Ali Ferzat


Enlevé par les sbires du pouvoir syrien, il a été jeté d’une voiture avec les mains cassées disent certains; d’autres affirment  qu’on ne lui a cassé qu’UN bras.

C’est un caricaturiste de grand talent. Mais seule la flatterie est admise.

p.s. Al Oufok rapporte que ce sont bien les mains qui ont été brisées.

Dernière minute


Ce jeudi 25 août 2011, Mr Thomas Pierret (Lecturer in Contemporary Islam à l’Université d’Edinburgh), animera une conférence sur le thème:

« Les oulémas syriens face à la révolution: entre silence, contestation et loyauté au pouvoir »

(voir détail dans la pièce ci-jointe)
La rencontre aura lieu de 18:00 à 20:00 à l’UCL, bâtiment J. Leclercq, Place Montesquieu, local 93.

Révolution syrienne 2011 – Video officielle – Version HD


Ali Qureshi 19 août 04:21
Croyez-moi, les gars. Quand j’ai vu cette video, j’ai eu les larmes aux yeux et mon coeur a été  vraiment touché. Je suis Pakistanais et je voudrais dire au peuple syrien que toute la nation pakistanaise est avec nos frères syriens qui se battent contre le régime oppresseur de Bashar al Asad. Que Dieu leur donne le courage, la force et la volonté de maintenir ce mouvement en vie jusqu’à ce que une véritable démocratie soit restaurée dans le pays; je voudrais vous dire que nous avons écrit des lettres au Président du Pakistan pour lui demander de rappeler son ambassadeur de Syrie afin de protester contre le gouvernement syrien. Dites-nous ce que nous pouvons faire pour vous.

Demain, jeudi, manif aux Affaires étrangères


Comité Belge pour soutenir la Révolution syrienne  :

L’opposant historique syrien Haytham Maleh, défenseur des droits de l’homme et avocat international âgé de 80 ans, incarcéré pendant 17 mois et libéré le 8 mars dernier dans le cadre de la loi d’amnistie est en Europe. L’un des organisateurs de la conférence de l’opposition, réunie à Istanbul en juillet, il fait le tour de plusieurs capitales européennes.

Son objectif : assurer les gouvernements occidentaux qu’une alternative politique crédible s’oppose à Bachar el-Assad et que la transition doit être pacifique.

Dans ce cadre, Mr Haytham Maleh sera reçu au Ministère des Affaires étrangères à Bruxelles.
Pour soutenir sa position et ses demandes, nous manifesterons :

 Le jeudi 18 août, de 15h à 16h30,

En face du Ministère des Affaires Etrangères

Rue des petites Carmes 27

1000 Bruxelles

« La Syrie, terrain du bras de fer irano-saoudien »


En Syrie, le mouvement de contestation du régime entre dans son sixième mois. S’il menace le pouvoir de Bachar Al-Assad, ses conséquences pourraient aussi rebattre les cartes diplomatiques à l’échelle du Moyen-Orient, comme l’explique Joseph Bahout, chercheur associé à l’IEP de Paris et spécialiste de la région.

Longtemps attentiste vis-à-vis de la situation en Syrie, l’Arabie Saoudite est sortie de sa réserve dimanche dernier en condamnant vigoureusement la répression. Comment expliquer ce retournement?
Il est vrai que l’attitude saoudienne peut sembler contradictoire. C’est qu’il y a plusieurs lignes dans le royaume : un réflexe « génétique » contre-révolutionnaire et conservateur d’une part, et d’autre part le ras-le-bol de l’influence iranienne, de l’affaire du Bahreïn jusqu’à l’Irak. On aimerait bien sauver le soldat Assad, mais s’il tombe, tant mieux, on pourra mettre un régime plus arrangeant. Il y a plusieurs diplomaties saoudiennes. Le roi a toujours été plutôt compréhensif avec Assad, mais ses initiatives étaient regardées avec scepticisme, voire combattues secrètement par les autres branches. Aujourd’hui ce sont celles-ci qui ont gagné. Le communiqué royal est bel et bien un gros retournement.

La Syrie semble plus isolée que jamais sur la scène internationale…
La Syrie est revenue à la situation de 2005-2006, quand elle n’avait pratiquement plus d’amis. Tous les efforts fournis depuis cette époque pour sortir de l’isolement, notamment via la France et la Turquie, sont réduits à zéro. La déclaration saoudienne est très forte. Quand le roi Abdallah qualifie la situation d’« inacceptable », c’est aussi le gardien des lieux saints de l’Islam qui s’exprime. Seul l’Iran fait encore figure de partenaire jusqu’au-boutiste.

Justement, à travers le conflit syrien, est-ce aussi la rivalité irano-saoudienne qui se manifeste?
Oui, cette crise n’est déjà plus un conflit syro-syrien. Le pays peut devenir le terrain d’un grand bras de fer final impliquant l’Iran, l’Arabie Saoudite, mais aussi la Turquie et les occidentaux. Le point central, c’est la pression mise sur Assad pour qu’il abandonne son alliance avec l’Iran et le Hezbollah. Côté iranien, à l’inverse, la chute du régime syrien est la ligne rouge à ne pas franchir.

Quel serait le régime syrien idéal pour l’Arabie Saoudite?
Il associerait la grande bourgeoisie damassienne sunnite et la classe moyenne islamiste modérée. Ce serait un régime aligné sur l’axe Ryad-Le Caire, largement dépendant de l’argent du Golfe.

L’isolement de la Syrie ne risque-t-il pas de renforcer encore son alliance avec l’Iran?
C’est vrai que plus la Syrie est isolée, plus elle a besoin de son voisin. A l’époque de Hafez Al-Assad [le père de Bachar], l’Iran était pour lui un instrument permettant à Damas de peser davantage dans la région. Aujourd’hui, la relation s’est inversée, on est passé à une instrumentalisation de la Syrie par l’Iran. Même vainqueur, un régime affaibli pourrait faire du pays une sorte d’Irak des années 1990 : un pays encerclé, isolé par les sanctions, affaibli, appauvri. Et donc encore plus dépendant d’une aide iranienne, en échange d’une allégeance diplomatique renforcée. L’Iran pourrait alors ouvrir un nouveau chapitre de sa confrontation avec l’Occident sur le nucléaire. Avec le risque d’une politique plus agressive.

A votre connaissance, l’Iran joue-t-il un rôle dans la répression actuelle?
Il y a des témoignages sur la présence de tireurs iraniens dans les forces de répression, mais cela me semble secondaire. Assad n’a pas besoin d’aide pour réprimer les manifestants. L’Iran donne certainement de l’argent, peut-être aussi des conseils techniques, en informatique par exemple.

En cas de chute d’Assad, comment réagirait l’Iran?
Je pense que leur plan B serait de renforcer leurs efforts sur l’Irak, pour y jouer la carte chiite avec Moqtada Al-Sadr. Et sur le Liban, via le Hezbollah. Mais que deviendrait celui-ci sans le protecteur syrien ? Par ailleurs, si l’Iran constate une intrusion des acteurs régionaux sur le terrain syrien pour manipuler la situation à leur profit, il passera à l’attaque : envoi de pasdarans, frappe sur les intérêts turcs, agitation chiite à Bahreïn pour effrayer les Saoudiens, militarisation du conflit…

Existe-t-il encore une possibilité d’intervention occidentale?
Au vu de ce qui se passe dans les rues de Londres, sur les marchés et en Libye, je doute que les Occidentaux soient tentés de s’impliquer en Syrie. D’où le rôle important de la Turquie et de l’Arabie Saoudite, qui agissent en quelque sorte par procuration.

Lire aussi :
Derrière Bachar, l’ombre de l’Iran

Dominique Albertini – Le Journal du Dimanche

samedi 13 août 2011

Un véhicule militaire dans la ville de Hama Un véhicule militaire dans la ville de Hama. (Reuters)

source

Syrie : « Les femmes participent activement à la résistance »


Dans le quotidien libanais L’Orient-Le Jour, l’écrivaine et journaliste syrienne Samar Yazbek, réfugiée en France depuis la mi-juillet, témoigne de la répression brutale du régime de Bachar El-Assad. Elle souligne aussi le caractère multiconfessionnel de l’opposition.

12.08.2011 | Propos recueillis par Elie Masboungi | L’Orient-Le Jour

Samar Yazbek© Droits réservés

Samar Yazbek

Si l’écrivaine et militante Samar Yazbek accepte de parler à la presse, ce n’est pas uniquement pour relater ce qu’elle a enduré dans son pays – intimidations, menaces, visites forcées de cellules où se trouvaient de jeunes manifestants battus et mutilés. La jeune intellectuelle, issue de la communauté alaouite [à laquelle appartiennent la famille Assad et plusieurs personnalités du régime], préfère s’exprimer en tant que simple citoyenne qui veut dénoncer la dictature dans son pays.

« En tant que journaliste et écrivaine », explique Mme Yazbeck, « j’ai une vision de l’avenir de la Syrie et, après une période de simple observation du mouvement de contestation dans ses deux premiers mois, j’ai décidé de parler, d’écrire et de soutenir les manifestants pour la liberté qui subissent cette horrible répression. Je veux dénoncer toutes les violations des droits de l’homme qui sont commises en Syrie », poursuit-elle. « C’est ce qui m’a d’ailleurs poussée à rejoindre les ‘organismes de coordination’ des manifestations, qui font un travail admirable et qui sont devenus le véritable moteur du mouvement de contestation. »

Et Mme Yazbek d’ajouter : « Je suis une militante qui exprime l’anxiété et les soucis des femmes de mon pays désormais engagées dans la lutte politique [contre le régime de Bachar El-Assad]. Je voulais jusqu’ici rester loin de la politique, mais je n’ai pu supporter les horreurs commises autour de moi, en me basant sur le principe que le peuple a toujours raison. » « On a voulu me terroriser en me forçant à visiter les geôles pour y voir les horreurs, les conséquences de la torture sur les manifestants arrêtés », ajoute-t-elle, expliquant par ailleurs qu’elle a pu quitter le pays « parce qu’ils avaient autre chose à faire »…

Pour Samar Yazbek, son rôle dans la Syrie post-Assad ne changera pas. Elle veut continuer à exercer son métier de journaliste, tout en se consacrant à l’écriture d’ouvrages. La militante rescapée a annoncé que ses prochains écrits seront inspirés de la « descente aux enfers » qui lui a été imposée, démentant, en réponse à une de nos questions, que les femmes syriennes auraient été moins présentes que les hommes dans les mouvements de masse. « Les femmes, a-t-elle expliqué, ont été et demeurent plus efficaces que les hommes, notamment dans les domaines de la logistique, de la communication et du renseignement. Elles ne peuvent descendre en masse dans les rues des grandes villes où seuls les hommes se trouvent en première ligne. »

Quant aux divergences et au manque de cohésion dans les rangs de l’opposition syrienne, Samar Yazbek a reconnu ces faits, estimant que cela pourrait effectivement mener à l’anarchie, comme il arrive à la suite de l’effondrement des dictatures. « Mais après ces tragiques développements, le peuple syrien est parfaitement apte à éviter le chaos et surtout la guerre interconfessionnelle qu’on nous annonce. Toutes les communautés sont engagées dans cette lutte pour la libération de la Syrie, et une guerre civile confessionnelle est chose impossible chez nous », affirme-t-elle tout en assurant que le mouvement de révolte auquel on assiste aujourd’hui est essentiellement laïc et que les chrétiens de Syrie y participent, contrairement à ce que laissent entendre les autorités du pays.

« Les chrétiens sont particulièrement actifs dans les coordinations implantées dans les grandes villes et en province », indique Mme Yazbek. « En nommant un nouveau ministre de la Défense de confession chrétienne – le général Rajah Daoud –, le régime veut impliquer les chrétiens dans le combat pour faire assumer au commandement militaire la responsabilité de ce qu’il qualifiera plus tard de massacre des sunnites… », précise la journaliste qui ne cesse d’insister sur le caractère multiconfessionnel des ‘organismes de coordination’. « Ces organismes, dit-elle, symbolisent le partage équitable des responsabilités dans un mouvement à caractère populaire et national qui a besoin de la participation du peuple syrien tout entier. » En conclusion, Samar Yazbek lance un message à ses compatriotes : « N’ayez pas peur car vous affrontez la mort avec courage, et c’est ainsi que notre peuple vaincra. »

source

SYRIE : SAMAR YAZBEK RACONTE SON «VOYAGE AU BOUT DE L’ENFER»


Monde 10/08/2011 à 00h00

Opposée à Bachar Al Assad, l’écrivain syrienne Samar Yazbek a été la cible de menaces de mort et d’intimidations, venant de sa propre communauté, celle des Alaouites, qui contrôle l’appareil sécuritaire et militaire en Syrie.

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«Je n’ai jamais entendu de semblables cris de douleur»

Le passage était long, c’est à peine si je voyais les cachots de part et d’autre, et je peinais à palper la réalité du lieu. Non, ce n’était pas un espace né de mon cerveau obsédé par l’écriture. C’était bien réel, ce passage qui laisse à peine passer deux corps soudés. Baigné d’obscurité, il est hors de l’existence. Je regarde derrière moi et je ne vois rien. Devant moi, c’est le noir absolu. Je suis au milieu de ce couloir sans début ni fin, suspendu au néant, et je suis entourée de portes fermées. L’homme qui se tient devant moi est en train d’ouvrir une des portes.

Son grincement aigu cède rapidement la place à un rythme plus lent, un son triste que j’avais entendu un jour dans une taverne grecque. L’homme m’a tenue par le coude et m’a poussée insensiblement à l’intérieur. La porte est restée ouverte, il me tenait toujours le bras : et là… je les ai vus… La cellule aurait à peine suffi à faire tenir deux ou trois hommes debout. Je ne peux pas être précise, mais j’ai cru voir trois corps pendus à un endroit vague. J’étais en état de choc, j’ai senti que je me mordais la joue et mon ventre s’est mis à trembler. Les corps étaient presque nus, une faible lumière filtrait d’un endroit indistinct. Je ne sais pas s’il y avait une ouverture au plafond, mais la lumière s’est transformée en rayons fragiles, suffisants pour les voir. Et j’ai vu des jeunes hommes, qui avaient à peine la vingtaine, leur corps dénudé, reconnaissables sous leur sang, suspendus par leurs mains à des menottes en acier, leurs orteils touchants difficilement le sol… Le sang coulait de leurs corps : du sang neuf mêlé au sang séché. Des blessures profondes tracent sur leurs corps le dessin d’un pinceau absurde. Le visage affaissé, ils étaient évanouis, semblables à des bêtes immolées.

Odeur. J’ai reculé, sans mot dire, un des hommes m’a saisie et m’a réintroduite une deuxième fois. A ce moment, un des jeunes releva péniblement la tête… A peine put-il la relever. Les quelques lueurs m’ont permis de voir son «visage». Il n’avait plus de visage ; ses yeux étaient scellés, je n’ai pas vu l’éclat de son regard. Le nez n’existait plus, ni les lèvres. Son visage était une miniature rouge, sans lignes, un rouge imbriqué dans le noir d’un rouge vieilli. Je suis alors tombée à terre, et les deux hommes se mirent à me relever.

Pour quelques instants, j’ai chaviré dans quelque chose d’opaque, de flottant, avant de reprendre pied sur la terre ferme. J’ai entendu l’un dire à l’autre : «Eh, mec, elle n’a pas l’air de supporter une seule gifle. Si de voir [les prisonniers torturés, ndlr] elle est dans cet état, alors elle mourra dans le supplice du « doulab » [la victime est placée à l’intérieur d’un pneu que l’on tourne].»

Et l’odeur a commencé à diffuser, l’odeur du sang, de l’urine et des fèces. L’odeur de fer rouillé. Une odeur de décomposition, de chair morte ; oui, c’était cela l’odeur. D’un coup, il me sortit de la cellule et en ouvrit une autre. Le bruit des hurlements et de la torture s’échappèrent d’un endroit proche et lointain, j’en tremblais. Je n’ai jamais entendu de semblables cris de douleur, ils montaient du plus profond de la terre pour se vriller dans mon cœur. Les bruits se sont arrêtés quand nous sommes sortis du couloir. Le deuxième cachot s’est ouvert sur un jeune à terre, enroulé sur lui-même. Je l’ai vu de dos. Ses vertèbres ressemblent à celles d’une figure pour dissection. Il semblait aussi dans un état d’évanouissement. Son dos est tailladé comme si un couteau y avait gravé une mappemonde. Ils ont refermé le cachot et ouvert un autre. Et de cachot en cellule, me tenant le coude, ils me poussaient dedans, puis m’en retiraient. Des corps, encore des corps, des amas de corps, des corps jetés à terre derrière des corps recroquevillés : c’est l’enfer. Comme si les humains n’étaient plus que des monceaux de viande exposés au marché démesuré des arts de la torture.

Dans ces étroits cachots humides, des jeunes gens sont transformés en morceaux de viande froide. Ces visages qui n’en sont plus un, ces corps à l’anatomie inédite… C’est la notion de Dieu qui disparaît, car si Dieu existait, il n’aurait pas permis que sa créature soit ainsi refaite, distordue, défigurée. J’ai dit à un des hommes qui bandait mon second œil : «Est-ce les jeunes des manifestations ?» Il me répondit en ricanant : «Ce sont les traîtres des manifestations.» Enervé par ma question, il a écrasé violemment mon coude, j’ai senti qu’il allait le broyer. Je ne savais pas ce qu’ils concoctaient, mais j’ai senti de nouveau mon ventre trembler.

L’homme me traîne, je titube et je tombe. Il n’attend pas que je me relève et continue à me traîner. Il continue à me traîner encore plus brutalement sur l’escalier comme un sac de pommes de terre, mon genou s’est blessé sur une marche. En pensant aux jeunes qui manifestaient, la douleur me brûle jusqu’aux os. Je tremble encore et le tremblement s’installe profondément dans mon ventre. Toutes les odeurs se sont logées dans ma bouche, et l’image des geôles occupe ma vue entravée.

«Traîtres». Nous nous sommes arrêtés, ils ont ôté le bandeau de mes yeux… En le voyant assis derrière un bureau soigné, j’ai su que je n’étais pas dans un cauchemar. Il m’a regardée ironiquement et m’a dit : «Alors, tu as vu tes traîtres de camarades ? Qu’en penses-tu ?» Quelque chose a commencé à sortir de mes intestins furieusement, comme si je voulais quitter ma peau. Dans la vie normale, je disais à mes amies : «Si le toucher d’un homme ne nous pousse pas à muer comme le serpent, ce n’est donc pas la caresse de l’amour.» Mais aujourd’hui, je peux affirmer que nos peaux muent aussi par le déchirement de la mort et l’envol vers l’abîme. A cet instant, au lieu de voler vers l’abîme, j’ai commencé à vomir. J’étais debout, je suis tombée sur mes genoux. Ils se sont fâchés, il s’est levé de sa place, a regardé, consterné, ses luxueux meubles souillés, j’ai continué de vomir. De mes yeux aussi l’eau coulait, ce n’était pas des larmes, je le savais, les larmes s’égouttent, ce qui sortait de mes yeux était différent. L’idée m’a ressaisie : ici, celui qui sort manifester dans la rue sera tué par balles, ou il devra fuir et vivre caché, ou il sera arrêté et torturé. Et tout ce courage qui a germé de dessous cette chape de plomb !

Ma voix est sortie faiblement, mais j’ai pu l’entendre lui dire : «C’est toi le traître.» J’ai su qu’il m’a entendue car il s’est penché et m’a frappée violemment. Je suis tombée définitivement à terre, les choses ont commencé à vaciller, et avant de perdre complètement connaissance, j’ai pu ressentir de ma bouche ouverte le sang qui commençait à se déverser. Et j’ai compris ce parler populaire : «Je vais te faire cracher le sang…» J’étais en train d’apprendre, et je continue à le faire.

Traduit par Mayla Bakhache

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