Tunisie: l’opposition parle de 20 morts


Photo : L'Humanité

Dimanche 9 janvier 2011

La Tunisie connaît depuis la fin décembre une rare agitation sociale, les jeunes dénonçant la pénurie d’emplois. Les troubles ont été déclenchés par le suicide d’un vendeur sans permis qui s’était fait confisquer sa marchandise de fruits et légumes à Sidi Bouzid (265 km au sud de Tunis) et qui s’est immolé par le feu le 17 décembre.

Un dirigeant de l’opposition a fait état dimanche d’au moins 20 personnes tuées par balles à Thala et Kasserine, dans le centre-ouest de la Tunisie, et a appelé le président Zine El Abidine Ben Ali à « faire cesser le feu ». Le gouvernement tunisien a, quant à lui, déclaré dans un communiqué que huit personnes étaient mortes au total dans des affrontements avec la police au cours des dernières 24 heures.

« Les informations qui nous proviennent de Kasserine et Thala font état d’au moins vingt morts tombés sous les balles depuis samedi dans des affrontements qui se poursuivaient ce matin même », a déclaré Ahmed Nejib Chebbi, chef historique du Parti démocratique progressiste (PDP, opposition légale). « On a tiré sur les cortèges funèbres », a-t-il affirmé, expliquant tenir ses informations des relais de son parti dans les deux villes.

Affirmant vouloir attirer l’attention du chef de l’Etat sur « la gravité de la situation », M. Chebbi l’a appelé à « faire cesser le feu immédiatement ». « J’adresse un appel urgent au président de la République pour lui demander de faire cesser le feu immédiatement afin d’épargner la vie des citoyens innocents et de respecter leur droit à manifester », a-t-il déclaré.

Samedi soir, des affrontements à Thala, localité situé à 50 km de Kasserine, avaient fait au moins quatre morts et six blessés graves, selon des sources syndicales. Le ministère de l’Intérieur a donné un bilan de deux tués et huit blessés par balles parmi la population de Thala.

Samedi, un nouveau marchand ambulant s’est immolé par le feu à Sidi Bouzid. Agé de 50 ans, Moncef Ben K., marié et père de famille, s’est aspergé d’essence alors que se tenait le marché de la ville. Il a été emmené en ambulance et son état est jugé grave.

A Tunis, lors d’un rassemblement public samedi, la centrale syndicale unique, l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), a proclamé son appui aux revendications « légitimes » du mouvement. « Nous soutenons les revendications de la population de Sidi Bouzid et des régions intérieures », a-t-il déclaré à la foule depuis les locaux de la centrale, sur la place Mohamed Ali. « Il est contre nature de condamner ce mouvement, il n’est pas normal d’y répondre par des balles », a-t-il lancé sous les applaudissements, appelant plutôt au « dialogue avec les jeunes ». La foule a observé une minute de silence à « la mémoire des martyrs » du mouvement social, entre hymne national et chansons engagées diffusés par hauts-parleurs.

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© Journal L’Humanité
Publié le 9 janvier 2011 avec l’aimable autorisation de L’Humanité

 


Source : Le web de l’Humanité
http://www.humanite.fr/…

 

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