« Le pitoyable et déshumanisé Michel Collon a manqué de respect hier à toute l’humanité souffrante »


Qui peut encore croire à la sincérité de Frédéric Taddeï sachant que Michel Collon ne produit pas un travail de journaliste? C’est Taddeï qui a popularisé dans l’espace télévisuel francophone des employés du système de désinformation de l’axe KGB-Iran-Hezbollah-Assad: Alain Soral, Michel Collon, Bassam Tahhan… des conspirationnistes, diffuseurs francophones de propagande de guerre, haine, et désinformation, des provocateurs radicaux… et de nombreux idiots utiles et opportunistes démagogues qu’il serait contre-productif de citer ici.

 

France2 assure sa part d’audience pour le vendredi soir, en dégueulant sur des luttes menées par d’autres, et participant à leur isolement médiatique: Le titre malhonnête de l’émission d’hier  » Capitalisme et guerre en Syrie  » annonce la couleur du discours propagandiste. Ce hors sujet ne concernera que les pro-Assad: ceux qui s’assument ou qui s’ignorent.

 

L’émission a réalisé quelques montages qui mettent en doute la réalité chimique de l’attaque du 21 août et la culpabilité d’Assad, et cite notamment les fumeuses « photos satellites russes » annoncées par Thierry Meyssan le 22 août sur les chaines satellites iraniennes en français. Dans l’émission de Taddeï, c’est un manifestant britannique qui annonce la désinformation en anglais (les photos russes), re-traduite en français pour nos besoins: faire croire qu’il s’agit d’une information crédible. Le montage montre le révisionniste Jean-Luc Mélenchon: Qui se trouve mieux depuis qu’on [la France] a tout cassé en Libye? –

 

Ce sont les mercenaires et les loyalistes de Kadhafi qui ont tout cassé en Libye, la révolution c’était les civils qui se défendent, la coalition internationale était l’OTAN au service de la révolution. Seuls des ultra-conservateurs sont incapables de comprendre un concept aussi simple que la liberté, et les corrompus. Ce sont les libyens qui dénonçaient les bombardements kadhafistes tout au long de la libération: je le sais pour avoir diffusé des milliers de LEURS tweets et statuts Facebook. La Méluche préférait la désinformation kadhafiste élaborée pour l’étranger depuis Damas, Téhéran et Moscou, par la pire racaille propagandiste depuis le pacte germano-soviétique. Pour interroger les libyens sur les responsables des destructions dans leur pays, suivez ce lien et posez leur la question, ou celui-ci.

 

Sur « la guerre de Libye », évitez absolument les pages en français et en serbe! Mélenchistes et autres reliques de la Jamahiriya kadhafiste au troisième millénaire, pourront poster cette lettre type aux libyens: « Dear Al Qaïda, I’m a French so-called anti-imperialist, and I would like to know who « broke everything » in Libya in 2011? French army or pro-Gaddafi forces? thank you ».

 

la suite ici: source

Londres aurait autorisé la vente de substances chimiques à la Syrie en 2012


Le Monde.fr | 03.09.2013 à 02h08 • Mis à jour le 03.09.2013 à 09h56

Le quotidien britannique The Independent a révélé que le gouvernement britannique a autorisé une entreprise, le 17 janvier 2012, à livrer à la Syrie du fluorure de sodium et de potassium. Il s’agit de substances chimiques pouvant servir à créer des agents neurotoxiques similaires au sarin, du gaz que le régime de Damas aurait utilisé contre la population syrienne.

Le ministre du commerce, Vince Cable, a reconnu dans une lettre écrite l’année dernière, mais publiée seulement maintenant, que cette autorisation était restée valable pendant six mois. Mais les livraisons n’avaient en fin de compte pas été finalisées. Le ministère précise toutefois que « ces agents chimiques étaient destinés à une utilisation civile ».

Le journal ajoute lui que « les services de renseignement occidentaux soupçonnent depuis longtemps le régime syrien d’utiliser des entreprises fantômes pour justifier l’importation de composants pouvant être utilisés dans des armes ».

LA SUISSE APPROCHÉE QUATORZE FOIS EN QUINZE ANS

C’est d’ailleurs ce qu’a révélé la Suisse lundi. Le régime de Damas aurait tenté d’approcher des fabricants suisses par le biais de sociétés écrans, avant que Berne ne soit alerté de la manœuvre par « un pays partenaire ». Le gouvernement suisse a précisé avoir rejeté à quatorze reprises l’exportation de matériel sensible à destination de Damas lors des quinze dernières années.

Selon une porte-parole du secrétariat d’Etat à l’économie, le matériel en question – une pompe à vide, des valves et un bioréacteur – aurait pu permettre de mettre au point des armes de destruction massive. « Il y avait des raisons de [le] croire », a-t-elle précisé. L’Union européenne a interdit, le 17 juin 2012, l’exportation de composants chimiques vers la Syrie.

Lire aussi : « Syrie : l’enquête du ‘Monde’ au cœur de la guerre »

Syrie: l’attaque chimique provenait de zones tenues par le régime


MONDE | Mis à jour le lundi 2 septembre 2013 à 21h30

Le président syrien Bachar al-Assad a mis en garde lundi contre le risque d’une « guerre régionale » en cas d’action militaire occidentale, alors que Washington et Paris tentent de convaincre leurs opinions de la nécessité de frapper le régime syrien. Selon une source française, des documents permettent d’affirmer que l’attaque chimique provenait de zones tenues par le régime.

« Le Moyen-Orient est un baril de poudre et le feu s’en approche aujourd’hui (…) Tout le monde perdra le contrôle de la situation lorsque le baril de poudre explosera. Le chaos et l’extrémisme se répandront. Le risque d’une guerre régionale existe« , a déclaré le président syrien au journal Le Figaro.

Alors que Paris est en première ligne au côté de Washington pour mener une riposte, le président Assad a mis en garde contre une « politique hostile au peuple syrien« .

La France menacée

« Le peuple français n’est pas notre ennemi, mais (…) dans la mesure où la politique de l’Etat français est hostile au peuple syrien, cet Etat sera son ennemi« . »Il y a aura des répercussions, négatives bien entendu, sur les intérêts de la France« , a-t-il menacé.

Le président François Hollande s’est déclaré la semaine dernière « déterminé » à frapper le régime de Damas, accusé d’avoir utilisé des armes chimiques le 21 août, une attaque qui a fait « au moins 281 morts » selon Paris. Il s’agit d’informations des services de renseignement français rendues publiques lundi par le gouvernement. Cette attaque était « massive. Nous, nous identifions au moins 281 décès« , a-t-on précisé de source gouvernementale française. Cette évaluation est bien inférieure à celle livrée par les Etats-Unis qui avaient estimé vendredi à 1.429 morts dont 426 enfants le bilan de cette attaque.

La France dit avoir identifié l’origine de l’attaque

Sous couvert de l’anonymat, une source gouvernementale française sur la base d’un document des services de renseignement assure que l’attaque chimique du 21 août près de Damas est partie de zones tenues par le régime de Bachar el-Assad vers des quartiers rebelles: « L’imagerie montre que les zones de départ des roquettes étaient tenues par le régime et que les zones de frappes étaient tenues par les rebelles« , a déclaré cette source. La note des services de renseignement diffusée lundi par le gouvernement évoque « un emploi massif et coordonné d’agents chimiques contre la population civile le 21 août« , « sur la base d’une analyse technique méthodique de 47 vidéos originales« .

Aux Etats-Unis, Barack Obama, qui s’est dit prêt samedi à frapper le régime syrien mais a demandé un vote du Congrès, multiplie les appels téléphoniques à destination de membres de la Chambre des représentants et du Sénat pour tenter de convaincre les élus, qui doivent se prononcer dans la semaine du 9 septembre.

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lire aussi

Agnès-Mariam de la Croix est en tournée de propagande en Israël: une VRP des relations publiques du régime Assad.


2013/09/02

AgnesMariamDeLaCroix-13Memorial98:

Avis aux complotistes: La Mère Agnès-Mariam de la Croix est en tournée de propagande en Israël: la presse israélienne annonce cette visite de la religieuse qui constitue une des principales cartes des relations publiques du régime syrien (http://www.haaretz.co.il/magazine/twilightzone/.premium-1.2110268).

Le régime Assad a envoyé sa porte-parole chargée de dénoncer les « menaces djihadistes » et de nier les massacres commis par le régime. Nous avions déjà rendu-compte de l’organisation d’une conférence de la même propagandiste à Paris par une organisation liée à la droite radicale israélienne. Parallèlement le père Paolo Dall’Oglio qui vit en Syrie et soutient la rébellion est toujours porté disparu, enlevé sans doutes par les services secrets du régime. Les complotistes et autres tenant de l’ extrême-droite soutenant Assad, qui ne cessent de mettre en avant une prétendue alliance entre la rébellion syrienne, Israël et Al-Qaida (sic!) doivent réviser d’urgence leur éléments de langage fournis directement par Damas; voir:

http://memorial98.over-blog.com/article-quand-une-association-france-israel-soutient-le-regime-syrien-116283794.html

Armes chimiques : la note des renseignements français


DOCUMENT EXCLUSIF – Un document de quatre pages, qui expose clairement l’étendue du programme d’armement chimique syrien, a été remis aux plus hautes autorités de l’État afin que son contenu soit déclassifié et rendu public. Cette synthèse établie par la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) et la DRM (Direction du renseignement militaire) représente des milliers d’heures de travail réalisé par les agents français. Voici la note que le JDD s’est procurée.

voir ici  le document

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Sur la Syrie, ne pas se tromper de combat


Oui, le scepticisme des opinions publiques est réel. Oui, la Syrie est un théâtre d’opérations complexe. Oui, le scénario de l’après-riposte est opaque. Mais après les attaques chimiques de la fin août, ne rien faire serait la pire des solutions.

Une victime des attaques chimiques près de Damas, le 21 août 2013. REUTERS/Bassam Khabieh.

– Une victime des attaques chimiques près de Damas, le 21 août 2013. REUTERS/Bassam Khabieh. –

Si le Congrès américain l’autorise, il y aura, de la part des Etats Unis, avec à leur coté la France, l’Arabie saoudite et la Turquie, des représailles sous forme de frappes aériennes contre la Syrie de Bachar el-Assad, coupable à leurs yeux d’avoir utilisé des armes chimiques contre des populations civiles.

Les questions soulevées sont multiples: légalité et légitimité de ces frappes éventuelles compte tenu du blocage du Conseil de sécurité des Nations Unies; rôle et influence de ce que l’on dénomme l’Occident; incidence du refus britannique et du scepticisme des opinions, au sein desquelles la crainte l’emporte sur l’indignation; jeu mortifère de la Russie de Poutine; sort des batailles qui déchirent le monde arabe. La liste n’est pas limitative.

Mais, à l’allonger, on court le risque de perdre de vue l’essentiel: l’usage d’armes chimiques contre des populations innocentes. Ces armes que leur utilisation avait conduit à bannir au nom d’une loi internationale encore balbutiante, dès le lendemain de la Première Guerre mondiale. Le gazage d’une population civile est, en outre, un crime de nature particulière qui doit rester hors-la-loi. Ne rien faire serait donc accepter la banalisation de son usage, remis au goût de l’horreur par Bachar el-Assad.

Ce qui frappe le plus toutefois, c’est bien le scepticisme, voire l’hostilité d’une large fraction de l’opinion européenne, opposée à toute action militaire. Sauf que l’opinion se trompe. Elle croit, comme en Grande-Bretagne, où ce réflexe est particulièrement accusé, assister à un remake de l’Irak. Le prix à payer, du fait des folies de George W. Bush, est ainsi très élevé et risque de l’être pour longtemps. Fondé sur le mensonge des armes de destructions massives, l’expédition d’Irak, désastre stratégique, est la source principale de cette méfiance généralisée.

Or, l’Irak n’est pas la bonne comparaison. Plus pertinente serait l’analogie avec le Kosovo: c’est-à-dire une campagne de frappes aériennes déclenchée sous l’égide de l’Otan et non des Nations Unies, qui avait obligé les Serbes à se retirer. Et il n’a pas été indifférent que Milosevic ait été mis au banc de la communauté internationale: cela a aidé à la résolution politique du conflit.

A l’époque, Bill Clinton avait invoqué, à l’appui de cette campagne aérienne qui avait duré deux mois et demi, la nécessité d’éviter qu’il y ait cent mille morts au Kosovo. En Syrie, les cent mille morts sont déjà là. Force est de constater que ceux qui auraient voulu empêcher le massacre ont deux ans de retard…

Limites du précédent du Kosovo

La décision de Barack Obama de n’agir qu’après un vote formel du Congrès répond en tous cas à ce scepticisme ambiant. Le président américain cherche à se prémunir contre ce qu’il avait subi lors des opérations libyennes: les Etats-Unis avaient fortement appuyé l’initiative franco-britannique avant de faire marche arrière sous la pression du Congrès. Barack Obama cherche aussi à compenser la tiédeur de beaucoup de pays, dont la Grande-Bretagne, par une réaffirmation de légitimité intérieure. Reste à savoir quelles conditions mettra le Congrès à l’intervention demandée par le président américain.

Précisément, le précédent du Kosovo, invoqué par Obama, souligne les limites de ce qui est envisagé, à savoir des frappes aériennes limitées et brèves, de ce fait destinées à n’avoir qu’une portée symbolique. Or, pour qu’une telle opération soit utile, il faudrait qu’elle ait un objectif politique. Et surtout, il faudrait que soit envisagé «l’après».

Dans la période récente, la France et la Grande-Bretagne, aidées des Etats Unis, sont intervenues en Libye. L’opération militaire a réussi et avait atteint son but avec la chute de Kadhafi. Mais «l’après» n’ayant été ni pensé, ni organisé, ni accompagné, la France a du reprendre les armes au Mali, où s’étaient déplacés et déployés hommes et armes djihadistes venus de Libye.

La Syrie est bien sûr un théâtre d’opérations plus complexe. Une bonne part de la réticence des opinions vient d’ailleurs du fait que les oppositions syriennes, un peu comme l’avaient été les oppositions tchéchènes, ont été pénétrées par des djihadistes proches d’al-Qaida. Ce fait est avéré.

Cela rend particulièrement difficile d’aider le Conseil national syrien. Mais on oublie un peu vite que Bachar el-Assad est si fort parce qu’il est aidé de pasdarans iraniens et de miliciens du Hezbollah, lesquels, en matière d’extrémisme, n’ont rien à envier aux djihadistes qui le combattent.

Au reste, l’énoncé de cette complexité suffit à expliquer une part non négligeable de l’hostilité ambiante à toute intervention. En substance, la réaction est celle-ci: pourquoi ne pas les laisser s’entretuer sans nous en mêler? Ce que Jean-Pierre Chevènement exprime lorsqu’il explique qu’il ne faut pas entrer dans cette «guerre de religion». Un autre motif d’hostilité, explicité cette fois par François Bayrou, tient à la sensibilité chrétienne qui, sur place, a pris fait et cause pour Bachar el-Assad.

Un scénario d’après-riposte opaque

Le contexte international rend aussi opaque le scénario de l’après-riposte. Face aux Etats-Unis, en effet, s’est constitué un axe Russie/Iran/Syrie qui paraît aujourd’hui victorieux. Face à cet axe, Barack Obama a paru pusillanime, sans autre option que des protestations verbales, au point d’avoir tracé il y a un an une «ligne rouge», l’usage d’armes chimiques, laquelle avait été déjà franchie sans être sanctionnée.

Il y a deux ans, au commencement de ce qui était alors une protestation démocratique et à dominante laïque, Barack Obama avait refusé de s’engager là où la solution d’une no fly zone, suggérée par ceux qui voulaient prévenir un bain de sang, eût été préférable aux atermoiements du gouvernement américain. Il est vrai qu’Obama a rappelé lui-même qu’il avait été élu pour mettre fin à deux guerres, en Irak et en Afghanistan, et qu’il lui était donc particulièrement difficile d’envisager des actions militaires.

Le prix à payer est ici une perte de crédibilité qui ne peut qu’encourager l’Iran dans son propre programme nucléaire. Ce n’est pas là le moindre enjeu de cette guerre civile syrienne qu’avec l’usage des gaz Bachar el-Assad aura réussi à internationaliser. En tous cas, au point où nous en sommes, comme le dit Hubert Védrine, «la pire des solutions serait de ne rien faire».

S’agissant plus spécifiquement de la France et de la Grande-Bretagne, pays qui ont été, non pas suivistes à l’égard des Etats-Unis, mais bel et bien en pointe dans l’alerte comme dans l’initiative diplomatique (c’est la France qui, la première, a reconnu le Conseil national syrien), il se produit un curieux chassé-croisé. L’éditorial du Financial Times l’exprime sans ambages en écrivant, en substance, que lorsque la France est prête à l’usage de la force contre un dictateur meurtrier, et que la Grande-Bretagne ne l’est pas, il est difficile de ne pas craindre pour le futur de la Grande-Bretagne en tant qu’«acteur global». La tonalité, en Grande-Bretagne, est d’ailleurs d’expliquer que la décision des députés britanniques de refuser à leur gouvernement une action militaire «réduit la taille de la nation».

On est là sans doute au cœur de la réaction à l’événement d’un François Hollande qui est, à juste titre, hanté par la crainte du déclin. Ne place-t-il pas constamment la politique de désendettement sous l’obligation, pour la France, de recouvrer «sa souveraineté»? C’est pourquoi, du Mali à la Syrie, il n’hésite pas à se placer en avant, persuadé, comme François Mitterrand, qu’il entre dans le mandat qu’il a reçu de faire en sorte que «la France puisse tenir son rang».

 

Jean-Marie Colombani

L’AUTEUR Jean-Marie Colombani est un des fondateurs de Slate.fr. Journaliste et essayiste, il a été directeur du journal Le Monde de 1994 à 2007. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Un Américain à Paris et J’adopte: journal.

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Les éventuels scénarios d’une opération militaire en Syrie


LE MONDE | 29.08.2013 à 12h40 • Mis à jour le 29.08.2013 à 16h00 | Par Etienne Copel (Général (CR), ancien sous chef d’état major de l’armée de l’air en charge des opérations)

L'armée syrienne dans le quartier de Jobar à Damas.

Trois types d’interventions peuvent s’envisager en Syrie.

  • Une intervention sans les Etats-Unis (peu probable)

Aviation tirant de loin. Zéro mort allié

L’aviation agit seule et à distance. A partir d’appareils Rafale, Typhoon ou Mirage 2000, elle lance ses missiles Scalp (Système de croisière autonome à longue portée). C’est ce qu’elle avait fait en Libye en 2011. Le Scalp est un missile bien adapté à l’attaque d’objectifs durcis comme des hangars d’avion en béton, des postes de commandement, des centres de transmission. Contre les pistes d’aérodrome, il utilise deux charges explosant successivement, ce qui permet à la seconde d’exploser sous la piste et de soulever les dalles sur une grande surface, rendant les réparations difficiles.

Une attaque à l’aide de Scalp seuls permettrait d’empêcher le régime d’utiliser ses avions pour attaquer les positions tenues par les rebelles et compliquerait les communications. Mais le Scalp ne peut être tiré que contre des objectifs déterminés au moment du lancement, il ne peut pas être utilisé contre des cibles bien camouflées et encore moins contre des objectifs mobiles.

Aviation d’appui et hélicoptères de combat. Pertes amies probables

Pour détruire chars, canons et véhicules de transport, il faut utiliser des aéronefs capables d’agir en temps réel sur des cibles d’opportunité. Le meilleur outil est de loin l’hélicoptère, mais sa vulnérabilité est assez grande. Heureusement, l’ALAT (Aviation légère de l’armée de terre) dispose d’excellents hélicoptères (Tigre) qui ont fait leurs preuves au Mali et en Libye. Si des hélicoptères étaient utilisés en Syrie, le plus simple serait sans doute de les faire décoller à partir de porte-hélicoptères (Mistral) ou du porte-avions Charles-de-Gaulle, actuellement opérationnel.

  • Les Etats-Unis participent à l’attaque

Les Américains chercheront à détruire ces armes chimiques en priorité, mais ce sera difficile car les obus « chimiques » ne sont pas plus gros que des obus classiques et qu’il est facile de les disséminer et de les dissimuler. En revanche, les Américains pourraient améliorer l’efficacité des actions décrites pour la France et la Grande-Bretagne grâce, en particulier, à leurs :

Missiles de croisière

Précis et puissants, ces missiles, tirés de sous-marins, de navires de surface ou d’avions pourraient mettre hors de combat l’aviation syrienne et les principaux centres de commandement et de transmission. Le palais du président pourrait être détruit, mais Bachar Al-Assad dispose sûrement d’abris et lui-même devrait ne pas être neutralisé par des frappes aériennes.

Drones

Les forces américaines militaires ou civiles (CIA) disposent de drones capables d’espionner et de détruire. Leurs fameux « Predator » ont fait merveille en Afghanistan et au Pakistan, si on fait abstraction des pertes humaines et des retombées politiques souvent négatives.

Avions d’appui

L’armée de l’air dispose d’avions d’appui subsoniques souvent appelés « camions à bombes » : les A10, auxquels leurs équipements sophistiqués donnent des capacités redoutables contre des objectifs variés. Ces avions se situent en fait entre les hélicoptères et les avions supersoniques, en ce qui concerne tant la vulnérabilité que l’aptitude au soutien de troupes en combat rapproché.

Bombes à pénétration

Depuis des décennies, les Américains ont mis au point une série de bombes puissantes capables de détruire des sites protégés, enterrés à des dizaines de mètres de profondeur.

  • La zone d’exclusion aérienne

Très souvent évoquée, la création d’une zone d’exclusion aérienne est a priori une excellente idée. Elle consiste à interdire tout survol dans une zone donnée et protège les populations concernées. L’ennui est qu’une telle zone serait difficile à mettre en place et surtout à entretenir dans un pays comme la Syrie, bien plus petit que l’Irak, où une telle zone avait été créée pour protéger les Kurdes contre les attaques de Saddam Hussein. Il est toutefois possible d’envisager une telle zone après – et seulement après – une attaque massive des installations de défense aérienne de Syrie.

Le scénario le plus probable est une attaque conjointe et limitée dans le temps des forces aériennes américaines, françaises et britanniques appuyées par de nombreux missiles de croisière. Les objectifs seraient toutes les pistes d’envol syriennes, la quasi-totalité des abris des avions de combat, les installations radar, les sites de lancement de missiles, les centres de transmission et un grand nombre de centres de commandement. Les capacités chimiques de Bachar Al-Assad ne seraient pas totalement détruites dans un premier temps, mais il serait facile de lui signifier que, si de nouvelles attaques chimiques avaient lieu, de nouvelles actions plus adaptées aux cibles mobiles seraient entreprises avec, en particulier, l’emploi massif d’hélicoptères en soutien des troupes de l’Armée syrienne libre.

Etienne Copel (Général (CR), ancien sous chef d’état major de l’armée de l’air en charge des opérations)

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Syrie : preuve que c’est Bachar chimique le coupable ?


anniebannie n’en doute pas car c’est dans la psychologie de Bachar Timour, mais la fabrication de preuves par les US a été tellement pratiquée, qu’on ne croit plus personne; les 100 000 morts, c’était OK, après tout ce ne sont que des Syriens, mais la mort par le Sarin, ça non !

Une conversation entre un responsable de la Défense syrienne et le chef de l’unité des armes chimiques a été interceptée par les renseignements américains.

Les services de renseignement américains ont écouté un responsable du ministère syrien de la Défense « en panique » au cours « de conversations téléphoniques avec le chef de l’unité des armes chimiques », après l’attaque de la semaine dernière, rapporte mardi le magazine Foreign Policy.

« Lundi dernier, dans les heures qui ont suivi la terrifiante attaque chimique à l’est de Damas, un responsable du ministère syrien de la Défense a eu des conversations téléphoniques paniquées avec le chef de l’unité des armes chimiques, demandant des réponses sur la frappe à l’agent neurotoxique qui a tué plus de 1.000 personnes », selon le magazine.

« Ces conversations ont été écoutées par les services de renseignement américains », a affirmé le magazine dans un communiqué. « C’est la principale raison pour laquelle les responsables américains disent maintenant qu’ils sont certains que ces attaques sont l’oeuvre du régime de Bachar al-Assad et pourquoi l’armée américaine s’apprête à attaquer ce régime dans les jours à venir ».

L’information est révélée alors que les forces américaines se préparent à frapper la Syrie, bien que les alliés occidentaux soulignent que le but n’est pas de renverser le régime actuel mais de punir le gouvernement de Bachar al-Assad pour avoir employé des armes chimiques contre des populations civiles.

Les bases pour une intervention militaire ont été présentées par le vice-président américain Joe Biden qui a déclaré en premier que les attaques chimiques de la semaine passée tuant des centaines de personnes, ne pouvaient avoir été perpétrées que par les forces de Bachar al-Assad.

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Lettre de Bachar al-Assad à son père


Posté le 28 avril 2013 | 9 commentaires

Cher Papa,

Je sais que tu te faisais beaucoup de souci pour moi avant de mourir. Je crois que tu avais tort. Tout s’est en effet très bien passé au moment de la succession. J’ai eu ensuite quelques petits problèmes avec le Liban (il m’a fallu liquider Hariri), mais il a suffi de faire le gros dos pour que, petit à petit, tout rentre dans l’ordre. La Syrie a prospéré au cours des dix premières années de mon règne. Je dois dire que le cousin Rami m’a beaucoup aidé. Tout allait bien et tout aurait pu durer ainsi éternellement – même s’il me fallait périodiquement emprisonner des contestataires -, sans l’agitation que Ben Ali et Moubarak ont laissé se développer dans leurs pays. Tu imagines ? : Ils ont été renversés. Pire encore, Kadhafi a été écharpé par son peuple.

Bien entendu, le mouvement de protestation a fini par arriver chez nous. Je me suis souvenu de la manière inflexible avec laquelle tu avais traité les Frères et j’ai suivi ton modèle. J’ai transformé toutes les villes de Syrie – ou peu s’en faut – en autant de Hama. Le problème, que tu n’avais pas rencontré en 1982, est qu’il m’a été impossible de boucler le pays. Avec les moyens de communication qui ont cours aujourd’hui, les images de la répression se sont répandues dans le monde entier.

Au début, cela m’a beaucoup inquiété. Toutes ces démocraties qui, périodiquement, venaient me parler de droits de l’homme risquaient de vouloir intervenir, comme elles l’ont fait en Libye. Mais – le croiras-tu ? – elles n’ont pas bronché. Bien entendu, elles m’ont traité de tous les noms : « boucher », « assassin », tous les qualificatifs désobligeants y sont passés. J’ai eu droit aussi à des remarques ridicules sur la perte de toute légitimité. Curieux, comme ces dirigeants sont incapables de concevoir que nous ne pensons pas comme eux. Mais ils se sont contentés de discourir.

Il est vrai que les Russes m’ont beaucoup aidé. Tu avais vraiment raison de conclure une alliance avec eux. Ces gens-là ont la même façon de voir les choses que nous. Et ils se moquent de toutes ces remarques grotesques sur la vérité et le mensonge, le bien et le mal. Ils savent que la seule chose qui compte est de rester au pouvoir. Avec les Chinois, qui m’ont toujours paru moins convaincus qu’eux, mais qui les ont suivis, ils ont tout bloqué au Conseil de sécurité. Les Occidentaux n’ont pas osé passer outre et recommencer ce qu’ils avaient fait pendant la guerre de Bosnie. Ils ont même publiquement assuré que jamais ils n’interviendraient en Syrie. Je n’en attendais pas tant, mais, bien sûr, j’en ai profité pour réprimer à tout-va.

Les Iraniens m’ont, eux aussi, beaucoup aidé. Tes anciens collaborateurs m’avaient critiqué de m’être rapproché de l’Iran lorsque tout allait encore bien pour nous. Ils voient maintenant que j’avais raison. Je sais bien que les Perses ne me soutiennent pas pour mes beaux yeux bleus, mais pour garder leur emprise sur la région. Qu’importe, tant qu’ils me fournissent (comme les Russes) des armes et même des hommes. Le Hezbollah est je dois dire un précieux allié : tu as eu une riche idée en encourageant sa création.

Tout n’est pas réglé, loin s’en faut, mais je tiens toujours Damas et les rebelles ne disposent pas d’autant de matériel que l’armée du régime. Rien n’est perdu. Fidèle à ton enseignement, je crois qu’il me suffit d’attendre que l’ennemi s’épuise. Au pire, nous nous replierons sur notre montagne et, d’une manière ou d’une autre, nous continuerons à nous battre et à empêcher la Syrie et ce peuple, si ingrat, de se relever.

Ce qui m’a le plus frappé dans toute cette affaire, ce sont les contradictions, la pusillanimité et la lâcheté des peuples occidentaux. Au fond, ils ne savent pas ce qu’ils veulent. Ils dénoncent ma politique, réclament mon départ, veulent me faire juger à la CPI tout en continuant à m’envoyer des émissaires. Rends-toi compte : ils ont ressorti Kofi Annan et maintenant Lakhdar Brahimi pour jouer ce rôle !

Je suis parvenu à les manipuler d’une manière digne de toi. C’est tellement facile de les embrouiller en faisant croire que certaines de nos opérations ont été menées par des rebelles que ce n’en est même plus drôle. Ils en sont à donner des leçons de morale aux généraux rebelles plutôt que des armes. Car, vois-tu, ils ne supportent pas l’idée que l’armée rebelle puisse tuer qui que ce soit, y compris les chabbiha. En revanche, si, comme la semaine dernière, je fais égorger 400 civils, dont pas mal d’enfants, ils ne réagissent même pas.

J’ai aussi repris ta technique du repoussoir jihadiste. Cela marche à tous les coups. Je n’ai eu qu’à libérer quelques-uns des terroristes maison et à demander aux « services » d’inoculer ce poison dans les rangs des rebelles. Quelques attentats bien organisés ont jeté le discrédit sur l’opposition armée. Le succès a dépassé toutes mes espérances! Alors que nos ennemis commençaient à susciter un début de sympathie en Occident, il n’est plus question dans leurs médias que de la menace « islamiste » !  Il est vrai que les brigades jihadistes font vendre les journaux ou regarder les nouvelles à la télévision, bien plus que mes massacres.

Un dernier exemple de la faiblesse de caractère des Occidentaux. Obama (l’actuel président américain) et ses homologues britanniques et français m’avaient menacé il y a quelques mois si j’utilisais des armes chimiques. Curieux qu’ils ne se soient pas rendu compte que cela signifiait a contrario que je pouvais tuer autant de Syriens que je voulais par d’autres moyens (je suis récemment passé aux SCUDS : cela marche très bien), sans qu’ils ne s’en mêlent. J’ai voulu voir jusqu’où je pouvais aller – d’autant que les Iraniens étaient intéressés eux aussi par ce test. J’ai donc fait tirer quelques missiles armés de produits chimiques à dose réduite. La première fois, l’Américain, l’Anglais et le Français ont décrété qu’il n’y avait pas de preuves. J’ai donc recommencé à plusieurs reprises. Cela devenait difficile à Obama de prétendre que je n’avais pas franchi ce qu’il avait qualifié de « ligne rouge ». Ne voulant décidément rien faire contre moi, il a ajouté une seconde condition : il faudrait que les armes chimiques soient employées à grande échelle pour « changer le jeu ». Le « jeu » ! Je peux donc continuer à m’amuser tranquillement à détruire la Syrie à petit feu. Quand on pense que la droite américaine soupçonne cet Obama d’être musulman !

Comme tu le vois, cher Papa, j’ai tout bien en main. J’ai bien retenu toutes les leçons que tu m’as enseignées et je les appliquerai jusqu’au bout, dussè-je pour cela détruire complètement le pays.

Ton fils dévoué,

Bachar

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Syrie : l’extermination chimique que prépare Bachar el-Assad


Jean-Pierre Filiu
Universitaire
Publié le 25/08/2013 à 11h47

Des cadavres de Syriens victimes des attaques du 21 août, à Damas, le 22 août 2013 (Uncredited/AP/SIPA)

J’ai pu, au fil des années, rencontrer à plusieurs reprises Bachar el-Assad. Avant lui, j’avais eu accès à de nombreuses occasions à son père Hafez el-Assad, qui lui a cédé le pouvoir à sa disparition en 2000, après trente années de pouvoir absolu.

J’en ai acquis la conviction que tout, mais littéralement tout est possible de la part de tels despotes. Car, bien plus conscients que les observateurs extérieurs de la fragilité de leur régime, le recours à la terreur jusqu’aux pires extrémités leur paraît un instrument de politique banalisé, voire normal.

« L’Etat de barbarie », comme le décrivait justement Michel Seurat, repose sur l’exercice de la violence la plus implacable à l’encontre de la population, qui doit n’avoir de choix qu’entre la soumission et la mort.

Mensonge d’Etat

Pour valider cette impitoyable alternative, Assad père et fils savent que deux conditions doivent impérativement être réunies :

  • le territoire syrien doit être interdit à toute catégorie d’information indépendante ;
  • l’opposition intérieure doit être systématiquement assimilée à une manipulation extérieure, de préférence Mossad et CIA, sinon Irak, Turquie, Arabie ou Qatar, suivant les périodes.

C’est le huis clos de mars 1982 qui permet à Hafez al-Assad d’exterminer une bonne partie de la population de Hama et de détruire le tiers du centre historique de cette ville. C’est ce huis clos que Bachar rétablit en nos temps de « transparence » supposée, par la liquidation des journalistes étrangers ou syriens. Le libre accès de la presse, pourtant spécifié dans les plans de la Ligue arabe en décembre 2011 et de l’ONU en avril 2012, restera toujours lettre morte.

Une fois ce huis clos garanti, la propagande du régime n’a plus qu’à instiller le doute à chaque affirmation de l’opposition, qui ne pourra effectivement être vérifiée de « sources indépendantes », celles-ci étant bannies de Syrie.

Ce cercle vicieux est poussé à l’extrême depuis quelques jours : les inspecteurs de l’ONU se voient interdire à Damas l’accès aux sites des frappes chimiques, pourtant tout proches de leur hôtel. Cela n’empêche pas la télévision gouvernementale d’accuser l’insurrection des crimes perpétrés par sa propre armée, sans même juger utile de mobiliser les fameux inspecteurs de l’ONU pour conforter ce mensonge d’Etat.

Bachar teste la passivité internationale

L’obsession de Bachar el-Assad, héritée de son père, est la survie du régime coûte que coûte. Le peuple syrien disparaît dans la vision surplombante du despote qui, comme tous les dictateurs de l’Histoire, est en partie acquis à sa propre propagande.

L’essentiel n’est donc pas de ménager, au moins relativement, une population tenue pour quantité négligeable, mais de tester la passivité internationale à chaque degré de l’escalade contre cette population, évidemment accusée de n’être qu’un ramassis de « terroristes », de « djihadistes » et d’« agents » du Mossad, de la CIA ou du Golfe.

Dès le début des manifestations pacifiques, en mars 2011, Bachar el-Assad lâche ses snipers pour abattre des opposants désarmés. Un mois plus tard, ce sont les blindés qui font mouvement dans les zones contestataires. Avec l’été, ces mêmes blindés, cette fois équipés de mitrailleuses lourdes, sèment la terreur dans les villes gagnées à l’opposition. Durant l’hiver suivant, l’artillerie commence à pilonner les quartiers rebelles.

A chaque fois, le dictateur teste la nouvelle escalade sur un terrain limité, mesure l’inanité de « condamnations » internationales purement verbales, avant de généraliser la pratique à l’ensemble du territoire syrien.

Cette épouvantable surenchère se poursuit à l’été 2012, avec la banalisation des raids aériens à l’encontre de zones résidentielles.

Aucune réaction crédible n’intervient face à ces crimes de guerre, hormis quelques communiqués indignés et des reportages effarés. Assad peut dès lors passer au bombardement par des missiles balistiques Scud, d’une portée de 300 km. Jamais ce type d’armes stratégiques n’avait été utilisé par un régime à l’encontre de sa propre population. Là encore, la passivité prévaut, encourageant naturellement les bourreaux à récidiver et à systématiser leur nouvelle arme de terreur.

Le recours aux armes chimiques est avéré depuis la veille de Noël 2012, dans un quartier de Homs. Soucieux de ne pas défier directement la « ligne rouge » tracée par l’administration Obama, Assad se contente d’utilisations ponctuelles, mixant gaz incapacitants et explosifs classiques. Le bilan de l’ensemble de ces frappes sur plus de six mois est de l’ordre de 150 tués, ce qui paraît bien faible au vu des 100 000 morts de la tragédie syrienne (ce bilan global est d’ailleurs sans doute sous-évalué).

Menacé au cœur de son périmètre de sécurité

La population des zones « libérées », qui a payé le prix fort pour connaître son tyran, est convaincue qu’Assad, s’il n’est pas arrêté, lancera une frappe massive aux armes chimiques. Les hôpitaux révolutionnaires d’Alep, où je me trouvais en juillet, sont désormais équipés d’installations de fortune pour les premiers soins et la décontamination en cas d’attaque chimique.

Le million d’habitants de cette partie « libérée » d’Alep dispose de seize msaques à gaz et de 10 000 doses d’atropine, le seul antidote à l’exposition au gaz sarin.

Selon l’opposition, la décision d’une campagne chimique contre les quartiers rebelles de Damas a été prise le 8 août. Bachar el-Assad a échappé ce jour-là à un attentat le visant à proximité de la mosquée Anas Bin Malek, où il devait participer aux prières de la fin du ramadan.

Pour avoir habité de longues années à côté de cette mosquée, je peux affirmer qu’il s’agit du cœur du périmètre de sécurité du régime. Ainsi la dictature Assad, qui doit recourir aux supplétifs libanais du Hezbollah pour reprendre pied à Homs et à Qusseir, est désormais menacée dans sa capitale même.

Bachar en toute impunité

Rescapé d’un attentat en juin 1980, Hafez el-Assad avait ordonné en représailles le massacre de centaines de détenus politiques dans la sinistre prison de Palmyre. Le châtiment du tyrannicide, crime absolu dans le système Assad, doit être aussi aveugle que dissuasif.

C’est peut-être à partir de ce moment qu’ont été planifiés les préparatifs d’une frappe majeure aux armes chimiques, visant à punir la population des quartiers rebelles de Damas, puis à l’en expulser, en vue d’y écraser enfin les unités infiltrées depuis de longs mois.

L’impunité de la junte égyptienne n’a pu qu’encourager Assad à passer à l’acte. Après tout, près d’un millier de personnes ont été massacrées en Egypte, du 14 au 16 août, sans réaction internationale autre que verbale. Si un tel carnage peut se dérouler dans un pays pourtant ouvert à la presse étrangère, alors tout semble possible en Syrie.

L’arrivée des inspecteurs de l’ONU de Damas ne peut que favoriser ce plan : leur mandat, âprement négocié par les diplomates loyalistes, ne concerne que trois sites situés hors de Damas et leur interdit de désigner publiquement les responsables. Cette présence structurellement impuissante, loin de réfréner les massacreurs, conforte au contraire leur détermination.

Le 21 août, des dizaines de missiles sont tirés entre 2h30 et 5h30 locales à partir de bases gouvernementales contre la Ghouta, soit la banlieue est et ouest de la capitale. Les hôpitaux de fortune sont vite débordés par l’afflux des victimes. La proportion d’enfants est effroyable, du fait de leur vulnérabilité à l’exposition aux gaz. Des familles entières sont assassinées dans leur sommeil, car les chaleurs estivales les amenaient à dormir la fenêtre ouverte. Le bilan dépasse largement le millier de morts, parmi lesquels Médecins sans frontière (MSF) relève au moins 355 victimes de neurotoxiques.

Cela fait quatre jours que ce massacre sans précédent en Syrie a été perpétré et, comme Bachar el-Assad le pariait, rien ne vient une fois de plus remettre en cause son impunité. Il aura ainsi, comme à chaque escalade dans l’horreur, su banaliser l’emploi d’une arme nouvelle à l’encontre de sa population.

Trois scénarios possibles

Après la banlieue de Damas, ce sera Homs ou Deir Ezzor. On ne peut dorénavant plus exclure le tir de missiles Scud, équipés de charges chimiques, à l’encontre d’Alep, ne serait-ce que pour éviter que la deuxième ville du pays ne passe sous entier contrôle de la révolution.

Trois grands types de scénario se profilent à un horizon très proche, du moins au plus plausible :

  • L’administration Obama, mesurant enfin l’échec d’une politique qui a renforcé à la fois Bachar al-Assad et les djihadistes, décide avec ses alliés des frappes ponctuelles contre les centres de commandement du régime, avec un accent sur les bases de déclenchement des frappes chimiques. Le déploiement de la marine de guerre en Méditerranée orientale semble plaider en faveur de cette hypothèse.

Mais cette logique de « guerre froide » s’inscrit parfaitement dans le schéma de propagande d’Assad et de son allié Poutine. Et les réticences du président américain à un engagement militaire au Moyen-Orient sont notoires.

Enfin, Israël se satisfait toujours de la neutralisation réciproque des miliciens chiites et des radicaux sunnites. Quant à la Turquie, elle est trop absorbée par la crise du système Erdogan pour être à l’initiative.

  • La résistance syrienne obtient enfin l’armement anti-aérien et antichar qui lui a été promis depuis un an, sans jamais être livré. Cette posture offre l’avantage de conforter la posture nationaliste de la révolution syrienne, tout en lui permettant de neutraliser à terme la surenchère djihadiste.

Il n’est cependant pas certain que cette option, à la faisabilité garantie à l’automne 2012, soit aujourd’hui à la hauteur d’une bataille qui a banalisé l’utilisation tactique des armes chimiques. Enfin, la CIA ne veut soutenir que des supplétifs, comme ceux qu’elle avait appuyés au Kossovo en 1999, et elle refuse de collaborer avec des commandos syriens à la farouche autonomie.

  • Il est donc fort probable qu’il ne se passera rien de notable, hormis une agitation diplomatico-militaire largement déconnectée de l’évolution sur le terrain.

Des « fuites » distillées de manière judicieuse permettront d’accréditer la fable d’une action clandestine des services occidentaux, justifiant ainsi la passivité publique de leurs dirigeants. Et l’interdiction du terrain syrien aux investigations indépendantes fera le lit de toutes les théories de la conspiration. Des Voltaire auto-proclamés se draperont dans leur « liberté de pensée » pour dénier au peuple syrien jusqu’au droit de compter ses propres morts.

Un avant et un après le 21 août 2013

Et le monde continuera de tourner. Du moins le croira-t-il. Car il y aura un avant et un après le 21 août 2013. Bachar el-Assad prépare déjà sa prochaine campagne d’extermination chimique, d’une toute autre ampleur. A bien des égards, il lit en nous comme dans un livre ouvert et il a fort peu de respect pour nos sociétés.

J’ai entendu Hafez el-Assad proclamer que Gorbatchev aurait dû être fusillé comme traître à la patrie soviétique. Bachar et ses complices doivent jubiler face aux contorsions de la « communauté internationale ».

La passivité actuelle vaut donc complicité dans le massacre suivant, qui ne saurait trop tarder. Le maître de Damas sèmera la terreur tant qu’il ne sera pas brisé. Et il a l’embarras du choix pour exporter le chaos dans les pays voisins.

Deux ans après l’holocauste chimique d’Halabja contre les Kurdes irakiens, Saddam Hussein, grisé par son impunité, envahissait en 1990 le Koweït. Gageons que Bachar el-Assad n’attendra pas aussi longtemps pour précipiter toute la région dans l’horreur.

En Syrie, il ne s’agit plus de morale élémentaire, mais de sécurité collective.

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