Appel au secours de Tala – Tunisie


manche 9 janvier 2011

Appel lançé par un habitant de la région sous le pseudo TH dans une interview diffusée sur Facebook :
https://login.facebook.com/ebtasem
ou https://upload.facebook.com/ebtasem

Témoignage enregistré aujourd’hui d’un habitant de Tala. Ci-après transcription et mise en forme des propos enregistrés:

Ce que j’ai vu ça ressemble à Stalingrad; les incendies sont partout, les rues jonchées de pierres; les maisons endeuillées avec leurs cris de douleur; les portes des boutiques éventrées non pas par les jeunes révoltés mais par la police qui défonse les portes et met le feu aux boutiques, comme cela a pu être filmé la semaine dernière à Tala même.
On compte 7 morts transportés à l’Hôpital; mais ce matin on a repêché 4 cadavres de la rivière proche de l’Hôpital; hier on en a repêché deux; [le témoin semble signifier que ces cadavres viennent de l’hôpital].

Lors des affrontements, les blessés ont été traînés par terre par la police anti-émeutes (Brigade d’Ordre Public, B.O.P.) en leur disant : « meurs comme ça; on ne te soignera pas! ».

L’armée s’est contentée de défendre le siège de la Sous Préfecture et des Impôts et n’est pas intervenue dans la répression.

Seuls la Mairie et le siège du parti au pouvoir ont été incendiés.
Toutes les catégories de la population ont été touchées [par ce massacre]; elles sont sans secours et ne peuvent se défendre face à des forces armées [qui continuent à les menacer].
source

Tunisie: l’opposition parle de 20 morts


Photo : L'Humanité

Dimanche 9 janvier 2011

La Tunisie connaît depuis la fin décembre une rare agitation sociale, les jeunes dénonçant la pénurie d’emplois. Les troubles ont été déclenchés par le suicide d’un vendeur sans permis qui s’était fait confisquer sa marchandise de fruits et légumes à Sidi Bouzid (265 km au sud de Tunis) et qui s’est immolé par le feu le 17 décembre.

Un dirigeant de l’opposition a fait état dimanche d’au moins 20 personnes tuées par balles à Thala et Kasserine, dans le centre-ouest de la Tunisie, et a appelé le président Zine El Abidine Ben Ali à « faire cesser le feu ». Le gouvernement tunisien a, quant à lui, déclaré dans un communiqué que huit personnes étaient mortes au total dans des affrontements avec la police au cours des dernières 24 heures.

« Les informations qui nous proviennent de Kasserine et Thala font état d’au moins vingt morts tombés sous les balles depuis samedi dans des affrontements qui se poursuivaient ce matin même », a déclaré Ahmed Nejib Chebbi, chef historique du Parti démocratique progressiste (PDP, opposition légale). « On a tiré sur les cortèges funèbres », a-t-il affirmé, expliquant tenir ses informations des relais de son parti dans les deux villes.

Affirmant vouloir attirer l’attention du chef de l’Etat sur « la gravité de la situation », M. Chebbi l’a appelé à « faire cesser le feu immédiatement ». « J’adresse un appel urgent au président de la République pour lui demander de faire cesser le feu immédiatement afin d’épargner la vie des citoyens innocents et de respecter leur droit à manifester », a-t-il déclaré.

Samedi soir, des affrontements à Thala, localité situé à 50 km de Kasserine, avaient fait au moins quatre morts et six blessés graves, selon des sources syndicales. Le ministère de l’Intérieur a donné un bilan de deux tués et huit blessés par balles parmi la population de Thala.

Samedi, un nouveau marchand ambulant s’est immolé par le feu à Sidi Bouzid. Agé de 50 ans, Moncef Ben K., marié et père de famille, s’est aspergé d’essence alors que se tenait le marché de la ville. Il a été emmené en ambulance et son état est jugé grave.

A Tunis, lors d’un rassemblement public samedi, la centrale syndicale unique, l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), a proclamé son appui aux revendications « légitimes » du mouvement. « Nous soutenons les revendications de la population de Sidi Bouzid et des régions intérieures », a-t-il déclaré à la foule depuis les locaux de la centrale, sur la place Mohamed Ali. « Il est contre nature de condamner ce mouvement, il n’est pas normal d’y répondre par des balles », a-t-il lancé sous les applaudissements, appelant plutôt au « dialogue avec les jeunes ». La foule a observé une minute de silence à « la mémoire des martyrs » du mouvement social, entre hymne national et chansons engagées diffusés par hauts-parleurs.

Le dossier Tunisie
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© Journal L’Humanité
Publié le 9 janvier 2011 avec l’aimable autorisation de L’Humanité

 


Source : Le web de l’Humanité
http://www.humanite.fr/…

 

Mohsen Cherif « Vive Benyamin Netanyahu »


La video ici

ET voici ce qu’en dit Al Jazeera lien ici

A l’origine, une gaffe de Mohsen Cherif, qu’on entend clairement crier dans une vidéo qui circule sur Facebook : « Vive Bibi Netanyahu ». Bibi est en fait le surnom du premier ministre Israélien, Benyamin Netanyahu. L’occasion était visiblement une fête célébrée par la communauté juive tunisienne, probablement en Israël, selon certains. On peut entendre le chanteur dire également au public qu’il espérait les revoir à El Ghriba (Djerba) pour leur pèlerinage annuel, ce qui –ajouté au fait que les vidéos ont été publiées sur le profil d’un jeune israélien- rend l’hypothèse plus plausible.

Scandale autour d’un chanteur tunisien qui a scandé « vive Nétanyahou » en Israël

jeudi 12 août 2010

Pour avoir lancé des vivats à l’adresse du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou lors d’un concert en Israël, le chanteur tunisien Mohsen Chérif fait l’objet depuis plusieurs jours d’un véritable lynchage médiatique dans son pays et dans le monde arabe.

Le tollé sans précédent a été déclenché par la diffusion sur le réseau social Facebook d’une vidéo montrant le chanteur rendant hommage à son président en lançant « vive Ben Ali », avant d’enchaîner maintes fois « vive Nétanyahou », « vive Bibi » sous l’influence du public israélien.

En deux jours, plus de 40.000 réactions étaient enregistrées, dénonçant « l’acte indigne » de celui qui est qualifié de « traître ». L’artiste est accusé d’avoir fait l’apologie d’un « sanguinaire à l’origine du massacre de Gaza » et de l’attaque de la flotte humanitaire turque qui se dirigeait vers le territoire palestinien soumis à un blocus depuis quatre ans.

Un internaute a diffusé une image retouchée du chanteur incriminé vêtu d’une jellabah bleue frappée de l’étoile de David et une corde autour du cou. Nombreux d’entre eux condamnent ce qu’ils considèrent comme « un pas vers la normalisation » avec l’Etat hébreu, appelant à déchoir son auteur de la nationalité tunisienne, à boycotter ses concerts et à lui interdire l’accès à la télévision.

Outre les réactions sur le Net, la polémique a été relayée par la presse écrite tunisienne et arabe, notamment la chaîne Al-Jazeera ainsi que par les organisations de la société civile.

Proclamant son « refus de toute forme de normalisation culturelle et artistique avec Israël », le secrétaire général du Syndicat tunisien des professions musicales (STPF), Oussama Farhat, a invité les autorités à interdire à tout artiste de voyager en Israël, en application des décisions de la Ligue arabe. Des avocats tunisiens ont déjà déposé plainte contre le chanteur pour « atteinte à la dignité des Tunisiens et à leur sentiment national »
.
En attendant, Mohsen Chérif, comédien par ailleurs, devait être censuré dans un feuilleton programmé par la chaîne TV privée Hannibal, selon le journal « Le Quotidien ».

Un violoniste qui a participé à la fameuse soirée, Béchir Selmi, membre de la troupe musicale de la radio tunisienne publique, a été suspendu de ses fonctions pour avoir participé à des concerts privés sans l’autorisation de son employeur.
Un autre chanteur, Slim Baccouche, a vu le concert qu’il devait donner au festival international de Carthage annulé.

Selon la vidéo diffusée sur Facebook, le spectacle était donné dans le kibboutz d’Eïlat, mais le flou subsiste quant à son origine et à la date du concert. D’aucuns s’interrogent sur les desseins de son auteur et sur le timing de sa diffusion, d’autant que certains médias avancent qu’elle remonte à deux ans.

La Tunisie n’entretient pas de relations diplomatiques avec Israël. Les deux pays ont échangé des bureaux d’intérêts en 1996 qui ont été fermés en 2000 en application des résolutions de la Ligue arabe, suite à la deuxième Intifada palestinienne.

Néanmoins des milliers de juifs venus d’Europe, d’Amérique et d’Israël viennent chaque année à Djerba pour le pèlerinage de la Ghriba, l’une des plus anciennes synagogues au monde, construite il y a plus de 2.500 ans, selon la légende.

(Jeudi, 12 août 2010 – Avec les agences de presse)
source

Tunisie: Le pays du jasmin, le miroir déformé de l’Occident



René Naba

L’arrestation du journaliste Toufic Ben Brick, le 29 octobre, cinq jours après la réélection du président Zine El-Abidine Ben Ali a retenti comme un camouflet à l’égard de ses protecteurs occidentaux et des pensionnaires gracieux de ses sites balnéaires. Il porte condamnation de leur complaisance et discrédite leur discours.

La Tunisie a célébré, le 7 novembre 2009, le 22 ème anniversaire du coup d’état médical du général Zine El-Abidine Ben Ali, contre le père de l’indépendance tunisienne, le combattant suprême Habib Bourguiba, dans une ambiance de résignation de la population découragée par la perspective d’une présidence à vie de leur «général président» du fait de ses jongleries constitutionnelles visant à assurer sa longévité politique avec la complicité silencieuse de ses protecteurs occidentaux.

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