Asile et contre-vérités


François Roland

Petite piqûre de rappel (oui, j’en ai marre).

Imaginez-vous. Vous quittez votre pays, en proie à un conflit. Vous laissez derrière vous votre famille, leur promettant qu’ils pourront vous rejoindre au plus vite. Vous arrivez, après plusieurs mois d’un voyage dangereux, dans un pays que vous estimez sûr et respectueux des droits de l’homme. Vous y demandez une protection, un séjour, la possibilité de reconstruire votre vie.

Depuis le 21.10.2015, voici (ci-joint) la première communication officielle que vous recevez lorsque vous introduisez une telle demande. Une lettre, signée de la main du Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, qui vous dit en résumé :

– que la procédure va être très longue, mais que vous pouvez toujours rentrer chez vous si c’est trop long ;
– que la Belgique ne vous donnera pas d’autorisation de séjour à durée indéterminée, même si la décision est positive (FAUX) ;
– que pendant la procédure d’asile, vous vivrez dans un endroit horrible où il ne fait pas bon vivre, et qu’on vous donnera rien d’autre qu’un lit et à manger (ILLEGAL) ;
– que si vous avez déjà été enregistré dans un autre pays d’Europe, de gré ou de force, on vous y renverra par tous les moyens ;
– que si vous souhaitez que votre famille vous rejoigne, ça va prendre très longtemps et ça va être très compliqué (FAUX) ;
– que si votre demande est rejetée, vous allez être arrêté et renvoyé de force dans votre pays d’origine.

Cette lettre continent des informations qui sont partielles, partiales et, pour la moitié d’entre elles, erronées (certaines mesures n’ayant pas encore été adoptées sous forme de loi et n’étant donc pas d’application à l’heure actuelle). Elle fait montre d’une dérive autoritaire inacceptable de la part des responsables politiques en charge de ces matières. Intolérable dans un Etat de droit (comme la Belgique ?).

Et vous, comment réagiriez-vous ? Aimeriez-vous être accueilli de la sorte après avoir été forcé de fuir votre pays ?

Ah oui, j’oubliais, le droit d’asile est un droit de l’Homme fondamental. Une petite piqûre, Messieurs les membres du gouvernement ?

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Bordel gratuit pour les réfugiés : le hoax allemand du moment


De prétendues entrées gratuites dans les maisons closes destinées aux réfugiés circulent sur l’Internet allemand.

(De Berlin) A première vue, on dirait d’inoffensifs billets de tombola, à la différence que ceux-ci portent le logo de différentes administrations, accompagné d’un intitulé aguicheur en lettres majuscules  : « Bon pour une visite gratuite à la maison close  », avec horaires et conditions de validité bien en évidence.

Prétendu coupon pour un bordel bavarrois

Prétendu coupon pour un bordel bavarrois – Mimikama.at

Rien de foncièrement choquant dans un pays où les maisons de prostitution ont pignon sur rue, au point qu’une jeune chômeuse bavaroise de 19 ans se soit récemment vu proposer le plus sérieusement du monde, dans un courrier de l’agence fédérale pour l’emploi, un job d’«  hôtesse de bar  » au bordel du coin, le Colosseum Sauna Club, à raison de 42 heures par semaine principalement en horaires nocturnes et les week-ends.

Hoax monté par l’extrême droite

Mais à la différence de ce navrant cafouillage administratif qui avait traumatisé une adolescente et plongé dans l’embarras le Pôle emploi de la ville d’Augsbourg, ces fameux «  pass gratuits  » pour les maisons de tolérance n’existent pas.

Il s’agit d’un énième canular, propagé par les réseaux proches de l’extrême droite, pour attiser le ressentiment contre les réfugiés, prétendus «  bénéficiaires  » de ces tickets de rationnement d’un nouveau genre. Le message est clair  : les migrants, on leur donne tout, ils peuvent même aller aux putes aux frais du contribuable allemand  !

Capture d'écran de la page Facebook de Pegida

Capture d’écran de la page Facebook de Pegida

Ces trois photos ont été publiées par l’utilisateur Fred S. dans le groupe «  Fans officiels de Pegida  », un groupe Facebook fermé qui compte plus de 3 000 membres affichant haut et fort leur soutien au mouvement xénophobe Pegida (patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident) et au parti populiste eurosceptique Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Fred. S., dont le profil Facebook est lui largement public, a participé au printemps dernier aux manifestations contre l’ouverture d’un centre d’hébergement pour réfugiés dans la localité de Tröglitz, dans la région est-allemande de Saxe-Anhalt, manifestations qui avaient culminé par l’incendie criminel du bâtiment en avril, quelques jours avant son ouverture. Les coupables du sinistre n’ont toujours pas été identifiés.

D’après ces photos de Fred. S., partagées des milliers de fois, plusieurs collectivités seraient donc donc prêtes à payer aux demandeurs d’asile des journées gratuites au lupanar : la mairie de Graz, deuxième ville d’Autriche, les services sociaux de Hanovre, capitale de la région de Basse-Saxe, dans le nord de l’Allemagne, ainsi que l’Etat régional de Bavière, au sud du pays.

« Evidemment que c’est du n’importe quoi  », dément catégoriquement la mairie de Hanovre. Konstanze Kalmus, porte-parole du maire, explique à Rue89 :

« D’ailleurs, ce format de coupon détachable rappelle des types de cartes humoristiques qui existent depuis bien longtemps. A l’origine, il s’agissait d’articles de farces et attrapes. »

La rumeur est tenace

Le « hoaxbuster » germano-autrichien Mimikama.at s’est attelé à démonter la rumeur. Le site web collaboratif souligne que le coupon jaune prétendument distribué par l’Agence sociale de l’Etat de Bavière (Sozialamt des Freistaates Bayern), en plus d’être truffé d’incohérences et d’erreurs grossières, ne peut être qu’un faux, car en Allemagne, il n’y a pas d’agence sociale à l’échelon régional  : en effet, celles-ci dépendent exclusivement des communes. CQFD.

Comme c’est bien souvent le cas avec les canulars, la rumeur est tenace  : la ville de Graz, nichée au pied des Alpes autrichiennes, la combat depuis plusieurs années, bien avant que la crise des réfugiés ne monopolise le devant de la scène médiatique.

En août 2014, le parti de la Liberté (FPÖ), autrefois dirigé par Jörg Haider, avait diffusé des images semblables de «  pass bordel gratuits  ». Les coupons d’alors étaient supposément destinés aux «  assistés  ». La presse autrichienne n’avait pas manqué de dénoncer la supercherie  : «  Bordel gratuit pour les chômeurs  : le FPÖ tombe dans le panneau  », avait titré le journal Heute.

Photos des prétendus coupons pour les chômeurs diffusées par le FPÖ

Photos des prétendus coupons pour les chômeurs diffusées par le FPÖ – Capture d’écran

Mais dans le contexte actuel où, après les agressions du nouvel anà Cologne, les demandeurs d’asile sont assimilés par les populistes à des prédateurs sexuels en puissance, ces rumeurs se répandent à toute vitesse. Rien que dans la métropole rhénane, plus de 1 000 femmes ont porté plainte pour vols ou agressions à caractère sexuel survenus la nuit de la Saint-Sylvestre. Le carnaval de Cologne, qui attire chaque année des centaines de milliers de visiteurs, s’achève ce mardi. Plusieurs dizaines de femmes ont à nouveau porté plainte, et une journaliste belge de la RTBF, Esmeralda Labye, a été victime d’attouchements de la part de fêtards éméchés en plein direct.

Lointaine euphorie

La suspicion à l’encontre des réfugiés est donc de plus en plus forte. D’autant qu’il y a près d’un an, un pasteur protestant bavarois à la retraite avait précisément suggéré cette idée à sa commune, pour que les réfugiés puissent assouvir leurs « pulsions ».

«  Un ami m’a raconté que 100 demandeurs d’asile vont être hébergés dans son village, et beaucoup d’habitants craignent que ces hommes ne harcèlent les femmes  », s’était épanché en mars 2015 le révérend Ulrich Wagner dans une interview, sans pour autant préciser avec quels moyens cette mesure pourrait être financée (« Une mère maquerelle aura peut-être envie de faire une bonne œuvre  », avait charitablement suggéré l’homme d’Eglise).

Sa proposition n’avait pas été suivie d’effet, mais avait déjà largement nourri les fantasmes de la fachosphère.

Qu’elles semblent loin, ces incroyables semaines d’euphorie où des milliers d’Allemands applaudissaient les réfugiés dans les gares, et où il suffisait à la chancelière Angela Merkel de dire «  on va y arriver  » pour que tout le pays en soit convaincu… C’était en septembre, il y a moins de six mois.

source

Haine de l’Occupation, pas des Juifs


Gideon Levy

Dimanche 31 janvier 2016

 

 

Les attaquants palestiniens choisissent la violence comme moyen de résister à une violence pernicieuse, celle de l’occupation

Gideon Levy – 27 janvier 2016 – Haaretz – Israel

 

La salle glauque bouillait d’une colère rentrée, qui se voyait pourtant sur les visages sombres de dizaines d’hommes présents. C’était une semaine de deuil dans le village palestinien reculé d’al-Karmil dans les collines au sud de Hebron, après le meurtre de Roukaia Abou Aîd, une fille qui n’avait même pas 14 ans. Elle a été tuée par un garde qu’elle a tenté de poignarder à l’entrée de la colonie d’Anatot. Dans les media israéliens elle a été désignée, sans sourciller, par « une terroriste de 13 ans». Le père en deuil a d’abord refusé de nous parler. « De quoi aurais-je à parler avec les Israéliens qui ont tué ma fille ? ». Il neigeait en chemin et le brouillard régnait autour de la salle où se tenait le deuil. À l’intérieur, fureur et froid. Après quelques minutes, l’atmosphère s’est un peu détendue et le père, Aïd, a accepté de parler. Il a lié l’acte de désespoir de sa fille à la réalité de la vie sous occupation. « Chaque petit enfant voit bien les crimes » a-t-il dit.

En Israël ils ont choisi d’adopter la version de la mère de la fille, selon laquelle Roukaia aurait quitté la maison avec un couteau après une dispute avec sa sœur. En Israël ils ont aimé cette explication qui n’évoque ni l’occupation ni aucune autre absurdité de ce genre. Une querelle familiale. Nous n’avons pas eu d’aide pour déplier les faits. Même l’idée que toute Palestinienne sait que si elle se risque simplement hors de chez elle, un couteau à la main, elle sera tuée par balles par des Israéliens, cette idée ne choque personne ici.

Les dizaines de Palestiniens, jeunes hommes et femmes qui se sont résolus au cours des derniers mois à tuer des Israéliens ne l’ont pas fait « parce qu’ils sont juifs » comme aime à le présenter la propagande israélienne, avec une référence insistante (en général) à l’Holocauste et aux persécutions des Juifs. Ils se donnent pour but de tuer les conquérants. Ils choisissent la violence comme moyen de résister à une violence plus pernicieuse, celle de l’occupation. Ils voulaient blesser des Israéliens, des soldats et des colons en particulier, à cause de l’occupation et non parce qu’ils sont juifs. La judéité n’a rien à voir là-dedans. Pour les Palestiniens, il n’y a pas de différence entre soldats selon qu’ils sont juifs, druzes ou bédouins et un colon de la tribu de Ménaché.

La tentative de faire passer toute résistance palestinienne violente comme de la persécution de Juifs parce qu’ils sont juifs est de toute évidence conçue pour mobiliser la sympathie dans le monde pour la victime, ultime, la seule et l’unique, le Juif, tout en dissimulant la vraie victime de l’histoire de l’occupation israélienne. Le conquérant comme victime et la seule victime de cette situation, dans une distorsion complète de la réalité. Il y a là aussi des objectifs internes : les Israéliens aiment avoir le rôle de victimes. Cela les unit, cache les motivations véritables des Palestiniens, estompe la culpabilité et libère Israël de sa responsabilité.

On n’a pas à justifier le terrorisme palestinien pour comprendre cela. Quasiment chaque visite rendue à une famille palestinienne en deuil livre le même tableau. Depuis des années, je suis étonné de la façon dont un journaliste israélien y est reçu, sans que quiconque ne sache qui il est ni ce qu’il représente, seulement quelques heures après l’enterrement. Comment un journaliste palestinien serait-il reçu dans une maison en deuil après une attaque terroriste palestinienne ?

Les mots se répètent : « Nous ne haïssons pas les Juifs, nous haïssons l’occupation ». Parfois, ils peuvent dire «nous haïssons le gouvernement » et, dans des cas extrêmes « nous haïssons les sionistes ». Pas les Juifs. Oubliez l’antisémitisme et la haine des Juifs. Rappelez vous l’occupation. Dans la plupart des cas, celle de 1967, parfois celle de 1948, en particulier dans les camps de réfugiés.

À l’idée que des dizaines de Palestiniens se sont déjà résolus à pratiquer spontanément des attaques au couteau ou à la voiture bélier, avec des centaines d’autres, peut-être des milliers ou des dizaines de milliers qui y pensent aussi, une réflexion aurait dû se développer en Israël. Pas celle d’une victime encore attaquée mais la prise en considération de ce qui amène des enfants désespérés et des adultes à commettre ces actes, tout en sachant que leurs chances de s’en sortir sont maigres. Mais cela pourrait soulever des questions que les Israéliens évitent comme le feu. La petite Roukaia voulait se suicider à cause de sa sœur ou juste tuer des Juifs parce qu’ils sont juifs. Il n’y a pas d’autre explication possible.

source

 

Waar hebben we dat nog gehoord over vluchtelingen?


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Belgen waren in 1914-1918 voor de Britten vieze, vuile mannen die hun handen niet konden thuishouden en vrouwen bepotelden.

Waar hebben we dat nog gehoord over vluchtelingen?

Zou het kunnen dat dergelijke veronderstellingen behoren tot het iconische plaatje van ‘de vluchteling’ (wie hij ook is en vanwaar hij ook komt)?

We zouden dus beter ophouden met de clichés te blijven herhalen, die honderd jaar geleden heel fout veralgemenend als etiketten op Belgische vluchtelingen werden geplakt en wij vandaag even fout veralgemenend als etiketten op andere vluchtelingen plakken.

Famine à Madaya : Les images de Syrie que personne ne veut voir


Madaya

Traduction publiée le 5 Janvier 2016 17:40 GMT

 

Quarante-mille personnes habitent la ville syrienne de Madaya, aux abords minés, et y meurent de faim depuis six mois. Crédit photo : page Facebook de Madaya

Quarante-mille personnes, habitant la ville de Madaya, dans les monts Qalamoun en Syrie, seraient en train de mourir de faim dans l’indifférence du reste du monde, disent des militants de la cause syrienne. Cette petite ville de montagne, située à 1.400 mètres d’altitude, à 40 kilomètres au nord de Damas dans le gouvernorat de Rif Dimashq, le long de la frontière libanaise, est assiégée par les forces gouvernementales appuyées par la milice du Hezbollah, qui empêchent depuis juillet toute nourriture et aide d’y pénétrer.

La ville est au centre d’une lutte entre différentes factions embourbées dans la guerre civile syrienne, et ses habitants en paient le prix.

Dans un article publié hier, accompagné de photos terribles de Syriens et d’habitants de Madaya mourant ou morts de faim, l’Observatoire syrien des droits humains (SOHR en anglais), basé au Royaume-Uni, explique :

Les gens de Madaya connaissent la famine depuis 174 jours du fait du siège rigoureux par les forces du régime et du Hezbollah, la ville compte 40.000 personnes dont 20.000 civils qui ont fui leurs maisons à Zabdani où ont eu lieu de violents affrontements et de lourds bombardements par les forces du régime et l’aviation.

Le SOHR a constaté des centaines de mines terrestres posées par le Hezbollah et les forces al-Assad autour de la ville de Madaya s’ajoutant à la coupure de la ville d’avec les environs au moyen de barbelés et de fils de fer pour empêcher toute opération d’entrée ou sortie, la ville compte 1.200 cas de maladies chroniques, et 300 enfants souffrant de malnutrition et de maladies diverses, au milieu d’une pénurie aiguë de produits alimentaires et médicaux qui a causé une hausse spectaculaire des prix de l’alimentation, 1 kg de sucre ou de riz coûte 3600 livres syriennes soit près de 90 dollars US, le SOHR a documenté la mort de 17 civils parmi lesquels des femmes et des enfants, par manque de nourriture et de médicaments, ou à cause des mines et des snipers lors de tentatives de trouver de quoi manger autour de la ville.

La presse rapporte que les habitants de Madaya mangent des feuilles, des insectes, et même des chats, depuis l’épuisement de leurs réserves. Sur sa page Facebook, Hand in Hand for Syria (Main dans la main pour la Syrie) dépeint un tableau plus affreux :

La plupart des photos qui sortent de la petite ville de Madaya (environs de Damas) sont trop crues pour être montrées. Les images choquantes dépeignent le vrai visage du désespoir humain : des êtres réduits à des squelettes, yeux enfoncés dans leurs orbites, cages thoraciques saillantes, attendant leur tour d’être appelés par la mort.

Cela fait six mois que les gens de Madaya sont assiégés. Récoltes et provisions se sont amenuisées, ne laissant rien d’autre que le désespoir. La nourriture restante dans la ville est devenue si chère que la plupart des gens ne peuvent simplement pas se payer de quoi manger.

Ils ont commencé par faire cuire les récoltes. Quand il n’en resta plus, ils cuisaient l’herbe, les plantes… puis les insectes. Quand la malnutrition devint insupportable, ils se sont résolus à manger les chats.

Les chats.

A ce jour, la famine a pris les vies d’une cinquantaine d’habitants. La malnutrition est répandue, et avec le froid de l’hiver qui s’installe, c’est par milliers que les gens sont en danger accru d’hypothermie.

Pourtant le monde reste impassible, constate le blogueur BSyria :

Assad affame Madaya. Enfants, femmes et hommes meurent de faim. Le monde se contente de regarder.

Selon Raed Bourhan, un fixeur syrien vivant à Beyrouth au Liban, l’arrivée de l’hiver exacerbe encore davantage la situation déjà désespérée de Madaya :

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Des milliers vivent dans des conditions hostiles, le gel à -5°, mazout et bois de chauffage sont rarement sous la main

Dans un autre tweet, il partage des photos d’enfants “dépouillés de leurs droits” par la poursuite de la guerre en Syrie :

Les enfants ont perdu leurs droits fondamentaux, bonheur, éducation, chaleur et espoir #Madaya_meurt_de_faim

Un troisième tweet décrit comment les prix alimentaires ont explosé dans les zones assiégées, qui sont encerclées de mines et de tireurs embusqués interdisant aux habitants de partir :

Les prix alimentaires battent tous les records, 1 kg de céréales et de riz coûte au moins 100 dollars #Madaya_meurt_de_faim

La page Facebook de Madaya a lancé un appel à des manifestations de solidarité des défenseurs la cause syrienne devant les ambassades russes (la Russie mène des frappes aériennes en Syrie) et les représentations de l’ONU :

Invitation aux militants et organisations humanitaires et de droits humains à travers le monde, et une manifestation de solidarité avec Madaya assiégée, devant les ambassades de Russie et les bureaux de l’ONU.
‪#‎sauvez_madaya
‪#‎répondez_nous

Une autre entrée supplie le monde de sauver les enfants de Madaya :

Un enfant syrien de Madaya, assiégée depuis six mois. Crédit photo : Page Facebook de Madaya

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Sur Facebook, la Syrienne Kenan Rahbani partage des photos d’habitants de Madaya mourant de faim et commente :

Pardonnez-moi de publier ces photos choquantes, mais je le dois.

Si ces gens meurent de faim, ce n’est pas parce qu’ils sont pauvres, ou que la nourriture manque. Le Hezbollah et le régime Assad affament à mort la ville de Madaya. Elle est totalement assiégée, et ni nourriture, ni médicaments ni eau ne sont autorisés à y pénétrer. L’ONU est là mais ne peut entrer dans la ville parce que le Hezbollah et le régime Assad ne les laissent pas entrer.

Cela se passe en 2016 en Syrie. Et l’EI n’y est pour rien.

La militante syrienne Rafif Joueati se demande combien de personnes devront encore mourir avant que le monde agisse :

Madaya n’est ni la première ni la dernière à subir la famine d’un siège. La question est, combien d’autres dizaines de milliers vont mourir avant une action internationale ? #Syrie

Elle pose une autre question :

Et quand il n’y aura plus de feuilles à manger ?

Et de s’interroger :

Aveugles. Si on disait que 40.000 chiots mouraient de faim le monde entier défilerait pour protester. Des humains ? pas tellement.

source

Jawal Muna, l’écho de la voix libre des Syriens


Le rédacteur en chef Jawal Muna brandit non sans fierté les dernières unes de...

Agnès Rotivel

Le rédacteur en chef Jawal Muna brandit non sans fierté les dernières unes de Souriatna.
AVEC CET ARTICLE

Chemise blanche, cheveux noirs bouclés coiffés en arrière, Jawal Muna est devenu, bien malgré lui, « patron de presse ». Sourire ravageur, maniant l’humour et la dérision, le rédacteur en chef brandit non sans fierté les dernières unes de Souriatna (« Notre Syrie »).

« Un hebdomadaire satirique comme jamais la Syrie n’en a connu », dit-il. Et pourtant, le pays compte nombre de caricaturistes célèbres : Akram Raslan, arrêté par le régime syrien et mort sous la torture ; Ali Ferzat, arrêté, torturé, dont les mains ont été brisées par les sbires du régime, et qui vit aujourd’hui en exil. Et bien d’autres qui, d’un trait de plume, croquent la guerre absurde dans laquelle s’enferme leur pays.

UNE ÉQUIPE MODESTE

Le jeune quadragénaire se débat, en plus, dans des problèmes récurrents de bouclage de budget. Pourtant l’équipe est modeste : une rédaction de dix personnes à mi-temps en Turquie et une quinzaine de reporters sur le terrain, « partout dans tout le pays », affirme Jawal Muna.

Souriatna est née en 2011. Quatre numéros ont été publiés en Syrie : d’abord à Damas. Puis, en raison de l’intensification de la répression par le régime, à Alep, à Idlib, puis dans le quartier de la Ghouta à Damas, tenu par l’opposition et bombardé par le régime. Enfin, à Gaziantep en Turquie, à seulement 90 kilomètres d’Alep.

> Lire aussi :Le combat des caricaturistes à l’avant-garde de la liberté d’expression

Jawal Muna ne s’est pas lancé dans l’aventure sans une solide expérience dans l’édition. « J’étais éditeur de livres et j’avais un entrepôt à Yarmouk, à Damas (1). J’y étais encore en 2013, avant de quitter définitivement la Syrie en mai 2014. » Depuis, il s’est installé à Gaziantep, au sud de la Turquie, où vit une importante communauté syrienne réfugiée.

« TROUVER DES FONDS, UN DÉFI PERMANENT »

Au tout début, l’équipe n’avait pas le sou. Elle fonctionnait avec de l’argent envoyé par des amis de l’étranger. En 2014, Jawal Muna reçoit un don de 8 000 dollars (7 400 €). Il peut enfin payer ses journalistes en Syrie, ceux à mi-temps qui travaillent en Turquie, le loyer des bureaux et l’équipement.

Mais c’est encore insuffisant. « Trouver des fonds est un défi permanent. On ne peut pas faire vivre ce projet sans argent, d’autant que Souriatnaest distribué gratuitement en Syrie. Dix mille euros par mois, c’est le prix de notre indépendance. Il ne faut pas compter sur la pub, dit-il avec un sourire désarmant, on est en guerre ! »

L’année dernière, une campagne de levée des fonds, en partenariat avec le quotidien danois Politiken qui avait publié cinq pages de Souriatna, a permis de récolter 200 000 € pour 2014-2015.

LE DÉFI D’UN MÉDIA INDÉPENDANT

Souriatna se veut la voix libre des Syriens, sans affiliation politique ou culturelle. Les articles parlent des problèmes quotidiens de la population. Jawal Muna est bien conscient que le défi est de passer, à terme, d’un journal né d’une révolution à un média indépendant, objectif qui reflète l’opinion de ses compatriotes, quelle qu’elle soit. « Et, clairement, nous ne sommes pas impartiaux envers une révolution de liberté et de dignité »,admet-il.

> Lire aussi :Milia Eidmouni porte les regards et les voix des Syriennes

D’origine palestinienne, ce jeune père d’un petit garçon, séparé de sa femme, n’a pas de passeport, mais un document de voyage. Un véritable casse-tête pour circuler entre la Syrie, la Turquie et l’Europe. Mais quel autre choix quand, issu d’un peuple sans terre, on fuit un pays en guerre où l’on ne vous a jamais reconnu comme citoyen ?

Dans ses rêves les plus fous, il se voit vivre au Brésil, loin, très loin du Proche-Orient ! Mais la réalité le ramène à la Syrie où le défi de l’après-guerre sera de construire de nouveaux médias, avec des Syriens. De temps en temps, il aimerait bien se reposer un peu en se disant que l’avenir est assuré. Mais le regard redevient rieur : « Certes, il est toujours possible de partir, loin, très loin. Mais je veux rentrer en Syrie. C’est là qu’est mon avenir. »

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« Le Brésil, mon rêve »

En sortant de Syrie, Jawal Muna voulait fuir loin, très loin de ce Proche-Orient en miettes. Fermer la porte derrière lui pour toujours et quitter le continent. « Je voulais partir au Brésil, y vivre ma vie. Je ne suis jamais allé dans ce pays, ni même sur le continent sud-américain, mais dans mon imagination, ce doit être le paradis ! » Mais le destin en a décidé autrement. Pour l’instant, le Brésil reste un rêve encore très lointain. La réalité est plus prosaïque.

Agnès Rotivel (à Gaziantep, Turquie)

(1) Quartier où vivent de nombreux Palestiniens syriens.

22/12/15 – 09 H 00

COP : Occupation massive de l’agence BNP Opéra


Paris, 9 décembre 2015

Mercredi 9 décembre à 15h45, 260 militants d’ANV-COP21 se sont introduits dans l’agence BNP Paribas Opéra de Paris pour y organiser un concert sauvage avec Kaddour Hadadi chanteur du groupe HK & Les Saltimbanks. Celui-ci a dédié son titre « Niquons la Planète » à la BNP (« Banque Niquons la Planète »), sponsor officiel de la COP21, pour dénoncer ses pratiques de greenwashing et ses investissements climaticides, notamment dans le charbon.

«Si l’on veut limiter le réchauffement climatique en deçà de 2°C, nous devons laisser plus de 2/3 des réserves d’énergies fossiles dans le sol. Or la BNP a investi près de 15 milliards de dollars dans le secteur du charbon depuis la tenue du sommet de Copenhague jusqu’à aujourd’hui (1), et se retrouve quand même sponsor de la COP21 ! » affirme Boris Cousin d’ANV-COP21.

En réaction au prix Pinocchio que la BNP Paribas s’est vue décerner le 3 décembre dernier pour les impacts sur le climat et sur les populations des projets charbon qu’elle a financé, comme la centrale de Tata Mundra en Inde (2), la banque a rappelé avoir pris des mesures au niveau de sa politique de financement énergétique (3). « Malgré ces belles paroles, BNP Paribas reste le 9ème investisseur mondial dans le secteur du charbon et cette tendance est à la hausse ! (4)» ajoute Lucie Pinson porte-parole d’ANV-COP21.

La politique actuelle de la BNP Paribas, première banque française, en continuant d’investir dans le secteur du charbon, contribue à la déstabilisation du climat. A ce passif déjà lourd, s’ajoute des investissements importants dans trois sources d’énergie polluantes, à savoir les sables bitumineux, le nucléaire et les gaz de schiste.Une politique, qui en bref, contribue fortement à « niquer la planète » !

A l’heure de la COP21, « La BNP Paribas doit se montrer responsable en respectant les demandes des communautés impactées par Tata Mundra (4) et en signant l’Appel de Paris (5) pour s’engager immédiatement à mettre un terme à l’ensemble des soutiens au charbon d’ici 2020, à commencer par l’arrêt de tout financement de projets charbon » a déclaré Boris Cousin d’ANV-COP21.

Action Non-Violente COP21 appelle les citoyens à organiser chez eux des concerts dans les agences de la BNP, et commencer une véritable tournée partout en France, avec une demande claire : arrêt immédiat des investissements dans le secteur du charbon !

L’occupation qui a duré 50 minutes s’est achevée avec le départ du chanteur et du public enthousiaste parmi lequel on pouvait compter de José Bové. Les forces de l’ordre arrivées sur les lieux peu après le début de l’action ont sécurisé le périmètre et escorté les militants jusqu’au métro, sans procéder à aucune arrestation.

Nous demandons aux banques de mettre un terme à leur soutien aux énergies fossiles, à commencer par le charbon, et de transférer ce soutien aux énergies renouvelables.

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(1) http://www.amisdelaterre.org/Nouveau-rapport-Charbon-le-crash.html

(2) http://www.amisdelaterre.org/Laureats-Pinocchio-2015.html

(3) http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/re_action_de_bnpp_laure_at_pinocchio_du_climat.pd

(4) http://www.amisdelaterre.org/Tata-Mundra-7-ans-de-controverses.html et http://www.amisdelaterre.org/53-organisations-demandent-a-BNP.html

(5) http://www.dotheparispledge.org/

source

La mémoire courte !


Le chef de la communauté juive veut limiter l’afflux de migrants en Allemagne. C’est assez incroyable de faire du « devoir de mémoire » plusieurs fois par jour concernant la situation des Juifs qui n’ont pu fuir les persécutions nazies, et de s’opposer à l’accueil des réfugiés qui fuient d’autres persécutions ou la misère, sur des bases racistes racistes qui plus est !

Le président du Conseil central des juifs d’Allemagne, Josef Schuster, s’est prononcé lundi en faveur d’une limitation de l’afflux de réfugiés dans le pays, arguant que beaucoup d’entre eux viennent de pays où la haine des juifs est largement répandue.

Je crois qu’il faudrait que l’accès à l’Allemagne soit contrôlé. Tôt ou tard, on ne pourra pas éviter des plafonds pour limiter le nombre de réfugiés, a-t-il déclaré au quotidien allemand Die Welt.

« Beaucoup de réfugiés fuient la terreur de (l’organisation) Etat islamique et veulent vivre en paix et librement, a-t-il ajouté. Mais en même temps, ils viennent de cultures où la haine des juifs et l’intolérance sont solidement installées , a-t-il mis en garde, appelant aussi à considérer les questions relatives à l’égalité homme/femme et le rapport aux homosexuels. »

« C’est déconcertant, si la CSU (le parti conservateur allié de la CDU de Mme Merkel, qui exige une limitation du flux de réfugiés, ndlr) et le Conseil central des juifs exigent que la convention européenne des droits de l’homme soit mise de facto hors service, » a réagi auprès de l’AFP Günter Burkhardt, patron de l’ONG allemande d’aide aux demandeurs d’asile Pro Asyl.

(©AFP / 23 novembre 2015 11h37)

  • On pourrait ajouter qu’un grand nombre de réfugiés syriens, qui sont des Palestiniens, ne demanderaient pas mieux que de retourner dans leur pays, la Palestine, au lieu d’aller en Allemagne ou ailleurs, si les amis israéliens de M. Schuster, ne les en empêchaient pas et respectaient le droit international (résolution 194 de l’ONU) !

CAPJPO-EuroPalestine

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