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vendredi 12 août · 16:00 – 17:00
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Bruxelles Belgique
Rue des petits carmes n°15 1000 Bruxelles
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Appel international à manifester en face du ministère des affaires étrangères afin d’exiger le rappelle de l’ambassadeur à Damas du pays concerné.Suite à cet appel, une manifestation sera organisée en face du ministère des affaires afin d’exiger des autorités belges le rappelle de l’ambassadeur belge à Damas. En effet, nous dénonçons la répression sanglante auxquelles à recours le régime syrien. Et nous considérons, en tant que citoyens belges, que la Belgique se doit d’affirmer son soutien à la population syrienne ainsi qu’accentuer les pressions à l’encontre de ce régime qui ne compte plus que sur la force pour enrayer les manifestations pacifiques.Les violences exercées par les autorités syriennes contre les manifestants et la population civile n’ont pas cessé depuis le mois d’avril. Les habitants de plusieurs villes syriennes notamment à Hama Deir El Zor et Homs sont, en ce moment, exposés à des situations inhumaines : bombardement, privation d’eau et de nourriture, d’électricité, d’accès aux services de santé et de soin, arrestations sommaires y compris dans les hôpitaux et meurtres. Le massacre commis à l’égard de la population civile en Syrie est d’ailleurs qualifié de « Ramadan massacre » ! Dénonçons ce régime criminel et impuni !
Rejoignez-nous le vendredi 12 août de 16h à 17h à l’adresse suivante : Rue des Petits Carmes n° 15 à 1000 Bruxelles, Belgique تنسيقية الثورة السورية في بلجيكا إلى كل سوري شريف إلى من أغترب بسبب الظلم والقهر والفقر إلى من آلمته جراح الثوار واستشهاد الأبطال وتعذيب الأطفال وقتلهم لقد بات أهلنا في سوريا يقدمون الغالي والنفيس ولا يبخلون على وطننا الحبيب مهما كلف من ثمن لقد باتت شاشات التلفاز ومواقع الإنترنيت تنقل لنا ما يحدث من جرائم لا يمكن السكوت عنها ،فأصبح من الواجب علينا أن يكون لنا موقف واضح منها، وتحرك سريع على جميع الأصعدة ،السياسية والاقتصادية والدعم المادي لأهلنا المتضررين في الداخل ،والضغط على مؤسسات المجتمع المدني الدولي لإيقاف حمام الدم والتعذيب الرهيب في المعتقلات والسجون، إنها ساعات النصرة والواجب الديني والوطني لقد ولى عهد الجبن والخوف وولى عهد الانتظار والوقوف على الحياد. أبناء الجالية السورية ورجال تنسيقية الثورة السورية في بلجيكا لقد عاهدنا الله تعالى وأهلنا في سوريا أن لا تنام أعيننا ولا يهدأ لنا بال حتى ننصر هذه الثورة الكريمة فيا أخوتي الأحبة تعالوا معنا نشد من أزر أخواننا وأخواتنا في سوريا …تعالوا نواسيهم ونترحم على شهدائهم بالأعمال لا بالأقوال فحسب. تنسيقية الثورة في بلجيكا ستقوم بأنشطة عديدة بالإشتراك مع جميع التنسيقات سواء في الداخل والخارج ندعوك أيها الثائر السوري الانضمام إلينا لمساندة أهلنا في الداخل والعمل معنا حتى تنتصر كرامتنا ونستعيد حريتنا . تنظم تنسيقية الثورة السورية في بلجيكا يوم الجمعة 12.08.2011 على الساعة 16 أمام الخارجية البلجيكية لنطالب بسحب السفير البلجيكي من سوريا وإدانة النظام السوري وتقديمه إلى المحكمة الدولية بحجة قتله العمد للشعب السوري الأعزل . Ministère des affaires Etrangères Belge Rue Petit Carme 15 1050 النصر لثورتنا والرحمة لشهداءنا والشفاء العاجل لجرحانا والفرج القريب لأسرانا |
Manifestation pour une condamnation ferme et définitive du régime syrien de Bachar Al Assad
Manifestation pour une condamnation ferme et définitive
du régime syrien de Bachar Al Assad
Le Comité belge pour Soutenir la Révolution Syrienne
vous invite à la
Manifestation de ce vendredi 12 août
de 16h à 17h30
face au bureau de l’Organisation des Nations Unies
Rue Montoyer 14
1000 Bruxelles
La motion de condamnation de la répression sanglante en Syrie est un premier pas.
Elle est loin d’être suffisante.
Les manifestants en Syrie demandent :
une condamnation ferme et définitive des dirigeants syriens.
de déclarer le régime illégitime et non représentatif de la Syrie au plan international.
une commission d’enquête sur les crimes contre l’humanité commis par le régime, des sanctions réelles contre Bachar Al Assad et ses complices.
une aide humanitaire pour les villes et les villages assiégés par l’armée et les forces de sécurité.
un gel des accords économiques et financiers, un blocus, notamment de vente d’armes à la Syrie
une intervention urgente à Hama. La ville est bombardée, assiégée, comme en 1982 où le siège de la ville avait fait 20.000 morts
Plus de 2.000 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement de contestation contre le régime du président Bachar al Assad, le 15 mars dernier, près de 3.000 personnes sont portées disparues (selon l’ONG Avaaz), 26.000 ont été arrêtées à un moment ou à un autre, 12.617 sont toujours en détention et 18.000 ont fui vers la Turquie, selon les dernières estimations.
Faudra-t-il que toute la population soit exsangue avant que la communauté internationale ne réagisse ? Ou laisserons-nous un régime sans scrupule assassiner toute sa population sans réagir, sinon par des condamnations verbales ?
Les forces de sécurité et l’armée continuent de tuer, bombarder, encercler les villes, et le monde reste silencieux.
Quels sont les risques d’une telle situation ?
La population est lasse de laisser tuer pacifiquement ses fils et filles, frères et soeurs, pères et mères sans réagir. Le manque de réaction du monde et des instances internationales pousse la population à s’armer. Le régime pousse à la guerre civile, en vendant des armes aux civils. Une guerre civile sera sanglante, tribale et religieuse, alors que l’opposition a réussi jusqu’ici à éviter toutes ces dérives.
De toute son histoire, la Syrie a été un modèle de tolérance pour toutes ses composantes, mais aujourd’hui le régime joue des différences et des peurs pour les minorités alaouites, assyriennes, druzes, kurdes et autres d’une supposée ambition de domination arabe sunnite, et même islamiste, radicale ou terroriste.
Note : Nous avions planifié de manifester face au Ministère des Affaires étrangères,
mais après le 15 août puisque tous les Ministères sont fermés entre le 21 juillet et le 15 août.
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Syrische Comite in België aan de Syrische Revolutie te ondersteunen
« Le Golfe ne veut pas de démocratie en Syrie »
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Les pays arabes montent au créneau. Pour la première fois depuis le début de la crise syrienne, en mars, trois pays du Golfe, dont la puissante Arabie saoudite, ont rappelé leur ambassadeur à Damas pour dénoncer la répression du régime de Bachar el-Assad. Cette décision sans précédent de la part des voisins de Damas a été suivie par un appel de la Ligue arabe à cesser « immédiatement » les violences. Promettant des réformes au « plus haut niveau de l’État », le président a nommé de son côté un nouveau ministre de la Défense, le général Daoud Rajha, sans pour autant mettre un terme à la violence, qui a encore fait 52 morts dimanche. L’opposant Haytham Manna, en exil à Paris, porte-parole de la Commission arabe des droits humains et membre du Comité de coordination pour un changement démocratique en Syrie, a perdu lundi son frère, Maen Aloudat, ingénieur de 52 ans et coordinateur du mouvement des jeunes du 18 mars à Deraa (sud). Il explique au Point.fr pourquoi une Syrie démocratique irait à l’encontre des intérêts de ses voisins régionaux.
Le Point.fr : Que pensez-vous de la nomination d’un nouveau ministre de la Défense ?
Il ne faut pas chercher à alimenter des solutions qui puissent jouer dans le sens de la violence. Nous sommes en train de nous diriger vers une guerre civile. Or le chaos est justement la seule alternative prônée par le pouvoir. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin des pays qui n’ont pas coupé leurs liens avec la Syrie pour qu’ils se rendent à Damas et qu’ils fassent passer un message. C’est le cas de l’Inde, de l’Afrique du Sud, du Brésil et même du Liban et de l’Iran. Bachar n’entendra que ses alliés, pas la France et les États-Unis, qu’il considère comme ses ennemis.
Avez-vous un plan précis ?
J’ai eu des contacts avec plusieurs États qui vont dépêcher des délégations à Damas. Nous avons également rendez-vous la semaine prochaine avec Nabil al-Arabi, secrétaire général de la Ligue arabe, pour obtenir l’envoi de représentants en Syrie. Nous ne le faisons pas de gaieté de coeur, mais parce que nous devons à tout prix faire en sorte d’obtenir au moins quelques jours de cessez-le-feu de la part de l’armée.
Que pensez-vous de la récente décision de l’Arabie saoudite, du Bahreïn et du Koweït de rappeler leur ambassadeur ?
Les pays du Golfe souhaitent dévier la résolution du conflit syrien vers des aspects plus confessionnels que démocratiques. Les Saoudiens ne recherchent, eux, qu’une seule chose : renforcer la position des islamistes au sein des forces politiques syriennes, pour supplanter l’Iran dans ce pays. L’Arabie saoudite n’a que faire de la démocratie en Syrie, pourvu qu’elle obtienne une meilleure relation avec Bachar el-Assad. Les pays du Golfe ne veulent pas voir apparaître un exemple démocratique à leurs frontières, car ils le considèrent comme un véritable danger pour leur régime. N’oublions pas que Riyad détient plus de 9 000 prisonniers politiques.
Que pensez-vous de l’initiative de la Turquie d’envoyer son ministre des Affaires étrangères à Damas ?
C’est une bonne démarche, mais elle doit se faire sous le signe de la protection de la population civile en tant que devoir humanitaire international. Malheureusement, les Turcs ont toujours négocié avec les Syriens selon leurs propres intérêts. Le Premier ministre Erdogan ne verrait pas d’un mauvais oeil l’existence d’un autre pays gouverné par un parti islamique. Lors de notre voyage en Turquie, à la frontière syrienne, nous avons découvert que de nombreux laïcs élus par les réfugiés syriens pour les représenter avaient tous été arrêtés et remplacés par des islamistes. La montée de l’influence de la Turquie en Syrie en ferait, d’autre part, une force régionale incontestable.
Comment expliquez-vous l’imperméabilité de Bachar el-Assad à la pression internationale ?
Pour la diplomatie syrienne, l’Europe n’existe pas. Il n’existe même plus de diplomatie dans la situation actuelle. La politique du pouvoir consiste à assassiner tout ce qui est politique au nom de la sécurité, et tout ce qui est diplomatique au nom du complot.
Message de Anonymous au peuple syrien
Ajoutée par syrianona le 7 août 2011
Anonymous s’est emparé du site du ministère syrien de la défense le 8 août 2011, et a affiché ce message adressé au peuple syrien.
Transcription
Au peuple syrien : le monde entier est avec vous contre le régime brutal de Bachar al-Assad. Sachez que le temps et l’histoire sont de votre côté -les tyrans utilisent la violence parce qu’ils n’ont rien d’autre, et plus ils sont violents, plus ils se fragilisent. Nous saluons votre volonté d’être non-violents fasse à la brutalité du régime et nous admirons votre désir de poursuivre la justice et non pas la vengeance. Tous les tyrans tomberont, et grâce à votre bravoure, Bachar al-Assad est le prochain.
Aux soldats syriens : vous êtes responsables de la protection du peuple syrien et quiconque vous donne l’ordre de tuer des femmes, des enfants et des vieillards, mérite d’être jugé pour trahison. Aucun ennemi extérieur ne pourrait causer autant de ravages à la Syrie que ne l’a fait Bachar al-Assad. Défendez votre pays-soulevez-vous contre le régime !-Anonymous
Syrie : Bachar el-Assad a un nouveau ministre de la Défense
lundi 8 août 2011, par La Rédaction
Le président syrien Bachar el-Assad a nommé lundi un nouveau ministre de la Défense, le général Daoud Rajha, a annoncé la télévision publique syrienne. « Le président Assad a promulgué un décret nommant le général Daoud Rajha au poste de ministre de la Défense », a ajouté la télévision. Le général Rajha, âgé de 64 ans, était chef d’état-major de l’armée. Il remplace le général Ali Habib, ministre de la Défense depuis 2009. « Cette nomination entre dans le cadre de changements au plus haut niveau de l’État décidés après les rencontres qu’a tenues le président Assad avec des délégations représentant des habitants » des villes secouées par la contestation, a expliqué la télévision.
L’ancien ministre de la Défense Ali Habib « est malade depuis un certain temps et son état de santé s’est aggravé récemment », a souligné la télévision. Le régime du président Assad est secoué par une révolte populaire sans précédent depuis près de cinq mois. Mais le pouvoir n’a jamais reconnu l’ampleur de la contestation et continue d’accuser des « groupes armés » de semer le chaos pour justifier l’envoi de l’armée dans les différentes villes syriennes pour écraser la révolte.
Le recours à la force a coûté la vie à plus de 2 000 personnes, en majorité des civils, depuis le 15 mars, selon des ONG des droits de l’homme.
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Les forces syriennes tuent sept civils
Sept civils ont été tués lundi par les tirs des forces de sécurité syriennes, dont quatre à Deir ez-Zor, ville de l’est de la Syrie prise d’assaut par l’armée, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). « Une femme et ses deux enfants tentaient de fuir le quartier de Houaiqa à la recherche d’une zone plus calme quand ils ont été visés par une patrouille de la sécurité », a-t-il précisé en soulignant que son mari avait été blessé. Une femme âgée a été tuée par les forces de sécurité dans une autre zone de la ville. À l’aube, les forces de sécurité ont procédé à des perquisitions à Deir ez-Zor après un pilonnage de la ville aux mitrailleuses lourdes, selon des militants.
« L’armée a commencé tôt le matin à pilonner aux mitrailleuses lourdes le quartier al-Joura. Les forces de sécurité ont procédé ensuite à des perquisitions, terrorisant les habitants », a affirmé un militant sur place.
Plusieurs personnes ont été arrêtées et des motos ont été brûlées, selon lui. L’armée a envoyé dimanche ses chars à l’assaut de Deir ez-Zor, située à 430 km au nord-est de Damas, tuant 42 civils, selon les militants. En outre, « trois personnes ont été tuées à Deraa (sud) par les forces de sécurité qui ont tiré sur la foule qui participait aux obsèques d’un Syrien tué la veille dans la ville », selon l’OSDH. Selon le chef de l’OSDH Rami Abdel Rahmane, « l’un des trois tués à Deraa est le militant politique Maen Aloudat, frère de l’opposant Haitham Manna qui vit en France ».
« Il a été visé à la tête, c’est un assassinat », a-t-il ajouté. Dans le gouvernorat d’Idleb (nord-ouest), proche de la Turquie, des chars et des transports de troupes blindés ont pénétré dans la localité de Maaret al-Noumane, selon des témoins. Les forces de sécurité qui accompagnaient les blindés ont procédé ensuite à une vaste campagne d’arrestations, ont-ils dit. Selon l’ONG, « une vingtaine de chars ont été déployés lundi à l’entrée de la ville de Saraqeb » dans la région d’Idleb.
La localité de Houlé, à 20 km de Homs (centre), est « pilonnée par les chars depuis une demi-heure et les habitants commencent à fuir », a indiqué en début d’après-midi un témoin, Abou Maïmouna al-Hilawi. Les autorités y « ont coupé l’eau, l’électricité et les communications depuis le matin. Ils font des perquisitions, humilient les hommes devant leurs familles, arrêtent les jeunes de plus de 15 ans », selon ce témoin.
Dimanche matin, quelque 25 chars et transports de troupes avaient pénétré à Houlé et procédé à des opérations militaires qui ont fait dix morts, avait indiqué le chef de la Ligue arabe des droits de l’homme, Abdel Karim Rihaoui.
Près de Damas, les localités de Zamalka et Irbine sont encerclées par des agents de sécurité qui empêchent les voitures de passer. « Les communications sont coupées depuis ce matin à Zamalka », selon des habitants. Par ailleurs, des divisions de l’armée syrienne ont commencé à se retirer de la ville rebelle de Hama, a affirmé l’agence officielle Sana. « Les divisions de l’armée qui avaient pour mission de ramener le calme à Hama ont commencé à sortir de la ville. L’armée a pourchassé les groupes terroristes armés qui ont commis des actes de sabotage, divisé la ville et a arrêté un certain nombre d’entre eux », selon l’agence.
(Lundi, 08 août 2011 – Avec les agences de presse)
Bashar on t’a assez vu !
Des réformes comme ça, tu te les mets où je pense
52 civils tués, Assad affirme lutter contre des « hors la loi »

Les forces de sécurité syriennes ont tué dimanche 52 personnes, dont 42 à Deir Ezzor (est), le président Bachar al-Assad justifiant les interventions sanglantes du régime par une lutte contre des « hors la loi », face à un concert de critiques internationales de tous bords.
Les attaques meurtrières ont suscité les condamnations unanimes, y compris celles du pape Benoît XVI et de la Ligue arabe, cette dernière appelant le pouvoir de Damas, pour la première fois depuis le début du mouvement de contestation le 15 mars, à « cesser immédiatement les violences.
Dimanche, l’armée a une nouvelle fois choisi l’option sécuritaire pour mater la contestation, en envoyant les chars à l’assaut de Deir Ezzor tuant 42 civils, puis de Houlé dans la province de Homs (centre) où au moins dix civils ont été tués, selon le chef de la Ligue syrienne des droits de l’Homme. « Des milliers de personnes ont fui Deir Ezzor depuis le matin vers Hassaké » plus au nord, a ajouté Abdel Karim Rihaou.
L’armée a pénétré dans neuf quartiers de Deir Ezzor et de « très fortes explosions » ont été entendues, ont indiqué les Comités de coordination locaux (LCC), qui chapeautent les manifestants anti-régime, et Rami Abdel Rahmane, chef de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) selon qui quelque 250 chars et transports de troupes blindés participent à l’offensive.
A Houlé, environ 25 chars et transports de troupes sont entrés dans la ville dimanche matin et ont procédé à des opérations militaires, selon M. Rihaoui. La télévision publique a pour sa part démenti l’entrée de chars à Deir Ezzor, situé à 430 km au nord-est de Damas. « Aucun char n’y est entré, mais des divisions de l’armée ont levé des barrages érigés par les groupes terroristes, aux entrées de cette ville », a-t-elle affirmé. Elle a montré par ailleurs « une grande quantité d’armes et de munitions » saisies selon elle dans un camion intercepté à la frontière libanaise, dans le gouvernorat de Homs.
Cette ville, la troisième de Syrie, située à 160 km au nord de Damas, a été à la pointe de la révolte antigouvernementale. L’armée y a été dépêchée il y a deux mois pour tenter de faire taire les manifestants. Les militants, qui manifestent habituellement à la sortie de la prière musulmane du vendredi, ont promis de faire de « chaque jour un vendredi » pendant le ramadan, organisant des défilés nocturnes après la prière quotidienne des Tarawih.
Samedi soir, ils sont descendus dans les rues de Lattaquié (est), Deir Ezzor, Homs, Al-Rastan (centre), Saraqeb (nord-ouest), et Deraa (sud) où est née la révolte contre le régime du président Assad. Dans plusieurs quartiers de Damas, les forces de sécurité ont tiré à balles réelles pour disperser les manifestations, tandis que deux personnes ont succombé dimanche à leurs blessures après avoir été touchées par des tirs des forces de sécurité lors de manifestations massives samedi soir à Idleb (nord-ouest), ont indiqué des militants.
Les appels se sont multipliés ces derniers jours pour quele régime mette un terme au bain de sang mais le président syrien semblait y rester sourd. Dimanche, il a justifié son action lors d’un entretien avec le ministre libanais des Affaires étrangères Adnane Mansour, selon l’agence officielle Sana.
« Agir face aux hors-la-loi qui coupent les routes, ferment les villes et terrorisent la population est une obligation pour l’Etat qui doit défendre la sécurité et protéger la vie des citoyens », a-t-il déclaré. Il a d’autre part assuré que la Syrie « avançait sur la voie des réformes », au lendemain de la promesse par le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem de la tenue d’élections législatives « libres et transparentes » avant la fin de l’année.
La veille, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon avait exhorté M. Assad à mettre fin à la répression meurtrière au cours d’un entretien téléphonique, le premier depuis avril. Dmanche, le secrétaire général de la Ligue, Nabil al-Arabi a également appelé les autorités syriennes « à mettre fin immédiatement à tous les actes de violence et aux campagnes sécuritaires contre les civils », dans un communiqué officiel.
Il s’est toutefois gardé de demander le départ du dirigeant syrien comme l’exigent les manifestants syriens depuis près de cinq mois. A Castelgandolfo, près de Rome, le pape Benoît XVI a lancé des appels pressants lors de l’Angelus aux autorités syriennes pour « répondre aux aspirations légitimes » de la population, se disant « vivement préoccupé » par « les épisodes dramatiques et croissants de violence en Syrie ».
De leur côté, Washington, Paris et Berlin envisageaient samedi de nouvelles mesures contre Damas, tandis que les monarchies du Golfe ont réclamé la fin de l' »effusion de sang ». Ankara, « à bout de patience », va pour sa part envoyer son chef de la diplomatie Ahmet Davutoglu mardi en Syrie pour transmettre « avec détermination » au régime de Damas les « messages » de la Turquie « face à la violence de la répression », selon le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Selon l’OSDH, au moins 2.059 personnes, dont 391 militaires et agents de sécurité, ont trouvé la mort en Syrie depuis le 15 mars. (afp)
La révolution frémit à Damas : « Incroyable, ils n’ont plus peur »
En apparence, la vie n’a que peu changé depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar el-Assad.Les gens se promènent dans la rue, les magasins sont ouverts. D’immenses drapeaux ont fait leur apparition place des Omeyyades et des Abbassides, un stade a été transformé en caserne.Certaines administrations ont affiché des caricatures telles qu’un Satan américano-sioniste en train de partager le gâteau syrien avec des diablotins armés de longs glaives sur lesquels on peut lire : BBC, France 24, Al Arabiya, Al Jazeera (chaînes qui diffusent les vidéos envoyées par les manifestants).
A la radio, les présentatrices imperturbables, continuent à faire porter la responsabilité des crimes à des mystérieux « infiltrés », qui tireraient sur les manifestations anti-régime et sèmeraient la zizanie entre les Syriens au profit de l’étranger.
« Infiltrés » : ce mot a acquis une célébrité sans pareille ici, et fait l’objet de nombreuses blagues. « Ah, mais en fait, c’est toi l’infiltré ! Pourquoi tu t’infiltres dans ma cuisine ? » plaisante-t-on. C’est dire le crédit porté, par un très grand nombre de gens, à la propagande d’État.
« L’éternité n’existe pas, la Syrie vivra, Assad tombera. »
Toute la journée, les sirènes des ambulances parcourent la ville. Elles viennent des quartiers soulevés, ou se dirigent vers eux.
A tout moment, le passant est harcelé par les manifestations pro-régime, souvent constituées d’une poignée de gens, qui scandent « Abou Hafez ! Abou Hafez ! » et frappent trois fois dans leurs mains.
Abou Hafez, c’est Bachar el-Assad : fils de l’ancien président et père du prochain. La boucle est bouclée, l’éternité, refermée. Réponse radicale aux aspirations à la liberté.
Dans le camp d’en face, à Hama, avant l’entrée des chars il y a quelques jours, une foule innombrable chantait chaque vendredi place de l’Oronte :
« L’éternité n’existe pas, la Syrie vivra, Assad tombera. »
Les manifestations pro-régime peuvent faire leur apparition dans n’importe quel lieu public, un bus, un restaurant, prenant en otage tous ceux qui s’y trouvent. La chaîne d’Etat et la chaîne Al Dounia filment les passants dans la rue pour montrer « la vie normale ».
Une jeune femme raconte ainsi qu’elle est passée sur la chaîne officielle, alors qu’elle se hâtait… sur le chemin d’une manifestation…
« La liberté commence par le respect du régime »
Sur d’énormes panneaux publicitaires s’étalent des « réponses » aux slogans de la révolution.
Toute une campagne est ainsi organisée pour enseigner au peuple comment il doit comprendre le terme « liberté ». Sur ces panneaux, on voit apparaître le mot, de loin, en immenses lettres bleues. Puis, en lettres plus petites et de couleur plus discrète, de sorte qu’on ne les voit qu’après s’être rapproché, vient la suite de la leçon.
Cela donne, par exemple, selon mon souvenir :
« LA LIBERTE ne commence pas par des slogans, mais par le respect des lois
LA LIBERTE ne commence pas par le chaos, mais par la responsabilité
LA LIBERTE ne commence pas par la destruction des biens publics, elle commence par le travail »
Cette campagne n’est pas la seule en son genre. Il suffit d’un trajet en ville pour être littéralement abruti par toute la littérature déversée par le régime sur les citoyens.
Les contre-manifs suivent les manifs
Le vendredi, pas âme qui vive dans la rue. Le silence règne jusqu’à l’appel à la prière de l’après-midi (vers 13 heures). Après quoi, suivant le lieu où l’on se trouve, on peut commencer à voir passer des ambulances et de grands bus poussiéreux, par dizaines, transportant les services de sécurité.
Quand la bataille est finie, on voit passer d’autres bus, remplis de fonctionnaires contraints par leur direction à aller faire une contre-manifestation sur le lieu même qui vient d’assister à la mort et aux arrestations.
Suivant l’endroit où l’on se trouve, on entend les balles. A partir de quinze heures, on commence à savoir ce qui s’est passé dans chaque quartier, chaque ville de Syrie. Et le soir, une grande « fête » pro-régime est organisée dans les quartiers centraux de Bab Touma et Bab Charki, souvent accompagnée d’un défilé en voiture avec klaxons et drapeaux.
Il y a environ trois semaines, à Rukn el-Dine, un quartier à majorité kurde construit sur le versant de la montagne Qassioun, les familles ont pu voir, d’un côté, la manifestation débouler des hauteurs, remplir les ruelles en pente, et de l’autre côté les forces de sécurité qui attendaient en bas sur la rue principale. Des gaz lacrymogènes ont été lâchés.
Mais la semaine suivante, personne n’est sorti sur son balcon, car c’est une pluie de balles qui s’est abattue sur le quartier. Rukn el Dine est également depuis longtemps le théâtre de nombreuses manifestations volantes, rassemblées-dispersées avant qu’on ait pu respirer.
Des manifs très fréquentes mais très rapides
Au centre-ville, on peut tomber par hasard sur un déploiement d’hommes armés dont la présence provoque l’annulation d’un rassemblement initialement prévu à cet endroit-là (comme, par exemple, le 14 juillet place Merjé, devant le ministère de l’intérieur).
Il est plus difficile de tomber par hasard sur une manifestation. Elles sont en fait très fréquentes, mais, comme on vient de le dire, d’une extrême rapidité. Manifester en centre-ville, c’est à la fois être plus protégé qu’en banlieue (on ne tire pas encore, ou peu, dans Damas) et être plus exposé, car moins nombreux.
La mosquée des Omeyyades, le souk Hammidiyé, le souk Hariqa, la place Merjé, la place Arnous, la rue Aymariyé sont autant de lieux centraux de la capitale qui voient ou ont vu au moins une fois de petits groupes de personnes (dont beaucoup d’intellectuels) tenter de briser la « normalité » du centre.
Les massives manifestations des banlieues ne parviennent pas à passer les barrages de l’armée pour atteindre la capitale et enfin s’unifier.
Les services secrets sur les bancs de la fac
La Cité universitaire a été, fin juin-début juillet, le théâtre d’événements dont on m’a fait le récit : certaines étudiantes ayant refusé d’accrocher sur leur porte des photos de Bachar al-Assad, une violente dispute a éclaté dans le bâtiment des filles, menant à l’arrestation d’une trentaine d’étudiantes. Les garçons se sont alors mobilisés pour demander leur libération.
L’un des hauts responsables de l’établissement a téléphoné à la « sécurité », et s’en est suivi un débarquement de Chebbiha. C’est l’un des nombreux appareils de répression au service du régime, le plus célèbre en ce moment pour son fanatisme, sa cruauté et l’aspect physique de ses membres, malabars au crâne rasé qui se laissent pousser la barbe.
Ils ont cassé les portes des chambres et passé à tabac toute personne leur tombant sous la main. Des balles ont été tirées depuis le toit, faisant plusieurs morts parmi les étudiants.
La Cité a été fermée, en pleine période d’examens. Le lendemain, un sit-in a été organisé à la fac de droit, mais n’a pas pu avoir lieu à cause du déploiement préventif de la Chebbiha.
Le même jour, un étudiant originaire de Deraa a été arrêté sur simple présentation de sa carte d’identité, alors qu’il venait passer un examen. Depuis plusieurs mois déjà, les étudiants partagent les bancs des amphithéâtres avec les « mukhabarats » (agents secrets), qui assistent aux cours avec eux.
« Grâce à la révolution, on fait connaissance »
A Damas, on entend beaucoup plus qu’on ne voit. C’est pourquoi beaucoup de gens font la démarche d’aller « voir de leurs yeux » ce qui se passe. Le mercredi ou le jeudi, ils vont dormir dans les quartiers soulevés, qui, le vendredi, seront entièrement bouclés.
On va dormir à Berzé, à Douma, à Qaboun, à Qadam, pour être sur place, et descendre à la manifestation. Certains se déguisent, d’autres non. Car tout le monde filme.
On a tous vu une vidéo de manifestation filmant les manifestants eux-mêmes en train de filmer. Un ami, qui filmait lui aussi, dit à un père qui portait son fils sur ses épaules :
« Ne t’inquiète pas, je ne montrerai pas vos visages. »
Sur quoi il lui répondit :
« Mais montre-les nos visages, montre-les ! Qu’est-ce que tu veux que ça nous fasse ? »
Les propos que j’ai le plus entendus en écoutant les retours d’expédition étaient :
« C’est incroyable, ils n’ont plus peur. »
Ils chantent d’ailleurs :
« Ohé gens de Damas, nous, à Berzé, le régime on l’a fait tomber ! »
On entend aussi beaucoup :
« C’est incroyable, nous les Syriens on ne se connaissait pas. Grâce à la révolution, on fait connaissance. »
Mille et une anecdotes cocasses circulent sur toutes les personnes non musulmanes, chrétiennes, druzes, alaouites etc., qui se rendent à la mosquée le vendredi pour ne pas rater le départ de la manifestation, et… ne savent pas prier.
Un blessé ne doit pas aller à l’hôpital, il risque de se faire arrêter
Le quartier de Midane, religieux et conservateur, est devenu un véritable théâtre pour ces tentatives de prise de contact entre Syriens et Syriennes de tous âges, milieux, confessions, convictions. Beaucoup de « laïcs » s’y rendent chaque vendredi pour participer aux manifestations.
Le fils d’une amie, qui s’est fait arrêter là-bas il y a environ un mois, a été mis dans le bus de la sécurité, d’où il a vu de ses yeux un agent tuer un manifestant d’un coup de revolver.
Arrivés à la « section » (équivalent du « poste », avec une connotation autrement sinistre), on les a entièrement déshabillés, battus avec des câbles, on leur a cassé des côtes, puis on leur a marché sur la nuque avec des bottes.
Le lendemain, un jeune gradé élégant et cultivé leur a fait la leçon, et leur a demandé de « considérer ce traitement comme venant d’un grand frère se souciant de leur bien ».
Puis ils ont été relâchés. Si l’on sort blessé d’une manifestation, il est très imprudent de se rendre à l’hôpital, d’où l’on peut être renvoyé en prison sur le champ. Dans les banlieues soulevées, les forces de sécurité attaquent les hôpitaux, empêchent le ravitaillement en médicaments, coupent l’électricité.
Toujours à Midane, le 13 juillet, le parvis de la mosquée Hassan a été choisi comme lieu de rassemblement pour une manifestation d’« intellectuels syriens ».
Le choix du lieu était symbolique, puisqu’il visait à briser la glace entre « laïcs » et « croyants », à adresser un message fort de solidarité à « la rue », à s’inscrire en faux contre les spectres de la « révolution islamiste » et de la « vengeance sunnite ».
Une trentaine d’artistes ont été arrêtés ce jour-là, dont une actrice très populaire, May Skaf, que cet épisode a hissée au rang de symbole de la révolution syrienne. Sa photo est brandie un peu partout dans tout le pays avec celles d’autres artistes appelés « les nobles ».
On peut mesurer le succès de leur initiative quand on sait que, lors d’un sermon du vendredi, un cheikh a salué le courage des « intellectuels » parmi lesquels cette actrice mais aussi une scénariste dont le feuilleton, au Ramadan dernier, jugé trop licencieux, avait provoqué un tollé dans les milieux religieux.
Quand les condoléances virent à la manifestation
Ceux qui veulent voir et entendre se rendent également dans les séances de condoléances, où ils écoutent les récits des familles de martyrs, les retranscrivent et les diffusent. Entre une séance de condoléances et une manifestation, il n’y a qu’un pas. Ainsi le récit d’une amie qui s’était rendue à Qaboun :
« Au début on saluait les mères de martyrs, chacune debout devant sa porte. Certaines étaient très jeunes. Il n’y avait que des femmes.
Petit à petit, on est sorties de la ruelle et on s’est retrouvées dans une rue beaucoup plus grande où il y avait des hommes, beaucoup de monde, c’était une manifestation.
A un moment on a entendu tirer, mais ils ont dit : “C’est pour nous faire peur, continuez ! Continuez” ! »
A plusieurs reprises les personnes me racontant ce type d’expérience ont insisté sur le fait qu’ils étaient merveilleusement accueillis par les gens des quartiers concernés, et, également, que leur sécurité était remarquablement prise en charge.
Deux femmes qui avaient rejoint une manifestation au sortir de la mosquée à Berzé racontent :
« On était entourées d’hommes qui veillaient sur nous. On a marché longtemps avec eux. A un moment ils se sont rapprochés de nous, et nous ont indiqué une rue en disant que maintenant il valait mieux partir, ce qu’on a fait. »
Une de ces deux femmes, ayant rendu une autre visite de condoléances, toujours à Berzé, décrivait, admirative, le cordon de sécurité organisé par de très jeunes gens autour de la tente, et se chargeant d’annoncer l’arrivée des diverses délégations venues au nom des « tansiqiyat », les organisations révolutionnaires) de tout le pays.
Elle décrivit ensuite comment le même cordon organisait leur sortie, et comment elle vit, peu après, cinq bus de Chebbiha débouler là où, quelques instants auparavant, elle se trouvait.
Photo : capture d’écran d’une vidéo prise lors d’une manifestation à Douma, banlieue de Damas, le 3 août (Reuters)
Syrie : Slogans éculés et aube nouvelle
Le 23 mars, les forces syriennes de sécurité ont tué jusqu’à 20 manifestants pacifiques et en ont blessé beaucoup plus. Depuis, la violence a atteint un tel niveau de brutalité et de sauvagerie qu’elle ne peut être comparée qu’au tristement célèbre massacre commis par le régime dans la ville de Hama en 1982
A en croire la conseillère du président, Buthaina Shaaban, une des politiciennes les plus éloquentes du monde arabe, une campagne de réforme systématique est en cours d’exécution en Syrie. Elle laisse aussi entendre que si certaines exigences des manifestants sont légitimes, la crise a été en grande partie fabriquée à l’étranger et est maintenant mise en oeuvre dans le pays par des bandes armées qui veulent semer le chaos. Selon les autorités,le seul but des manifestants est de saper le leadership de la Syrie dans la région et dans l’ensemble du monde arabe.
Effectivement, la Syrie a défendu, du moins en paroles, la cause de la résistance arabe. Elle a accueilli les factions de la résistance palestinienne qui refusaient de suivre la ligne USA-Israël. Bien que ces factions n’utilisent pas Damas comme base de résistance violente contre Israël, elles y disposent d’ une plate-forme relativement libre à partir de laquelle elles peuvent communiquer leurs idées. Israël, qui cherche à détruire toutes les formes de résistance palestinienne, enrage devant cette tribune.
La Syrie a également soutenu le Hezbollah, groupe de la résistance libanaise, qui a réussi à sortir Israël du Liban en 2000 et a fait échouer les efforts israéliens visant à gagner du terrain politique et militaire au Liban en 2006. Cette narration démontre aussi comment sa logique survit à l’aide de preuves palpables des tentatives menées au grand jour ou clandestinement pour saper son leadership du front appelé réjectionniste. Ce front, qui a refusé de céder devant l’hégémonie USA-israélienne dans la région, s’est déjà considérablement rétréci après l’invasion de l’Irak, la défaite de la Libye devant les diktats occidentaux et la mise à l’écart du Soudan.
Qui plus est, le gouvernement israélien a été vraiment déçu quand les USA n’ont pas visé la Syrie pendant sa frénésie de changement de régime qui a suivi l’invasion de l’Irak en 2003. Après tout, les fidèles amis néoconservateurs d’Israël – Richard Perle, Douglas Feith et David Wurmser-avaient inclus la « prise en mains de la Syrie » comme objectif culminant dans leur document de politique de 1996.
Intitulé « Rupture nette : nouvelle stratégie pour sécuriser le Royaume », le document avait pour but d’aider Benjamin Netanyahu à se débarasser de ses ennemis régionaux. Le document disait : « Etant donné la nature du régime de Damas, il est normal et moral qu’Israël abandonne le slogan « paix globale » et agisse pour contenir la Syrie, en attirant l’attention sur son programme d’armes de destruction massive et en rejetant les négociations de « Paix contre la terre » concernant les Hauteurs du Golan. »
La Syrie est également tombée dans la ligne de mire USA-israélienne à plus d’une occasion. La frappe aérienne israélienne appelée « Opération Verger » avait reçu le feu vert des USA. Sa cible était un prétendu réacteur nucléaire dans la région de Deir ez-Zor et une attaque aérienne étasunienne contre un village syrien en octobre 2008 dans laquelle des civils syriens ont été blessés ou tués.
Bien que selon la version syrienne officielle ces événements devraient justifier à eux seuls la dure répression de l’armée contre ceux qui manifestent en faveur de la démocratie, ce raisonnement est invalidé par la longue histoire d’hypocrisie, de double langage, de brutalité et d’une volonté réelle, bien que discrète, d’accommoder les pressions et les diktats occidentaux.
L’occupation par Israël du plateau du Golan syrien en juin 1967 n’a pas simplement touché la dynamique du pouvoir régional, elle a également créé une nouvelle atmosphère politique à Damas.
Ce fut Hafez Al-Assad , père de l’actuel président Bachar, qui tira profit du changement d’atmosphère pour renverser le président Nur Al-Din Al-Atasi. La nouvelle narration a triomphé ; elle ne visait pas simplement à reprendre à Israël les territoires syriens et les autres territoires arabes occupés, mais elle faisait aussi du régime Baathiste d’al-Assad le dirigeant du nouveau front arabe. Bien que la guerre de 1973 n’ait pas réussi à libérer le Golan de ses envahisseurs, et qu’il ait abouti à un « accord de désengagement » avec Israël en mai 1974, le langage officiel est resté plus enflammé et révolutionnaire que jamais.
Bizarrement, pendant près de quatre décennies, l’implication de la Syrie dans le conflit est restée largement théorique et la résistance a été uniquement le fait de petits groupes libanais et palestiniens. Il semble que la Syrie voulait être impliquée dans la région uniquement dans la mesure où elle restait un acteur visible, mais pas au point d’être confrontée à des répercussions violentes.
Ce fut de la part de Hafez un coup de maître qu’il forgea pendant trois décennies et que Bachar a appliqué ingénieusement pendant près de 11 ans. Essentiellement toutefois, la Syrie restait asservie au contexte de la famille au pouvoir, à la règle du parti unique et au classement sectaire remontant à l’occupation coloniale française en 1922.
Il est vrai que la Syrie a été et restera une cible pour les pressions occidentales. Mais il faut se rendre compte que ces pressions sont dictées par des politiques concernant uniquement Israël et qu’elles ne se préoccupent pas d’une dictature aux mains d’une famille qui assassine ouvertement des civils innocents de sang-froid.
En fait, il y a beaucoup de similitudes dans le comportement de l’armée syrienne et de l’armée israélienne. Le nombre de victimes de la rébellion en Syrie serait de 1600 morts et de 2000 blessés (Al-Jazeera, 27 juillet) et de près de 3000 disparus (CNN, 28 juillet).
Malheureusement, cette violence n’est pas récente et on ne peut pas dire qu’elle soit due à la crainte d’une conspiration internationale visant à saper le régime du Baath. Le soulèvement de Hama 1982, dont on évalue le nombre de victimes à entre 10.000 et 40.000, a été écrasé avec autant de violence si pas davantage.
Le régime syrien confond délibérément les narrations régionales avec la narration nationale et continue à exploiter un discours vieux de plusieurs dizaines d’années pour expliquer la manière inhumaine dont il traite les Syriens. Les civils continuent à subir la colère d’une seule famille soutenue par un seul parti politique.
Mais il n’y a qu’une manière de lire l’avenir de la Syrie. Le peuple syrien mérite une aube nouvelle de liberté, d’égalité, de justice sociale à l’abri de slogans creux, d’élites égoïstes et de criminels corrompus. Le peuple syrien mérite beaucoup mieux.

Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est un journaliste international et le directeur du site PalestineChronicle.com. Son dernier livre, Mon père était un combattant de la liberté : L’histoire vraie de Gaza (Pluto Press, London), peut être acheté sur Amazon.com.
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P.S 2 août 2011 – Cet article peut être consulté ici :
http://www.ramzybaroud.net/articles…
Traduction : Anne-Marie Goossens
source : info-palesstine.net
