Irak: 35 morts dans des attentats dans la province de Bagdad


Au moins 35 personnes ont été tuées dimanche à Bagdad et ses environs dans une série d’attaques ayant visé majoritairement des secteurs chiites, selon un nouveau bilan communiqué par des responsables médicaux et de la sécurité. Des attaques ont également ciblées d’autres provinces irakiennes, faisant un mort près de Baqouba (nord). Dans la province de Bagdad, au moins 13 attentats, dont sept menés au moyen de voitures piégées, ont eu lieu à partir de midi (09H00 GMT), tuant 35 personnes et faisant 110 blessés, selon les mêmes sources. Les attaques les plus meurtrières ont touché les quartiers d’Amil et Bayaa, dans le sud-ouest de Bagdad, faisant dix morts.

Le porte-parole de ministère de l’Intérieur, Saad Man, a communiqué un bilan nettement inférieur, affirmant que trois personnes avaient été tuées et dix blessées dans ces attaques. Des attaques ont également eu lieu au nord de la capitale, près de Baqouba, où l’explosion d’une voiture piégée a tué une personne et en a blessé quatre, et à Mossoul où une bombe placée en bord de route a blessé cinq personnes. Dans la province de Bassora, dans le sud de l’Irak, des responsables de sécurité ont affirmé qu’une autre bombe placée en bord de route avait explosée au passage d’un convoi d’une compagnie de sécurité privée, ne faisait aucune victime. Ces violences font suite à la mort de 16 personnes samedi, dont neuf ont péri dans des attaques ciblant des commerces vendant des boissons alcoolisées.

 

Avec ces attaques, le bilan des morts en huit jours dépasse déjà celui de l’ensemble de décembre 2012, selon un calcul réalisé par l’AFP à partir des chiffres communiqués par des sources médicales ou au sein des services de sécurité. La multiplication des attaques, qui ont fait plus de 6.300 morts depuis janvier, fait craindre un retour au niveau de violences de 2006-2007 lorsqu’un conflit civil dévastateur avait fait des dizaines de milliers de morts après l’invasion menée par les Etats-Unis en 2003

Siège, attaque chimique et familles massacrées à al-Nabk, Syrie


2013/12/08

La ville d’al-Nabk est située sur la route qui relie Damas à Homs, dans les monts Qalamoun au Sud Ouest du pays. Sa position est vitale pour  les deux camps. Les forces pro-Assad veulent assurer un lien entre la capitale et la région alaouite au Nord-Ouest, ils assiègent al-Nabk, et coupent tout approvisionnement.

Siège:

Mercredi 4 décembre, « la ville syrienne est assiégée depuis 15 jours, elle abrite plus de 90000 civils de tous âges privés de nourriture, d’eau, de soins médicaux et d’électricité. Le désastre humanitaire nécessite une assistance immédiate« :

Le lendemain:

Attaque chimique:

Avant l’attaque,  » l’Armée Syrienne Libre interceptait une télécommunication qui donnait l’ordre à des combattants du Hezbollah de commencer l’attaque chimique ». Une vidéo montre de la « fumée blanche s’échappe dans le ciel après l’attaque chimique d’al-Nabek » [01]Sept personnes ont été intoxiquées, elles souffrent de convulsions, d’essoufflement, de vomissements et s’évanouissent: des gaz toxiques ont été tirés sur la ville [02].

Vendredi 6 décembre, les shabiha irakiens massacrent des familles syriennes:

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Photo d’une famille syrienne massacrée dans une cave à Nabek, « par la milice irakienne Liwa Zulfaqar qui a abattu hier entre 34 et 50 civils dont des femmes et des enfant » [http://tinyurl.com/m6lzsqr].

D’autres photos [03] montrent l’exécution d’un habitants de Nabek par un officier (Abu Shad al-Jaburi) de la brigade chiite irakienne Dhu-l-Fiqar:

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#NabekMassacre_AbuShad--al-Jaburi---Ba1tMqlCUAAmdfxCet officier serait le commandant de la milice [04]:

Radio Free Syria ajoute ce qui suit [05], les assaillants ont abattu:

entre 34 et 50 civils, dont des femmes et des enfants, de sang-froid […] Le nombre total de victimes n’est pas encore connu ». Le Régime a de nouveau imposé un blackout des télécommunications, comme à son habitude avant chaque massacre des forces du Régime et de leurs complices, couper toutes les communications dans la ville sinistrée: internet, téléphonie fixe et téléphonie mobile.

Les médias du monde entier, qui étiquettent immédiatement toute personne luttant contre Assad comme «terroriste» n’ont même pas encore parlé de ce ‪#‎massacre‬ ou de l’un des autres massacres quotidiens perpétrés par les forces d’‪#‎Assad‬, et encore moins ne nommer les criminels ni les dizaines de des milliers de ‪#‎mercenaires‬ étrangers qui massacrent des civils comme des terroristes, aux noms de Téhéran et du Régime d’Assad.

Des photos privées des miliciens circulent aussi [06]:

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Samedi 7 décembre, une autre photo d’Abu Shad al-Jaburi est diffusée, à sa gauche, un soldat compte (ou distribue) des billets de banque:

Al-Arabiya rapporte [07] que:

La Coalition Nationale Syrienne appelle les pays du monde libre à intervenir immédiatement pour protéger les civils en Syrie.

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Syrie : 17 civils tués par l’armée dans un abri


vendredi 6 décembre 2013, par La Rédaction

Au moins 17 civils, dont des enfants, ont été tués par les forces du régime dans un abri de Nabak, une ville au nord de Damas que l’armée tente de reprendre, a rapporté vendredi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
L’OSDH a en outre fait état de 16 personnes tuées, dont six femmes et cinq enfants, dans des raids aériens du régime à Bazaa, dans la région d’Alep (nord), et de cinq morts dans un attentat suicide à la voiture piégée à Qamichli (nord-est) près du siège d’un groupe paramilitaire pro-régime.

Alors que la guerre continue de faire rage à travers le pays depuis près de trois ans, l’OSDH, citant des militants anti-régime sur place, a indiqué que 17 corps avaient été retrouvés à Nabak mais n’était pas en mesure de préciser la date ou les circonstances exactes de cette tuerie.

L’OSDH, qui s’appuie sur un large de militants et de médecins à travers le pays, a réclamé que la Croix rouge internationale ait accès au secteur.
Depuis plusieurs jours, des combats opposent des rebelles à l’armée qui tente de prendre Nabak, l’une des dernières localités aux mains des rebelles dans la région stratégique de Qalamoun, à la lisière du Liban.
Selon une source de sécurité syrienne, si Nabak est prise, il ne manquera plus que la localité de Yabroud et quelques villages alentours pour que la région entière de Qalamoun tombe aux mains de l’armée.
Avec la prise de cette zone, l’armée s’assurerait notamment une continuité territoriale sous son contrôle entre les provinces de Damas et Homs, plus au nord.

Mais dans cette même région de Qalamoun, les rebelles, y compris des jihadistes, ont repris lundi la ville chrétienne de Maaloula.

Dans une brève vidéo diffusée vendredi par la chaîne du Qatar Al-Jazeera, plusieurs religieuses de Maaloula dont la disparition avait été signalée le même jour, ont affirmé avoir fui les combats dans cette ville et démenti avoir été enlevées.
La vidéo montre ces religieuses du monastère grec-orthodoxe de Sainte Tecla dans un salon, apparemment en bonne santé, sans qu’il ne soit précisé qui filme ni où la scène se passe.
Elles répondent aux questions d’un homme qu’on ne voit pas. « Un groupe nous a amenées ici et nous a protégées, et nous sommes très très satisfaites d’eux », dit l’une d’elles.
Des médias proches du régime ont accusé les rebelles d’utiliser ces femmes comme « boucliers humains ».

Alors que l’ONU, la Russie et les Etats-Unis préparent une conférence internationale de paix pour le 22 janvier à Genève, le chef de la diplomatie britannique William Hague a réaffirmé que le président syrien Bachar al-Assad devait quitter le pouvoir pour permettre un accord de paix.

« Nous avons toujours été très clairs sur le fait qu’une solution pacifique nécessitait le départ du président Assad », a déclaré M. Hague à Koweït, où le chef de la Coalition de l’opposition syrienne Ahmed Jarba est attendu samedi pour sa première visite officielle dans ce pays.

Le régime et l’opposition ont affirmé leur volonté de se rendre à Genève, mais le premier affirme qu’il revient à M. Assad de mener la transition en cas d’accord alors que l’opposition et les rebelles veulent l’en exclure.

La guerre en Syrie déclenchée par un mouvement de contestation populaire réprimé par le régime, a fait plus de 126.000 morts selon l’OSDH et poussé plus de trois millions de Syriens à fuir le pays.

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Mandela : les discours entrés dans l’Histoire


Le Monde.fr | 06.12.2013 à 02h40 • Mis à jour le 06.12.2013 à 11h22

L’ancien président de l’Afrique du Sud, Nelson Mandela, est mort jeudi 5 décembre à l’âge de 95 ans. Depuis 1999, le héros de la lutte contre l’apartheid s’était retiré de la vie publique, ne faisant que de rares apparitions. En 2003 pourtant, il était sorti de son silence pour commenter l’action de George W. Bush, « un président qui ne sait pas réfléchir », et condamner le lancement de l’attaque en Irak. Car tout au long de sa vie, la parole fut la plus grande arme de Nelson Mandela.

  • 20 avril 1964, procès de Rivonia : « Un idéal pour lequel je suis prêt à mourir »

Depuis près de deux ans, Nelson Mandela est en prison, condamné pour avoir incité des gens à se mettre en grève pour protester contre les politiques de ségrégation raciale. Mais le 20 avril 1964, Nelson Mandela répond cette fois de chefs d’accusation plus graves : sabotage, haute trahison et complot. Aux côtés de 19 dirigeants de l’ANC, le leader du parti politique est le premier à prendre la parole dans le tribunal de Pretoria. Dans un discours de près de 30 minutes, il raconte à l’assemblée la genèse et les motivations de son engagement politique, esquissant les prémices de la future « Nation arc-en-ciel ».

« La souffrance des Africains, ce n’est pas seulement qu’ils sont pauvres et que les blancs sont riches, mais bien que les lois qui sont faites par les Blancs tendent à perpétuer cette situation. (…) Par dessus tout, nous voulons des droits politiques égaux, car en leur absence notre handicap sera permanent. Je sais que cela paraît révolutionnaire aux Blancs de ce pays, car la majorité des électeurs seront des Africains. Ce qui fait que les hommes blancs craignent la démocratie. Mais cette peur ne doit pas se placer au travers de la voie de la seule solution qui garantira l’harmonie raciale et la liberté pour tous. Ce n’est pas vrai que le droit de vote pour tous se traduira par une domination raciale. Le clivage politique fondé sur la couleur de la peau est totalement artificiel et quand il disparaîtra, dans un même mouvement la domination d’un groupe de couleur sur un autre sera éliminée.

Au cours de ma vie, je me suis consacré à cette lutte des peuples africains. J’ai combattu contre la domination blanche et j’ai combattu contre la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle tout le monde vivrait ensemble en harmonie et avec des chances égales. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre et que j’espère accomplir. Mais si nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

A l’issue de ce procès, Nelson Mandela est condamné à la prison à vie. Il restera vingt-sept ans derrière les barreaux, sous le matricule de prisonnier 46 664.

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Syrie. Témoignage de l’un des premiers déserteurs de l’armée régulière syrienne


Le témoignage reproduit ci-dessous l’est avec l’autorisation de son auteur.
Il entend participer à la dénonciation de la propagande du régime, en montrant comment celui-ci s’est comporté avec les militaires qui refusaient la violence immodérée immédiatement mise en oeuvre contre les protestataires.

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Je m’appelle Ala’ Ali al-Hawrani.

Alors que j’étais venu rendre visite à mes parents, des Emirats arabes unis où je travaillais pour réunir le badal – la somme de quelques milliers de dollars qui permet d’être dispensé du service obligatoire -, j’ai été appréhendé par la police militaire et envoyé dans une caserne de la région de Damas, au commandement du 67ème régiment du 2ème corps d’armée.

Ala' al-Hawrani

Ala’ Ali al-Hawrani

En avril 2011, j’ai été conduit avec mes camarades dans la ville d’al-Tell pour réprimer des manifestations. Un sniper, sous mes yeux, a visé par deux fois un enfant de 10 à 12 ans. La première balle l’a atteint à l’épaule, la seconde en pleine tête. La foule des manifestants s’est agitée et les officiers positionnés immédiatement derrière nous – nous étions tous des conscrits -, nous ont donné l’ordre de tirer. J’ai refusé de le faire. J’ai chargé mon arme. Je me suis retourné vers l’officier positionné derrière moi et j’ai menacé de le cribler de balles. Une trentaine d’autres soldats ont fait comme moi. Les officiers ont pris peur et nous ont expliqué qu’ils n’y étaient pour rien. Eux non plus ne voulaient pas tirer sur leur propre peuple. Nous avons baissé nos armes. Nous avons été désarmés et ramenés à la caserne comme si de rien n’était.

À 2h00 du matin alors que nous dormions, des officiers sont entrés dans le baraquement et nous ont réveillés, les autres récalcitrants et moi-même. Ils nous ont conduits manu-militari dans un endroit que nous ne connaissions pas, où ils nous ont violemment passés à tabac. Ils nous ont ensuite bandé les yeux. C’est alors que le cauchemar a vraiment commencé.

Nous avons été embarqués à bord de véhicules. Arrivés à destination, on nous a fait descendre un nombre incalculable de marches. Nous avions l’impression de nous enfoncer vers l’enfer. Une fois en bas, on nous a donné l’ordre de nous déshabiller et on nous a enlevé les bandeaux : nous étions une trentaine d’hommes dans une cellule d’environ 3 ou 4 m². Nous sommes restés enfermés comme des chiens pendant une dizaine de jours environs, nus, avec des latrines où chacun de nous effectuait ses besoins devant les autres. On nous jetait quelques morceaux de pains chaque jour.

Dix jours plus tard, la porte s’est ouverte. Dix d’entre nous, dont moi-même, avons été sélectionnés. On nous a extraits de la cellule et on nous a enfermés dans des cages individuelles qui ont été suspendues au plafond. Chaque jour, les officiers en charge nous insultaient et menaçaient de nous exécuter bientôt. À ce moment-là, nu et réduit à l’état animal, faisant mes besoins sur moi, je n’avais pas d’autre désir que d’être exécuté au plus tôt.

Au bout d’une dizaine de jours, on nous a sortis des cages sans explication. On nous a emmenés au bout d’un couloir, avec les 20 autres prisonniers, et on nous a fait entrer dans une pièce vide. Les corps de 4 militaires portant les insignes de la 4ème division ont été jetés à nos pieds. Ils venaient d’être exécutés et leurs cadavres dégoulinaient encore de sang. Les officiers qui se trouvaient avec nous se sont mis à nous féliciter, affirmant que, nous, nous étions de « vrais patriotes », alors que « ces quatre chiens étaient des traîtres » … Ces éloges nous ont revigorés. On nous a donné des uniformes neufs et on nous a reconduits dans notre caserne d’origine, où on nous a apporté des petits fours et des gâteaux. Nous avons été surpris par un tel traitement auquel nous ne trouvions pas d’explication…

À 2h00 du matin, nous avons de nouveau été réveillés. Nous devions nous préparer pour une nouvelle mission. Il nous fallait « sauver la patrie des terroristes et des comploteurs ». Nous sommes arrivés à al-Tell vers 4h00 du matin. Deux bus de chabbiha nous avaient précédés sur les lieux. Ils sont descendus de leurs véhicules et se sont dispersés dans la ville, en particulier dans les environs de la mosquée. Nous avons été chargés d’édifier un barrage autour de deux tanks surmontés de mitraillettes. Nous devions construire un mur de chaque côté.

J’ai compris alors que, cette fois-ci, pour rester en vie, il allait falloir tirer sur les manifestants et les assassiner. J’ai posé deux ou trois blocs de pierre, et, profitant de la pénombre de l’aube, je me suis mis à courir… Une vingtaine de mes camarades m’ont imité… Il fallait escalader la colline le plus vite possible… Les chars ont orienté leurs tourelles dans notre direction et ont commencé à tirer… Les premiers arrivés se sont jetés derrière un rocher… Dans un réflexe de survie, nous avons chargé nos kalachnikovs et ouvert le feu en direction des officiers qui nous poursuivaient. Une fois nos chargeurs vides, un silence de mort a régné sur les lieux… Tous les officiers, ils étaient une quinzaine, gisaient morts sur le sol. De notre côté, nous n’étions que 5 à avoir survécu.

Nous nous sommes remis à courir, au hasard, vêtus de nos uniformes de l’armée. Puis nous nous sommes séparés. Avec l’un de mes camarades, nous sommes partis à travers champs. Au bout d’un certain temps, nous avons rencontré un paysan à qui nous avons demandé de l’aide. Il nous a emmenés chez lui, nous a donné des vêtements civils et brûlé nos uniformes. Il a aussi récupéré nos armes. Il nous a ensuite conduits en direction de Damas. Nous étions cachés sous des sacs de « mulukhiyyé » – une herbe potagère dont les feuilles sont utilisées pour confectionner un plat portant le même nom – sur lesquels des femmes avaient pris place. Mon compagnon est descendu à Damas. J’ai demandé à être déposé à Boukeïn où je connaissais quelqu’un.

Mon ami m’a conduit à Deraa, ma ville d’origine. Les barrages jusqu’à là-bas étaient nombreux, mais sans aucune mesure avec ce qu’ils sont aujourd’hui. La ville était encerclée, mais les hommes de Bachar ne se trouvaient pas à l’intérieur : nous n’étions qu’au printemps 2011. Je suis parvenu à franchir les barrages grâce à une fiche individuelle d’état civil que j’avais pu obtenir juste avant d’être conduit à l’armée. J’ai expliqué que j’avais perdu ma carte d’identité [Note : En arrivant à l’armée pour y accomplir leur service, les jeunes recrues doivent remettre leur carte d’identité civile. En échange, on leur donne une carte d’identité militaire. Les cartes d’identité civile ne leur sont rendues qu’à la fin de leur service, qui dure entre deux ans et deux ans et demi. Ils ne peuvent donc obtenir, durant tout ce temps, ni passeport, ni fiche individuelle d’état civil]. Une fois parvenus à Deraa, mon ami m’a donné 50 000 livres syriennes et a pris le chemin du retour. Je suis allé voir ma famille, mais je n’ai pas pu dormir chez moi. C’aurait été trop dangereux. Je me suis donc rendu chez mon oncle, plus âgé que moi d’un an à peine. Il m’a donné son passeport : accusé et recherché pour « meurtre d’officiers », je n’avais d’autre solution que de fuir la Syrie.

Après avoir embrassé ma mère et ma sœur, j’ai pris un taxi en direction de la frontière. Le conducteur était encore plus inconscient que je ne l’étais. Il m’a pris pour un type qui emmenait des vidéos en Jordanie pour faire savoir au monde entier ce qu’était la révolution. Il avait lui-même reçu une balle dans la jambe lors d’une manifestation. Une fois arrivés non loin de la frontière, nous avons ont été stoppés par un barrage des moukhabarat jawiyyé – les services de renseignements de l’armée de l’air – pour un contrôle de routine. Mon oncle ne me ressemblant pas beaucoup, l’agent a regardé à plusieurs reprises mon vrai faux passeport. Il a fait le tour de la voiture. Il a fouillé partout. Puis il est revenu vérifier le passeport. J’ai cru que c’en était fini pour moi. J’ai murmuré “Allah akbar”… et il nous a laissé passer. Quand nous sommes parvenus au poste frontière, le chauffeur de Deraa m’a confié à un chauffeur jordanien, lui aussi un “’abaday” – un solide gaillard… un peu fanfaron -, puis il a fait demi-tour.

Le policier de service à la frontière syrienne a regardé mon passeport et consulté des fiches pendant une bonne demi-heure. Ses yeux allaient et venaient de mon visage au passeport. Finalement, il l’a tamponné. Au poste jordanien, le policier s’est exclamé : “Comment les Syriens ont-ils pu tamponner un tel passeport » !? Puis il a souri et, lui aussi, il l’a tamponné en disant : “Allah maak ! Ahla wa sahla fil Urdun” (« Dieu t’accompagne ! Sois le bienvenu en Jordanie »).

En franchissant la frontière jordanienne, j’ai eu l’impression d’avoir gagné la Révolution !

Arrivé à Amman, complètement perdu, je me suis rendu d’abord à l’ambassade de Turquie. Je savais que ce pays soutenait déjà fermement la Révolution. Mais le garde m’a demandé de revenir le lendemain, car c’était un jour férié ! Je suis alors allé à l’ambassade de France où j’ai été accueilli et où j’ai raconté mon histoire. Au vu de l’accueil qui m’a été réservé par le personnel de l’ambassade, j’ai imaginé que j’allais être bientôt reçu par Sarkozy en personne.

J’attends toujours…

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Advocaat : une excellente recette pour les fêtes et autrement


Advocaat

10 jaunes d’oeufs

150 grammes d’alcool à 90°

150 grammes de sucre

1 grande boîte de lait condensé non sucré

un petit verre de cognac ou de rhum

battre les jaunes d’oeufs avec le sucre, filtrer par un chinois, ajouter l’alcool, le cognac ou le rhum. Bien mélanger.

Laisser reposer au frigo. Vous obtiendrez une liqueur ayant la consistance de la mayonnaise. Vous pouvez la déguster telle quelle ou en accompagner une glace à la vanille.

Aux Etats-Unis, ils appellent cela de l’eggnog et ils le préparent pour les fêtes mais leur préparation n’a que de très lointains rapports avec la présente recette. En Belgique l’équivalent c’est l’advocaat, d’origine sans doute hollandaise.

Cette version-ci, vous ne la trouverez pas dans le commerce et elle est à consommer avec modération. Bob, s’abstenir.

« Zone de gratuité », ou comment les objets deviennent « sans propriétaire fixe »


par Agnès Rousseaux 2 octobre 2012

Et si on changeait notre rapport à la propriété et à la consommation ? Un peu partout en France émergent des « zones de gratuité », des espaces où les rapports marchands sont abolis, de manière temporaire ou permanente. Ici les objets circulent et les gens se parlent, en réapprenant que l’échange ne passe pas forcément par l’argent. Petit reportage à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

« Tout est vraiment gratuit ? », questionne un enfant, incrédule. Dans cette rue de Montreuil (Seine-Saint-Denis), une centaine de personnes discutent, se promènent ou explorent des piles d’objets entassés sur une dizaine de tables. La rue de Villiers est déclarée « zone de gratuité » pour tout l’après-midi. Sur les tables : vêtements et chaussures, livres et DVD, vaisselle, ordinateurs ou chauffe-biberon… Ici, chacun amène ce qu’il veut et prend ce qu’il souhaite. Tout est en accès libre. Ce n’est pas une brocante ou un vide-grenier, mais un espace non-marchand temporaire.

Ce projet est né il y a quelques années. « Lors d’un repas de quartier, nous avons lancé l’idée avec des copains, les voisins de la rue, explique Vito, l’un des organisateurs. Au début, certains n’y croyaient pas. Mais voilà, nous en sommes à la 4e édition. » « C’est une idée super simple à mettre en œuvre, décrit Samantha. Il suffit juste de demander à la Mairie que la rue soit fermée. » La différence avec un vide-grenier ? « Chacun peut déposer des objets à offrir ou proposer des services. Chacun peut prélever ce qui lui fait envie. L’idée, c’est de partager. L’idée, c’est de se rencontrer », proclament les affiches, placardées dans toute la rue.

Un pied-de-nez à la société de consommation

Andres est venu d’une rue voisine, avec sa famille. Ses filles n’ont rien trouvé d’intéressant. Lui a vidé une valise entière. Il souhaiterait que l’initiative ait lieu plus souvent. « On a amené beaucoup de choses. Ça part mieux qu’à un vide-grenier ! », sourit une autre participante. Plus facile de se débarrasser des objets qui n’ont plus d’utilité, pour leur offrir une deuxième vie. « Et comme c’est gratuit, on hésite moins à emporter des objets. » Sa fille semble toute contente du serre-tête rose qu’elle vient de dénicher.

Tout l’après-midi, les tables se vident et se regarnissent. Les objets restants en fin de journée seront amenés dans les locaux voisins du Secours populaire. Des groupes de musique se succèdent sous des barnums prêtés par le comité des fêtes de la Maison de quartier. Un bar gratuit offre boissons, radis bio, pain et confiture – selon les arrivages. Les enfants se pressent à un atelier peinture, autour d’une construction en plastique ou de vélos recyclés.

Donner et récupérer à la place d’acheter et jeter

Ni troc, ni obligation de réciprocité, ni charité, la zone de gratuité est un moyen utile de réduire le volume de déchets et de recycler les objets. Une façon aussi de se réapproprier l’espace public, la rue, de créer un moment convivial, entre voisins et ouvert à tous. Un pied de nez à la société de consommation. Un espace soustrait aux rapports marchands, qui vient interroger chacun sur le don, l’argent, la propriété. « Les valeurs Acheter – Jeter sont remplacées par les joies du Donner – Récupérer », expliquaient les organisateurs lors de la première édition.

Ces zones de gratuité essaiment un peu partout en France et dans le monde. Zones temporaires ou permanentes, sur un bout de trottoir, dans des locaux d’une association, dans une cage d’escalier ou par un caddie gratuit laissé au bord d’une route. Certaines fonctionnent sur le don définitif, d’autres invitent à faire circuler les objets, devenus SPF (Sans propriétaire fixe). Dans d’autres lieux, on imagine des « zones d’objets mutualisés et empruntables » (ZOME), où les objets peuvent être empruntés, ou achetés collectivement pour être ensuite utilisés par tous. Des lieux qui invitent à renverser notre rapport à la propriété et à la consommation. Tout en répondant à un besoin urgent et concret, par ces temps de crise. A Montreuil, ils sont aussi nombreux à venir profiter de ces produits qu’ils ne peuvent se permettre d’acheter. Au bout de la rue de Villiers, deux femmes arrivent en vélo. « C’est bien ici la zone de libre-échange ? » demande l’une d’elles. Une zone, en tout cas, qui bouscule nos imaginaires.

Agnès Rousseaux

@AgnesRousseaux sur twitter

Quelques zones de gratuité en France :
- Un répertoire des zones de gratuité
- A Courçon (Poitou-Charentes)
- Dans le Royans (Rhône-Alpes)
- Dans le Morbihan
- A Brest
- A Rennes
- A Grenoble

Voir le reportage vidéo réalisé sur la Zone de gratuité de Montreuil en 2009, par Les instants volés :

source

Voyage dans une guerre invisible


Le long de la ligne de front palestinienne, des colons théocratiques israéliens harcèlent quotidiennement leurs voisins.
Ils dispersent leur bétail, attaquent les maisons isolées, détruisent les oliviers.
Installés dans des maisons alignées sous le vent des hauts plateaux, ils contrôlent les sommets.
En réponse, les jeunes militants palestiniens se sont armés de caméras et documentent quotidiennement leurs incursions.
La stratégie politico-militaire des colons, destinée à surveiller les territoires palestiniens et à empêcher la création d’un Etat, est loin d’être secrète : elle a été communiquée à Barack Obama en mars 2012

Ronde de nuit (version 2013)



        En  Hollande, les organisateurs du Rijksmuseum ont eu une idée :
Amenons le musée aux gens; espérons qu’ils  viendront ensuite nous voir.
Ils ont choisi une peinture de Rembrandt, Ronde de nuit  (1642)
Ils ont bâti une mise en scène  autour des personnages de la toile
et ils  ont amené ces personnages dans une galerie commerciale.
Vous pouvez voir le résultat sur le lien  ci-dessous. C’était en avril.

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