Le régime syrien expulse le père Paolo Dall’Oglio, fondateur de la communauté « Al Khalil »


anniebannie : ce père est quelqu’un d’exceptionnel qui a toujours eu son franc parler; son expulsion est un nouveau tournant dans la dérive du régime

26 novembre 2011

Le site internet youkal.net rapporte, samedi 26 novembre, que le régime syrien vient d’ordonner au père Paolo Dall’Oglio, membre de la communauté jésuite de Syrie et responsable du monastère Mar Moussa Al Habachi, près de Nabak, de quitter au plus vite le pays. Le ministère syrien de l’Intérieur a adressé une injonction en ce sens à l’évêque dont le religieux dépend.

Paolo Dall’Oglio

Il commente cette information en indiquant que le père Paolo, qui avait entrepris en 1984 de restaurer seul, avec ses mains, ce monastère du VIème siècle longtemps abandonné,  qui en a fait un lieu internationalement reconnu de dialogue et de rencontre entre le christianisme et l’islam et qui y a créé la communauté « Al Khalil », a été sanctionné « pour son soutien à la révolution en Syrie ». Les choses sont sans doute un peu moins simples. Avec sa sensibilité particulière, le religieux voulait surtout, comme l’écrivait le 2 octobre le journal La Croix, continuer de « croire à la possibilité d’une réconciliation nationale et invitait toutes les parties à faire le choix de la non-violence ».

Deïr Mar Moussa Al Habachi

Le site écrit enfin : « Le régime syrien s’efforce depuis longtemps de faire croire que la minorité chrétienne du pays le soutient. Il a récemment envoyé au Liban une religieuse qui lui est inféodée pour y tenir, au Centre Catholique d’Information, en concertation avec le ministère syrien de l’Information, une conférence de presse pour attaquer la révolution syrienne. On a alors découvert que cette religieuse était bien connue du régime et qu’elle agissait en coordination avec lui ». Il ajoute que l’ancien ministre libanais Wi’am Wahhab, dont l’allégeance absolue au régime syrien a largement contribué à la carrière et à la fortune, vient d’ailleurs de « démasquer la religieuse en indiquant qu’elle fait partie de ses connaissances, qu’elle s’appelle dans le civil Fadia, et qu’elle est d’origine libanaise ».

Cette expulsion d’une personnalité très respectée en Syrie au sein de l’ensemble des communautés confirme que le régime syrien ne protège pas les minorités, mais uniquement les membres de ces communautés qui acceptent de lui apporter leur soutien, en faisant leur son discours, en relayant sa propagande, en justifiant ses agissements criminels et en lui apportant leur caution morale.

Source

Le régime syrien mise tout sur la répression


Analyse | LEMONDE | 23.11.11 | 11h54   •  Mis à jour le 23.11.11 |

A Homs, dans le quartier de Khalidiya,  la peur des habitants après l'explosion d'une bombe, le 28 octobre. Aucun adulte ne souhaite que son visage n'apparaisse sur la photo, par peur des représailles.

A Homs, dans le quartier de Khalidiya, la peur des habitants après l’explosion d’une bombe, le 28 octobre. Aucun adulte ne souhaite que son visage n’apparaisse sur la photo, par peur des représailles. MANI / ZEPPELINNETWORK/DEAL TEAM

Le 12 janvier, deux jours avant la chute à Tunis du régime de Zine El-Abidine Ben Ali, le président syrien, Bachar Al-Assad, pouvait penser qu’il avait opéré un rétablissement complet. La démission à Beyrouth du premier ministre Saad Hariri, qui l’avait accusé d’avoir fait assassiner son père Rafic, ancien premier ministre du pays du Cèdre, en 2005, refermait à ses yeux une parenthèse de près de six ans.
Longtemps isolé, le président Bachar Al-Assad avait renoué successivement, en 2008 et en 2009, avec deux de ses adversaires, la France et l’Arabie saoudite, alors que l’administration Obama, tout en maintenant des sanctions unilatérales contre le régime, s’était à son tour résignée, en 2010, à dépêcher un ambassadeur à Damas, à un poste laissé longtemps sans titulaire. Sans revenir sur son alliance historique et stratégique avec l’Iran, M. Assad avait également approfondi les relations avec son puissant voisin du Nord, la Turquie.

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Dix mois plus tard, le président syrien est pourtant affaibli comme jamais. Après la Tunisie, le Yémen, l’Egypte, la Libye et Bahreïn, où elle a été brisée, la vague des « printemps arabes » a fini par toucher la Syrie, le 15 mars, à Damas. Extrêmement marginale initialement, la contestation s’est enflammée deux jours plus tard après la répression brutale des manifestants de la ville de Deraa, frontalière de la Jordanie, avant d’essaimer dans de nombreuses cités moyennes du pays, les grandes métropoles de Damas et d’Alep étant relativement peu touchées. La répression extrêmement violente de ce soulèvement, décidée par le régime, a été sans effet, sinon de générer, à partir de l’été, un début de militarisation, puisque c’est pour éviter d’avoir à tirer sur les foules que des soldats ont commencé à faire défection, puis à organiser des embuscades pour contrarier le déploiement des troupes.

L’incapacité du régime à étouffer la contestation ne l’a pas cependant privé de tous ses atouts. Contrairement au cas tunisien, il continue d’avoir à sa disposition un appareil militaro-sécuritaire qui a résisté jusqu’à présent à l’épreuve que constitue pour lui un soulèvement diffus, coordonné sur le terrain, comme ailleurs dans le monde arabe en proie aux « printemps », par des militants spontanés, généralement sans passé politique et donc difficilement identifiables. Contrairement aussi à l’Egypte, l’extrême verticalité du pouvoir a préservé jusqu’à présent ce dernier d’un « coup de palais » semblable à celui qui a permis au Conseil suprême des forces armées (CSFA) d’écarter le président Hosni Moubarak pour tenter de préserver les prérogatives de l’armée égyptienne.

A la différence de la Libye, le régime syrien a pu conserver, à la condition de déployer ses troupes, le contrôle du terrain. Aucune portion du territoire, qu’il s’agisse des zones frontalières avec la Turquie ou avec la Jordanie, n’a pu être sanctuarisée par l’opposition comme ce fut le cas d’une bonne partie de la Cyrénaïque libyenne dès le début du soulèvement contre le régime de Mouammar Kadhafi.

Le régime syrien, contrairement à la Libye, se sait par ailleurs protégé de toute forme d’intervention étrangère autre que l’adoption de mesures de sanctions aggravées, la réponse privilégiée pour l’instant par les Etats-Unis et l’Union européenne (UE). Le président Assad peut compter sur un soutien russe qui ne s’est pas démenti jusqu’à présent, bien au contraire, et qui empêche de fait l’adoption, au Conseil de sécurité des Nations unies, d’une résolution qui légitimerait le principe d’une ingérence internationale au nom de la protection des civils, intervention qu’une partie de l’opposition commence à réclamer après y avoir été hostile.

Le régime syrien peut enfin jouer, comme lorsqu’il fut fragilisé après l’assassinat de Rafic Hariri, du repoussoir irakien, le chaos interconfessionnel qui s’est installé dans le pays après l’invasion américaine de 2003 étant un élément en mesure de dissuader la majorité silencieuse syrienne de rejoindre massivement la contestation. Il s’appuie, pourtant, sur les mêmes réflexes communautaires pour tenter de regrouper autour de lui la majorité des alaouites, cette dissidence ancienne du chiisme dont est issu le clan des Assad, ainsi que les différentes chapelles des chrétiens syriens. Ces divers groupes s’ajoutent à la bourgeoisie de Damas et d’Alep, les deux grandes métropoles syriennes qui n’ont d’ailleurs pas connu de manifestations massives depuis le début du soulèvement.

Il n’est cependant pas sûr que ces atouts puissent faire effet durablement. D’une part, parce que le soulèvement syrien n’est pas un phénomène isolé mais s’inscrit dans un mouvement régional qui n’a connu jusqu’à présent qu’un seul revers, à Bahreïn. A ce titre, le parallèle explicite établi par le régime avec les années 1979-1982 et le soulèvement armé provoqué alors par une dissidence radicale de la confrérie des Frères musulmans, écrasée à Hama au prix de milliers de morts n’est guère pertinent.

Depuis le 12 novembre, d’autre part, la Syrie se retrouve mise au ban de la Ligue arabe après le refus d’un plan de sortie de crise qui prévoyait, notamment, l’envoi d’observateurs, le retour de l’armée dans les casernes et l’ouverture d’un dialogue avec l’opposition. Même si le poids de l’institution panarabe ne doit pas être surestimé, ce lâchage, obtenu à une large majorité (18 pays sur 22), est coûteux pour un régime prompt à se présenter comme le symbole d’une résistance arabe vis-à-vis d’Israël et des Occidentaux. L’assistance qu’apporte la Turquie aux dissidents syriens, l’alignement d’Ankara sur les positions de la Ligue arabe font que Damas ne peut plus compter que sur le soutien d’un axe Téhéran-Bagdad-Hezbollah, dont il est aujourd’hui le maillon le plus fragile.

La solidité de l’assabiya, de la communauté alaouite, autour de la personne du président syrien n’est pas non plus assurée à terme, compte tenu de la prédation dont le premier cercle du régime s’est rendu coupable au cours des dernières années. Cette dérive patrimoniale n’a d’ailleurs pas été pour rien dans la contagion à la Syrie des « printemps arabes ».

La violence, qui constitue jusqu’à présent la seule réponse du régime au soulèvement, peut enfin s’avérer un piège si elle n’est pas relayée par des dispositions politiques ou sociales. Or l’économie du pays, qui ne peut plus compter sur les revenus tirés du tourisme et qui a du mal désormais à exporter sa modeste production pétrolière, en voie d’épuisement, est fragile.

Les moyens du régime, qui a engagé tardivement une libéralisation circonscrite à des activités de services, sont limités. Des sanctions internationales renforcées pourraient retirer au pouvoir syrien toute marge de manoeuvre sur ce point.

Gilles Paris

Les activistes syriens se lancent dans la presse clandestine


1/11/2011 / SYRIE

Le visage masqué, ils sonnent à la porte des habitations avant de détaler : il ne s’agit pas de plaisantins, mais d’activistes syriens qui vont de porte en porte pour distribuer leur journal anti-gouvernement.
Le 14e numéro du Syrian Hurriyat – “hurriyat” signifiant “liberté” en arabe – vient tout juste de sortir. Ce journal de 12 pages, publié depuis la fin du mois d’août, a été fondé par de jeunes activistes syriens en exil en Europe. Il contient également les articles de dizaines de militants vivant encore en Syrie. Actualités, éditos, dessins de presse, le Syrian Hurriyat a tout d’un journal classique. Une édition en ligne a même été lancée récemment, avec certains articles traduits en anglais. Pour autant, la priorité reste l’édition papier, affirment ses rédacteurs, car de nombreux Syriens n’ont pas de connexion Internet.

Les activistes se filment en train de distribuer les journaux. Selon le rédacteur en chef du journal, cette scène a eu lieu à Damas. Vidéo postée sur YouTube par Syrian Hurriyat.

Contributeurs

« Nous voulons motiver les manifestants sur le terrain, qu’ils restent réactifs… mais aussi proposer une alternative aux medias d’État »

Kareem Lailah est le redacteur en chef du Syrian Hurriyat. Il vit en exil en Europe.

Les activistes en Syrie distribuent notre journal au hasard. Ils frappent à toutes les portes, dans toutes sortes de quartiers, pas seulement ceux qui sont connus pour être majoritairement anti-régime. Au contraire, ils tentent davantage de cibler les zones réputées pour leur soutien au pouvoir.
Nous voulons motiver les manifestants sur le terrain, mais nous nous adressons aussi aux Syriens qui ne savent pas quoi penser de cette révolution. On leur propose une alternative aux medias locaux qui sont contrôlés par l’État.
On espère que ceux qui trouveront le journal sur le pas de leur porte, même s’ils ne veulent pas le lire, apercevront une bonne caricature qui exprime notre message.
Ces distributions sont très risquées, mais les manifestants eux aussi risquent leur vie tous les jours et continuent de se mobiliser. Personnellement, j’ai reçu plusieurs messages de menace. Nos activistes ont peur d’être surveillés mais, jusqu’à présent, personne n’a été arrêté.
Nous voulons continuer à nous développer et à toucher un public plus large, mais il est hors de questions de perdre un activiste pour ça. Si l’un d’entre eux se fait attraper, il sera tué car le régime craint plus encore les pensées que les actes. Les manifestants sont perçus comme des individus dangereux, mais moins que ceux qui pensent, organisent et diffusent la vérité.
“L’impression du journal se fait essentiellement en Syrie, chez les activistes »
L’impression du journal est difficile. Elle se fait surtout en Syrie, chez les activistes. Il arrive aussi que nous réussissions à faire passer illégalement des exemplaires imprimés à l’étranger.
Nous les distribuons essentiellement à Damas et à Homs – même si dans cette ville la vague de répression récente nous a obligé à ralentir la distribution. Bientôt, nous diffuserons aussi à Alep. Toutes les semaines, plusieurs milliers d’exemplaires sortent – on fait notre maximum en fonction des possibilités des personnes sur place.
« Nous avons tous entre 20 et 35 ans, tout ce que nous voulons c’est la liberté et un nouveau départ pour la Syrie »
Nous n’avons aucun sponsor et payons les impressions de notre poche. Afin de préserver notre indépendance éditoriale, nous n’avons demandé l’aide d’aucun groupe en exil. Nous avons tous entre 20 et 35 ans, tout ce que nous voulons c’est la liberté et un nouveau départ pour la Syrie et nous ne sommes pas certains que les autres générations et les autres groupes veulent la même chose.
Notre message est simple : la liberté a un coût, mais le jeu en vaut la chandelle.
Nous avons reçu des réactions très positives. J’ai lu le tweet d’un habitant de Damas qui disait : « C’est magnifique de se réveiller et de trouver Hurriyat sur sa porte… Je sens déjà souffler le vent de la liberté. » C’est ça qui nous pousse à continuer.
Notre journal sera publié aussi longtemps que nécessaire et j’espère qu’un jour, après la chute du régime, il sera autorisé. Il y aura alors des tas d’autres choses à écrire, car construire une société meilleure est bien plus compliqué que de faire tomber un dictateur. »

Le journal imprimé et prêt à la distribution. Vidéo postée sur YouTube par Syrian Hurriyat.

Le journal est aussi distribué en dehors de la Syrie. Des copies sont ici distribuées lors d’une conférence sur la Syrie à Beyrouth, au Liban. Photo postée sur Twittter par @abirsasso.

Des reportages en Syrie qui dérangent


LOOS,BAUDOUIN

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Mardi 22 novembre 2011

Deux reportages réalisés en même temps en Syrie, l’un diffusé ce lundi à la RTBF radio, l’autre publié samedi par La Libre Belgique ont suscité quelque émoi parmi ceux des auditeurs et lecteurs belges qui s’intéressent de près aux inquiétants développements dans ce pays du Proche-Orient. Les deux reportages pouvaient donner à penser que le régime syrien était aux prises avec une insurrection menée par des islamistes sanguinaires qui sèment la terreur à coups de mutilations atroces.

La Libre précisait que son reportage avait été « autorisé » par le pouvoir syrien, alors que la RTBF faisait même une interview de sa journaliste pour qu’elle raconte les conditions d’un reportage qu’elle qualifiait d’« assez encadré » (par le régime).

En résumé, les reportages racontaient les rencontres avec le gouverneur d’Homs et avec un archevêque, puis narraient une visite à l’hôpital, où des gens se pressaient pour raconter aux journalistes les atrocités dont leurs proches avaient été victimes (deux cadavres très mutilés ont été exhibés). Les envoyés spéciaux observaient que le régime de Bachar el-Asad bénéficiait d’une grande popularité.

Comment des journalistes occidentaux non suspects de sympathie avec le régime ont-ils pu se rendre en Syrie alors que l’interdiction des reporters internationaux est en vigueur ? C’est par l’intermédiaire d’une religieuse, sœur Agnès Mariam de la Croix (voir ci-contre), que cela s’est fait. Cette personne avait envoyé des invitations à de nombreux médias, promettant l’obtention d’un visa. Le Soir avait d’ailleurs également été contacté et n’avait pas donné suite, craignant un voyage de propagande.

« Trop dangereux »

Françoise Wallemacq, l’envoyée de la RTBF, admet que son reportage va « à contre-courant » de ce qui s’écrit et se dit sur la Syrie. « Je raconte ce que j’ai vu, nous dit-elle. Certes, nous étions cornaqués, sauf le dernier jour à Damas où nous nous sommes promenés librement et où de nombreuses personnes nous ont abordés pour nous confier leur peur de la guerre civile et leur soutien au régime. Cette peur du chaos était très palpable surtout chez les minorités comme les chrétiens. »

Les reportages ne rapportaient pas l’avis des opposants syriens. « Impossible et trop dangereux de vérifier qui sont ces “bandes armées” », écrivait La Libre Belgique à propos des terribles accusations dont elle faisait état.

La Libre et la RTBF évoquent le souci du régime de contrer les informations de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, basé à Londres, une source privilégiée des médias occidentaux qui critique le régime syrien. C’est que ce conflit, comme tout conflit, suscite une âpre guerre médiatique. Un phénomène, parfois, qui peut aller jusqu’aux plus ignobles manipulations, comme dans le paradigme de la « sale guerre » algérienne dans les années 90. Des livres entiers ont été écrits sur les massacres en Algérie et cette question qui taraudait déjà les esprits : qui tue qui ?

portrait

Qui est sœur Agnès-Mariam de la Croix ?

Sur Google, l’association des mots Agnès-Mariam et croix donne… 855.000 résultats ! C’est dire si le militantisme de l’higoumène (supérieure) du monastère de Saint-Jacques-le-Mutilé à Qâra, en Syrie, fait florès sur internet. Celle qui a lancé les invitations à la presse (voir ci-contre) a le sens de la formule : elle dénonce « la diabolisation du régime (syrien) face à une canonisation de l’opposition », bien qu’elle prétende ne pas faire de politique. Certains traitent cette nonne palestino-libanaise d’intégriste. Mais elle préfère soigner son image : n’a-t-elle pas écrit au président Bachar el-Assad le 19 novembre pour se dire « bouleversée d’apprendre par Amnesty que dans les hôpitaux du gouvernement les blessés (…) sont maltraités d’après leur appartenance idéologique » ? La bonne sœur, qui avoue un passé de hippie (repentie à 19 ans), se consacre néanmoins corps et âme à la répudiation des insurgés et admet être en contact avec les services secrets syriens. Notre consœur Françoise Wallemacq, qui l’a côtoyée, croit ce « chantre involontaire du régime plutôt sincère mais aveuglé par son émotion ». La religieuse reconnaît cependant que, comme en Algérie pour les moines de Tibhérine en 1996, « l’irréparable peut se produire pour nous à n’importe quel moment, sans qu’on sache exactement qui l’a perpétré et pour quel motif »…

source

Détachement délusionnel, Assad par lui-même


Dernier paragraphe de la présentation du sujet fait par OTW  suivi du compte rendu d’une réunion entre des étudiants et le Président syrien.

… Les premiers mois (nous comptons maintenant en mois et non plus en jours) du soulèvement, en dirigeant « populiste civilisé » M. al-Assad a assisté à une multitude de réunions avec des « représentants » de la société syrienne. Parmi ces groupes,  il y en avait qui réunissaient des jeunes. Un premier compte rendu de cette réunion a été faite par un jeune homme dans une version  très neutre. Toutefois,  il y a deux jours, ce même jeune homme a publié une nouvelle version dans laquelle il a donné plus de détails sur certaines des réponses faites par le président. J’ai posté cette version en commentaire dans le chapitre précédent (du site) mais il est bon de mettre en lumière le niveau de détachement, d’obstination et de  dogmatisme de l’homme dont  les analystes naïfs en Occident estiment qu’il a été trahi par son « éducation occidentale » mythique et peut être facile à contester.  Lisez le dialogue et vous y trouverez la recherche du  droit, du bien et de la justice dans les questions posées par les jeunes et par contre l’ambivalence criminelle et le détachement des réponses dogmatiques de M. Assad.

Houssam Arian vendredi 18 novembre 2011

Tout d’abord je voudrais signaler que j’ai refusé de publier l’aspect désastreux de notre débat plus tôt. Ce que j’ai dit a été publié par le journal Alsafir en une phrase qui se résume  à ceci :

nous sommes allés proposer des solutions et non pas demander des faveurs personnelles ; en dépit de cela, certains ont demandé des faveurs personnelles. Je voudrais aussi dire que je suis irrité par la question « quelles sont vos demandes ? » que j’entends à chaque fois que nous rencontrons des représentants du régime au sujet de l’émission « la voix des étudiants »». J’avais l’impression que nous étions embarqués dans une mission de mendicité.

Le 5 mai 201,  j’ai reçu un appel téléphonique du syndicat  des étudiants syriens. J’ai appris que mon nom avait été retenu avec ceux d’autres jeunes de toute la Syrie pour assister à une réunion avec le président al-Assad afin d’ examiner la situation actuelle. On m’a  aussi dit que la réunion aurait lieu deux jours plus tard, c’est-à-dire le 7 mai 2011. J’ai accepté et je me suis rendu à Damas pour assister à la réunion au palais présidentiel. Nous sommes tous entrés. Un groupe de 14 jeunes gens et jeunes filles. Après les souhaits de bienvenue et les présentations,  la réunion a commencé. J’ai choisi d’intervenir en dernier  espérant ne pas voler les idées de mes camarades sans m’en rendre compte. Voici ce qui m’a abasourdi dans les réponses que nous avons reçues :

Nous devons relancer le rôle du parti Baath  parce que ces dernières décennies, les citoyens syriens n’ont pas senti l’importance du parti au pouvoir dans le gouvernement

C’est  la réponse du président à une jeune fille de Homs qui avait évoqué l’annulation de  l’article 8  de la constitution le plus rapidement possible afin d’éviter les controverses et de permettre l’établissement de partis opposés au Baath

Le service militaire dans son état actuel est en fait un service national. Même si c’est un docteur qui est en poste à un check-point et qui se bat. Ce faisant il sert en fait son pays.

C’est la réponse qu’a reçue un des participants de Qamishli quand il a suggéré que l’on transforme le service militaire en service national. On  pourrait ainsi  utiliser les  conscrits dans leur domaine de compétence, comme par exemple envoyer des ingénieurs participer  à des projets gouvernementaux ou envoyer des enseignants travailler dans des régions défavorisées. Ceci permettrait d’atteindre deux objectifs : d’abord couvrir toutes les écoles en Syrie et deuxièmement,  économiser beaucoup d’argent qui pourrait être utilisé pour améliorer l’infrastructure scolaire dans certaines régions.

Ce fut le tour d’un gars de Hasakeh, qui avait une simple demande : comment pouvons-nous arrêter les tabassages et les assassinats par les services de renseignements. Quand ils essaient d’arrêter quelqu’un ne peuvent-ils pas le faire avec un peu de respect ?

La réponse : nous formons des forces de police spécialisées dans la gestion des manifestations. Elles commenceront leur travail dans les prochains mois.

Je crois que ce furent les questions les plus importantes posées avant que ce ne vienne mon tour et j’ai posé trois questions : d’abord, puisque le gouvernement relate la vérité sur ce qui se passe en Syrie  et non pas des mensonges ou des fabrications, pourquoi n’autorisons-nous pas la presse à venir en Syrie pour voir ce qui se passe et pour prouver une fois pour toutes que le gouvernement syrien dit la vérité.

Il a répondu que nous n’avons pas besoin de la presse extérieure pour deux raisons : d’abord parce que les agences de presse ont des journalistes dans le monde entier sauf en Syrie, raison pour laquelle elles ont besoin d’obtenir leurs nouvelles auprès de notre presse syrienne et nous leur communiquerons  la vérité sur ce qui se passe sur notre sol ; deuxièmement, pendant toutes ces années notre presse n’a jamais eu la chance de se faire connaître au niveau mondial. Aujourd’hui elle profite de cette occasion pour accroître ses compétences dans ce domaine.

Ma deuxième question : de façon générale les Arabes sont assez émotifs. C’est un trait de caractère appréciable, mais qui peut être aussi négatif s’ il n’est pas manié correctement. Je suggère donc que les services de renseignements évitent des arrestations au hasard et traitent les détenus de façon humaine et civilisée.

Sa réponse : c’est vrai, nous sommes des émotifs et pour surmonter ce que vous mentionnez,  nous devrions tout d’abord suivre la presse véridique sur le terrain. Cela nous aidera à nous orienter sur ce qu’il convient de faire de nos émotions. J’ai aussi répondu à votre ami que nous formons la police à gérer les manifestants avec respect.

Ma troisième question: puisque vous avez le leadership, la sagesse et le système judiciaire, pourquoi n’a-ton pas traduit en justice  les complices et les coupables de l’assassinat de Syriens comme par exemple Atef Najeeb.

Là,  il baisse la tête et il dit oui Atef Najeeb est complice,  mais personne n’a intenté de procès contre lui. En outre, il est mon cousin germain et je ne l’ai pas vu depuis 22 ans.

J’ai alors perdu mon calme et j’ai osé l’interrompre pour lui dire que pas plus tard que la veille,  quelques-uns de mes amis avaient été arrêtés pendant une manifestation à laquelle il ne participaient même pas. Lorsque nous avons essayé de les faire sortir par le biais du système judiciaire, on nous a dit : qui allez allez-vous poursuivre ? Là, le président  m’a demandé de lui donner le nom de mes amis détenus,  mais j’avais encore une question : quel est le sort des autres détenus ? Il a poursuivi, s’adressant groupe :

Hier, il y a eu 19 arrestations à Seif Aldowleh et c’étaient tous des clochards.

Je l’ai à nouveau interrompu pour lui dire : sur les 19 que vous venez de mentionner, cinq sont des médecins. En outre, cette nuit-là  les arrestations ont dépassé 200 personnes . J’ai poursuivi et qu’en est-il de la nouvelle loi sur les manifestations ?

Il nous a dit : nous nous intéressons pas à ceux qui manifestent, mais plutôt à ceux qui rapportent l’événement et le communiquent à la presse étrangère.

Quelques moments plus tard, son garde personnel est venu nous dire que l’entrevue était terminée. Avant que nous ne partions, le président nous a demandé si l’un d’entre nous voulait passer sur le canal Aldunya pour parler de notre réunion avec lui. Aucun d’entre nous n’a répondu. Il y a eu un silence et puis il a dit :

On en est arrivé là ?

Moi-même et la personne à côté de moi avons répondu simultanément : et  bien plus.

L’interview a été traduite de l’arabe en anglais et ceci est donc une traduction d’une traduction,  exercice imprécis et difficile s’il en est.

Vous trouverez l’original arabe et la traduction en anglais ici : http://7ee6an.wordpress.com/2011/11/19/delusional-detachment-assad-in-his-own-words/#more-560

Syrie : au delà de la honte


Cette vidéo a été postée sur le site de Maysaloon; elle commente :

« Cette vidéo remonte à un mois, mais je l’ai vue ce soir pour la première fois. Il est humiliant et inquiétant de voir ce qui se passe en Syrie aujourd’hui. Je ne comprends pas de quel type de réformes parlent  Assad et ses partisans. Qui pensent-ils  tromper quand on voit un homme humilié et insulté pareillement dans la Syrie de Assad. Impossible de rester impartial devant une telle brutalité et il n’y a pas de justification qui tienne.

Je traduirai ce que je peux ; il n’y a pas de contexte à cette vidéo, mais les soldats seraient les membres de l’élite, une unité spéciale loyale à Assad. Elle a été postée par Sham SNN sur Youtube le 16 octobre et elle est dédiée à la ligue Arabe.

On demande à l’homme de sourire et de rire devant la caméra. On lui dit de dire son nom et quand il le dit on le gifle brutalement. Dans cette vidéo on lui dit aussi de dire que il est heureux de savoir qu’ils ont couché avec sa soeur et qu’il a acheté des armes et des drogues.

Vers la fin de la vidéo, il se plaint de son asthme et demande son inhalateur. L’homme qui le filme au début et qui se trouve maintenant à côté de lui,  lui donne l’inhalateur et lui demande si il s’est « repenti ». Le prisonnier répond « oui » et le soldat lui dit que c’est ramadan et que s’il est un bon mot musulmans, sa promesse est sérieuse. À la fin de la vidéo le prisonnier est giflé si brutalement qu’il tombe par terre

Cette vidéo est honteuse et très inquiétante. Le régime et ses partisans ne veulent pas que vous la voyez« 

Chants de la Révolution syrienne


anniebannie leur a consacré une page qui vous sera accessible en permanence et qui sera enrichie au fur et à mesure


شوفوا بلدي ( سوريا ) بلد الاحرار

Ibrahim Qashoush, le chanteur de Hama à qui ils ont arraché les cordes vocales

La mort plutôt que l’humiliation

 

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