On tue en Syrie et personne n’ose bouger
Amère Syrie. Monstrueuse dictature qui tire sur son peuple. Que veut celui-ci ? La liberté ! En réponse, le régime n’hésite pas à perpétrer des massacres. « Ils ont tiré sur les gens depuis des hélicoptères, ils tiraient au hasard », déclarait par exemple mardi un témoin après avoir passé la frontière turque, non loin de Jisr al-Choughour, la ville où il avait vu la mort de près.
Au début de ce qu’on appelle désormais « le printemps arabe », Bachar el-Assad, le despote local, avait cru pouvoir déclarer – c’était au Wall Street Journal, le 31 janvier – que son pays resterait stable, parce que lui écoutait la rue. Naïveté ou cynisme ?
Sans doute pensait-il ce qu’il disait. L’homme était populaire dans certains milieux. Les réformes qu’il avait annoncées en succédant à son père en 2000 se faisaient sans doute attendre, mais beaucoup y croyaient, se félicitaient de timides débuts d’ouverture.
Mais le « système » syrien est rétif aux réformes. Elles incarnent la fin des privilèges, des passe-droits, de la prédation économique. Voire, à plus long terme, et si la démocratie devait prévaloir, l’inquiétant horizon qui consisterait à devoir un jour rendre des comptes. Pour les larcins, mais aussi pour les mille et une violations des droits humains qui font que, en Syrie, un citoyen n’existe pas, il n’est qu’un sous-être qui doit filer doux et se taire, ou risquer la torture, l’emprisonnement, la mort…
Cet univers totalitaire qui fait de la peur aux tripes une lancinante compagne s’est doublé, depuis plusieurs semaines, d’une répression généralisée, où les morts par balles ne se comptent plus.
Et la communauté internationale ? Elle regarde le sol. Personne n’ose bouger. La Syrie voisine l’Irak, le Liban, Israël, la Turquie, et est l’alliée de l’Iran. La peur de l’inconnu. Du vide.
Alors on adopte juste des sanctions. Qui ne menacent pas le régime. L’ONU renâcle. Paris et Londres proposent une résolution « condamnant la répression et exigeant des comptes ainsi qu’une action humanitaire ». Mais Moscou risque de mettre son veto.
En Syrie, pendant ce temps, on tire sur la foule. Encore et toujours. Seule une mutinerie générale de l’armée pourrait interrompre le massacre. Ou provoquer une guerre civile. Amère Syrie, décidément.
Manif de soutien à la révolution syrienne
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Les forces de sécurité syrienne continuent de massacrer, chaque jour, des civils et des manifestants désarmés et pacifiques.
A Jisr al-Choughour, dans le nord-ouest du pays, des policiers et des soldats ont tenté de protéger les manifestants.
Les agents des forces de sécurité les ont abattus.
Nous demandons à la Communauté internationale et à la Communauté Européenne en particulier
de prendre toutes les mesures possibles pour faire pression et condamner le régime et ses atrocités.
En solidarité avec les manifestants pacifiques en Syrie,
manifestation
ce mercredi 8 juin, de 13h à 14h30,
Au rond point Schuman
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Le régime syrien doit céder la place… et tout de suite !
dimanche 5 juin 2011 – 14h:29
Khalid Amayreh – MEM
Il y a quelques semaines, Hamza al Khatib, un garçon vif et doux de Dira’a a été enlevé à son domicile par des voyous appartenant aux Shabbiha [mercenaires] du régime – ou escadrons de la mort – pour avoir prétendument participé à une manifestation contre le régime.
Quelques jours plus tard, son corps criblé de balles et portant des marques indescriptibles de tortures de toutes sortes, a été remis à sa famille.
Selon des témoins oculaires et des militants d’organisations de défense des droits de l’homme qui ont examiné le corps, les agents du régime ont également coupé l’organe sexuel de l’enfant avant de restituer le corps pour l’enterrement.
Azmi Bishara, intellectuel arabe et commentateur d’actualités fait remarquer à propos de cela que seuls des animaux humains ont pu être capables de commettre un tel crime.
S’exprimant sur Al-Jazeera, Bishara a déclaré que, dans ce cas au moins, l’affaire est pire que la torture classique qui vise à punir et à dissuader. « C’est du sadisme pur et simple. C’est même un sadisme dans ses formes les plus barbares. »
Mais Hamza al Khatib n’est pas un cas isolé, victime de la brutalité policière. Au contraire, il incarne la pure barbarie et l’instinct cannibale avec lesquels le régime de Bachar El-Assad traite systématiquement les citoyens syriens, en particulier ceux qui exigent des réformes politiques.
Il n’y a absolument aucun doute que le régime syrien est en train de commettre de véritables crimes contre l’humanité et contre le peuple syrien. Que peut-on dire d’un régime qui ordonne à ses soldats de tirer sur des manifestants pacifiques avec des auto-mitrailleuses, et même sur des enfants ? Et si les soldats montrent une quelconque réticence, ils sont sommairement exécutés pour avoir désobéi aux ordres.
Ensuite, bien sûr, la machine à mensonges du régime prétendra que les soldats ont été tués par des éléments infiltrés et salafistes, et ce que vous voudrez !
Il est évident que ce régime a perdu sa légitimité et doit être chassé le plus tôt possible. Sinon, il est fort probable que des massacres d’une plus grande ampleur, tels que celui de Srebrenica ou pire encore, auront lieu dans toute la Syrie si le monde continue de montrer de l’indécision à l’égard de ce régime manifestement criminel.
Jusqu’à présent, plus de mille citoyens syriens ont été impitoyablement massacrés ou torturés à mort entre les mains des diverses machines à tuer du régime.
Dans de nombreuses villes syriennes, les fournitures en électricité ont été coupées comme punition collective pour avoir exigé la liberté. Les approvisionnements alimentaires ont également été fortement réduits pour la même raison. Tout ceci en plus de l’arrêt de tous les téléphones cellulaires et de la communication Internet, apparemment pour empêcher les militants pro-liberté de communiquer et de révéler au monde extérieur la brutalité et la criminalité du régime.
Je ne suis pas vraiment enclin à commenter ou essayer de réfuter la pléthore de mensonges disséminés par le régime de Damas pour tenter de justifier sa violence et son sadisme – à dresser les cheveux sur la tête – contre ses propres citoyens. En dernière analyse, un régime qui viole ses femmes, ses enfants et tue sans discrimination des manifestants pacifiques avec des balles ne peut être considéré comme digne de confiance et disant la vérité.
Il serait même plus que naïf d’écouter ce que ce régime a à dire sur ce qui se passe en Syrie. Les criminels, les tueurs d’enfants et les menteurs obscènes ne doivent pas avoir le moindre podium pour assassiner la vérité après avoir assassiné leurs innocentes victimes.
Il est vraiment lamentable que la grande majorité des Etats arabes gardent le silence sur les massacres génocidaires en Syrie. Pour ces dirigeants arabes, on est amené à dire : « Qu’attendez-vous ? Que le régime sectaire en finisse avec le peuple de Syrie ? »
La décision prise récemment par le gouvernement turc de geler les relations avec le régime syrien est louable. Toutefois, la Turquie devrait faire davantage pour aider ses frères et sœurs au sud. La Turquie devrait sans aucun doute prendre des mesures plus fortes pour arrêter les massacres en Syrie. Les femmes syriennes, dont les frères, les fils et les maris sont assassinés par les égorgeurs du régime, ont cruellement besoin d’aide. Si leurs frères turcs n’entendent ni n’écoutent les cris de ces femmes en détresse, qui le fera ? Mouammar Kadhafi ?
Par ailleurs, la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un pays n’est pas et ne doit jamais signifier regarder le régime dans ce pays massacrer tranquillement son propre peuple.
Maintenant, un dernier mot de réprimande à la fois pour l’Iran et pour le Hezbollah. Vous êtes les soutiens du régime meurtrier de Bachar El-Assad, pour des raisons sectaires, égoïstes et contraires à l’éthique, et, ce faisant, vous attirez sur vous l’incrédulité, la consternation et l’hostilité de centaines de millions d’Arabes et de Musulmans qui n’ont jamais manqué de se placer à vos côtés. Ne vous aliénez pas des centaines de Musulmans sunnites à travers le monde pour l’amour d’un régime sans Dieu qui est dépourvu d’humanité, de moralité et de toute ombre de décence islamique.
Vous devez immédiatement prendre vos distances de cette junte criminelle et barbare qui est véritablement un stigmate de honte sur la conscience des chiites du monde entier.
Ce régime a commis tous ces crimes en votre nom. Ne leur permettez pas de ternir l’image de votre glorieux passé. Faites-le maintenant, sinon demain pourrait être trop tard.
Rappelez-vous le verset coranique : « Ne cherchez pas alliance avec les oppresseurs, de peur que le feu ne tombe sur vous. »
Syrie-Bruxelles : parodie de manifestation
pour information
Des agents payés par le réseau des services de sécurité syro iraniens ont parodié
les manifestations de l’opposition syrienne à Bruxelles.
Avec drapeaux, calicots, musique et slogans, même le lieu choisi est loin d’être innocent,
puisque les marches de La Bourse à Bruxelles est le lieu de rassemblement de l’opposition syrienne.
Payé chacun 250 €, ces quelques Syriens, mais surtout des Libanais,
des Iraniens et Irakiens ont répété mollement les slogans criés par quelques meneurs.
Le Comité syrien en Belgique pour soutenir la révolution syrienne s’étonne que quelques media,
dont la télévision belge, aient couvert l’évènement,
aucun media ne couvrant les manifestations, pourtant hebdomadaires, de l’opposition.
Quelques-uns de ces agents ont même tentés, ce samedi 4 juin, de perturber la conférence tenue par l’opposition syrienne à Bruxelles.
Quelques 25 personnes, 6 Syriens, 13 Libanais, 4 ou 5 Iraniens et 1 Irakien,
tous payés, sont venus narguer les participants à la conférence avec des photos du président Bachar Al Assad
et 2 calicots pro régime.
La police a dû appeler des renforts afin de les disperser.
Un pas vers la démocratie
Cette conférence a réuni quelques 200 personnes venues d’Europe, d’Amérique du Nord et du Moyen Orient.
Elle n’est qu’un pas sur la route, qui risque d’être longue, de la démocratie en Syrie. Trois sous-groupes ont été formés avec pour thèmes :
La politique,
Les droits humains,
Les media.
Le dialogue « proposé » par le régime n’est pas crédible puisque les tueries et la répression continuent dans le pays.
La proposition vient beaucoup trop tard de toute façon.
Il est absolument clair que les gens en Syrie ne veulent plus de ce régime,
sourd à ses demandes, et de toutes ses violences.
Les participants à la conférence soutiennent les demandes du peuple syrien.
Pour le Comité syrien en Belgique pour soutenir la révolution syrienne
Bernadette van Zuylen
Le souvenir de la naksa enflamme le Golan 6 juin 2011
Lors de la commémoration de la naksa, la défaite arabe de juin 1967, des centaines de protestataires palestiniens et syriens ont tenté de franchir hier une première barrière de barbelés avant un champ de mines, tout près de la ville de Majdal Chams, dans la partie occupée du Golan.
L’armée israélienne leur a tiré dessus, faisant 20 tués et 325 blessés. Nir Élias/Reuters • L’armée israélienne tire sur des manifestants : 20 morts • Au Liban, les camps commémorent la défaite de 67 dans le calme •
L’État hébreu accuse Damas de « provocation » pour détourner l’attention de la répression en Syrie L’armée israélienne a tiré hier sur des manifestants palestiniens et syriens qui tentaient de pénétrer sur le plateau du Golan occupé, lors de l’anniversaire de la naksa, la défaite arabe de juin 1967.
Des centaines de protestataires, agitant des drapeaux palestiniens et syriens, ont tenté de franchir une première barrière de barbelés avant un champ de mines, tout près de la ville de Majdal Chams, dans la partie occupée du Golan.
Contrairement aux commémorations de la nakba (catastrophe) palestinienne le 15 mai, aucun manifestant n’a réussi à franchir la ligne de cessez-le-feu et le porte-parole de l’armée, Yoav Mordechai, a annoncé que la situation était « sous contrôle ».
Dans la soirée, plusieurs centaines de jeunes de Majdal Chams, le chef-lieu des localités druzes du Golan, ont attaqué à coups de pierres les forces israéliennes déployées pour contenir les manifestants massés du côté syrien du plateau.
Ces heurts ont éclaté quand des nuages de gaz lacrymogènes tirés en direction de la Syrie se sont répandus dans le bourg de Majdal Chams. Du côté syrien de la clôture frontalière, des protestataires sont restés sur place, à l’abri d’un fossé, et ont allumé des feux de camp. Par ailleurs, des jeunes Palestiniens et Syriens ont lancé un sit-in dans la ville de Kuneitra, vers où affluaient des milliers de personnes, selon la télévision syrienne.
Vingt personnes ont été tuées et 325 autres ont été blessées par les tirs israéliens, a ajouté la télévision. Un médecin de Kuneitra, dans la partie non occupée du Golan, Ali Kanaane, a précisé à l’agence SANA que les tués avaient été « touchés par balles dans la tête et la poitrine ».
Un porte-parole de l’armée israélienne a assuré que les militaires n’avaient « pas eu d’autre choix que d’ouvrir le feu en direction des pieds des manifestants afin de les dissuader », plusieurs dizaines d’entre eux ayant ignoré les avertissements verbaux et les coups de semonce.
Un correspondant de presse à Majdal Chams a vu une vingtaine de manifestants blessés, certains ensanglantés, évacués du côté syrien, l’armée israélienne dénombrant 12 victimes. Comme le 15 mai, l’armée israélienne a accusé Damas de « provocation » pour détourner l’attention de la sanglante répression des manifestations contre le régime, faisant état de projectiles lancés par les manifestants mais pas d’armes de guerre en leur possession.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé des « éléments extrémistes » qui « s’évertuent à forcer nos frontières, menaçant nos communautés et nos citoyens ». Les manifestations ne se sont pas limitées au Golan syrien, rassemblant des centaines de personnes dans les territoires palestiniens.
Le 15 mai, lors de l’anniversaire de la nakba, l’exode de centaines de milliers de Palestiniens avec la création de l’État d’Israël en 1948, des centaines de manifestants étaient parvenus à traverser la clôture pour atteindre Majdal Chams. Quatre avaient été tués par l’armée israélienne. Six autres manifestants avaient été tués à la frontière libanaise.
Les États-Unis ont vivement réagi à la suite de ces nouvelles violences sur le Golan. « Nous sommes profondément inquiets des événements qui ont eu lieu aujourd’hui sur le plateau du Golan et qui se sont traduits par des morts et des blessés », a déclaré hier soir le département d’État. « Nous appelons toutes les parties à la retenue.
Des actes de provocation comme ceux-ci doivent être évités », a ajouté le département d’État, qui a souligné « qu’Israël, comme tous les États souverains, a le droit de se défendre ». (Source : AFP)
L’immense courage des Syriens
Comme tous les vendredis, depuis le 15 mars, des milliers de Syriens vont descendre aujourd’hui dans les rues pour manifester leur hostilité au régime de Bachar al-Assad. En sortant de chez eux ce matin, ils ne savent pas s’ils reviendront ce soir. La plupart laissent leur téléphone portable à la maison, pour ne pas être repérés par la police. Ce n’est pas un réseau qui se soulève, c’est tout un peuple. Lucide. Les jeunes Syriens savent parfaitement les horreurs dont ce régime est capable. Leur courage n’en est que plus grand et plus émouvant.
Des horreurs, en quarante-huit ans d’état d’urgence, les Syriens n’en ont que trop vu. Derrière le quotidien d’une surveillance policière systématique, d’authentiques massacres ont été perpétrés. En février 1982, notamment, à Hama, dans l’ouest du pays. Un soulèvement y fut réprimé dans le sang, à coups de chars et d’artillerie. Aucun bilan précis n’existe, mais le chiffre de 15 000 morts est considéré unanimement comme une estimation basse.
Depuis les premiers soulèvements, le spectre d’Hama hante tous les esprits. Lorsque les habitants des villages situés entre la ville de Deraa et la frontière israélienne ont vu, fin avril, des chars arriver de Damas, ils ont, un instant, pensé qu’ils se dirigeaient vers le Golan, vers l’ennemi. Lorsqu’ils ont compris que le régime les avaient envoyés contre eux, pour rétablir l’ordre, le souvenir de Hama a immédiatement affleuré.
En dix semaines, plus de 1 100 manifestants auraient été tués et 10 000 arrêtés. Cela n’a pas stoppé le mouvement. À chaque manifestation, des tireurs d’élite placés sur les hauteurs tirent sans sommation. Prenant pour cible y compris des enfants. Les images du corps mutilé d’un adolescent de 13 ans, torturé fin avril près de Deraa, circulent depuis quelques jours sur Internet et ont été brandies hier lors de nouvelles manifestations meurtrières. Elles donnent la mesure de la répression en cours.
On disait Bachar plus libéral que son père Hafez. Jusqu’en janvier, de nombreux Syriens voulaient encore le croire. Les violences en cours démentent cet espoir. L’amnistie décrétée mardi, suivie hier de la libération de centaines de prisonniers politiques, arrive bien tard. Trop tard sans doute. Car plus personne ne croit à la volonté réformatrice du régime.
Depuis des décennies, la dynastie Assad invoque le facteur de stabilité pour justifier sa permanence. Stabilité intérieure, dans un pays composite et multiconfessionnel. L’après-Assad fait d’ailleurs peur aux minorités, notamment chrétienne, qui redoutent un scénario à l’irakienne. Stabilité régionale, la Syrie étant frontalière de l’Iran, de l’Irak, de la Turquie, du Liban, d’Israël.
Au nom de cette stabilité, Paris et Washington ont tout fait pour renouer avec Damas. En vain. Tristement inutile, la présence d’Assad au défilé du 14 juillet 2008 à Paris n’a pas gommé les réflexes tortionnaires de ses milices. On peut penser que les sanctions internationales n’auront pas plus d’effet. C’est des forces d’opposition, réunies actuellement en Turquie, qu’une alternative politique peut venir.
Car une intervention militaire, comme en Libye, est exclue. Ce serait ouvrir la boîte de Pandore. Elle est même impensable, compte tenu du véto russe. Les Syriens le savent et comptent sur leurs propres forces. Ils espèrent que l’armée va finir par craquer. Deux cents soldats auraient été abattus pour avoir refusé de tirer sur la foule. Le signe d’un régime aux abois.