opérations des forces de sécurité et de l’armée qui ont lancé un assaut sur la localité de Houlé, à 20 km de la ville de Homs, arrêtant 16 personnes, a d’autre part indiqué l’OSDH.

Dans cette même localité, les autorités avaient remis lundi à leurs familles 13 corps de personnes enlevées par les forces de sécurité début août, provoquant la colère des habitants, a ajouté l’OSDH.

Les Comités locaux de coordination (LCC), un groupe qui anime les manifestations en Syrie, ont indiqué pour leur part que les forces de sécurité avaient mis le feu à Houlé aux domiciles deux hommes et menacé d’arrêter leurs épouses et enfants s’ils ne se rendaient pas.

Dans le village d’Aqrab, les forces de sécurité ont aussi lancé un assaut, incendiant une maison, menant des perquisitions et arrestations, et terrorisant les habitants, selon les Comités.

Dans la province de Hama (centre), Moustapha Rostom, une figure de l’opposition, a été arrêté chez lui la nuit dernière dans la localité de Salamyeh par les services de renseignements militaires, selon les LCC. M. Rostom, dont l’état de santé est instable, n’a pas été autorisé à prendre ses médicaments.

(Mercredi, 31 août 2011 – Avec les agences de presse)

Les chabbiha et autres voyous syriens à l’œuvre à Paris


Alors qu’une manifestation de soutien à la révolution syrienne se déroulait, dans la soirée du vendredi 26 août, sur la Place du Chatelet à Paris, une dizaine de perturbateurs partisans du président Bachar Al Assad se sont infiltrés parmi les manifestants, les défiant, les injuriant et frappant certains d’entre eux. Au cours de la bagarre qui s’est ensuivie, plusieurs personnes des deux camps ont été blessées. La police est intervenue pour séparer les protagonistes, emmenant avec elle pour enquête l’ensemble des agresseurs et trois des animateurs de la manifestation.

Un provocateur prêt à en découdre

Les policiers ont été surpris de constater que six des neuf contre-manifestants qui avaient agressé les participants étaient porteurs de passeports diplomatiques syriens. Conformément aux règles en usage, ils ont été contraints de les remettre en liberté. Selon des opposants, il s’agissait pour la plupart de membres de la famille Jad’an. Originaire de Deïr al Zor, la famille Jad’an est étroitement apparentée au clan présidentiel, via le mariage de Manal Jad’an avec Maher Al Assad.

Lorsque les trois manifestants, deux jeunes gens et une femme, ont été relâchés à leur tour, ils ont été à nouveau agressés. Ils ont été entraînés dans une rue secondaire proche du commissariat par les passagers de deux voitures de l’ambassade de Syrie à Paris, auxquels se sont joints d’autres voyous appelés par eux en renfort. Sévèrement passés à tabac, ils souffrent de blessures plus ou moins graves. Elles ont nécessité l’hospitalisation des deux jeunes gens.

Une « menhabbekjiyeh » particulièrement raffinée

Ce n’est pas la première fois que le régime syrien montre chez nous son savoir-faire en matière de perturbation des manifestations hostiles à son endroit. Au début des années 1980, alors qu’une manifestation de protestation contre les crimes commis dans la ville de Hama se déroulait sur le boulevard Saint Germain, l’ambassade de Syrie avait lancé contre eux des dizaines de casseurs, dont certains appartenaient aux tristement célèbres « Brigades de défense » de Rifaat Al Assad. Armés de bâtons, de couteaux, de chaînes et même pour certains d’armes à feu, ils avaient fait des dizaines de blessés.

D’une génération à l’autre les choses en Syrie ne changent décidément pas. Le régime de Bachar Al Assad paraît soucieux de démontrer que, à l’intérieur de ses frontières aussi bien qu’à l’extérieur, il a repris les méthodes à l’honneur du temps son père, et qu’en réponse aux demandes pacifiques ou aux mouvements de protestation, il ne sait, ne peut ou ne veut avoir recours qu’à un seul et unique moyen : la force brutale.

Cette agression devrait contribuer à ouvrir les yeux de ceux qui, niant l’évidence, persistent à affirmer que les forces de l’ordre n’interviennent en Syrie que « pour porter secours aux populations victimes de groupes terroristes islamiques »… Si cela ne suffit pas, ils seraient bien inspirés, du moins pour ceux d’entre qui lisent l’arabe, de se reporter à une information publiée ce jour sur le site All4syria. Elle dénonce l’agression dont a été victime, tôt ce samedi matin à Damas, le cheykh Ousama Al Rifa’i, l’une des références de l’islam sunnite damascène, imam et prédicateur de la Mosquée Al Rifa’i de Kafr Sousseh. Selon le site, des fidèles se rendent actuellement en masse à son chevet, à l’Hôpital Al Andalous, pour s’assurer de sa santé et, surtout, pour empêcher qu’une tentative d’enlèvement par les moukhabarat ne succède à son agression par des chabbiha.

Le cheykh Ousama Al Rifa après son agression

Les Français et Syriens désireux d’apporter leur soutien aux justes revendications de la population syrienne, dans son combat pour la liberté et la dignité, sont invités à participer, samedi 27 août, à partir de 17h30, à un nouveau rassemblement sur la Place du Châtelet.

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