L’opposition demande une intervention « sérieuse » contre Damas


OLJ/Agences | 25/08/2013
L'US Navy s'apprête à renforcer sa présence en Méditerranée en raison des derniers développements de la situation en Syrie. Photo AFP
L’US Navy s’apprête à renforcer sa présence en Méditerranée en raison des derniers développements de la situation en Syrie. Photo AFP

Conflit L’Iran met en garde contre « toute intervention militaire » en Syrie.

Le président de la Coalition de l’opposition syrienne Ahmat Jarba a exhorté samedi la communauté internationale, à commencer par les Etats-Unis, à intervenir « de façon sérieuse » en Syrie après l’attaque présumée à l’arme chimique conduite par le régime de Damas.

« Je demande à la communauté internationale de passer des mots à l’action. Nous en avons assez des mots et nous avons besoin de mesures et de gestes de la part des Nations unies », a déclaré lors d’une conférence de presse à Istanbul M. Jarba, dont les propos en arabe étaient traduits par le porte-parole de la Coalition Khaled Saleh.

« J’exige que le président américain, M. Barack Obama (…) soit responsable, aussi bien personnellement qu’au nom de son pays. J’exige la même attitude du président français François Hollande, du Premier ministre britannique David Cameron ainsi que des chefs d’Etat arabes », a-t-il poursuivi.

« Il est très clair qu’après la dernière attaque, ils sont contraints d’intervenir de façon sérieuse pour mettre un terme aux meurtres de Syriens qui continuent », a insisté M. Jarba.

Le chef de l’opposition syrienne a qualifié de « honte » la réaction de la communauté internationale.

(Repère : Les scénarios d’intervention militaire en Syrie)

Selon l’opposition, le régime a eu recours mercredi à des armes chimiques dans une offensive contre des localités de la banlieue proche de Damas tenues par les rebelles, ce que nie catégoriquement le pouvoir syrien.

L’opposition a évoqué 1.300 morts et l’OSDH a comptabilisé 170 morts dans ces régions. Médecins sans frontières (MSF) a pour sa part affirmé samedi que 355 patients « présentant des symptômes neurotoxiques » étaient décédés en Syrie.

Le ministre syrien de l’Information, Omrane al-Zohbi, a toutefois démenti vigoureusement les accusations de l’opposition, affirmant que son régime n’avait « jamais utilisé d’armes chimiques ».

Les autorités syriennes ont ainsi accusé les insurgés d’avoir eu recours à des gaz toxiques samedi à Jobar, dans la périphérie de Damas, pour repousser une offensive de l’armée.

La télévision d’Etat, qui a fait état de plusieurs cas « d’asphyxie » parmi les soldats, a montré des images de barils retrouvés selon elle lors du ratissage du secteur et contenant « des matières toxiques et chimiques très dangereuses ».
Dans un communiqué, le commandement de l’armée a précisé qu' »un dépôt contenant des matières premières pour fabriquer des armes chimiques avait été saisi, ainsi que des masques à gaz et une grande quantité de médicaments qui servent à traiter les symptômes en cas d’inhalation de matières chimiques toxiques ».

Mais l’opposition syrienne a rejeté « en bloc » ces accusations, estimant qu’il s’agissait d' »une tentative désespérée (du régime) pour détourner l’attention de ses crimes répétés ».

La communauté internationale fait pression pour que les experts de l’ONU, arrivés en Syrie le 18 août pour enquêter sur d’autres allégations d’utilisation d’armes chimiques plus tôt cette année, puissent se rendre rapidement sur place.

La haute représentante de l’ONU pour le désarmement, Angela Kane, est arrivée à la mi-journée à Damas, pour tenter d’obtenir l’autorisation du régime.

(Reportage : Des morts « endormis »…)

Si les Etats-Unis restent prudents sur les accusations d’utilisation d’armes chimiques par le régime, la France s’est elle montrée très affirmative, à l’image de la Suède et du Royaume-Uni.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a ainsi assuré que « toutes les informations » convergaient pour dire que le régime était responsable de l’attaque chimique de mercredi. « Ce massacre chimique est d’une telle gravité que, bien évidemment, celui-ci ne pourra pas rester sans réaction forte », a-t-il réaffirmé.

Le président américain a de son côté réuni samedi son équipe de sécurité, après une précédente réunion jeudi.

Alors que M. Obama, sous pression pour agir, a mis en garde contre toute nouvelle opération militaire au Moyen-Orient, les Etats-Unis ont annoncé le déploiement de moyens militaires dans la région permettant de fournir des « options » à M. Obama s’il ordonnait une intervention en Syrie.

Selon un responsable du Pentagone, ces moyens comprennent l’envoi en Méditerranée d’un quatrième destroyer équipé de missiles de croisière. Mais le ministre de la Défense Chuck Hagel a souligné que ces renforts ne signifiaient en rien qu’une décision d’intervention avait été prise.

(Repère : Les armes chimiques du régime syrien, un arsenal mystérieux)

Dans ce contexte, les chefs d’état-major de pays occidentaux et musulmans dont ceux des Etats-Unis et d’Arabie saoudite doivent se réunir prochainement en Jordanie pour examiner les retombées du conflit.

Dans le camp opposé, après la Russie, l’autre allié du président Bachar al-Assad, l’Iran, a mis en garde contre une « intervention militaire » étrangère en Syrie, accusant les rebelles d’avoir eu recours à des armes chimiques dans les combats de mercredi près de Damas.

Déclenchée par une révolte populaire en mars 2011 qui s’est militarisée face à la répression du régime, la guerre en Syrie a fait plus de 100.000 morts selon l’ONU, et poussé à la fuite des millions de Syriens.

Au Liban

Le message : Damas décide toujours de la stabilité du Liban, l’éclairage de Philippe Abi-Akl

 

Fin 2013, une personne sur quatre vivant au Liban sera un réfugié syrien

Ali de Aïn el-Tiné : La victoire du régime syrien se confirme… 

Le patriarche Raï s’inquiète d’un « projet de destruction du monde arabe »

source

Syrie – 355 patients « présentant des symptômes neurotoxiques » décédés


Quelque 355 patients « présentant des symptômes neurotoxiques » sont morts en Syrie dans des hôpitaux aidés par Médecins sans frontières, où près de 3.600 personnes sont traitées depuis le 21 août, a affirmé samedi l’ONG dans un communiqué.

« Trois hôpitaux situés dans le gouvernorat de Damas et soutenus par Médecins Sans Frontières ont reçu, en moins de trois heures le mercredi matin 21 août, environ 3.600 patients présentant des symptômes neurotoxiques. 355 d’entre eux sont morts », a écrit MSF.

L’ONG est ainsi la première source indépendante à confirmer l’utilisation d’armes chimiques dans la région de Damas, évoquée depuis plusieurs jours par l’opposition syrienne, qui accuse le régime d’avoir mené une attaque de grande ampleur qui aurait fait au moins 1.300 morts mercredi.

Le régime du président syrien Bachar al-Assad nie en bloc et accuse les rebelles d’avoir utilisé des armes toxiques près de Damas.

Les équipes de MSF n’ont pas pu se rendre sur place, mais elles sont en contact avec le personnel médical de ces hôpitaux, auquel elles fournissent des médicaments, du matériel médical et un appui technique. « Les symptômes qui nous ont été rapportés, tels que les convulsions, l’hypersalivation, les pupilles contractées, la vision trouble et la détresse respiratoire, le schéma épidémiologique de cet événement – caractérisé par l’afflux massif de patients dans un laps de temps très court, la provenance des patients et la contamination des secouristes et du personnel ayant fourni les premiers soins – suggèrent fortement l’exposition massive à un agent

Belga

 

Syrie : quelle ligne rouge ?


Massacre chimique à Damas. Les activistes syriens diffusent des centaines de preuves et témoignages.

2013/08/22

Jeudi 22 août les réseaux syriens annoncent 1700 morts suite à l’attaque du régime Assad contre la population syrienne, profitant du silence complice de l’opinion internationale. Ce matin, les sources rapportent que le composant chimique pourrait être un Gaz neurotoxique (lemonde.fr).

Attaque chimique le 21 août 2013:  » La plupart des victimes sont des femmes et des enfants. On sait à présent que les forces du régime [Assad] ont tiré 15 missiles à tête chimique sur les villages de l’Est de Ghouta vers 3:00 ce matin. On pense que les armes utilisées étaient au Sarin […] les hôpitaux de campagne de la ville assiégée manquent d’atropine et d’hydrocortisone nécessaires aux victimes, ainsi que de graves pénuries en bouteilles d’oxygène ; Les forces du régime bloquent l’entrée de toutes les fournitures médicales (et alimentaires, carburants, aide humanitaire, etc.) dans toute la région depuis des mois. La situation est à présent catastrophique et tragique dans tous les sens des termes« . [01]

Les estimations du 21 août au soir, avançaient que plus de 1360 personnes avaient été tuées et 6000 blessées, selon les Comités Locaux de Coordination (LCCSy) [02].

#CWMassacre65

 

le très long article figure ici

Mort d’un Belge parti combattre en Syrie


anniebannie : Il serait intéressant de savoir de quelles pénalités sont frappés les Belges qui servent dans l’armée israélienne.

BELGA Publié le mercredi 21 août 2013 à 05h24 – Mis à jour le mercredi 21 août 2013 à 11h56

l Ce musulman, âgé de 22 ans, était parti en Syrie fin mars-début avril pour se battre aux côtés d’un groupe de rebelles.

Ismail Amgroud, l’un des trois habitants de Maaseik (province de Limbourg) partis combattre en Syrie, y est décédé fin juin, annoncent mercredi Het Belang van Limburg et Gazet van Antwerpen. L’information a été confirmée par différentes sources au sein de la communauté marocaine. Ce musulman, âgé de 22 ans, était parti en Syrie fin mars-début avril pour se battre aux côtés d’un groupe de rebelles qui veulent renverser le régime de Bachar al-Assad. Il était le plus jeune des trois habitants de Maaseik partis en Syrie dont on a appris mardi qu’ils avaient été radiés du registre de l’Etat civil de la commune limbourgeoise.

C’est en raison de la colère de plusieurs Marocains originaires de Maaseik que l’on a appris la nouvelle du décès d’Ismail Amgroud. Ceux-ci estiment en effet qu’avoir décidé de radier ainsi une personne décédée témoigne du peu de respect dont aurait fait preuve le bourgmestre limbourgeois Jan Creemers (sp.a). Ce dernier rétorque qu’il ignorait que le combattant était décédé.

RIP, mes chéris


Face à face à Catane

samedi 10 août 2013, par La Rédaction

Six migrants se sont noyés en tentant de débarquer à l’aube sur une plage de Catane (Sicile – Italie) d’un bateau transportant une centaine d’immigrés, provenant surtout de Syrie et d’Égypte. « Nous avons été alertés peu après 5h30 (3h30 GMT) qu’un bateau s’était ensablé en face d’un établissement balnéaire » à Plaia di Catania, a expliqué à l’AFP le commandant Roberto D’Arrigo, porte-parole de la Capitainerie du port de la grande ville sicilienne. (10-08-2013 – Avec les agences de presse)
(Photo par Dario Azzaro)

Qui part encore en reportage en Syrie ?


AFP PHOTO/HO/SANA Les reportages en Syrie rédigés par des journalistes étrangers se font rares. En cause, bien sûr, les mille et uns dangers que les reporters doivent affronter s’ils choisissent de se rendre dans ce pays. Du coup, les journalistes « freelance » (indépendants) deviennent majoritaires pour couvrir ce terrible conflit.

Dès les premiers mois de 2011, quand la contestation a commencé à prendre forme en Syrie, le régime a décidé de n’accorder de visas aux journalistes étrangers qu’au compte-gouttes. Les demandes émanant d’organes jugés défavorables étaient rarement honorées (comme celle du Soir en avril de cette année-là, qui ne reçut jamais de réponse de l’ambassade à Bruxelles). En revanche, des journalistes considérés comme « fiables » par le régime (des Russes, par exemple) n’éprouvaient pas ces difficultés.

Peu à peu, alors que la violence prenait le dessus, à partir de l’été 2011, des journalistes occidentaux ont pris le parti de passer en Syrie par des voies non officielles, par des chemins de contrebande à la frontière libanaise ou, plus souvent, turque. Pour se retrouver, donc, côté rebelles. De septembre à décembre, ils furent des dizaines sinon même bien plus à franchir ce pas. Cela a donné des reportages édifiants sur de nombreuses chaînes.

France 2 avait ainsi diffusé deux reportages saisissants à l’automne 2012. Est-ce pour punir la chaîne (et punir en même temps la France, « coupable » d’avoir pris parti pour les rebelles) qu’un guet-apens a été tendu par le régime le 11 janvier 2011 au reporter de France 2 Gilles Jacquier à Homs ? C’est en tout cas la thèse d’un livre convaincant (1) écrit par la compagne du journaliste, elle-même photographe, et deux journalistes suisses, qui accompagnaient tous trois notre confrère qui a perdu la vie ce jour-là.

En l’espèce, l’un des buts additionnels espérés aurait été de dissuader les reporters du monde entier de se rendre dans l’enfer syrien. Mais, si la Syrie est peu à peu désertée par les journalistes étrangers, c’est sans doute plus en raison des risques rencontrés en zones rebelles (compte tenu que l’entrée dans la Syrie sous contrôle du régime reste soumise à l’obtention de rarissimes visas).
Risques ? Celui de rencontrer la mort, bien sûr, ou de subir de graves blessures, comme notre consoeur française Edith Bouvier en mars 2012 à Homs encore (2). Mais le danger majeur, c’est aussi et surtout, désormais, la possibilité d’être victime d’un kidnapping. Si Reporters sans frontières répertorie 24 journalistes tués en Syrie depuis 2011, les chiffres sont volontairement moins précis pour les confrères retenus en otages par les diverses factions (ou, éventuellement, emprisonnés par le régime). Il y aurait une quinzaine de journalistes étrangers sans doute kidnappés.

Parmi les disparus, on citera en premier lieu le Belge Pierre Piccinin, qui n’est pas à proprement parler un journaliste mais qui s’était rendu pour la énième fois en Syrie au début du moi d’avril dernier afin de témoigner. Avec son ami Domenico Quirico, reporter de La Stampa, Pierre Piccinin aurait été enlevé par un groupe non identifié après avoir franchi la frontière libanaise. Les deux hommes ont réussi à donner un coup de téléphone à leur famille le 6 juin, mais depuis lors un inquiétant silence prévaut à nouveau.
De leur côté, les Français Didier François et Edouard Elias, envoyés par Europe1, ont disparu le 6 juin dernier alors qu’ils étaient en route pour Alep, dans le nord. Le plus inquiétant, dans la plupart des cas, c’est qu’on n’entend même pas parler de demandes de rançon ou d’échanges de prisonniers. Peut-être, parfois, des tractations se déroulent-elles entre ravisseurs et autorités nationales sans que la presse soit tenue au courant.

Compte tenu de ce sombre tableau bien à la mesure de la situation chaotique en Syrie, on ne s’étonnera guère de voir les rédactions hésiter à envoyer leurs journalistes dans ce chaudron. Résultat : à quelques exceptions près (3), ceux qui y vont encore sont des « freelance », des indépendants. Lesquels, pourtant, éprouvent les pires difficultés à vendre leurs papiers, car le conflit syrien s’est d’une part banalisé – les journaux ne rapportent même plus le nombre de victimes quotidiennes, qui se comptent pourtant en centaines… – mais, d’autre part et surtout, il s’est complexifié, il est devenu impropre aux analyses manichéennes, aux papiers faciles à vendre.

L’un de ces journalistes indépendants, l’Italienne Francesca Borri, a publié en juillet un article hallucinant sur le site Columbia Journalism Review (4) dans lequel elle décrit les conditions de son travail. Cet extrait servira d’éloquente conclusion : « Les journalistes freelance sont des journalistes de seconde zone – même s’il n’y a que des freelance ici, en Syrie, parce que c’est une guerre sale, une guerre du siècle dernier ; c’est une guerre de tranchée entre des rebelles et des loyalistes qui sont si proches qu’ils se hurlent dessus pendant qu’ils se mitraillent. Quand vous découvrez la ligne de front, vous n’en revenez pas, avec ces baïonnettes que vous n’avez jamais vues que dans les livres d’histoire. Les guerres modernes sont des guerres de drones, mais ici ils combattent mètre par mètre, rue par rue, et on en chie de peur ».

BAUDOUIN LOOS

(1) Attentat Express, par Caroline Poiron, Sid Ahmed Hammouche et Patrick Vallelian (Seuil, 2013).
(2) Edith Bouvier a raconté son expérience dans un livre, Chambre avec vue sur guerre, chez Flammarion (2012).
(3) Parmi ces exceptions, le reportage retentissant réalisé par Jean-Philippe Remy et Laurent Van der Stockt, nos confrères du Monde en mars-avril et publié en mai, par lequel ils avaient réussi à valider la thèse que le régime recourt bien aux armes chimiques même si c’est de manière sporadique.
(4) Il a été traduit dans plusieurs langues. On le trouve notamment en français sur le site du Nouvel Observateur.

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Soigner en Syrie: un acte héroïque


05 août 2013 |  Par FocusOnSyria

Je m’appelle Ghassan, j’ai trente cinq ans, et je suis kinésithérapeute. Quand j’ai commencé mes études, il y a 16 ans, je croyais apprendre un métier intéressant, utile aux autres… et tranquille. Pendant des années, j’ai massé des personnes âgées, j’ai fait faire des exercices à des enfants handicapés de naissance, j’ai posé quelques plâtres et rééduqué des entorses.

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Blessé syrien en convalescence dans un hôpital en Jordanie

Et puis la guerre a commencé. Amenant son lot de blessés, hommes, femmes et enfants qui arrivaient jusqu’à moi en morceaux, en loques, et qu’il s’agissait de remettre debout, de faire tenir droit. Je suis un professionnel, mais je n’avais jamais vu ça. Du côté de la technique, petit à petit, les souvenirs de mes cours à l’université sont revenus, mes gestes sont devenus plus précis, j’ai perfectionné mes automatismes en matière de soin des blessés graves, des amputés.

Mais du côté humain, non, décidément, je n’avais jamais vu ça. Je n’étais pas prêt à faire face à ça. D’abord parce leur nombre est immense, et que nous, les soignants, sommes si peu nombreux. Comment choisir vers qui reporter son attention quand quinze blessés arrivent en même temps ? Comment dire non à cette mère en larmes qui vous supplie de vous occuper de son enfant lorsque vous estimez que son cas est moins urgent que celui de ce jeune homme qui, stoïquement, vous laisse relever un pan de sa chemise sur d’épouvantables escarres ? Comment expliquer à cette personne âgée que non, je n’ai aucun fauteuil roulant à lui donner. Nous étions submergés, mais petit à petit, nous nous sommes organisés.

Alors désormais, oui, je suis professionnel, et organisé… mais toujours sur le qui-vive. Qui eut crû que mon métier si tranquille cristalliserait un jour la haine de tant d’ennemis ? Les médecins sont les plus ciblés, mais de manière générale, tout le personnel soignant est visé. Aujourd’hui, dans mon pays, prendre soin d’un blessé sans s’enquérir de son appartenance politique, religieuse ou ethnique est un crime. Aujourd’hui, parce que je continue à soigner mes compatriotes, j’ai des ennemis. Et s’ils me trouvent… je n’ose même pas y penser.

Alors je continue, petit à petit, ces hommes, ces femmes, ces enfants, à les remettre debout, à les faire tenir droit. Du moins physiquement. Mais psychologiquement, qui nous remettra debout ? Je veux vous dire l’histoire de cet enfant de dix ans, Moustafa. Sa famille est pauvre. Il était en 3ème année à l’école primaire, l’équivalent de votre CM1. Un jour, alors qu’il rentrait de l’école, le quartier a été bombardé et Moustafa a été blessé. Les médecins ont dû l’amputer de la jambe gauche. Des fragments avaient atteints son dos et son abdomen et il est paralysé. La dernière fois que je lui ai rendu visite, il m’a demandé, plein d’espoir : « est ce que je pourrai rejouer au football ? » Son père avait les larmes aux yeux, et pour être honnête, moi aussi. J’ai répondu à Moustafa qu’il fallait surtout ne jamais perdre jamais confiance en la vie. Ai-je dit la vérité à cet enfant ?

* Cette histoire est écrite à partir du témoignage de plusieurs kinésithérapeutes syriens, en hommage à tout le personnel soignant et à tous les héros ordinaires de Syrie.

source

D’autres histoires sur la crise syrienne sont à découvrir sur le site www.focusonsyria.org/fr

Syrie : Al-Assad promet de réprimer la rébellion «d’une main de fer»


Monde

5 août 2013 à 08:21
Photo fournie par l'agence Sana montrant le président syrien Bachar al-Assad, lors d'un discours à Damas le 4 août 2013.

Photo fournie par l’agence Sana montrant le président syrien Bachar al-Assad, lors d’un discours à Damas le 4 août 2013. (Photo AFP)

Dans un discours télévisé diffusé dimanche, le président syrien a de nouveau fait part de sa détermination à écraser l’insurrection, .

Par AFP

Le président syrien Bachar al-Assad a exprimé dimanche soir sa détermination à écraser d’une «main de fer» la rébellion qui depuis plus de deux ans tente de le renverser, quelques jours après avoir affiché l’image d’un régime sûr de la victoire. «Aucune solution ne peut être trouvée avec le terrorisme, excepté en le réprimant avec une main de fer», a déclaré le président Assad au cours d’une rare allocution retransmise à la télévision publique.

Dans ce discours d’une durée de 45 minutes, le président a encouragé les forces armées à continuer à combattre les rebelles, qualifiés de terroristes par le régime. «La crise ne sera résolue que sur les champs de bataille», a-t-il lancé.

Fort de deux importants succès militaires, Bachar al-Assad avait déjà adressé jeudi un message aux militaires à l’occasion de la fête de l’armée. «Si en Syrie nous n’étions pas sûrs de la victoire, nous n’aurions pas eu la capacité de résister et nous n’aurions pas pu poursuivre (la bataille)» après plus de deux ans de guerre, avait-il souligné. Il avait aussi effectué un rare déplacement hors de Damas dans un ex-bastion rebelle et les autorités avaient diffusé des images de lui saluant des soldats.

Au cours de son discours prononcé dimanche lors d’un iftar-repas de rupture du jeûne, au coucher de soleil, pendant le mois de ramadan-, Al-Assad a par ailleurs estimé que la Coalition nationale syrienne (opposition) a échoué et qu’elle n’a aucun rôle à jouer dans la recherche d’une solution pour mettre fin au conflit qui ensanglante le pays depuis 28 mois. Selon lui, elle «n’est pas fiable» et est «à la solde de plus d’un pays du Golfe».

En présence de personnalités politiques et religieuses, et de membres de la société civile, ll a aussi souligné les «réalisations héroïques de l’armée syrienne dans la défense du pays» et a salué le peuple syrien «pour s’être rangé du côté des forces armées, afin de défendre la Syrie et ses ressources».

Toujours plus de morts sur le terrain

En mars 2011, la Syrie avait connu un mouvement de protestation pour exiger sans succès des réformes démocratiques. Le régime avait déclenché une brutale répression contre l’opposition, qualifiant systématiquement les opposants et les rebelles de «terroristes» et refusant d’admettre l’existence d’une révolte populaire.

La contestation populaire s’est ensuite transformée en insurrection armée qui a fait plus de 100 000 morts selon l’ONU. L’opposition syrienne a affirmé dimanche qu’elle était prête à coopérer à «une enquête impartiale» sur les crimes de guerre commis dans le conflit syrien, répondant ainsi à un appel de Navi Pillay, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme.

Cinq membres d’une famille favorable au régime ont par ailleurs été assassinés dimanche par des hommes armés dans le nord de Damas, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Dans l’ouest du pays, une bataille entre rebelles et forces du régime a causé la mort d’au moins 30 personnes des deux camps dimanche, a également annoncé l’OSDH, et une voiture piégée a explosé à un poste de contrôle de l’armée dans le quartier de Boustane al-Dour, au sud de Damas.

Les forces du régime ont continué leur bombardement de Barzé (nord) et Jobar (est), a précisé l’OSDH qui a fait également état de combats dans le Jabal al-Akrad, dans la province de Lattaquié, au cours desquels 12 rebelles et 19 soldats et supplétifs ont trouvé la mort. Et à Ariha, dans la province d’Idleb (nord-ouest), quatre personnes, dont un enfant, ont été tués dans un bombardement, toujours selon la même source.

Tandis que le conflit a forcé des millions de personnes à fuir leurs foyers, le pays a plongé dans une crise économique sans précédent. L’économie syrienne a ainsi connu une dollarisation croissante en raison de la chute de la monnaie nationale -la livre syrienne (SYP)- qui a perdu les trois-quarts de sa valeur par rapport au dollar, amenant le président Assad a promulgué dimanche un décret interdisant toute transaction commerciale en devises étrangères.

Sur le plan diplomatique, le nouveau président iranien Hassan Rohani a affirmé dimanche que rien ne pouvait affecter les relations de l’Iran avec la Syrie, en recevant à Téhéran le Premier ministre syrien Waël al-Halaqi, selon l’agence officielle Sana.

source

EDITO CHRONIQUE – LA REVOLUTION SYRIENNE EST TERMINEE, LA GUERRE POUR LA SYRIE A COMMENCE


il y a 5 heures ·- La Révolution syrienne telle que nommée ainsi ne se terminera pas à la fin de cette guerre. Elle a pris fin ces dernières semaines. Oh, cela ne veut pas dire que le clan Assad a gagné, loin de là d’ailleurs. Mais tout simplement, qu’il n’y a plus rien dans les évènements actuels qui symbolise les demandes originelles et même les premiers combats. Ce 4 aout, au moment où j’avais déjà débuté cet édito, j’ai appris que des contacts combattants au sein d’une petite katiba familiale avait déposé les armes et ne participeraient pas aux batailles à venir dans la région de Jisr al-Shughur. Énième nouvelle de ce type. La raison ? Désormais toujours la même : « Nous ne combattons pas Assad pour ce qui arrive derrière… ».

Quand on a travaillé et suivi pendant plus de deux ans sur ce moment formidable de l’histoire du monde arabo-islamique, il y a forcément un profond sentiment de respect envers ces syriens et syriennes qui se sont levés, se lèvent et pour beaucoup tenteront encore de se lever. Je parlais clairement de révolte syrienne et de révolution syrienne. Car le plus solide régime de ce monde arabo-islamique, celui du clan Assad en Syrie (avec ceux des généraux égyptiens et des généraux algériens), était contesté, malgré la peur. Je ne suis pas un de ces bobos français qui s’émerveillent de voir la laïcité un jour dans le monde arabe. Je m’en moque comme de ma première chemise. Politiciens laïc ou partisan de l’Islam politique, un politicien restera toujours un politicien à mes yeux ! Mais il y avait dans cette révolte des choses plus fortes : le droit à l’expression la plus claire, l’organisation de comités locaux, des journaux qui se passaient sous le manteau, des banderoles qui défiaient les balles en disant simplement « nous ne reculerons plus », l’idée d’une égalité certaine, et surtout, une volonté de gueuler contre ce monde où les grandes puissances n’avaient que très peu de différences entre elles lorsqu’il s’agissait de tels évènements…

Désormais les militants révolutionnaires se font arrêter et emprisonner par centaines. Un jeune garçon qui dit un mot mal interprété, exécuté. Les journaux révolutionnaires, interdits de presse et de distribution. Non pas dans les zones loyalistes, non ! Mais dans les zones normalement rebelles ! Il y a bien des comités civils qui tentent de tenir l’originelle révolution avec ses slogans. A Alep, certains croient encore en un espoir devenu mirage. Mais tout a bien changé. Des hommes venus des quatre coins du monde, en aucun cas pour les demandes de syriens révoltés, imposent une terreur que même Celui dont il se revendique n’aurait jamais osé tolérer sur sa propre Oumma… Certains combattent encore clairement pour la rébellion, et j’en connais, mais ils sont devenus une minorité que ces étrangers qui décidaient de mourir non pour leurs idées à eux, mais pour les syriens et les idées des syriens…

Dans le même temps, la rébellion, qui devait progresser vers l’unité, a glissé vers les querelles pitoyables de personnes, de groupes politiques et de forces aux desseins non assumés. De grands chefs rebelles ont été tués et d’autres écartés… Abu Furat, Ryad al-Asaad, AbdelRazzaq Tlass, Qassim Saaedine, Hussein Harmoush, etc… et la liste est longue. Tous des déserteurs, tous des hommes de convictions, avec leurs défauts et mauvais actes pour certains, mais tous engagés avec une certaine idée de la révolte. Tous désormais réduits au silence ou à de simples interventions qui n’ont plus de poids… quand ils ne sont pas tout simplement morts.

Les ingérences internationales n’ont favorisé que ces actes de sabotages. Ceux là même dans les grandes capitales qui se plaignent que le clan Assad tienne bon, ont laissé passer des milliers de combattants radicaux confessionnels chiites. Là où d’ailleurs même le camp des pro-Assad était « sérieux » dans le sens qu’il était attaché à son chef avec une certaine rhétorique biaisée sur les minorités avec l’argument grotesque que le régime était laïc, ceux là même se sont noyés dans les confessionnalisme par un lien de plus en plus clair entre chiisme et alaouites. Les milices irakiennes chiites se sont ainsi récemment retrouvées attaquées à Damas par des citoyens alaouites pro-régime exaspérés des actes de ces hommes.

La révolution syrienne est terminée. La Chronique continuera de suivre ce qu’elle appelle désormais la « Guerre pour la Syrie » où désormais des forces s’affrontent pour une ville, un gouvernorat, ce pays, et, à plus grande échelle, à un morceau du monde. Triste fin pour un moment si incroyable de notre Histoire. Et comment finir sur cette symbolique ? Essayer de trouver de manière régulière le mot « Révolution » dans les déclarations de plus en plus de groupes radicaux qui s’incruste dans la révolte menée par la rébellion. Vous pouvez éplucher des milliers de documents, il ne reviendra que rarement et jamais pour s’y rattacher à leurs actes… La révolution syrienne s’est terminée en juillet 2013. Certains persisteront à faire vivre cet idéal. Mais une grande partie de cet idéal est parti avec la fumée des bombes loyalistes et dans les noirs desseins d’hommes sortis de l’ombre et qui ne songent qu’à amener cette ombre avec eux… Le reste ne tient plus qu’à un fil. Désormais, l’avenir appartient non aux syriens, déjà qu’il leur a très peu appartenu, mais à d’autres : des politiciens d’opposition ambitieux, un clan Assad coupé des réalités d’un pays divisé en deux, de puissances étrangères qui veulent se partager le gâteau, de groupes venus de pays voisins décidés à s’imposer dans le sang et la terreur.

LABROUSSE Cédric
4 aout 2013

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