Comment aider les Réfugiés?


Chers amis,

De nombreuses personnes arrivent actuellement en Belgique en quête de protection, fuyant la guerre, la violence et les persécutions. Les places d’accueil se remplissent rapidement, et les autorités essayent de s’adapter à ces circonstances nouvelles. Par ailleurs, l’origine de ces personnes expliquent qu’une majorité d’entre elles sont reconnues rapidement comme Réfugiés et invitées dès lors à quitter les centres d’accueil pour s’installer par elles-mêmes et commencer une nouvelle vie parmi nous. Au-delà de l’accueil des demandeurs d’asile dont il est beaucoup question aujourd’hui, cette évolution implique donc un véritable défi pour notre association et l’ensemble de la société, afin de les aider à trouver une place pleine et entière à nos côtés, afin aussi d’informer tout un chacun et d’aider à la compréhension mutuelle et à un vivre ensemble de qualité dans la différence.

Ces derniers jours, nous avons reçu beaucoup de demandes de sympathisants et de citoyens qui souhaitent apporter leur aide aux demandeurs d’asile et Réfugiés. Voici donc quelques pistes pour vous y retrouver, autant de précisions sur ce que vous pouvez faire avec nous, Convivial, et ce que vous pouvez faire avec d’autres associations impliquées.

Vous trouverez par ailleurs quelques propositions/rendez-vous à notre agenda.

Je vous remercie pour votre soutien chaleureux en cette période où se dessine peut-être un nouvel élan Européen et Belge, politique et de société, autour de la solidarité et du vivre ensemble !

                                                               Bruno GILAIN, Directeur

Rappel préliminaire

Les demandeurs d’asile en phase d’accueil/en procédure sont en principe hébergés dans un centre d’accueil ou une structure individuelle gérée par Fedasil ou un partenaire de Fedasil. Par manque de places d’accueil, certaines personnes sont cependant à la rue…
Si vous souhaitez soutenir des demandeurs d’asile à ce niveau, nous vous invitons à contacter le CIRE ou VWV, coupoles francophone et néerlandophone des associations actives auprès des demandeurs d’asile et partenaires de Fedasil ou directement Caritas qui gère et recherche dans ce cadre des logements pour l’accueil de demandeurs d’asile.

Le Mouvement Convivial accompagne les Réfugiés qui ont reçu un droit de séjour et qui sont dès lors invités à quitter rapidement les centres d’accueil (pour libérer leur place pour d’autres demandeurs d’asile) et s’installer durablement sur le territoire belge. La tâche n’est pas aisée pour eux : trouver un logement, financer la garantie locative, meubler son appartement, effectuer les démarches administratives auprès des communes, CPAS, mutuelles, … Notre association accompagne les Réfugiés pour effectuer leurs premiers pas pour s’installer et les aide à s’orienter dans leur nouvel environnement de vie.

Comment aider les Réfugiés?

Le logement: Un des premiers besoins à rencontrer est un logement décent à un prix abordable. Vous pouvezlouer un logement à un Réfugié ! Notre antenne Logement prendra contact avec vous et sera l’intermédiaire entre vous et le Réfugié pour finaliser le contrat de bail. Nous cherchons en priorité des logements à Bruxelles, dans des villes ou des endroits aisément accessibles par transports en commun. Nous pouvons également vous aider à confier votre bien à une AIS partenaire qui prendra en charge l’entièreté de la gestion locative contre une réduction de loyer.
>> Contact: logement@convivial.be
>> Visionnez la vidéo sur les propriétaires malins

Les dons de biens matériels: nous sommes submergés par les dons en vêtements, merci de ne plus en apporter pour le moment! Par contre, nous récoltons des meubles, des lits, matelas, draps, couvertures et couettes, vaisselle et ustensiles de cuisine en bon état qui sont offerts aux Réfugiés qui s’installent. Nous sommes ouverts de 9h00 à 12h30 et de 13h à 17h du lundi au jeudi et le vendredi de 9h00 à 12h00 pour les y déposer. Pour les dons de meubles importants, vous pouvez nous contacter pour un enlèvement par notre camionnette en Région Bruxelloise.
>> En savoir plus

L’aide financière ciblée: nous offrons un système de prêt sans intérêt pour les garanties locatives et/ou les premiers mois de loyer des Réfugiés qui s’installent. Ce fonds de prêt est fortement sollicité vu l’absence de ressources financières des Réfugiés lors de leur recherche de premier logement et cela permet de convaincre les propriétaires d’accepter de louer leur bien. Ces prêts sont remboursés dans l’année, ce qui réalimente le fonds pour faciliter d’autres logements. Vous pouvez contribuer à accroître ce fonds de prêt au logement.
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Le soutien volontaire à nos équipes: nos diverses équipes de travail social sur le terrain incluent des personnes volontaires apportant leur expérience et compétence à un accueil et un accompagnement de qualité aux Réfugiés. Si vous parlez une des langues des principales régions d’origine des Réfugiés (Syrie, Irak, Afghanistan, Guinée…) et/ou avez une expérience dans le travail social avec les migrants, n’hésitez pas à nous contacter !
>> Contact: grh@convivial.be

Mieux comprendre la réalité des Réfugiés: si vous êtes intéressés à découvrir et mieux comprendre la situation des Réfugiés à travers le monde, le parcours des Réfugiés en Belgique et notre action sur le terrain, nous vous proposons de participer à une séance de sensibilisation organisée régulièrement à Convivial. Prochaine date : 12 octobre de 9h à 12h30.
>> En savoir plus

Aider une famille de manière spécifique?

Vous souhaiteriez apporter votre aide à une famille ou un demandeur d’asile/Réfugié de manière spécifique ? Nous ne sommes pas en mesure de vous proposer cela directement à Convivial, pour des raisons de moyens, de responsabilité et parce que nous ne pouvons pas offrir ce type de soutien personnalisé à l’ensemble de notre public.

Ceci dit, nous sommes convaincus de la valeur que représente pour un Réfugié un contact privilégié et bienveillant avec quelqu’un connaissant bien la Belgique, prêt à donner un peu de temps et d’attention. En dehors d’une démarche directe vers des demandeurs d’asile à la rue et des lieux d’accueil de crise (voir via CIRE etVluchtelingenwerkVlaanderen), il existe une variété de lieux travaillant avec les Réfugiés dans la durée dont la fréquentation peut conduire à ce type de relations.

Les sensibilisations à la réalité des Réfugiés à Convivial offrent ainsi une première manière de s’informer. Nous organisons de même mensuellement des « rencontres croisées » entre Belges et Réfugiés autour de midi thématiques et autres sorties culturelles, destinées précisément à favoriser l’échange et la rencontre de manière relativement informelle. La prochaine aura lieu le 1er décembre (voir agenda ci-dessous).

Vous pouvez également contacter la plateforme citoyenne d’aide aux réfugiés.

Un parti pris inacceptable



Un parti pris inacceptable

Posted: 16 Sep 2015 09:51 AM PDT

Le conflit israélo-palestinien
selon deux manuels scolaires utilisés en Belgique
UN PARTI PRIS INACCEPTABLE

La présente analyse critique concerne les deux manuels scolaires qui sont de loin les plus utilisés en Belgique francophone et, plus précisément, les volumes de ces manuels destinés à la sixième et dernière année de l’enseignement secondaire. Il s’agit de FuturHist 6ème [1], pour l’enseignement officiel (public), et de Construire l’histoire, tome 4 [2] pour l’enseignement catholique. J’insiste toutefois sur le fait que cet article ne porte pas un jugement d’ensemble sur ces manuels (lesquels sont d’ailleurs tous deux le fruit de la collaboration de plusieurs auteurs) mais uniquement sur ce qui y est consacré au conflit israélo-palestinien.[3]

Impossible neutralité

Aucun historien ni aucun professeur d’histoire ne peuvent prétendre à une totale impartialité. Les récits historiques sont des constructions humaines qui constituent des points de vue datés sur des événements ou des situations du passé. Le travail des chercheurs et l’enseignement des professeurs sont forcément tributaires de l’état de leurs connaissances (et donc de leurs limites), de leurs centres d’intérêt, des valeurs dont ils sont porteurs ; ces trois éléments interférant de plus les uns sur les autres. Il me semble par conséquent extravagant de demander à un professeur d’histoire qu’il soit « neutre »[4]. Par contre, ce qui peut et doit à mon sens être exigé de tout historien et de tout professeur d’histoire ce sont l’honnêteté et la rigueur. L’honnêteté implique d’assumer publiquement sa subjectivité (de renoncer à toute prétention de neutralité), de ne pas omettre sciemment des éléments parce qu’ils seraient dérangeants pour l’intéressé-e et, bien sûr, de ne pas inventer des faits.
La rigueur suppose une documentation solide ainsi que l’analyse critique et comparée des sources.
Les auteurs de manuels d’histoire devraient, à mon sens, renoncer systématiquement à présenter une vision univoque des problèmes historiques qui tendrait à faire croire aux élèves que, sur telle ou telle question, il y aurait identité totale de vues entre tous les historiens. D’autant plus s’il est question d’un sujet aussi controversé que le conflit israélo-palestinien. Bien sûr, dans le cadre limité de ce type d’ouvrage, il n’est pas possible de présenter tous les points de vue existant parmi les chercheurs à propos des sujets abordés. Mais cela ne devrait pas empêcher de faire apparaître, par des exemples d’éléments contradictoires, qu’il n’y a pas de vérité définitive et incontestée en histoire (comme dans toute science d’ailleurs).
Pour ma part, cohérent avec ce qui vient d’être énoncé, tout en m’interdisant toute forme de prosélytisme, déontologiquement inacceptable (voir plus loin), j’assume devant mes élèves[5]le fait que je suis un citoyen engagé, en particulier concernant le sujet abordé ici, tout en m’efforçant de le leur présenter le plus objectivement (honnêtement) possible. Plus concrètement, mon souci est de leur donner les moyens de comprendre ce conflit : quelles en sont les causes, les protagonistes, les enjeux actuels ; comment expliquer sa durée, la difficulté d’en sortir. Refusant de leur cacher que les réponses à ces questions font l’objet de débats, je mets à leur disposition une documentation qui reflète cette multiplicité de points de vue.

Parti pris

Si je prends la peine de rédiger une analyse critique de la manière dont le conflit israélo-palestinien est traité dans ces deux manuels[6], c’est que je suis particulièrement choqué par le parti pris dont ont fait preuve les auteurs des pages concernées. Un parti pris qui ne devrait pas exister dans un livre scolaire digne d’une société démocratique : l’école n’a pas pour mission d’endoctriner les élèves mais bien de les outiller intellectuellement pour les amener à penser par eux-mêmes. Cette accusation est sévère mais la suite de cet article démontrera qu’elle est justifiée.
La synthèse historique rédigée par les auteurs du manuel est un texte normatif [7]: il présente le conflit israélo-arabe et plus particulièrement le conflit israélo-palestinien d’une manière catégorique et univoque. On y découvre pourtant de nombreuses assertions dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles ne font pas l’unanimité chez les historiens spécialisés. En voici des exemples.

Qui a fondé l’État d’Israël ?

« En 1948, un peuple sans terre, les Juifs, fonde un État indépendant : Israël ». Cette première phrase du paragraphe introductif offre déjà, pour le moins, matière à débat : les Juifs du monde entier constituent-ils un seul peuple[8] ? Sont-ce « les Juifs » qui ont fondé cet État ? Ne serait-il pas plus exact de dire que cette fondation fut le résultat de l’action persévérante du mouvement sioniste, un courant politique particulier, minoritaire jusqu’à la fin des années 1930, et non pas des Juifs dans leur ensemble ?
Quelques lignes plus loin, on peut lire qu’après la Première Guerre mondiale, le Royaume-Uni, qui avait reçu de la Société des Nations un mandat pour administrer la Palestine, se trouva alors « confronté au conflit opposant deux peuples réclamant une même terre : les Juifs de Palestine et de la diaspora d’une part, les Arabes palestiniens d’autre part ». Les auteurs continuent ici à prétendre que ce sont les Juifs dans leur ensemble (« les Juifs de Palestine et de la diaspora ») qui revendiquaient la Terre de Palestine. Les caractères gras (qui sont le fait des auteurs[9]) mettent en évidence une soi-disant opposition entre les Juifs et les Arabes de Palestine. Je mets au défi quiconque de prouver que les Juifs de Palestine (qui constituaient environ 5 % de la population totale de ce territoire à la fin du XIXème siècle, avant le début de l’immigration de juifs européens) se sont unis aux Juifs venus d’Europe pour revendiquer la Terre de Palestine. Le mouvement sioniste[10]est une création européenne. Ce n’est que bien plus tard, après la guerre israélo-arabe de 1948-1949, que l’idéologie sioniste a commencé à se propager au sein des communautés juives du monde arabe.

1945-1949

Voici ce que les auteurs écrivent concernant ce qui s’est passé en Palestine entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et 1949 : « Après 1945, la Grande-Bretagne décide de renoncer à son mandat. L’ONU propose alors un plan de partagede la Palestine, que les Palestiniens rejettent. Pourtant l’indépendance de l’État d’Israël est proclamée le 14 mai 1948. Immédiatement les armées égyptienne, transjordanienne, syrienne, libanaise et irakienne interviennent militairement aux côtés des Palestiniens. C’est la première guerre israélo-arabe. Elle se termine en faveur d’Israël qui agrandit le territoire concédé par le plan de partage. Les Palestiniens quittent massivement le pays ».
C’est pour le moins laconique… et obscur. Pourquoi le Royaume-Uni a-t-il renoncé à son mandat ? Que contenait le plan de partage ? Pourquoi les Palestiniens l’ont-ils rejeté ? Les dirigeants sionistes l’ont-ils accepté ? Qui a proclamé l’indépendance de l’État d’Israël le 14 mai 1948 ? Dans quel contexte historique ?
Cette période-clé et particulièrement dramatique du conflit méritait à coup sûr un développement plus important susceptible de faire comprendre les raisons de l’opposition irréductible entre les aspirations des Palestiniens et celles des Juifs sionistes. D’autant plus que les événements de cette période sont abondamment documentés.[11]
Ces lignes occultent les faits majeurs suivants, qui détermineront pourtant l’avenir :
– Si les dirigeants sionistes ne se sont pas formellement opposés au plan de partage, dans les faits ils ne l’ont pas respecté puisque qu’en 1949, à l’issue du premier conflit israélo-arabe, ils occupaient non pas 55 % du territoire de la Palestine (ce que prévoyait le plan de partage) mais bien 78 % de ce territoire et que ces territoires pris sur ce qui devait constituer l’État arabe n’ont jamais été rendus aux Palestiniens.
–  « Les Palestiniens quittent massivement le pays » : l’endroit où cette phrase est placée suggère que le départ massif des Palestiniens a suivi la victoire israélienne. De plus, rien n’est dit  des circonstances de ce départ. Les études des historiens consacrées à ce sujet, notamment celles des historiens israéliens, sont pourtant convergentes. Elles ont établi les faits suivants : le départ massif des Palestiniens des territoires attribués aux Juifs dans le cadre du plan de partage ainsi que des territoires conquis par les forces armées sionistes en 1948 et 1949 est essentiellement le résultat d’expulsions systématiquement organisées par ces forces armées ou de la fuite éperdue de civils terrorisés par les nouvelles des massacres commis par des groupes armés sionistes. Ces expulsions et ces massacres ont commencé avant l’entrée en guerre des armées des États arabes voisins, le 15 mai 1948. C’est, par exemple, le 9 avril 1948 que fut perpétré la plus meurtrière de ces tueries, celle dont furent victimes les habitants du village de Deir Yassine situé près de Jérusalem. Au moment de l’entrée en guerre des armées arabes, environ 400.000 Palestiniens avaient déjà « quitté » les territoires contrôlés par les forces armées sionistes.
–  Pour obtenir son admission à l’O.N.U. (11 mai 1949), le jeune État d’Israël s’était engagé à accepter le retour des exilés. Cet engagement resta lettre morte, ce qui fut à l’origine du « problème des réfugiés » (entre 750.000 et 800.000 en 1949). Ces exilés et leurs descendants sont plus de cinq millions aujourd’hui.

Terrorisme

Il est question, à plusieurs endroits, de terrorisme ou d’« attentats terroristes ». Ces mots ne sont pas définis (!) mais selon les auteurs ils sont exclusivement le fait de Palestiniens. Ce que suggèrent non seulement le texte de synthèse des auteurs des manuels mais aussi un graphique, de source gouvernementale israélienne, présentant l’évolution du « nombre de décès dus à des actes terroristes sur le territoire d’Israël dans ses frontières de 2000 »[12]. De terrorisme israélien, il n’est nulle part question. Pourtant, si on accepte la définition factuelle de Pascal Boniface[13], il ne fait aucun doute que, tout au long de leur histoire, le mouvement sioniste d’abord, l’État d’Israël ensuite se sont aussi rendus coupables à maintes reprises de ce type d’actions. Pourquoi l’ignorer ?

Opération « paix en Galilée »

« Pour assurer sa sécurité, Israël lance l’opération « paix en Galilée » en 1982 » : il n’est pas précisé en quoi consistait cette « opération » (invasion et occupation du Liban jusqu’à Beyrouth) et cette manière d’« assurer » la sécurité d’Israël n’est pas du tout questionnée. Pas plus que la question essentielle de savoir pourquoi l’État d’Israël vit dans l’insécurité.

Le destin des « Accords d’Oslo »

Il n’est pas mentionné que ces accords, signés en 1993, devaient déboucher sur une paix définitive cinq ans plus tard. Les auteurs affirment sans aucune autre précision que « les engagements pris à Oslo ne sont pas entièrement respectés ». Ils attribuent le blocage du « processus de paix » à « la montée des partis radicaux dans les deux camps » (sans aucune précision sur ce qu’on entend par là ni sur ce qui pourrait avoir causé cette « montée des partis radicaux ») ; à « la complexité de certaines questions comme le retour des réfugiés palestiniens » (aucune explication n’est donnée quant à cette supposée complexité) ; à « la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie », ce point n’intervenant qu’en troisième position.  Aucune information n’est donnée sur l’ampleur de cette colonisation, sur ses conséquences pour la vie quotidienne des Palestiniens, ni à propos de la responsabilité des gouvernements israéliens successifs dans cette affaire. De quoi laisser croire aux lecteurs que la colonisation de la Cisjordanie n’a été que l’affaire de « partis radicaux », en particulier religieux et que les gouvernements israéliens successifs ont fait tout ce qu’ils ont pu pour la limiter. C’est ce que suggère fortement le commentaire qui accompagne une carte intitulée « Israël et les territoires palestiniens en 2006 »[14] : « Les colonies juives se sont multipliées dans les territoires occupés depuis la guerre des Six jours en 1967. La majorité des colons sont orthodoxes ou ultra-orthodoxes ; leur croissance démographique est largement supérieure à celle d’Israël. Ils considèrent que les territoires occupés font partie de la terre promise par Dieu et leur reviennent de droit. Depuis 2004, le Gouvernement israélien a entrepris de démanteler les colonies de la bande de Gaza ainsi que certaines implantations en Cisjordanie. » Cette dernière assertion est illustrée par une photo montrant des policiers et des soldats israéliens aux prises avec des colons religieux dans la « colonie juive non autorisée par l’État d’Israël » d’Yitzhar en Cisjordanie, en mai 2004[15].
Outre le fait qu’il n’est pas vrai que la majorité des centaines de milliers de colons sont « orthodoxes ou ultra-orthodoxes » malgré « leur croissance démographique largement supérieure à celle d’Israël » (tiens, un autre « péril démographique »), les travaux des historiens ont démontré à quel point, depuis 1967, tous les gouvernements israéliens ont été activement impliqués dans cette colonisation[16]. Et plus de dix ans après l’intervention musclée dont témoigne la photo, la colonie « non autorisée » d’Yitzhar existe toujours et continue à se développer.

La « barrière de sécurité »

Dans le paragraphe introductif au dossier documentaire[17]il est fait mention, entre guillemets, d’une « clôture de sécurité », sans mentionner qu’il s’agit d’une appellation utilisée par les officiels israéliens. Dans la même phrase, cette « clôture » est appelée barrière de sécurité, sans guillemets. Son but, d’après les auteurs des manuels : « empêcher les infiltrations palestiniennes sur le territoire d’Israël ». Il n’est pas précisé qu’il s’agit là du but proclamé de cette construction selon les autorités israéliennes mais qu’il est contesté par les Palestiniens et par de nombreux observateurs étrangers, qui y voient plutôt un moyen d’annexer de nouveaux territoires de Cisjordanie et de s’approprier leurs ressources en eau.
La phrase suivante donne un bilan officiel israélien qui tend à démontrer le bien-fondé de l’édification de cette « barrière de sécurité » : «Selon un rapport du ministère des Affaires étrangères israélien, ce mur serait efficace, puisque le nombre d’attentats-suicides serait passé de 60 en 2002 à 5 en 2006 ».  Nulle trace, ni d’un point de vue critique sur cette « analyse », ni même du fait que cette barrière a été érigée dans les territoires occupés et non en territoire israélien et que sa construction a, pour cette raison, été condamnée  en octobre  2003 par une résolution de l’Assemblée générale de l’O.N.U. par 144 voix pour et 4 contre ; que, constatant que les dirigeants israéliens ne tenaient aucun compte de cette résolution, l’Assemblée générale a saisi la Cour internationale de justice de la Haye ; que, dans son jugement, celle-ci a exigé le démantèlement de cette « barrière »[18] et que ce jugement a été appuyé par une nouvelle résolution de l’Assemblée générale de l’O.N.U. votée massivement[19] le 20 juillet 2004.

Le problème de l’eau

Un tableau comparatif[20]et son commentaire mettent en évidence, d’une part, le fait que la quantité d’eau douce renouvelable disponible par an et par habitant a considérablement diminué en Israël entre 1950 et 2003, d’autre part le fait que les Libanais et les Syriens disposent de beaucoup plus de cette ressource vitale par habitant que les Israéliens. Le commentaire attire aussi l’attention sur le fait qu’une partie importante de l’approvisionnement en eau douce d’Israël dépend de rivières naissant en Syrie ou au Liban.
Mais ni les limites du territoire israélien considéré,  ni la répartition de l’eau entre Israéliens (y compris ceux qui vivent dans des colonies) et Palestiniens des territoires occupés de Cisjordanie et de Gaza ne sont mentionnées. Alors que des publications tout à fait fiables et non confidentielles ont mis en évidence les inégalités énormes existant dans ce domaine entre Israéliens et Palestiniens de Cisjordanie et, plus encore, de Gaza qui pâtissent d’un manque considérable d’eau potable[21].  On pourrait y ajouter le cas du plateau syrien du Golan, occupé par Israël depuis 1967 où l’inégalité en matière d’accès à l’eau douce entre la population autochtone et les colons juifs est également flagrante.

Le « péril démographique »

Un autre tableau[22], provenant de la même source que le précédent, nous apprend que le taux de fécondité des femmes arabes vivant sur le territoire israélien (dont les limites ne sont pas indiquées, une fois de plus) est nettement supérieur à celui des Juives. Il est de plus précisé que cette forte fécondité des Arabes concerne seulement les musulmanes. Une note des auteurs des manuels nous indique que les taux de fécondité des femmes des États arabes voisins d’Israël (Egypte, Syrie, Jordanie) est également supérieur à celui des femmes israéliennes et que c’est à Gaza qu’il est le plus élevé: les femmes y accouchent en moyenne plus de deux fois plus que les femmes juives israéliennes.
Les auteurs du manuel n’en tirent aucune conclusion. Mais il saute aux yeux que ces chiffres sont là pour suggérer que le « caractère juif » de l’État d’Israël est menacé par la surnatalité « arabe » et tout particulièrement « musulmane » et que, de surcroît, de plus en plus d’« Arabes » se pressent aux frontières d’Israël.  

Le Hamas

On ne trouve dans ce manuel qu’un seul texte émanant d’une source palestinienne. Il s’agit d’extraits de la Charte du Hamas, datant de 1988[23]. Il n’est accompagné d’aucun commentaire susceptible de le replacer dans son contexte historique (naissance du Hamas alors qu’éclatait ce qu’on appellera la « première Intifada »). Ce texte dont personne ne niera qu’il contient des passages virulemment antisémites, même s’il n’a pas été officiellement renié par les dirigeants actuels de ce mouvement, est largement obsolète si on en juge par d’importantes prises de position politiques ultérieures du Hamas telles que son programme électoral (2005), son projet de « programme de gouvernement d’union nationale » (mars 2006) et la plate-forme gouvernementale présentée par le Premier ministre Ismaïl Haniyeh au nouveau parlement le 27 mars 2006. Dans ces deux derniers textes, rédigés après la surprenante et nette victoire électorale du Hamas aux élections législatives palestiniennes de janvier 2006, il apparaît clairement que le Hamas était prêt à accepter une « trêve de longue durée » en cas de création d’un État palestinien sur les territoires palestiniens conquis par Israël en 1967[24]. En 2010, Khaled Mechaal, le leader du Hamas, déclarait d’ailleurs que la Charte est « un document historique qui n’est plus pertinent mais qui ne peut pas être changé pour des raisons internes ». 
Le choix de ce seul document d’origine palestinienne, présenté sans mise en contexte, n’est évidemment pas innocent : il permet de diaboliser le Hamas (et indirectement les nombreux électeurs palestiniens qui ont voté pour ses candidats en janvier 2006), de continuer à suggérer qu’il s’agit d’un « mouvement terroriste » avec lequel aucun dialogue n’est possible et de lui attribuer une responsabilité majeure dans le « blocage du processus de paix ».
Dans le document qui suit dans Construire l’Histoire[25]Le Hamas et le Djihad islamique[26] sont présentés comme les principaux obstacles à un règlement négocié du conflit, pourtant souhaité par le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. 

Pour conclure 

L’analyse détaillée qui précède prouve à suffisance, me semble-t-il, le manque de rigueur intellectuelle et la partialité des auteurs des pages consacrées au conflit israélo-palestinien dans ces deux manuels scolaires. Mais de quel parti pris s’agit-il exactement ?
Un point de vue sioniste « de gauche » [27]
Les mots « sionisme » et « sioniste » sont complètement absents. Sous couvert d’une présentation objective des événements par les auteurs et à travers un choix de documents qui pourrait paraître à première vue « équilibré » (parce que des avis divergents s’y côtoient), c’est pourtant un point de vue clairement sioniste qui se manifeste. En voici la preuve.
Le fait de considérer l’ensemble des Juifs du monde, y compris ceux qui étaient établis en Palestine avant le début de l’arrivée des sionistes, comme faisant partie d’un même peuple, unanimement désireux de créer un État juif en Palestine (voir ci-avant « Qui a fondé l’État d’Israël ?») relève sans aucun doute d’une conception sioniste selon laquelle le sionisme serait le « mouvement de libération nationale du peuple juif ». Il en est de même de l’obsession démographique dont il a été question dans le paragraphe que j’ai intitulé  « le péril démographique » : convaincus que l’antisémitisme ne peut être éradiqué, les sionistes pensent que le meilleur moyen de s’en préserver efficacement est la création d’un État-refuge destiné à accueillir tous les Juifs du monde qui le souhaiteraient, et tout particulièrement ceux qui seraient victimes de persécutions antisémites. Pour ceux des sionistes qui se veulent démocrates (c’est le cas de la majorité d’entre eux), pour que soit préservé le « caractère juif » de cet État, il faut à tout prix que les Juifs y restent majoritaires. Cette peur de l’Autre, qui débouche sur la volonté de s’en séparer, leur a fait accepter et même défendre la construction de la « barrière de sécurité » considérée comme un moyen efficace « d’empêcher les infiltrations palestiniennes » ; ce que le texte des auteurs avalise sans aucun recul, comme on l’a vu.
Dans les dossiers documentaires, deux textes émanent de Juifs israéliens[28]. Ils sont tous deux sionistes, l’un d’extrême-droite, l’autre « de gauche ». Le premier, Arieh Eldad, député, membre du parti « Union nationale », est partisan de l’annexion à l’État d’Israël de toute la Cisjordanie, parce qu’il considère que ce territoire fait partie de la « patrie historique des Juifs » mais aussi pour des raisons de sécurité, parce qu’on ne peut pas, selon lui, faire confiance aux Arabes. Le second, Amos Oz, écrivain et journaliste, fut un des co-fondateurs, en 1978, du mouvement « La paix maintenant » qui s’oppose aux colonies de peuplement juives. Notons toutefois qu’il n’a condamné ni l’agression israélienne contre le Liban en 2006 ni les attaques sur Gaza de 2009, 2012 et 2014. Dans son texte, tout en se proclamant partisan de la création d’un État palestinien « sur l’ensemble des territoires aujourd’hui occupés, moyennant éventuellement des ajustements de frontière mineurs et réciproques », il condamne énergiquement ceux qui remettent en question la légitimité de l’État d’Israël en tant qu’État juif, qui ne peuvent être, selon lui que des musulmans fanatiques qui rêvent « de détruire Israël et chasser les Juifs de leur terre ».
Ce point de vue d’un sioniste « de gauche » semble bien partagé par les auteurs de nos deux manuels puisque dans leurs textes[29] ils décrivent la multiplication des colonies juives en Cisjordanie, qu’ils attribuent aux « partis radicaux » et, en particulier, aux colons « orthodoxes » ou « ultra-orthodoxes », comme le principal obstacle à la paix.
Des omissions révélatrices
Le caractère tendancieux de la manière dont le conflit israélo-palestinien est traité dans ces deux manuels, se révèle aussi par des absences.
D’abord celle de points de vue non sionistes ou antisionistes autres qu’« éradicateurs » : on peut très bien être partisan de la « désionisation » de l’État d’Israël, autrement dit de sa transformation d’un État juif (dans lequel les non-juifs sont forcément discriminés) en une démocratie où tous les citoyens sont traités sur un pied d’égalité, tout en s’opposant à ce que les Juifs israéliens soient chassés de ce pays et même en revendiquant pour eux le maintien de droits nationaux à l’égal des Palestiniens. Un tel point de vue, pourtant fort répandu, est totalement absent de ces manuels.
S’il est question des ennemis extérieurs de l’État israélien[30], rien n’est dit de ses soutiens extérieurs et en particulier des rôles fondamentaux joués par les États européens et par les États-Unis dans le conflit israélo-palestinien au moins depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Comment sans cela comprendre l’impunité dont jouit depuis si longtemps l’État israélien malgré ses violations constantes du Droit international ? Mais comme rien n’est dit non plus de ce non-respect du Droit…
… Car il n’est pas question non plus, ni des conditions de vie des Palestiniens sous occupation en Cisjordanie, ni du blocus de la bande de Gaza (extrêmement sévère depuis l’évacuation des colonies juives de ce territoire en 2005) et de ses conséquences terribles pour ses habitants, ni de la manière dont sont traités les très nombreux prisonniers politiques palestiniens.
J’arrête ici cette liste d’omissions qui n’est bien sûre pas exhaustive mais qui, en l’état, me semble suffisamment révélatrice d’un grand manque d’empathie pour l’interminable drame vécu par le peuple palestinien.   
Michel Staszewski,
professeur d’histoire dans le secondaire, formateur de professeurs d’histoire,
collaborateur scientifique du service des sciences de l’éducation de l’ULB.

 


[1]Didier Hatier, Namur, 2012.
[2]Didier Hatier, Namur, 2008.
[3]A noter : Histoire. Jalons pour mieux comprendre, de B. BOULANGÉ, M. COLLE et coll. (Bruxelles, de boeck, 2013), ouvrage destiné aux classes de troisième, quatrième, cinquième et sixième années secondaires, ne traite pas du tout de ce conflit.
[4]J’estime d’ailleurs qu’il en est de même pour tout enseignant quel que soit sa spécialité.
[5]Et, en l’occurrence, devant vous, lecteur-lectrice.
[6]Les textes des auteurs ainsi que les documents choisis sont presque intégralement les mêmes dans les deux manuels. C’est pourquoi mon propos vaut aussi bien pour l’un que pour l’autre.
[7]Dans les dossiers « Repères »,  n° 95 pp. 242-243 dans FuturHist et n° 99 pp. 256-257 dans Construire l’Histoire.
[8]Le Petit Robert donne la définition qui suit du mot « peuple » : ensemble d’êtres humains vivant en société, habitant un territoire défini et ayant en commun un certain nombre de coutumes, d’institutions » (Le Nouveau Petit Robert 2010, p. 1879).
[9]Le texte des auteurs des deux manuels est truffé de mots en caractères gras. Dans toutes les citations extraites de ces textes, j’ai reproduit telle quelle cette façon de mettre en évidence certains mots ou groupes de mots.
[10]Dont le but était de créer un État-nation destiné à accueillir les Juifs du monde entier, censé les mettre ainsi à l’abri de toute discrimination ou persécution antisémites.
[11]Cf. entre autres : A. GRESH. et D. VIDAL, Palestine 47. Un partage avorté, Éd. Complexe, Bruxelles, 1987 / D. VIDAL, Le péché originel d’Israël. L’expulsion des Palestiniens revisitée par les « nouveaux historiens » israéliens, EVO et Éd. de l’Atelier, Bruxelles-Paris, 1998 etComment Israël expulsa les Palestiniens (1947-1949), éd. de l’Atelier, Paris, 2007.
[12]Document 6 p. 162 dans Construire l’histoire et document 6 p. 126 dans FuturHist.
[13]« Le terrorisme serait un acte de violence politique (il n’est pas dicté par des motivations criminelles), recourant à la violence (il ne s’agit pas simplement de propagande, de débats idéologiques) et s’en prenant de façon indiscriminée à des civils (les forces armées de l’adversaire ne sont pas spécifiquement visées) afin d’obtenir un résultat politique. » (P. Boniface,  50 idées reçues sur l’état du monde, A. Collin, Paris, 2007, pp. 145-146 ; cité in FuturHist 6ème, p. 145).Pascal Boniface dirige l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) à Paris.
[14]Document 1  p. 160 dans Construire l’Histoire et p. 124 dans FuturHist.
[15]Document 2  p. 160 dans Construire l’Histoire et p. 124 dans FuturHist. Le document 4 p. 25 dans FuturHist va dans le même sens : les colons  « fanatiques religieux » y sont présentés comme le principal obstacle, du côté israélien, à une solution négociée du conflit israélo-palestinien.
[16]Cf. par exemple I. ZERTAL et A. ELDAR, Les seigneurs de la terre. Histoire de la colonisation israélienne des territoires occupés, Seuil, Paris, 2013.
[17]p. 160 dans Construire l’Histoire et p. 124 dans FuturHist.
[18]Extrait du jugement (9 juillet 2004) : « L’édification du mur qu’Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l’intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, et le régime qui lui est associé, sont contraires au droit international ».
[19]Par 150 voix pour, 6 contre et 10 abstentions.
[20]Document 10, p. 163 dans Construire l’Histoire et p. 127 dans FuturHist. Ce tableau est extrait de F. ENCEL et F. THUAL Géopolitique d’Israël, Paris, Seuil, 2006, p. 125.
[21]Cf. par exemple, P ; LEMARCHAND et L. RADI, Israël/Palestine demain. Atlas prospectif, éd. Complexe, Bruxelles, 1996 ou M. BÔLE-RICHARD, Israël. Le nouvel apartheid, Les Liens qui Libèrent, France, 2013.
[22]Document 9, p. 163 dans Construire l’Histoire et p. 127 dans FuturHist.
[23]Document 7, p. 162 dans Construire l’Histoire et p. 126 dans FuturHist.
[24]Cf. P. DELMOTTE, Le Hamas et la reconnaissance d’Israël, in Le Monde diplomatique, janvier 2007.
[25] Extrait de D. LAGARDE, Mahmoud Abbas, un président pour la paix ?, in L’Express, 3/1/2005, p. 7 (document 8 p. 162).
[26]Mouvement politique palestinien islamiste moins puissant que le Hamas, prônant la lutte armée contre Israël.
[27]Je mets le mot « gauche » entre guillemets car, comme nous allons le voir, dans ce contexte, il n’a pas du tout le sens qu’on donne généralement à ce mot en Europe.
[28]Documents 3 et 5 p. 161 dans Construire l’Histoire et documents 3 et 4 p. 125 dans FuturHist.
[29]  Voir pp. 160 et 257 dans Construire l’Histoire et pp. 124 et 243 dans FuturHist.
[30]En particulier dans un texte de Daniel C. Kurtzer, ambassadeur des États-Unis en Israël de 2001 à 2005 (document 11, p. 163 dans Construire l’Histoire et p. 127 dans FuturHist.

L’Allemagne accueille des milliers de migrants


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    La joie de migrants au départ du train de Budapest (Hongrie) qui les emmène vers l’Autriche, porte d’entrée pour l’Allemagne. Crédits : ATTILA KISBENEDEK / AFP
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    Dans un train en gare de Vienne (Autriche). Crédits :LEONHARD FOEGER / REUTERS
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    A la gare de Francfort (Allemagne), samedi soir.Crédits : KAI PFAFFENBACH / REUTERS

 

Un nombre record de migrants sont encore arrivés dimanche en Allemagne sous les vivats et les chants, au terme d’un périple semé d’embûches à travers l’Europe, Berlin et Vienne prévenant cependant que la situation devait rester« temporaire » et exceptionnelle. La police allemande avait recensé en fin d’après-midi 14 000 nouveaux arrivants venus d’Autriche sur l’ensemble du week-end, dont une majorité de Syriens fuyant la guerre, et en attendait 3 000 de plus dimanche soir.

Cette question devrait encore dominer l’agenda politique européen lundi, avec une rencontre entre la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic à Berlin, et une rencontre entre le commissaire européen chargé de l’Immigration Dimitris Avramopoulos et des responsables autrichiens à Vienne.

Une décision « temporaire »

Sur certaines images parvenues d’outre-Rhin, des migrants apparaissent brandissant des pancartes témoignant leur reconnaissance à l’égard de l’Allemagne qui a décidé d’assouplir ses règles d’accueil pour les ressortissants syriens, dans une Europe divisée sur la réponse à donner à la crise migratoire. L’Autriche avait également accepté dans la nuit de vendredi à samedi, en concertation avec Berlin, de faciliter l’accueil et le transit de milliers de personnes. Cette décision ne peut cependant être que « temporaire », a prévenu dimanche le chancelier autrichien, Werner Faymann, soulignant qu’« une mesure de ce type ne peut pas être une solution ».

Lire aussi : Comprendre la crise des migrants en Europe en cartes, graphiques et vidéos

Des migrants à leur arrivée à Francfort, samedi.

Une ouverture qui tranche avec les conditions dans lesquelles les migrants ont parfois dû traverser certains pays. Plusieurs milliers d’entre eux ont ainsi été retenus en Hongrie avant que le gouvernement de Viktor Orban n’accepte finalement d’affréter des bus pour accompagner les migrants qui traversaient le pays à pied pour rejoindre la frontière avec l’Autriche. « Beaucoup de migrants ne comprennent pas pourquoi il y a toute cette agitation et me demandent ce que veulent ces gens », confiait samedi, à l’Agence France-Presse, Lara Sabbagh, une bénévole allemande à la gare de Francfort qui accueillait des réfugiés.

Lire aussi : Migrants : les engagements des dirigeants européens

« Nous sommes les Américains de l’Europe »

Bien que l’Allemagne ait connu une série de manifestations et d’attaques xénophobes, l’arrivée des migrants a en effet donné lieu à une mobilisation de solidarité sans précédent de la part d’une partie de la population. Selon un sondage réalisé début août pour le magazine Stern, 76 % des Allemands jugent qu’il faut accepter sans condition les réfugiés qui viennent d’un pays en guerre et 57 % pensent qu’il doit en être de même en cas de persécution politique ou religieuse.

Le pays, qui devrait accueillir un nombre record de 800 000 demandeurs d’asile en 2015, a le sentiment de vivre un moment hors du commun. « Une expérience a commencé. Elle va modifier plus profondément l’Allemagne que la réunification. Devant nous c’est l’inconnu » résumait ainsi un éditorial de Die Zeit le 3 septembre. Dans le même journal, le sociologue Heinz Bude ajoutait : « Nous sommes les Américains de l’Europe, que nous le voulions ou non ».

La main tendue par Angela Merkel aux migrants irrite toutefois au sein de sa propre coalition : dimanche, la CSU, alliée conservatrice de la chancelière, a estimé que l’initiative envoyait un « mauvais signal » politique.

Lire aussi : La lettre commune de François Hollande et d’Angela Merkel pour accueillir les réfugiés en Europe

L’appel du pape à ses paroisses

Les initiatives solidaires se sont multipliées à travers l’Europe ces derniers jours depuis l’onde de choc provoquée par la publication de la photo de la dépouille du jeune Aylan, 3 ans, sur une plage, mort noyé alors qu’il fuyait avec ses parents la Syrie en guerre.

Lire aussi : Réfugiés : une photo pour ouvrir les yeux

Dimanche, le pape a appelé dans sa prière de l’Angélus que « chaque paroisse, chaque communauté religieuse, chaque monastère, chaque sanctuaire d’Europe accueille une famille » de migrants. A Vienne, un convoi d’une cinquantaine de voitures particulières s’est formé dans la matinée à la suite d’un appel sur les réseaux sociaux pour tenter d’acheminer des migrants depuis la Hongrie. En France, le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, envoie un remerciement en forme d’encouragement aux maires qui se sont dits prêts à accueillir des réfugiés et des demandeurs d’asile. Samedi, plusieurs dizaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées dans plusieurs villes de l’Hexagone en solidarité avec les migrants.

Lire aussi : Migrants : « La France marche à l’émotion, mais il faut une prise de conscience »

« La crise est là pour durer »

En Méditerranée aussi, les arrivées par centaines se poursuivent à un rythme soutenu sur les îles grecques d’Egée orientale. Dans la nuit de samedi à dimanche, plus de 100 Syriens ont été secourus au large de Chypre ; samedi, quelque 650 personnes au total avaient été secourues.

L’Europe attend toutefois une réponse globale des Etats pour faire face à cette crise sans précédent. « Nous sommes face à un événement dramatique. La crise est là pour durer », a ainsi affirmé la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini, après une réunion des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne à Luxembourg samedi. La Commission européenne va proposer la semaine prochaine une solution de répartition de l’accueil de 120 000 réfugiés supplémentaires.

Lire aussi : Migrants : « Aucun pays ne peut avoir l’illusion qu’il n’est pas concerné »

source

17306 personnes noyées


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Jean-bernard Grubis

Liste de 100 mètres de long comprenant le nom de 17306 personnes noyées en tentant de migrer. La liste a été déposée au sol pour que les députés européens soient obligés de marcher dessus en entrant au parlement.

De Wever: «Un lit, un bain et du pain pour les réfugiés. C’est tout»


Rédaction en ligne
Mis en ligne jeudi 27 août 2015, 23h10

Pour le président de la N-VA, la Belgique donne trop d’argent aux réfugiés.

  •  © Photo News
    © Photo News

Bart de Wever a de nouveau insisté sur sa proposition d’instaurer un statut spécial pour les réfugiés, au micro de RTL.

De Wever : « Un réfugié qui reçoit une indemnité, c’est difficilement explicable »

« Il [le réfugié] peut demander une indemnité, un logement social et être prioritaire s’il est sans abris. Il peut aussi recevoir des allocations familiales. On remarque que tous les réfugiés veulent venir chez nous et quand on leur demande pourquoi, ils disent que c’est pour ça », a-t-il déclaré.

Alors à la question : qu’est ce que vous êtes prêt à donner à ces réfugiés ? Bart De Wever répond « Je n’ai pas de proposition détaillée, mais l’idée c’est : un lit, un bain et du pain. Il ne faut pas donner d’argent parce que c’est ça qui crée de l’attraction en masse ».

 L’aide financière n’est pas automatique

Pour rappel, comme nous l’avons déjà pointé , le demandeur d’asile ne bénéficie pas d’une aide financière automatique. Si le demandeur d’asile obtient gain de cause – le statut de réfugié – il a droit au revenu d’intégration, pour cela, il doit s’inscrire dans un CPAS. Et comme il est plus judicieux de s’inscrire au CPAS de la commune dans laquelle on vit… il faut avoir déjà trouvé un logement.

De son côté, le président de la Ligue des Droits de l’Homme a dénoncé un discours populiste d’extrême droite.

« Là où Bart De Wever se trompe, c’est que les droits sociaux auxquels accèdent les réfugiés sont des droits résiduels pour lesquels il ne faut pas cotiser ! Le revenu d’intégration que l’on touche au CPAS, un Belge qui n’a jamais cotisé de sa vie, comme un jeune qui sort des études par exemple, y a accès ! Il est donc FAUX de dire que le réfugié a les mêmes droits qu’un Belge qui a cotisé toute sa vie. Un réfugié reconnu n’a par exemple pas droit au chômage ! »

source

 Un complot planétaire


 

 

Nous vivons un véritable complot sur cette planète. Celui d’une minorité discrète de « super-riches », obsédés par la volonté de transformer absolument tout ce qui existe, en « fric » et puissance économique et financière, pour dominer notre maison commune. Qu’ils soient isolés, en famille, en groupes ou en multinationales, peu importe, tout ce qui leur tombe sous la main est occasion potentielle de profit, et ceci sans aucun scrupule ni aucune considération pour les personnes et les dégâts écologiques. Ils achètent et vendent n’importe quoi, serait-ce des humains (traite), et spéculent sur tout ce qui peut leur rapporter de l’argent : pétrole, gaz, minerais, déchets (même radioactifs), eau douce, semences, produits alimentaires et boissons, tabacs et drogues, bois précieux, poissons, faune sauvage, armes, mercenaires, etc. mais aussi, clubs et sportifs, artistes et objets d’art, sociétés cotées ou non, à finalité économique ou sociale (maisons de repos), traitant le personnel (direction, cadres, employés, ouvriers) comme de simples machines à produire toujours plus de bénéfices, sinon « buiten » sans autre forme de procès (« faute grave ») ! Tous les moyens sont bons : fusions et restructurations, vente par appartements, faillites, incendies volontaires, paradis fiscaux, sans compter la corruption à grande échelle !

 

Cette prédominance de l’argent sur l’humain provoque plusieurs fléaux : la multiplication des guerres, attentats et révolutions, les flux migratoires d’ampleur exceptionnelle avec leurs catastrophes humanitaires, les cataclysmes résultant du réchauffement climatique imputable à nos modes de consommation, la disparition de l’agriculture vitale à taille humaine dans les pays les plus défavorisés, l’augmentation du différentiel entre riches et pauvres, l’accroissement du chômage et de la misère dans le monde, les ambiances de travail devenues invivables un peu partout (déni d’information, burnout, dépressions, suicides), etc.

 

Mais qui nous sortira de ce complot de plus en plus visible et délétère ? Quand donc la Politique reprendra-t-elle ses droits ? Quel homme d’État aura le courage d’y porter le fer rouge ? Quel État sera capable de faire triompher l’humanisme sur le mercantilisme ? La Chine ? Les USA ? L’Europe, naine en Politique ? L’ONU avec ses droits de véto paralysants ? « Lachen ! ». Ils ont encore de beaux jours devant eux ces esclavagistes modernes, adorateurs inconditionnels de Mammon !

 

Quand donc l’humain reprendra-t-il sa dignité et remettra-t-il l’argent à son service plutôt que l’inverse ? C’est à chacun de nous d’en décider, en privilégiant la vie sobre et spirituelle, tout en ne négligeant pas la vie matérielle, maintenue volontairement au niveau « nécessaire et suffisant », évaluant en permanence ses « vrais » besoins (MNG – PhG) ».

MABROUK: PALESTIJNS FESTIVAL IN OOSTENDE – 23 AUGUSTUS 2015


mabroukZin in Palestijnse muziek, dans, poëzie, hapjes, drankjes, …   ? Dan ben je meer dan welkom op ‘Mabrouk’, een Palestijns cultureel festival met een ruim aanbod voor jong en oud.

Het dagfestival heeft plaats op zondag 23 augustus 2015, van 14 tot 22 u. in en rond Vrijstaat-O (Zeedijk 10, Oostende).

Op het programma:

  • van 14 tot 18 u. doorlopend verschillende workshops met o.a. Dabke-atelier (Palestijnse dans), voorleesatelier, circusschool, ‘The Wall’ (graffiti), cartoonfestival, … U Move 4 Peace is van de partij met een sessie ‘Theatre of the Oppressed’.
  • van 19 tot 21.30 u.: optredens met Palestijnse muziek van Haytham Safia en partner, en poëzie met Dirk en Nathan Ooms.

Doorlopend is er mogelijkheid om te genieten van Palestijnse hapjes en drankjes en om langs te gaan bij infostandjes van de verschillende deelnemende organisaties.

De deelname aan de namiddagactiviteiten is gratis.
Voor het avondoptreden betaal je €7 in voorverkoop en €10 aan de inkom.

Reservaties avondactiviteit en alle info: olijvenendadels@gmail.com

Tijdens ‘Mabrouk’ zetten wij het Palestijnse verhaal in de kijker. Dat verhaal is vaak weinig opbeurend, maar biedt hoe dan ook een inkijk in de culturele rijkdom van het Palestijnse volk.

Dit festival is een initiatief van ‘Olijven en Dadels’, een tijdelijke vereniging van de lokale Oostendse afdelingen van Amnesty International, Broederlijk Delen, Oxfam Wereldwinkels en Pax Christi Vlaanderen.

Met de steun van SROS (Stedelijke Raad voor Ontwikkelingssamenwerking).

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