Mobilisation contre la censure d’un magazine en Flandre
Publié le mardi 28 janvier 2014 à 16h26 – Mis à jour le mardi 28 janvier 2014 à 17h13

L’association flamande des journalistes (VVJ) s’est dite surprise et préoccupée mardi par la décision de justice qui interdit à l’hebdomadaire néerlandophone P-Magazine de publier un article au sujet de la société De Nul. Le magazine risque une lourde amende. Selon la VVJ, l’article décrit « de manière sérieuse et équilibrée l’extraction de sable aux Philippines et les risques que cela implique sur le plan écologique ». « Le président du tribunal de commerce de Termonde a intégralement suivi la requête unilatérale de la société De Nul, et ce sans aucune empathie pour la liberté de la presse ou les règles et pratiques journalistiques », indique Pol Deltour, secrétaire général de la VVJ.
Selon Pol Deltour, une telle décision s’apparente à une grave censure. Sous peine d’amende, P-Magazine a d’ailleurs supprimé l’article de son site internet. La VVJ espère que la décision sera annulée.
De Nul n’avait pas apprécié la teneur d’un article paru mardi dernier et citant la société, parmi d’autres groupes internationaux, dans le cadre de pratiques de vol de sable à grande échelle sur les rivages du nord des Philippines.
Syrie : manifestation pour les Palestiniens du camp de Yarmouk
MANIFESTATiON CONFIRMEE à 13:00!! et ce soir à 20:00 même lieu, une manif pour le Père Paolo disparu depuis un an aujourd’hui
Yarmouk est un camp de réfugiés palestiniens près de Damas assiégé par les forces du régime Assad où les habitants sont en train de mourir de faim.
Une manifestation de soutien est prévue mercredi 29 janvier à la place de Luxembourg à Bruxelles à 13 heures.
Un poète kurde en exil : Hoşeng Osê
Hoşeng Osê vit à présent en Flandre. Il écrit en arabe et en kurde et est également journaliste.
De blinde meeuw
Noordzee…
Ik ben geen soldaat die een mes in de rug kreeg, noch een verradende koning op een schaaktafel.
Denk je niet dat ik de resten van een schipbreuk ben, die op je kust eindigt.
Ik ben de resten van een bloedbad.
Ik draag in mijn hart mijn kruis én mijn graf.
Ik verberg onder mijn tong het geheugen van mijn vaderland voor de oprukkende barbaren.
de verdriet is mijn beker, mij pijn is wijn.
Denk je niet dat ik een kapitein ben, wiens schip hem in de steek liet.
Ik ben een natie wiens vier windstreken hem niet langer herkennen.
Ik ben een treurend gedicht, dat een blinde profeet nog steeds schrijft, voor de kleine zwaluwen.
Zelfs jij, Noordzee?!
Zelfs jij keert mij ook de rug toe?!
Ik ben geen oprukkende Alexander, noch een ambitieuze Napoleon ..
Ik ben gewoon een echo ..
Een nederlaag ..
Gewoon een lijk dat sinds drie duizend jaar,
Nog steeds naar een graf zoekt.
………………………..
Een gemummificeerde tijger
Zijn ogen: twee gloeiende kolen, die vonken uit een diepe put.
Hij zegt: ik ben Jozef, verraders, en ik wil niet uit de put komen.
*****
Verjaagd door de duisternis, verdoemd door het daglicht, slaat hij met zijn nagels de rotsen van de tijd.
Noch de zee kan het vuur der hartstochten in zijn hart doven;
Noch de regen kan het leed, dat zijn geest treft, verzachten.
Alleen de stilte luistert eerbiedig naar zijn gekreun.
*****
Jullie, die Abel duizend keer per minuut doden;
Denk je niet dat ik een gemummificeerde tijger in een museum ben!
Deze wereld die jullie met oorlogen en vernielingen gevuld hebben, is het eeuwige museum, en jullie zijn de mummies!
Ik wandel onder jullie rond.
En omdat jullie gemummificeerde mensen zijn, met duizend maskers,
Wil ik niet eens, dat jullie mijn prooi worden!
Hosheng at 11:40 in this youtube video in Kurdish.
Exhortez l’ambassadrice d’Oxfam mondial à cesser de soutenir SodaStream
Le 10 janvier 2014, le profiteur de l’occupation SodaStream a annoncé que l’actrice d’Hollywood, Scarlett Johanson était devenue leur première ambassadrice mondiale de la Marque. Sa première action dans ce rôle sera d’être la vedette dans la publicité de SodaStream’s Super Bowl (football américain), qui sera diffusée pendant le quatrième quart du jeu le 2 février.
Il se fait que Scarlett est aussi ambassadrice mondiale pour Oxfam, un rôle qui implique une responsabilité pour « accentuer la lutte contre la pauvreté et l’injustice. »
Signez ici notre pétition à Scarlett : Ne soyez pas le visage de l’Occupation ! Sign our petition to Scarlett: Don’t Be the Face of Occupation! <http://org.salsalabs.com/dia/track.jsp?v=2&c=F0pG5igef2%2F2aku7UnVShRtITqcwVdzn>
SodaStream fabrique et distribue des produits carbonatés à domicile et des arômes pour limonades. Le site de production principal de la compagnie se situe dans les colonies illégales de Cisjordanie, où la compagnie dissimule le fait que ses produits sont fabriqués dans une colonie en utilisant le label « Made in Israël ». En tant que fabricant d’une colonie israélienne, il exploite la terre le travail et les ressources palestiniennes.
En annonçant sa décision de faire équipe avec SodaStream, Scarlett a expliqué comment ce produit l’aidait à ne pas se sentir coupable parce qu’elle adore le goût de l’eau gazeuse mais déteste le gaspillage de bouteilles.
Click here <http://org.salsalabs.com/dia/track.jsp?v=2&c=ui1PItNd%2FGtZS5g5jdBgrBtITqcwVdzn> pour faire savoir à Scarlett que l’occupation n’est pas verte ! En choisissant de situer sa fabrique dans une colonie israélienne, SodaStream soutient activement l’occupation militaire israélienne de la Cisjordanie, y compris la destruction environnementale que cette occupation a apportée aux terres palestiniennes.
La Super Bowl a lieu dans moins de deux semaines, vous devez donc agir maintenant pour envoyer le message que d’être vedette ( ??? shilling) pour des profiteurs de l’occupation est inacceptable.
De: uscampaign=endtheoccupation.org@mail.salsalabs.net de la part de Ramah Kudaimi, US Campaign to End the Israeli Occupation [uscampaign@endtheoccupation.org]
Envoyé: mardi 21 janvier 2014 19:02
A Genève, une bataille médiatique entre frères ennemis syriens

dimanche 26 janvier 2014, par
Ils se toisent, se provoquent et même parfois s’insultent : au siège de l’ONU à Genève où se déroulent les négociations entre le régime syrien et l’opposition, une âpre bataille médiatique oppose partisans et détracteurs de Bachar al-Assad.
Dans les couloirs du Palais des Nations, sur les pelouses alentours et surtout lors des conférences de presse, les deux camps sont à couteaux tirés, chacun tentant d’imposer son point de vue et de contrer celui de l’autre en affirmant représenter la « vraie voix de la Syrie ».
Dans les points de presse, ils rivalisent pour monopoliser le micro, si bien que vendredi, le médiateur de l’ONU et instigateur des négociations de paix, Lakhdar Brahimi, a lancé à la salle, en plaisantant : « Vous êtes tous Syriens ici ou quoi ? ».
Car si le régime de Damas et l’opposition sont réunis pour la première fois dans la même pièce depuis le début en 2011 du conflit sanglant qui ravage la Syrie, le contact est tout aussi inédit entre médias pro et anti-Assad.
« La nouveauté de Genève est que l’Etat syrien est représenté pour la première fois sur le plan politique et sur le plan médiatique dans une conférence sur la Syrie », ce qui n’était pas le cas lors des conférences des Amis de la Syrie où seul l’opposition était présente, affirme à l’AFP Habib Salmane, directeur de l’information à la télévision d’Etat syrienne, présent à Genève.
Profitant de l’aubaine, les journalistes pro-régime harcèlent les membres de l’opposition avec leurs questions. Ceux appuyant l’opposition font de même avec les dignitaires de la délégation de Damas.
Dans la ville suisse de Montreux, où s’était tenue mercredi la conférence internationale sur la Syrie, des journalistes anti-régime ont pourchassé le ministre de l’Information Omrane al-Zohbi dans le centre de presse en lui lançant avec insistance « Quand Assad partira-t-il ? ».
Et à Genève, l’opposant Burhane Ghalioun s’est retrouvé dans un couloir assailli par des journalistes pro-régime qui le pressaient de répondre : « les rebelles ont montré des vidéos de têtes décapitées, qu’est-ce que tu as à répondre à ça ? ».
Le régime de Damas considère les rebelles comme des extrémistes « terroristes » appuyés et financés par l’étranger, notamment par l’Arabie saoudite et le Qatar. Et les médias financés par ces deux pays, Al-Arabiya et Al-Jazeera, sont les plus honnis par le régime pour leur couverture très favorable avec la rébellion.
Dimanche, lorsque la journaliste d’Al-Jazeera a demandé au ministre de l’Information pourquoi il refusait d’être interviewé par sa chaîne, ce n’est pas le dignitaire syrien qui a répondu. Mais un reporter de Sham FM, radio privée proche du pouvoir. « Parce que vous êtes des agents » (d’un pays hostile, ndlr), a-t-il lancé. La journaliste d’Al-Jazeera a alors répliqué : « au moins nous ne sommes pas des criminels ».
Autre exemple de tension lors de la conférence de presse de l’opposant Louai Safi qui appelait à la création d’un corridor humanitaire pour les quartiers rebelles assiégés de la ville de Homs (centre).
« Ne pense pas que tu peux me dicter ce que je dois dire ici, toi qui représentes les médias de la propagande », a lancé l’opposant à un journaliste de l’agence officielle Sana qui lui demandait avec insistance pourquoi l’opposition voulait-elle faire sortir les « terroristes » de Homs.
Des insultes extrêmement vulgaires, souvent sous le niveau de la ceinture, fusent parfois. D’autres s’inspirent du contexte de la guerre comme lorsqu’un journaliste anti-Assad a crié à son confrère de la presse officielle « Vas-y, jette un baril sur nous », en référence aux barils d’explosifs largués selon des ONG sur la ville d’Alep (nord), tuant des centaines de civils. La tension est parfois tellement grande que les journalistes manquent d’en arriver aux mains, forçant la sécurité de l’ONU à intervenir.
Certains journalistes syriens vivent une situation inédite. Ahmad Fakhouri était présentateur à la télévision d’Etat jusqu’à ce qu’il fasse défection en 2012. « Je revois d’anciens collègues ici, je veux les saluer mais certains sont embarrassés, d’autres ont détourné le regard », confie à l’AFP ce jeune homme qui travaille désormais dans une chaîne satellitaire financée par les Emirats arabes unis.
« Je suis opposant, mais en tant que journaliste, je peux critiquer l’opposition et les rebelles tout comme les renseignements et Assad. C’est cela le vrai journalisme ».
Syrie : premières négociations de paix à Genève entre émissaires d’Assad et opposants
vendredi 24 janvier 2014, par La Rédaction
Après presque trois ans de conflit en Syrie, émissaires du président Bachar al-Assad et membres de l’opposition en exil vont s’assoir à la table des négociations à Genève pour des premiers pourparlers de paix aux chances minimes de succès.
Arrivés jeudi à Genève après une conférence sous tension à Montreux qui réunissait une quarantaine de pays et d’organisations, les deux délégations vont enfin entrer dans le vif du sujet pour tenter de mettre fin au chaos meurtrier qui a déjà fait plus de 130.000 morts en Syrie et a forcé des millions de civils à abandonner leurs maisons ou à s’exiler.
Diplomates et observateurs se font peu d’illusions sur l’issue de ces négociations mais rappellent que le simple fait que les deux camps acceptent de se trouver ensemble dans une même pièce est en soi un événement.
Le maître d’oeuvre de ce délicat exercice de diplomatie, l’émissaire de l’ONU pour le conflit syrien, Lakhdar Brahimi va entrer en scène à 11h locales (10H GMT). Et le ton des Syriens ces deux derniers jours, notamment celui de Damas accusant les opposants d’être des « traîtres » et des « agents » à la solde de l’étranger, laisse augurer de débuts difficiles.
Selon plusieurs sources diplomatiques, M. Brahimi réunira les deux délégations dans une même pièce au siège de l’ONU en Europe. « Il s’exprimera pendant une trentaine de minutes en introduction », selon une source diplomatique occidentale. Les Syriens, eux, ne parleront pas.
Dans un second temps, chaque délégation sera conduite dans sa propre salle où Lakhdar Brahimi viendra discuter du cadre des négociations.
Selon cette source diplomatique occidentale, M. Brahimi pourrait tenter dès vendredi ou samedi de réunir une nouvelle fois les deux délégations dans la même salle où les négociateurs se parleront « par Brahimi » interposé.
Le premier cycle de négociations est censé durer « jusqu’à la fin de la semaine prochaine », soit le 31 janvier. « Mais tout peut très bien s’arrêter dès vendredi », rappelle, prudent, une source diplomatique occidentale.
« Nous savons que cela prendra du temps, et si cela doit prendre un jour de plus, cela prendra un jour de plus. Nous savions que ce ne serait pas un processus facile », a également indiqué un haut responsable du Département d’Etat américain.
La délégation de Damas est conduite par le très chevronné ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem. Si Ahmad Jarba est le chef de la délégation de l’opposition, il ne devrait pas en être le négociateur en chef. Le nom du négociateur de l’opposition doit être annoncé vendredi, a indiqué à l’AFP Monzer Aqbiq, porte-parole de la délégation.
La question du sort de Bachar al-Assad reste le principal motif de désaccord, l’opposition posant comme principe son départ et la constitution d’un gouvernement transitoire où il ne jouerait pas de rôle, le régime rejetant cette idée.
Faute de consensus sur cette question centrale, Lakhdar Brahimi pourrait se concentrer, ainsi que les Occidentaux et les Russes, sur la recherche de premières mesures visant à soulager la population.
M. Brahimi a évoqué des « indications » sur une disponibilité des délégations à discuter de l’acheminement de l’aide humanitaire, de cessez-le-feu localisés, notamment à Alep, et d’échanges de prisonniers.
Selon une source diplomatique, l’opposition pourrait mettre sur la table l’idée d’ »aide humanitaire couplée à des cessez-le-feu localisés » dès le début de la négociation.
Une partie de l’équation tient également à la capacité des « parrains » des deux camps, les Etats-Unis pour l’opposition et la Russie pour le président Bachar al-Assad, à peser et à manoeuvrer en coulisses.
Mercredi à Montreux, le chef de la diplomatie américaine John Kerry n’a pas mâché ses mots contre Damas et réitéré son exigence qu’Assad quitte le pouvoir. La Russie pour sa part a montré un soutien ferme mais sobre au régime. Et nul ne sait comment dans ce « grand jeu » de luttes d’influence et de bluff diplomatique, Occidentaux, Russes, monarchies du Golfe et Syriens vont avancer leurs pions.
Une conférence sur la Syrie vouée à l’échec?
Peut-on raisonnablement attendre de la conférence internationale sur la Syrie qui s’ouvre ce 22 janvier en Suisse sous l’appellation de « Genève 2 » qu’elle inaugure une ère nouvelle qui verrait les protagonistes de cet âpre conflit se diriger vers une issue pacifique ? Il serait bien malaisé de trouver un seul observateur sérieux prêt à parier quelques malheureux centimes sur cette perspective.
Tout se passe comme si l’échec de Genève 2 était déjà écrit, validé par la réalité d’une sanglante confrontation où les camps sont multiples et leurs raisons d’être variées. Face au féroce régime mafieux syrien qui tuerait la moitié de son peuple pour rester au pouvoir, l’opposition militaire paraît en effet bien morcelée, entre des rebelles nationalistes et/ou islamistes plus ou moins radicaux, des Kurdes en session sécessionniste et des djihadistes extrémistes hantés par le retour du califat…
Le régime et une partie de l’opposition exilée se retrouvent donc néanmoins à Montreux ce mercredi, avant de poursuivre en tête-à-tête à partir de vendredi à Genève. Le premier veut voir consacrer sa « lutte contre le terrorisme » qu’il dit mener depuis mars 2011 même si les premiers djihadistes firent leur apparition près d’un an plus tard. Les seconds n’imaginent pas de « gouvernement de transition », le but officiel des négociations, sans le départ irrévocable du « boucher de Damas ». On voit mal où gisent les termes d’un possible compromis entre de tels ennemis. Même leurs puissants parrains respectifs n’arriveraient pas à les convaincre…
De manière habile autant que perverse, le régime a réussi l’impossible : faire accroire à une bonne partie de la communauté internationale que ce conflit met aux prises un Etat laïque civilisé et des fous d’Allah coupeurs de tête. Alors que c’est lui, par ses méthodes qui consistent à terrifier par des bombardements massifs les populations rebellées, qui porte la plus lourde des responsabilités. Sauf que les atermoiements de l’Occident, tétanisé par le danger djihadiste, ont aussi rendu ce danger possible et maintenant concret.
Alors, pour que Genève 2 ne soit pas une occasion totalement gâchée, il conviendrait que des mesures d’aides humanitaires y soient adoptées d’urgence. Car ce sont les civils qui souffrent et dans d’effrayantes proportions. Ouverture de couloirs humanitaires, libération des prisonniers, fin de la torture, levée des sièges de villes ou quartiers qui affament : la liste, longue et non exhaustive, doit servir à sauver des vies, là où elles s’éteignent par centaines chaque jour dans d’indicibles souffrances.
Vivre en cage à Gaza
Article paru dans le numéro 118 de la revue CQFD de Janvier 2014 [1]
Depuis 7 ans, le blocus israëlien a transformé Gaza en un véritable laboratoire, où près de 1.800.000 personnes survivent sans pouvoir quasiment sortir dans la pauvreté, le chômage et les pires pénuries. À l’étranglement israélien s’ajoute le blocus égyptien par « mesure sécuritaire » depuis que le coup d’État de l’armée égyptienne, laquelle accuse le Hamas de collusion avec les Frères Musulmans. Pierre Stambul a pu passer deux jours fin décembre dans cette cage avec le réseau de soutien international Unadikum.
Ils tuent et ne sont jamais sanctionnés.
Le 24 décembre, l’armée israélienne a attaqué la bande de Gaza avec les chars et l’aviation en 15 endroits différents. Un char israélien a pulvérisé à 800 m de distance une maison dans un camp de réfugiés. Une dangereuse terroriste, la petite Hala, trois ans, est morte. Sa mère est ses frères ont été bléssés-e-s. À l’hôpital, la famille nous a demandé de filmer et de témoigner. Deux jours auparavant, un autre redoutable terroriste, un chiffonnier qui recyclait les ordures, avait été abattu sans motif par un snipper israélien. En 7 ans de blocus, 150 paysans et des milliers d’animaux qui avaient l’outrecuidance d’approcher trop près la « barrière de sécurité » – pour reprendre le vocabulaire de l’occupant – ont perdu la vie. « Pourquoi la justice internationale protège-t-elle les criminels de guerre israéliens ? », s’interroge le militant des droits de l’homme Khalil Shaheen. Quand les soldats de Tsahal ne tirent pas sur les paysans, ils visent les pêcheurs. La marine israélienne interdit aux pêcheurs de s’éloigner à plus de 3 Km des côtes mais viole ses propres lois puisqu’elle a confisqué des bateaux à 700 mètres des côtes et tué deux pêcheurs [quand ?]. Les quelque 4200 pêcheurs sont réduits à la misère. « Le droit international permet de cultiver et de pêcher. Israël viole ce droit en disant que c’est contraire à sa sécurité », explique Mohamed al-Bakri, secrétaire général du syndicat des comités de travailleurs agricoles (UAWC) [2]
Comment la pénurie est organisée
Gaza est aussi une terre agricole. La superficie agricole a diminuée d’1/3 à 1/5 de la bande en 7 ans. Les Israéliens interdisent la commercialisation des produits et les fraises pourrissent sur place. Les paysans survivent avec 1/2 hectare de terre en moyenne. Gaza est autosuffisant en légumes et en poulet mais tout le reste doit être importé (œufs, viande rouge, poisson). Lors des récentes inondations 3 000 serres ont été inondées, le blocus israélien empêche de les remplacer.
L’eau à Gaza vient de Cisjordanie par l’aquifère. Les Israéliens ont creusé des puits sur la frontière tous les 100 m pour capter cette eau. Résultat, il manque à Gaza 40 % de l’eau nécessaire à son agriculture. La nappe phréatique est envahie par la mer et l’eau, devenue saumâtre, est impropre à la consommation.
En Egypte, l’essence est subventionnée et ne coûte que 0,12 euro le litre. Avant que le gouvernement égyptien ne bloque la frontière et ne détruise les tunnels, on trouvait de l’essence à Gaza. À présent, elle vient d’Israël, est rare et hors de prix. Les charrettes remplacent souvent les voitures. Conséquence de cette pénurie de pétrole, il n’y a en moyenne que 6 heures d’électricité par jour. Alors c’est la débrouille : groupes électrogènes, lampes de poche sont indispensables, mais ne garantissent rien.
Dans les hôpitaux, on manque de médicaments, d’hygiène, de médecins qualifiés. Les grands malades essaient de partir à l’étranger, mais sortir n’est pas évident et ça coûte très cher.
Un énorme effort est entrepris pour l’éducation. Il y a très peu d’illettrés. On compte à Gaza 100000 étudiant-e-s dans 5 universités. Au bout du compte, il y a 35000 chômeurs diplômés et d’autres survivent avec des petits boulots. Le chômage total ou partiel touche 60% de la population. L’économie a été détruite.
« Sans solution politique, on continuera à manquer d’eau, de terre, de médecins, d’éducation et ça va exploser », ajoute Mohamed al-Bakri.
Colère et auto-organisation
Tous nos interlocuteurs/trices disent la même chose : la désunion palestinienne, l’existence de deux gouvernements, deux parlements, deux lois sont un scandale : « ils ne pensent qu’à leur propre intérêt », « ils ont perdu toute légitimité », « cette désunion est une victoire de l’occupant », « nous avons un grand problème de leadership », « rien ne changera avec Abou Mazen ». « Il n’y aura pas de troisième Intifada à cause de la division palestinienne, pense Ziad Medoukh, responsable du département de français a l’université al-Aqsa de Gaza. Depuis la mort d’Arafat, il n’y a plus de leadership. La direction à prendre vient de l’extérieur de la société palestinienne et non de l’intérieur. Les deux gouvernements profitent de l’occupation pour garder le pouvoir. Ces deux gouvernements ont perdu la légitimité. Les deux sont en échec. Mais ils savent que la population ne va pas se révolter contre eux. »
L’impopularité des deux gouvernements est certaine. « Notre rêve, c’est un seul État. Notre référence c’est Mandela, [mais] nos dirigeants sont stupides, estime Eyad Al Alam, avocat au Centre palestinien des droits de l’homme (PCHR). On a deux parlements, deux gouvernements, deux lois. Pourquoi n’y a-t-il pas réunification ? Je me fous des relations Fatah-Hamas. On voudrait des élections mais Israël contrôle tout et ne laissera pas faire . »
Le PCHR fait partie de ce grand réseau d’associations qui viennent au secours des pauvres et des exclu-e-s, qui permettent à la population de s’organiser, d’exiger le droit de « vivre comme un être humain normal ». Le PCHR enquête sur toutes les exactions, même sur les violences interpalestiniennes. Il aide les prisonniers politiques, combat la torture, dénonce l’impunité de l’occupant et la complicité occidentale. Il a fourni aux enquêteurs de l’ONU (Dugard, Falk, Goldstone) une grande aide pour leurs rapports. « Comme Palestinien, j’ai été victimisé et maltraité. La Naqba est en moi. Je suis né ici, c’est mon pays. Un Russe obtient la nationalité et moi, je n’ai rien. La loi vient du pouvoir, pas de la morale. Avec la globalisation, j’ai espoir que les barrières disparaîtront. Pourquoi la communauté internationale accepte-t-elle cette punition collective ? », s’indigne Khalil Shaheen.
Politiquement, il existe une gauche palestinienne dont le parti le plus important est le FPLP. Ce parti a payé un très lourd tribut à son rôle dans la résistance (le secrétaire général Ahmed Saadat a été condamné à la prison à vie et le précédent a été assassiné). Il essaie aujourd’hui de renouveler ses cadres et d’unifier un troisième pôle face au Fatah et au Hamas. Il se concentre aussi sur l’action sociale du FPLP : les jardins d’enfants, les projets, les instituts, les hôpitaux (comme à Jabaliya), les ONG, l’aide aux agriculteurs et aux pêcheurs ». Dans son programme, il exige la fin des négociations avec Israël.
Aujourd’hui les accords d’Oslo sont plus que jamais morts. On est passé à une lutte antiapartheid sur un espace unique. L’hypocrisie des discours de la France, de l’Union Européenne et les Etats-Unis renforce l’économie israélienne et le blocus. Avec Ziad Medoukh la discussion se porte sur le boycott : « La notion est peu développée en Palestine parce que les marchés sont captifs. Il y a peu de produits israéliens, pas de produits des colonies mais les Palestiniens n’ont aucune marge de manœuvre. « Toutes les formes de solidarité sont les bienvenues. Mais la priorité, c’est de lever un blocus qui dure depuis 7 ans. S’il n’y a pas un mouvement comparable à ce qui s’est fait en Afrique du Sud, ça ne marchera pas ».
Pierre Stambul
Coprésident de l’Union Juive Française pour la Paix


